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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 15:45


 

images-copie-35.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ?  De méchantes commères s’étant plaintes de ce que leur pouvoir d’achat fondait comme beurre au soleil, aussitôt fut parachuté sur Vesoul-centre et son marché l’adjudant Frédéric Lefèbvre. L’homme providentiel avait, en son barda, LA solution à nos petits soucis ménagers, et sans plus tarder se mit à distribuer au tout venant son drôle de petit papier vert, forcément vert, et bleu aussi. Le « Panier des essentiels », s’appelle le machin. Il vous faudra donc un panier, il vous faudra ensuite Frédéric Lefèbvre, secrétaire d’état à la consommation qui, comme sa fonction l’indique, vous aidera à le remplir selon la liste des courses établie par ses soins. « C’est un panier pour tout le monde », a déclaré le secrétaire, en poussant son pauvre caddie. Pauvre caddie ? Caddie du pauvre, assurément, blindé de riz et nouilles mais qui doit, étrangement, « contenir au moins un poisson. » D’avril, le poisson ? Pas si sûr, car c’est toute l’année que les pauvres consomment mal, savent pas se débrouiller chez Leclerc ou Carrefour, et que ça dépense n’importe comment et que ça va faire des folies, jusqu’à s’acheter un livre, une Princesse de Clèves par exemple, ou bien un Zadig et Voltaire! Abrutis de pauvres, allez, engeances! Fort heureusement et, désormais, Frédéric Lefèbvre veille sur vos paniers, et sur vos essentiels.

     Essentiel, il ne l’était guère, le débat sur la laïcité, sur l’islam, sur le nucléaire, sur le nucléaire est-il compatible avec l’islam (1), bref on sait plus trop mais qu’importe : la messe aura duré trois heures trente, montre en main, paraît que même Besson et son pote Hortefeux-nouillard n’y ont fait qu’une apparition, se barrant au beau milieu du discours de Copé-dicule. Idem la Dati, qui avait pourtant juré qu’elle ne s’y rendrait pas : elle y était, minaudant, mais s’éclipsant vite fait bien fait. Le lendemain, remaquillée, elle pointait sa tronche en cul de poule sur un plateau télé : « je suis contente qu’on ait débattu de l’islam, parce que c’est une religion qui peut faire peur », commença-t-elle. Et les autres religions, elles sont censées faire quoi, nous rassurer peut-être? Brisons-là ! La dame alla, figurez-vous, jusqu’à prendre  la défense de Guéant-de-velours dont la main de fer entend maintenant s’attaquer à l’immigration légale, rien que ça. Elle en pense quoi, Rachida ? « En ce moment, tout est polémique, on peut parler de rien eh bien, parlons de rien ! », s’énerve-t-elle, pour un rien. Besson, de son côté, n’étonnera pas son monde en s’alignant sur Guéant et en jugeant que « cette mesure est pertinente, vis-à-vis de la situation de l’emploi en France. » Le travail aux Français, en somme. C’est ainsi, de manière à peine insidieuse, que s’appliquera dans ce pays la préférence nationale, mesure phare de la maison Le Pen, père et fille.

     On cause on cause, et pendant ce temps on s’enlise : en Lybie, notamment. On bombarde, on canarde et Kadhafi rigole. Il est pas le seul à pouffer : l’autruche en tousse de rire, au souvenir des « hourras ! », des « enfin ! » des « viva ! »expectorés par celles et ceux s’imaginant qu’une guerre puisse être salutaire et servir d’autres intérêts que celles des livreurs de canons. On s’enlise, on dérape, on mitraille au hasard : encore quelques « dommages collatéraux » dans le genre et peut-être qu’un journal finira par titrer : « Lybie : la France coupable. » Il nous faudra, pour cela, attendre 17 ans.

     En attendant il serait utile de se demander pourquoi le député Dassault n’envoie pas ses chouettes bombardiers pilonner la Syrie, le Yémen, et pendant qu’on y est les Emirats Arabes Unis. Autant de pays dont les peuples se sont, à leur tour, soulevés, mais qui visiblement n’ont rien à attendre de nous, ni de Serge Dassault. Pourquoi ? Oui, pourquoi, dans le panier des Essentiels Lefèbvre, pourquoi, mais pourquoi un poisson ?

                                                                                                  Frédo Ladrisse.

(1)    Emprunté à Sophia Aram, qui me le pardonnera

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 22:47

 

 

images-copie-17.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Un appel, que dis-je, un cri, lancé de Tulle, code postal 19000, Corrèze : « François, François, président ! », hurlaient une poignée de Tullistes, transportés de joie car oui, qu’on se le dise, qu'on se le susurre  à l’oreille : un homme est là, dressé tout droit qui, il nous l’a promis, va « lever l’espérance. » Entre ici, Culbuto — doucereux surnom dont l’affublent ses camarades du Ps —, entre ici, Hollande, François, entre dans la course aux primaires ! Aubry, Royal, Montebourg et autres Gnafron de pacotille commençaient à nous lasser ferme : heureusement, voici Guignol ! « Nous ne sommes pas n’importe quel pays : nous sommes la France », ose-t-il. On voit que d’emblée le Hollande a décidé de cogner fort, quitte à choquer les mièvres. Quant à la gauche,  eh bien, selon lui, « elle doit dire la vérité. » Audacieux personnage!

      Egalement audacieux et jusqu’à la bêtise, Jean-François Copé ne lâche rien : à l’heure où s’écrivent ces lignes, le débat sur l’Islam, rebaptisé débat sur la laïcité, puis re-rebaptisé convention sur la laïcité, n’est toujours pas annulé, malgré les défections multiples, malgré les cris d’orfraies d’autorités religieuses dont on se demande, au passage, ce qu’elles auraient à craindre de cette rencontre de culs bénis oui-oui. Elle aura donc lieu, la fumeuse convention, entre midi et deux autour d’un Picon-bière, dans l’arrière salle du Balto. Et c’est là, entre deux tournées — dis donc, y’a pas de cacahuètes ? —, que devrait se dessiner ce que Copé n’hésite pas à nommer « une sorte de règlement intérieur pour la nation. » Règlement intérieur ?… On aurait à ce point des gueules de collégiens ? « Ah, combien ce pays se meurt des procès d’intention ! », se lamentait ensuite, shakespearien comme un genou, le même Copé lors de l’émission de téloche le mêlant, plus qu’elle ne l’opposait, à Monseigneur Machin, à l’Imam Bidule et au Rabbin Trucmuche. Tiens, lui, j’ai retenu son nom : Joël Mergui, qu’il s’appelle, ci-devant président du Consistoire Central — on appelait du même nom, en d’autres temps, certain comité. Si j’ai retenu son nom c’est que le rabbin Mergui s’inquiétait devant les caméras de ce que le débat, pardon : la convention, ne débouche sur, je cite, « une radicalisation des laïquards. » Des quoi? Il avait bien dit : laïquards.  C’était sur une chaîne du service public, mais nul, et surtout pas ce faux toqué toquard de Frédéric Taddéi, n’a cru bon de reprendre le rabbin. J’en ai conclu que « laïquard » faisait désormais partie du vocabulaire convenu, sans nulle connotation relevant du mépris le plus abouti, et n’émouvait pas plus que ça. Dès lors, pas d’étonnement lorsque le même rabbin Mergui demandait « à l’Etat français d’aider les religions à forger de vrais citoyens. » Copé s’empressait d’acquiescer, mielleux et sirupeux à souhait, mieux, il en rajoutait et précisait, l’œil mi-clos, que lors du débat il n’était « pas question de heurter les fidèles, ce serait vraiment le contraire de ce que nous devons faire. » Que doivent-ils faire, ces contrits? Ramener dans le giron de la droite pétainosarkozyste les brebis égarées du côté du Fn. Ah !, combien ce pays se meurt, etc… En tous les cas on n’aura pas, lors de cette grand’messe cathodique qui n’a jamais, je crois, aussi bien mérité son nom, entendu parler d’athéisme, ou simplement des non-croyants, qui eux aussi peuvent être « heurtés » et pour le moins atterrés par un pouvoir politique ralliant le goupillon, sans plus de vergogne que ça. C’est que nous sommes, nous, athées, aux yeux de Copé comme à ceux de ces ensoutanés, enturbannés et autres empapillotés, autant d’anomalies vouées au silence sur cette terre, avant que d’aller rôtir, comme il se doit, en enfer. Dès lors, l’essentiel n’est-il pas de mettre à profit le temps qui nous reste pour les chauffer à blanc?

 

                                                                                      Frédo Ladrisse.                          


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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 18:20

 

 

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Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? De ci de là, les plaintes des cocus ayant, comme un seul homme à cornes, voté Chirac en 2002 quand la peste brune, paraît-il, menaçait de nous submerger. Pacte républicain, qu’ils disaient. Ainsi, c’est  en troupeau qu’ils accordèrent leurs suffrages à l’autre grand couillon, lequel allait s’employer à continuer de nous chier sur le crâne durant cinq pénibles années, tout en préparant l’avènement de ce pétainosarkozysme sous le joug duquel nous suons encore. Ils s’imaginaient, les idiots, que c’était à charge de revanche, que la droite, le temps venu, renverrait l’ascenseur. Les voilà donc fort marris face au Nini de Sarko, ni Front républicain ni Front National, qu’il dit. D’autant plus marrons dans l’affaire que ces tendres bêlants découvrent, sur le tard, qu’une large partie de l’électorat de droite préférera toujours voter pour les fachos plutôt que pour un socialiste, aussi mièvre soit-il. C’est à noter sur nos tablettes, tant c’est promesse de fous rires face aux déconvenues des cornards, à leurs lendemains de second tour, pénibles et dépressionnaires. Pour l’heure, en abstentionniste convaincue, l’autruche ne peut que se réjouir de ce nouveau record de non-vote, tout cantonal qu’il soit.  56% de pêcheurs à la ligne ? Ça ne tient plus, on manquerait de cannes. Il semblerait plutôt que la lassitude, le dégoût, la colère gagnent, qui poussent à fuir les isoloirs. Même les héros sont fatigués : un journaleux demandait l’autre jour entre les deux tours à Copé ce qu’il conseillait de voter dans le cas où Ps et Fn s’opposaient : « on peut aussi ne pas voter », a répondu le garçon. Une fois n’est pas coutume, on est assez de son avis.

     N’empêche, quel embarras, ce FN caracolant. Embarras pour nous tous, c’est une chose entendue, embarras surtout, et de poids, pour une sarkozerie devenue champ de ruines au milieu duquel s’étiole talonnetteman et ses caciques. Où est-il, le bellâtre se vantant d’avoir, en 2007, « siphonné les voix lepénistes » ? Il est à l’Elysée, il est, à son tour, siphonné. Contemplant le désastre, il se distrait d’un rien, par exemple écoute Guéant, ancien oracle patenté et désormais ministre, Guéant le bavasseur, plaignant par exemple « ces Français qui ont le sentiment de ne plus être chez eux », Guéant qui, d’une main mollasse, rédige l’ordre du jour du fumeux débat sur l’islam en France, ou de France, comme aime à l’appeler désormais ce pâle écornifleur. De circonstance, dites-vous, le débat, tombant pile poil à la suite d’une raclée annoncée? Vous avez l’esprit mal tourné.

     Laissons-là le Guéant vert, homme à sornettes s’il en est, et écoutons un peu le silence, tintamaresque, de Longuet : ministre de la Défense d’un pays en guerre depuis deux semaines, Longuet ne pipe mot. Etrange. Est-il aux arrêts, casematé ? Entravé, bâillonné ? Peu importe, le général Pontiès, ci-devant responsable de la vaste opération de com’ nommée Guerre en Lybie, parle pour deux et nous apprend que « l’armée twitte », sic, que « l’armée est sur Facebook, et d’ailleurs vient de dépasser le cap des 5000 amis. » Joli succès, qu’il conviendrait cependant de relativiser : pour une population de 60 millions d’habitants, ça ne nous fait jamais qu’un taux d’amitié de 0,008%. Vous me direz : c’est encore trop. Et vous n’aurez pas tort, d’autant que, des poteaux, elle en recrute, l’armée, jusques et y compris dans les plus improbables lieux : dans les pages du Monde Libertaire on a pu lire, la semaine dernière, un éditorial émanant d’« antimilitaristes forcenés » approuvant néanmoins ces « quelques frappes aériennes », et par ailleurs assimilant l’opposition à cette guerre à « un purisme idéologique assurément bourgeois. »  Diable. Si c’est être bourgeois de ne pas applaudir à la valse des bombes, alors j’en suis, les filles, les gars. Avant d’être passé par les armes, qu’on me permette tout de même de dire qu’en matière d’antimilitarisme on a, et heureusement, connu plus forcené que ça.

                                                                                                                        Frédo Ladrisse.

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 19:57

6a0115709e75e9970b011570afa015970b-320wi.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Plus encore qu’à l’accoutumée nous assistâmes, la semaine dernière, à un défilé de faux-culs tout à fait admirables, rendus au sommet de leur art. Anne Lauvergeon ouvrit le bal, qui, présidente d’Areva, déclara un lundi qu’on allait « éviter la catastrophe nucléaire, au Japon et ailleurs »  — sans qu’on sache au juste de quel ailleurs nous entretenait la dame—, et sans que cela ne l’empêche, quelques jours plus tard, de vanter l’EPR grâce auquel, selon elle, « il n’y a pas de fuites possibles, quelle que soit la situation. » Plus tard, la drôlesse ravala toute futilité et s’en alla admettre que Fukushima relevait « d’une situation d’urgence absolue. » Ah. Parfois femme nucléocrate varie ? Disons-le, et tout net : elle ne fut pas la seule, en ces jours radioactivés, à cogner de son groin hors nord les boussoles affolées. Il n’est qu’à jeter un œil sur la Une du Figaro, daté du 15 mars dernier: « le drame japonais menace l’avenir du nucléaire », chouinait alors la feuille à merde, propriété de Dassault fils— hasard de l’actualité : nous en reparlerons, de cet avionneur, ici même et dans quelques lignes et pas pour lui baiser l’orteil—, il n’est donc qu’à comparer ce Figaro-là annonçant ceci : serait menacé l’avenir de ce qui risque de nous tuer…, il n’est, dis-je, qu’à le comparer avec les Une du lendemain, celle de Libé : «panique nucléaire », celle du Parisien,  en corps gras : « terreur nucléaire »  (ça se foule pas dans les rédactions) pour en conclure que merde, y faudrait finir par savoir : c’est la fin de la bourse aux matières fissiles, ou simplement la fin du monde ? Rassurez-nous, tudieu ! Nous, actionnaires d’Areva, d’ERDF, de Necto, ne sommes que de petits porteurs (de mort), pourquoi nous mener la vie dure ?

     Tandis que ceux-là geignent, Air France fait des affaires. C’est de bonne guerre nucléaire. Le billet Tokyo-Paris sur ligne régulière coûte, ce jour, 14155 euros. Non, ce n’est une faute de frappe. Quatorze mille cent cinquante-cinq. Un prix de dix fois supérieur au tarif habituel, et susceptible de s’envoler si jamais le réacteur 2, 5, 3, 14 et plus si affinités… explose tout à coup. Y’a pas de petits profits, n’est-ce pas. Autre exemple ? Il n’est pas jusqu’à Sarkozy qui ne cherche à tirer profit du bocson japonais. « Si l’opportunité se présentait, et si les autorités japonaises le souhaitaient », et si, et si… « il va de soi que je me rendrai là-bas. » De soi, il va, bien entendu, ne jamais y risquer ne serait-ce qu’une oreille, car l’homme à talonnettes, bien qu’agité du cervelet, n’est pas plus kamikaze que toi : comment qu’il vous l’avait survolé Haïti, tout en hélicoptère et sans jamais se poser, vous vous souvenez, les copains? Alors le Japon radioactivé, la bonne blague… Dans deux mille ans il va de soi qu’il se rendra, bien entendu, éventuellement, là-bas. Si les autorités le souhaitent.

     L’histoire ne dit pas  s’il y sera accompagné du joyeux boute-en-train dont le nom, pour l’instant, nous demeure inconnu, de ce fameux drille qui décida de faire exécuter, par l’Orchestre de Radio-France, lors d’une soirée de soutien aux nippons sinistrés, l’œuvre de Paul Dukas, « l’apprenti sorcier. » Si. C’est qu’il est taquin, dans la fosse, le chef de l’orchestre rouge sang.

     Plus taquin que l’avionneur et député-maire de Corbeil, on ne saurait trouver. Ce Dassault, dont le nom suffit à nous dégoûter des jeux de mots —arrête ton char, Dassault ? Bof, savez-vous ce qu’il répondit ce Serge Dassault sorry au journaliste lui demandant si ça ne l’empêchait pas de dormir, tous ces zincs vendus à Kadhaf’ et avec lesquels le fondu bombarde depuis des semaines les villes ? « Quand on vend du matériel, c’est pour que le client s’en serve. » Il a dit ça et puis c’est tout, ce Serge Dassault six. De Strasbourg. Sur le coup ça m’a fait marrer, parce que c’est exactement ce que me disaient l’autre soir les amis Richard et Josselyne. Sauf qu’eux vendent des chaussettes en poil de lapin. Et même que dedans, on est bien.

                                                                                                Frédo Ladrisse.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 00:35

Tirant tête images-copie-15.jpghors du trou qu’entends-je ? Le discours nucléorophile et quasi inchangé depuis l’épisode Tchernobylieux, un discours appliqué désormais au Japon, à ses centrales qui explosent, à ses caissons de confinement qui confinent que dalle, à ses centaines de milliers d’habitants évacués dans l’urgence, mais ça doit être pour les promener leur faire prendre l’air— à ceux contraints de rester on conseille de « ne pas sortir, et fermer les fenêtres, les portes. » Et arrêter de respirer, ils n’y ont pas pensé ? Figurez-vous que, vrai naïf, je pensais qu’on avait évité de construire des centrales nucléaires, bref des bombes à retardement, en des régions hautement sismiques telles le Japon. Simple bon sens. Visiblement non partagé. Du coup, le Japon éternel ne le sera plus très longtemps, puisque d’éternité il ne saurait être question concernant ces larges étendues d’hors et déjà contaminées, mais à ce propos chut, silence : selon un des experts dont on répugne à vanter le nom « le risque de catastrophe nucléaire, dans ces zones, demeure peu probable. » Peu probable, mon cul : d’hors et déjà avérée et avouée ne serait-ce que par les évacuations dont nous parlions plus haut, la catastrophe a bien eu lieu. En mesurer l’étendue prendra plusieurs dizaines d’années, au terme desquelles, bien entendu, on l’aura oubliée. Et c’est bien sur les défaillances de notre piteuse mémoire que comptent les nucléocrates. Demandez, aujourd’hui, à un enfant de douze ans ce que signifie Tchernobyl, il vous répondra que c’est le nom d’un groupe techno slovène.

      Tremblement de terre, tsunami, centrales nucléaires en surchauffe ? Cela n’est rien en comparaison du risque majeur menaçant l’Empire du Soleil Baignant. Ecoutons donc Charlyne Legris, en direct de la bourse de Paris, douze heures après le séisme : « le fait est que l’indice Nikkei connait en ce moment une forte baisse, en d’autres termes, il plonge, et ça, c’est inquiétant. » Ça, voyez-vous, c’est inquiétant. Crucial, indubitablement. Il aurait pas pu, le Nikkei, surfer sur la grande vague, se hisser au sommet de la déferlante ? Pensez-vous ! C’est bien les Jaunes, ça: au plus petit raz-de-marée les bourses plongent, les indices s’écroulent, sans même songer un instant aux actionnaires californiens dont les vacances, du coup, sont un peu compromises.

     Elles le sont d’autant plus que certains de ces retraités de Beverly Hills comptaient bien trekkinger sous peu dans le désert lybien. Pas de chance : Sarkozy a décidé de le bombarder. En treillis vert-de-gris — lequel lui va bien au teint —  le mini Stallone de l’Elysée a déclaré vouloir noyer sous une pluie de bombes Tripoli et tutti quanti. Bigre, diantre, palsambleu !, c’est-y pas de la fanfaronnade, de la belle parade de paon, ça ? Il s’agirait, bien entendu, d’un bombardement de trois fois rien, de juste et de comme en passant quelques « frappes ciblées » évitant, autant que faire se peut, de rayer de la carte les villages habités de paisibles civils. Enfin, ça c’est la théorie : on sait trop qu’une fois dans les airs règnent la bourde, la gaffe, le largage à l’aveugle, le dommage collatéral. Aussi qu’est-ce qui lui prend, à not’président, de vouloir comme ça et tout seul jouer les Zorro des sables ? Chercherait-il à faire oublier quelques retards à l’allumage et autres traînages de pieds lors des révolutions tunisienne, égyptienne? L’excité a, en tous les cas, pris tout le monde par surprise : même Juppé, jeudi dernier, semblait tout à fait atterré par les rodomontades guerrières du Patron. Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : ce genre de poussées soudaines autant que militaires ne sauraient pisser loin, étant bien entendu qu’au final les Américains, et eux seuls, décideront. Comme d’hab’. Mais la provocation française aura tout de même réussi à fâcher rouge le père Kadhaf’, au point que ce dernier menace de révéler « un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale. » Bof, si c’est pour nous ressortir le dossier Woerth/Bettencourt, ça ira bien, on a donné. Cependant, à supposer que cet ex ami de la famille en sache long et bien davantage, ce serait alors assez cocasse de le voir dézinguer Sarko sans qu’on ait, nous, simples spectateurs, à applaudir l’un ou l’autre, en aucune façon.

     Las ! En admettant que Kadhafi soit détenteur d’un tel secret, il n’est même pas certain qu’il tienne sa promesse et nous le révèle un de ces jours : à écouter Philippe Subra —et là je vous demande de bien vouloir vous accrocher solidement au bastingage, car ce que nous apprend ce distingué professeur en géopolitique est proprement ébouriffant — « c’est vrai que les hommes politiques ne tiennent pas toujours leurs promesses. » Puis d’ajouter, sourire canin, « mais qui, dans la vie, tient toujours ses promesses ? » Pas faux. Moi par exemple le premier janvier je m’étais promis d’arrêter les fraises Tagada. J’ai pas pu, j’aime trop ça. Je ne sais si cette fâcheuse absence de volonté eut, sur la diplomatie française, un effet similaire à celui produit, par exemple, par les fastueux voyages d’un personnel politique habitué à serrer la pogne des engeances dictatoriales, mais une promesse est une promesse, et selon Subra toutes se valent. Je promets donc de ne plus en faire. Pascal Boniface, autre géopolitologue, semble moins habitué aux fadaises que son collègue. Invité à se prononcer sur les révolutions actuelles, Boniface livra ceci : « il y a une onde de choc, et elle est mondiale. Elle a commencé dans le monde arabe, certes, mais elle va s’étendre. » Que Bakounine t’entende, Boni !

      S’étendre, d’accord, mais jusqu’où ? Jusqu’à, pour commencer, rendre une visite à Arnault, première fortune de France, lequel Arnault vit, en un an, ses revenus augmenter de 45 %, et atteindre la bagatelle de 41 milliards de dollars. Une petite visite, oui, sur le mode « patron, t’es viré. » Et laisse le chéquier sur la table. On rappellera au passage que dix milliards d’euros, soit moins d’un quart de cette fortune, suffirait à combler le déficit actuel du régime général des retraites. On rappellera également, et pour ne pas finir sur une note trop acide, que l’intelligence ne s’achète pas, la preuve : Carlos Slim, première fortune mondiale, passerait son temps à répéter cette phrase devenue fétiche : « ne restez pas les mains dans les poches en attendant qu’elles se remplissent. » Hum. Okay Carlos, t’énerves pas. Mais si ça se trouve, hein, va savoir : l’homme heureux n’a pas de chemise.

                                                                                          Frédo Ladrisse.

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 16:01

1292232537-khadafi_fils.jpgTirant tête hors du sable du désert libyen, égyptien, tunisien, audonien, vesulien qu’entends-je ? C’est un fils de Kadhaf’, beau gosse aux joues bronzées, sous-pull cachemiré sur corps d’ange, athlétique en  diable le rejeton et qui ose, face caméra, décrire un Tripoli tranquille, tout est calme les gars, et puis zéro mort et encore : « vous découvrirez bientôt que tout ce qui s’est dit sur la Libye n’était qu’une vaste blague. » Big joke, insiste-t-il, avec cet accent so british propre aux fils de pourriture ayant traîné leur jeunesse lasse sur les terrains de cricket des meilleures universités. Passons. En cette période, de toute façon, les  big joke semblent devoir dévaler la montagne de nos incertitudes et nous submerger, nous noyer, nous avaler tout cru nous, fantassins piteux d’une réalité à laquelle nous ne comprenons rien — nota bene : si vous ne comprenez rien non plus à la phrase qui précède, pas d’inquiétude, camarades : il arrive à l’autruche elle-même d’entraver queue dalle à ce qu’elle dit. Néanmoins, et toute chose égale par ailleurs —spéciale dédicace à Wally, dont c’est l’expression préférée : toute chose, donc, égale et surtout par ailleurs, les vastes blagues ne manquent pas ces jours derniers, qui ne nous viennent pas toutes du pays des chameaux sauvages, exemple : un membre fondateur du groupuscule d’extrême-droite appelé en son temps Occident vient d’être nommé, par Sarkozy, ministre de la Défense. Longuet, tel est son nom, Gérard est son prénom. Cet increvable défenseur des « valeurs chrétiennes » se retrouve donc à la tête d’une armée empêtrée dans le merdier afghan. Est-ce drôle ? Moyennement. Car il se trouve que le Longuet est également connu pour ses antipathies dès lors qu’il s’agit de l’islam, ou bien pour ses raideurs au sujet, par exemple, de l’homosexualité. Quant à son copain Hortefeux, condamné à deux reprises pour injures ou propos racistes, le voilà bombardé conseiller spécial du palais, en prévision des élections censées reconduire le Grand Vizir dans ses fonctions, l’année prochaine. Dès lors, inutile de demander le programme de la big farce électorale, il est lisible sur leurs fronts. 

     Dans le registre de ceux qui aiment bien rire de tout et même avec n’importe qui, la palme revient cette semaine au maire de Tchita, ville russe de Sibérie. Il se trouve en effet que ce brave Mikhalev, Anatoli de son prénom, par ailleurs membre du parti de Vladimir Poutine, a fait part de ses regrets de chasseur: « malheureusement  on n’a pas de permis pour tirer sur les sans-abris, on n’a donc  pas de moyens légaux pour en venir à bout », a-t-il confié, tout de go. Devant la bronca provoquée en Russie même par ses propos, monsieur le maire s’est senti merdeux, s’est excusé, a précisé pour nous, trop cons, qu’il n’avait pas été compris : il ne s’agissait jamais qu’un de ces traits d’humour, fréquents en fin de banquet, bref, là aussi : d’un big joke.

     On en riait encore lorsqu’un casse-délire nous appris qu’en Côte d’Ivoire, désormais, la guerre civile menait son petit bonhomme de chemin. Que ça s’entretuait là-bas, sévère, morts par milliers et pauvres gens jetés sur les routes, en errance, en danger, sans que ça émeuve plus que ça un Occident ayant d’autres chats arabes à fouetter. C’est qu’il n’y a, en Côte d’ivoire, ni pétrole ni silicium, ni de ces petites choses qui permettent à nos Blackberry de fonctionner correctement, tout en assurant la fortune des dynasties Bouygues et consorts. Où est alors Sarko l’agité, rangé aux côtés de Ouattara il y a quelques mois à peine, où sont ses discours menaçants, ses vindictes, sa verve guerrière? Rentrés. Ravalés. Renfrognés. Ramenés au rang d’un Big Joke. Finalement, c’est fou, en ce moment, ce qu’on peut rire de tout.

 

                                                                                            Frédo Ladrisse

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 22:18

index-copie-3.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après La Tunisie, après l’Egypte, la Libye? Seïf Al-Islam Kadhafi, le fiston du colonel, a beau promettre à son pays « la guerre civile, des rivières de sang : nous nous battrons jusqu’au bout, nous nous entretuerons dans les rues », on a beau dénombrer plus de 400 morts en 6 jours, n’empêche : le ministère de l’intérieur et de nombreux bâtiments publiques, à Tripoli même, sont en feu,  tandis que certaines villes de province ont d’hors-et-déjà basculé du côté de l’insurrection. Bref, ça sent le sapin pour un pouvoir considéré pourtant par les puissances occidentales comme indéboulonnable, par principe et par intérêt. Encore une analyse foireuse démentie par les faits, il serait temps, ne trouvez-vous pas, que les mal-comprenants occupant les offices du quai d’Orsay lèvent leurs lourdes paupières et osent regarder en face le monde tel qu’il va. Qui se souvient de leur enthousiasme lors de la chute du mur de Berlin et des « révolutions » qui s’ensuivirent, à l’Est, de la manière indécente que ces guignols avaient de danser la carmagnole autour de la dépouille du communisme autoritaire et de proclamer, dans le même mouvement, la « fin de l’histoire » , la victoire, définitive, du capitalisme ? On les retrouve, aujourd’hui, beaucoup plus timorés face à la vague révolutionnaire qui submerge le monde arabe. C’est qu’ils nous arrangeaient bien, ces dictateurs amis de la France qui, en échange d’une paix royale sur le plan intérieur permettaient à nos entreprises de continuer d’exploiter les ressources de ces pays. C’est aussi, sur un autre plan, que toutes ces rues-qui-gouvernent risquent de donner des idées aux populations assoupies et replètes d’Europe. Aussi, ces révolutions surprenantes sont traitées comme par-dessus la jambe par nos castes dirigeantes mais néanmoins frileuses — et, osons le mot, un peu froussardes —, dont l’objectif actuel est d’en minorer la portée.

     Une autre hypothèse consisterait à considérer que l’occident n’a réellement pas pris la mesure des bouleversements planétaires qu’impliquent ces soulèvements. Dans le cas de la France, la nomination à Tunis de l’ambassadeur Boillon abonde dans ce sens. Déjà, nommer en Tunisie un jeune homme qui, jusqu’à présent, représentait la France en Irak — pays dévasté s’il en est, par ailleurs toujours en guerre —, souligne l’incompréhension de la Sarkozerie à l’égard de l’actuelle situation tunisienne. Mais Boillon parle l’Arabe littéraire, alors on l’envoie lui — dans un pays francophone, bien vu… Puis, non content de poser en slip sur le site de Copains d’Avant, celui  que Sarko se plaît d’appeler « mon petit Arabe », met toute son inexpérience au service de sa mission, insultant dès son arrivée les journalistes tunisiens, accusés de « poser des questions débiles », en rajoutant dans le registre furibard, fulminant « mais enfin, est-ce que vous croyez que je suis à ce niveau, hein ! »Dès le lendemain des centaines de Tunisiens manifestaient devant l’ambassade de France, brandissant des cartons exigeant « Boris, dégage ! »  Le gaffeur s’est depuis excusé, à la télé et en Arabe littéraire, mais le mal était fait et la « nouvelle page » des relations franco-tunisiennes déjà tâchée de gras. Boillon, ah lala, Boillon…Une telle nomination, c’est ce qu’en langage diplomatique on appelle une « erreur de casting ». On attend avec impatience de voir quelle « erreur » de ce type sera nommée ambassadeur en Egypte — Lagaff’, Eric Zemmour ? Ah tiens, j’allais presque oublier : pour en finir avec Boillon, voulez-vous savoir ce qu’il disait du colonel Kadhafi, pas plus tard qu’en novembre dernier ? « C’était un terroriste, il ne l’est plus, il a fait son autocritique. Dans sa vie on a tous fait des erreurs, et on a tous droit au rachat. » Sans commentaires…                      

 

     Revenons un temps en nos contrées, et arrêtons-nous un moment, pas plus, sur le cas DSK. 7 millions de pauvres hères ont patienté devant leur poste, dimanche dernier à 20h, en attendant l’annonce de sa candidature à la course présidentielle. Mais non, bouche cousue, Strauss-Kahn s’est simplement fendu d’un tour de piste pour rien. Tout au plus Monsieur le Directeur du FMI a-t-il enfilé de vastes perles telles qu’ «il existe un risque de déclassement de l’Europe par rapport à l’Asie », qu’avec la crise « on a évité l’effondrement, mais on n’a pas évité les souffrances » et autres évidences destinées aux enfants que nous sommes assurément, aux yeux de ce maître du monde. Le suspense, donc, demeure entier, concernant sa candidature. Et je connais personnellement un membre du parti socialiste (on n’ose plus dire : un militant, tant ça milite nada dans ces partis de gouvernement) qui, réellement, n’en dort plus. A quoi ça tient, n’est-ce pas, une bonne nuit de sommeil… Ah y'a aussi, tiens, la Berlu : Il Cavaliere, pour sa part, dort comme un bambin, et se déclare « absolument pas préoccupé » par le procès qui l’attend aux premiers jours d’avril. A noter, au passage: voilà un pays, l’Italie, où le président du conseil toujours en exercice est traduit devant la justice, tandis que de l’autre côté des Alpes tout est fait afin d’éviter au citoyen Chirac, en retraite depuis 2007, une comparution jugée par d’aucuns infamante. Il semble par ailleurs, pour le sarkoland, impossible ne serait-ce que d’envisager la démission d’une ministre aux affaires étranges. Comme le susurrait l’agité de l’Elysée lors de son show télé à plaisanteries multiples, tout porte à croire que, dans ce pays, « tout n’est pas en abscisse et en ordonnée. »

     Tu parles, chacal! Tes abscisses sont autant d’abcès, de pustules pullulant sur le corps social, exemple récent : la Sécu. Future victime du programme de casse systématique des acquis, c’est par la bande que Sarko et ses potes mafiosi s’attaquent à cette citadelle, usant jusqu’à la corde du prétexte de la dépendance, surtout, de son financement. Bien entendu, comme d’habitude, les caisses sont atrocement vides. Sarko, économiste en diable, demande donc « à chacun d’entre vous d’examiner toutes les autres options possibles, y compris celle de l’assurance. » Privée, l’assurance, ça va de soit. La création de la désormais célèbre cinquième branche, livrée d’emblée aux assureurs, risque bien d’être le premier coin enfoncé au cœur du principe de solidarité. Mais pourquoi ne pas privatiser dans le même mouvement l’assurance maladie, l’assurance vieillesse,… ? Pas d’impatience : ça viendra.

     Quelle que soit la façon que choisiront ces aigrefins pour nous la mettre grave, certains de nos contemporains n’auront guère le loisir d’en supporter les conséquences. Au hasard : les Roms. Une double page dans la presse livre un constat sans concession : non seulement les expulsions n’ont pas chassé les Roms de France, dont le nombre reste à peu près stable, mais surtout les conditions de vie de ceux et celles y résidant se sont largement dégradées. Belle réussite, y’a pas à dire. Variable d’ajustement de la politique migratoire (les Roms constituent plus du tiers des reconduites à la frontière), on en use pour gonfler les chiffres, sans se soucier des conséquences. « Oui, il faut expulser les Roms », s’emporte ainsi Jacques Myard, député Ump. « Expulser permet de rappeler à ces gens qu’ils ont le droit de venir, mais pas de s’établir en France. » Le droit de jouer les touristes, quoi. Pour l’heure, ces « touristes »-là survivent dans d’immenses bidonvilles, tel celui de Sarcelles, dans le 95, qui compte un milliers d’habitants et… un unique point d’eau, une borne d’incendie, à l’entrée du campement. Et c’est sans compter les déchets qui s’entassent entre les baraques, comme personne ne vient les ramasser (pas une benne, à l’horizon). A Sarcelles, les riverains seraient, parait-il, exaspérés. « Il y a un vrai risque pour notre santé », se lamente l’un d’eux. Et tes poules, tu as pensé au moins à les rentrer ?

 

                                                                                         Frédo Ladrisse.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:57

index-copie-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Sonner le glas, eh oui les gars, de toute culture autre que vulgaire. Nous nous devons d’abandonner tout espoir en ce domaine, adieu vaches sachant disserter voir, quelle horreur, lire des livres, adieu veaux doués pour les écrire et autres cochons attentifs, disponibles, affables, adieu porcs philosophes. C’est très triste, en réalité, d’assister de son vivant à la mise à mort de ce qui fut en d’autres temps appelé les humanités, et n’avaient pas besoin de H majuscules. Les voilà néanmoins à terre, par la grâce d’une nouvelle crasse politique, inculte et fière de l’être, agressivement dressée sur ses ergots de misère en même temps que tout à fait prête à sortir son revolver, dès que sont prononcés les mots livres, films, théâtre, ou pire encore : éducation. On n’arrête plus les cons : ils ont le pognon, ils le gardent, le distribuent à leurs amis, lesquels sont tout, sauf éditeurs. Et tandis que Houellebecq, à la suite d’Ernest Pérochon (Goncourt 1920), fête son triomphe chez Drouant, la princesse de Clèves sait assez en quel dégout elle est tenue ces derniers temps, au même titre qu’un Edmond Dantes, lequel est rien moins que contraint de pointer au RSA. Houellebecq roi du Sarkozystan ? Est ici respecté une certaine logique de concassage systématique de la création vivante DONC forcément dérangeante CAR nécessairement, puissamment révolutionnaire. Triomphe, et merde, une vision strictement commerciale, mercantile, des idées, lesquelles, parce qu’industrialisées doivent rapporter, ou disparaître. Dès lors, le niveau baisse. Et l’âne triplement bâté néanmoins président s’autorise alors de ces sorties telles, l’autre jour à la téloche : «  je vais faire un incident », qu’il dit, quand ce trou du cul-là pensait à oser une incise au sein de son bêlant discours. Dans le même registre, et s’adressant à l’un de ces interlocuteurs : « si je vous ai paru méprisant, je m’excuse. » On n’est jamais, c’est vrai, si bien servi que par soi-même, cependant en français correct c’est l’autre qui vous excuse, ou non. Et là ce serait plutôt non. Une autre ?  « Avant l’été, madame, les Français qu’est-ce qu’ils ont comme sentiment ? », demande le bouffon, qu’est-ce qu’ils ont, hein madame, avant l’été, comme sentiment les Français ? Un peu, si vous voulez, le même qu’après l’été. Un sentiment, hum, de gêne.          

     Comme nous causons de Neuneu lâchons, pour un temps, Sarkozy, citons ce brave Dupont-Aignan — pas le d’Isigny, l’autre : « quand on me connait on vote pour moi », paonnait l’autre soir le gaulliste gallinacé — espèce menacée s’il en est. Son drame : être ignoré, alors même qu’il gagnerait beaucoup (de voix) à être connu. Las ! Dupont qui, déjà ?...

     C’est d’une roue différente que pavanait, en d’autres pages, la mère Parisot, d’une roue libre comme l’air qu’elle ne désespère pas de pouvoir, un jour, tarifer. Un temps, la mère s’était faite discrète, au point qu’on en était inquiet, ou quasi, pour ses abatis. Mais passé la tempête grévière de l’automne elle nous revient, et en pleine forme : au sujet des revenus indiciblement indécents de ses amis patrons Parisot rappelle, sans rire, que ceux-là  «ont fait un effort considérable concernant la transparence. » On saurait mieux ce qu’ils gagnent ? Ça nous en fait une belle, de jambe, et une soi-disant toute neuve conscience pour les stock-optionnards outrancièrement blindés de biffetaille. Qu’à cela ne tienne, pour Parisot, tout continue d’aller bien mal : c’est que les entreprises françaises grossissent moins vite que les allemandes, c’est là le drame, qu’elle dit. La faute à qui ? Là, hystérie : « c’est à cause de l’ISF, de l’ISF, oui ! C’est à cause de l’ISF ! » A l’intention de nos amis sourds et autres ralentis de l’oreille: Laurence Parisot nous dit qu’elle est contre l’ISF.

     Au rayon des sourdingues, on retombera ici sur ce non-appareillé de Sarko, lequel n’entend ni ne comprend le cri de la magistrature, le soir au fond des bois de justice. Il la méprise, surprise !, davantage que vous et moi —ce qui n’est pas peu dire. En un mot il la hait, la traitant telle une gangrène certes utile par moment à cette démocratie de façade, mais quelle plaie, les juges, hein ! Aussi subissent-ils à nouveau le présidentiel courroux, à l’occasion du tout dernier surmédiatisé fait divers. Mais ils réagissent, ils s’opposent, ils maugréent, ils manifestent ! Que veulent-ils, ces juges, de la brioche ? Selon Baroin, porte-parole patenté et lèche-talonnettes d’or toutes catégories confondues, « ce mouvement n’est pas juste, il est le fait de magistrats qui refusent d’assumer leur responsabilité. » Puis d’en faire des kilos, le toutou, sur le meurtre de Laëtitia, « épreuve collective », qu’il dit. Collective ? Comment ça ? Qu’a de collective une épreuve qui, de par sa nature, est à peine inimaginable pour le quidam situé hors du champ direct du drame ? Cependant, se lâchant et semblant incapable d’une pudeur à minima, le récupérateur démago ose ceci, d’anthologie : « c’est le Président de la République qui reçoit la douleur des familles, qui reçoit ce cri. C’est une douleur pour lui. » Ainsi donc souffre Sarkozy, en sa chair, en son être, tel l’agneau, amen … Dans le registre de l’odieux, on a rarement fait pire que cette sortie-là. Si j’étais le père de Laëtitia, peut-être trouverai-je encore la force d’aller lui péter sa sale gueule, au clébard Baroin. Et tant qu’à y être, à son maître.

     Ça rigole plus ? Rionz’un peu, avec nos amis les comiques, au premier rang desquels s’avance Philippe Sollers, le précieux ridicule des lettres germanopratines : « Tout jeune, j’étais déjà anarchiste. Il faut réveiller l’anarchie ! », s’emballe l’écriveur vain. Une déclaration qui, vous en conviendrez, ne manque pas de piquant de la part d’un bouffon passant le plus clair de ses nuits sans lune à hurler avec les loups qu’il est catholique, oui monsieur, pratiquant, parfaitement madame ! Et qui, lorsque c’était la mode, s’était arrangé pour sucer de ses lèvres lippées l’anneau papal de Popaul II… A voir un tel falot se réclamer subitement d’une idéologie dont il ignore tout et jusqu’à l’orthographe, on est en droit de se demander si l’anarchie n’est pas en train de devenir fashion. Merde alors, manquait plus que ça.

                                                                                          Frédo Ladrisse. 


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 00:13

Tirantindex.jpg tête hors du trou, qu’entends-je ? En Chine, débute l’année du lapin. Information de prime abord tout à fait dénuée d’intérêt, de second abord idemement, nous en sommes bien d’accord. C’est juste que ça fait du bien, de parler de lapin, ça nous change des carpes. « Quand je suis allée en Tunisie il ne se passait rien », se défendait ainsi MAM, carpe diem en représentation l’autre soir, sur les plateaux téloches, après que fut révélé ses vacances là-bas , aux alentours du jour de l’an. Elle faisait alors face au clébard Pujadas, homme-tronc dont il se dit qu’il a les mains rugueuses mais la langue bien humide . « Quand je suis ministre je suis ministre, quand je suis en vacances je suis comme tous les Français », ajoutait la dame baladée, en pleine insurrection, dans un jet privé appartenant à un des voleurs de la clique de Ben Ali Baba. Tous les Français feraient ainsi lors de leur séjour à Djerba? Tous les Français n’ont, en tout cas, guère la possibilité de squatter les écrans télé telle la ministre ce soir-là, quittant Canal+  à 19h55 pour être en direct sur F2 à 20 heures  précises. Les studios des deux chaînes étant loin d’être mitoyens, le doute n’est plus possible : Mouche A Merde, c’est Wonderwoman. Une Wonderwoman agacée : «écoutez, j’ai juste pris cinq jours de vacances, et franchement je les méritais. » On n’en doute pas, Mouche. « J’ai pas pensé à mal », qu’elle dit, et « je suis meurtrie, vraiment meurtrie ! » Pauvre Mouche, pauvre Merde, MAM, qui, toute meurtrie qu’elle fut, n’en conclura pas moins sa toute martiale intervention par un « je ne démissionnerai pas », qui vaut son pesant de culot et son poids de foutage de gueule. Je ne démissionnerai pas, disait aussi Woerth en son temps. Depuis, il s’est fait gravement lourdé. A méditer, Mouche, n’est-ce pas… Car même si, selon Baroin, porte-parole du Sarkozystan, « l’affaire est close » désormais (pour qui il se prend ce morveux, pour un proviseur de base ?), tout porte à croire qu’à la première occase MAM sera, comme Woerth, débarquée. Tiens, une station-service : Michèle, sois gentille, vas donc nous chercher des Kinder… Allez Fillon démarre, démarre ! 

     Cependan t, accabler la Mouche se révèle par trop aisé, et ne saurait nous faire oublier que Madame Royal, suite à sa campagne de 2007, était partie « se ressourcer » où donc ? En Tunisie, que Strauss-Kahn y fut décoré par Ben Ali himself le 18 novembre 2008, et qu’il vanta alors le modèle tunisien, « meilleur modèle à suivre pour les pays émergents. » Sic. Et Sarko, quand on y repense : c’est à Louxor que le gars avait pris ses premières vacances en compagnie de Carla et de toute la smala, aux frais de Bolloré, son copain milliardaire. Force est donc de constater qu’Egypte, Tunisie, « destinations prisées » des Français qui ont les moyens — et pas de cerveaux —, fut aussi, de long temps, celles du personnel politique. On apprendrait que Krivine coule une retraite heureuse en compagnie d’Arlette L. du côté de Charm el-Cheikh qu’on en serait pas plus étonné.

     En France, pendant ce temps, quoi en France ? La routine pépère, si ce n’est ces Compagnies Républicaines de Sécurité en grève de la faim, pas en grève de la Kronenbourg : ils n’auraient jamais tenus trois jours. « On est une famille CRS ! », beuglait l’autre jour l’épouse d’un de ces fourbus militaires qui refusent — on aura tout vu ! — désormais de déménager. Famille CRS : me vint alors en l’esprit l’image des petiots, de la môman, de la mamy, des frères et des sœurs tous bien uniformés et matraques et casques en sursis… Pour me débarrasser de l’image enquiquinante j’allais pour m’en rouler un petit quand la ministre des sports, Chantal Jouanno qu’elle s’appelle, s’est invitée dans le poste afin de donner son avis sur un sujet que visiblement elle ne connait qu’imparfaitement : « quand on voit les dégâts que fait le dopage dans le sport, on ne peut qu’être contre la légalisation du cannabis », a dit la madame, sans rire. Alors j’ai revêtu mon jogging flambant neuf, et je suis parti dormir.

     Le petit matin fut pénible, à l’écoute de Radio-Paris, ondes sur lesquelles s’exprimait l’ineffable Laurent Gerra, autrement appelé Le Luron du Sarkon. « Moi, je suis anarchiste », dit le gars. Anarchiste de droite ou de gauche, demande le journaleux. « Ne mêlons pas la politique à ça », répond alors le drôle. Finalement, sans le vouloir, il aura répondu.

     Plus tard dans la journée, parcourant le journal, on apprend l’existence d’un nouveau jeu de société. « Plan social », ça s’appelle. Une sorte de monopoly où vous êtes censés vous glisser dans la peau d’un actionnaire sans foi ni loi. Le but ? virer le plus de salariés possibles, afin de réduire les coûts et de faire grimper le prix de l’action. Je suis comme vous, naïf. J’ai d’abord cru à une blague, à un jeu au second degré, par exemple édité par J.L. Mélanchon afin de dénoncer les excès du capitalisme. Que nenni. Le jeu existe bel et bien, et se pratique totalement au premier degré intégral. Il est où, mon jogging de nuit ?   

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.  

 


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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 00:54

sark-ben-ali.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après des décennies de pouvoir sans partage, le Président s’est donc envolé, renonçant à la toute-puissance et aux prérogatives que lui conféraient son poste, néanmoins embarquant la caisse, boursouflée de biffetons. On n’entendra plus parler de lui si ce n’est de loin en loin, et c’est rien de dire qu’il y a peu de chance qu’il vienne à nous manquer. C’est du président du FN dont il s’agit évidemment, du vieux Le Pen ayant, ce week end lors du congrès de Tours, refilé Sceptre et Main de Justice à sa fifille Marine. « De simple mouvement des éveilleurs, je veux faire du Front National celui des bâtisseurs », tonitrua la benjamine. S’il est question de bâtir prisons et camps de rétention, prière d’avertir la Marine que la clique Sarko a pris une furieuse avance.   

     Mais laissons-là ces chiffaillons de la France bleu-blanc-beurk, et revenons à l’essentiel : une fois n’est pas coutume, c’est clairement l’actualité internationale qui prend le pas sur les habituelles sotties hexagono-hexagonales. A moins de se passionner pour la question, certes cruciale, du calendrier relatif aux primaires du Ps — forme de perversion extrême, heureusement fort peu répandue —, à moins d’accorder on ne sait quelle attention malade aux sorties d’une Martine Aubry placée sous codéine intense :« nous avons la force, mais la force, comme vous le savez, peut être tranquille » a-t-elle bramé, ou encore, ceci : « les socialistes sont prêts, le changement est proche », hi hi hi,… à moins, donc, de se fourvoyer en de sempiternelles ritournelles sans queue ni tête ni alouette, l’honnête homme et femme et autruche ne saurait éviter de jeter un œil, même globuleux, au-delà des frontières. Vers la Tunisie bien sûr, vers le Niger également, vers Haïti enfin, Haïti dont notre monde de riches et renfrognés voleurs — en un mot : l’occident — a décidé de se ficher, définitivement. On reprend ?

     Tunisie : après quatre semaines d’émeutes, Ben Ali s’est donc taillé, emportant avec lui quelque tonne de métaux précieux, comme tout dictateur qui se respecte. Malgré la décapilotade de son pote, à l’heure où s’écrivent ces lignes Sarko n’a toujours pas prononcé le moindre mot au sujet de cette fâcheuse affaire, lui qui, en général, se montre comme on sait fort soucieux de réagir avec promptitude aux secousses agitant notre pauvre planète. Là, ça tarde, ça se tait, cela vaut mieux me direz-vous, plutôt que de commettre une bourdasse à la mode Baroin lequel, pas plus tard que la semaine dernière, jugeait la position de cette France qui ne pipait mot « équilibrée », et qui pensait qu’aller plus loin serait « faire preuve d’ingérence », ce dont il ne saurait être question puisque « la Tunisie est un ancien protectorat français. » Pas faux. Et donc ? Faut-il rappeler à Baroin-le-chafouin avec quelle belle énergie Sarko s’est ingéré dans les affaires de la Côte d’Ivoire, pourtant ancienne colonie ? Faut-il rappeler également qu’il y a quelques jours à peine MAM, ministre des affaires étrangères, s’exprimant devant les députés, n’excluait pas l’envoi de gendarmes français du côté de Tunis, car « le savoir-faire de nos forces de sécurité permet de régler des situations sécuritaires de ce type »? Elle a l’air finaude, tiens, maintenant, la gendarmette. Quoi qu’il en soit, et alors que ça ne fait même pas quatre jours que Ben Ali a ripé du trône, ces guignols se bousculent sur les plateaux téloches histoire de ne pas insulter l’avenir, et de prendre, sur lui, des gages. Delanoë, maire de Paris, assure ainsi n’avoir « pas croisé Ben Ali depuis beaucoup d’années ». Sic. Parions sans risque qu’ils ne manqueront pas, les politiques jurant, main sur le cœur, ne pas connaître ce monsieur, Ben comment vous dites ? Déjà, comme légèrement gêné aux entournures de son soutien indéfectible au dictateur durant vingt ans, le gouvernement français, par la voix de son ministre de la défense j’ai nommé Juppé-le-Moko, justifie son silence par de piteuses circonvolutions, « la plupart des pays occidentaux pensaient, comme nous, que la Tunisie était un pays stable. » Stable, dans la bouche de Juppé, signifiant verrouillé, tenu, parfaitement policier. «Nous avons sous-estimé l’exaspération de l’opinion publique tunisienne », ajoutait le pantin à la figuration funeste, dans la mesure où, tous, nous savons que la politique étrangère, à l’instar du prix de la baguette et de la demi-livre de beurre, se décide à l’Elysée. Reste à citer Guéant, conseiller spécial de Sarko, Claude Guéant selon lequel « personne ne pouvait prédire que les choses iraient si vite, et aussi loin, en Tunisie », pour ensuite en tirer une très limpide conclusion : nous sommes, en France, gouvernés, dirigés par une bande de types à ce point imbus de leur personne qu’ils n’imaginent même plus qu’un mouvement populaire puisse les faire décaniller. « Ce n’est pas la rue qui gouverne », tonitruent-ils en chœur et depuis des années. Là, ils découvrent, effarés, que la rue, le peuple, existe encore, que donc leur pouvoir est fragile, qu’ils peuvent être balayés en l’espace de quatre semaines. Forcément, le Sarkoland est incapable de prévoir, plus encore de concevoir cela, mais le message est clair : les révolutions ne sont pas toutes de ces moments désuets appartenant au passé, elles peuvent, si nous le décidons, se dérouler ici, demain. Un message que feraient bien de méditer également tous ceux et celles n’ayant pas cru, cet automne, aux chances de succès du premier grand mouvement anti-sarkozyste de masse, appelé, par commodité, « lutte contre la réforme des retraites ». Que ceux et celles retournés fissa à la niche dès que fut votée la loi funeste et alors même que nous avions, au bout de nos bâtons, la possibilité de bloquer ce pays de trous du cul, de le mettre à genoux, de renvoyer l’excité de l’Elysée et sa bande au néant qu’ils n’auraient jamais dû quitter, que celles et ceux-là tentent, au moins, de s’inspirer, la prochaine fois, de l’exemple tunisien. Afin de ne plus être mièvres et pleutres, comme aime à nous considérer les pourritures qui nous gouvernent, et qui savent que la peur nous tient, qu’elle nous fait reculer. Cet automne, à nouveau, nous leur avons donné raison.

     Le Maghreb et le monde arabe a peut-être encore quelques leçons d’insurrection à nous donner : au Yémen, en Egypte, au Maroc ça s’agite. En Algérie idem, où quoi qu’on en dise le feu couve, l’Algérie, sur laquelle le vieux Le Pen, l’autre matin, a une nouvelle (une dernière ?) fois craché, lorsqu’un auditeur de Radio-Paris lui demanda si, dans les circonstances actuelles, il avait quelque chose à dire aux Algériens: « je n’ai rien à dire aux Algériens, ils ont voulu l’indépendance ? Qu’ils prennent leurs responsabilités. » Point. Cela fleure mauvais son 1961 et sa Villa des Roses, n’est-ce pas ? Décidemment l’antique verrat aura tenu à rester infect jusqu’au dernier moment de sa crapouilleuse carrière. Au fait : comment appelle-t-on, déjà, la petite du verrat ?

     Au Niger, c’est autre chose : lorsque des Français sont enlevés désormais ça mitraille, ça hélicoptérise, ça lance de ces assauts commando ah non mais !, on se laissera plus faire !... Résultat, deux otages tués, on sait plus trop par qui. Pourtant, dans le même temps, on se laisse faire au Mali, où sont détenus cinq Français, on se laisse faire en Afghanistan. De mauvaises langues prétendent que la différence entre le Niger et, par exemple, le Mali, par exemple l’Afghanistan, c’est qu’au Niger y’a de l’uranium. Donc, de gros intérêts. Donc, des entreprises de chez nous. Grosses, les entreprises. Dans ces conditions pas question de laisser les dingos d’Allah mettre en péril le bizness. En Haïti, qu’y-a-t-il ? Depuis un an, des gravats, des tentes, des gens dessous les tentes. Il semblerait que ça n’émeuve désormais plus personne. Des milliards de dollars d’aide internationale sont bloqués dans les caisses du fait d’une ONU incapable d’en finir avec de sombres histoires de réglementation concernant la reconstruction. Qu’y-a-t-il, en Haïti ? Certainement pas d’uranium.


                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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