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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 23:33

 

 

tribu-nounours-rougeTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Une Europe gémissant comme génisse mettant bas, de Propiano à Dortmund la populace a la tremblote et guette avec effroi le prochain coup de grisou. Ce qui s’offre à nos yeux en termes d’avenir non-radieux n’est plus même une vallée de larmes, mais un océan lacrymal à tendance glaireuse. Il n‘est pas jusqu’en Angleterre, patrie soi-disant triomphante d’un individualisme gore conceptualisé par Thatcher (ce qui ne nous rajeunit pas), où cela gronde et branle dans le manche, au point de mettre dans la rue deux millions de grévistes, lors du plus grand mouvement qu’ait connu le pays depuis les années 70. En cause, un passage, pour les fonctionnaires, de 60 à 66 ans de l’âge légal de départ en retraite, une hausse des cotisations et la suppression de rien moins que 300 000 postes. « C’est la goutte qui a fait déborder la vase », commentait l’autre matin en français approximatif mais, pour le coup, très approprié, un syndicaliste londonien. La vase, oui. Celle qui s’étend à l’échelle de tout un continent, celle qui pue, remugle la mort.

     Croque-vivants d’entre les pires, de ce côté-ci de la Manche le Guéant vert de rage écume, éructe, brûle à l’intérieur d’une flamme bleu-blanc-rouge aperçue sur certaines affiches, ou tracts. Ministre, directeur d’inconscience d’un Sarkozy à la remorque du Front — comme à chacune de ses campagnes—, Guéant foiré fait feu de tout bois, propose par exemple en loucedé l’abaissement de la majorité pénale à 12 ans. 12 ans, c’est petit bras. C’est minable. Quitte à réformer le code pénal, faisons en sorte que l’incarcération soit possible dès la formation de l’embryon. En deçà, ce sera difficile. Guéant-flure, dans le même mouvement, exhibe le projet de croisement entre, d’une part, le fichier des étrangers résidant en France, d’autre part ceux de la Sécu. Y-a-t-il plus limpide manière de pointer du doigt l’étranger, nécessairement fraudeur ? L’histoire ne dit pas si il est également prévu de croiser les fichiers de la sécurité sociale et ceux des tribunaux de commerce, où sont enregistrés les milliers de patrons escroquant journellement les caisses. Mais chut, laissons ces voleurs-là voler, sinon c’est fermeture délocalisation et tout le pataquès —au passage, j’attends toujours qu’on m’explique comment le patron d’une brasserie, d’un magasin de pompes funèbres ou encore le fleuriste de mon quartier s’y prendrait pour, comme ça, se délocaliser en Chine ou au Cachemire, mais bon…  Au Sarkozystan-pour-mille-ans, c’est une chose entendue : le fraudeur c’est l’étranger, et le Front National a raison. Reste à trouver le moyen, sûr, de prendre la main dans le sac ce salopiot venu d’ailleurs, et là, Dieu-des-Français-de-Souche soit loué !, nous avons à disposition ce fantastique outil, la vidéosurveillance ! Plantons partout des caméras, jusque dans le caleçon du Malien nettoyant nos merdes de chien, et on verra ce qu’on verra !

      Bien entendu, on ne verra rien. Vidéosurveillance de mes fesses. Un récent rapport, comme on dit, vient de conclure qu’en termes d’élucidation des affaires liées à la délinquance, cette technologie dite de pointe n’entre en compte que dans 1,5% des cas. Quand on sait qu’une caméra coûte en moyenne 20 000 euros, que pour être efficace dans le cadre d’une ville moyenne il en faut au moins quinze. Que ce chiffre de 20 000 euros doit être multiplié par trois dès lors qu’on tient compte de la maintenance et du salaire des flics et/ou vigiles payés pour rester devant les écrans, on obtient 20 000 X 3 X 15 = la modique somme de 900 000 euros. Ça fait cher l’arrestation du voleur de sucettes, non ?

     Cependant, en matière de surveillance et stigmatisation et mise à l’écart de celles et ceusses ne correspondant pas tout à fait à la norme, l’époque laisse à penser que l’imagination humaine est sans limite aucune. En la sale ville de Ruffec, quelque part en Charente, le maire a cru bon d’afficher à l’entrée de la cantine la liste des parents, classés par « nounours verts » (cantine payée à l’avance), nounours bleus (le compte est à zéro), nounours rouges (cantine non payée). « Jamais on a refusé un enfant à table, jamais ! », s’insurge Môssieur  le maire. Il n’empêche, trouduc, qu’on n’aurait pas aimé être juif et t’avoir comme voisin en 1943.

     Eva Joly, qu’est-ce qu’elle en dit, de la xénophobie élevée au rang de philosophie d’Etat, des coups de schlague à répétition que se prend le corps social, en pleine face, et de ces temps mauvais  qui courent ? Rien, nada, queue de cerise, peau de zobe. Pour ne plus risquer de dire quoi que ce soit qui déplaise au Ps, la voilà muette et roide tel un saumon d’élevage. La dernière fois qu’elle a causé, Eva Joly a dit : « j’ai peut-être parfois la langue un peu rugueuse. » Ah donc. Y’a pas des traitements pour ça ? A tout prendre, dans le registre des candidats à l’élection pestilentielle, on préférera Morin, pas Christian, l’autre, le pas connu. On le préférera parce que lui, quand il cause, au moins il est drôle : interrogé l’autre matin sur ses relations avec l’émir de Dubaï —les deux coquins furent en affaire—, Morin, tout en s’étouffant de colère, eut cette sortie, d’anthologie : « je vous dis que je n’ai jamais rencontré l’émir. Je lui ai serré la main une fois, c’est tout. » C’était à peine le lendemain de sa candidature, et déjà le bonhomme se carbonisait en direct. C’est peu dire que l’émir-obolant ne lui fut pas une martingale.

     Pendant ce temps, Poutine, lors du congrès de son parti au doux nom de Russie Unie, se faisait désigner futur candidat pour les présidentielles. A l’unanimité des délégués présents, lesquels, il est vrai, n’étaient que 11 000… 11 000 délégués, et pas un pour ne serait-ce que s’abstenir. On vous l’a dit, on vous le redit : la Russie est une belle, une grande démocratie.

     Pour finir, nouvelles d’outre-tombe : Eve Ruggieri, vous savez, la toccata branlante qu’on croyait canée de long temps… Eh bien, elle parle encore. Pour preuve, a la question de savoir si elle était pour ou contre le vote des étrangers aux élections municipales, la diva des services de gérontologie a répondu « je suis pour, à condition qu’ils travaillent. » Elle a raison la vieille, y’a déjà trop de pauvres qui votent, alors les étrangers…

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 22:44
 

28f1ab9e-14fe-11e1-b1a6-6d84dadbd8e2Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Salut Zapat’, adieu Berlu, Il semble que la période des grandes migrations soit, cette fois, bien entamée en ce qui concerne la faune politique. C’est pourtant sans grand enthousiasme que l’Espagne se débarrasse de Zapatero et ses sbires, lors d’une élection dont le principal intérêt fut une abstention de masse —fait dont les medias se gardèrent bien de se faire trop l’écho, ça risque de donner des idées aux Français. C’est que l’Ibère est rude, et à voir les têtes d’enterrement que tiraient, ce dimanche, les passants dans les rues de Madrid, on ne pouvait douter qu’ils savaient par avance qu’avec le père Rajoy ça sera pas la joie. Sur le plan économique, les coups de bâtons vont pleuvoir comme grêle sur frêles épis, et d’aucuns s’inquiètent également de ce que cette droite bien con-conservatrice ne revienne sur le droit à l’avortement, et le mariage des homosexuels. D’emblée, la volonté de « renforcer le droit à la vie » figure dans le programme du PP, désormais au pouvoir. Il est clair qu’en termes de mesures anticrise, brider le droit à l’avortement et supprimer le mariage gay s’impose, de toute urgence ! A se demander si nos amis espagnols n’ont pas voté avec, en tête, cette haute considération: quitte à être dans la merde, autant s’y vautrer tout entier.

     A Rome, la rue se voulait moins tristouille quand la Berlu jeta l’éponge. Pour tout dire, on y a fait péter les bouchons, histoire de fêter dignement le passage à la trappe du transalpin bouffon. L’autruche, cependant, perd un client de taille, une belle source d’inspiration. Et, comme par mesquine vengeance, c’est en silence qu’Il Cavaliere est descendu de son trône, pas une déclaration, pas un dernier bon mot, pas la moindre petite blagounette misogyne ou raciste, rien, rien à se mettre sous le bec, qu’on aurait pu reprendre ici ! C’est triste. Comme un ami qui part et oublie de vous dire au revoir. D’autant que son remplaçant —autre sire à la triste mine— semble bien moins tonitruesque et bounga-bounga que le Silvio. L’heure est à l’austère, n’est-ce pas, qui sonne le tocsin. Mais ne boudons pas notre plaisir et, comme l’immense majorité des Italiens goutons, à sa juste valeur, ce moment qui vit s’achever la berlusco-pantalonnade.

     Dans l’hexagone pareillement, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles : il se murmure, ici ou là, que l’imbitable Eric Besson s’apprêterait à mettre fin à sa carrière politique, ou ce qu’il prenait pour tel. Mais c’est Noël avant Noël !... Attention, rien n’est encore sûr : il faudrait qu’on le pousse un peu. Quoi qu’il en soit, pas d’inquiétude quant à l’avenir de Besson-brero. On le recroisera, à coups-sûrs, à la tête d’une agence Securitas, ou d’une quelconque meute de vigiles.           

     Mais plutôt que sur ces révolutions de palais dont on ne dira jamais assez qu’elles sont menées par Blanc Bonnet au détriment de son complice, c’est vers l’Egypte que devrait se porter nos regards, l’Egypte, qui nous avait fait craindre le pire en confiant l’avenir de sa révolution à l’armée —un mal nécessaire pensent certains, un contresens total, je dis moi —, et désormais contrainte de reprendre les armes, les cailloux, les bâtons, pour enfin s’en débarrasser, craquer le militaire furoncle. Et la Syrie ? Oui, la Syrie. Où sont-ils, nos flamboyants, les Juppé et les BHL, tous nos Glorieux Vainqueurs de la Campagne de Lybie ? Où sont-ils, en congé? Sur la Syrie, ils ne pipent. C’est qu’en période de crise, vous expliqueront les pédants, il convient d’éviter les fâcheries avec les Russes et autres chinoiseries, alliés patentés de Bachar-le-dévoreur. Ou va se nicher, hein, la subtilité en matière de géopolitique, dès lors qu’il est question de créances, sonnantes et trébuchantes. Le peuple Syrien et ses espoirs seront-ils sacrifiés sur l’autel du pragmatisme économique ? Rien n’est aussi certain.

     Dans le registre des sacrifices, nos grands hommes ont aussi leurs (tout) petits soucis : ainsi fut-il, il y a peu, décidé de geler les salaires des ministres, et du Président en personne ! Diantre, morbleu, le bel effort ! Ecoutons dame Morano : « on dit que c’est symbolique, moi je dis que c’est exemplaire. » Allons plus loin : c’est héroïque. Sachant qu’un ministre, en moyenne, palpe 14 000 euros par mois, et se souvenant que Sarko s’était, dès 2007, auto-augmenté de 170%, on mesure assez bien la hauteur du sacrifice.

     Sacrifice toujours, mais d’une autre nature : ceux concédés par les Verts, lors de l’accord passé avec le Ps. Flamanville verra donc finalement le jour, et nombre de centrales continueront de cracher leurs pestilences, sur des années. En échange, les circonscriptions accordées à nos écolos flagada leur permettront, à terme, d’avoir un groupe parlementaire. C’est rien de dire qu’on est content, absolument ravis pour eux, pour leurs fesses cramoisies de suffisance à l’idée de s’enfoncer dans les sièges coussinés de l’Assemblée nationale. Faire de la politique autrement, qu’ils disaient. Ha ha ha !, triple ha pour eux!

     Pour finir, petite précision : à moins d’extravagances ou de péripéties parfaitement saugrenues, qu’on ne compte pas sur l’autruche pour tenir, dans les mois qui viennent, une manière de journal de la campagne présidentielle. C’est pas le tout d’être abstentionniste consentant, en pleine possession de ses moyens intellectuels —bien sûr que ça existe, tas de voteux bêlants !—, encore faut-il, parfois, savoir s’abstenir, et y compris de commentaires. Dit plus simplement : la campagne, c’est vraiment trop chiant. On plongera bec et plumes ailleurs, d’autant plus qu’on se doute un brin, ceci quel que soit le résultat de la mascarade électorale, de la couleur de l’avenir. Un exemple ? Dans le Colorado, et afin de boucler le budget des écoles, les bulletins de notes sont désormais accompagnés de publicités. Always Coca-cola, les jeunes.

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse.         

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:11

 

344712-francoise-hardy-fullscreen-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Coup de torchon sur Cannes et son G20 de misère noire, non mais quel diable a pris ce Grec de Papandréou ! Ça tonne, et ça menace. Voilà un type au nom de personnage tiré de l’album Tintin et la dette, et qui se dit, comme ça, bon, nous sommes une démocratie, on va demander l’avis du peuple. Comment, quoi, qu’ouïe-je ??, brament en cœur Sarkozy Merkel le FMI et Obama. Imaginez : referendum. Imaginez que ça fasse comme un genre de jurisprudence en Europe, qu’aucun nouveau plan de rigueur ne puisse plus être décidé sans l’approbation, franche, du peuple. Vous êtes cinglés, ou quoi ? C’est l’anarchie que vous voulez ? Fort heureusement, les grands de ce monde veillent sur notre tranquillité. A l’heure où s’écrivent ces lignes, le projet de referendum en Grèce est quasi mort et enterré, tellement furent efficaces les pressions, les menaces, et autres coups sous la ceinture. Oublié, donc, le « coup de folie de Papandréou», comme l’appelait une journaliste de France Inter, ce jour, journaliste qu’on ne saurait, dès lors, soupçonner de sympathie à l’égard de cette « folie » qu’est la démocratie, la vraie (si l’autruche n’a pas eu le temps de noter le nom de cette garce, elle se promet de le retrouver.) Aussi, Sarko a mis le paquet — c’est quoi ce bouffeur de moussaka qui vient me gâcher MON G20 ? Ultimatum contre referendum, en somme, l’ultimatum étant pas d’argent pour la Grèce avant le referendum. Et na. Au reste, comme le soulignait l’imbitable Jean-Claude Juncker, élu européen et Luxembourgeois de surcroît, « on ne peut pas faire le bonheur des Grecs malgré eux. » Elle est bonne. Acide, mais bonne. Amer, également, la pilule, même pour un Papandréou non-susceptible de naïveté, et qui ne doutait pas qu’il allait se faire flinguer direct. L’Europe est ainsi faite, mon gars : vouloir rendre le pouvoir au peuple, c’est pur suicide. Mon gars.

     Dans le rôle du flingueur en chef, on trouve naturellement Sarko. Faut dire que Sa Majesté avait pris le soin, six jours avant, de nous expliciter par le menu à la téloche comment sa petite personne avait sauvé l’Europe et, au-delà, le Monde —et ce Grec de malheur qui vient lui casser son coup, pfff… « à la minute où j’parle », a commencé le nain,… à la minute ou que tu parles, quoi ? A part Jean-Pierre Pernault, brosse à chaussure entre les dents et suant à grosse gouttée tellement il est impressionné d’être en direct live avec toi, je vois rien, moi, il se passe nada. Enfin, not’président délivre LA solution pour sortir de la crise : « plutôt que de s’énerver contre les agences de notation, remboursons notre dette, travaillons plus, travaillons plus ! » Quel talent, non ? Une fois passée la nécessaire allusion à la petite sarkozette venue récemment au monde — « elle va bien, elle va bien ? », se précipite alors Pernault, plus caniche que jamais —, le papounet nouveau cogne un peu au hasard, dans un Français aléatoire : « regardez mes prédécesseurs, qu’est-ce-que vous vous souvenez d’eux ? » Sic, sans tricher : sic. Enfin, comme un lapsus, cette révélation : « j’ai beaucoup aimé diriger les policiers et les gendarmes. Ce sont des corps admirables. » Petite cochonne, va…

     Et les pompiers alors, ils ne le sont pas, admirables ? C’est eux, pourtant, qui ont sauvé la collection de fouets que Philippe Val avait acquis durant ses longs voyages en République Démocratique d’Allemagne, collection qui dormait dans une armoire grise, au second étage de Charlie Hebdo. Ça sent le cramé, et c’est pas top. Mais nous sommes quelques-uns à ne pas nous précipiter sur l’épouvantail islamiste, on ne sait rien de qui a foutu le feu, on apprendrait dans quelque mois qu’il s’agit d’un membre allumé de Riposte Laïque ou d’un groupuscule très droitier qu’on ne serait qu’à moitié étonné. Pour l’heure : Charlie, journal Strauss-Kahnien en diable, qui avait appelé à voter Oui au referendum concernant la constitution européenne, Charlie, qui applaudit l’action de la France en Afghanistan, en Libye ; Charlie et son mentor de Val, plus soc’dem que lui tu finis par voter Bayrou, Charlie, donc, voit partir en fumée ses stocks de tee-shirts et pins. Et? Perso je m’en tamponne grave les plumes, la semaine dernière un squat de Rroms a brûlé, faisant un mort lors d’un incendie volontaire, et sans qu’aucun journalophile ne s’en émeuve plus que ça. Elle fut cependant rigolote, cette course à l’échalote qui vit se précipiter les rédactions « amies », à seule fin d’accueillir l’équipe de Charlie Hebdo. Du Nouvel Obs’ à Rue89, ça se précipitait à la porte des lamentations. Finalement c’est Libé qui remporta le marché, oui on a bien dit le marché, tellement le coup de pub est pas cher et peut rapporter gros. Soulignons, au passage, l’humour de Patrick Pelloux, l’urgentiste de ces dames et vacataire chez Charlie qui, découvrant que Libé travaillait sur PC, déclara « bon bin moi, je vais au Figaro. » Sacré velu médecin, va !

     Vous avez dit les Rroms ? Parlons alors un peu des Rroms en compagnie d’Arno Klarsfeld, ex avocat, ex beau gosse, ex fils à son papa et ci-devant président de l’office de l’immigration (nommé par Sarkozy, comme de bien entendu). Que dit-il, l’Arno ? « Il faut que le peuple Rrom prenne en main son destin, qu’il fasse moins d’enfants, surtout si c’est pour les livrer après à la mafia. » Beuark. Le petit trou du cul entend-il appliquer le programme nazi, et stériliser les tziganes ? Plus tard, Arno vole au secours de son copain Guéant : « le ministère de l’intérieur ne peut pas laisser proliférer des bidonvilles, avec des rats partout, heu, au cœur de Paris. » Re-beuark, et que celle, celui d’entre vous qui a croisé un campement Rrom « au cœur de Paris » n’hésite pas à nous faire parvenir des photos. Scoop assuré. Une dernière, de l’Arno toujours ? Il s’en prend, là, aux clandestins : « on ne peut pas venir en France, inscrire son enfant à l’école et dire hop !, chat perché, maintenant il faut me régulariser. » Vient, Arno, vient on joue au chat, histoire que je te mette, une bonne fois pour toutes, un bon coup de bec au cul, non mais !

     L’ire du volatile se partage néanmoins cette semaine entre Klarsfled fils et Dsk. Ce dernier, à bien y penser, contrairement à l’Arno est plus ridicule que dangereux. Il reste, cependant, tout aussi méprisable : mis en cause dans l’affaire d’un réseau de prostitution, Strauss-Kahn, consommateur, s’est défendu en répondant « je ne savais pas qu’il s’agissait de prostituées. » Continue, mon vieux beau, à te foutre de notre gueule, va… Il est tellement enterré le vieux que même Lang et Fabius n’osent plus prendre sa défense, c’est dire.

     Puisqu’on parle de putes, finissons par Françoise Hardy : la radasse des sixties à la masse genre vieille fan de l’astrologie de boulevard, à la question de savoir quelle serait sa première décision si elle était premier ministre, répondit et sans hésiter: « supprimer l’ISF. » On est jamais si bien servi que par soi-même, hein la pétasse.


                                                                                                Frédo Ladrisse .  

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 19:05

 

norvegicusTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Tandis qu’à Misrata la dépouille de Kadhaf’, exposée deux jours durant sur son matelas de douleur,  a fini par rejoindre la chambre froide d’un quelconque supermarché ; tandis que se posent quelques questions quant à la fin du « guide », flingué tel un pur ragondin au sortir de l’égout — ce qui nous est égal, même si « la pauvre chose criait comme un cochon », selon un de ses gardes du corps, rescapé du massacre —, tandis que se déroulent, sous nos yeux, l’image même pas jouissive de son exécution, la Libye se prépare à appliquer « tout de suite » cette curieuse loi, la Charia. Tout ça pour ça, bordel de dieu. Dans le même temps, en Tunisie, on a voté en masse pour les « islamistes modérés » — hum, contradiction dans les termes. Issue des urnes ou bien des armes, ces démocraties-là semblent bien constituer autant de promesses macabres relativement aux femmes, aux libertés fondamentales. La nuit est-elle en train de tomber sur les révolutions arabes ? S’il est certes un peu tôt pour décréter le crépuscule, le grand jour, au soleil, ça n’est pas pour demain.

      Mais fi des métaphores à la noix de coco ! Passons aux choses sérieuses : c’est à Paris que s’affichent désormais les kalachnikovs, entre rachidatistes et Filloniens la guerre fait rage. Elle : « je suis choquée qu’au lieu de s’occuper des Français et de leur difficultés, il soit en Corée, au Japon. » Lui, par le biais d’un de ses lieutenants : « on se demande si madame Dati est encore dans la majorité. » Houlà, mais quelle histoire… Tout ça parce que Fillon veut piquer la circonscription de la Dati. Où l’on voit à quel point les « difficultés des Français » retiennent au plus haut point l’intérêt de ces sbires et premiers couteaux du sarkozystan-pour-mille-ans. L’Euro est en train de couler, va disparaître corps et bien ? La guerre civile menace en Grèce, avant de s’étendre — espérons-le ! — à d’autres pays européens ? Dati et Fillon, eux, se chamaillent pour le fauteuil qu’il a les plus belles dorures.

     Sinon, quoi ? Ah oui, la naissance de la sarkozette. Ça me fait schtroumpfer, tiens, pauvre gamine ! Ton père, petite, il faut que tu saches, est capable d’une sortie telle : « augmenter le budget de la culture, mais ça n’a pas de sens ! » Petite princesse, il y a donc peu de chance qu’un jour tu lises celle de Clèves. Sinon, quoi encore ? Ah, Hollande. Finalement c’est Flanby qui conduira la gauche à une nouvelle déculottée. D’ici là, nul doute qu’un plan de rigueur, puis un autre, votés par cette gauche-là main dans la main avec la droite, aura fichu la France dans la rue, sur les barricades, révolution massive dont l’image finale sera celle de Fillon rampant dans une canalisation et Sarko fuyant, ventre à terre, direction le Maroc de son ami Mohamed VI, en compagnie de ses potes Dsk et Hollande. A moins que Mohamed, commandeur des croyants —M6replay pour les intimes —, ne soit, entretemps, détrôné ? On peut rêver, ou merde?

 

                                                                                                Fredo Ladrisse.     

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 22:24

 

38658136Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? De ci de là, reniflements et autres larmes de crocodiles coulant des I-Pod et I-trucs. Il est mort, le divin patron à la pomme vérolée, Steve Jobs, en français dans le texte: Stéphane Emplois. A Paris, Londres, New York, de curieuses personnes ayant du temps à perdre se sont réunies, spontanément, devant les portes des Apple stores, roses blanches à la main et mouchoir noir sur l’I-phone. Un patron casse sa pipe, et certains, puisque c’est de saison, demandent que lui soit rien moins que remis le prix Nobel de la paix, puisqu’«’il a tant changé nos vies ». A titre personnel, je propose que le Géant Vert, qui m’a pourri l’enfance, soit passé par les armes sur l’heure tandis que Monsieur Bricolage, lorsqu’il décédera,  devra être décoré de l’ordre du mérite du dimanche et du samedi après-midi.

       Il semblerait cependant que les fous ne soient pas tous massés autour de la dépouille de l’homme à la pomme, aux pépins. Quelques uns se déplacent encore, prennent le train et poignardent à l’occasion un contrôleur. C’est bête. C’est fâcheux. Compréhensible, cependant : qui  n’a jamais eu envie de poignarder un contrôleur ? Aussitôt, les collègues du poignardé on fait valoir leur droit de retrait et se sont mis en grève. Commentaire de Mariani, secrétaire d’Etat aux transports : « ce n’est pas en arrêtant les trains qu’on arrête les fous. » Et inversement, m’sieur ?

     Quiconque se donnerait en ce moment pour tâche d’arrêter le train des fous se chargerait d’un boulot affolant. Même Elisabeth Badinter semble avoir semé ses neurones sur les rails du grand n’importe quoi : « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité », lâche la philosophe et vieille, du haut de son Alzheimer. Ne lui manque plus qu’à monter, à la Madrague avec Bardot, une université populaire d’extrême-droite. Entre deux débats sur l’identité varoise, il lui sera toujours possible de faire une ballade, sur un âne.

      Et tandis que, nus sous leurs tuniques, les intellectuels franchouilleux cahotent sur le sentier de leurs pensées nauséeuses, de très sérieux messieurs, eux sans ânes ni même tuniques, s’apprêtent à re-re-re-remettre de l’argent dans les banques. « Il y a un sentiment d’urgence, il nous faut aller de l’avant », argumente Olli Rehn, un commissaire européen pour qui il convient d’avancer, quand bien même ce serait droit dans le mur. « Il nous faut réfléchir à la réalité de la situation », chiale le même, qui fouette. C’est que son monde est en train de s’écrouler. Et son collègue allemand W. Schäuble d’enchaîner sur cette « grande inquiétude », sur le risque que « de fortes turbulences sur les marchés financiers ne dégénèrent en une crise bancaire. » Woua, les chocottes, la vache… 2012, fin du monde, et mon PEL dans tout ça ? Nous n’avons rien à perdre, alors on se tape sur le bide à voir les maîtres du monde chier sous eux, et liquide. Mais sachons — nous savons : quelques milliards d’euros s’apprêtent à basculer de nos poches à la caisse des banques, et si tu as planqué vingt centimes dans ton slip elles sauront les trouver.

     Sinon quoi ? Ah oui, les primaires, ces grands singes bondissants d’arbre en arbre, c’est élégant. Les primates socialistes ont donc attiré foule, comme on dit d’une foire au boudin dans la presse locale. Il fallait les regarder, en face, ces culs véreux terreux venant voter Pepsi ou Coca, Carrefour ou Leclerc, « pour une fois qu’on nous demande notre avis » Misère de la démocratie à la petite semaine, bêtises entassées dans une urne. Régal, le lendemain, des commentaires abscons ou proprement surréalistes, tel celui d’Anne Hidalgo, élue parisienne et soutien de Aubry : « je suis sûre que les électeurs qui se sont retrouvés sur Ségolène Royal se retrouveront, demain, en appui, derrière Martine Aubry. » Partouzards, les socialistes ? Alpinistes, plus sûrement. Hollande, pour sa part, semble avoir perdu de vue ce qui, chez lui, plaisait aux filles : « je ne sais pas ce que c’est une gauche dure, je n’ai pas envie d’une gauche dure. » Il paraît que Strauss-Kahn n’est pas du même avis. Pareillement molle tel cornet de frites au sortir de la braderie de Lille, Aubry n’en rajoutait pas moins une couche et demi en matière de cadeau Bonux : « avec moi, il y aura deux changements en un. » Et le troisième c’est gratuit, oui Monsieur, vous l’emportez !

      Il nous fallut pourtant attendre quelques jours pour toucher au sublime, que dis-je, à l’orgasmique billevesée, lorsque, de la bouche de la journaliste et non moins trouducutesque Ruth Elkrief, s’échappa quelques mots évoquant « ce souffle électoral qu’on a senti à l’intérieur de tous les électeurs. » Ok, Ruth. C’est toi qui a pété ?

 

                                                                                                              Frédo Ladrisse.

 

 

 

Le 9 octobre 2011 primaires socialistes :

"1 euro pour voter et rester propre"


 

 

                                 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 20:16

 

nez-odeur-illustration_14015_w125.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Fichtre et mazette de chez mazette, quelle époque et quelle salve ! Dans le désordre, nous avons : un chef flic arrêté pour deal, un juge traîné devant les juges pour avoir trop ouvert sa gueule, un magistrat pas loin d’être mis en examen, des valises de pognon circulant sans souci entre la France et la Françafrique, sans oublier quelques barbouzeries relevant de la haute voltige, telles celles relatives à l’attentat de Karachi, dans lesquelles se révèlent mouillés jusqu’aux coudes rien moins qu’un ex-premier ministre, quelques ministres en exercice et pléthore de potentats, piliers du Sarkoland. Dans le désordre, oui : on ne saurait mieux dire. Brice Horte-contre-feux a beau, suant et postillonnant, s’atteler à calmer l’incendie, il semblerait que ça brase grave. Certes, il n’a pas tout à fait tort de dénoncer «cette avalanche de boules puantes qui se déversent tous les jours», mais le bougre prend néanmoins soin d’oublier sciemment d’où nous vient ce vent sentant la merde. C’est qu’il émane de sa maison, bleue, qui a pour nom Ump et de quelques antiquités, dont le momifié Ballamou.

     Soyons justes : ça ne pue pas qu’à droite. Ils datent, les gémissements de DSK à la téloche chez sa copine chacale Chazal, mais méritent qu’on revienne dessus, qu’on les surligne une fois encore tellement c’est énorme, tellement ça reflue. « J’ai eu peur, j’ai eu très peur », souffle-t-il pour commencer. Et nous donc, ahlala… « Quand vous êtes pris dans les mâchoires de cette machine, vous avez peur d’être broyé. » Ah oui ? Ces mâchoires s’appellent police, justice, prison, vois-tu petit, ça fait bizarre, n’est-ce pas, fait peur. Pas un mot, cependant, de la part du repris de justesse, à l’égard de celles et ceux croupissant dans les geôles. Non, ce soir-là, sous les sunlights, DSK est content : « je suis content, ce soir. » L’ombre d’un regret, pour finir : « j’ai raté mon rendez-vous avec les Français. »  Ensuite, et sans un mot pour celle qui demeure sa victime, le bonhomme s’envola en compagnie de sa pouffe pour quelques jours de vacances dans son palais de Marrakech — oui, le renverseur de ces dames possède un palais au Maroc, un « Riad » comme on dit. Il avait rendez-vous, le pacha, avec les Français ? A titre personnel, j’ai beau fouiller mon agenda, je retrouve pas la date.

     A quelque chose malheur est bon, me direz-vous, même pour lui: le fait d’avoir lâché son sperme sur une femme de chambre  aura au moins permis à Dominique Strauss-Kahn d’éviter le ridicule de devoir concourir lors des primaires socialistes. Je m’explique : ma malsaine, insatiable et cruelle curiosité m’ayant poussé à rechercher, sur le net, les endroits où, en ma bonne ville, allait se dérouler cette consultation, j’ai trouvé : un resto, deux bars louches et deux pizzerias. Pas une école, pas l’ombre d’une sobre salle municipale, dans une ville où pourtant les élus socialistes font partie de la majorité. Mieux : questionnés à ce sujet, deux patrons de troquets concernés m’ont avoué ne pas être, mais alors pas du tout, au courant de l’opération. Ça commence bien, leur affaire, on n’a pas fini de se marrer, à aller se taper un jus en terrasse, le 9 octobre, histoire de se foutre un brin de leur gueule. Mais il y a meilleur encore, il y a le « stylo anti-fraude. » Le bidule est un genre de Bic, dont la particularité est d‘être équipé d’une mini-caméra, se déclenchant dès qu’on s’en sert, même si c’est pour se gratter l’oreille. Au-delà des lobes crados, ça filmera les signatures, ça les transmettra illico vers un genre de plateforme media, vous voyez le genre, et l’intention ? L’autre particularité de cet objet high tech est son prix, tant exorbitant que le PS refuse de le communiquer. Mais pourquoi un stylo si particulier? Pour éviter la triche, qu’ils disent. Pas de doute, au Ps, le maître-mot est : confiance.

Alain Minc lui au moins, n’utilise ni stylo magique ni mini-caméra ni autre James Bonderies de ce genre : sa langue, seule, dès qu’elle s’agite dans sa bouche pour produire quelque chose comme un son, un mot, une phrase, suffit à le dédouaner de toute ambiguïté : le gars est d’une niaiserie cash. «Je suis un nucléocrate, pas un nucléophile, non, un nucléocrate, hein », avoue-t-il, tout à son plaisir. « Je souhaite que la France devienne le grenier à neutrons de l’Europe », gourgandine, pour finir, le Minc. L’homme est bronzé, mais plus très jeune. Dès qu’il ouvre la bouche ça remugle les UV, et la fin de vie sous forme de cancer de l’urètre. Qu’un Fukushimatron l’achève !

     Autre purin aux effluves pour le moins vomitives, celui remué par les parlementaires de l’Ump, sous la conduite de Copé. Les voilà qui proposent rien moins que d’imposer aux jeunes un « serment d’allégeance aux armes », durant lequel ils devront promettre de « combattre pour leur pays. » Le serment concernerait toute personne demandant sa naturalisation, mais aussi, et selon la formule bien glauquissime de Copé, « les Français de toujours. » Spécialiste des ballons d’essai et des provocations — interdiction du droit de grève dans les transports au moment des vacances, redevance télé appliquée aux ordinateurs, extension du statut d’auto-entrepreneur aux agents de la fonction publique,… —, Copé s’est bien évidemment empressé d’enterrer ce projet de serment, dès qu’il eut été annoncé. C’était pour voir, n’est-ce pas, comment « cela » réagirait. C’était, surtout, un nouvel appel du pied à ces « Français de toujours » s’apprêtant à voter Le Pen. C’était, enfin, une façon de remettre l’armée en selle, de la placer au cœur des débats, surfant sur la pseudo victoire militaire en Lybie — la France est ce pays ne gagnant que les guerres qui n’en sont pas —et la soi-disant bonne image dont bénéficierait l’armée, auprès des électeurs. La même semaine, Sarko réactivait l’expérience d’internats pour jeunes délinquants, dirigés par des militaires. Pour mémoire : suite à quelques essais en 2007-2008, l’idée avait été abandonnée à la demande des… militaires. Selon eux, ça ne marchait pas. On se demande bien pourquoi.

     On se demande aussi pourquoi on nous a tant soulés avec cette histoire de Sénat qui aurait, soi-disant, basculé à gauche. La bonne blague. Pour un oiseau tel l’autruche, pour qui le NPA se situe au centre-droit, on comprendra que l’élection d’un membre du parti socialiste à la présidence du Sénat soit un non-évènement, un courant d’air, une flatulence.

      On se demandera, pour finir, pourquoi le jour où un squat brûle à Pantin — sept morts, de nombreux blessés, Tunisiens, Libyens, Egyptiens —, le jour où l’usine chimique de Rouen, sœur jumelle de l’AZF de Toulouse, explose et connait de sévères fuites d’ammoniaque — inévitable scénario décrit par le copain Levaray, ouvrier là-bas à Rouen, dans son bouquin « Putain d’usine » qui date de 2001 !, pourquoi, oui, on se demande, les journaux radios et téloches ouvrent tous sur Strauss-Kahn et sa confrontation avec Tristane Banon. A quelle heure est-il arrivé, dans quel type de voiture ? Portait-il son costume bleu Calvin Klein, était-il coiffé raie à droite ? On se demande, vraiment.

 

                                                                                                Frédo Ladrisse.                  

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 22:04

 

geronimo.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? « Dieu est notre refuge et notre force », psalmodie ce cureton d’Obama. « Le souvenir est toujours vivace, comme l’est la douleur », surenchérit le bedeau Bush. N’en jetez plus, la messe est dite, et fut pénible comme le furent ces commémorations du 11 septembre, pauvres images vues 2001 fois tournant en boucle sur toutes les chaînes, arrosées de-ci de-là de grossières justifications au sujet des guerres qui allaient suivre, guerres qui, l’ignorez-vous ?, sont perdues mais toujours en cours. C’est vainement qu’on aurait guetté ne serait-ce qu’une séquence télévisée montrant le bombardement d’un village afghan, irakien, peuplé d’enfants et de vieillards par une escadrille yankee. En vain, également, qu’on aurait attendu ne serait-ce qu’un soupçon de regret, de la part de ce peuple si fier, hautain, fort en gueule et cependant couard, au plus haut point. Non contente de s’être construite sur des amoncellements de cadavres et rien moins que deux génocides, l’un Amérindien l’autre Noir, cette Amérique-là n’en finit plus de se vanter de défendre la, quoi déjà ? Ah oui, la « civilisation ». Qui, comme chacun sait, est l’envers de la guerre.

     Guerre un jour, guerre toujours, changeons de terrain d’opération mais sans quitter les champs de mines. Sarkozy, en rase campagne, vient de se découvrir un ennemi en la personne du chômage. Houlala, qu’il s’est dit, je l’avais oublié lui. Dès lors, contre le chômage, il « promet une bataille aussi titanesque qu’à Tripoli ». Mazette, ventre Saint-Gris, ça va chier grave, c’est promis ! Certes, les esprits chafouins rappelleront qu’à Tripoli, il n’y eut guère de bataille, en tout cas nullement titanesque. Certes, les mêmes souligneront l’incongruité de cette comparaison, étant bien entendu que si quelques missiles bien placés pouvaient comme ça créer 4 ou 5 millions d’emplois on les aurait, de long temps, tirés. Mais c’est ainsi, pour Sarkozy, il convient désormais de capitaliser sur cette guerre en Lybie, qui n’était que pur investissement. Aussi en rajoute-t-il : « on y serait pas arrivé en Lybie sans ténacité. » La bonne blague, mais qui est ce « on » dont il parle ? « Eh bien, on va mettre la même ténacité sur l’emploi. » Compte-t-il sous peu bombarder les agences de Pôle Emploi ? Sarkozy, il ose tout. C’est même à  ça qu’on le reconnait.

     Mais c’est aussi qu’il est décevant, ce pays où rien ne va à la va comme je te pousse —dans le vide. Exemple, la croissance. La sacro-sainte et trois fois reine et bénie d’entre les marchés, Croissance. Sans être tout à fait en baisse, on ne peut pas non plus dire qu’elle grimpe. Chiffre officiel pour juin : 0,00 %. Voilà qui a le mérite d’être clair, aussi le commentaire de ce cul de notaire de Baroin, ministre du budget, se veut tout pareillement limpide : « c’est un peu décevant. » Ah bon ?

     Malgré le marasme égonomique où se débattent banquiers, ministres et boursicotiers en tout genre affolés telles des truies la veille de la foire au boudin, il convient de raison garder : certes et comme dit Pierrot le bonheur, c’est toujours pour demain. Mais demain, mon copain, c’est les primaires socialistes ! Joie, pavoisons, amis, le poing et la bite en avant les voici, nos sauveurs, qui, cataclop cataclop, galopent vers l’avenir, radieux ! J’en discutais l’autre jour avec un copain militant du parti socialiste —oui oui, j’ai ça en magasin. Comme je lui demandais la raison pour laquelle il fallait payer pour voter aux primaires —ah, vous n’étiez pas au courant ? —, l’homme à la rose m’expliqua sirupeusement qu’il fallait bien « équilibrer les comptes. » Autrement dit, l’opération ne doit pas coûter l’ombre d’un kopeck au parti, pourtant gavé de millions d’euros du fait de la loi de financement des partis. Nous fûmes alors deux à lui faire remarquer qu’il s’agissait, en douce, d’un retour au suffrage censitaire, que par ailleurs ça commençait bien si, avant même d’avoir désigné leur candidat, les socialos commençaient déjà à nous faire les poches. Là, le socialiste a, si je puis dire, pris le temps de la réflexion, avant de tenter un uppercut sur le mode « de toute façon vous les anarchistes z’ êtes pas concernés, votez po, et puis vous êtes 10, ahahah. » Bisbis la carotte-heu !, serait-on tenté d’ajouter. Un court moment, l’envie me prit de lui narrer la dernière bataille opposant les apaches de Geronimo, soit 16 valeureux guerriers ne craignant pas de s’affronter aux 5 000 soldats bien nourris, surarmés de l’US Army, lancés à leurs trousses depuis des mois sans réussir à les choper. De lui rappeler qu’aujourd’hui le nom de Geronimo claque aux oreilles de tout un chacun, alors que sont, de long temps, oubliés ceux des généraux s’étant sur deux siècles épuisés à détruire les tribus. J’aurai pu également susurrer à l’oreille de ce puceau en politique qu’une guérilla zapatiste, laquelle comptait il y a vingt ans et selon le sous-commandant Marcos, 7 ou 8 hommes, oui, 7 ou 8, pas un de plus, que cette guérilla, donc, changea le cours de l’Histoire. J’aurai pu surtout souligner l’absence, systématique, du Parti Socialiste et de ses affidés lors des dernières grandes luttes sociales, son non-positionnement sur la question des sans-papiers ou de l’immigration, son message volontairement trouble, comme on dit d’une eau imbuvable, au sujet de l’école, du système de santé, du partage des richesses,… Non, j’ai fermé ma gueule. C’est que, depuis quelques années, j’économise temps et salive en évitant de m’adresser aux membres du parti socialiste français, cette engeance. Qu’ils aillent se faire foutre en Espagne. Pourquoi en Espagne, direz-vous ? Parce que Zapatero.

     Et, traversant les Pyrénées, qu’ils n’oublient pas d’embarquer dans leurs malles le père Guéant, ça nous fera des vacances. Ça en fera, surtout, aux Roms, lesquels décidemment sont bel et bien les juifs du Sarkozystan-pour-mille-ans. Stigmatisant la « délinquance d’origine roumaine » (en effet pour l’instant la loi n’autorise pas ce Goebbels d’opérette à parler de « romanichel », de « tzigane », de « mangeur d’enfants »), le voilà qui prend des mesures, ah mais oui, pas plus tard que tout de suite ! C’est que le Maréchal Chef-des-Logis Cruchot  installé place Beauvau veut « changer le visage de Paris », rien que ça. A défaut de nudistes, c’est aux Roms qu’il déclare la guerre. On pointe son Luger sur qui on peut, hein Maréchal ? Nous y voilà. On en est rendu là, à se fader les forfanteries d’un ministre de l’intérieur chargé de ramener vers le Chef les ouailles égarées au FN. « Les délinquants roumains représentent 1 déféré devant la justice pour 10, dans la capitale. » Eh beh. Ça fait du monde, se dit m’ame Michu. Il suffit cependant de demander à Guéant, pourtant chef des flics, comment il explique ce chiffre, et le voilà qui bêle : « nous n’avons pas d’explication particulière. » Bravo Charlot, tu sais dont rien ? Tu sais pas que plus on cible une population donnée, plus on la contrôle, on la traque, et plus on peut ainsi gonfler les chiffres de la délinquance relatifs à icelle ? Pfff, faut tout lui apprendre… Ce qui est valable pour les Roms le serait également pour les habitants de Vesoul, dont il serait aisé de prouver qu’ils larcinent en masse dans le métropolitain. Mais un Vésulien ça vote, hein. Autre tour de passe-passe, bien de chez nous : interdire, de manière très officielle (et la législation en cours l’autorise parfaitement), à une population donnée tout accès au travail et à toute ressource, ensuite décider de « reconduire chez eux les gens qui se maintiennent sur notre territoire sans ressources régulières. » La boucle est bouclée, quoi, qui forme un nœud même pas gordien, car tranché depuis longtemps. On notera, pour finir, la subtile expression « reconduire chez eux ». Par définition, un Rom est chez lui là où il a décidé de s’installer, et point. Dans la charte du congrès mondial des Roms, adoptée en 71 et reconnue, sur le papier, par l’Union européenne, ils se définissent, entre autre, comme « un peuple sans territoire compact. » Sans frontières, quoi. Sans « chez eux » où les renvoyer. Il n’en faut pas plus pour empêcher Guéant de dormir, comme en son temps son pote Brice Hortefeux-nouillard. On leur souhaite de longues, de perpétuelles insomnies.


                                                                                            Frédo Ladrisse.   

 

      Ah tiens, dernière minute, qu’on a bien failli oublier : explosion d’un four de retraitement de déchets nucléaires. Mais pas de fuites, non non. Ouf, nous voilà rassurés, on va, nous, dormir tranquilles.        

 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 22:36

 

fetard.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’est la rentrée mes bons, c’est la rentrée des cons, au premier rang voyez, droit comme un i et petit doigt sur la couture de la culotte courte, le cheveu ras l’oreille en berne mais blouse grise repassée de frais : voyez ce garçon, Luc Chatel, ministre de l’éducation. « Oui, je fais revenir la morale à l’école », plastronne le bouffon, et « dès la primaire », s’il-vous-plaît : « pas forcément tous les matins, mais le plus souvent possible, le maître [sic] va maintenant consacrer quelques minutes à un échange sur la morale. » Le maître, qu’on appelle depuis des années professeur des écoles (glissement sémantique que Chatel impute certainement à mai 68, donc au diable), abordera des thèmes variés tels « le respect des règles, le courage, la franchise. » Hum, variés, vraiment ? Il semblerait plus justement que la sarkozystérie de fin de règne ait décidée de déverser le produit du caniveau qui lui sert de pensée sur les cerveaux enfantins, aussi malléables et poreux que celui de ces grands enfants qu’on nomme les électeurs. N’empêche, que d’aucun de la garde rapprochée du sarkoland-pour-mille-ans en soit rendu à essayer de manipuler les têtes blondes, apporte une nouvelle preuve de sa déconfiture. Le sarkoland dévisse grave ? Raison de plus pour le pousser dans le tas d’épluchures et glaires où nous ne doutons pas de le voir barboter incessamment sous peu , en compagnie de ses amis du Parti Socialiste. Ainsi la tentation est grande de lui suggérer, par exemple, quelques sujets de morale absolument contemporains, susceptibles d’être abordés « quelques minutes par le maître »: le chef d’entreprise est-il supérieur au porc, et si oui, expliquez comment. Est-il réellement nécessaire de marcher sur les SDF, a-t-on l’obligation de tutoyer un sans-papier ? Ou celle-ci, pour finir : votre épouse a-t-elle raison de gentiment vous réprimander sous prétexte que vous avez violé la femme de ménage.

 

     SDF, porc, réprimande : pas de doutes, on parle de Strauss-Kahn. L’homme est libre et se tâte, pas encore décidé à revenir en France. Entre deux domiciles, l’homme pavane dans New York — New York, vous savez, cette ville baroque qu’on évacue dès lors qu’une averse menace : ah ah !, Irène, l’ouragan, le Cataclysme du siècle, la bonne blague ! Au final : une ondée, et l’Amérique une fois encore parfaitement ridiculisée. Mais de quoi parle-je ? De New York, merci. Depuis New York, DSK s’excuse. Pas auprès de sa victime, non, ce serait trop lui demander. Il s’excuse devant les employés du Fmi, ce qui est autrement plus classe. Et devant ce parterre d’aficionados  à la masse, l’homme s’est excusé de ce qu’il  nomme « a mistake. » Miss steack, miss Diallo ? C’est à peu près cela, pour lui. De France, les Valls, les Cambadélis et consorts se sont alors empressés de beugler sur toutes les antennes que voici le héros blanchi, débarrassé de ce harnais, puis qu’eux-mêmes étaient «persuadés  depuis le début de son innocence, jamais nous ne l’avons cru coupable », etc etc. Or, l’homme, s’il est libre, n’est pas innocenté. Pour cela, il lui aurait fallu avoir le courage d’affronter un procès. L’homme, ne sera jamais jugé, ne sera donc jamais blanchi. Et c’est à dessein que ses sbires feignent de mélanger absence de procès et preuve de son innocence. Alors, comme eux, et en l’absence de toute preuve à charge j’affirme haut et fort que Strauss-Kahn est coupable, que je l’ai toujours su, que j’en suis, depuis le début, persuadé. Strauss-Kahn est un violeur. Je le sais. Ça devrait suffire. Strauss-Kahn est un menteur, surtout Strauss-Kahn est un malade, comme l’affirme Michel Rocard, « un malade qui ne sait pas contrôler ses pulsions. » Mais pour une fois que Rocard nous dit la vérité, bien entendu personne ne le croit…

     Vraiment, ce serait à en désespérer de la classe politique s’il n’y avait, ici ou là, de ces Vigies Républicaines qui, lorsqu’ils ne se déclarent pas comme Sainte-Ségo-priez-pour-elle,  « tout à fait pour l’apprentissage de la Marseillaise dès l’école primaire » (pauvres gosses, décidemment, en cette rentrée les cartables se font lourds, très lourds),de ces phares de la pensée rance qui veillent nuit et jour à ce qu’aucune pollution issue de mai 68 (le diable !) ne vienne perturber le repos des bambins. A la pointe de ce combat d’arrière-cour de récréation nous retrouvons de vieux habitués, Christian Vanneste, Lionnel Luca, bref les hérauts patentés de la désormais célébrissime Droite Populaire de mes deux. La raison de leur chagrin du jour ? Une page, dans un manuel destiné aux élèves de 1ère, expliquant que l’identité sexuelle n’est pas qu’affaire de biologie, mais également de construction, s’appuyant en partie sur le contexte socio-culturel. Infamie ! Vilainie ! Blasphème ! Et les vieux homos refoulés de s’écrier d’une seule voix que « selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes ou femmes, mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités. » Et donc ? Et qu’est-ce que ça peut vous ficher, pauvres barbons à poils retors, qu’un manuel scolaire redécouvre l’eau chaude ? Parce que, cela, on le sait n’est-ce pas, et de toute éternité. On le sait, mais faut pas le dire ? Non, faut pas. Aussi s’adressent-ils en ces termes à Chatel, le ministre : « nous comptons sur votre action afin de retirer des lycées les manuels qui présentent cette théorie. » Théorie mon cul, oui, il s’agirait plutôt de pratiques… Cependant ils peuvent à coups-sûrs compter sur le père-la-morale-et-dès-le-cp, s’il-vous-plaît, pour commander l’autodafé.

     Un autre de ces trouducs dont on a, heureusement peut-être, oublié jusqu’au nom (on se souvient néanmoins qu’il s’agit d’un député encarté Ump), eut cette remarquable sortie, le jour où fut versée l’allocation de rentrée : « comme son nom l’indique, cette prime est destinée à faciliter la rentrée des élèves, pas de leurs parents. Elle n’est donc pas faite pour acheter de la bière, ou des écrans plats. » Le gars, depuis des années, défend seul dans son coin un projet de loi visant à transformer en bons d’achat les quelques centaines d’euros versées chaque année aux familles. C’est son obsession, sa lubie, son Austerlitz à lui. A chaque rentrée, il remet ça : c’est dire si le gars ne fait pas confiance aux pauvres, et d’ailleurs il a bien raison : en ce qui me concerne, cours de morale ou non, entre le cartable et le pack de Kro, franchement, y’a pas photo.

 

                                                                                           Frédo Ladrisse.               

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 17:45

 

LeprestJe me doutais qu’un jour il allait falloir vivre dans un monde sans Leprest. Dans un monde sans air, sans chanson. Aussi extravaguant que cela puisse paraître, ce monde est advenu. Plus d’amour, plus de guitariste, une solitude, seule en piste. C’est peu dire qu’à la suite de son départ suicidé ne reste qu’un gouffre, un abîme. Elles vont continuer de voler les sympathiques ritournelles, les chansons sans le sou, sans le souffle, où trouverons-nous les mots qui restent, ceux-là qui, en deux mots, s’en têtent ?

     Leprest ? Connais pas. J’ai entendu vingt fois dans la bouche de gens sincères cette formule, ces derniers jours. Lui qui plaisantait d’être « le plus connu des chanteurs inconnus », ne serait pas étonné de cette non-gloire post-mortem. Et puis, comme de son vivant il mit un soin particulier à refouler le succès, à le tenir à distance tel un chien dérangé, il serait surprenant qu’il s’en préoccupe désormais. « Quand je serais mort, juste un bouquet rouge, des chansons et des gens qui bougent », chantait Allain, avec deux « L ».

     Peu porté par les foules, et peu porté sur elles, Leprest était un homme de rencontres. Les yeux dans les yeux, là, on parle. On boit un coup ? Ce coco-là serrait la main à l’anar quand on se croisait, se marrait en m’embrassant les joues : fraternité, copains. S’il avait le sang rouge, accroché au folklore Thorez et fête de l’Huma, il n’était pas de ceux qui kolkhozent l’espoir. Je l’aimais, aussi, pour ça : la fulgurance avec laquelle il avait su saisir qu’on était, lui et moi, allongé sur le même versant de la même barricade. On a pourtant passé ensemble pas beaucoup de temps, quoi, quatre ou cinq soirées, nuits ? C’est peu, c’était il y a longtemps. Seulement, il vous faut savoir ceci : on apprenait bien davantage en passant quelques heures en compagnie d’Allain Leprest, qu’en la fréquentation multi-décennale d’abrutis.

     « Ni dieu, ni maître, ni contremaître ! », aimait-il à me balancer de façon régulière. Depuis ce foutu quinze août et l’assomption athée d’Allain (« assomption piège à cons ! », aurait-il sûrement rigolé), nous n’avons plus que ses chansons, sa retraite, sa franginette, ou son café d’Omaha Beach. De ces chansons qui permettent de ne pas tout à fait étouffer dans un monde sans air. Lui s’en fiche, de savoir à quel point il manque, comme il fait nuit, déjà, sur un monde sans Leprest.  

     Et je l’entends d’ici gueuler « oh l’anar, eh oh, hein… Ça suffit bien maintenant, tu vas pas te mettre à chialer! ». C’est pas l’envie qui manque, Allain.

                                                                                                 Fredo Ladrisse.     

Ci-contre l'interview, paru dans le monde libertaire en 2005, à l'occasion de la sortie de son  album "Donne moi de mes nouvelles"   Interview d'Allain Leprest en 2005    

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 20:55

 

pourchapeau.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Longue litanie bondieusarde en ce 15 août, ils ne nous lâchent plus, journaux, téloches, radios, entre JmJ de Madrid et autres assomptionnites aigües : à vous dégoûter, tiens, des weekends prolongés ! Ces têtes de cons tonsurés sont pas loin de nous gâter la joie d’un lundi pas bossé, tellement ça renifle la bure, ça schlingue grave la curetaille à l’hygiène peu sûre. Le service public n’est pas en reste, qui, vivant de nos fifrelins, n’en décida pas moins de déprogrammer Fort Boyard au profit, si j’ose dire, d’une retransmission live de la dernière niaiserie béni oui-oui de ce renfroqué d’Hossein, Robert. Vie de Marie et Evangiles, en direct de Lourdes, s’il-vous-plaît. Scandale ! Qu’on me rende mon chèque ! Au moins, qu’on envoie les mygales et autres cafards baveux au cul des apôtres, merde, qu’on balance la Marie au bout d’un câble, au-dessus des tigres adipeux! Mais rien de cela, non, rien qu’une messe, à dégouliner, et de trois heures et sur F3, un samedi soir à 20h30 ! Vous me direz : faut vraiment se faire chier pour mater la téloche le samedi soir à 20h30. Certes. Et donc ? J’ai pas le droit, peut-être, un 15 août, de m’emmerder ? La religion l’interdit ?

     Ce que, visiblement, n’interdit pas la religion, ce sont les expulsions. Elles frappent, cet été, indistinctement sans-papiers, sans-toit, squats, campements, dont certains dits non sans humour « de fortune ». Exemple parmi d’autres, et au risque d’instaurer une habitude durable, il semblerait que les préfectures aient décidé de faire du mois d’août le mois d’ouverture de la chasse aux Roms. A Marseille, une centaine d’entre eux fut ainsi brutalement jetée sur le trottoir par… une centaine de Crs. Un flic par expulsé, pas moins, on sait jamais des fois qu’ils mordent. Mais qu’on se rassure, selon Gaudin, des solutions de relogements seraient à l’étude. Outre qu’on aurait pu attendre que ces « solutions » se concrétisent avant de balancer à la rue hommes, femmes et enfants, qu’il nous soit permis de douter de la bonne volonté du maire de Marseille, peu connu pour son empathie à l’égard des « estrangers ». « Tout ce qu’on nous a proposé est un terrain inhabitable, en bord d’autoroute, au fin fond d’une impasse », résumait le vice-président de la ligue des droits de l’homme. Belle générosité, Gaudin !

     A l’autre bout de la France, non loin de la riante ville de Lille, le maire de La Madeleine (59110) n’y va pas par quatre chemins de ronde. Sébastien Leprêtre, c’est son nom —décidemment on en sort pas, de dessous la soutane —, vient de signer deux arrêtés municipaux résumés en ces termes : « interdit de mendier et de fouiller les poubelles. » Avant de les afficher aux quatre coins de sa ville, et histoire de bien se faire comprendre, il a pris soin de traduire les affichettes municipales en roumain et en bulgare. Et d’évoquer une « fouille systématique et organisée des poubelles », que ne supporteraient plus ses administrés. Lesquels administrés semblent soutenir l’élu dans sa noble croisade. Une habitante : « ils éventrent les poubelles et nous on paie les taxes la peau des fesses ! » La même dame, au langage fleuri, avoue ne pas aimer croiser «des femmes qui donnent le sein sur le trottoir. » Encore vous éviterai-je les longues jérémiades des habitants « exaspérés », « écoeurés », en un mot : au bord du pogrom. Seul le directeur d’une association locale d’aide aux Roms parait garder un peu de calme, et apporte un bémol de taille, rappelant que « 90% des Roms ne savent pas lire. » Bien vu, monsieur le maire, le coup des affichettes !

     Voilà où nous en sommes, en la France rance de 2011, ce Clochemerle merdeux ne tolérant aucun écart eut égard au schéma du face de craie de souche. Mais qu’on se rassure, sous peu nous serons en 2012, année de la Libération, de la rupture avec la bouse, par la grâce des élections et d’un candidat (d’une candidate ?) socialiste, Espoir de la Nation Glorieuse. Prenons, tiens, au hasard, Hollande. Que dit-il des expulsions et de la chasse aux Roms, que dit-il de la crise du capitalisme, des cadeaux faits aux banques, du plan d’austérité qu’on va se manger grave dans les dents pas plus tard qu’à la rentrée ? François Hollande dit : « les Français sont en vacances, ce n’est pas le moment de les harceler. » Pfff. Vas-y, gars, continue à nous causer comme à des demeurés notoires, t’es en bonne voie, continue.

     Sur la rive droite du fleuve de la politicaillerie boueuse on trouve, cette semaine, Balkany, campé droit dans ses bottes et moquant quelques détracteurs. Cette année, le maire-voyou de Levallois (92300) est arrivé premier du classement des députés les moins présents dans l’hémicycle. « Pointer la présence ou non des députés, comme celle des enfants à la maternelle, relève de l’enfantillage », plaisante le mauvais élève. C’est vrai, nous sommes des enfants. La preuve : nous continuons de voter et d’accorder notre confiance à de fieffés voleurs, fainéants de surcroît.

     Restons un temps chez les voyous, et parlons de Broussard, vous savez : le vieux commissaire. Je dois au bougre un bon gros rire, lequel m’a secoué quand Broubrou-la-gâchette avoua sur les ondes aimer tout particulièrement l’émission démago-poujado-ringarde « Faites entrer l’accusé », et surtout « Navarro. » Wao. La preuve est faite, c’est par un beauf convaincu que fut abattu Mesrine —qui en était, peut-être, un autre. Un regret, cependant : Broussard n’a rien avoué de sa passion pour « Derrick ».

     Je te l’enverrai faire un stage en Angleterre, le Broussard, moi, que ça trainerait pas ! Il pourrait y rendre des services, assurément s’y sentirai comme un poisson dans l’eau bien glauque de la pisseuse Albion. « Tolérance zéro pour les rats à capuche », lit-on en Une d’un tabloïd, à la suite des émeutes. Une autre de ces feuilles à merde titre, tout en nuance : « payez-vous un de ces salopards », formule accompagnée d’un numéro de téléphone spécial délation. Ça se déchaîne, donc, la populace lâche ses chiens avec l’assentiment d’un David Cameron pour qui « ce phénomène n’a rien à voir avec un quelconque problème de pauvreté, il s’agit d’une jeunesse qui ne sait plus distinguer entre le bien et le mal. » Amen, tout est dit, fermez le ban. Non, pas tout  fait. Car il se dit, ici et là, que la désintégration sociale frappant de plein fouet certains quartiers — fermeture des centres sociaux, des services publics, des crèches, des bibliothèques,…—, ne seraient pas pour rien dans cette flambée soudaine. Ainsi, puisqu’un benêt collègue français lui demandait si il voyait une relation de cause à effet entre l’extension de la pauvreté et le phénomène en question, un journaliste anglais répondit, so british, que «c’est rarement les riches qui déclenchent les émeutes. » CQFD, n’est-ce pas. 

     Mais stop. Je viens d’apprendre le suicide de Leprest, d’Allain, avec deux ailes. Tout ce qui précède parait soudain… accessoire, déplacé, sans intérêt. Rien à dire sur Leprest, pour l’heure. Trop difficile, silence. On verra plus tard, certainement, ou on ne verra rien. Pour l’heure, silence, nuit en plein jour. Leprest s’est tué un 15 août. Tout en assomption, quoi.

                                                                                           Frédo Ladrisse.               

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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