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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 21:51

images-copie-54Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette petite voix qui questionne, Toulouse, Montauban, Merah, en parler ou pas? Mouais. Tout a déjà été dit, non ? Non, justement, pas tout. Il n’a pas été dit à  quel point la prison occupe, en cette affaire, en la formation ou plutôt la déformation de ce voyou à la petite semaine devenu tueur psychobarré dans les grandes largeurs, à quel point la prison occupe, disions-nous, un rôle, sans jeu de mot, central. Puisqu’il est désormais acquis que c’est de derrière les barreaux que Merah opéra son radical virage, pourquoi ne pas interroger la fonction carcérale, en pointer les dangers ? Pas un de nos glorieux Tintin-le-petit-reporter, micro au poing suivant le Raid, n’a semble-t-il trouvé le temps de soulever la question. Il faut admettre qu’elle pèse son poids : dans ce pays, ce n’est pas rien de vouloir ne serait-ce que relever les dérives de l’institution pénitentiaire, quatrième pilier de la République autoritaire (je vous laisse le soin de nommer les trois premiers). L’heure de sa remise en question n’a, bien entendu, pas sonné, aussi les tôles continuerons, pendant encore de longues années, à produire à la chaîne fadas, fêlés, dérangés et flingueurs. En revanche, en cette même heure, tintinnabulent et à outrance les glas nous intimant l’ordre d’honorer les forces de l’ordre, gloire à eux et aux 300 balles, 300 !, tirées sur le « terroriste » Merah, planqué dans sa salle de bain. Qu’on ne se méprenne pas : l’autruche ne pleure pas cette ordure, d’ailleurs l’autruche n’a plus de larmes. Elle refuse cependant de se joindre au troupeau crachant sur sa dépouille, psalmodiant l’ode au Raid et menaçant, furieux, quiconque rechigne à se réjouir de la mort d’un homme quel qu’il soit. Quant aux empêcheurs de jouir en rond autour d’un cadavre criblé, quant à celles et ceux qui questionnent, qui doutent et remettent en question le bien fondé de l’Action Glorieuse de Notre Police Nationale, ceux-là sont voués aux gémonies avant que d’être cloués au pilori de l’Anti-France. C’est bien le minimum.

     Car l’affaire, son issue, ne saurait souffrir aucune sorte d’interrogation. Si les medias s’épanchent sur le parcours de ce « gamin des banlieues de Toulouse », c’est pour mieux taire ensuite ce qui, dans ce parcours, signe la faillite implicite de nos institutions. Durant sa courte vie, Merah a été confronté à : la pénitentiaire, mais également la judiciaire, la policière, la scolaire, et jusqu’à l’armée qu’il tenta, vainement, d’intégrer. Pur produit de notre société, Merah se révèle alors, en sa qualité de « terroriste », comme un cas peu « pratique ». On lui préférera sûrement le type débarqué du Sud Soudan et se faisant exploser dans une rame de métro : il pose, lui, peu de problèmes. Le cas Merah est plus compliqué.  

     Au-delà des interrogations s’imposant à tout esprit un peu ouvert et qui regarderait son parcours, son errance, sa quête d’on ne sait quel absolu ou reconnaissance, qui s’attarderait sur cette somme de rendez-vous ratés avec ce qui aurait pu bâtir une existence bien différente, au-delà de ce qui, peut-être, restera sans réponse, se pose, comme un essentiel, la question de son humanité. Plus exactement: cette question se pose à certains. Lorsque, à deux reprises, le président-plus-pour-longtemps de cette république qualifie Merah de « monstre », il parait évident que pour lui le tueur de Toulouse s’est exclu de la sphère de l’humain. Procédé classique, et pratique, de mise à distance du Mal, de son incarnation. On ne perdra pas de temps à pointer ce qui, dans ce montage, ne tient pas : Hannah Arendt et quelques autres s’y sont employés et avec le succès qu’on sait. On soulignera cependant, dans l’affaire qui nous occupe, une curiosité, qui vit les medias osciller entre deux pôles opposés.

     C’est en effet à un bien curieux mélange des genres que nous assistâmes, ces derniers jours : tandis que commentateurs de plateau et autres « envoyés spéciaux » rivalisaient de superlatifs censés rappeler le caractère extra-humanitaire du « monstre », tournait en boucle, sur toutes les chaînes, la même bande vidéo montrant Merah jeune et souriant, flambeur au volant de sa BM, beau gosse rigolard agité, « gueule d’ange », même, selon certains. Un petit branleur de quartier, quoi, mais pas plus méchant que ça, ressemblant au fiston du voisin ou au pote de classe de votre fille. Et les images, toujours les mêmes, de repasser dix fois, vingt fois, allant jusqu’à servir de générique, d’introduction, sur une chaîne d’info permanente. L’effet recherché était simple : qui aurait pu imaginer que ce gamin deviendrait, quelques années plus tard, ce redoutable tueur d’enfants juifs ? Personne, assurément. Mais pourquoi ainsi ressasser, pourquoi nous imposer, ainsi, les images  banales d’une banale humanité ? L’ambigüité est là, entière. D’une part on appuie lourdement sur l’aspect monstrueux des actes commis par Merah, d’autre part on vous montre que « le monstre » n’en est pas un, que c’est un homme parmi les hommes.

     Rien de pédagogique, dans cette démarche de faux cul. Aucune vertu basée sur la notion d’altérité ne peut s’épanouir sur ce fumier. Car le message essentiel que cherche à véhiculer cette enfumeuse mise en boucle, ces images revues vingt fois, c’est l’antédiluvienne sentence selon laquelle il convient de ne pas se fier aux apparences, sentence populaire augmentée de rajouts bien contemporains : méfiez-vous des jeunes maghrébins, gueules d’ange ou pas ce sont autant de terroristes en puissance. Ce message, délivré des jours durant, pas un journaliste, pas une rédaction ne l’a remis en question, ni même tenté de le nuancer. Au contraire, ils en ont rajouté une couche, sur le mode classique du témoignage de voisin qui « le croisait tous les jours et jamais ne se serait douté que… »  Au final, personne ne s’est interrogé sur les dégâts que ne manquera pas d’occasionner dans les banlieues, entre communautés, cette manière de faire, de présenter l’information. Et le message, d’obédience clairement lepéniste (« toute personne de type arabe représente, en soi, un danger »), les medias publics comme privés l’ont relayé, à outrance, jusqu’à l’écœurement.

     Avez-vous vu, jeudi, les sourires de contentement et l’extrême (c’est le cas de le dire) plaisir avec lequel Marine Le Pen s’est faite le relais de cette islamophobie rampante ? Pour elle, pour son score aux présidentielles, ces images d’un Merah de banlieue, frimeur, hâbleur, provocant et en même temps tellement proche, tellement semblable aux minots d’en bas de l’immeuble, vaut mille fois plus que tous les abattoirs hallal. Humain, Merah ? Assurément. Quand ça arrange le FN.

 

                                                                                              Frédo Ladrisse.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:10

images-copie-53.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’était jeudi la fin de la trêve hivernale, le ballet des huissiers et autres salopiots spécialistes de la chasse aux pauvres va donc reprendre de plus belle. Mais je suis un brin rassuré pour mes voisins de pallier puisque dans ma ville m’dame le maire a signé un de ces arrêtés dits anti-expulsion. « Il ne pourra être procédé sur le territoire de la commune à aucune expulsion motivée par l’impécuniosité des personnes concernées. » Tu parles, Hannibal, tu causes, Rose : chaque année c’est le même cinéma, quelques maires de gôche apposent leurs paraphes au bas d’un arrêté dont ils savent pertinemment bien qu’il sera invalidé par les tribunaux, pas plus tard que demain. De l’art de se donner bonne conscience, et à moindre frais s’il-vous-plaît.

     Que deviendront ces gens, une fois rendus au trottoir, matelas sur le dos et toute la maison dans deux sacs ? Peut-être, des wifimens. Ceux-là n’arpentent pour l’instant que les artères d’Austin, Texas, mais gageons que l’idée ne tardera pas à s’appliquer en nos rues boboïdes. Le principe en est simple comme un coup de fil : équiper des Sdf de bornes Wifi portatives, et les renvoyer se « balader ». Afin que le quidam les identifie aisément, ils portent tous un tee-shirt indiquant « je suis une borne wifi 4G». Il vous suffit alors de leur refiler 2 dollars pour bénéficier d’un quart d’heure de connexion. Fallait y penser, non ? Les marketeurs à l’origine de cette horreur absolue— certainement issus d’un croisement entre un logiciel de décérébration intensive et quelques dogues allemands —, assurent que, grâce à eux, « les sdf ne sont plus invisibles. » Et de pousser le bouchon jusqu’à parler d’«initiative charitable »… Avec trois pauvres ampoules, on pourrait aussi bien les utiliser comme feux rouges ; les plus vieux, pour leur part, une fois couchés sur la chaussée feraient d’excellents ralentisseurs. Qu’en pensent les honnêtes gens ?

     Rien. Ils sont, en ce moment, bien trop affairés à se faire surficher par l’Etat. Le «fichier des gens honnêtes », tel est le nom de la dernière trouvaille de tout ce que ce putain de pays compte de flics, de juges, de contrôleurs, de fouineurs bref, d’empêcheurs de vivre peinard. Un genre de mégafichier doté d’une mégamémoire capable de stocker de nombreuses données biométriques, mais pas que : censé lutter contre l’usurpation d’identité, le fichier des gens honnêtes permettra, entre autre chose, l’instauration de la carte d’identité à puce — enfin !, diront certains, qui tentent de l’imposer depuis presque trente ans, au premier rang desquels se trouvent les industriels directement intéressés par ce technobusiness aux enjeux financiers sans commune mesure. Déjà, le principe en a été adopté par les députés. La machine est lancée, qui broiera un peu plus encore nos déjà maigres libertés. Car cette fois on saura tout de vos déplacements, de vos achats, de ce que vous lisez, des lieux que vous fréquentez, et de cette somme d’informations on tirera aisément des conclusions concernant vos orientations politiques, religieuses, sexuelles,… Vous croyez n’être pas concernés ? La première vague touchera 45 millions de Français, et il est bien sûr prévu d’étendre le système à la totalité de la population.

     Qui aura accès à ce fichier et qui le gérera ? On n’en sait rien pour le moment. On imagine par contre très bien ce que saurait en faire un Vanneste, toujours député Ump et plus homophobe que jamais. Contesté au sein même de son parti, Vanneste a une explication : selon lui, « le lobby homosexuel a pénétré à l’intérieur de l’Ump. » Hmmm… C’était bon, au moins ?

      On ne sait qui pénètre à l’intérieur de Martine Aubry, mais nous la trouvons, en ce moment, pénétrée par de curieuses idées. A un journaliste l’informant que Hollande chercherait une chanson pour le soir de son éventuelle victoire, Aubry a répondu : « je n’en vois qu’une : la Marseillaise. » A celle et ceux doutant encore que Hollande c’est reprendre les mêmes et toujours la même rengaine, la Martine conseille donc de répandre un sang impur, histoire qu’il abreuve nos sillons. « Il faut que les lions français arrêtent d’être dirigés par des ânes », semble lui répondre la Le Pen, qui porte beau le bonnet. C’est à commenter, ça ? Hi han.

 

                                                                                             Frédo Ladrisse.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 18:36

Tiraimages-copie-52.jpgnt tête hors du trou, qu’entends-je ? En premier lieu les voix de celles d’Albertville, caissières et e mployées d’un supermarché de base opposées au travail le dimanche, vous vous souvenez peut-être ? Elles ont fait grève deux ans, et sans jamais lâcher l’affaire. « Sous prétexte qu’on était caissières, la direction a cru qu’elle pouvait nous prendre pour des connes », lâche Valérie, en rigolant. « On s’est battues, on a gagné, et ça sera plus jamais pareil, parce qu’on a appris des choses. » Entre autres choses apprises, ceci : « les élections,  on n’y croit pas. C’est du folklore, c’est tout. » Et ses copines d’acquiescer. Ce simple bon sens, né de l’expérience et de la lutte, le Baron Sellière, au hasard, ne pourrait l’interpréter que comme une forme d’outrance, l’expression d’une intolérable jacquerie. Il le disait l’autre jour, avec ses mots à lui et sur ce ton aigre-doucereux lui servant de signature : « je ne crois pas qu’en matière de morale le pauvre ait toujours raison. » Pire, selon lui, « dès que le patronat obtient quelque chose, on crie au scandale. » De toute façon, selon le baron, « la parole patronale, en France, est inaudible. » Etrange, dès lors, cette impression que nous sommes nombreux à avoir de l’entendre, soir et matin, tintinnabuler sur les ondes telle une rengaine, l’Ite missa est vomitif délivré par un patronat plus vainqueur que jamais.

     Le restera-t-il  après mai ? Bien entendu, et quels que soient les résultats de ces présidentielles aux allures de blanc bonnet contre bonnet bleu. De rouge, il ne saurait être question dans ce jeu de bonneteau, dont l’unique intérêt est de fournir, plus qu’il n’en faut, l’autruche en galéjades. Cette semaine c’est, une fois encore, le Sarkoshow qui a retenu son attention. Il posait ses valoches et ses guêtres en peau de mou, mercredi soir, en les plateaux de La Deuze. Davantage que le déroulé des propositions fascito-liberticides du nain, désormais bien connues, c’est l’aspect, comment dire… « barbare », grammaticalement hasardeux du discours sarkozyen qui me sauta aux esgourdes. Elles sont pas bégueules, mais tout de même, elles en prirent plein l’oreille interne. Florilège. « Alors comme ça, on élut un maire, et on ne pourrait pas savoir à qui il donne sa signature ? » Du verbe « élurer », certainement. Plus tard : « vous savez, en cinq ans, j’ai remarqué quelque chose que j’ai appris. » Apprendre, lui ? C’est remarquable ! Quant au type qui s’était pris le « casse toi, pov’con » bien connu, Sarko précise que l’autre avait commencé par lui lancer « touche-moi pas », alors que lui, Sarko, n’avait « pas l’intention de le toucher, son physique n’était pas tellement agréable que j’avais l’intention d’aller au contact. » Sic. Quant à sa petite croisière sur le yacht de l’ami Bolloré, il regrette, quoi que pas trop : « je n’ai pas impacté le poids du symbole » explique-t-il, en toute simplicité. On l’aura compris : le candidat a peut-être, un peu rapidement, licencié son nègre, le Guaino, qui certes est un furieux de l’identitaire et du civilisationnel à deux balles, mais au moins semble être en mesure de bâtir une phrase correcte.

     Et tandis que son amoureux ferraillait farouchement avec la langue française, qu’est-ce qu’elle nous faisait la Bruni, maîtresse de maison et des mots, à ce qu’on nous raconte ? Elle se plaignait, en loge : « il fait un froid de gueux, ici ! », lança-t-elle à une assistante qui rôdait dans le couloir. Une expression si bien choisie qu’elle donnerait presque envie de lui donner de la brioche, à Carla-Antoinette.

    Une qui, plus elle avance en haine moins elle a froid aux yeux, c’est la Le Pen, assurément. On pensait qu’elle voulait dé-rembourser l’avortement, on avait rien compris :  « je propose de dé-rembourser l’IVG seulement en cas de récidive. » Ah, ça change tout, et le mot est de circonstance. Car, renseignement pris, on ne parle de récidive qu’en cas de maladie, ou de faute. Que l’on sache, l’Ivg n’entre dans aucune de ces deux catégories. Mais, comme chez les Le Pen le choix du vocabulaire n’est jamais tout à fait gratuit, on devine aisément que pour Marine l’Ivg constitue ET une faute, ET une maladie.

     Chez Poutine, la question est en voie d’être réglée : une loi censée lutter contre le déclin démographique limitera bientôt, et de façon drastique, le recours à l’avortement. Ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle venue de Russie ces temps derniers, l’élection de Poutine, au premier tour et à près de 65 %, n’étant pas la plus agréable. Dans ce pays où 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le nombre de milliardaires a doublé en l’espace de quelques années. La plupart des opposants crédibles sont en taule, la corruption est générale et le budget militaire est en hausse de 58% ! Poutine le nationaliste, qui n’hésite pas à parler de « race supérieure » en ce qui concerne les Slaves, n’est qu’un dictateur parmi d’autres, assis sur un tas d’urnes : une fois de plus est prouvée l’utilité des élections.


                                                                                                   Frédo Ladrisse.

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:21

91888755-8075-45bd-95c9-88cda5b48e91HiResTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ayant reçu de nombreux courriers à ce sujet, autant le préciser de suite : non, cette autruche n’est pas hallal, elle n’est pas non plus certifiée par la mosquée de Roissy-nord, voilà, c’est dit. Contrairement aux moutons, veaux et vaches normandes, elle ne gambade pas non plus voilée et tiens, puisqu’on parle des vaches : ont-elles regardé passer le Tgv qui emmenait, jeudi dernier, le petit Nicolas à Lille ? Un train qui, nous informe la presse, « est parti avec presque 15 minutes de retard. » Qu’est-ce qu’on ferait sans les journalistes ? On ne se le demande pas. Retard ou pas, peu importe : « j’aime beaucoup le train », a cru bon de préciser Sarko, qui ne l’avait pas pris depuis 1974. Moi aussi, j’aime beaucoup le train, cela nous fait une chose en commun. La ressemblance s’arrête pourtant là puisque, comme quelques millions de mes compatriotes, grâce à Sarko et à ses potes je n’ai plus les moyens de le prendre.


     Sinon quoi ? Rien que la banale ritournelle d’une campagne de type cantonale, en à peine plus grand, vous voyez ? Sarko veut faire bosser davantage les profs, Hollande, lui, veut «taxer les riches », rien de nouveau sous le pâle soleil de ces présidentielles pour de rire. Une fois qu’on a pigé qu’entre terme de programme, qu’on choisisse Pepsi ou Coca c’est toujours la même daube à boire, ne nous reste plus qu’à pouffer, en attendant des jours meilleurs. Pouffons, devant la réaction d’un député Ps qui semblait ne pas être au courant de cette nouvelle idée hollandaise, « c’est la surprise du chef, mais le chef a toujours raison. » Pouffons encore devant les risibles aboiements d’une droite toujours très mordante dès qu’il s’agit de voler au secours de l’argent, de Christian Jacob qui y voit une «marxisation du Ps » (elle est bien bonne), à Bernard Accoyer lequel craint que Hollande veuille « chasser de France les quelques riches qui peuvent y rester », pauvres petits multimillionnaires sur le sort desquels on devrait se mettre à pleurnicher? Franchement, qu’ils se cassent tous, hop en Suisse, par charters entiers, qu’est-ce qu’on en a à tamponner, du moment qu’ils nous laissent la caisse ? Je sais, je rêve, ces margoulins sont peu enclins à oublier sur la banquette la valise à lingots. A noter, au sein du cloaque, l’extrémiste Philippe Villin, banquier d’affaire de son état. Selon ce triste sire, « le projet du Ps, c’est la Corée du Nord. » Et l’Isf, c’est le goulag ? Moi, je t’enverrai le bonhomme faire une semaine de stage au Laogai, pour voir, ça lui passerait le goût des sotties, à cet affreux Villin. Ces as de la finance de haut vol n’ont pourtant aucune vraie raison de s’inquiéter : Hollande, en visite à Londres mercredi, a pris soin de rassurer les traders de la City: «Non, je ne suis pas dangereux », qu’il a dit. De ce côté-ci de la manche, on s’en doutait un peu.


     Et tandis qu’en métropole on est comme au théâtre, à la Réunion ça secoue. Mais du cocotier médiatique tombent toujours les mêmes noix. Première nuit d’émeute : les commentaires pointent « les casseurs, les bandes organisées profitant du mouvement de mécontentement pour piller les magasins », et autres images d’Epinal. Seconde nuit d’émeute : il devient difficile, du fait de la présence d’observateurs indépendants, de nier l’implication des adultes, ouvriers, chômeurs en  colère, ni leur discours très clair, porteur de revendications fondées. Troisième nuit d’émeute : quelques courageux francs-tireurs parmi nos éditorialistes osent l’analyse suivante : les violences dans l’ile pourraient s’expliquer « en partie » (important, ça, le « en partie »), par un coût de la vie très élevé, et un taux de chômage de 60 % en ce qui concerne les jeunes. Une fois de plus, on ne se demande pas ce qu’on ferait sans ces éditorialistes-là.


     A l’ouest de La Réunion, pas loin à vol de pélican, le Zimbabwe : sous cette latitude, le potentat Mugabe a livré récemment sa vision, tout en nuance, de l’homosexualité. Selon cet esprit éclairé, « les gays sont pires que les chiens et les porcs, parce que les porcs savent qu’il y a des mâles et des femelles. » Depuis quand « les gays » l’ignorent-ils ? Cela, Mugabe ne le dit pas. « Voilà comment nous sommes nés, et voilà pourquoi nous vous disons d’aller en enfer », conclua-t-il. Quand on sait que le despote s’exprimait de cette façon lors du discours d’ouverture des festivités relatives à son anniversaire, on se demande ce qu’il pense des homos les jours où y’a même pas de gâteau.


     Poursuivons, un moment, ce tour de la planète en folie, avec un petit détour par l’Indonésie. Dans ce pays on a décidé de rééduquer les punks. Il reste donc des punks, en ce bas monde ? Oui, mais mauvaise idée, les tout derniers étaient partis se planquer en Indonésie. En décembre 2011, juste à la sortie d’un concert, les flics en ont coffré soixante. « Immédiatement tondus à leur arrivée au centre de rééducation, ils ont, par la suite, été vêtus d’habits neufs en lieu et place des tee-shirts vantant l’anarchie. Ils ont été ensuite contraints de participer à une séance de prière »  apprend-t-on sur Le Monde.fr. Bigre, ça rigole pas. « Nous craignons que leurs actions ne viennent perturber l’application de la charia », a expliqué l’adjoint au maire de Banda Aceh, la commune où eut lieu la rafle. Ça, c’est du No Future, ou je ne m’y connais pas.


     No future également pour les lèvres encarminées qui se posaient naguère, en toute délicatesse, sur le mausolée d’Oscar Wilde, dans le cimetière du Père-Lachaise. De Banda Aceh à Paris, pas de doute, les fous sont lâchés : la tradition voulait que celles et ceux le désirant déposent un baiser sur la robuste pierre du tombeau. Et c’était un spectacle assez jouissif que celui de ces centaines de traces laissées par autant de bouches anonymes, autant d’hommages qu’aurait goûté à coups-sûrs le divin défunt. Un culte non-ostentatoire, tout en sensualité, qui ne troublait en rien le calme de l’endroit, bref, un rituel certes païen, mais qui ne mangeait pas de pain. C’en était trop, cependant, pour le petit-fils de Wilde, un certain Merlin Holland : Merlin le désenchanteur a donc décidé de « protéger » le tombeau par une paroi de verre, haute de deux mètres s’il-vous-plaît. Motif? « Cela abîmait la pierre, et l’enlaidissait. » Pfff. Non seulement, de par ces baisers, cette tombe était devenue une des plus touchante du cimetière, mais encore, petit imbécile, si nos lèvres avaient le pouvoir d’user ainsi la pierre ce serait une excellente nouvelle pour les briseurs de murailles que nous sommes. Malheureusement, ça n’est pas le cas. Tout laisse donc à penser que c’est, une fois de plus, le plaisir qui gêne, et la volupté exprimée, à titre tout à fait gratuit. « Plutôt des fleurs que des baisers », commente le tout petit-fils. Des fleurs pour Wilde… N’importe quoi. Pourquoi pas des rosaires ?



                                                                                                Frédo Ladrisse.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 22:04



images1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Festival de palinodies et autres carabistouilles lors du lancement du Sarkoshow, autrement appelé The last Minimoi Embrouille’s Tour. Devant la Ferrari, sur le plateau de télé Bouyguasse, la pirouette grammaticale avec plantage de langue final le disputait au lapsus baveux. On entendit ceci, de la bouche du petit : « lors de mon prochain septennat, heu… quinquennat… » On entendit aussi «maintenant je vais essayer de dire la vérité. » Il y eut également ce moment d’abandon, durant lequel maître Bescherelle s’étrangla un chouia et ruina la moquette en rendant son latin : « vous savez, M’dame Ferrari, en 5 ans, des choses, hein,  j’en ai appris. » Et j’en ai vutes, oh ça, que oui ! L’honnêteté, cette semaine, commande cependant de décerner le prix de la balourdise d’or à Hollande, François, candidat du parti socialiste français. C’est que Flanby, traversant la manche au volant de son pédalo à pétrole, s’est répandu dans The Gardian, rassurant, du moins le pensait-il, les sujets britanniques et la sacro-sainte City en déclarant tout de go qu’ «en France, il n’y a pas de communistes. » Et d’en remettre une pesante couche dans le registre ne vous inquiétez pas, n’oubliez pas que c’est Mitterrand qui a livré le pays au marché en privatisant à outrance, sous-entendu : je ferai pareil, et même, si possible, je ferai pire. Un jour viendra où les gaillards régnant sur le monde politique comprendront qu’il ne suffit plus de passer les frontières pour tenir, sans vergogne, un discours contraire à celui entonné de par nos contrées, ah mais ho ! Vous avez dit quoi ? Internet ? Réseaux sociaux ? Presse internationale ? C’est qu’on serait plus peinards nulle part ! Eh non, terminé : plus peinards.


Pas de communistes en France, avouez que c’est assez énorme — selon l’Insee, il en reste trois. Mais c’est peu, à mon sens, rapporté à ce qu’a sorti, cette fois en toute discrétion, le candidat Hollande relativement aux Rroms. Selon lui « le problème doit être réglé au plan européen. » Ah tiens, il y aurait donc, pour le Parti Socialiste, quelque chose comme un  «problème Rrom » ? Pire encore, selon Hollande, concernant cette population « l’origine du mal c’est de ne pas avoir fixé une règle européenne pour la garder là où elle doit vivre, en Roumanie. » Je n’invente rien, juré, crachin. C’est Hollande qui parle du « mal » et de son origine, et décide tout seul comme un gland de l’endroit où ils devraient vivre, mieux : où on devrait «la garder», cette population. Doit-on, une nouvelle fois, répéter qu’il serait peut-être, quoi ?, humain ?, logique ? « socialiste » ?, de commencer par, éventuellement, demander leur avis aux principaux intéressés? Est-il utile de signaler à monsieur le candidat que, ce n’est qu’un exemple, ceux d’entres eux venant de Bulgarie n’ont pas vocation à émigrer en Roumanie, tout comme les enfants nés et scolarisés en France, tout comme leurs parents, tout comme tout ceux qui, simplement, préfèrent rester en France ?

Contentons-nous de renvoyer l’ignare à ses chères études, notamment celles des textes produits par le Conseil de l’Europe, définissant la nation Romani comme une nation sans territoire. Ce qui, dans cette affaire, inquiète davantage que l’ignorance crasse d’un Hollande, c’est que, comme à l’accoutumée dès qu’il s’agit des Rroms, ses propos pour le moins ambigus n’ont été que très peu repris dans les medias. En même temps, on ne doit pas s’attendre à ce que d’incultes journalistes démontent, ou débroussaillent à minima un discours qu’ils ont intégré depuis des palanqués, par facilité, fainéantise ; par idéologie. Nous en sommes donc là, du programme socialiste, concernant le « problème Rrom » : il faudrait continuer de fermer les campements, continuer d’expulser leurs habitants, mais c’est plus nous qu’on expulserait, ce serait l’Europe. Et ça, ça changerait tout.


Sinon quoi ? Assommante et rase campagne, pavoisée de grisaille telle une rue du dimanche, en février, à Lure (70200). Là, frôlant les murs : la Boutin. C’est qu’elle a renoncé, et qu’elle n’en est pas fière. Elle s’achèterait bien des bottes fourrées en peau de lesbos, mais c’est dimanche à Lure, même Bata est fermé, c’est dire. Elle est triste, Christine. Son chemin de Compostelle en quête de signatures pour la présidentielle — on s’en ouvrait, si on peut dire, ici même la semaine dernière —, ça a fait pschiiit et bling, et rien. Lisieux pour pleurer ? Bof. Pour l’heure, elle a choisi Lure, pour lurer. Dans le même temps et sans étonnement la Boutin se rallie à Sarko, ce qui, dans l’état où elle se trouve, on en conviendra, ne mange pas de pain.


Puisqu’on en parle, tiens, le pain : est-il hallal ou non en Ile-de-France, ou bien ? La farine est-elle abattue selon le rite musulman ? « J’eusse préféré qu’on la moudasse », commente le Sarko dans ma tête. Je lui ferme sa grande gueule, n’empêche : apprendre comme ça, à chaud, que depuis des années Justin Bridou sert de couverture à l’Internationale Jihadiste, brrr… On en tremble. De froid. Mais qui vient nous enquiquiner avec ces histoires de bidoche, hallal ou pas ? Le Pen, bien sûr ! Elle qui voit des moutons partout et qui se sentirait bien bouc, la voilà qui, sur les conseils de sa copine Bardot, pointe « la souffrance de l’animal tué selon le rite musulman. » Alors que la rosette de Lyon, elle, sincèrement, vous l’avez entendu grogner ? Franchement, comme disait Sarko ce soir même sur le service public — enfoiré de Pujadas !—, « y’a des gens, on se demande à quoi y réfléchissent. » J’eussions préféré qu’il se taisa, mais bon, il sait pas faire... Donc hallal, pas hallal ? La viande c’est dégueulasse, et le sandwich dit grec c’est de la merde, sauce blanche ou pas, c’est simple les djeuns : de la de-mer.


     Laissons donc là le grec, salade tomate oignons et gerbe, allons faire un tour en Grèce même : « vous croyez que seuls les anarchistes participent aux émeutes ? J’ai vu des gens de 70 ans briser la vitrine d’une banque avec leur parapluie. » Ainsi s’exprime Kristina, en direct d’Athènes. Là-bas, on se bouge et ensemble, sans attendre qu’un miracle, hallal ou pas, tombe du ciel par le biais d’un bulletin de vote, siglé Hollande ou pas. Si tout se passe bien, si le Gross Kapital accentue l’offensive, il y a fort à parier que nous nous inspirerons sous peu de l’autogestion à la grecque, telle qu’elle se pratique par exemple dans le quartier d'Exarhia, et depuis quarante ans. 


     Je vous laisse avec Nikolaos, faites de beaux rêves. Nous en faisons tous.


                                                                                              Frédo ladrisse.



                                       

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:32

 

images-copie-37.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Houlala froid nous eûmes, les frères et sœurs, ça eut pincé ma gueule, ça pince encore, et donc ? Si le froid se contentait d’abîmer les enjoliveurs et autres chromes automobiles on en serait bien aise. Seulement voilà, parfois il tue. Aussi apprîmes-nous, pas plus tard que tout à l’heure, et de la bouche empâtée de crème anti-gerçures d’une journaleuse de gras terrain, que « dans l’Aube, c’est une hécatombe chez les flamands roses. » Bigre. Foutre dieu. Y’avait des flamands roses dans l’Aube et on nous avait caché ça ? Les hommes et femmes de la rue tombent, Nora Berra en sait quelque chose qui, secrétaire à la santé, conseille aux sans-abri de ne pas sortir de chez eux en période de grand froid. Ils tombent, mais les flamands roses c’est autres chose, cela gèle sur un seul pied, c’est autrement spectaculaire. On ne nous dit rien des flamands de l’Aube et pareillement, comme par un fait exprès, on ne pipe mot de l’état dans lequel doivent se trouver les autruches de l’élevage de Rambouillet. Vous ignoriez qu’à Rambouillet — ville qui pourtant vit mourir de septicémie François Ier —, à Rambouillet, oui oui, à 50 bornes de Paris, existait un élevage d’autruches ? Elles seraient près de 600, à s’y cailler les plumes. C’est rien que de l’élevage de bidoche, de ces steaks sur pattes dont raffolent les autruchophages crétins peuplant les restos boboïdes du onzième arrondissement de Paris et d’ailleurs. Au passage, et puisqu’on en cause : j’ai eu, de long temps, le projet de cisailler l’enclos de mes volatiles camarades. Ce projet, bien entendu, demeure d’actualité : quelques bonnes volontés armées d’une paire de tenailles suffiraient à ce qu’enfin on puisse admirer le spectacle, hautement réjouissif, de 600 autruches envahissant les rues de Rambouillet, commune des Yvelines, la nuit. Chouette panique en perspective, scènes d’anthologie en sus, mais : revenons à nos moutons, bien qu’ils soient de Panurge. Regardons-les sauter dans l’eau gelée, suivant le troupeau tout groupé, avalant sans broncher inepties et calembredaines, un œil sur le thermomètre l’autre guettant je ne sais quel bulletin météo. Quel temps fait-il, en Syrie ? On préfère l’ignorer, puisqu’il y pleut, à ce qu’il parait, des bombes et du tir de mortier. Pour qui sonne le glagla ? Il serait tombé, là-bas, quelques centaines de morts civils, depuis que fut reçut en grande pompe cette pointure de ministre russe des affaires étranges. Un blanc-seing, ou tout comme, pour un massacre supplémentaire. Qu’en pensent Merckel, Sarko, Obama et la clique ? Si peu de choses, en vérité… Le froid engourdit les méninges, et la moufle à cervelle n’est, chez ces gens, pas pour demain.

     Pourtant, il n’y a qu’à voir Vesoul — et mourir, ajoute Pierre, lancé depuis son strapontin: à Vesoul il y pela dur, moins 20 la semaine dernière, eh bien cela n’empêcha pas Joyandet, maire de la bourgade, de penser, et à haute voix! Recevant je ne sais plus quelle vedette Ump (Juppé ? Fillon ? Morano ? Dave ?), monsieur le maire prononça un discours très… courageux. Aux militants présents il a souhaité « courage, courage, courage, courage et courage ! » Un programme en cinq points, en somme. Aux dernières nouvelles, Joyandet s’apprêterait à remettre les clefs de l’hôtel de ville à un adjoint de ses amis, et à quitter fissa Vesoul. C’est vrai qu’on s’y fait chier, à Vesoul, comme un caillou.

     A Tanger, on s’emmerde moins. Ce qui certainement explique que Renault ait choisi de s’y installer, plutôt qu’en bords de Saône. Belle usine, à Tanger, pimpante, rutilante. Une usine, quoi, mais neuve, un nouveau lieu d’ennui, de brimades et de mort, mais propre. Là, bosseront pas moins de 6500 ouvriers, pour un salaire mensuel de 250 euros. Soit la moitié de ce que gagne l’ouvrier Renault de Roumanie. On peut donc en conclure qu’on se trouve, dans le cas présent, devant une sorte de dé-délocalisation. Les pauvres se tirent la bourre, c’est à qui coutera le moins cher ? Carlos Ghosn, patron de Renault, se frotte les pognes et sans nulle vergogne. Mieux : l’état marocain, dirigé par une main d’acier dans un gant d’airain par Mohammed dit M6, commandeur des croyants et grand dépendeur d’andouilles devant l’éternel, son dieu, exonère Renault de toutes charges durant cinq ans. Et participe à la hauteur de 10 % aux frais de construction de l’usine. Et offre, ou quasi, le terrain. Mieux encore ? Pas de code du travail, surtout : pas de syndicats. Pas la peine, rigole un cadre, « puisqu’ici règne la paix sociale. » A l’ombre des miradors et dans la « paix » du poulailler, le renard va donc, tranquillement, croquer cette volaille.

     Fait pas trop froid, non plus, en Inde. Parait même que, sous peu, il pourrait y faire très chaud : New Delhi vient de se payer rien moins que 126 Rafales, le joli navion made in France dont personne, jusque-là, ne voulait. Allez, on applaudit bien fort le « fabriquer français » et ses engins de mort, même que si Kadhafi il aurait pas fait la fine bouche devant le Rafale, eh bin il en serait peut-être pas là, voilà! Désormais, chaque pays plus ou moins émergent le sait, le choix est assez simple : soit bombarder français, soit être bombardé par la France. Serge Dassault, grand armurier et néanmoins poète, rappelle à juste titre que le Rafale « c’est la France qui n’hésite pas à voler haut dans le ciel. » Tanguy et Laverdure en font sous eux de bonheur. La bourse aussi, d’ailleurs, qui à l’annonce du contrat indien a fait bondir l’action Dassault de 21%. Bagatelle. Et peu importe que le vieux Serge, dont les accointances sarkozyennes ne sont plus à démontrer, ait pronostiqué dans le même temps que « les industriels, qui ont peur des socialistes, quitteront la France, enfin… ceux qui ne sont pas déjà partis ! », peu importe que ce marmiton de la mort plastronne « qui va faire la croissance, hein ? C’est pas les pauvres, alors… », la bourse, comme Sarkozy, comme l’Etat, place sa confiance en Dassault fils, lequel comme on voit « vole haut. »

     Au-delà des nuages, là où l’oxygène se fait rare et où, en conséquence, les cerveaux mal irrigués donnent des signes de yoyotisme, Le vieux Serge pourrait bien croiser le vol de cet autre emplumé, Xavier Bertrand, dit « le condor ». Servie sur un altiplateau, le ministre du travail avance l’idée de rendre publics les noms des fraudeurs aux allocations familiales. « Tout jugement devrait entraîner la parution dans la presse de leur identité et de la nature de la fraude. » Si jamais nous devions tomber plus bas que l’égout par le biais de cette délation collective, et sachant que les arnaqueurs sont pour l’essentiel des patrons — travail au noir oblige —, je tiens à la disposition du gros Bertrand la liste des fraudeurs de mon quartier : la pharmacienne, la boulangère, le marchand d’assurances, et ce connard de tenancier de gourbi qui exploite la femme que j’aime et mon trou du cul de patron bradeur d’appart’ milieu de gamme pour bobos-gogos, qui encore ? L’Etat, tient, rien que ça, en retard de quelques milliards sur ses cotisations, alors, Bertrand, publie, publie ! Elles sont, en ce moment, un peu rares, les occasions de se gondoler.

     Sinon, quoi ? La campagne ? En ville, vil gredin, Sarko paraît-il vire à droite, sécurité, moralité, famille et autres imbécilités. En mordouillant sur l’extrême-droite le nain talonnétté tente, challenge de la dernière chance, d’assurer sa présence au second tour de l’érection. Ce serait un minimum. Sinon ? Rien. Hollande continue de se la raconter, Mélanchon de remplir les salles de futurs électeurs bayroutiens venus voir, « par curiosité », le bretteur de foire, alors que tout le monde sait — à l’exception, peut-être, de ce naïf de Hollande — qu’à l’issue d’un second tour qui verra s’affronter Le Pen et Sarko c’est le petit qui sera réelu. Sinon ? Ah si ! Boutin. Il nous faut parler d’elle, parce qu’elle a le mérite de ne jamais reculer devant le ridicule qui s’avance, s’avance, et qui tout cru va la bouffer. Figurez-vous que la dame, chassant les signatures, suit le chemin de Compostelle. S’arrête chez monsieur le maire, tâte la vache et bois le jus, et déballe enfin ses sottises. « Moi, j’irai jusqu’au bout ! », qu’elle ose. Du chemin, et amen ? Si Compostelle ne suffit pas, comme disait Coluche il lui restera toujours Lisieux pour pleurer.

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

 

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:37



Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le Maître du Château en son show, livrant sa vision du logement, de sa politique idoine : « quand on a une maison, hein, on a des enfants. » N’est-t-elle pas assez réductrice, la présidentielle sentence ? A croire que non, comme le foutriquet s’obstine, qui cite à en choper des crampes de langue l’exemple de la Prusse impériale, à propos de tout et de rien, « r‘gardez, hein, r’gardez, ça marche en Allemagne, et pourquoi que ça marcherait pô chez nous ? » C’est ce qu’on nomme une vision, une philosophie : un programme. Plus tard, le même qui confiait il y a peu vouloir « disparaître » si il n’était pas réélu, « vous n’entendrez plus parler de moi »,… l’homme fortement talonneté qui avouait se voir assez bien « commencer la semaine le mardi et la finir le jeudi », n’en entendait pas moins, avant de disparaître, schlaguer ce peuple ingrat et lui faire définitivement passer le goût des 35 heures. Ce n’est pas nouveau, chez les rentiers, cette passion pour le travail des autres. Subsiste néanmoins un souci, érigé au milieu du gué telle une barricade lourdement ferraillée : en France, comme en Allemagne, le peuple a perdu, de long temps, l’envie de s’échiner : « il y a, sur ce sujet, un problème d’acceptation sociale », susurre entre ses crocs notre dominical chacal. Curieux, comme des phrases ne voulant rien dire peuvent parfois résonner comme autant de menaces.


      BourdieuPremière pause, au milieu du foin : cette parole d’auditrice, lors d’une émission consacrée à Pierre Bourdieu : « on dit souvent qu’il parle pour ceux qui n’ont pas de voix, pour les dominés, mais c’est faux. Bourdieu parle pour ceux qui n’ont pas d’oreilles, il parle aux dominants, il leur dit : on sait ce que vous faites, on vous voit. »


      Effectivement, on les voit. Et nous ne perdons pas une miette de leurs agissements prédateurs, de leurs doigts jamais repus raclant le fond de nos poches dans l’espoir d’y gratter l’éventuelle ultime piécette de 10 centimes d’euro. Ainsi, nous regardons EDF, leur création, leur monstre, accumuler les gains et cependant promettre une hausse de 30 %, rien de moins !, de ses tarifs, d’ici à 2016. Les raisons avancées? La hausse du coût du nucléaire, faute à l’Autorité de Sureté qui eut l’audace, la chienne, de demander quelques travaux aux alentours des centrales. Quoi d’autre ? « La perte du triple A d’EDF », explique, sans rire, la direction. Une perte qui obligerait cet ancien service public, devenu entreprise privée, à emprunter à des taux plus importants, « ce qui ne manquera pas d’impacter le consommateur. » Comme en termes choisis, n’est-ce pas, ces saloperies sont dites. Dans le même temps, on apprend que 800 milliards d’euros émanant de contribuables français se planqueraient, insidieusement, dans quelques paradis fiscaux. Un chiffre à rapprocher de celui de la dette publique, 150 milliards. De l’argent il y en a, on vous dit ! Mieux : on sait où le trouver. Ne reste plus qu’à aller le chercher, qu’est-ce qu’on attend, qu’est-ce qui nous manque ? Rien, si ce n’est le courage.


     AFP_080403annie-ernaux_n.jpgSeconde pause hors purin, puisque nous parlons de courage : le souvenir d’Annie Ernaux qui, questionnée en 2002 par Télérama sur le mode « pour vous, être de gauche, qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui ? », eut cette réponse, claire et tranchante comme la lame de sa pensée : « être de gauche, aujourd’hui, c’est surtout, SURTOUT, ne pas voter PS. » Dix ans plus tard, parions que sa réponse serait inchangée.


      Dix ans après son père c’est au tour de Marine Le Pen de frayer avec le second tour. Qu’elle fraye ne saurait nous effrayer, c’est aux poings, c’est au sang et au corps-à-corps dans la rue que s’il le faut nous la combattrons. Qu’on se contente, pour l’heure, de relever l’étrange silence qui suivit ses déclarations concernant le planning familial, « centre d’incitation à l’avortement » selon elle, et sa proposition de dérembourser l’iVG, puisque « l’avortement est quelque chose que l’on peut éviter, après tout. » Après, quoi ? Rien. Nada. Nulle réaction digne de ce nom du côté des partis dits de gouvernement, trop occupés à s’empailler sur le taux d’intérêt majoré des surcotes CAC40tées ou pas, et autres survoltants sujets de la plus essentielle importance. Fi ! Le Pen peut aller jusqu’à promettre, si elle était élue, d’abroger la loi Veil, pas un de ces amphitryons n’a cru bon de réagir. Vous dites ? Société de mâles abêtis? C’est encore trop gentil, les filles.


      images-copie-48.jpgTroisième pause, et respiration : on demandait l’autre fois à Josiane Balasko si, dans l’actualité récente, quelque chose l’avait fait rire. « Oui, Jeanne d’Arc », a-t-elle répondu. Et d’expliquer le comique qu’il y avait pour elle à voir les uns, les autres, se précipiter au chevet de la pucelle d’Orléans, pucelle dont ils n’avaient, foncièrement et très logiquement, rien à tamponner il y a cinq années en arrière. Désormais ça se bouscule au portillon de ses chausses, tous semblent prêts à les baiser malgré la putrescence fascistoïde qu’exhalent les chaussettes de la donzelle. Seulement voilà « Jeanne d’Arc appartient à tous les Français », a balancé, sans se marrer, Harlem Désir, du PS. De gauche comme de droite, le nationalisme est à tous !


      Droit à l’avortement, crimes policiers, même combat, dans la mesure où ni l’un l’autre ne semblent devoir constituer des sujets de campagne. Pourtant à Grasse, à Clermont-Ferrand et ailleurs, les flics continuent de tuer, en toute impunité. Ainsi le jeune Hakim eut la malchance de mourir d’une, je cite, « asphyxie mécanique consécutive à une compression thoracique. » Qu’en termes choisis, etc… Autrement dit le flic est « simplement » resté assis sur lui, de longues minutes et en public, alors qu’Hakim était à terre, menotté par l’arrière. Peine de mort appliquée, en somme, par anticipation. Dans une agence bancaire, Où Hakim s’était rendu pour quémander 20 euros. On lui a refusé le retrait, il a pété un plomb. Aussi est-ce bien naturellement que le procureur a requis, à l’égard des sept (sept !) policiers impliqués, des peines de sursis. Un coup de règle en bois sur les doigts, avant qu’ils ne récupèrent leurs armes, et retournent à leurs sales besognes. Y-a-t-il meilleur encouragement aux tirs sans sommation ? Il y en a un autre : cinq ans que les cowboys de banlieue, que les baqueux de tous poils se savent autorisés au pire. Mais voilà que ça branle dans le manche du Sarkozystan-pour-mille-ans. Si Hollande passe, finie, la chasse aux sans pap’ et aux Roms, se disent les Sarkoboys sanglés en leur bel uniforme (lequel, faut-il leur dire ? les effémine un tantinet). Du coup les fous se lâchent, et voient des Vanzetti partout. Il paraît donc urgent de leur rappeler que si le PS, par extraordinaire, revenait aux affaires, non seulement il ne condamnerait pas mais, mieux encore, encouragerait les méthodes de ces malades du flingage.


    images-copie-50.jpg Dernière pause, ceci : « si on vous lit, les journalistes seraient tous des crétins et des branleurs », lance, ulcérée, la dame dans la radio. « Oui, je souscris tout à fait », répond Michel Onfray. Il se trouve que la dame dans la radio est, bien entendue, journaliste, alors la voilà qui s’étrangle : « mais c’est pas un peu fasciste, ça ? » Onfray garde son calme : « c’est une bande de crétins. » La preuve par l’exemple, en somme. Quels branleurs, ces journalistes.


                                                                                          Fredo Ladrisse.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 22:35

 


bonobos.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? A Domrémy cette semaine, vinrent ahaner les Preux du Sarkozistan-pour-mille-ans, plaçant guêtres et escarpins en les pas de la Sainte Pucelle — bonheur de voir la Morano en l’occase entonner, goulue, « en passant par la Lorraine, oh ohoho », avec ses gros sabots et opinant du chef telle une truie avinée. Morano : nous y reviendrons. Restons un temps sur la pucelle et, à l’instar d’un Sarkozy venu en ce patelin moins pour entendre des voix que pour en pêcher quelques unes, chantons les louanges de la Jeanne : « la première résistante française » serait aussi, selon lui, « la plus connue de par le monde de toutes les Françaises. » Un bref sondage auprès de mon voisin malien suffit à établir qu’il semble que ce soit plutôt Josiane Balasko : faux !, rétorque mon voisin russe, c’est Cécile de France — laquelle comme chacun sait, est Belge. Bref, on y serait encore si, à quelques heures de distance, n’avait tonné dans le ciel clément de ce mois de janvier bizarre l’annonce selon laquelle Marine Le Pen approcherait, dans un sondage, les 30% d’intention de vote. Fichtre. C’était dans Libé. Ventre Saint-Gris, adieu pucelle, et Hallali-lalère, sus au FN ! Seulement voilà, tourneguidouille : à le renifler de plus près ce sondage-ci sentait fort le coquin, à comme ça accumuler les « oui, je voterai Le Pen », avec les « oui, probablement », et avec les, surtout, « non, probablement non », interprétés arnaqueusement comme autant de oui possibles, certes on obtenait au final les 30% qui font peur et qui font les gros titres, mais le procédé se révélait largement capillotracté. Enorme est ce tour de passe-passe, et c’est peu dire que Libé ferait bien de se remettre à faire un peu de journalisme, plutôt que d’agiter ses épouvantails de papiers censés pousser le troupeau vers le vote dit utile. D’autant qu’il n’y a jamais de vote que futile. Oyé.


     Cependant, catacataclop, toute autruche qu’on soit en ce soyeux plumage, on cavale derrière ces tordus et pas un jour n’expire sans que ne nous soit livré son lot de billevesées. Jeudi, c’est Morano, en visite dans son bled de mort: « regardez, dans cette pizzeria on fait des pizzas DSK, des pizzas spécifiques, à base, hihi, de béchamel. » On comprend que la Nadine, quand elle se fait épingler par Sophia Aram, se permette de lui rétorquer « vous vous dites humoriste, eh bien, vous ne faites rire personne ! » C’est qu’en matière d’humour, la Morano est une puissance ! Le crime commit par Aram ? S’être permis de dire que la Nadine était vulgaire. Or, « populaire ne veut pas dire vulgaire, madame. » Elle n’est pas que vulgaire, celle que d’aucuns se plaisent à surnommer l’aigre Nadine —comme la boisson, hihi : en matière de QI, elle est également très en dessous d’un sèche-cheveux au repos. Un exemple, de plus ? Sur twitter, ceci : « je tape plus vite que mes doigts, mais je corrige aussi vite que ma pensée. » Et inversement, ça donne quoi?


     Plus tard, c’est encore Morano qu’on trouva à la charge, quand il se murmura de-ci de-là que Hollande — c’est le candidat socialiste à l’élection présidentielle — avait traité Sarko de sale mec. C’était pas terrible, pas mordant, même pas insultant, contrairement à un certain « casse-toi pov’con », pas tombé dans les oubliettes. Pourtant, de ce « sale mec », la Nadine s’en étrangla, pour la forme et en live sur les chaînes de téloche, manque de respect envers son seigneur et maître et tout le binz, et il fallut attendre qu’elle pousse le ridicule jusqu’à exiger des excuses de la part de Hollande — c’est le candidat socialiste — pour que les cadors de l’Ump viennent eux-mêmes la calmer, lui faire son shoot de naphtaline.


     Mais c’est terrible, la politique : à peine Morano s’était-elle endormi sur ses deux narines qu’une autre de ces harpies, assoiffées d’urne et de bulletins de vote, s’éveillait, et donnait du groin. Boutin ! Christine ! Nul pieu sacré ni gousse (d’ail) ne put jamais venir à bout de la fromagère des Carpates ! Elle est là, debout, bien en chair, elle suce (votre sang) pour pas cher ! Surtout, elle est, comme naguère, impayable, incorrigiblement rétrograde et nuisible. Lors d’un débat sur la famille, cette engeance lâcha: « comme responsable politique, je sais que l’intérêt supérieur de l’Etat est d’assurer la pérennité de cet Etat. » Hum hum, et donc ? Et donc, « cette pérennité se fait par la naissance des enfants, or aucun accouplement entre homosexuels ne donnera naissance à un enfant. » Ici, une pause. Le temps de noter que pour Boutin les homosexuels s’accouplent, comme les animaux, en somme. Seuls les hétéros seraient susceptibles de faire l’amour ? C’est entendu, mon bon Gringoire. Une pause également afin de bien renifler cette bouse, qui lui sert d’argument contre le mariage homo. Car, pour Boutin qui nous revient d’un voyage à travers le temps, mariage égal enfant. Homo égal pas d’enfant, donc homo égal pas mariage. CQFD, ma bonne, retournez z’en cuisine. Une pause, enfin, pour ceci : aux copains/copines nanars qui se demandent comment en finir avec l’Etat, Boutin livre sa solution : n’engendrez plus, les filles, les gars ! De cette façon l’Etat, et du même coup Boutin, devraient finir par disparaître.


     Cessons-là, cependant, toute pornographie. Il y a en effet plus grave en cette vallée de larmes et Sodome, il y a la Culture, oui madame. Car la culture, c’est le diable invité à table ! Aussi est-ce non sans courage que Christine Boutin, dite « la pucelle de Grey-lès-Vesoul », Christine, de son vrai nom Wiki Christine Marcelle Valérie Cécile Marie Boutin, née Martin comme Arthur et les cuisines du même topo, que Christine, donc, enfourcha Rocco, son fidèle destrier, et s’en alla pourfendre la sorcière socialiste qui lui faisait face lors du débat : « vous, vous êtes pour une construction culturelle du mariage et de la famille, moi je souhaite le respect de la nature. » Et toc. Calmée, la gauchiste ! Qu’il nous soit néanmoins permis de rappeler à Christine Marcelle Valérie et à toutes leurs frangines que l’opposition nature/culture n’est plus qu’une resucée de catéchisme mal dégluti, qu’elle ne tient pas la route une nanoseconde, et qu’il leur suffira, pour s’en convaincre tout à fait, de parcourir l’excellent livre paru en 2009 et titré « la sexualité animale », édition du Pommier. On y apprend que, « de la couleuvre jarretière à flancs rouges jusqu’aux oies cendrées », ça copule, ça copule, ça partouze dans nos forêts, en nos gazons, partout ! Tandis que les dauphins chopent des tortues dont ils se servent comme autant de « dauphines gonflables », les girafes s’accouplent entre mâles et le scarabée japonais, incapable de faire la différence entre mâles et femelles, monte les unes et les autres, selon ce qui se présente. Si on observe de près un agrégat de charançons, on verra que « les mâles montent les femelles, que les femelles montent les mâles, que les mâles se montent entre eux et que femelles ou mâles montent les couples déjà formés ». Et pendant que nos amis les gorilles des montagnes s’enculent à qui mieux-mieux, libellules et blattes pratiquent une sexualité collective débridée à faire pâlir le plus aguerri des clients du Carlton de Lille. « Respect de la nature », nous dit Christine, née Martin. Ok, mais vire ton slip, je vois arriver les gorilles.


                                                                                                 Frédo Ladrisse.
                                                 
                                                

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:04

 

dc1bf076-226e-11e1-b39d-c20252a9304b-copie-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Furent-ils gâtés les gosses, les marmots et les chiards lors du passage du vieux barbu polymorphe pédovore? Ont-ils dégoulinés au pied du sempiternel sapin, ces jouets stupides, hideux, mauvais, fausses kalachnikov pour futurs braquo, gazinières plus vraie que nature pour femmes/foyer à venir ? Bien entendu, faut faire plaisir. On a raclé les poches pour les beaux yeux des mioches, avant que de lâcher l’ultime bifetaille pour le 31, ses huîtres, son crémant, moroses comme un électeur. Depuis nous voilà secs, laminés, repassés, sans un sou. C’est qu’on sait pas gérer le pognon qu’on a pas, voilà le souci, monsieur le banquier. Mais que les écureuils et autres succursales que d’aucuns pensent « populaires » soient rassurés d’emblée : nos enfants ne nous ressembleront pas, qui sauront, eux, jongler entre PEL, PEP, placements divers, assurances vie, s’égaieront au matin au son de la liturgie délivrée par les places boursières, éprouveront joie, plaisir et grâce à l’annonce d’un Nasdaq bondissant de 0,2% : les banques, encore elles, s’y emploient, au premier rang desquelles la Société dite Générale, avec son castor débile agitant sa queue sur ceci :www.abcbanque.fr, faites un tour sur cette engeance, vous comprendrez de quoi je cause et, à n’en pas douter, choperez la rage pour l’année. « Comprendre l’argent en s’amusant : la banque à partir de 6 ans », dit le bandeau du site. Pfff… Six ans, c’est bien trop âgé, c’est aux fœtus qu’il conviendrait d’apprendre les vertus d’un placement approprié! Ainsi verrions-nous, en l’espace d’une génération, s’épandre le modèle dominant du capitalisme de papy, en même temps que s’éteindraient les ultimes velléités de le voir un jour brouter le parquet. Lapinisation des esprits : les dents changent, et s’aiguisent.     

     Cependant, vous savez comment sont les gosses : on aura beau leur inculquer, dès leurs plus jeunes années, les valeurs de l’économie de marché, certains s’entêteront dans leur volonté de devenir et de rester pauvres. L’exemple, détestable, que n’auront pas manqué de leur donner leurs géniteurs les inclineront aux carrières sombres, sales et imbéciles, garagistes, caissières, fabricants de chevaux de bois, gendarmes mobiles ou non, pire encore : D.R.H. Caissière, dites-vous ? Parlons-en. Dans un de ces ciné-nanards dont seule la fin d’année semble avoir le secret, « les tribulations d’une caissière » pour ne pas le nommer, on apprend que, non content d’avoir enfin retrouvé la septième compagnie, de s’être lancé aux trousses du père Noël, cette ordure, cette catégorie de la population appelée habituellement « caissières » se régale au boulot de cocasseries exemplaires, dont l’autruche ne dira rien pour ne pas déflorer ce  sommet du septième art. Caissière elle-même, la pouffe à l’origine du bouquin dont fut tiré le film — « pouffe », c’est exagéré selon vous ? C’est que, tout comme moi, vous n’avez pas vu le film —, cette pétasse, donc, avouait l’autre jour sur les ondes « espérer qu’avec ce film les gens comprendraient qu’on est pas que des machines. » Non, pas que. Lapinisation des esprits.

     Mais dans cette vie comme elle va —mal—, il n’y a pas que des lapins. Il y a des chasseurs, aussi. Des furieux, des malades, à l’instar du brigadier-chef Christophe, baqueux de Seine Saint-Denis, se répandant dans un Fig’ Mag’ titrant finement en Une « dans l’enfer du 9.3 ». Parce qu’ici, là où je vis, là où vivent plus d’un million et demi de personnes, il faut le savoir : c’est « l’enfer ». « La Seine saint-Denis, c’est de la bombe », commence notre graveleux brigadier. Plus loin, il livre une vision monochrome d’un département qui serait comme « le vaste terrain de nos opérations. » Réserviste de l’armée de terre (« dans les forces spéciales », précise le gars, qui se la pète), Chri-Chri a le cerveau d’un serin, la pogne d’un gorille des montagnes, l’intelligence d’une noix de cajou. Kaboul ou Bobigny, pour lui, même latitude, même combat. Et celui qui se décrit avec fierté comme « un vrai BAC-Man » (haha), précise que « prendre son service, c’est à chaque fois partir en guerre. C’est une guérilla urbaine. On fait la guerre à un ennemi invisible.» Personne, évidemment, n’est là pour calmer not’guerrier, et lui dire, au cui-cui, que si l’ennemi est invisible c’est peut-être qu’il n’y en a pas. Où sont les chars, trouduc, où est le Front, l’armée d’en face ? Où sont tes batailles, pauvre mec ? C’est aux pauvres que tu mènes une guerre, piétaille milicienne, et sans même avoir saisi qu’une guerre sans ennemi est, à l’avance, perdue. « Ma formation au sein de l’armée me sert énormément sur le terrain des banlieues : savoir progresser en milieu hostile, sécuriser un périmètre, ne jamais laisser un des nôtres seul,… » Voilà le genre de personnages qu’on envoie « patrouiller » et guerroyer dans les quartiers, pour ensuite s’étonner que certaines situations finissent par dégénérer. Notez, il y aurait plus simple : pourquoi ne pas bombarder directement la Seine Saint-Denis ? Lapinisation des esprits.

     On pourrait demander conseil aux militaires égyptiens : l’armée, là-bas, est au pouvoir depuis de longs mois, et le peuple qui vise à s’en débarrasser ne reçoit cette fois le soutien d’aucun BHL de foire d’empoigne, puisqu’une dictature militaire succédant au long règne d’Hamid Bourguiba parait convenir parfaitement aux démocraties d’occident. Au Caire, place Tarir, on continue donc de mourir. Et quand un général égyptien qualifie les manifestants d’ « enfants des rues qui mériteraient d’être jetés dans les fours crématoires d’Hitler », pas une des grandes gueules ayant appelé au pilonnage des villes de Lybie ne semble, cette fois, s’émouvoir. Lapinisation des esprits ?

     Pour finir, rions un peu avec le césium 137: tandis qu’autour de Fukushima se multiplient thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, asthmes, conjonctivites et pneumonies (notamment chez les jeunes enfants),tandis que la contamination s’étend, selon les autorités, sur une zone grande comme la Bretagne ; tandis que des centaines de milliers de personnes demeurent bloqués là-bas faute de moyens financiers leur permettant d’évacuer, la société Tepco vient de préciser que « les matériaux radioactifs qui ont été disséminés par le réacteur n°1 et sont retombés au sol appartiennent aux propriétaires des terres, et non plus à Tepco. » Humour noir ? Même pas. Bonne année.

                                                                                            Frédo Ladrisse.                                         

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:05

 

 

images-copie-49Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’est reparti pour un tour de train-train, Noël et jour de l’an en guise d’arrêts forcés, Tchou-Tchou des fêtes mille-et-une fois recommencé et que rien, ou si peu de choses, n’osent venir perturber. Ainsi, les grèves cheminotes annoncées à l’orée de la période sacrée, n’auront finalement pas lieu. Celles et ceux qui comptaient sur le syndicat, les arrêts de travail, pour servir de prétexte et éviter le calvaire du réveillon chez tonton Serge, en seront pour leurs frais. A l’occase, on apprend comme ça comme en douce que la Cgt et la direction de notre glorieuse Sncf ont passé un « pacte antigrève », pour ne pas gêner l’entreprise au moment de l’ouverture à la concurrence. C’est beau, un syndicat qui veut pas gêner son patron.

     Pécresse, elle, ce sont les marchés financiers qu’elle craint d’indisposer. Suite à la signature de l’accord de Bruxelles, la ministre eut cette envolée : «ce que nous voulons avant tout, c’est rassurer les investisseurs, c’est leur dire que plus jamais nous ne ferons appel à des fonds privés, dans le cas où un pays serait en difficulté. » Les banques, principales responsables de la crise mais qui ont fort mal digéré l’emprunt grec et son remboursement partiel, peuvent donc désormais dormir sur leurs oreilles, bien bouchonnées : avant tout, plus jamais on ne viendra les importuner.

     Curieusement Pécresse ne s’est pas exprimée relativement à la nouvelle loi visant à interdire la prostitution. Porte-parole du gouvernement, elle doit pourtant s’y connaître en matière de putasserie. Mais rien, pas un mot, pas une virgule, la Pécresse laisse le sujet aux professionnels de la chose. Maintenant que, dans un grand élan moralo-hypocrite, ces foutreux sont enfin parvenus à criminaliser, à outrance, la fille des boulevards, ils entendent désormais punir le client, non sans avoir, au préalable, « mené un travail de sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution ». Et le rapport de préciser que cela se ferait « sur le modèle des stages de sensibilisation à la sécurité routière. » Sanctionné par un examen, type permis de forniquer ? Reste à recruter quelques girondes et expertes examinatrices.

     On croit rêver, mais non, chaque jour qui passe voient ces ignobles s’enfoncer un peu plus dans le ridicule, le foutraque et l’ignominieux. A l’image de ce député Ump dont on a eu vite fait d’oublier jusqu’au nom, de ce grand malade qui entend proposer une loi —encore une— imposant le vouvoiement à l’école, et ceci dès la maternelle. Vous avez bien lu : imposer. « Pourquoi pas », commente Chatel, ministre de l’éducation : « après tout, le vouvoiement est une des richesses de la langue française, je ne vois pas ce qui pose problème à l’apprendre dès le plus jeune âge. » Une richesse, c’est évident. Au même titre que la révérence, la baguette ou le bonnet d’âne. Vouvoyez-vous les uns les autres, bambins de ce siècle imbécile. Et avant de remettre vos sabots, vous balaierez la classe, et nettoierez les encriers.

     Quand ils ne sont pas occupés à pondre d’ineptes projets de loi puant la suie et la cire froide, certains « responsables » Ump  se montrent, comment dire… Un peu plus radicaux. Tel Maxime Buizard, chef des jeunes Pop du Loiret —ce qui vous campe un homme. Le jour où les militants de Greenpeace ont envahi quelques centrales afin de démontrer l’inefficacité des flics censés en interdire l’accès, le Maxime a twitté ceci : « la gendarmerie aurait dû abattre les terroristes de Greenpeace, ils ne méritent pas de traitement particulier. » Sic. Certes, l’honnêteté oblige à signaler que le gars fut viré illico de l’Ump, quasiment le jour-même. Mais on frémit tout de même à l’idée que ce fou furieux aurait pu un jour devenir, heu… ministre de l’intérieur. Au sujet de l’opération menée, donc, par Greenpeace, en une version plus nuancée Sarko crut bon de déclarer que « c’est assez irresponsable de prendre des risques avec sa vie, et avec celle des autres. » Bin voyons. On croirait entendre Poutine déconseiller aux jeunes d’aller manifester, parce que c’est dangereux. Par ailleurs, prendre des risques irresponsables avec la vie des autres, ce n’est pas la définition même du nucléaire ?

     A la surface de ce cloaque, où règnent purulences et autres affections, surnagent tout de même, parfois, quelques bonnes nouvelles. Les deux copains qui avaient chanté « l’hécatombe » de Brassens lors d’un rassemblement, en juin, devant la préfecture de police de Paris, ces deux là, arrêtés, inculpés de violences contre les forces de l’ordre, viennent d’être relaxés, suite à une comparution où l’hilarité du public le disputait, paraît-il, à la gêne teintée de honte des magistrats siégeant ce jour-là. S’il existe des petits plaisirs, Il n’y a pas de petites victoires.

     Pour finir, cette « cocasserie » : Newt Ginginch, éventuel futur candidat républicain qui devrait affronter, l’année prochaine, B. Obama, était invité il y a peu sur une chaîne télé, media de la communauté juive. « Je pense que les Palestiniens sont une invention », lâcha-t-il. De même que la terre est plate et que, juste derrière Wall Street commence l’Abysse ouvrant sur les Enfers éternels. Une fois de plus, c’est prouvé : l’Amérique est un grand pays, peuplé d’intellectuels.

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse             

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