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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 19:36

 

voisins_vigilants.jpgTirant tête hors du trou du sable des congés, qu’entends-je ? Sale temps dehors, sale temps pareillement sur le capitalisme financier qui n’en finit plus de faire sous lui, puisque fut dégradée, disent-ils, la « note des Etats-Unis » — jusqu’à lors, naïf, j’ignorais qu’une nation bâtie sur trois siècles de guerre et deux génocides, par ailleurs concomitants, mérita quelque chose comme une façon de triple A ! —, chiasseux donc puisque s’affolent les bourses et que les Chinois, à ce qui se murmure, seraient en passe de s’installer au poste de commande de la Phynance Mondiale. Diantre, ça en fouette donc dans les slips, et puisqu’on en parle, tiens, ils ont un peu de la chance : en camping le 14 juillet je suis tombé de ma chaise sans même être bourré me suis fêlé une côte et, sous antidouleur puissant durant près de trois semaines, me retrouve bide déglingué. Depuis, je ne connais la selle que par ouï-dire, ou quasi. On s’en tamponne, dites-vous ? N’empêche, tout est lié : même la perspective d’une récession mondiale ne m’a pas évacué l’intestin, c’est prouver à quel point me touche un peu, beaucoup, pas du tout, la perspective d’un éventuel effondrement boursier. Et mes contemporains idem : où sont-ils, les flots de vacanciers rejoignant précipitamment leur F2 de banlieue à l’annonce d’une baisse historique du CAC40 ? Si constipation il y a, c’est peu dire qu’elle est nationale.

      « Si l’Italie saute, nous sautons », alarme pourtant Minc-le-Maudit. « Les spasmes qui agitent les marchés, eux, sont irrationnels. » Le très rationnel Minc, politicoéconomicoflatologue préféré des classes dirigeantes toutes tendances confondues, est connu pour s’être trompé à peu près neuf fois sur dix depuis 1954 — « si ce type présentait la météo à la télé, il y a belle lurette que les Français l’auraient pendu », aurait eu coutume de plaisanter le président Coty.  Pour autant, il convient de tenir compte des prévisions bidons de cet oiseau de mauvaise augure, car elles annoncent toujours l’orage qui, plus tard et dans pas longtemps, nous tombera sur le coin du pif: « tout l’enjeu est de définir une politique de rigueur socialement juste et acceptable », conclue Minc au sujet de la France. Autrement dit de poursuivre voir d’amplifier la casse des régimes sociaux, mais sans pour autant susciter de ces poussées de mécontentement telles qu’on en voit en Grèce, en Espagne et ailleurs. Quadrature du cercle, pour le Sarkozystan : comment profiter de la crise, formidable fenêtre de tir permettant de parachever la contre-révolution conservatrice et libérale, sans pour autant, l’année prochaine, perdre les élections. Abusus non tollit usum*, comme disent les cons.

     Mais puisqu’elles sont encore loin, ces foutues élections, édiles et représentants de l’Etat peuvent encore, et comme chaque été, déchaîner leurs passions en matière d’expulsions de squats, de chasse aux sans papiers et autres fermetures de centres d’hébergement. L’été n’est pas en pente douce, pour les populations visées. Mieux, profitant de la torpeur des cerveaux ramollis par l’eau, voilà-t-y pas qu’on s’en reprend au Rap. Le bien nommé Michel Raison, député Ump de Haute-Saône — un département dont on sait qu’il demeure le bastion des rappeurs les plus ultras —, compte s’en prendre à, je cite « certains groupes de musique Rap issus de l’immigration. » Puis demande, sans sourciller, au ministère de la culture quelles « mesures ont été prises pour censurer ces chansons et mieux contrôler leur diffusion. » Entendons-nous bien : ne sont visées ici que les œuvres de créateurs « issus de l’immigration » : Raoul Boulard, MCRobert n’ont donc pas à craindre les foudres de ce monsieur Raison. Qu’il faut savoir garder : n’est-il pas le dernier rempart avant la déferlante rappeuse et « immigrée » qui, à coups-sûrs, menace Vesoul de ses gros mots?

     Si la peste Hip-Hopesque devait, malgré ses efforts, s’abattre sur la préfecture, le député pourra toujours s’en remettre aux « Voisins Vigilants ». Kézako ? Les VV sont des regroupements de citoyens vertueux circulant dans certaines villes, ayant pour objectifs de « faire diminuer les cambriolages, les escroqueries, les dégradations et les incivilités. » Evidemment ces braves voisins sont non seulement formés mais également sont en contact permanent avec la police locale. Mieux, et malgré quelques expérimentations qui sont loin d’avoir fait leur preuve —faut croire qu’on n’est pas, pas encore, près à se fliquer les uns les autres —, une circulaire du ministère de l’Intérieur prévoit d’étendre le dispositif à l’ensemble du territoire. Les volontaires seront alors officiellement transformés en « collaborateurs occasionnels du service public », un statut qui ouvre droit à rémunération… On les imagine d’ici se ruer sur le formulaire, tous les SuperDupont de canton ! Puis, « collaborateurs », comme dit dans la circulaire, ça en jette n’est-ce pas, ça rappelle de furieux souvenirs. M’est avis que si la Milice avait porté le doux nom de Voisins Vigilants, elle n’aurait pas connu le funeste sort qui fut le sien.

     Puisqu’on traîne chez les néo-nazes, restons-y un instant : en voilà qui ont le vent en poupe, les DP. DP, pour Droite Populaire. Autant le dire tout de suite, ces gens sont aussi populaires que le NSDAP était, par exemple, socialiste. Ce ramassis de frontistes contrariés et/ou honteux, a naturellement trouvé refuge au sein du Sarkozystan-pour-mille-ans. A la droite de l’Ump, donc. Et c’est rien de dire que la poignée de furieux qui l’anime profitent des vacances des Juppé Copé et consorts pour squatter les Unes et les ondes. Voyez Mariani, le ministre, l’homme qui entend déchoir de la nationalité française « les auteurs de certains crimes » (sans autres précisions, bien sûr) : le voilà désormais qui défend l’idée d’un fichage généralisé des allocataires sociaux, « pour lutter contre la fraude. » Il n’en dort plus, le bougre, depuis qu’il a appris que « les profiteurs peuvent toucher indûment le RSA dans plusieurs départements. » Que la fraude aux allocations ne concerne qu’une infime partie de leurs bénéficiaires, cela Mariani s’en tape. De même, que des dizaines de milliards d’euros, impôts dus par les entreprises et de très riches individus, échappent chaque année au fisc, ne trouble guère son sommeil. Non, il ne doit ces insomnies qu’à ces satanés « profiteurs », ces salopards du RSA. Il y a urgence, donc, si tant est qu’on veuille relever les Phynances de la France, à ficher tout ce beau monde. En attendant de les voir dénoncés, avec diligence, par quelques Voisins Vigilants.

     Autre dingo de la Droite Populaire, Lionnel Luca, député, commentait en ces termes l’attentat d’Oslo : « le premier responsable de ce climat délétère [sic !], c’est l’islamisme. C’est lui qui a crée l’islamophobie. » Dans l’esprit perturbé de celui qui, naguère, fut un des premiers membres du RPF de Pasqua-Villiers, nul doute qu’islam se confond avec islamisme. Né quelques décennies plus tôt, ce populo-droitiste nous aurait sans doute expliqué que les premiers responsables du « climat délétère » qu’on appelle Shoa, c’était les juifs eux-mêmes.

     Pour finir, revenons un moment sur Thierry Mariani. C’est que l’interview est cocasse, et le bonhomme non moins. Après avoir défendu le projet de ficher 85% de la population —comme si ce n’était pas déjà fait —, il termine par cette sottie, concernant les présidentielles : « Hollande n’a pas la carrure d’un chef d’Etat. Quand il se montre sur sa mobylette… Un président de la république ne peut pas être quelqu’un de normal. » S’il n’y avait que lui.

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

 

«L’abus n’empêche pas l’usage » 

 


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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 18:12

mur-mur-n-0-022.jpg(ci-contre les Tongs de l'Auteur) 


Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Manquait plus qu’elle, tient, pour que le spectacle soit complet, que la parade des monstres puisse enfin commencer, La Boutin, la Titine, candidate aux présidentielles.   « Aujourd’hui la France m’oblige », se justifie-t-elle, sans qu’on comprenne vraiment à quoi elle est obligée, la rosière. Puis, madame la présidente du parti Chrétien-Démocrate (40 militants au compteur), invita « les Français à résister à leurs peurs, à construire sans crainte leur avenir. » Vaste salmigondis de déconnades s’ensuivit, mêlant hausse du taux de suicide, délocalisations et défenses des valeurs famille, patrie, et je sais plus quoi. « La France est belle, malgré tout », selon Christine Boutin. Mouais… Et que ça t’entonne la Marseillaise avant de se carrer en ses appartements telle la dinde dans son dindonnier. 17, ils sont actuellement 17, sur la ligne de départ de ces élections en peau de lapin — haut les mains. Rien que des perdreaux pas de la veille, ça piaille, de ci de là, et ça voudrait qu’on glousse de joie? Tas de cons. Pétasses également, à l’image de l’Aubry qui, grave, rêche, râpeuse à souhait, s’avance en costume de bal et râle que « ce pays, qui a fait les Airbus et les TGV, est en train de décliner. » Productivo-industrio-bêtassisme, quand tu nous tiens… Car ce pays a également « fait » les centrales nucléaires, « fait » les usines d’armements que le monde entier nous envie —le monde militaire, s’entend — et autres petites sucreries dont Martine ne pipe mot. Sur le reste ? Rien, ou si peu. Il s’agit de « redresser la France », de « montrer aux Français ce qu’on a dans le ventre », bref, d’avoir les plus grosses voies, toutes intestinales qu’elles soient. Les boules, par contre, c’est assurément ce pauvre Hulot qui les a, devancé par Eva Joly aux primaires écolos. Une « méga-surprise », selon les potes de l’Ushuaia boy, au premier rang desquels l’ineffable Bové. N’empêche, exit, Hulot le bouffon. Les Verts, cette année, semblent sérieux.

      Mais tandis qu’on s’amusait au chamboultou des pré-primaires-pré-présidentielles pré-2012 etc, il se produisit ceci d’à peu près extraordinaire, je parle, bien entendu, de la libération de Stéphane Tarpénié et de Hervé Guêpière. Nos otages, à nous. Les nôtres, d’otages, enfin libres ! Qu’ont-ils à dire ? Rien. Mais il est essentiel que ce « rien » tourne en boucle sur les chaînes et boulets de la télévision, qu’il occupe l’espace, occupe le temps et les esprits, de manière à ne plus permettre de parler du début de révolution se dessinant en Grèce ou en Syrie —Syrie où, étrangement, les journalistes occidentaux semblent avoir décidé de ne jamais se rendre—, de cette guerre en Lybie, qui selon Juppé n’était « qu’une affaire de jours, au pire de semaines » (déclaration daté d’il y a maintenant quatre mois). Ainsi les « riens » s’enchaînent, mariage à Monaco — le Rocher décisif, pousse garçon pousse, ça roule ! —, tour de France rance et autres Annecy Jeux Olympiques plantés pour notre plus grande joie, autant de lamentables « riens ». L’essentiel, bien sûr, n’est pas là. Il est dans les garde-à-vues qu’ont subies les  copains ayant commis cette faute, grave, de chanter Brassens devant la préfecture de Police, l’essentiel est aussi dans les expulsions, massives et violentes, de Tunisiens venus en France dans l’espoir  d’une vie décente. L’essentiel est, comme souvent, dans ce qui est tût : dans la bibliothèque où je travaille est organisé pour l’été un tournoi de jeux vidéo. Chouette. Souci : il est sponsorisé par Nintendo himself, et la marque est partout, même sur les maillots que portent mes collègues. L’essentiel, n’est jamais loin : dans la bibliothèque où je travaille il se trouve que les bibliothécaires se font de plus en plus rares, et de plus en plus nombreux les gens se trouvant là par défaut, après avoir raté le concours d’agent de police municipale. D’où : Nintendo, en force.

      L’essentiel, croyez-m’en, est souvent dans les tongs. Aussi Dame Pécresse, nouvelle porte-parole de Sarko, empruntant la voix de son maître a rappelé que pour le Président « un ministre n’est jamais en vacances, il a seulement le droit de se reposer. » Tongs, donc, pour les ministres. Où iront-ils cet été ? Je crains que les destinations classiques, Tunisie, Egypte, Grèce, soient pour eux un peu compromises. Vesoul, Maubeuge, Montargis en tong ? Pourquoi pas, mais je n’aime pas les tongs. Ça scie le pied entre les orteils, les tongs, c’est moche et rien moins que confortable, et si jamais le bourrin de service vient à  te marcher sur le pied tu es bon pour les urgences. La tong,  à bien y réfléchir, est le symbole par excellence de la contre-révolution néolibérale sarkozyste. Inconfort, fragilité —le pied, comme l’emploi, est fragile, pourrait avancer Parisot —, fausse insouciance affichée là, au niveau de l’orteil, comme crânement : la chose est entendue, tout porteur de tong est, définitivement, un sarkozyste convaincu. Quand bien même il l’ignore encore.

      Bonnes vacances cependant, sans tongs hein !, je compte sur vous. 

                                                                                                Frédo Ladrisse.

(l’autruche part bronzer dans son trou mais sera de retour début août)

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 00:09

 

images-copie-25.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Les voix de nos Saigneurs, à l’assaut de nos poches de guenillards, de salopiots d’assistés et autres bénéficiaires, si l’on peut dire, du Rsa. Il s’agirait cette fois encore de nous mettre au boulot, nous, dégénérés profiteurs. Une exception, cependant : selon Marc-Philippe Daubresse, numéro deux de l’Ump — une façon de Poulidor, quoi—, « les cas les plus lourds seront exclus de la mesure. » Lourds, c’est-à-dire ? Et pèsent-ils tant ? Pas si sûr. Car c’est 150 000 foyers qui se verront, au final, condamnés au travail obligatoire, service oblige. Et le même Daubresse d’évoquer en un rauque final le mirifique « complément de revenu » que toucheront ces privilégiés, soit, pour 40 heures mensuelles, et puisque l’alloc’ de base baissera, 60 euros de plus, par mois.  Je laisse à vos calculettes le soin d’afficher le taux horaire relatif à cette aumône.

     Tout en cognant sur le lumpen —  caution crasse, électoraleuse, cousue de fil bleu marine —, Sarkozy rentame sa complainte à destination des pov’gens, et se présentait l’autre jour, devant les députés Ump, comme « le président du pouvoir d’achat. »  Elle serait presque drôle, celle-là. Le pas encore candidat s’est ensuite laissé aller à définir la stratégie du candidat qu’il est déjà. Faisant référence aux socialistes, à l’agressivité dont ils feraient soi-disant preuve à son égard: « je ne me laisserai pas entraîner dans un combat de rue. » Street fighter 2, ça le fait pas ? Dommage. Puis, plus étrange, ceci : « il ne faut pas prendre le vent dans la plaine, moi, j’attends la montagne. » Métaphore cycliste, qu’on nous dit, tourdefrancesque à souhait, signifiant qu’il se déclarera le plus tard possible, à la mode Mitterrand cuvée 88. Dans la catégorie des « il faut, y’a ka qu’on », il eut enfin cette fulgurance : « il faut avoir une parole rare, car la parole use. » Si c’est un bavasseur qui le dit...

     Sinon quoi, sous la dent ? Creuse, autruche, mais creuse donc !, quand bien même, en ces temps, le sable pue la pisse ou le sperme, selon. Strauss-Kahn, en sa cage dorée sur tranche (de lard ? dollars !), plaide not guilty comme convenu, tandis qu’en métropole ses amis suent, s’activent, tel Cambadélis : « Il est extrêmement triste, mais extrêmement combatif. Je souhaite qu’il puisse revenir », dit-il de l’ami Dominique. D’autres avancent avec, à la main, le chapelet des excuses aussi bidonnées qu’habituelles. Dominique souffrirait d’une pathologie relativement répandue, dite du « troussage de domestiques » (Jean-François Kahn, dans le texte). Gros porc malade, en somme. Vivement le prochain album.

     Mais laissons-là ces billevesées indignes d’un lecteur ou lectrice averti, tel celle ou celui parcourant, à l’instant, ces pages — la pommade, ma gueule, c’est gratuit, et sans augmentation du prix de l’abonnement —, revenons plutôt à la vraie vie, c’est-à-dire au Sida. Selon les conclusions du sommet international mené sous l’égide de l’ONU, 6 milliards de dollars permettraient d’éviter les 12 millions de nouvelles infections attendues d’ici 2015. Vous me direz, smicards que vous êtes : six milliards, c’est une somme. Certes. Sachez alors que le coût mensuel, oui j’ai bien dit mensuel,  de la guerre en Irak est de 4 milliards de dollars. Aussi ahurissant que puisse paraître ce rapprochement, il n’en reste pas moins tout à fait vérifié. Et j’en suis, comme vous, sur le cul.

     Sur le cul, d’autant plus que les conclusions onusiennes préconisent dans le même temps aux pays développés « d’arrêter de mettre en œuvre des stratégies visant à bloquer la production, l’exportation, le transit et l’importation de médicaments génériques. De nombreuses nouvelles infections pourraient être ainsi évitées.» Sur le cul, j’y suis : j’y reste.

      Il me faut du Brassens pour, un peu, me redresser : mercredi 8 juin, à Toulouse, 29 joyeux drilles l’ayant chanté à pleine voix furent conduits au poste par le Cruchot local. Les voilà convoqués au tribunal, de surcroît. On attend, avec impatience, de connaître l’intitulé du chef d’accusation.


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 22:38

 

pieds2003.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après le DSK circus voici, en piste, le Tron show, du nom de ce secrétaire d’Etat qui, selon ses employées, aimait à caresser leurs pieds. Mazette, quelle affaire ! Et les pisse-copies de se jeter sur le podophile en position de démissionnaire, comme la misère (du journalisme) sur le pauvre monde politique. N’écoutant que son courage et aussi, un peu, son penchant pour les perversités de toutes sortes, l’autruche s’est renseignée au sujet de la podophilie. Elle a ainsi appris que cette pratique s’inscrivait dans le cadre, plus large, des « paraphilies ». Bien. Kézako cette chose, l’amour des parachutes ? Ladite podophilie n’en concerne pas moins des milliers de gens dans ce pays, et connait nombre de variantes telles le « footjob », acte qui, comme son nom l’indique, consiste à masturber le sexe du partenaire avec ses pieds, ou le « trampling » : se faire marcher sur le corps, par quelqu’un de chaussé ou non,  plus subtil encore, le « crushing », qui revient à écraser sous ses talons, aiguilles ou non, des insectes, à défaut de petits animaux — des bisons, non : trop compliqué. Au détour du blog « Onanisme and Co » (oui monsieur, quand l’autruche enquête elle le fait avec sérieux), on apprend également que « dans l’argot des maisons closes, sucer les pieds d’une prostituée était appelé « faire petit-salé. » Ça donne soif. Mais comme si Tron ne suffisait pas au bonheur des journaux du soir, voilà t-y pas que le philosophe au nom de bateau moche s’y met. Ferry, Luc, balance. Lâche tout de go le cas « d’un ancien ministre qui s’est fait poisser dans une partouze à Marrakech avec des petits garçons. » Son nom ? Là, silence. « Quand on n’a pas de preuves, on ferme sa gueule », précise très élégamment le présumé philosophe. C’est surtout que la transparence a ses limites, n’est-ce pas, des limites imposées par le code implicite de la caste à laquelle appartient Luc Ferry. Il risque des poursuites, dit-il, s’il cite le ministre pédophile. M’est avis qu’il risque bien pire, de son point-de-vue du moins, s’il brise l’omerta : la pure et simple mise au ban. Quoi qu’il en soit, au cœur même de ce Sarkozystan en totale capilotade, les affaires de cul risquent fort de s’accumuler durant l’année qui vient, au point que les solides armoires du ministère de la justice verront leurs gonds céder sous le poids des dossiers. Ce n’est plus le pays des droits de l’homme, mais celui de sa langue, de son sexe, de ses doigts. Le pays du touche-pipi.

     Même le concombre s’y met, cuisiné à la mode serial killer ! A l’observer, comme ça, comme à la dérobée sur l’étal du concombrier, il nous paraissait jusqu’à lors parfaitement inoffensif. Que nenni, le voilà qui tue, en rafale, bien qu’aux dernières nouvelles ça ne serait pas lui mais la laitue, mais les radis, mais les tomates tueuses !... Cinq fruits et légumes par jour, qu’ils disent. Pas de doute, ils veulent notre peau.

     Elles devaient ne valoir pas chère, la peau des 250 passagers disparus en mer et au large de la Tunisie. Bougres et braves et courageux, embarqués de fortune, qui jamais ne verront ces côtes européennes rêvées comme accueillantes. Selon d’aucuns, aux macabres comptes, depuis 1988 il y aurait eu dans cette région, le détroit de Sicile, environ 12 000 noyés. « Ce qui en fait le plus grand cimetière marin, au monde », indique le journaliste en queue de reportage. Cimetière des espoirs, cimetière des illusions. Les murs de la forteresse Europe sont dressés droits, solides, imperméables, inflexibles. Et l’Europe, depuis longtemps, ne rêve plus.


                                                                                            Frédo Ladrisse.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 13:36

 

images-copie-46.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Deauville, sa plage, son G8. Son Dsk qui, finalement, n’est pas venu puisque retenu pour affaire, mais sa Carla Bruni en tunique blanche telle une oie, gavée, là, engrossée. Deauville : un festival. Pas de cinéma cette fois, ces jours-ci c’est rien moins que la fête à Neuneu. L’agglomération se retrouve, comme à l’accoutumée, placée sous haute surveillance : 14 000 flicaillons pour une population de 4 300 habitants. Il semblerait que les 8 nains régnant sur le bas monde aient légèrement la frousse aux trousses. Sinon Blanche-Neige, comment elle va ? « La première dame, tout sourire, jetait des regards sur son ventre bien en évidence, posant ses mains croisés dessus », nous rapporte, à l’envi, les pages roses du Figaro. Tricotait-elle des chaussons pendant les réunions, cela, la presse ne nous le dit pas. De même qu’elle ne souffle mot, ou quasi et depuis des jours, de la Syrie, du Yémen, de la Libye, ou de ce qui se trame du côté de Fukushima. Aujourd’hui comme hier, l’engeance journaleuse, seule maîtresse abhorre ce qui doit être tu, ce qui doit être su, l’adore. Et nous le fait subir en boucle.

     Même quand elle s’essaie à l’écart, on la voit trébucher sur ses lacets et se vautrer, piteuse, dans les poncifs d’arrière-salle. Exemple, Daniel Mermet, célèbre animateur officiant sur les ondes de Radio Paris-Val. Enregistrant l’autre jour du son en provenance du campement de la Puerta Del Sol à Madrid, le bougre s’est lâché. « Oh, on nous offre une pomme, et en plus c’est gratuit ! Et même de l’eau, hein, c’est gratuit ! Merci, gracias mucho ! » Sic. L’homme ne s’en remettait pas, d’autant de gratuité. Plus tard, le même : « les jeunes Madrilènes, ils ont inventé un langage, lors des assemblées générales ils font des moulinets ou bien des marionnettes avec leurs mains si ils sont d’accord ou non, c’est génial, c’est génial ! » C’est d’autant plus génial que ça existe depuis vingt ans… Vous me direz : pouvait-on attendre autre chose d’un type qui va jusqu’à Madrid pour ensuite nous asséner quarante minutes d’entretien avec des membres d’ATTAC Espagne, quarante longues, très longues minutes d’insipidité dormitive tendant à prouver que, oui, ATTAC a eu raison avant tout le monde? Vous me direz aussi, bavards comme vous êtes, que Mermet se trouve être un des membres fondateurs d’ATTAC, ce qui bien entendu n’est que coïncidence. Vous me direz, pour finir : y-a-t-il, pour le moment, autre chose à narrer au sujet de ces  indignados ? Il paraît que ça se construit, et que ça risque d’être énorme. Je ne demande pas mieux, mais je suis comme vous, j’attends de voir. Au reste, entre indignados calibrés à la mode Mermet/Hessel et désesperados autrement plus remontés —et dont bien sûr on parle moins —, bien malin qui peut dire lesquels prendront le dessus. Pour l’heure, le mouvement semble se bercer d’illusions Bisounours. Mais, pas plus tard qu’aujourd’hui c’est à coups de matraques bien sentis que fut dégagée manu, surtout militari, la Plaça Catalunya, à Barcelone. « La police est là pour faciliter le travail des services de nettoyage », expliquait un condé local, « on enlève tout type d’objets qui peut être dangereux, comme des casseroles. »(voir vidéo ci-dessous) Bien. Dans ce cas, veillez à enlever les tourniquettes à vinaigrette. Mais à quelle fin, déjà, ce grand nettoyage de printemps? C’est que ce soir a lieu la finale de la coupe d’Europe de foutebol, et que si Barcelone l’emporte une vaste fête est prévue à l’emplacement même du campement. En un mot comme en cent, toutes les excuses sont bonnes, et tous les coups semblent permis. Soyons justes : si une telle opération à gros coups de tonfas dans la gueule peut contribuer à déniaiser ceux d’entre les campeurs qui s’acharnent à penser qu’il suffit de s’asseoir par terre pour que la police devienne gentille, ça sera toujours ça de gagné. En Grèce aussi ça bouge, dans d’autres capitales européennes, idem. Paris ? Bof, ça frémit, c’est mol, c’est bouche bée. Or, une place de la Bastille ne se prend pas en silence, les gens. Allons-y gueule ouverte, les gens, et l’été sera chaud. Canicule !

 

                                                                                                    Frédo Ladrisse.

 


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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:27

 

logo-ps.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette semaine, la tentation fut surtout d’en entendre le moins possible, afin d’échapper aux tombereaux affligeants dégueulés de la bouche du personnel politique. L’un des leurs a maille à partir avec la justice ordinaire, pour des faits qui, eux, ne le sont pas ? Aussitôt ces collègues entonnent la chansonnette du pseudo saint principe de la présomption d’innocence — oublié, quotidiennement, dans tous les tribunaux de France. Ils s’émeuvent, à s’en étrangler, du sort réservé au bonhomme, et Henri-Lévy, philosophe escroc décolleté, brame goitre au vent qu’il « en veut au juge américain qui a fait semblant de penser que Dominique était un justiciable comme un autre. » M’est avis que ce Croquignol ne tardera pas à en chier un livre, griffonné comme d’accoutumée par son équipe de nègres. Plus tard, c’est Manuel Valls qui s’empourpre à la vue de son chéri menotté, « des images d’une cruauté insoutenable. » Le gars devrait se rendre, une fois dans sa vie, à l’entrée de n’importe quel tribunal de grande instance, il assisterait ainsi au lent, à l’interminable défilé des menottés du jour. Mais il est vrai que nous parlons, là, de « justiciables comme les autres. » Il paraît que même Aubry, Iron woman solférinée, aurait versé sa larme : « c’est profondément humiliant et, personnellement, ça m’a vraiment bouleversé. » Humiliant, les menottes ? Quiconque a déjà porté les pinces sait bien que l’humiliation, c’est le but. Il est vrai que nous parlons, là, d’un humilié pas comme les autres. En résumé, le chœur des pleureuses non seulement nous font mal au bide, mais surtout révèlent une fois de plus leur sens absolu de la caste, de la solidarité de classe, auquel s’associe, chez eux, une méconnaissance toute aussi absolue du réel judiciaire, pénitentiaire, et de son infinie dureté. Selon Marie Drucker, présentatrice de JT, la prison dans laquelle fut incarcéré leur chouchou c’est « l’enfer sur terre. » Il y aurait donc des prisons qui ne seraient pas cet enfer ? Le plus simple serait de poser la question à celles et ceux qui la fréquentent et la connaissent de long temps, à Jean-Marc Rouillan par exemple, qui à contrario de Strauss-Kahn n’y passa pas que quelques nuits. En résumé, on comprendra que le sort personnel de DSK nous importe très peu — et qu’on aurait, de loin, préféré le voir trainer devant un jury populaire en sa qualité de président de cette cochonceté de Fmi —, que nous intéresse davantage ce qui se dit, ce qui se produit, ce qui se révèle, à l’occasion. Si Gérard Mordillat, écrivain, réalisateur et procureur fictif d’un procès Dsk — un livre qui devrait sortir en juin —, si Mordillat, donc, condamne l’accusé « à vivre dans le réel », c’est rien de dire que ses copains méritent la même peine.

     Le réel ? Les prisons. En mai, record historique battu, avec 64 584 détenus. Un score jamais atteint de mémoire de maton. Réponse de Michel Mercier, garde des sceaux à pisse : « nous allons continuer de construire de nouvelles prisons », avec un objectif de 70 000 places à l’horizon 2018. Qui peut le plus, peut le plus encore… Le réel ? Continuons de surtout ne plus parler de Fukushima, dont l’un des réacteurs est partiellement fusionné, sans aucune certitude concernant la cuve, percée. Un sarcophage type Tchernobyl est en cours de construction, et l’exploitant Tepco lui-même, dont le directeur vient prudemment de démissionner — quel courage —, avoue que « le scénario du pire est peut-être en train de se produire. » Le pire, qui est toujours sûr, ne serait pas assez réel pour retenir notre attention ? Le réel, ce serait alors, davantage, être informé de la couleur du bracelet électronique bientôt fixé à la cheville de notre satyre national. Irréel.

 

                                                                                          Frédo Ladrisse.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 15:35

 

Les-Temps-modernes.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Selon certains, dont Wauquiez, ci-devant ministre chargé des affaires européennes — quel rapport, direz-vous ? Effectivement, aucun —, le travail, ce serait la santé. Il s’agirait, sans plus tarder, de mettre les feignasses au taf, au premier rang desquels les « bénéficiaires », si on peut dire, du Revenu de Solidarité Active. Sus au « cancer de l’assistanat », clame Wauquiez dont le panache blanc se teinte de vert-de-gris. C’est que le ministre n’hésite pas à se réclamer de la tendance « je ne fais que dire tout haut ce que les Français pensent tout bas », suivez mon regard, appuyé… Quoi qu’il en soit de la lepénisation des esprits fussent-ils ministrés, on ne s’étonnera guère, en cette période de contre-révolution, de Restauration au sens propre, de voir refleurir l’idée de servage. « Quand on est privé de travail, on perd toute dignité », assénait il y a peu Sarko d’un de ces médiatiques balcons lui étant de tout temps, qu’il pleuve ou qu’il grêle, réservé. Dès lors, le La était donné, et la campagne lancée sur l’air du « travailler encore et encore et encore plus ». Pour gagner encore quoi ? Cela, c’est oublié. L’idée est de faire bosser les RSA-isés mais sans les payer, voyez-vous ? Oh, quoi, cinq petites heures par semaine, histoire de les sortir de leur garnis, de leur faire prendre l’air et de leur faire un peu saisir que « si ils ont des droits, ils ont aussi des devoirs », ah mais ! Re-suivez mon regard, n’est-ce pas, quitte à loucher un tantinet : les fonctionnaires qu’on ne remplace pas, ces profs, ces animateurs, ces guichetiers de l’ex-Poste devenue « Banque Postale », ces bibliothécaires, ces assistantes sociales, ces infirmières scolaires ces secrétaires de Pmi (liste à compléter par vos soins), sincèrement n’est-il pas ne serait-ce qu’envisageable de leur substituer de braves bougres, corvéables à merci ? Faut travailler c’est tout, même pour rien : faut travailler, parce sinon nulle dignité. Par ailleurs, Madame, Monsieur, 467 euros de Rsa par mois eh bien, ça se mérite. Ainsi pense Wauquiez, que Fillon et Sarko feignent de contredire, alors même qu’ils l’avaient chargé de lancer ce ballon d’essai — ballon dont on notera, au passage, qu’il n’a pas tellement remué par exemple les syndicats, ni la population. C’est ainsi, c’est l’époque. Elle est au morose et au chut !, à l’échine étrangement courbée, au Tricostéril sur la bouche et dans les oreilles, pareillement, pansement ne pansant rien, utile à rendre aveugle et sourd.

     Mais halte à la déprime : le Parti Socialiste est à notre chevet telle Sœur Sourire et Culbuto, réunis en un seul et même numéro. « Je suis un homme normal, un homme qui a rendez-vous avec son pays », indique ainsi François Hollande. Apportera-t-il des roses (sans poings), sera-t-il, pour une fois, en avance ? Qu’il nous soit permis d’en douter, à l’écouter penser : « je pense que celui qui répond le mieux aux critères que j’ai défini, c’est moi-même. » Hum. A en croire le journaliste ayant cueilli cette phrase appelée à entrer dans l’Histoire, Hollande faisait là de l’humour. Incroyable drille. On rit bien. On rit moins dans le cas d’Aubry, qui voulait l’autre jour faire chialer les chaumières en parlant « de ces trois millions de Français qui ont dû couper le gaz et l’électricité, cet hiver, où il a fait si froid. » Qu’est-ce qu’elle en sait, la mère, du temps qu’on a eu nous ? Elle était aux Maldives.  

 

                                                                                        Frédo Ladrisse.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 20:22

 

images-copie-45.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? J’ai tenté, cette semaine, une expérience extrême. Pour toi lecteur, pour toi lectrice, à seule fin de rassasier ton appétit sans faim pour les gourgandineries et palinodies de palais, j’ai : lu l’Express. Eh oui. Pratiquement de bout en bout, et comme on traverse un désert —une fois qu’on est dans le sable, reste, n’est-ce pas, à s’y enfoncer. Mais j’ai mon excuse, toute trouvée : c’est que Nicolas Sarkozy s’y exprimait, et sur 10 pages s’il-vous-plaît ! Pour dire quoi ? Peu de choses. Une fois retranchées de cette logorrhée les subtilités fausses et absurdités en trompe l’œil du genre « si je doute beaucoup, je redoute assez peu      » — pauvre formule sûrement piquée à Charles Maurras ou à Daudet — pas Alphonse, l’autre, le Léon ; une fois, donc, mises de côté les simagrées simiesques du mâle dominant les jardins de l’Elysée — parterres, dit-on, mièvres et médiocres, aux pâles allures de Jardiland —, que sauver de cet amas de mots? Ceci, peut-être, qui signe l’homme et le livre, comme pieds et poings liés, à la plus saine des vindictes : « plus le temps passe, plus je me sens indépendant de mes amitiés, de mes fidélités. » Etrange aveu en vérité, que celui d’un petit monsieur ayant ainsi choisi comme conduite la tromperie, la duperie et, pour le moins, la solitude. N’est pas Chateaubriand qui veut : le temps, c’est certain mon gars, passe, mais comme disait Brassens il ne fait rien à l’affaire, quand on est… Tais-toi donc, autruchon, claque ton bec, enfin ! paraît que désormais traiter de gros con le chef de l’Etat serait passible de poursuites. Donc, nous l’affirmons: Sarkozy n’est pas gros. « Président de la République, cela s’apprend à chaque minute. C’est si difficile, et si grave », confie le maigrichon au final d’une interview longue comme un jour sans ecsta. Oui, nous sommes d’accord : c’est grave.

     Grave aussi lorsqu’à Gravelines, devant un public de convaincus — en un mot comme en deux, selon —, le même Sarko lâche que « ceux qui veulent sortir du nucléaire, est-ce qu’ils expliqueront aux Français que l’électricité leur coûtera quatre fois plus cher, et est-ce qu’ils sont prêts à trouver les 45 milliards d’euros pour compenser ? » Ils y sont d’autant moins prêts que, renseignements pris, ces chiffres sont purement et débonnairement bidonnés. Peu importe, ça enchaîne dans la bêtise, ça nous martèle qu’ « on n’a pas le droit de jouer sur des peurs moyenâgeuses pour remettre en cause des choix qui font la puissance de notre pays. »  A notre connaissance, Fukushima n’est pourtant pas une de ces bourgades médiévales au charme légèrement désuet, pas plus que Tchernobyl ne fut le nom d’un tournoi de chevalerie d’antan. Mais une fois encore, qu’importe. Au point où il en est de décrédibilité crasse, Sarko pense pouvoir se permettre de dire à peu près nawak, parce qu’il croit qu’on ne l’écoute pas.          

     Grave, également, sa greluche, tentant pour une fois de faire peuple plutôt que people. Elle campait, en pied, dans Le Parisien-le-journal-qui-vous-veut-que-du-bien. « Je ne suis plus du tout, du tout, de gauche », avouait Bruni, laquelle, en 2007, avait pourtant voté Royal : c’est dire comme elle était de gauche. Maintenant, promis, c’est fini : « je suis ultra-sarkozyste », assène madame Sarkozy. Elle nous confie aussi que personnellement elle aimerait bien que Téléphone se reforme, « allez-y, revenez, on vous attend ! » Tout un programme… Quelle horreur, quand on y songe, et quel goût de chiottes aussi : Téléphone, reformé ? Et pourquoi pas, tant qu’on y est, Martin Circus ou les Rubettes? « Je suis égoïste, comme tout le monde », admet ensuite l’ex-femme de gauche. Comme tout le monde ? C’est-à-dire?

      Mais laissons de côté le monde vu par Carla Bruni, et revenons aux choses sérieuses avec des gens, eux, très sérieux : Mélenchon et Besancenot. Ils se sont rencontrés, ils se sont parlé. Se sont-ils, par la suite, aimés ? On ne sait, et on s’en cogne. On s’en tamponne à fond, d’autant qu’une nouvelle de la plus haute importance vient de tomber, à l’instant, sur nos téléscripteurs : finalement, Ben Laden ne sera pas candidat aux prochaines présidentielles.

 

                                                                                        Frédo Ladrisse.

 

 

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:52

 

 

 

images-copie-44.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Rafle à Marseille, rafle à Paris, on ramasse, à la pelle, les Tunisiens qui trainent. Les paponnades se multiplient au pays des droits de l’homme pur porc, sans émouvoir plus que cela un personnel politique ayant élevé au sein Le Pen, s’estimant désormais contraint de cavaler au cul de la fille cadette. Imbéciles, savent-ils au moins que pendant qu’ici on s’échine à rejeter en mer 3000 (trois mille !) de ses ressortissants, la Tunisie ouvre, elle, grande ses frontières et accueille au bas mot 20 000 Libyens, et dans des conditions décentes ? Générosité, bienveillance et solidarité : ces mots n’ont pas le  même sens, selon qu’on se trouve d’un côté ou de l’autre de la méditerranée. Cependant,  ceux pour qui l’accueil de 3000 étrangers constitue un problème extrême devraient lire de toute urgence le programme de Hollande, François, lequel confiait il y a peu avoir « fait un rêve pour la France. » L’homme qui, visiblement, ne s’est toujours pas réveillé, pourrait les inspirer, puisqu’il propose par exemple d’envoyer les gamins des cités prendre l’air. C’est généreux. C’est bienveillant. Les « emplois francs », qu’il appelle ça. Ça vous a un côté Clovis…  « Un jeune venant d’une zone défavorisée pourrait avoir un statut de salarié particulier, et être employé plus facilement partout en France» Mouais, mais e ncore ? « Il y a des territoires ruraux qui ne demandent qu’à accueillir des jeunes, alors que nous avons une concentration  de population trop forte en Ile-de-France. » Traduction : envoyons les mômes de Bondy, de Bobigny ou des Minguettes à Montargis, Vesoul, Maubeuge. Autant de camps de déconcentration permettant de débarrasser les quartiers de ceux qui gênent, tout en repeuplant les champs de naviots, crédié ! Encore faudrait-il que Hollande parvienne à convaincre les gamins de s’exiler à Bourg-Les-Noix. Fussent-elles de cajou, c’est rien de dire que c’est pas gagné.

      Hollande, donc, rêve. Il se trouve que moi aussi. D’une justice, par exemple, équitable et indépendante : pauvre rêve que celui-ci, salement bousculé par la réalité de magistrats aux ordres pr ononçant un non lieu pour les deux policiers responsables de la mort de deux gosses à Clichy-sous-Bois (2005).Nous disons : responsables, nous disons : policiers. Parce que nous savons tous que ces trous du cul à calot auraient pu éviter ces morts. Leur avocat considère lui que « la petite voix de la vérité judiciaire a fini par recouvrir le tintamarre des leurres. » Déclaration qui ne manquera pas de toucher, jusqu’au cœur, les parents et amis de Zyed et Bouna, carbonisés dans le transfo, sans tintamarre, ni leurre. Tintamarre ? Il se confirme que les flics tuent, ici, hier, là-bas, demain, en toute impunité. Se confirme également le fait que les enfants des quartiers en sont avertis. Et on s’étonne qu’ils s’arment  ?

     Je m’étonne moi, chaque jour, que leurs canons ne soient pas d’hors et déjà pointés sur les cerveaux béchamel de ceux qui, à l’abri des pauvres maisons poulagas, perpétuent les affaires et ramassent la caillasse. Bougre indigent, sais-tu au moins que cette année l’ISF sera réformée, et que, dixit Baroin, « tout le reste, c’est pour 2012 » ? Le reste ? Mais l’abandon du bouclier fiscal, qui ne presse, non, n’est-il point ? Foutage de gueule intégral, et nouveau cadeau pour les riches, pardon : les « petits riches », selon le même Baroin. Fouette cocher, hardi !... sans renoncer à se lancer aux trousses du piteux fretin de la classe à peine supérieure, voilà t’y pas la Sarkozerie qui s’entiche de la Pen et de ces idées saugrenues. Elle n’est malheureusement pas la seule: là, pas loin de mon trou, dans le lycée Auguste Blanqui à débaptiser de toute urgence, un quarteron de nonnes (proviseure et adjointe, en passant par la Cpe), convoquent des gamines et les menacent d’expulsion au motif qu’elles portent des robes longues, signe religieux ostensible selon ces Robespierre de cours de récréation. Des listes circulent, dans ce lycée, de jeunes filles « réputées musulmanes ». Ça ne vous rappelle rien ? Nous voici donc dans un pays où, selon la longueur de la jupe, on vous absout ou vous condamne. « Décidemment, ce n’est pas un style que d’être vêtue de la sorte », a balancé la proviseure. « Ah bon, vous êtes styliste ? », a rétorqué une des filles, avant que d’être, avec ses copines, interdite de cours en l’attente d’une décision de l’administration. On croit, comme Hollande, rêver, alors qu’en fait le cauchemar a déjà commencé.


                                                                                          Frédo Ladrisse.        

 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:45

 

images-copie-42.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Déjà j’apprends comme ça que Kate picolerait ? Quelles mauvaises langues, tout de même, vous êtes ! Nous parlons, tout de même, de la future reine d’Angleterre! N’empêche, la Kate « apprécie de temps à autre un petit verre de Jack Daniel’s,  ou un cocktail Crack baby. » Champagne, vodka, fruits de la passion le cocktail, woua, vas-y baby craque, on te suit et nous comprenons tout à fait que tu te pourrisses le foie vu que, de son côté, le prince charmant avoue un net penchant pour, je cite, « les saucisses, accompagnées de purée de pommes de terre. » Top glamour, Willie, vraiment. Tant qu’on y est tiens restons-y, dans le registre de la glamouritude, par la grâce de nos amis les bêtes, autrement appelées compagnies républicaines de, parait-il, sécurité. Ça râle sous les calots : il serait question de supprimer le quart de rouge accompagnant les policières collations ! La SGP-FO de chez les CRS profite de l’occasion pour nous faire savoir qu’il n’y aurait, chez eux, « pas plus de personnes touchées par des problèmes d’alcool qu’ailleurs. » Comme si on en avait douté… Et le syndicat de dénoncer « une atteinte aux traditions » telles que l’ivrognerie de caserne, le bourrage de gueule pré-manif ou l’apéro de cinq heures du mat’. Dès lors, monte des rangs un cri, « laissez- nous picoler! » Mais oui, mais laissez-les, déjà qu’ils sont amers, paraît-il, et moroses, suite à la mise en place de la nouvelle garde à vue. Un autre syndicaliste de chez poulaga prévient que la procédure aura pour conséquence une avalanche de demandes en annulation, entraînant « la remise en liberté de nombreux auteurs de délits et crimes. » On en tremble d’avance. Mais on tremble plus encore en constatant que, sur d’autres fronts, c’est bien les fous qui sont lâchés : Jean-Marie Chevalier, économiste bizarre (redondance), voit dans l’opposition à l’exploitation des gaz de schiste un « exemple de lâcheté collective », et constate que « le pays de Descartes bascule dans l’émotionnel pur. » Chevalier doit baver de bonheur devant le dernier rapport ayant rouvert le débat, rapport selon lequel il serait idiot de se priver « d’une source d’énergie plutôt bon marché, susceptible de limiter le déficit de la balance commerciale. » Sacro-sainte balance… Et si vous avez l‘impression d’avoir déjà entendu ce genre de discours au sujet, par exemple, du nucléaire, c’est que, schiste ou centrales, les « experts » sont les mêmes, sortis des mêmes écoles avec la même morgue affichée, et les mêmes sponsors, EDF, Total... Nous n’avons, cependant, rien à craindre : désormais lancé en campagne, SuperSarko va s’empresser de nous débarrasser d’eux, il l’a rappelé, au Havre : « je prends une décision et tout à coup je vois une floraison d’experts. Des experts, il y en a beaucoup, beaucoup.» Puis de conclure, assez curieusement : « la France n’a pas besoin d’experts, elle a besoin d’acteurs !» Feint-il d’ignorer que rien n’empêche d’être l’un et l’autre et qu’on peut être, n’est-ce pas Sarko, expert en comédie ? Quoi qu’il en soit le voilà reparti en tournée dans les cours d’usines. Aux gars du Havre il est venu dire que les conflits sociaux dans les ports « ça nous a fait un mal considérable, surtout que, dès que quelqu’un fronçait les sourcils, on cédait. Evidemment, ça crée des habitudes ! » Ah ah, non mais quel talent chez le comique! Il n’arrivera pas cependant à nous faire autant rigoler que la mère Bachelot, laquelle vient de découvrir, estomaquée et comme sous le choc, que « le taux de  mortalité est nettement plus élevé chez les centenaires que dans les autres catégories de la population. » Trait d’humour, de la part de Roselyne ? Pas même. Dans le registre des incongruités, la palme revient néanmoins à l’officier français auquel on demandait, l’autre soir à la téloche, dans quel état d’esprit se trouvaient les soldats de son bataillon, engagé en Afghanistan, et dont un venait, bêtement, de se faire dessouder : « les hommes sont abattus », s’est-il contenté de commenter.

                                                        

                                                                                             Frédo Ladrisse.

                                     

 

               

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