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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 19:03

Marcha NegraTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Un régiment de marsouins défilait, hier matin, en tête des troupes s’il-vous-plaît ! Flipper le dauphin, en opération extérieure, n’était pas disponible. Il était cependant naturel d’honorer l’infanterie de marine, puisqu’on nous informe qu’elle prend une part active au toujours « rouge renforcé » plan vichypirate. Et que ça se ballade sur les boulevards, Famas en bandoulière, à mater la chalande… Bande de planqués !

     Mais badinerie que tout ceci, et ce n’est pas de débuter léger qui nous fera faire l’économie d’un passage par le lourd, le pesant de la semaine, je veux bien entendu parler de la fermeture d’Aulnay. Des 8000 emplois, au bas mot, promis à extinction ; des fourberies de Psa qui gardait bien au chaud dans sa culotte ce plan préparé de longue date, on aura finalement guère plus entendu parlé que de « coût du travail », balance du commerce extérieur et autre manque de compétitivité gnagnagna. « Inacceptable » pour Montebourg-moi-le-mou, « inacceptable en l’état » pour Hollande (notez la nuance, la reculade), il ferait beau voir que ce plan, qui n’a de social que le nom, outre qu’il promette à la casse et sans prime 8000 « ouvriers-qui-coûtent-cher », serve de prétexte à de nouveaux cadeaux concédés aux patrons sous forme de baisse, ou d’exonération de charges liées à l’emploi. Faut-il le répéter ? Il faut : non le travail n’est pas un coût, il ne coûte pas, mais rapporte. Et nous savons à qui. A Varin par exemple, actuel président de Psa, Varin-ce-doigts qui pleure : « personne ne sera laissé au bord de la route. » Mais poussé dans le fossé ? Et ce purin, bien entendu, c’est la faute à la crise, laquelle en vérité se présente comme une excellente séquence pour les maîtres du monde, bien décidés à profiter de l’occasion pour faire avaler leurs réformes et autres « restructurations », qu’elles soient d’ordre économique, politique, social ou même moral.

     Le ministre Ayrault-malgré-lui, se sait, sur le dossier d’Aulnay, attendu au tournant. Ça tombe mal car, de ce tournant, il a dit lors de son discours de politique générale qu’il n’en voulait pas. « On nous prédit bientôt un tournant vers la rigueur. Eh bien moi je dis non, non et non au tournant ! » La route est droite, la pente est raide, et le touriste est fatigué ? Au reste, Ayrault-tative n’a pas tort : il n’y aura pas de tournant, la rigueur, on va droit dedans.

     Aussi, dans le cas d’Aulnay et dans d’autres (puisqu’on nous promet une pluie de « plans sociaux » pour la rentrée), nous serions bien inspirés de prendre exemple sur les camarades espagnols, notamment les mineurs, en grève depuis fin mai et qui, de marches en marches, de blocages en blocages (routes, voies ferrées, usines,…), d’affrontements avec les flics en indéfectibles soutiens de la population, appellent ni plus ni moins au soulèvement des travailleurs face aux profiteurs de tout poil et aux politiques, leurs obligés. Adeptes des méthodes radicales et n’ayant rien à perdre, les mineurs espagnols sont en train de secouer, pour mieux le réveiller, le peuple sonné tel un boxeur par les multiples plans de rigueur dont la danse est organisée par le gouvernement, à une insoutenable cadence. Les mineurs réussiront-ils ? Ce serait un bel exemple, et gageons que, de par chez nous, Cgt, Cfdt et autres belles centrales endormies ne le souhaitent pas vraiment. A vrai dire : pas du tout. C’est qu’il ne faudrait pas, voyez-vous, donner trop de grandes idées aux gars de Psa, par extension à tous les autres. De par chez nous les syndicats ont pour feuille de route de tenir les troupes. Ils s’y sont engagés, en échange d’une chouette réunion au titre ronflant de « conférence sociale »  — y’avait même du jus de pruneau.

     C’est que la France n’est pas l’Espagne, ça non monsieur ! En France, on a François Hollande, qu’on a élu le doigt sur la couture du futal, et qui va nous sauver du marasme, oui monsieur : c’est dans son programme.

     En France, on a aussi Audrey Pulvar, Montebourg-la-reine pour les intimes, journaliste de faction qui, en tant que représentante d’une minorité bien visible (les bourgeois de centre-gauche nichant généralement rive droite), vient de se dégoter un poste à la rédaction des Inrock’. L’hebdomadaire prouve ainsi, si besoin en était, qu’il a définitivement basculé dans le camp du grand portenawak, et du filoutage culturel. Quittant le service public, à qui elle doit tout, Pulvar rejoint donc la joyeuse troupe boboïde des inutiles. Au moins, chez ces gens-là, et comme le scande une pub pour forfait mobile spécial djeuns, pourra-t-elle « s’éclater à rendre le monde plus cool ».

     Un petit stage chez les mineurs des Asturies, Audrey ?


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 21:13

images-copie-28.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après avoir fêté comme il se doit la défaite des Morano,  Lefèvbre, Guéant, Royal et autres Lang (sans bien sûr oublier Le Pen), après avoir soufflé grandement de soulagement lorsque le rideau est tombé sur la dernière séance de ce cinoche électoral, il a bien fallu constater que, branlée ou pas, rien ne semble devoir dissuader le personnel politique en matière d’enfilage de perles. Ainsi, Ségolène, battue (un épiphénomène qui nous fut présenté comme un psychodrame mondial), s’empressa de nous informer qu’elle n’était « pas totalement assassinée. » En sa qualité de présidente d’une région à thunes, on s’en serait un peu douté. Morano, elle, mettait sa déculottée sur le compte de l’humoriste Dahan, l’ayant piégé comme une gamine en se faisant passer pour le numéro 2 du Front. Un soi-disant numéro 2 auquel Morano future avoua au téléphone « ne pas avoir envie de voir la France devenir le Liban », et trouver que « Marine Le Pen a beaucoup de talent. » Tout est dit, pensez-vous ? Nenni. C’est que la quincaillère de Nancy veille à surprendre son public. Aussi, il y a quelques jours, en rajouta-t-elle une couche, cette fois à la radio : « on me traite de raciste, alors que j’ai des amis Arabes, que ma meilleure amie est Tchadienne, c’est-à-dire encore plus noire que les Arabes ! » Et même qu’en 43 j’avais des voisins juifs, alors !

     En avait-il, Thierry Roland ? Son hagiographe ne le dit pas mais nous sommes en revanche certains qu’avec sa mort le racisme, le machisme et le chauvinisme perdent leur meilleur supporter —et le Front National, une voix. Florilège, tout en légèreté ? « Il n’y a vraiment rien qui ressemble plus à un Coréen qu’un autre Coréen, d’autant qu’ils mesurent tous 1m70. » Finesse aussi, ceci : « un Bulgare sera toujours plus con qu’un Israélien », ou encore : « on sait bien que tous les Roumains sont des voleurs de poules », thème qui, comme on le verra plus bas, se retrouva cette année dans les sujets du bac techno. Bon, Thierry Roland est canné, ne tirons pas sur le corbillard, visons plutôt l’ambulance bleue : tout à été à peu près dit de ces petits cons millionnaires faisant semblant de pousser le ballon, un œil sur leurs texto. Analphabètes, méchants, suffisants, vaniteux ? Evidemment. Mais aussi : égotistes, personnels, incapables de jouer collectif. Dès lors il n’est pas étonnant de voir l’Espagne les sécher sans forcer plus que ça son talent, tant le groupe et la passe constitue la quintessence même d’un football solidaire, dont le Barça est, à l’heure actuelle, le meilleur des représentants. Je vous fatigue de foot ? Ok, je lâche. Qu’il me soit cependant permis de vous conseiller fortement la lecture de « éloge de la passe », ouvrage collectif initié par le camarade Wally Rosell (1). A la lecture de cet opus, petite philosophie poussant loin le ballon rond, vous verrez vos à priori antifoot fondre progressivement, et se dessiner l’hypothèse d’un jeu de ballon libertaire, tout à fait réjouissante.

     Tandis qu’en Ukraine, pseudo démocratie à l’humeur fascisante, les Teutons s’apprêtent à gagner, à coup de torse bombé, la finale, le racisme Morano-Thierryrolandesque s’insinue de par chez nous jusque dans les épreuves du bac. Sujet : « présentez les formalités à accomplir par le maroquinier qui souhaite protéger sa marque contre des contrefacteurs opérant en Roumanie. » Le maroquinier en question ne souhaiterait donc pas se protéger contre des contrefaçons produites en Italie, en Chine, au Swaziland ? Certes oui, mais voilà, c’est une chose entendue : le contrefacteur est Roumain, comme le voleur de poules.

     Pour finir, un simple chiffre, tombé cette semaine dans l’indifférence générale, tant la déroute des Bleus et l’humeur de Ségolène Royal monopolisaient les antennes. 264. C’est le nombre de personnes mortes dans les rues de France, depuis janvier. 264. Soit l’équivalent d’un petit village, tous les six mois, lequel n’eut pas l’heur de connaître le bonheur de la passe.

                                                                                                Frédo Ladrisse.

(1) « Eloge de la passe », ouvrage collectif coordonné par Wally Rosell, éditions libertaires, 2012.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 20:57

 

 

Tirant têtetu.jpge hors du trou, qu’entends-je ? La « revanche du p’tit chauve », comme disait non sans joliesse ce suceur de Bic de Franz-Olivier Giesbert en parlant de l’élection de Hollande, cette revanche, nulle doute qu’elle est cette fois sur les rails. Reste à savoir de qui le petit chauve se venge : il pourrait s’agir d’Aubry, du Parti Socialiste, de certains de ses « camarades ». Il ne pourrait, par contre, s’agir de la bourse ou du patronat lesquels, rassurés par le mol retour  de la social-démocratie, ressortent de sous le tapis les plans sociaux planqués un temps dans l’espoir d’une réélection de leur champion toute catégorie, j’ai nommé Sarko-le-Marocain. Ça a foiré, pas grave, on retourne au turbin, on dégraisse : à Air France, les «  départs naturels (sic) et volontaires » se solderont par la suppression de rien moins que 5000 postes : en concurrence directe avec ArcelorMittal, qui vient de prolonger de six mois l’arrêt des hauts fourneaux de Florange. Depuis le temps que les copains se battent là-bas et répètent que jamais on les rallumera… Quoi encore ? Ah, Technicolor, fabriquant de matériel vidéo, en redressement judiciaire, Pétroplus, raffinerie ayant vu passer tout ce que le pays comptait de candidats aux présidentielles, à l’époque des folles promesses : elle est à l’arrêt aujourd’hui, et Arnaud Montebourg, ministre du redressement-de-ce-qui-s’affaisse avoue que le plan de sauvetage par ses soins agencé a « vingt pour cent de chances de réussir ». Encourageant… Tout cela, c’est sans compter le volailleur Doux, grand massacreur de poules, de dindons et d’emplois, dont la faillite menace 4000 salariés. Une paille… Tout continue donc de rouler comme naguère au pays du « président normal ». Les prolos vont s’en prendre plein les gencives, tandis que le patronat, lui, n’en finira plus d’engraisser. C’est que, selon Parisot, « le désendettement du pays ne doit pas se faire sur le dos des entreprises », mais sur le nôtre, cela va de soi. Et quand elle annonce, sans le prouver, que « la dégradation de l’économie française s’accélère », ce n’est pas aux victimes des plans sociaux qu’elle songe, mais bien au rétrécissement des marges colossales concédées aux entrepreneurs, aux profits générés par la grâce du CAC40.

     Face à la suffisance et à la morgue de ces bouffeurs de vies, face à l’appétit capital de cet ogre jamais rassasié, quelle solution proposent nos nouveaux maîtres et seigneurs? Des coups de mentons sans gravité, des déclarations non suivies de décisions d’importance, rien pour stopper l’hémorragie, rien pour briser leur faconde et enfin les toucher au cœur, c’est-à-dire au porte-monnaie. Ça noie le poisson, comme d’habitude, ça attend de laisser passer la nouvelle salve d’élections avant d’annoncer que, finalement, ça renonce et recule, sur tous les fronts. Ça endort comme ça peut le peuple à grand renfort d’annonces ultra médiatisées mais toutes situées sur le plan des mœurs, mariage des homosexuels, dépénalisation éventuelle du cannabis, et autres écrans de patchouli. Ça pense que ça évitera ainsi de parler de l’essentiel, d’aborder les sujets qui risqueraient de fâcher la finance mondiale. Alors, les Grands Enjeux du moment sont et doivent rester : l’école, le samedi matin ou pas ? Pour ou contre le port du jeans lors du conseil des ministres ? Et mes fesses, tu les trouves belles, mes fesses ? Nulle doute que cette carabistouille fera sauce gribiche à nous faire avaler nawak, et quand nous serons bien habitués à ne pas voir la vie changer les mols socialos recommenceront à nous la mettre mais avec, cette fois, une vaseline qui sent la rose.

     Pendant ce temps certains Ump passent alliance, sans vergogne, avec le Front National. Il s’agit d’être réélu, quitte à vendre son cul. D’autres, tel le maire de Nice, n’ont pas encore osé franchir le Rubicon — comme son nom l’indique. Ils n’en multiplient pas moins les signaux clairs, nets et glaireux, en direction de l’électorat nazioïde : après avoir, sur le territoire de sa commune, « réglementé les activités des artistes de rue », après avoir purement et tout bonnement « interdit la consommation d’alcool sur les plages, dans les rues et les parcs du centre-ville », Estrosi vient de pondre un arrêté municipal contre les mariages dits bruyants, lesquels devront désormais « se dérouler sans cris ni sifflets, ni drapeaux étrangers ni groupe de musique folklorique non autorisé. » Re-sic. Outre qu’on ignorait qu’un drapeau puisse être bruyant, on devine assez facilement, à la lecture de l’arrêté, quelles communautés y sont expressément visées. Là aussi, la réponse apportée par le nouveau pouvoir à cet ostracisme local parfaitement assumé est un silence, assourdissant et tout à fait « bruyant ».

     Après avoir souillé de sa nauséeuse lascivité les palaces new yorkais et le Carlton de Lille, Strauss-Kahn viendra-t-il, sans sifflets ni trompettes, promener sa masse graisseuse sur la promenade des Anglais ? Peu de chances, l’empafé se terre. Il se terre depuis qu’il osa, le 6 mai dernier, réclamer par voie d’avocat à Melle Diallo, la victime avérée de sa couillopathologie, la somme pour lui modique d’un million de dollars, sans rire. Ceci en raison de ses « fausses déclarations, et pour avoir porté atteinte à sa réputation dans le monde, et lui ayant fait perdre d’autres opportunités professionnelles. » Arrêtons-nous un temps sur ce vocable, le voulez-vous ? « Opportunités ». A supposer que ce grand malade évoque là sa possible élection aux présidentielles, le mot est alors, avouons-le, parfaitement choisi : il ne s’agissait jamais, pour lui, que d’une « opportunité », à la hauteur de celle se présentant au VRP de Monsieur Meuble se voyant proposer un poste de directeur régional. Finalement, l’élection, c’est cela et rien d’autre. Une opportunité.

     Celui qui l’a saisie comme par défaut et roule désormais à tombeau ouvert entre Paris et Cabourg, Caen, Bruxelles, Vesoul, Montargis,… ne nous dit rien de ce qu’il pense de la situation pré-insurrectionnelle régnant désormais au Québec. On le comprend. Hollande, c’est le tonton rigolo qui, au repas de Noël, ne veut surtout fâcher personne, et dès lors s’échine à sourire à tout le monde, trinquons cousins, hop hop! Le désintérêt qu’il affiche envers la Belle Province et le manque de courage qui s’ensuit lui sont largement reprochés du côté de Montréal. C’est que là-bas, non contente de braver chaque soir les flics et les lois d’exception, la population lutte pour que l’éducation ne soit pas transformée en simple marchandise. C’est pas assez « hollandais », ça ? Le mouvement dure depuis quatre mois, et les arrestations se comptent par centaines. Cependant, il ne faiblit pas et finira, n’en doutons pas, par avoir la peau du premier ministre Jean Charest, un ultralibéral de la pire engeance qui soit. Les pressions, diverses et variées (convocations des leaders, menaces, emprisonnements,…), s’accentuent à l’approche de la saison touristique et du grand prix de formule 1, évènement d’envergure mondiale, que comptent bien perturber les étudiants en lutte. Charest a, pour sa part, déclaré que « lorsqu’on s’attaque au Grand Prix, on s’attaque non au gouvernement du Québec, mais à tous les Québécois. » Rien que ça…

     Pareil silence émane de Hollande et de ses copains lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation en Syrie. Certes, on s’étrangle sous les ors, on tousse sous les tentures, à chaque nouveau massacre on condamne, on s’insurge : on râle. Puis Poutine est reçu à Paris, réaffirme son soutien à son pote El Hassad, gueule un coup à l’oreille du président normal, dès lors la messe est dite et la France, ce petit pays sans allure, ferme sa gueule. Définitivement. Pas question de vexer « l’ami russe », lequel ne s’est pas gêné, en son temps, pour broyer sous les bombes la Tchétchénie rebelle, sans que l’ONU, là non plus, n’y trouve à  redire. Il suffit donc que Poutine soutienne le régime syrien pour que le conseil de sécurité en devienne, du coup, muet, et la France pareillement. Décidemment, la seule solidarité internationale qui fonctionne dans ce monde taré est celle qui uni entre elles les dictatures.

     Et l’Espagne, mon bon François ? Tu sais, ce domino d’après la Grèce et d’avant le Portugal, d’avant l’Italie puis la France (il va nous falloir patienter quelques mois encore les enfants avant de succomber, à notre tour, sous les coups de butoir des banques), oui l’Espagne, t’en penses quoi, François ? Rien, encore ? Pas étonnant, tiens… C’est que c’est loin, l’Espagne, n’est-ce pas ? Pas tant que ça, François, tu verras.


                                                                                                   Frédo Ladrisse.             

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 22:32

images-copie-18.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Au feu, les pompiers, la maison qui brûle du cul… 11 mises en examen dans le cadre de viols collectifs présentés comme autant de bizutages classiques, et le corps (sic) d’élite (re-sic) des gymnastes sapeurs dissout, d’un coup de pompe magique. Avant que ça ne se dissolve, ça a dû s’en taper de la vieille bloquée par les flammes, ça a dû en sortir de grandioses échelles du slip bleu blanc beurk! Ne jamais oublier : les pompiers de Paris sont avant tout des militaires. Autrement dit, des brutes. Selon le commandant Glin, chef des pimpons morts de faim, « cette affaire éclabousse toute la brigade. » On ne saurait mieux dire.

     Dans le registre de la franche camaraderie sodomite, qu’il nous soit permis de citer cet autre chef d’œuvre de l’esprit, « l’association des amis de Nicolas Sarkozy. » Créée de fraîche date par Brice Hortefeux-nouille, elle a pour objectif de maintenir haut l’oriflamme du Sarkozystan-pour-mille-ans — lequel, finalement, en acheva péniblement cinq. « Ce n’est pas une démarche politique, c’est une démarche affective », nous assure Hortefeux-follet. Parce que ce qu’il lui faut, à Sarko, parce que ce qui désormais lui sied, c’est des poutous. Tout plein. Et venus de partout.

     Est-il bisouté assez, en les terres marocaines où il s’est réfugié avec force mallettes tel un brigand mondain? On ne sait. Le nain freaks, oint d’onguents bas de gamme, cavalcaderait à coups-sûrs si il savait monter — mais lui ne sait que descendre —, traverserait ses terres sans brider trop avant son pur-sang pékinois. Au lieu de ça, regardons-le jogger comme un branque le long du mur d’enceinte de sa nouvelle propriété, de ce palais, cadeau d’un émirati inspiré lequel crût jusqu’au bout en la victoire de son rachitique poulain. Il se murmure, au Maroc, que ce cadeau fut fait à l’occasion de la naissance de la petite Giuila. Donc, durant le quinquennat de pôpa. Ce sera peut-être un jour confirmé par un juge en France, cela, et les multiples forfaits commis par cet Ali Baba et ses CAC40 voleurs. Mon petit doigt me dit cependant que si ce mafieux devait un jour finir encagé, c’est que ce serait produit quelque chose comme la révolution.

     En attendant que le drapeau noir flotte sur nos plus hauts mâts et que Sarko dorme en prison saluons, comme il se doit, la nouvelle troupe de branquignoles installés sous les ors. Salut à toi, Nicole Bricq, salut à toi George Paul-Langevin, salut à Alain Vidalies, à Marie-Arlette Carlotti, Dominique Bertinotti et à la flopée d’inconnus, pauvres figures et pâles silhouettes à peine embarquées qu’on les croirait déjà, pour partie, débarquées. A leurs côtés posent les vieilles barbes et les chapons frottés à l’ail des années, dont Fabius — cet homme occupait Matignon quand j’étais occupé à redoubler ma sixième ! —, plus extravaguant encore, Sapin, Michel de son prénom, dont le patronyme indique assez qu’on le pensait, de long temps, raide, claqué, enseveli. Sinon, qui ? La Duflot, autrement appelée l’éolienne tant son cerveau prend bien le vent, Duflot, la rescapée d’Europe-de-l’Ouest-Ecologie-les-Verts-Bouteille-à-la-Mer, tendance lécheuse de tongs du moment qu’elles sont socialistes. « Je ne suis pas une ministre écologiste », qu’elle dit. Personne ne l’a prévenu qu’elle n’était même pas ministre ? Dans le registre des drôlesses on pourrait aussi s’attarder sur Aurélie Filipetti,  du ministère de la culture, dont l’action première fut d’aller se faire voir et rincer à Cannes, sans un mot bien évidemment pour les intermittents, de même qu’on pourrait s’étaler sur la môme Vallaud Belkacem, porte-parole du gouvernement, poupée kabyle de service aux allures de James Bond girl à la petite semaine, mais dont le glamour éculé ne fera pas longtemps illusion : « avec François Hollande, les Français vont pouvoir décider de mettre un banc là, un feu rouge ici » s’extasie la cruchonne. Cette fois n’en doutons pas, la révolution est en marche…

     Peut-être avancerait-elle, pas à pas et fussent-ils petits, si Manuel Valls ne guettait. Le tout nouveau patron de la maison poulaga n’est pas un perdreau de la veille, et s’il aime la carotte, il n’en dédaigne pas pour autant jouer à l’occasion du bâton. Ses états de service parlent pour le bonhomme. Ainsi, l’auteur de l’imbitable opus nommé « sécurité : la gauche peut tout changer », s’est-il fait, avec le temps, une spécialité des contre-vérités et dérapages contrôlés au sujet des « jeunes », des « banlieues », du « besoin de sécurité chez nos concitoyens» et autres galéjades qu’il serait, selon lui, dommage de laisser à la droite, comme la pétanque ou le Loto. Ainsi, en 2009, en balade sur le marché d’Evry, Valls le maire demanda à un de ses collaborateurs « tu me mets quelques Blancs, là, quelques Whites, quelques Blancos ! » Une sortie parmi d’autres, pour le pote d’Alain Bauer — docteur ès sécurité adoubé par la droite et le Fn réunis, théoricien puant de la « guerre des banlieues ». Valls, se définissant lui-même comme « défenseur de l’autorité, attaquée de toutes parts » (ah bon ?), fut par ailleurs l’un des trois seuls députés socialistes à ne pas voter contre l’instauration de l’état d’urgence, lors des émeutes de 2005. En un mot, Manuel Valls, c’est l’histoire d’un mec qui a fait carrière au Ps parce qu’à droite Pasqua et Pandraud prenaient toute la place. La « défense de l’autorité » à coup de taser et de flash ball a encore, n’en doutons pas, de beaux jours devant elle.

     Viendront aussi, comme il se doit, comme entre la poire et le fromage, entre les tours de piste de l’endormisseur Hollande et les vacances qui feront pause, ces dizaines de plans sociaux ressortis de sous le tapis, s’abattant en rafale sur les prolos, fussent-ils électeurs de gôche et dindon de la farce pas drôle. Quoi, on nous a menti ? Nous, en votons Ps on imaginait que… Eh non, même pas, et oui, tout faux : 30 000 emplois, à minima, devraient disparaître d’ici septembre, encore n’est-ce jamais que le début de la fin, maintenant que l’Europe entière est en voie de grécisation il n’y a aucune raison objective pour que la France en réchappe. Ici comme ailleurs, comme en ce moment au Québec, vous savez quoi ? Ce sera le feu. Non de joie, mais de hargne. Dès lors, vive le feu !


                                                                                                 Frédo Ladrisse.      

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:22

terrible-deception-pour-les-militants-ump-reunis-a-la-mutua.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? J’avais 15 ans les gens en 1981 et déjà, j’avais pas aimé : « changer la vie » par le truchement du socialisme de renoncement me paraissait ressortir de l’arnaque pure et dure —ce qui, au passage, s’est confirmé, avec l’amplitude qu’on sait. Ce 6 mai, c’est pareil, j’aime pas. Quand bien même les bonnes âmes n’en finissent pas de m’expliquer que c’est tout différent.

     Tout différent, ça l’est c’est sûr, puisque désormais l’ambition de la gauche de gouvernement se trouve cantonnée à cette sorte de « normalité » qui n’aspirerait à rien, si ce n’est à la gestion « normale » d’une société normalisée. « Je m’appuierai sur la confiance », lança le président, de Tulle. Non. Tu n’en auras ni le temps, ni la capacité, tant tes électeurs t’ont placé, dès vingt heures et une minute, sous haute surveillance. Pas d’état de grâce, monsieur Normal, et aucune fenêtre de tir : des années de socialisme mol ont convaincu le peuple de gauche de se méfier, toujours se méfier, du Parti socialiste.

      Ce ne fut rien moins qu’un hasard, plutôt une piqûre de rappel, quand Hollande laissa s’afficher à ses côtés, à la Bastille, de vieilles barbes tel Jospin —pathétique, mais presque—, ou encore Robert Hue —le retour de l’homme-voyelle ! Et, devant la foule rendue baba par ces barbes antédiluviennes, Hollande vanta qui ? La jeunesse ! On crut rêver. Cauchemar : même Guigou, même Voynet étaient présentes, sans parler de Fabius, qui était déjà aux affaires quand j’avais, quoi, trois ans ? Manquait plus que René Coty, sûrement retenu ailleurs. En un mot comme en deux, ce plateau, à la Bastoche, c’était un apéro d’anciens combattants, quoi, du passé faisons table basse, les cacahuètes en sus. 

        N’empêche : à contrario de ce passéisme assumé, une jeune fille ravie de la crèche lançait, depuis Toulouse, que « l’espoir de la jeunesse aujourd’hui, c’est l’avenir ! » M’est avis que l’avenir de l’espoir, ce serait quelque chose comme la jeunesse, non ? De la salle de la Mutualité, où l’Ump de base pleurait à chaudes larmes et bavait de F. haine, une autre fille, également jeune, avouait pour sa part « je m’inquiète pour mon avenir, surtout que mes parents vont se retrouver taxés à 75%. » Qui expliquera à Cunégonde que si ses vieux sont à ce point taxés c’est donc qu’ils gagnent au moins 1 million d’euros l’an, qu’en conséquence elle ne devrait pas autant s’inquiéter? Peu importe, « moi je pars en Suisse », lâchait un de ses voisins de meeting, pull cashmere jeté sur les épaules. Au final, le vrai plaisir de cette soirée était bien de les voir, ces go-gosses de riches, effondrés, anéantis, incrédules: battus. Mais également ivres de rage, comme l’exprimait Morano dans un de ses multiples tweets, « ivre de rage contre les medias ». On trouve, à la défaite, les excuses qu’on peut.

     N’empêche : quand on y pense, il y a cinq ans, François Hollande a bien failli devenir première dame de France… Certes, la face du monde n’en eut pas été bouleversée, mais cela nous aurait privés de la joie d’entendre Juppé dénoncer, ce 6 mai, « le retour du colbertisme. » Hum. Qu’est-ce qu’il ferait pas, celui-là, pour nous tartiner sa culture…

     N’empêche : colbertisme ou pas, c’est misère que de voir comment ici ou là sont encore trouvées des excuses à Sarkoléon, et qu’il serait en train de réussir sa sortie, et que ce serait trop classe le coup du 8 mai, ah mais, et que finalement il aurait pas l’air si mauvais que ça, presque un brave homme Sarko, pfff… Foutaises, tout cela, pur plan com’, le peuple a tendance, il est vrai, à avoir la mémoire courte, mais pas à ce point nom d’un chien ! « Jamais je ne pourrais vous rendre ce que vous m’avez donné », avoua le talonneté du haut de son ultime tribune. Cela, on l’avait bien compris : on peut s‘asseoir sur le pognon, les valises sont déjà à Bern. Plus inquiétant encore, le sorti nous prévint : « je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français. » Ça, c’est un coup à le croiser demain matin dans le métro, brrr… ça fout les boules, hein ?

     N’empêche : tandis qu’en France on se réjouissait d’avoir dégagé Sarko au profit de Flanby, Coca au profit de Pepsi, tandis que fleurissaient sur le net les blagues à deux centimes et la e-insouciance de bon aloi, à la française, l’expérience libérale se poursuivait en Grèce, poussée aux pires outrances, jusqu’à voir 26 députés issus des rangs néo-nazis intégrer le parlement. Les partis classiques balayés par les législatives de dimanche, l’extrême-gauche se voyait ensuite confier la tâche impossible de former un nouveau gouvernement —la manœuvre, grossière, visant seulement à la décrédibiliser, en vue de nouvelles élections. C’est « le chaos », là-bas, selon la presse. Le chaos, car ce peuple qui n’en peut mais, ce peuple saigné à blanc, a choisi de dire non à l’austérité imposée par Bruxelles et Berlin. Aussi a-t-il « mal voté ».

     Selon le commissaire européen Barnier « les votes grec et aussi français font apparaître qu’il est extrêmement difficile et nécessaire de trouver l’équilibre entre la crédibilité pour les marchés et la soutenabilité pour les peuples. » Prenez le temps de relire cette phrase. Tout le programme ultralibéral est contenu dans ces quelques mots, de même qu’ils forment la matrice de l’expérience grecque en matière de « soutenabilité », expérience qui, soyons-en sûrs, ne manquera pas de s’étendre à l’ensemble de l’Europe, pour peu qu’elle fasse ses preuves, apparaisse « crédible. » Un certain Wolfgang Schaüble, ministre des finances allemand, s’est ainsi cru autorisé à menacer : « si les électeurs choisissent une majorité qui ne s’en tient pas aux engagements européens, alors la Grèce en subira les conséquences ! » Encore ces grognements et coups de mentons ne sont-ils rien, comparés aux capacités de nuisance des marchés lesquels, sans piper mot, savent posséder la puissance susceptible de mettre un pays, voir un continent à genoux. Retour, donc, à la puissance dix, du syndrome Tina cher à la viocque Thatcher : there is no alternative. Tu parles…

     N’empêche : il nous appartient de soutenir, sans faillir, nos amis grecs, de contraindre leurs créanciers, soit nos états, nos banques, à annuler leur dette, histoire de les laisser respirer. A nous de faire en sorte qu’échoue cette expérience de mort, l’offensive libérale ultime contre les peuples souverains.

     N’empêche : le sommet européen qui se tiendra fin juin fera office de test pour Flanby, et soyons persuadés qu’il constituera, dans le même temps, la première déception concrète pour la masse de ses électeurs. Car qu’attendre d’un type qui, le jour-même de son investiture, se précipitera à Berlin faire allégeance à la Merkel ? Copé ne s’y est pas trompé, qui persifle : « nous verrons bien le choix qui sera celui de monsieur Hollande : va-t-il choisir Berlin ou Athènes ? » Va-t-il, oui, choisir les marchés et leur « crédibilité », ou le peuple, cet « insoutenable » ? La réponse est contenue quelque part dans la question.   

N’empêche, souvenons-nous toujours qu’un Flanby bousculé, ça donne une crème RENVERSéE !


                                                                                           Frédo Ladrisse.                             

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:56

images-copie-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette fois ça commence à suffire, si ça dure va falloir que ça cesse, marre, ras les fesses du Big Bazar ! Eric Charden est mort et tout le monde s’en tamponne, n’a d’yeux que pour les deux canassons concourant dimanche, merde alors ! Où va le monde, on se demande… Pour ma part, saturé jusqu’à l’agonie de meetings-débats-portraits-analyses-reportages, je guette rien moins qu’une façon de libération le 6 mai au soir, immense soulagement tel celui ressenti par le pauvre spectateur d’une pièce de mauvais théâtre, et qui dure, qui dure, sans qu’il puisse quitter son siège. Otages, nous sommes, de la campagne ! Marre ! Assez, je dis : assez ! Ça suffit ! Mais, comme dit la chanson, quand c’est fini ni-ni-ni-ni ça recommence, et du lundi jusqu’au dimanche, et des présidentielles aux législatives à venir ! Entre les deux représentations, on amusera la galerie des miséreux que nous sommes avec de grossiers numéros, qui à Matignon, ralala, mais qui donc ? Et qui, au secrétariat d’Etat aux anciens combattants ? C’est bien ce que nous sommes, tiens, des cons battus d’avance, mais bordel on se réveille quand ?? Abstention, abstention !! On y reviendra.

     «Vous voulez engager 60 000 fonctionnaires, comme si y’en avait pas assez ?», commence Sarkopen lors du fumeux débat qui paraît-il, était censé aider l’électeur de base à faire son choix. Foutrerie, le talonetteux sait tout à fait devoir ne rien attendre des fonctionnaires en terme de voix, alors que taper dessus n’est-ce-pas, peut toujours lui ramener celles des Dupont-Lajoie pour qui y’aura toujours trop de fonctionnaires, trop trop trop, même si ils trouvent, dans le même temps, que y’a pas assez de flics, pas assez d’infirmières, pas assez de prisons… Et leur héraut d’enchaîner, plus maréchaliste que jamais : « la lutte des classes, c’est terminé, le marteau et la faucille, c’est fini ! » Si tu le dis, bouffon… Déjà, au Trocadéro le 1er mai, ce psychopathe égocentré avait beuglé « je ne veux pas de la lutte des classes!» Pourtant, il nous l’aura grandement nourrie, cette lutte, en cinq ans d’exercice d’une droititude exemplaire, qu’il en soit bien remercié quand bien même, dimanche soir, il prendra le marteau sur le pied et la faucille dans le cul. « Posez le drapeau rouge », ordonne-t-il, aux syndicats. Mais ce sont ces mots qu’il nous faut pour plus vigoureusement encore lui agiter sous le nez, et, comme disait un pote, drapeau rouge n’énerve que bête à cornes, ah ah ! Ça va Carla, ça s’amuse bien, en ces longues soirées esseulées ?

     Quoi, je calomnie, je diffame ? Bof. Banales activités élevées, en ces temps, au rang de pratiques nationales. « Dire que nous avons fait des cadeaux aux riches, c’est une calomnie », s’étrangle sur le plateau le futur battu. Autre pratique, fort répandue en l’enceinte du grand guignol : le foutage de gueule, si possible généralisé. Au sujet de l’immigration, ce Pétain de pacotille estime que « nous avons accueilli trop de monde en France. » Formule lui permettant, quand lui sera reproché d’avoir repris l’antienne lepéniste « trop d’immigrés chez nous », d’affirmer Non non non, mensonge, je n’ai jamais dit ça. Certes. Mais tu auras dit pire. Cependant, le summum du delirium tremens est atteint il me semble quand ce schizophrène ose se vanter, « durant mon quinquennat, il n’y a jamais eu de violences en France. » Et les Roms, et les rafles, les expulsions massives, les camps de rétention, les centaines de milliers de chômeurs supplémentaires, les suicides au travail, les « restructurations » diverses et variées, … ? En face, Flanby admet, « oui, pas violences, et heureusement. » Pfff… Pas une parole, lui non plus, sur la tziganophobie qui continue de frapper (deux évacuations de campements ce jour-même, en région parisienne), sur les rafles de sans-papiers, aucune alternative ne semble être prévue par lui à ces agissements exécrables. Nul doute, dans ce domaine, tout va continuer, comme avant, et avant de balancer connement que, lui, avait l’intention de « protéger les enfants de la République » (et les autres enfants, ils peuvent crever alors ?), Hollande prend soin de préciser que si il est élu « il n’y aura pas plus de régularisations qu’avant. » Nous voilà prévenus.

     Donc, mais abstention merde alors ! Rentrez pas dans ce jeu malsain copains, copines, il vous en coûtera sinon en matière de rongeage d’ongles, d’arrachages de cheveux, de tête contre les murs et d’amertumes ouvrant sur de furieux ulcères. Et comme un long discours vaut mieux qu’un plus petit, ci-dessous un texte autruchien rédigé il y a peu, au sujet de l’abstention. Bonne pêche !

     « En ces temps d’élection, où se multiplient les signes troubles et que prolifèrent les grilles de lecture absconses, il semble nécessaire d’opérer un retour à quelques idées simples. Qu’est-ce que le vote, finalement ? Le vote est une institution, au même titre que le mariage, l’armée, le père Noël. Comme toute institution, le vote cherche à s’imposer de manière brutale et arbitraire au plus grand nombre. Comme toute institution, le vote n’est jamais qu’un leurre au service du pouvoir politique, économique et religieux. Une liturgie opère ici, qui voit se former, devant les urnes, la longue queue des dévots quêtant l’onction républicaine. Et c’est tout un clergé qui véhicule la croyance selon laquelle les pouvoirs dont nous parlions plus haut auraient pour origine la volonté du peuple. Or, pour tout esprit aiguisé et un tant soit peu informé, il ne peut s’agir, au mieux, que d’une vaste plaisanterie. L’abstention, pour sa part, n’est pas un dogme. Nulle croyance, nulle liturgie d’aucune sorte n’y est attachée. L’abstention, échappant à l’ordre du religieux, se place d’emblée du côté du rationnel, du concret. Par l’acte de ne pas voter, nous voulons seulement affirmer notre refus de la démocratie de représentation, au sens théâtral du terme. L’abstention, dans ce sens, est une morale en pratique. Une façon, simple et claire, de marquer le rejet d’un système qui voit l’esclave choisir son maître, et lécher le fouet qui le blesse. Certes, il n’est pas aisé de se proclamer abstentionniste. Certes, nous sommes au mieux mal compris, au pire accusé de lâcheté (au nom du principe imbécile selon lequel ne pas voter c’est ne pas exister). Au terme d’un processus de conditionnement général appelé « campagne électorale » il est quelques fois difficile d’échapper à l’appel aux urnes. Car s’abstenir, ne pas voter, c’est comme faire un pas de côté. C’est regarder les comices, de loin, sans y participer. Une démarche de bon sens, en somme. Il nous suffit de l’assumer. »

 

                                                                                                     Frédo Ladrisse.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 20:16

table-de-ping-pong-d-exterieur-527077.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ils m’auront bien fait dégueuler les « on a gagné ! » de certains, les « on a pas perdu ! » des autres, en cette soirée vomitive marquée, comme au fer brun, par le score sans précédent des Fascistes Nationaux. Comme c’est crasse, de gueuler victoire quand la blondasse Le Pen joue le troisième homme et se gausse, se rengorge, s’en touche de plaisir. Que les choses soient claires : pas l’ombre d’une excuse, pas le moindre alibi n’est recevable, pour moi, concernant les racistes et autres renfrognés nazillards ayant apporté leurs suffrages au Front. Ils sont abjects, et cons. On peut être au chômage et digne, contrairement à ce que pense Sarko, on peut être dans la merde et ne pas basculer du côté de la haine et de la xénophobie. Cons, donc, écœurants, et dangereux. Et ils sont 20%. Pareillement gerbantes étaient alors les pitoyables tentatives d’explicitation socio-psycho-journalistiques de ce score effarant. « On a gagné » ? Mais non. Nous avons tous perdu, ce 22 avril.

     Allez, calmons notre colère, toute bonne conseillère qu’elle soit, mais non sans avoir rappelé auparavant qu’Hitler fut porté au pouvoir par des gens qui « souffraient », trouvaient que y’avait trop de fonctionnaires, trop de « métèques » aussi, que la baguette était trop chère et les trains pas à l’heure. Calmons-nous un chouia puisque, au-delà du retour en force du nationalisme en ce pays, ce premier tour fut tout de même marqué par de ces calembredaines qu’on aime, telles celles d’un conseiller Ps expliquant que, pour Hollande, il y avait trois axes désormais, dont le premier est « rester sobre. » Il sort de cure, le favori ? Au reste, et puisqu’on cause alcool, il faisait bon traîner dans les trocsons en ce dimanche d’élection, tellement ça fusait. J’ai retenu la sortie de Robert, qui trouvait que « d’accord, bin on dira ce qu’on voudra, Poutou, il est quand même bizarre. » Plus tard, c’est Roger qui concluait le débat, par cet avis sans appel selon lequel « si l’aut’, là, le DSK, si il avait pas fait son délinquant sexuel, bin lui il nous sortait de la merde, voilà ! » J’ignorai que le dernier soutien, et quel soutien !, de Strauss-Kahn, sirotait son calva au comptoir en bas de chez moi. A quelques jours de là, c’est Mélenchon himself qui, dans une ultime envolée télévisuelle affirmait ne pas vouloir « se ramicoller avec Hollande. » J’ai cru à un néologisme, au demeurant fleuri. Mais, vérification faite, le verbe existe : il nous vient du « parler rousseland », dont j’ignorais tout jusqu’à lors et dont je vais, je crois, continuer de tout ignorer. Sachez tout de même que « ramicoller » possède un synonyme. Aussi pouvez-vous dire aussi « se repétasser », sans nécessairement être de sexe féminin. Beautés du parler rousseland…

     On a bien rit aussi, à dresser de mémoire la liste des disparus et autres perdus corps-et-bien de la Sarkozerie. Dans la rubrique « que sont-ils devenus ? », nous ne citerons que Faudel et Doc Gynéco, perdus dans l’épaisseur de leurs propres néants. Il y en a d’autres, bien entendu, n’est-ce pas, Mireille Macias ? Cependant plus intéressante nous semble la rubrique des « que deviendront-ils ? » On peut légitimement s’inquiéter du sort qui guette Eric Besson, Frédéric Lefèbvre, Nadine Morano, Frédéric Mitterrand ou même, Jean Sarkozy. Déchus, piteux, rendus totalement transparents, gageons qu’ils rejoindront la cohorte des oubliés tels ce pauvre Marc Laffineur, actuel secrétaire d’Etat aux anciens combattants, ce malheureux Edouard Courtial (des Affaires européennes), ou l’impayable Maurice Leroy, ministre chargé de la ville. Retenez bien ces noms, car c’est la dernière fois que vous en entendez parler.

     On s’est encore gondolé avec cette histoire de « vrai travail », sorti du chapeau nauséeux du futur ex-président. Sur Tweeter, une façon de concours du commentaire le plus foutraque a lieu, en ce moment, à ce sujet. A titre personnel, j’ai bien aimé le tweet questionnant : « le vrai travail rend-il vraiment libre ? », j’ai zigomatiqué à la lecture de « oh merde, je me suis planté ce matin, je suis allé à mon Faux Travail ! », j’ai ensuite pris le temps de vérifier l’affirmation selon laquelle « le dernier à avoir manipulé le 1er mai à des fins politiciennes fut le maréchal Pétain. » C’est rigoureusement exact : en 1941, le 1er mai devenait la « fête de la concorde sociale. » Et, de fait, excluait toute portée syndicale ou revendicative. On voit dans quelle lignée historique s’inscrit l’initiative de Sarko concernant le 1er mai à venir et, du coup, on rigole moins. Au-delà d’une énième tentative de récupération des votes lepénistes, cette dernière n’est rien moins qu’une déclaration de guerre au monde syndical et au-delà, aux travailleurs. Jusqu’au tout dernier jour, le nabot prendra soin d’afficher sa haine du pauvre, son dégoût pour toute forme de solidarité (« assistanat », selon son glossaire), sa répugnance à l’égard des revendications légitimes émanant du monde du travail. Il suffit d’entendre Guaino défendre le rassemblement sarkozyste, Guaino qui, l’autre matin, se permettait d’affirmer que « le premier mai, dans les cortèges, il n’y a que les délégués syndicaux qui défilent, tout le monde le sait ! », il n’y a qu’à les regarder, ces lieutenants paniqués d’une armée en déroute, cracher sur tout ceux qui n’ont pas de Rolex à cinquante ans, pour mesurer à quel point ils sont déterminés à nous combattre, à nous abattre, animés par une haine de classe dont on mesure mal l’étendue. « Bien sûr qu’il y a une guerre de classes », affirmait il y a quelques temps le multimillionnaire Warren Buffet. Et de préciser aussitôt que « cette guerre, les riches sont en train de la gagner. » Si c’est un riche qui le dit…

     Et même lorsque riches et moins riches se retrouvent à égalité, par exemple face à la mort ou à la maladie, le riche gagne encore, et pas que des fifrelins. C’est ainsi qu’on apprend que le président-fondateur de l’association des victimes du Médiator s’est purement, simplement, barré avec la caisse. Malades, victimes de l’industrie pharmaceutique, et finalement arnaqués grave par un margoulin qui dînait il y a un mois à la table de Madame le ministre de la Santé. Y’a des vies pas marrantes…

     « Important : mise à jour de votre contrat habitation », m’écrit mon assureur, la MAIF pour ne pas le nommer. Cet assureur, qui est bien placé pour connaître la petitesse de mon logement et/ou la faiblesse de mes revenus, s’inquiète cependant dans son courrier de savoir si je suis l’heureux propriétaire « de piscines, tennis ou bâtiments utilitaires de plus de 200 m2. » J’ai vérifié, et je suis formel : mon terrain de tennis fait moins que ça.


                                                                                                Frédo Ladrisse.

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 18:45

 

bardot_reference.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Alors comme ça il  se murmure que l’élection serait jouée, en un seul tour au final, celui des sondages auxquels le fieffé Copé avoue « ne rien comprendre », quand ça l’arrange. C’est pourtant simple : en ce qui concerne la Sarkozie c’est fichu pour cette fois. C’est l’alternance, la belle, la si délicate alternance, celle qui coûte peau de balle et dont le but ultime est de tout changer pour que tout, toujours, continue. Ils ne s’y trompent pas, les transfugés de toute obédience, les Amara et autres Lepage et Begag, transhumants de gauche à droite et retour, selon le vent, léchant avidement la main de celui qu’ils espèrent être leur futur maître. Aussi, de partout affluent les soutiens, on se battrait presque pour un morceau de demi-dépêche dans le journal affirmant qu’on est du côté de celui qui va gagner. La litanie des ralliements le disputant à celle des reniements sans fard, c’est à qui volera le premier au secours du futur vainqueur, à qui exécutera la plus fine révérence, maintenant que se profile cette France au François.

     D’aucunes, cependant, craignent encore la bascule, et en kamikazes assumées soutiennent contre vents et de mauvais gré leur champion à la petite semelle. Françoise Hardy a prévenu : si Hollande gagne l’élection elle « quittera la France », puisqu’elle risquerait alors de « se retrouver à la rue », du fait de l’ISF. Moi qui pensais Dutronc (pas le fils écervelé, avide de dollars, pas Thomas, non, cet imbécile, pas son fils non non, mais Jacques), moi qui le pensais donc intelligent, subtile, force m’est de reconnaître que le fait d’avoir supporté, en son entourage, une telle dinde et durant de si longues années prouve, s’il en est, les limites de sa perspicacité.

     Il y a pire, il y a toujours pire, il y a toujours : Brigitte Bardot. Toujours pas crevée la vieille peau, elle confesse son « dégoût pour ce type », en parlant de Sarkozy, qu’elle a soutenu mais qu’elle accuse désormais d’être responsable de l’augmentation de la production de viande hallal, quelle horreur! Bardot, islamophobe notoire et déjà condamnée quatre fois pour incitation à la haine raciale, voit bien sûr en Le Pen « une sauveuse, seul recours pour nous sortir du b….. » Du quoi ? Du bêtisier ?

      Au sein de ce bordel ambiant de fin de campagne (et de fin de règne), surnage quelques esprits point trop encore embrumés : moi, j’aime bien Georges Moustaki. C’est un branleur de première, une belle âme, en somme. Il y a peu, Georges Moustaki déclarait être « heureux de voir que les Grecs sont très combatifs, très politisés », et, après avoir rappelé qu’«Europe est un mot grec, qui signifie « celle qui voit bien », il disait espérer que « la Grèce va foutre le bordel. » Nous verrons, Georges, nous verrons. Surtout lorsqu’il y aura, en Europe, quelque chose comme 10 ou 12 Grèce.

     Au sein de ce bordel de fin de règne (et donc, de fin de campagne), la Grèce n’est pas, loin s’en faut, le seul pays sur lequel nos officiels medias ont décidé de faire l’impasse. Un exemple, au hasard : l’Islande. Silence radio, depuis des mois, au sujet de cette île et de sa révolution. On comprendra pourquoi quand on saura que là-bas le peuple, non content d’avoir fait démissionner le gouvernement au complet, a refusé, par referendum, de payer les dettes contractées par des banques qui, par ailleurs, ont été illico renationalisées. Pour l’heure, une assemblée élue dans le même mouvement travaille au projet d’une nouvelle constitution. Une « constituante », donc. Une révolution, donc. Et pacifique, de surcroît. C’est donc possible, en 2012, et en Europe ? Bah oui mais chut, silence… Manquerait plus que ça se sache et que ça donne des idées aux peuples dormants, ronflants, sur leurs deux oreilles d’électeurs.

     Ici c’est la « révolution par les urnes » qu’on guette. Paraît que c’est pour dimanche. Vais-je passer la soirée à consoler le flux des copains mélenchonnisés et déçus de voir leur champion frôler avec peine les dix-onze pour cent ? Allez… On se repassera le clip de Victoire Passage, et on boira un coup en la mémoire d’Arthaud remontée sur son bateau, de Poutou-le-Clown et de ses cheveux, du Bayroud-d’honneur et de tous les disparus de la croisière-campagne s’amuse. On fêtera surtout le moment où cessera de nous être imposées leurs faces de cake sur les murs, en attendant le jour, joyeux, de l’après-second tour, et la disparition, pour cinq années effectives, de tous ces faux militants colleurs d’affiches puantes.

     En attendant, que celles et ceux qui hésitent encore trouvent ici cent raisons de ne pas se rendre aux urnes, dimanche. Bonne pêche à toutes et tous !


                                                                                              Frédo Ladrisse.                            

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 22:48

images-copie-55.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Dans la catégorie les Sous-doués battent la campagne, nous eûmes droit, ces jours derniers, à quelques furieuses billevesées. A ma droite, Dupont-Aignan, autrement surnommé aujourd’hui comme Yerres, qui clame sans retenue « moi, je regarde le monde. » Il semble, dans le même temps, que le monde, lui, regarde ailleurs qu’en direction de sa petite personne. Une autre fois, peut-être ? A ma gauche, si je puis dire, campe Bayrou-le-filandreux. Fatigué, l’haricot, pas dans le coup, à côté de l’assiette. Le voilà qui découvre, tout en finesse, qu’«il y a des femmes qui pèsent lourd », des « femmes qui pèsent plus de cent kilos et qui aiment nager. » Tiens donc ! Première nouvelle… Là-dessus le flageolant béarniais se rendort, sans même avoir livré sa vision des gens de petite taille, des piétons ou des femmes enceintes. Dommage. Il y a, pour finir, Le Pen, et son clip de campagne. J’ose espérer que tournera en boucle sur tous les webs qu’on voudra le passage où la candidate promet de lutter contre, je cite, « les ententes frauduleuses dans le commerce des endives. » Ça, c’est du programme, boudiou ! On aurait tort cependant de se moquer bêtement, vu le nombre de naves et autres céleris graves s’apprêtant à voter pour elle.

     Et tandis que tout ce petit monde s’ébroue, les papattes dans la gadoue, le procès de la catastrophe de l’Erika s’achève, en cassation, par un non lieu délivré à l’endroit des pollueurs. Le cargo ayant fait naufrage hors des eaux territoriales, communes, départements et autres collectivités ne verront pas la couleur d’un pauvre billet de banque. Ce jugement, scandale sans nom, risque bien entendu de faire jurisprudence. S’échouer, répandre son jus dégueulasse sur des kilomètres de côtes, pourra donc désormais se faire sans bourse délier, à condition que l’échouage ait lieu au-delà des frontières maritimes. C’est ce qu’on nommera certainement l’arrêt Total.

     Il y a tout aussi dégueu, dans un autre registre : les sms furtifs. Vous ne connaissez pas l’existence de ces petites saloperies ? Déjà utilisée par les services de police et de renseignement (lors d’une enquête publique, le parlement du Land de Rhénanie du Nord a admis, rien que pour 2010, l’envoi de 256 000 sms furtifs!), cette méthode consiste à envoyer un message à un autre portable à l’insu de son propriétaire, sans même qu’il en soit informé. Le but ? Localiser la personne. C’est beaucoup plus fin que le système Gps habituel, ça passe totalement inaperçu et, cerise sur le gâteau, c’est, juridiquement, quasi inattaquable : ces sms sans contenu ne sont pas considérés comme des communications, donc échappent au cadre des lois sur l’inviolabilité. Idéal mouchard… Déjà, des passerelles spécialisées, des développeurs de logiciels proposent clé en main ce système qui permet de « filaturer » suspects, justiciables, mais aussi et bien entendu syndicalistes, hommes et femmes politiques, ou, simplement, les salariés d’une entreprise. Le tout avec l’aval des opérateurs, complices, pour des sommes défiants toute concurrence en la matière, et dans la plus grande discrétion. Le marché étant sans limite, le pactole s’avère juteux, et attire les convoitises. Ah oui : inutile d’éteindre votre portable, le sms furtif le réactive sans souci. Il peut aussi, si envoyé en très grand nombre, le bloquer, décharger sa batterie en quelques minutes, interdire toute communication ce qui, dans certains cas, peut s’avérer fort utile. De nos jours, disent les gens, on ne peut plus se passer de portable. C’est sûr, surtout les flics.

 

                                                                                                   Frédo Ladrisse.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 22:37

 

Arno-Klarsfeld.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Mam’zelle BZ, sans H au bout, à qui je viens de parler des nouvelles lampes acnéiques anti-jeunes à l’essai en les quartiers mal famés bien qu’habités de faméliques de London, Liverpool, Cardiff, vient de suggérer l’idée d’un genre de réverbère anti-vieux, façon d’éclairage publique rendant l’incontinence urinaire visible. On vit dans un monde formidable, où les grandes idées ne manquent pas. Au clair, de quoi s’agit-il ? Dans les endroits loufoques où la jeunesse a l’habitude de prendre ses quartiers, de big ampoules roses-rouges font ressortir l’acné à la face des visages adolescents, crème anti-boutons ou pas crème. Cela, c’est censé les faire fuir. M’est avis que ça marchera jamais mais, dans les West Midlands, la police, qui soutient un autre projet, a constaté une « chute spectaculaire du nombre d’ados s’attardant dans les lieux publics après avoir diffusé du Beethoven sur des hauts parleurs. » Tout le contraire d’Alex, en somme, l’ultraviolent héros d’Orange Mécanique, fana lui de « Ludwig van ». Les temps changent il faut croire, quoi que : ce n’est pas d’hier que des cohortes d’ingénieurs paranos planchent sur des systèmes censés contrôler la jeunesse, les moins jeunes, les plus jeunes du tout, les presque vieux, les tout à fait vieux.

     Cela dit, le contrôle, comme dit ma mère, c’est tout con: c’est bien souvent dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, fussent-elles à la grimace, aussi Beethov’ à fond ça vaudra jamais une bonne grille, un barrage à l’ancienne, ou, mieux encore, un mur. Une fois n’est pas coutume : Arno Klarsfeld partage quelque chose avec ma mère, ce quelque chose qui a pour nom l’amour du mur bien fait. «Un mur, c’est fait avec des fils, des barbelés, un mur quoi, comme à Rome. A Rome il y avait un mur », cancanne l’azimuté. C’est ce dont il rêve, l’Arno, c’est sa dernière grande belle idée, un mur de 130 kilomètres, entre la Grèce et la Turquie, un mur, comme « entre les Etats-Unis et le Mexique, une grande barrière, avec des patrouilles qui patrouillent (sic !) sans cesse. » La vision cocaïnomane de ce sarkozyste grotesque est d’une simplicité proche du mongolisme : face à « une Europe prospère », il y aurait « le reste du monde qui a les guerres, qui souffre, qui a des privations, etc (re-sic !) ». Au bout de ce « etc », tombe la sentence, sans appel : « il faut que les gens ne puissent pas passer. S’il y a une porte entrebâillée, il faut qu’elle soit refermée. » C’est que pour Klarsfeld, voyez, l’Europe c’est un peu comme son jardin, avec piscine et pergola. Il convient qu’alentours la muraille soit solide, il faut que ça « patrouille », afin d’éviter que moins-que-riens, souillons et traine-savates ne finissent par gâter l’apéro-brunch, n’est-ce pas Carla ? Des fois, comme ça, et de plus en plus régulièrement, je me dis que la seule bonne nouvelle lors de l’éventuelle annonce de l’éventuelle élection de l’improbable Hollande (c’est le nom, à ce qui se murmure, du candidat Ps à je ne sais plus quelle élection), que la seule bonne nouvelle, donc, sera de voir disparaître de ces énergumènes tel l’imbitable Arno Klarsfeld, comme autant de poils de cul happés par le siphon des chiottes. De cet endroit, ils viennent. Ils n’auraient jamais dû le quitter.

     Mais la vie est mal faite, qui permet l’expression d’un homme dont le rêve est un mur. Mal faite, aussi, la vie qui voit Daniel Mermet, agitateur d’ondes dormantes, tour à tour mériter respect puis susciter franche rigolade, puisque soudainement ridicule de grandiloquence éhontée. Le lendemain du tour de piste Mélanchonniste à la Bastille, on entendit ainsi le gars commenter la chose en ces termes : « de mémoire de manifestant, on avait jamais vu autant de monde dans la rue! » Calme ta joie, Daniel. 140 000, certes, c’est pas mal. C’est cependant 20 fois moins qu’en 2010 lors des grandes journées de grève, et encore, ce n’est qu’un exemple. « De mémoire de manifestant » on a donc, et souvent, vu bien plus de gens dans la rue, et souvent bien plus énervés, et ne se déplaçant pas, eux, pour écouter le discours du nouveau Leader Maximo, la longue litanie de ses promesses en peau de banane. La « révolution par les urnes », nous promet El Leader Price : arrêtons-nous, un temps, là-dessus. Urnes et révolution, mêlées, mélange de l’eau et du feu en somme, alliance contre-nature dressée telle une digue pour contenir la vague, vas-y vote mon gars, mélenchonne et colère ma fille, mais après : retour à la niche. Pour ma part, prendre part au vote, revient à ne l’avoir jamais quittée.

     Et tandis que ça aboie, que ça couvre d’affiches-portraits nos villes déjà laides sans leurs bouilles, une contrôleuse SNCF largue en pleine cambrousse, en fin de soirée, des mineures. Ordre leur est donné de descendre illico du train. Leurs crimes ? Pas de titres de transport, pas de papiers, et tziganes donc : OUT ! Ainsi le veut le règlement. Le règlement contraint alors ces jeunes filles à poursuivre leur périple le long de la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, toute proche. Le règlement stipule qu’il est interdit de circuler, à pied, sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute. Il ne dit pas, le règlement, qu’on devait écraser, puis traîner sur cinquante mètres, les corps des trois jeunes demoiselles. Le règlement ne dit rien non plus de ce qu’il serait advenu si, oubliant le règlement, se montrant pour une fois tout simplement humaine, la contrôleuse SNCF ne les avait pas poussées dehors, au milieu de nulle part et alors que la nuit tombait. Elles s’appelaient Carmen, Charlotte, Victorine. Elles sont passées sous les roues, victimes du « règlement. »

                                                     

                                                                                            Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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