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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 00:28

cruchot.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Veillée d’armes, mes camarades, à quelques heures de ce que Loulou, ma fillotte de douze ans d’âge, appelle La Grande Grève. Que Bakounine l’entende, et fasse de ce mardi 12 octobre quelque chose comme le Pallier de l’Escalier menant à la Révolution, à tout le moins à l’escabeau d’une grève enfin reconduite, et généralisée, et expropriatrice ! Ai-je fumé le fenouil ? Nenni. C’est juste à les voir s’agiter, faire donner le ban et l’arrière ban et tâter le cul de la crémière, qui me laisse à penser que là-haut, tout au sommet, ça serre les miches, ça fouette, et pas que la Babette. Tout est bon, qui serait susceptible de briser l’enthousiasme, pourtant très mesuré, des foules s’apprêtant à battre le pavé : 61 % des personnes interrogées ont beau se déclarer pour un mouvement durable, le jeune Wauquiez, secrétaire d’état à l’emploi, n’en continue pas moins de penser que « au fond d’eux-mêmes, les Français savent que cette réforme est indispensable. » C’est cela, camarade, la démocratie tant vantée : tu crois savoir ce que tu penses, mais, au fond, tu l’ignores, eux seuls le savent et donc, il est temps de cesser de penser. Le même Wauquiez, dont le culot décidemment n’a d’égal que la non importance, se pique de réécrire l’histoire et affirme que « l’attitude du gouvernement a été d’être constamment à l’écoute des préoccupations légitimes des Français. » Et aujourd’hui, n’est-ce pas, aujourd’hui oui, plus que jamais, avec plus de 4 personnes sur 5 opposées au projet de réforme des retraites, ils sont à l’écoute, les jean-foutres ! Pardonne ma colère, camarade, ou plutôt : rejoins-là. Car c’est assez, à quelques heures de la grève ça canarde plus que de raison, et s’expriment sur le service public de la télévision des Pujadas lécheurs patentés de toutes couilles en or, pour qui demain serait le « baroud d’honneur » de la contestation. On en reparlera, fiston…  Ailleurs, sur d’autres ondes, voilà que ça cire l’escarpin à cette sombre carabosse nommée Laurence Parisot, pour qui cette nouvelle journée de grève « remet en question toute la fiabilité de la France. Le nombre de réunions qui vont être annulées parce que le partenaire français de la réunion européenne ne pourra pas être présent, c’est incalculable », couine-t-elle, le mouchoir au groin. « J’ai l’impression que beaucoup ne mesurent pas que tout ceci participe à une dégradation très préjudiciable de notre réputation », ajoute alors la carabosse, laquelle ne mesure pas à quel point on s’en cogne, mais grave, de sa réputation et de ses réunions, toutes européennes qu’elles soient. Croit-elle pouvoir le jouer longtemps l’air de flutiaux qui dit que ce qui est mauvais pour le patron est mauvais pour le salarié? Camarade, le patron a besoin de toi, tu n’as pas besoin du patron. C’est une chose entendue.

     S’il fallait une preuve de plus que là-haut, en les sommets immaculés du Sarkozystan éternel, on commence à lâcher dans le froc une chiasse leste et marronnasse, il suffirait alors de les écouter, les jean-foutres, de voir comme ils parlent aux jeunes dont ils redoutent, plus que tout, qu’ils rejoignent le mouvement —ce qui, entre nous, est déjà fait. Luc Chatel, ministre de l’éducation et également porte-parole du gouvernement froussardeux, prévient ainsi les lycéens que « manifester sur la voie publique est dangereux. » Encore quelques déclarations bien paternalistes dans ce genre, et, vexée, c’est toute la jeunesse du pays qu’on verra envahir ladite voie publique.

     Enfin, et pour en terminer avec les multiples tentatives de désamorçage d’un mouvement qui n’est même pas encore lancé (ça, on le saura mercredi 13), citons l’increvable néo-lecanuetiste Colombani, journaliste de son état, qui explique, simplissimement, pourquoi défiler demain c’est faire le jeu de Sarkozy : « radicaliser le mouvement, notamment à travers des secteurs d’activités qui sont moins concernés par la réforme des retraites,  c’est, à coup sûr, offrir à Nicolas Sarkozy le point de retournement dans l’opinion qu’il attendait, celui à partir duquel il peut espérer ressouder autour de lui et retrouver la position de fédérateur des droites. » Diantre, et même: morbleu ! Tout comme moi, camarade, tu n’avais pas compris qu’en manifestant demain tu apportais ton soutien à l’affolé de l’Elysée ! Maintenant que tu le sais, un seul mot d’ordre : restons au pieu !... Bien sûr non, trois fois non, il y a bien longtemps que les architectures dialectiques baroques des laquais genre Colombani ne nous impressionnent plus, et ne nous font pas plus reculer que la pluie (météo nationale, météo du capital !) ou les robocops surarmés de la gendarmerie mobile — à ce propos : où trouvent-ils leurs si belles coquilles protège-couilles ? Ma mère m’en a demandé une paire.                           

     Cela dit, et pendant que les supergendarmes affectés à la surveillance de la supermanif de demain couvrent leur pseudo-virilité d’un ridicule bout de plastique, certains de leurs collègues, plus modestes, œuvrent dans l’ombre  au fichage des populations : il paraîtrait que, de long temps, les Roms sont par exemple fichés par le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, et ses potes à chaussures à clous. Fichage en loucedé nous dit-on, à l’insu du plein gré de leurs supérieurs, qu’on nous dit. Les nudistes ayant levé le camp (comme les temps sont au rhabillage et aux corps cachés), les gendarmes et képis pas que de Saint-Tropez mènent désormais la chasse aux Roms. MENS, n’est pas le nom d’un  nouveau parfum pour Monsieur, mais celui du fichier en question : MENS, pour Minorités Ethniques Non-Sédentarisées. Ce registre officieux aux connotations racialistes, la place Beauvau, évidemment, « n’en a pas connaissance. » On s’en serait douté. De là à pousser le bouchon de vinasse jusqu’à jurer ne jamais l’avoir utilisé, il y a un pas de l’oie que les galonnés refusent, bien entendu, d’exécuter. Or, le hasard a voulu qu’à quelques jours de distance étaient révélées l’existence et de ce fichier MENS, et du manuscrit de la loi portant statut des Juifs, manuscrit annoté de la main même de Pétain. Avec ses petits mots écrits au crayon dans les marges, langue tirée et s’appliquant bien sur les déliés et les pleins, Pétain a, euphémisme, durcit à outrance cette loi : « pas de juifs dans l’éducation », « pas de juifs dans la justice »,… Quel rapport, dites-vous ? Quand les chefs se montrent à ce point zélés, il n’y a pas à s’étonner de voir leurs subalternes l’être autant, parfois plus encore. Ainsi le discours de Grenoble, associé à certaine circulaire relative aux Roms, a activé la haine de tous les petits maréchal des-logis-chef, lesquels sont, en France, pléthore.

     A leur tête : Charles Pasqua, qu’on croyait mort, mais qui s’illustre cette semaine avec cette sortie : « expulser quelques Roms, c’est notre droit : ils sont en situation irrégulière. » Les milliers de Roms expulsés apprécieront sans doute le « quelques » prononcé par le vieux barbon.  

     Mais  attention, pauvre Marion: les troupes de la gendarmesque ne servent pas qu’à appliquer, à la botte près, les lois du sarkohinterland : d’aucuns d’entre ces militaires campent également depuis peu devant les galeries, les musées, et autres lieux de perdition. Puisque que l’époque, disions-nous, est aux corps cachés, on place désormais des flics à l’entrée d’une exposition interdite aux moins de dix-huit ans, et on interdit aux ados de voir les photographies dont ils sont pourtant le sujet. Certes, le travail de Larry Clark n’est pas exempt de quelques culs, quelques bites, seringues et flingues. Et alors? Alors la mairie de Paris, une fois de plus très en pointe en matière de libre expression, a préféré ne pas prendre de risques « face aux possibilités de voir arriver des plaintes ou des réactions de catholiques intégristes. » Ainsi s’exprime Christophe Girard, chargé de la culture près le sinistre Delanoë et partisan indéfectible des très académiques Nuits Blanches. Les artistes devraient donc maintenant craindre les intégristes ? Ce n’est bien sûr qu’un piteux prétexte, la vérité étant qu’autocensure, quand tu nous tiens, c’est souvent par les couilles.

     Cependant, le manque de courage ne saurait être l’apanage de la seule mairie de Paris : rue de Solferino, cette faiblesse est la chose la mieux partagée. En pleine bataille sur les retraites (l’autruche y revient, l’autruche lâche rien), on peut ainsi entendre Martine Aubry souffler « Monsieur Fillon, c’est injuste ce que vous faites. » Quelle hargne, vraiment, quelle ténacité ! Sûr que Fillon en a pleuré. Surtout, Aubry précise : « l’exaspération qui monte dans ce pays, ce n’est pas sain. » Sic, et mordicus les gens si vous restez bien sages on reviendra sur la réforme, dès que je serai élue à la magistrature suprême. En attendant rentrez chez vous, l’agitation ça n’est pas « sain ». Oui mais Strauss-Kahn, dans tout ça, Strauss-Kahn qui déclarait en mai que « si on vit jusqu’à cent ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à soixante ans », (et pourquoi pas, au fait ?), et puis les autres guignolos, rose à la main mais pour la forme, poing oublié au fond de la poche à pognon, on leur fait quoi, confiance? Le plus étonnant, finalement, n’est pas tant de voir les socialos une fois de plus tenter de calmer la colère qui monte, le plus étonnant reste que pas plus de gens que ça ne saisisse l’occasion qui nous est donné de poser et creuser la seule question qui vaille : c’est quoi ce travail, oh !, c’est pas bientôt fini?

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 18:54

index-copie-1.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Un matin comme ça on est bien, on se lève un peu tard, le café infuse tranquille, mais: on allume la radio. Geste fatal, brisant net toute velléité de tartine, puisqu’à  l’autre bout des ondes cause l’indicible Finkielkraut. Philosophe, écrivain, courtisan à bretelles du sarkozystan-pour-mille-ans, ce gars a des idées sur tout, et surtout...  Il vient là vendre son dernier livre, mais il prévient d’emblée avoir « hésité à le publier :  j’avais peur d’ajouter du bruit au bruit. » L’auteur, donc, hésita, mais juste ce qu’il faut : son opuscule est en vente libre, dans toutes les mauvaises librairies. Le sujet de la chose ? « En France, il y a un sentiment qui monte. » Bigre. « En France, il y a un sentiment qui monte, qui est une francophobie très présente. Il faut faire face à cela. » Nous voilà renseigné. Charles Maurras est dans la place, qui  agite ses mains en tous sens, semble parcouru de frissons, tremble des pieds à la crinière à la manière d’un pantin tout à fait déglingué. Quand, passage obligé, il se met à parler des Roms, on peut le voir qui bave, un peu : « tracer une analogie entre le renvoi chez eux, avec indemnité [c’est l’autruche qui souligne], d’un certain nombre de citoyens et la déportation dans les camps de la mort, c’est abolir l’existence même des camps de la mort. »  Putain d’envoi n’est-ce pas, uno ladite indemnité changerait la donne et rachèterait, c’est le mot, l’acte odieux qu’est toute expulsion, pour ainsi dire, l’humaniserait ? Or, si l’argent n’a pas d’odeur, c’est rien de dire qu’il y contribue. Deusio, le fait de s’insurger contre les rafles anti-roms ferait de nous autant de pourritures négationnistes ? L’argument est usé jusqu’à la corde et raboté telle une poutre ayant soutenu des générations de pendus. Une rafle est une rafle, quelle qu’en soient les victimes, et ce qui fut nommé épuration ethnique par exemple lors des guerres de Yougoslavie, s’applique à la France de 2010. L’Europe, par la voix de Viviane Reding, l’a clairement rappelé. Cependant, pour Finkiel’ « il n’y a rien de plus humiliant pour la France aujourd’hui que de comparaître devant cette maîtresse d’école allumée. » Rien de plus humiliant, vraiment ?

 

     Le café est passé, il est désormais dans la tasse, mais sur les ondes l’ultra ne se calme pas pour autant. Le voici endossant le costume du petit juge: « je pense qu’il n’est pas moins grave d’assassiner un policier, un gendarme, que de commettre un acte terroriste. » D’un côté des dizaines de victimes innocentes, de l’autre un personnage ayant, lorsqu’il endossa l’uniforme, accepté les risques inhérents à ce métier bizarre: poulet. Pour le philosophe, cependant, aucune différence notable. En guise de conclusion ce courtisan à la petite semaine estime devoir préciser que « le problème aujourd’hui en France, ce n’est pas Nicolas Sarkozy , le problème c’est cette violence-là, qui ne cesse de monter, ces agressions quasi quotidiennes contre les détenteurs de l’autorité publique. » Nul doute qu’avec une langue à talonnette si bien pendue, Finkielkraut a toutes les chances de finir sous-préfet du canton de Sigmaringen.

 

     Dans le pré carré nazillardon des ultimes impénitents nourris de sarkopétainisme, Finkiel’ côtoiera certainement Hortefeux-à-volonté, lequel, la semaine dernière, s’est illustré en soutenant le flic tueur de gitan, celui de Saint-Aignan. « Je tiens à manifester publiquement mon soutien moral et matériel à ce militaire aujourd’hui dans l’épreuve », susurra le bougnat, comme si c’était le gendarme qui s’était fait descendre et le « gitan » lui, bien vivant. Puis le ministre de préciser que « l’agent bénéficiera de la protection juridique de l’Etat. » Ce qui est tout dire, et tout avouer, en matière de justice.  Il y a deux semaines, un de ces cow-boys sortait comme ça libre de son procès, après avoir tiré à sept reprises, sept !, sur un de ces gitans, lui pourtant menotté et entravé à la cheville. En ce moment, les « gens du voyage », comme disent les préfets, les flics et les gadjés, ont tout intérêt à voyager rapidement, à se déplacer vite, à courir entre les arbustes, histoire d’éviter les balles.

     Connaîtrons-nous un jour un homicide gendarmesque pour cause de facebookisme outrancier? Rien n’est plus certain, depuis qu’un jeune breton a été condamné à trois mois fermes, oui trois mois, et oui fermes, et trois mois de réelle prison pour avoir, dans le monde virtuel, insulté ces connards pas virtuels eux, du tout. Il paraît qu’il aurait aussi incité ses amis à baiser les femmes des poulets — ce qui, entre nous soit dit, revient à leur rendre service. Mais voilà, c’est toujours pareil : à trop se montrer généreux avec les représentants de la faiblesse publique, on finit en cabane ! C’est à vous dégoûter des Brigitte, tiens, femmes de flics.

 

     D’autres n’eurent pas, ce week-end, à introduire leur pénis dans le vagin d’une madame Cruchot pour finir malgré tout en tôle. A Bruxelles, lors d’une manif syndicale tout à fait bon enfant, la Brigade des Clowns fut embarquée préventivement, puis des militants bastonnés, traînés à terre et arrêtés, en plein cœur des cortèges (voir la vidéo, plus bas). Celles et ceux ayant croisé la Brigade des Clowns connaissent leur dangerosité : déclenchant le rire des passants au détriment des forces de l’ordre, ils ridiculisent l’uniforme ce qui, bien entendu, ne saurait être toléré, et mérite la cabane, au moins. Dans l’eurosarkoland d’aujourd’hui et surtout d’après-demain, se foutre de la gueule de ces trous du cul de flicaillons vaut outrage, très insupportable, par conséquence peine de prison. Une question, dès lors, se pose, dont nous connaissons la réponse : où glisse une société protégée par une bande de cocus dont le principal du métier est de mettre aux arrêts les clowns ?        

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

 

 Bruxelles, la manif :  

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 22:12

images-copie-24.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Est-ce sous l’effet de l’air vicié qui, selon une récente et toute sérieuse étude, empuantirait grandement les bureaux de certains élus (s’il faut être tout de même relativement pervers pour perdre son temps à mesurer la qualité de l’atmosphère en les alcôves du Pouvoir, reconnaissons que cet air pollué expliquerait bien des choses qui, sans lui, nous demeurent incompréhensibles) ? Le fait est que c’est coup sur coup, couche sur couche, en ce moment, et que les gouvernementales saloperies pleuvent, comme bruine à Carnac.

 

     Exemple, daté du jour : le nouveau projet de loi relatif à l’immigration, qui voit revenir au premier plan des têtes à chamboultout l’inqualifiable Eric Besson. « Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bons Français, j’en serais très heureux », assène-t-il, tout à sa joie. Et comment compte s’y prendre Monsieur le Fabricant de braves petits patriotes ? « Bannissement » obligatoire pour tout ressortissant étranger n’ayant pas quitté le territoire alors que ça lui a été demandé, lutte contre les fumeux « mariages gris », passibles de sept ans de prison, durcissement de l’obtention de titres de séjour pour les étrangers malades (amendement défendu par l’archéo-pétainiste Mariani, pour lequel « nous n’avons pas les moyens de prendre en charge tous les malades de la planète ! »), élargissement des motifs de déchéance nationale (ce qui, on l’admettra, est loin d’être l’amendement le plus grave), simplification des procédures d’expulsion et mise sur la touche du juge des libertés et de la détention, n’en jetez plus, la bassine à vomi est pleine… N’en jetez plus ? Mais c’est qu’on ne saurait, les mauvais bougres, les arrêter en si « bonne » route ! Aussi, tandis que d’aucuns se chargeaient de renforcer l’arsenal xénophobo-nationaliste, d’autres occupaient leurs tristes nuits à pondre une batterie de mesures inégalitaires proprement, si j’ose dire, destinées à nous rendre l’existence plus ardue encore. En ligne de mire : la Sécu. Il était écrit qu’une fois quasiment plié le dossier des retraites (ce qui n’est pas encore fait : lire plus bas), les mêmes s’attaqueraient à la branche maladie, plutôt : s’attaqueraient aux malades. « Moindres remboursements », comme on dit dans ces salons-là, hausse du ticket modérateur, fin de la prise en charge à 100% pour les affections longue durée, mesure qui permettra d’économiser 75 millions d’euros. Traduit en monnaie Bettencourt, ça nous fait deux petits mois de revenus (déclarés).

 

      Mais qu’importe cette comparaison, que les Woerth et consorts jugerait parfaitement absurde et totalement inacceptable. Qu’importe ces fadaises!... Il reste une pièce de vingt centimes dans la poche du pauvre, l’essentiel est alors de trouver les moyens de la lui faire cracher. Au bassinet, pareillement : les locataires de HLM, qui se mangeront dès l’an prochain une taxe empochée directos par l’Etat, à hauteur, tout de même, de 80 euros par an. Une broutille, en somme, une paille. Mais une paille plus une paille, plus une…, il reste à espérer qu’au final cela fasse un joli feu de joie.           

 

     Pour l’heure, on est encore loin des Saint-Jean, au pied des barricades. Pour l’heure, ça piétine. Ça eut défilé, ça défile et ça défilera encore, nous pouvons en être certains, contre la réforme coup de cutter en pleine aorte du salariat et au-delà, bien au-delà, contre la traite et re-traite des bêtes que nous sommes aux yeux des maquignons du sarkoland et du Medef réunis, inséparables de long temps. Est-ce trop s’avancer d’affirmer que malgré tout cela sent le souffre? Possible. Mais justement, tout est possible. « Il y a moins de monde dans les rues », se félicitait Woerth au soir du 23 septembre, tentant ainsi de faire accroire que, dans les rues, il y avait pointé ne serait-ce qu’un bout de museau.  Et Fillon de s’époumoner dans son sifflet à la manière d’un pion vulgaire, cheveux gras et mains moites, tentant de nous faire mettre en rang : « gouverner la France, c’est parfois savoir dire non, et non, nous ne retirerons pas ce projet de réforme. » Lui, pour se sentir droit dedans, il ne lui manque plus que les bottes, celles par exemple portées par Juppé en 95. Cependant, et comme pour ne pas lui donner tort, sitôt les calicots remisés les syndicats de tradition ont enfilé leurs bleus de non-chauffe, hurlant certes au « mépris du gouvernement » mais oubliant, comme au passage, celui dans lequel ils tiennent, c’est le mot juste, la base. Des centaines de milliers de manifestants, prêts à poursuivre le mouvement et pas dans cent ans mais tout de suite, furent contraints de plier les gaules sous l’effet de l’apathie des Thibault Chérèque et Mailly. C’est rien de dire, pourtant, qu’on en serait bien pas restés là, plantés tels des cons sur le parterre, piétinant direction les bus ramenant le troupeau à domicile, devant la machine à concasser du temps de cerveau disponible. Chouette manif ? Affaire de point-de-vue. A Paris, par exemple, on s’est subitement retrouvé avec le Ps aux fesses, ce qui, entre nous soit dit, rime. Rime pauvre je vous le concède, pauvre comme le cortège de ces Strauss-Khanniens apparu on ne sait pour qui pourquoi ni d’où (ils n’étaient pas au départ de la manifestation, et ils disparurent bien avant l’arrivée), piteuse mise en scène de drapeaux et sono beuglant du Téléphone et autres paléorocks, comme si nous évoluions encore sous le règne de Mitterrand —pas Frédéric : François. Les quolibets fusèrent un brin : il suffit de lui demander  des nouvelles de DSK pour voir l’adhérent du PS se fermer plus sûrement qu’une huître gangrenée. Le pauvre prend ça pour une agression. En fait, il a raison. Si vous voulez, le pauvre, l’achever, présentez-vous à lui comme un crypto-mélanchonniste partageant néanmoins certaines idées avec, je sais pas, au hasard : Benoît Hamon. Ainsi, pendant que le bougre ne pourra s’empêcher d’entamer la récitation, ô combien dormitive, de son catéchisme fabiusien, vous en profiterez pour lui tirer son larfeuille, son blouson et son mégaphone : au même titre que rire de tout, la révolution, oui d’accord, mais pas avec n’importe qui.

 

 

                                                                                            Frédo Ladrisse.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 22:48

 

romanes-copie-1.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ça toussote, du côté de Bruxelles, relativement aux rafles de Roms, et même ça dit pis que pendre. « Ça suffit, c’est une honte ! » s’énerve Viviane Reding, commissaire aux droits des citoyens. Plus tard, elle osa comparer la France d’aujourd’hui à l’Europe de l’hiver 1941, ce dont elle finit par s’excuser, et tout à fait platement, sous les hourras xénophobiques de tout ce que l’Europe compte désormais de néo-nazes, Suédois y compris. Tout ça à cause d’une bêtise, une idiotie de circulaire visant expressément  les Roms et datant du mois d’août, et malencontreusement rendue publique, la circulaire. Au sommet de Bruxelles, il paraît que ça chia un chouille entre Sarko et Barroso, lors d’échanges que d’aucuns qualifièrent de « mâles et viriles. » On ignore qui comptait les points (poings ?), mais selon Sarko himself il n’y eut « aucun éclat de voix, vous savez, ce n’est pas mon genre. » On sait, oui… Pendant ce temps, restés en France, les chiens fous du Sarkoreichland étaient lâchés aux fesses de tout ceux s’apparentant, de près ou de loin, au droit-de-l’hommisme, ennemi déclaré et néologique de surcroît. Frédéric Lefèbvre : « j’ai lu comme vous des extraits de cette circulaire, et j’ai constaté que les Roms n’y sont en aucun cas ciblés. » Sur le même sujet, et avec la même mauvaise foi, le ministre de l’immigration et de l’identité gnagnagna  s’agaçait plus que de raison et balançait aux journalistes : « je ne vais pas passer ma journée à répondre à des questions (sic !), je vous suggère de passer à autre chose parce que sinon je peux vous donner une leçon de catenaccio vraiment impressionnante. »  Woa, ça fout la trouille… Délaissant, pour sa part, la métaphore footballistique, l’emblématique Pierre Lellouche nous en remettait une : « nous ne sommes pas à l’école et je n’ai pas l’intention, au nom de la France (?), d’être traité comme un petit garçon. » Et tandis que, de son côté, Sarko suggérait à Reding d’ «accueillir les Roms dans son pays, au Luxembourg » (la grande classe, vraiment, dans le registre «si tu les aimes tant que ça prend-les chez toi, ah ah »), l’imbitable Alain Minc tenait à préciser qu’ « on peut discuter de ce que l’on veut sur l’affaire des Roms, mais pas avec une commissaire européen luxembourgeoise : dois-je rappeler que les Luxembourgeois ont été incapables de stopper l’avancée des Allemands dans les Ardennes ? » Houla, et honte à nous, on avait oublié cette page mémorable de l’Histoire Mondiale…   Bref, chacun y allait de son coup de boule dans la tronche à Bruxelles, en même temps que de son coup de langue au présidentiel postérieur, l’oscar de la lèche revenant à l’incommensurable député Mariani, lequel expliquait doctement et sans s’énerver le moins du monde qu’ « en Europe, nous avons la liberté de circulation, mais pas la liberté d’installation. » De cette pensée profonde comme une tombe — pour ne pas dire une fosse commune —, naquit subitement la vision de millions de gens, errant sans pause ni repos, circulant circulairement selon les circulaires circonstanciées citées par les cintrés du grand cirque. Sont-ils au moins tristes, ces sires ? Rien n’est moins sûr.

 

     Quoi qu’il en soit faudrait que messires finissent par se décider. Je m’explique : début août Fillon, pour appuyer les rafles, déclarait que « le mode de vie nomade est de moins en adapté à la vie d’une société moderne. » Admettons. Qu’on cesse alors de nous vendre une société basée sur la mobilité, le mouv’ perpétuel, nourri par les nouvelles technologies de la communication, le développement des transports et la philosophie de l’adaptabilité à outrance. Appliquée, dites-vous, aux seuls employés, et au seul bénéfice des patrons et autres actionnaires ? N‘empêche, faudrait savoir : société de la mobilité, ou société figée ? En réalité le nomade n’a jamais cessé de faire peur, car moins facile à contrôler, à cerner que le sédentaire. Pour que la caméra de vidéosurveillance puisse faire de vous un plan bien net, il faut que vous cessiez de bouger. Au final, le nomadisme dénoncé par Fillon se montre, subitement, tout à fait acceptable, dès lors qu’il permet aux maîtres de se bourrer les poches. Toute autre forme de « mobilité », autrement moins rentable, paraît par nature dangereuse.      

 

     Nullement dangereuses et à jamais, les mannes de Zyed et Bouna, petits morts de Clichy-sous-Bois, n’en remuent pas moins la terre sous laquelle elles reposent depuis cinq ans. Si elles s’agitent c’est qu’un non-lieu vient d’être requis à l’égard de leurs assassins, poulaille aux semelles de vent mauvais lancée à la poursuite d’adolescents dont la malchance fut de croiser, ce triste soir, ces sales figures uniformées. Dame Moisson, néanmoins, procureure de Bobigny, estime qu’il « ne résulte pas de charges suffisantes contre les deux policiers. » On connait tous assez les enregistrements radio-police, ô combien funestes, pour se souvenir parfaitement de comment la flicaille laissa griller les deux enfants dans le transformateur. Malgré le barbecue, non-lieu. Permis de tuer, autrement dit. Un permis délivré de la même façon à l’adjudant Monchal, lequel comparaissait devant les assises la semaine dernière, pour avoir tiré à sept reprises, sept !, sur un fuyard, et l’achevant alors même qu’il était menotté, entravé aux chevilles. « Je ne peux pas demander pardon, je ne regrette rien, j’ai fait mon travail », a déclaré Mon Adjudant. N’est-ce pas, ses paroles, de la pure, de la lourde ordure ? Mais son avocat en rajoute : « je vois mal comment la justice va pouvoir condamner un de ses collaborateurs. » Tirer sur les gardés-à-vues revient donc à collaborer avec la justice ? Dont acte. Le jury ne s’y est pas trompé, qui acquitta l’adjudant. Ah, j’allais oublier : la victime était un tzigane. Ceci expliquerait cela ?

 

     Quoi qu’il en soit, malgré leur extrême dangerosité, on a commencé d’installer, et à demeure, des flics armés dans les écoles. Des « référents », ils appellent ça. Qui ne sont « censés intervenir qu’en cas de violence », disent les textes. Nul doute que la présence de ces fins psychologues ne peut que calmer les gamins, notamment ceux pour qui l’école était le dernier havre où ils étaient certains de n’être pas contrôlés, harcelés, insultés par la Nationale Police.

 

     Et tandis qu’on glisse, l’air de rien, vers l’Etat Policier à la mode chilienne, tandis que Brice Hortefeux-de-croisements, ministre de l’Intérieur, se substitue aux instances censées rénover la justice, tandis que ce malade propose, entre autres, que soient élus les juges de liberté des peines (je propose pour ma part que soient également élus les pilotes d’avions et, pourquoi pas, les directeurs de centrales nucléaires), pendant ce temps maudit où tout part vers un genre de grand n’importe quoi général, que fait le parti socialiste ? Il se félicite, en même temps qu’il se tâte. Pour lui, 2012 est le Grand Rendez-Vous, c’est plié, cette fois c’est son tour. Voir. Comme le dit joliment Ségolène Royal, à nouveau en pleine crise de foi, « dans la vie politique il y a des péripéties, mais il y a un chemin. » Même que parfois il est long, long,… Il se tâte, disions-nous, ne sachant encore qui va ouvrir le bal des vampires, qui, d’entre les douze ou treize candidats à la candidature, dégainera le premier ses crocs. M’est avis que d’ici peu ceux-là vont se dévorer grave, que le paravent de l’unité va s’écrouler de lui-même. Unité ? Ah ah ah. Ecoutons Aubry, dans ses œuvres : « je respecte Ségolène Royal pour ce qu’elle a été. » Gentillesse, n’est-ce pas, que ce passé (dé)composé. Sérieusement, est-ce à ces guignols que vous comptez laisser les clefs ? Si tel est le cas, je vous souhaite bien du découragement.

 

                                                                                             Frédo Ladrisse.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 22:55

chabrol2.jpegTirant tête hors du trou, qu'entends-je? Claude Chabrol, pipe cassée, qu’il n’allumait plus que rarement. Sale septembre pour le cinéma, qui vit aussi caner Corneau. Série noire, la cérémonie est à revoir, en espérant que le beau Serge accompagné de Violette Nozière ne s’y précipite pas comme poussé par je ne sais quelle ivresse du pouvoir. Merde, Chabrol. T’es lourd à claquer. Qui désormais viendra filmer sous les jupes de la bourgeoisie de province, et scruter ses pustules? Betty, comme les biches, font taire leur cheval d’orgueil et endossent le noir du deuil. Merci tout de même, Chabrol, et pas que pour le chocolat.

Paraît qu’il préparait un film au sujet de l’affaire Woerth-Bettencourt. Je fantasme, quoi que : à voir ce qu’il avait fait, pour le cinéma, du scandale Elf et comment il avait campé Le Floch-Prigent et ses compères dans « l’ivresse du pouvoir », on imagine sans peine qu’il devait porter une oreille attentive aux boires et déboires de Liliane la vieille et de l’escroc rendu ministre. Entre deux andouillettes, Chabrol, qui connaissait bien ces coquins et qui aimait en rire, devait se taper sur la panse à écouter Woerth se plaindre, « il faut arrêter de me taper dessus, comme ça tout le temps ! » Snif. Un peu plus tôt le même, s’égarant en terrain miné, se plaignait d’être « la victime d’une lapidation  médiatique.» On lui jette quoi à la gueule, des récepteurs radios, des écrans plats, des Blackberry ? Et Copé, sur lequel on reviendra, Copé, Reichsmarshall Ump de Meaux, de renchérir en dénonçant « une véritable chasse à l’homme », concernant le ministre Woerth. Dans le contexte actuel de chasse aux Roms sur le territoire de cette république à deux roupies de sansonnet, c’est osé, pour le moins. Parce qu’elles persistent, les expulsions : ce n’est pas parce qu’on en parle moins —sur ordre de l’Elysée— qu’elles ont pour autant cessé. Lellouche, député Ump au nom prédestiné, les justifient ainsi : « c’est facile de venir s’installer au bout du monde, et aux frais de la princesse ! » Dans le même registre à vomir, Hortefeux-à-volonté affirmait, fin juillet, que « la France n’est pas un terrain vague. » On ne sait qui écrit les discours du bougnat, mais le nègre en question a d’étranges lectures : « la France n’est pas un terrain vague, nous ne sommes pas des bohémiens nés au bord du chemin », écrivait Charles Maurras, en son temps de dégueulasse. Maurras inspire le ministère de l’intérieur-tous-à-l’extérieur ? La lignée racialiste est ainsi assurée, de l’Action Française au Sarkozysme.

 

Un peu de légèreté, après le boudin-choucroute servi quotidiennement par les néo-pétainistes ? Soit, les gens, essayons. Léger : c'est enfin la rentrée, les mômes! La vraie, la seule rentrée qui vaille, non celle des bahuts et mièvres cours d'écoles aux préaux glauquissimes, non, mais la rentrée littéraire! Lecteur compulsif-boulimique, dévoreur assumé de pavés sitôt imprimés que mangés par les yeux, tu seras, cette année, servi comme jamais: 701 romans et pas moins de 300 essais t'attendent à l'étal des charcuteries-librairies. C'est beaucoup? Certes, c’est énorme et ridicule, étant bien entendu qu'une poignée de stars totalisent l'essentiel des ventes, condamnant de fait de pauvres opus à ne jamais trouver leur public. Ainsi la  graphomane Nothomb squattera-t-elle les devantures, entre les tranches de lard et ce mauvais cochon d'islamophobo-bof Houellebecq. Alain Minc, à l'essai, nous gratifie lui d'une « histoire politique des intellectuels », dont on s’accordera le droit de penser, sans l'avoir lu, le plus grand mal —pensez-vous sérieusement que les tresseurs de lauriers ont pris, eux, le temps de l’ouvrir ? Ecoutons son auteur: «il faut absolument préserver le modèle de l'intellectuel français, parce que c'est douillet. » Plus tard, et comme subitement frappé d’un éclair d'objectivité, Minc avoue en un souffle: « je suis un intellectuel de pacotille, un intellectuel à temps plein. » A tremplin? Cela va sans dire. Puis, c‘est au tour de Philippe Manière, le journaleux qui ce matin-là lui servait la bonne soupe, de commettre cette sortie-déroute: « je suis intimement persuadé que nous sommes tous des intellectuels, sauf bien évidemment ceux qui sont complètement idiots. » Y’a pas à dire: ça vole haut. 

 

Autre rentrée, la syndicale. Battre le pavé plutôt que de le desceller, voilà l’erreur, recommencée. Le Pouvoir ne s’y trompe pas, qui nous enfle au fur et à mesure, baudruches défilant au rythme des slogans gnangnans. Mardi dernier un amendement voté en commission et en catimini (pléonasme) prévoyait par exemple une refonte de la médecine du travail : « les missions définies seront exercées par les médecins, sous l’autorité de l’employeur. » Autorité ? Employeur ? On imagine sans peine, à terme, le résultat. Voilà comment, profitant d’une fenêtre de tir ouverte à tous les mauvais vents, les azimutés du sarkozystan-pour-mille-ans s’empressent de dézinguer à tout-va. Mais c’est qu’ « il s’agit de l’intérêt supérieur du pays », s’étrangle en un sanglot Copé. « On est en train de changer d’époque », s’emballe-t-il, « la Réforme, c’est un rendez-vous pour la nation. » C’est ballot parce que moi, je l’attendais à La Bastille. Et tandis que je glandais à l’abri du Génie, une petite vieille est passée, en murmurant à sa copine « dans les manifs, on voit toujours les mêmes. C’est comme aux enterrements. » De seconde, là, l’enterrement.

 

                                                                                      Frédo Ladrisse.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 17:49

 

156480--la-grande-zoa-avec-didier-wampas-156x133-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Tandis que se poursuivent les expulsions de campements roms et autres cochoncetés d’Etat, fruits pourris d’un racisme devenu doctrine officielle, Hortefeux-nouille et ses compères engraissent le pire de nos Dupont, arrosant d’amalgames puants l’assemblée, au comptoir. Il y aurait ainsi, selon le suant rouquin, « un vol sur cinq à Paris commis par un Roumain. » Et quand bien même, dites-vous ? Mais c’est que tout s’explique, qu’enfin Dupont sait qui, par une nuit sans lune, lui chipa les deux roues avant ainsi que les tapis de sol de son sinistre véhicule. Pauvre bougre trop longtemps floué par les tenants de la bien-pensance, il n’en est pas moins satisfait de voir se confirmer quelques convictions ramassées au rebord du caniveau : non content d’être sale, fainéant et sournois, le Rom est voleur. C’est sa nature. « Comme tous les Arabes », a dut se retenir d’ajouter Hortefeux, se mordant les lèvres jusqu’au sang. Quoi qu’il en soit, le même Hortefeux risque de devoir remiser, pour un temps, son xénophobisme latent : figurez-vous qu’il s’est comme qui dirait découvert une vocation d’édile, et compte se présenter aux prochaines municipales. Où donc Hortefeux-nnec briguera-t-il son premier mandat ? A Vichy. Ça ne s’invente pas. « Ma famille, mes racines sont ici », précise le bougnat. Depuis 1943 ?

 

     Mais quelques voix s’élèvent, au sein même du gouvernement ! Ainsi l’ineffable Kouchner tapa-t-il de ce poing qu’il a tout rachitique sur sa table de futur ex-ministre, expliquant au sujet des Roms « je ne suis pas content », précisant qu’il avait, sic ! « profondément pensé à démissionner. » Mais finalement, non, profondément ou pas, car « s’en aller, c’est déserter. » Pas de chance, personne n’était là pour lui rappeler que, dans le cas présent, rester revient à collaborer. Que cent poignées de cendres se répandent sur son crâne! Cependant Kouchner-de-bœuf a beau faire des efforts, dans le registre des contorsionnistes et triturés du bulbe jamais il n’arrivera à la hauteur des talons d’Amara, Fadela : « je suis contre les expulsions de Roms, j’ai toujours milité contre les expulsions » , balance la pourtant toujours membre d’un gouvernement qui compte bien continuer de les multiplier. Ensuite, ménageant la chèvre et le chou-rave qui trône à l’Elysée, Amara-d’eau-de-la-Méduse s’oblige à préciser qu’elle « adhère à la logique du président de la République : nos parents n’ont pas immigré pour que leurs enfants basculent dans la délinquance. » Où l’on retrouve, comme en passant, l’hortefesque amalgame qui lie immigration et délinquance. Que mille tuiles s’abattent sur les chaussures de l’Amara !

 

     Etaient-ils tuiliers et couvreurs ? On ne sait mais samedi dernier ils étaient des dizaines de milliers à battre le pavé en même temps que le rythme d’un air de plus en plus populaire, dont le titre pourrait être « ça commence à bien faire ». Ce n’était, bien entendu, qu’une manif supplémentaire, de celles qui donne bonne conscience à, finalement, peu de frais, néanmoins une tension, pour ne pas dire une colère, parcourait les cortèges, colère sourde ou rentrée peut-être, mais bien présente, palpitant. Le pouvoir ne s’y est pas trompé, qui avait mobilisé quelques milliers de robocops, le long des parcours arpentés par les mamans à poussettes et petits vieux à la mémoire fraîche comme un saumon sauvage — eux se souviennent d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître, n’est-ce pas Lucio ? En résumé : autant d’éventuels terroristes dont il convenait de bien surveiller les sucettes. Ce même pouvoir, après avoir ainsi pris ses sécuritaires précautions, tentait le soir même et par la bouche, définitivement bée, d’Hortefeux- de- Bengale, de minimiser l’événement : « il n’y a eu, sur l’ensemble du territoire, que quelques dizaines de milliers de manifestants. »  Et de préciser la bave aux lèvres qu’il ne s’agissait jamais que de « manifestations hétéroclites, où se sont retrouvés une mosaïque de partis traditionnels mais aussi des groupuscules gauchistes et anarchistes. » L’horreur, quoi, le retour de Julien Coupat dans la rue ! Plus tard, il n’y eut pas jusqu’à quelques khmers noirs, anarchistes pur beurre sans sel, pour venir cracher sur cette belle mobilisation, renâclant à défiler avec des associations de défense des droits de l’homme pas « casher » selon leurs principes, j’allais dire : leur religion. Plus tard, il était cocasse de les entendre, ces anars chafouins, reprendre quasi mot à mot les slogans de l’homme de Beauvau, rabâcher que cette manif’, finalement, ne représentait rien ou peu de choses, une pauvre affaire de bobos, crêpe-party etc : crêpe-party à laquelle ils n’ont pu, cependant, s’empêcher de participer. Peu importe, au final, le catéchisme de ces Purs et leurs contradictions: qu’ils continuent de dérouler leurs obscurantistes leçons, index dressé vers Leur Ciel, qu’ils délivrent leurs anathèmes et autres excommunications: ils ne représentent plus qu’eux-mêmes. A force de se tromper d’ennemi, ils se retrouvent bien seuls, sur le terrain des opérations. Seuls, et sans munitions.

 

     Ce n’était qu’une manif’ de plus, mais je n’oublie pas avoir pensé, au cœur de l’été, quand les expulsions de campements furent programmées par le Sarkoland, que jamais les gens ne bougeraient pour défendre les Roms, une communauté pour le moins méconnue, et qui n’a pas bonne presse au sein de la population, toute couleur politique confondues — et jusqu’aux anarchistes, eh oui. Je suis alors heureux de m’être en partie trompé, même si l’effort est faible, bien sûr loin d’être suffisant, mais mobilisation il y eut, mobilisation il y a, et elle va se poursuivre. Aujourd’hui, pas une expulsion, fut-elle de quelques personnes, pas une destruction de campement ne peut se faire sans que les médias n’en soit informé par, non seulement les militants, mais aussi par les voisins, les habitants proches des campements. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (Michel Berger, sans troupeau).     

 

     Cela dit elles furent rares, les raisons de se réjouir en cet été en forme de retour du Nacht et du Nebel. Il réserva néanmoins quelques bonnes surprises : par exemple, des soldats français ont tirés sur d’autres soldats, également Français. On appelle ça des « tirs amis. » Il y a là de quoi faire fantasmer tout un troupeau d’autruches : en Afghanistan ou ailleurs, bousillez-vous les uns les autres, Terminators de pacotille, techno-troufions de mes deux ! Pendant ce temps-là, au moins, vos erreurs de tirs ne risquent pas de faire disparaître tel ou tel village millénaire, habité de paisibles gens. Puis, avec un peu de chance, une de vos balles perdues viendra peut-être se ficher dans le réservoir d’on ne sait quel hélico présidentiel ? On peut toujours rêver…

 

     On rêverait également de voir la justice de classe de ce pays à la noix de cajou faire enfin son boulot, et les magistrats se sortir les doigts du pot de Nutella. Deux affaires montrent, ces temps derniers, que c’est pas pour demain la veille. Woerth-Bettencourt bien entendu, enfin, « entendu », façon de dire… Le gars s’enfonce de jour en jour dans le marigot de ses mensonges, lesquels sont désormais de notoriété publique, cependant ce grand distributeur de breloques devant l’éternel s’entête à ne pas comprendre qu’il est impossible désormais, pour toujours et à jamais, de le prendre au sérieux: « je n’ai jamais menti à personne, ça suffit ! », s’énerve Pinocchio-le-piteux, «  on cherche à me salir, je n’ai rien fait de mal, je n’ai rien à me reprocher ! » Dès lors, blanc comme un linge à défaut de neige, Woerth découvre peu à peu que, dans le monde réel —monde qu’il semble avoir quitté du jour où il a rejoint la cinquième dimension autrement appelée Ump— si on veut être un brin crédible il ne suffit pas de rabâcher devant micros et caméras qu’on a rien fait mais rien, enfin !, qu’on est innocent, pur, tel l’oisillon tombé du nid. Pauvre petit oiseau, aussi sûrement déplumé qu’il sera, sous peu, sacrifié sur l’autel du remaniement. Le plaindre? Vous rigolez ?

 

      Pas à plaindre non plus, ce vieux renard des crasses basses-cours, j’ai nommé Chirac, Jacques, le goupil aux mains non pas rouges, mais assurément sales. Il s’en tire bien, le futé. Pour une somme pour lui modique (550 000 euros), Chirac a reçu l’assurance de n’être pas poursuivi par la Mairie de Paris, mairie qu’il a volée durant une bonne décennie. Merci qui ? Bin merci Bertrand. Ainsi, par la grâce d’un arrangement entre pourris de droite et de gauche, le vieil homme et la mère, Bernadette, finiront leurs vieux jours non à l’ombre, comme il se devait, mais sous le plein soleil d’une impunité négociée à la demande expresse de Delanoë lui-même. Chirac en prison ? Non, jamais. Didier Wampas va être déçu.

 

     Reste à espérer que l’arrangement fasse jurisprudence : voleur, mon ami, sache que la prochaine fois que tu te fais gauler il te suffira de rendre les deux chandeliers dérobés pour éviter de passer par la case prison. On peut toujours rêver ? Non.           

 

                                                                                           Frédo Ladrisse.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 20:42

get.aspxTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Mercredi 25 août, les cadors du Sarkoland opéraient leur rentrée sur le perron de l’Elysée, bronzés, blasés, blindés, les fesses serrées néanmoins puisqu’approche  la valse à mille temps d’un remaniement de saison. A ses redevables ministres, Sarko demanda ce jour-là du « courage » et du « calme », ainsi que « du travail et de la détermination. » En manquaient-ils, ces derniers temps ? A notre grand regret on ne peut qu’en douter, vu comment s’ébrouèrent ces clebs en cet horripilant été. Chien d’entre les chiens, chef de meute, le ministre de l’intérieur n’a pas, un jour, lâché son os : si le poil est terne et l’œil torve, le clébard exerça cependant ses mâchoires sur quelques mollets, bien choisis : oui, les « évacuations » (euphémisme de l’Intérieur) de campements roms vont se poursuivre, vont même s’accentuer, étant bien entendu que « l’aspiration des Français est simple : on n’occupe pas un terrain, un immeuble, une maison de manière illicite. » D’aucuns pensaient, piteux naïfs, que les Français aspiraient surtout à des revenus décents, à un mieux-vivre, à, rêvons un brin, un peu de plaisir et de joie. Que nenni, mon colon : le Français tel qu’en rêve Hortefeux-follet n’est jamais qu’un SuperDupont testostéroné à outrance privilégiant, à l’exclusion de toute autre considération, le Culte de la Propriété. 

 

     Ce Français-là, au lait cru non pasteurisé, avale sans broncher l’annonce des 138%  de « hausse de la délinquance roumaine sur Paris l’année dernière » et autre chiffres débilitants dont nous gavent le Brice. 138 % de quoi ? 138 %, sur quelles bases? 138 % de rien. Par ailleurs, une fois qu’on aura re-re-re-répété que Rom n’est pas synonyme de Roumain, en cette période de rentrée scolaire on se permettra de soumettre ce petit exercice au ministre Hortefeux-nouille, qui semble affectionner les chiffres : 8030 Roms expulsés depuis le premier janvier, sur un total de 15 000 présents dans le pays. Combien en reste-t-il à rafler? 8030 Roms expulsés, pour 30 000 expulsions, toutes populations confondues: vous calculerez la part occupée par les Roms dans les chiffres du ministère.

 

      Des chiffres, encore, en voulez-vous ? En revoilà, cités par Eric Besson qui, lors de sa rencontre avec des ministres roumains, n’a, de leur part, « pas entendu le nombre du quart d’un demi-grief. » Le quart du nombre de quoi déjà? Vite, garçon, un demi ! Chiffres un jour, chiffonné toujours, comme chiffonne ce sondage qui dit que 42 % de nos compatriotes seraient contre les expulsions. Il parait que c’est une bonne nouvelle. C’est, pour ma part, à en pleurer, ou à en choper la rage (vous pouvez cocher les deux cases).

 

     D’où viendra la bonne nouvelle ? Assurément pas de la gauche dite de gouvernement, qui observe, au sujet des Roms, un tintamarresque silence, et qui par la voix de Ségo-la-folle-du-Sergent regrette « qu’on ferme les régiments, (sic !), plutôt que de repenser ces lieux d’éducation et d’encadrement des jeunes. » Caserne pour les gosses et treillis pour tout le monde ? Bayrou est classe aussi, dans son genre bien particulier : le béarniais juge ainsi que « les premières victimes de cette stigmatisation des Roms sont les gens du voyage, Français depuis des générations. » Puis de bégayer tout béat que « beaucoup de gens biens vont payer la casse. » Gens biens ? Gens Français, quoi… Finalement, n’étaient les drames humains que cette situation engendre, il serait assez poilant de voir ainsi la trouble fleur de l’élite politique, toutes échoppes confondues, embrasser les mêmes poncifs mille et une fois recuits. D’où vient, dès lors, qu’on ne rit pas ? N’est-ce pas que les brumes actuelles annoncent de prochains matins bruns ?

 

                                                                                             Frédo Ladrisse     

 

Matin brun : roman, Franck Pavloff, 1999

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 18:03

080717RromsSOuenDM (38)  Tirant tête hors du sable de la plage, qu’entends-je ? Depuis le discours de Grenoble, acte de bra voure sarkozyen et confirmation du virage néolepénopétainiste du petit Nicolas, depuis, donc, ce cantique éructomaniaque pointant d’un doigt gras, dans le désordre, mais dans un désordre réfléchi, un désordre pensé au cynisme par trop calculé, les Arabes, les Délinquants, les Gens du Voyage et les Roms, depuis le trop fameux enfumage du 30 juillet, ne cesse de défiler devant nos yeux effarés la crasse litanie des expulsions de campements et rafles afférentes. En un mot comme en cent, on en est sur le cul. Une chose est de sentir la menace qui gronde, une autre est de la voir, soudainement, se réaliser. Cochonceté que cet été qui, au prétexte d’envoyer le bon peuple en congés payés, autorise maires et préfets à se comporter comme autant d’oberstumfürhers locaux, petits Papons de pacotille et autre Déat d’opérette. Ils obéissent aux ordres, ça oui. Séparent les femmes des hommes comme aux plus beaux jours de l’été 1944, prenant soin de liguer, à grand renfort de presse, le Français de base et pur porc contre tout ceux qui s’entêteraient à ne pas trop lui ressembler, ou refuseraient d’embrasser sa philo-beaufitude. Au demeurant, on ne s’étonne guère d’entendre Hortefeux-à-volonté se vanter d’avoir « démantelé quarante camps en quinze jours » (encore cette déclaration datait-elle du treize août dernier, à combien en sommes-nous maintenant, amer comptable de l’horreur ?), ni de le voir se gargariser d’un sondage positif donnant, dans Le Figaro, 80 % d’opinions favorables à la politique raciale initiée par l’azimuté de l’Elysée : « le sarkozys me n’est pas en phase avec les élites, mais avec la société », pérorait Hortefeux-follet. Remplacez « société » par « peuple », et voilà une déclaration qu’Il Duce, en son temps, n’aurait certainement pas reniée. De ce sondage, Xavier Bertrand estimait lui que c’était « une claque pour les bien-pensants. » En tant que représentant dûment estampillé de la mal-pensée régnante, il ne pouvait que s’en féliciter. Guère étonnant non plus de voir Eric Besson, en retraite forcée depuis que s’est achevé en capilotade homérique son affligeant débat sur l’identité, prendre, à l’instar de ses copains, ce nouveau virage à droite toute, et affirmer sans rire que « la France est le pays le plus respectueux en matière de droit des étrangers. » Et d’ajouter qu’elle n’a donc « aucune leçon à recevoir. » Il s’agissait là d’une réponse aux critiques formulées à l’égard de la France par le CERD (Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, émanation de l’ONU), lequel, pour une fois, ne prenait pas de gants et relevait,  mi-août, que « la France est confrontée à une recrudescence notable du racisme et de la xénophobie.  » On imagine sans peine la réaction de l’hôte du Cap-Nègre à cette déclaration, on le voit d’ici le Sarko, rien à tamponner de l’ONU, je lui pisse à la raie moi, je suis le maître (et) après Dieu. D’autres petits sergents aux ordres se sont également chargé de faire un sort au CERD, tel Dominique Paillé, porte-parole de l’Ump, pour qui ce comité n’est jamais formé que « de gens qui sont à cent lieues des réalités. » Ce qui n’est pas tout à fait faux, si l’on veut bien considérer qu’entre les informations auxquelles a accès ledit comité et ladite réalité, autrement plus terrible, le décalage doit être pour le moins impressionnant. Peu importe, d’ailleurs, car selon Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, les critiques du CERD seraient « un montage pur et simple. » Allez en paix, la messe est dite… Dans toutes ces réactions caporalesques et à gerber émanant de la sarkozerie, il n’y a pas de quoi surprendre une autruche qui, depuis des années, pointe avec d’autres la dérive extrême-droitière de notre Bananée République. Plus curieux lui semble par contre ce qu’elle relève dans les medias, une nouvelle tonalité, ou plutôt l’exagération d’une tonalité ancienne, dans le registre La voix de son Maître. Les médias sont aux ordres, c’est une chose entendue, aussi sûr que Kim-Il-Val dirige toujours France Inter. Mais la nouveauté de cet été est qu’ils devancent maintenant l’appel, n’hésitent plus à anticiper les présidentielles pulsions ultrasécuritaires, autrement dit en font des tonnes, de Grenoble aux expulsions de Roms. Florilège, de caniveau : on a ainsi pu lire, concernant les émeutes dans le quartier de La Villeneuve, le portrait de ces « policiers qui, chaque nuit, montent au front » sic !, comme si la préfecture de l’Isère pouvait être comparée aux faubourgs de Kaboul. On a pu entendre, sur les Roms, quelques expressions aptes à faire se dresser les cheveux sur la tête d’un chauve, telles que « la croisade contre les Roms », ou encore, au sujet de leur expulsion, « retour en Tziganie », chef d’œuvre de non sens absolu puisque ce peuple, justement, se définit comme sans patrie ni territoire particulier. Il fut également précisé et répété à l’envi que, à l’occasion de ces « retours », « l’Etat offre le billet d’avion ». Belle générosité ! A propos, cette fois, des gens du voyage, après qu’on nous eut martelé qu’ils étaient, eux, Français madame, un avocat de ceux de Bordeaux venait marteler sur M6 qu’ils étaient non seulement « Français, mais aussi commerçants. » Ce qui, évidemment, ne peut que forcer le respect. Mais la lèche d’or revient sans nul doute à la présentatrice du journal de M6 toujours, la nommée Aïda Touihri, laquelle semblait déplorer que les familles de Bordeaux aient refusé les deux terrains mis à disposition par le maire, « alors même que Alain Juppé avait écourté ses vacances pour les leurs proposer. » Décidemment ces gens (du voyage) ne respectent rien.

 

      De respect il en sera également question, de dignité aussi, sans parler du manque de courage, lorsque François Fillon passera en procès pour avoir, au cœur de l’été 2010 et à la surprise générale, décidé de laisser perdurer l’hécatombe des usagers de drogues, décidé de laisser se développer en silence la redoutable épidémie d’hépatite B et C (laquelle et pour information, est loin de concerner les seuls toxicomanes), décidé de traiter comme par-dessus la jambe un grave problème de santé publique, dans l’unique objectif de coller à l’air du temps et aux consignes de son Seigneur, bref de faire une fois de plus plaisir à l’aile la plus droitière et la plus rétrograde de son électorat. Ainsi, les salles de consommation de drogues seraient selon lui « ni utiles, ni souhaitables » ? En dépit du bon sens, et contre l’avis d’une grande partie des populations concernées (toxicomanes, professionnels, associations, élus, et jusqu’au ministre de la santé …), Fillon joue l’idéologie contre la rationalité, et fait le choix de mettre en péril quelques centaines de milliers de vies plutôt que de risquer d’être accusé de « donner de la drogue aux drogués », comme disent les excités et les fieffés menteurs opposés à ces salles, au premier rang desquels on retrouve… le député Vanneste. Toujours dans les bon coups, cette vieille connaissance et homophobe notoire, publie sur son blog un appel (signé par quinze de ses collègues) où il tient à rappeler que « l’usage de drogue est toujours illicite dans notre pays » (merci pour l’info), et « qu’au lieu de céder aux groupes de pression qui en demanderont toujours davantage » (certainement Vanneste fait-il là allusion au « groupe de pression » Act-Up, ces ennemis de toujours), il conviendrait de « mettre en place une véritable politique de sevrage. » Forcé, le sevrage ? Cela va de soi. Mais c’est à Fillon en premier que revient la responsabilité d’avoir cédé, droit dans ses bottes, aux sirènes de ces populistes, d’avoir donné priorité aux résultats électoraux plutôt qu’à l’injonction d’agir contre une épidémie qui concernera bientôt près de huit cent mille personnes. Rendez-vous au procès Fillon, d’ici quelques années. Et si il n’est pas entretemps décédé d’une bête hépatite, on aimerait beaucoup y voir comparaître Vanneste.

 

     Puisqu’on parle de procès, faisons donc un tour par chez les Woerth. Certes, le toujours ministre du travail n’est pas encore condamné à traîner derrière lui chaînes et boulets (quoi que…), cependant le ciel de ce mois d’août n’a cessé de s’assombrir au-dessus du crâne guère chevelu du récidiviste notoire. On a par exemple découvert que le garçon avait la manie de distribuer les breloques et autres médailles en toc à tout ceux qui ont la bonne idée de lui rendre service, tel ce Bernard Godet, obscur expert-comptable, mais légion d’honneur 2008. De quelle gloire se couvrit Godet pour mériter telle récompense ? C’est tout simplement lui qui a certifié, la même année, les comptes du parti de poche de Woerth, comiquement intitulé Association de Soutien à l’Action d’Eric Woerth. Godet, toute honte bue (ah ah ah), avait également visé les comptes de campagne du même Woerth, lors des élections municipales de Chantilly. Mélange des genres, dites-vous ? Allons… Ceci n’est certainement que pure coïncidence. Coïncidence toujours, quand plus tard on apprend que le ministre a donné, en mars, son aval au licenciement des représentants du personnel de l’usine Molex, ceci contre l’avis de l’inspection du travail, mais sur l’amical conseil d’un proche collaborateur nommé de Sérigny, lequel Sérigny travaillait également pour le cabinet d’avocats de la direction de… Molex. Vous suivez ? C’est pas terminé. Il se trouve que ce Sérigny, lequel doit avoir plusieurs têtes pour porter tant de casquettes, est également l’ami de sieur Patrice de Maistre, lequel gère comme on sait la fortune de la môme Bettencourt. Que ce monde (de riches) est petit… Surtout, le même Sérigny se trouve être membre du comité de surveillance d’une boîte nommée Yméris, comité dans lequel siège également Robert Peugeot, qu’on ne présente plus. Robert, émérite soutien financier de l’Ump (dont on rappellera au passage que le trésorier se nommait, jusqu’à la fin du mois dernier, Eric Woerth), Robert, donc, dut à l’action de Woerth, Eric, alors ministre du budget, de se voir éviter un contrôle fiscal suite à une sombre affaire de vol concernant quelques lingots d’or (en partance pour la Suisse ?) Au passage et comme il se doit, le dénommé Peugeot, Eric, avait été, tout comme Godet, décoré de la légion d’honneur, des mains même de devinez qui ? C’est fou comme ces gens sont attirés par tout ce qui brille…

 

                                                                                       Frédo Ladrisse.

* photo D.Maunoury.

 

 

 

Campement Roms Saint-Ouen 2007 :

 

 

Trajo Guglo (la vie sucrée)

 


 


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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 19:31

crs blackaterreTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le feuilleton de l’été n’en finit plus de dérouler sa pelote nauséabonde sous mon nez qui, bien que délicat, est à peine surpris par une telle fétidité, dès lors qu’elle émane de cette aberration qu’on nomme ministère du travail (à quand un ministère de la schlague et du tripalium ?) Woerth, donc, l’homme au nom de gâteau bavarois, eut à peine le temps de souffler, de se dire « enfin blanchi » par les pauvres quinze pages du rapport fourni par les services de Bercy —autrement dit par ses copains—, de s’avouer « énormément soulagé », d’ajouter « je me sens un peu mieux, enfin on me croit ! » que patatras : quelques garde-à-vue plus tard, le voilà lâché par ce fayot de Patrice de Maistre, gestionnaire de la macrofortune Bettencourt, de Maistre, qui a mangé son chapeau le ruban y compris en avouant avoir embauché la femme du ministre sur demande d’icelui. Woerth, bien entendu, et comme à son habitude, nie. « Ma femme a rencontré son patron dans le cadre de son ancien travail », s’est-il défendu, « c’était dans une banque. » On ne saurait, sur ce dernier point, remettre en question la parole de ce Pinocchio de compétition : les banques, il semblerait que madame y passait ses journées. Il n’empêche que son ministre de mari ne décolère pas : « on est totalement dans le surnaturel », s’est-il exclamé l’autre jour. Pas faux non plus : dans cette affaire, La quatrième dimension et autres X-files sont depuis longtemps enfoncés. Un autre exemple ? Interrogé sur sa possible démission du poste de trésorier de l’Ump (car, aussi curieux que ça puisse être, Woerth-le-pied-nickelé occupe toujours cette fonction), il a répondu : « je verrai. Je vais y réfléchir. » Autrement dit Sa Seigneurie fera selon son bon plaisir, et vous pisse à la raie, manants !


     Puisqu’on nage en pleine délinquance, écoutons ce qu’en dit Horte-boute-feux, le Filochard du Sarkoland : « il y a une réalité simple et claire dans ce pays : les voyous et les délinquants n’ont pas d’avenir, car la puissance publique finit toujours par l’emporter. » Songeait-il, en cette sotie, à son collègue Woerth autrement appelé Ribouldingue ? Que nenni. Hortefeux-de-paille parlait de Grenoble. De Grenoble, il parlait, entouré de tout ce que la puissance publique compte en matière de spécialistes de la guéguerre urbaine et autres brigades anti-émeute. Grenoble, ces temps-ci, semble être leur nouveau terrain de jeux. Depuis que Karim a été abattu par les flics — il venait d’attaquer un casino de la région, ce qui, bien entendu, mérite la peine de mort —, le quartier de la Villeneuve est le théâtre, comme disent les cons, de scènes d’une rare violence, comme les appellent les nazebroques. Comme c’est désormais la coutume depuis Villiers-le-Bel (voir plus bas), les cognes se plaignent d’être la cible de « tirs à balle réelle. » Eux débarquent Famas à l’épaule, prêts à viser les têtes, mais aimeraient que les mômes en face ne soient armés que de sarbacanes. Ce que veulent les poulagas ? Dégainer sans danger, mitrailler tranquilou à l’abri de leurs véhicules blindés. Ce qu’ils veulent aussi, c’est la guerre, en finir une bonne fois pour toutes. Ainsi Brigitte Julien, directrice là-bas de la sécurité publique, déclarait que « la nuit, l’objectif est de faire des prisonniers. » Non pas de procéder à des interpellations, mais bien de faire des prisonniers. Comme à Bagdad, quoi. Or, c’est de notoriété publique, quand on parle de faire des prisonniers c’est pour, un peu plus tard, s’autoriser à ne plus en faire. Vas-y Rambo, no prisoner ! 


     Rambo, dont le cœur bat sous tout ce qui porte l’uniforme, était-il également en faction sur le barrage de gendarmerie, du côté de Saint-Aignan ? Quoi qu’il en soit c’est là que fut tué Luigi, 22 ans, un jeune appartenant à la communauté du voyage, comme disent les trouducs, après qu’il eut refusé de se soumettre à un contrôle, car il conduisait sans permis — ce qui, bien entendu, mérite aussi la peine de mort. Bon, d’accord, ça a un  peu énervé ses copains — ils s’emportent pour un rien, ces gens-là, du voyage —, ils ont débarqués à cinquante dans la riante bourgade, attaqué la gendarmerie, défoncé une vitrine, tronçonné trois tilleuls et mis à terre quelque feux de circulation. Pour Philippe Galli, le préfet, ces incidents « ne seraient pas complètement fortuits », et risqueraient même d’être liés à la mort du jeune homme. Mazette, quelle capacité de déduction! Quoi qu’il en soit, devant un tel déchaînement de violence — comme disent les bâtards du 20heures—, le général de réserve Mignaux décida de déployer dans la commune rien moins que 300 gendarmes, rambo-isés à mort. La chasse aux voleurs de poules va pouvoir commencer.


     On attendra, pour sonner le cor, que le décidemment suractif Hortefeux-de-broussaille soit venu faire son petit tour sur place, qu’il ait feint d’écouter très attentivement et devant les caméras la souffrance des gendarmes du cru — lesquels, lors des évènements, se sont tout de même fait voler un tuyau d’arrosage —, puis qu’il ait déclaré devant le clocher que les voyous, dans ce pays, n’ont aucune chance à part Woerth, avant de remonter dans son Supercopter direction les Seychelles, le soleil, les vacances, la mer. Bon repos, Hortefeux-nouillard !


     Et pendant que le rouquin bronze —que mille cancers de la peau brunissent sa carcasse !—, d’autres croupissent à l’ombre, pour quelques années : le 4 juillet dernier, les cinq inculpés suite aux émeutes de Villiers-le-Bel, écopaient d’un total de quarante ans de prison, ferme et sursis compris, avec des peines de ferme s’échelonnant de 3 à 15 ans. 15 ans de tôle, pour avoir soi-disant tiré sur la poulaille. 15 ans, alors qu’il n’y a pas eu un mort. 15 ans, à la suite d’un procès mené à charge, devant une salle peuplée de policiers ricanant, et avec, pour seule preuve, quelques témoignages sous X, ce qui est bien pratique. C’est qu’il fallait faire des exemples, la maison poulaga réclamait de voir tomber des têtes après s’être couverte de ridicule en chiant dans leur froc sous le feu d’une chevrotine. Le trouillomètre à zéro, ces pleutres exigent désormais de n’affronter que des voleurs préalablement désarmés, parce qu’une décharge de gros sel dans le cul ça peut faire bobo au policier fessu. 15 ans fermes, pour un tir. De quoi vraiment regretter d’avoir raté sa cible.


     De combien écoperont les flicards meurtriers de Karim et Luigi ? D’un blâme, d’une mise à pied ? Mise à pied, certainement pas, ça risquerait de déplaire aux syndicats de keufs. Une remontrance, peut-être ? Attention à n’être pas trop dur, c’est sensible un poulet. Ou alors ils seront mutés quelque part dans le 93, à Villiers-le-Bel pourquoi pas, ce qui passera pour une sanction mais qui au moins leur permettra de s’exercer au tir sur cibles mouvantes et arabe, ou du voyage, de préférence.


        


                                                                                           Frédo Ladrisse


 (Tête dans le sable et fesses au soleil, ou l’inverse, l’autruche prend quelques semaines d’un repos pas mérité du tout, mais justement c’est les meilleurs. Tcho et bise, on se retrouve mi-août)               

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 20:00

France-Paris-Rom_Enfant-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? L’hallali sonne par vaux et monts, sus à la presse, mauvaise fille, ayant eu l’audace de s’attaquer à Woerth l’avorton rejeton pur sauce bling bling et Fouquet’s party d’un sarkozystan décadent, lapalissade dites-vous ? Certes. N’empêche qu’on entendit, de la part de Xavier Bertrand, ci-devant secrétaire général de l’Ump, parler des « dérapages très graves » des « méthodes totalement antidémocratiques, des méthodes fascistes » de la presse et des journalistes. Morbleu, diantre, république en danger sous prétexte que Médiapart  se penche sur le financement du premier parti de France, et, accessoirement sur celui, lui plus obscur encore, de la campagne de Sarkoléon ? D’où : le fascisme est à nos portes, ni plus, ni moins. Si, plus : pour la mère Morano, poule pondeuse de la loi Hadopi, l’affaire Woerth-Bettencourt n’est qu’une « opération visant à renflouer les caisses du site d’information, parce qu’ils ne sont pas à l’équilibre financier. C’est une stratégie de l’abject », a déclaré celle qui, il y a quelques mois, demandait aux jeunes des quartiers de ne pas parler verlan, et d’arrêter de mettre leur casquette à l’envers. Morano, l’abject, si elle en parle, c’est parce qu’elle le fréquente, de long temps. De son côté, l’abject Raoult supposait que le site en question « pourrait être implanté à Cuba», avant de dénoncer « des méthodes collaborationnistes. »  On appréciera, comme il se doit, le conditionnel de circonstance en ce qui concerne Cuba, de même qu’on attendra, sans réelle impatience, le ministre ou le responsable qui se lâchera jusqu’à traiter de terroriste quiconque, journaliste, juge, simple quidam, osera s’interroger sur la provenance de fonds ayant échoué, comme par mégarde, dans le portefeuille de not’président. Mais dans l’offensive générale menée par le pouvoir contre ce qu’il reste de médias dits libres, le caporal Lefèbvre, Frédéric, décroche une fois encore la palme du ridicule achevé. Le voilà, le triste sire, signant dans France-soir un papier sobrement titré « J’accuse » (laissant accroire par là qu’entre Dreyfus et Eric Woerth, il n’y aurait pas, comme ils disent, l’épaisseur d’une feuille de papier-cul). « Dans quelle France vit-on », commence à se demander le pitbull de service, avant de préciser : « j’attendais qu’une voix s’élève contre ce torrent de boue, mais l’attente est trop longue, alors je le fais, moi. » Et le boueux d’enfiler ses bottes, avant que de sortir la pelleteuse : « cette alliance d’une opposition rageuse et sans idées, et de certains médias aux relents d’extrême-droite et de trotskysme veut mettre à bas les principes qui fondent notre société. » Au final, pour l’égoutier, les médias en question ne seraient jamais qu’ « un nid de postrévolutionnaires en retraite. »  Diable ! Qu’on embastille Plenel, et vite ! N’avait qu’à pas s’en prendre aux véreux, affairistes, aux politico-fricailleux. Fort heureusement, Lefèbvre veille sur la gamelle, et bon en clébard à pépère il s’empressait, au lendemain de la présidentielle télévisuelle allocution, de lécher avec abondance les talonnettes de son maître : « dans un monde politico-médiatique qui a perdu sa boussole, il est important que le Président puisse indiquer le nord. » Pour l’heure, Sarko serait plutôt à l’ouest, qui pensait convaincre son monde avec des sorties telles que « dans la vie, il faut toujours être honnête. » Ah ah, mais qu’il est drôle. Néanmoins sa pauvre tentative d’étouffement a fait, comme disait l’autre, pschiiit,  et n’a pas ralenti le rythme de ce qu’il faut bien appeler une affaire d’état, de ces affaires qui, aux Etats Unis, au Royaume-Uni, provoquerait en moins d’une semaine la démission de Woerth, tout ministre qu’il fût. Mais nous sommes en France, n’est-ce pas. Même si l’argent est en Suisse.


     A propos : avez-vous succombé à la curiosité d’aller voir combien gagne, à peu près, la première contribuable de France? Curiosité trotsko-lepéno-malsaine et boueuse, dirait assurément Lefèbvre. Curiosité que j’ai donc eue. Sans parler de sa fortune propre, estimée, à la louche, à 20 milliards d’euros, dame Bettencourt encaisse, en dividendes divers, la bagatelle de 34 millions d’euros mensuels, oui j’ai bien dit : mensuels. Soit l’équivalent de 25 355 Smic. Mensuels. Mais chut, ne dites pas à la dame que c’est un peu beaucoup pour une seule et même personne, vous risqueriez de la chagriner, de désespérer Bettencourt : en filant ses enveloppes à la clique du Sarkoland, elle pensait donner aux pauvres et faire œuvre de charité.


     Désespérée elle l’est peut-être, depuis qu’elle a trois enquêtes aux fesses, et Woerth idem, qui n’en peut mais : « je suis outré, outré ! Maintenant ça suffit, ça commence à bien faire ! » glapissait, en début de semaine, Eric Woerth autrement appelé par ses amis mafieux mais néanmoins admiratifs « Le Collecteur de ces Dames. » Il perd ses nerfs, le magouilleur. Il devrait pas. Il devrait, comme tout un chacun, faire confiance en la justice de classe de son pays.


    Pendant ce temps, rue de Solférino, on s’inquiète quelque peu: c’est pas le tout de cogner à bras tout raccourcis sur Woerth, encore faudrait-il être sûr que le nouvel hymne du PS devienne, cet été, le hit des campings. « Tourner la page », ça s’appelle. On ne sait qui a eu l’idée, saugrenue, de cette ritournelle, mais ça dit par exemple « il est temps, il est l’heure, de voter passionné, optimiste ! » J’en ris encore, aux larmes (1). Même Manuel Valls, de la maison, marmonnait l’autre jour sur un ton un brin dépressif « cet hymne, bon disons qu’on va vite l’oublier. » C’est effectivement déjà fait.


     Quittons un temps le registre des bouffonneries qui lassent, et penchons-nous, bien circonspects, sur une mesure annoncée il y a peu par Hortefeux-nnec et qui, très curieusement, passa quasi inaperçue. Le ministre de l’intérieur a ainsi décrété que « les étrangers qui présentent une menace à l’ordre public » et qui sont « l’objet d’un recours qui empêche leur expulsion » se verront « désormais obligés de porter un bracelet électronique. » Suffisait d’y penser, en fait. A quand la puce RFID incrustée sous l’ongle de l’étranger, cette menace ? Si cela pose quelques questions d’ordre déontologique, voire simplement juridique, peu importe, on les contournera : dans la même déclaration Hortefeux-nouille justifiait ce port de bracelet par le fait de vouloir « aller plus loin dans la lutte contre le terrorisme. » Antique ficelle me direz-vous, que cette histoire d’antiterrorisme estampillé vichypirate, corde usée de long temps mais dont on voit qu’elle sert encore, et, bracelet ou pas, serre toujours les mêmes collets.


     Autre collets serrés : les Rroms du campement du Hanul, à Saint-Denis 93, expulsés le 6 juillet dernier, à l’aube et violemment. 150 personnes jetées hors de chez elles. A celles qui exigeaient des flics qu’ils montrent l’avis d’expulsion il fut répondu, sic, que « c’est dans les films que ça se passe comme ça. » Encore une bonne raison de préférer, parfois, la fiction plutôt que certaine réalité… Immédiatement après commençait le balai des pelleteuses et autres déblayeuses, concassant en un même mouvement habitations et affaires personnelles. Le Hanul était un symbole, plus ancien campement de la région, et le préfet fraîchement nommé — ex directeur du RAID, nous en avions parlé ici —, ne s’y est pas trompé : « le 93 ne tolérera plus aucun campement de Rroms », a tonné notre superkeuf. Donc on fait quoi ? On les parque dans de pseudo-« villages d’insertion », pauvres alignements de caravanes surveillés par chiens et vigiles, comme à Saint-Ouen il y a deux ans ? Ça devait durer huit mois, le temps de trouver « une solution ». Les familles y sont encore… Façon de dire que le préfet, tout Robocop qu’il soit, rêve debout : des campements il y en aura d’autres, dans le 93 et ailleurs, et ce n’est pas demain la veille que son pote Hortefeux-d’artifice leur collera un bracelet, électronique ou pas. Ni collier ni laisse pour les Rroms qui, si ils ignorent certaines choses, sont par contre, eux, certains de n’être pas des chiens.        


                                                                                               Frédo Ladrisse              (1) Le PS à la rose, c’est là : hymne PS 2010

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