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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 16:01

1292232537-khadafi_fils.jpgTirant tête hors du sable du désert libyen, égyptien, tunisien, audonien, vesulien qu’entends-je ? C’est un fils de Kadhaf’, beau gosse aux joues bronzées, sous-pull cachemiré sur corps d’ange, athlétique en  diable le rejeton et qui ose, face caméra, décrire un Tripoli tranquille, tout est calme les gars, et puis zéro mort et encore : « vous découvrirez bientôt que tout ce qui s’est dit sur la Libye n’était qu’une vaste blague. » Big joke, insiste-t-il, avec cet accent so british propre aux fils de pourriture ayant traîné leur jeunesse lasse sur les terrains de cricket des meilleures universités. Passons. En cette période, de toute façon, les  big joke semblent devoir dévaler la montagne de nos incertitudes et nous submerger, nous noyer, nous avaler tout cru nous, fantassins piteux d’une réalité à laquelle nous ne comprenons rien — nota bene : si vous ne comprenez rien non plus à la phrase qui précède, pas d’inquiétude, camarades : il arrive à l’autruche elle-même d’entraver queue dalle à ce qu’elle dit. Néanmoins, et toute chose égale par ailleurs —spéciale dédicace à Wally, dont c’est l’expression préférée : toute chose, donc, égale et surtout par ailleurs, les vastes blagues ne manquent pas ces jours derniers, qui ne nous viennent pas toutes du pays des chameaux sauvages, exemple : un membre fondateur du groupuscule d’extrême-droite appelé en son temps Occident vient d’être nommé, par Sarkozy, ministre de la Défense. Longuet, tel est son nom, Gérard est son prénom. Cet increvable défenseur des « valeurs chrétiennes » se retrouve donc à la tête d’une armée empêtrée dans le merdier afghan. Est-ce drôle ? Moyennement. Car il se trouve que le Longuet est également connu pour ses antipathies dès lors qu’il s’agit de l’islam, ou bien pour ses raideurs au sujet, par exemple, de l’homosexualité. Quant à son copain Hortefeux, condamné à deux reprises pour injures ou propos racistes, le voilà bombardé conseiller spécial du palais, en prévision des élections censées reconduire le Grand Vizir dans ses fonctions, l’année prochaine. Dès lors, inutile de demander le programme de la big farce électorale, il est lisible sur leurs fronts. 

     Dans le registre de ceux qui aiment bien rire de tout et même avec n’importe qui, la palme revient cette semaine au maire de Tchita, ville russe de Sibérie. Il se trouve en effet que ce brave Mikhalev, Anatoli de son prénom, par ailleurs membre du parti de Vladimir Poutine, a fait part de ses regrets de chasseur: « malheureusement  on n’a pas de permis pour tirer sur les sans-abris, on n’a donc  pas de moyens légaux pour en venir à bout », a-t-il confié, tout de go. Devant la bronca provoquée en Russie même par ses propos, monsieur le maire s’est senti merdeux, s’est excusé, a précisé pour nous, trop cons, qu’il n’avait pas été compris : il ne s’agissait jamais qu’un de ces traits d’humour, fréquents en fin de banquet, bref, là aussi : d’un big joke.

     On en riait encore lorsqu’un casse-délire nous appris qu’en Côte d’Ivoire, désormais, la guerre civile menait son petit bonhomme de chemin. Que ça s’entretuait là-bas, sévère, morts par milliers et pauvres gens jetés sur les routes, en errance, en danger, sans que ça émeuve plus que ça un Occident ayant d’autres chats arabes à fouetter. C’est qu’il n’y a, en Côte d’ivoire, ni pétrole ni silicium, ni de ces petites choses qui permettent à nos Blackberry de fonctionner correctement, tout en assurant la fortune des dynasties Bouygues et consorts. Où est alors Sarko l’agité, rangé aux côtés de Ouattara il y a quelques mois à peine, où sont ses discours menaçants, ses vindictes, sa verve guerrière? Rentrés. Ravalés. Renfrognés. Ramenés au rang d’un Big Joke. Finalement, c’est fou, en ce moment, ce qu’on peut rire de tout.

 

                                                                                            Frédo Ladrisse

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 22:18

index-copie-3.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après La Tunisie, après l’Egypte, la Libye? Seïf Al-Islam Kadhafi, le fiston du colonel, a beau promettre à son pays « la guerre civile, des rivières de sang : nous nous battrons jusqu’au bout, nous nous entretuerons dans les rues », on a beau dénombrer plus de 400 morts en 6 jours, n’empêche : le ministère de l’intérieur et de nombreux bâtiments publiques, à Tripoli même, sont en feu,  tandis que certaines villes de province ont d’hors-et-déjà basculé du côté de l’insurrection. Bref, ça sent le sapin pour un pouvoir considéré pourtant par les puissances occidentales comme indéboulonnable, par principe et par intérêt. Encore une analyse foireuse démentie par les faits, il serait temps, ne trouvez-vous pas, que les mal-comprenants occupant les offices du quai d’Orsay lèvent leurs lourdes paupières et osent regarder en face le monde tel qu’il va. Qui se souvient de leur enthousiasme lors de la chute du mur de Berlin et des « révolutions » qui s’ensuivirent, à l’Est, de la manière indécente que ces guignols avaient de danser la carmagnole autour de la dépouille du communisme autoritaire et de proclamer, dans le même mouvement, la « fin de l’histoire » , la victoire, définitive, du capitalisme ? On les retrouve, aujourd’hui, beaucoup plus timorés face à la vague révolutionnaire qui submerge le monde arabe. C’est qu’ils nous arrangeaient bien, ces dictateurs amis de la France qui, en échange d’une paix royale sur le plan intérieur permettaient à nos entreprises de continuer d’exploiter les ressources de ces pays. C’est aussi, sur un autre plan, que toutes ces rues-qui-gouvernent risquent de donner des idées aux populations assoupies et replètes d’Europe. Aussi, ces révolutions surprenantes sont traitées comme par-dessus la jambe par nos castes dirigeantes mais néanmoins frileuses — et, osons le mot, un peu froussardes —, dont l’objectif actuel est d’en minorer la portée.

     Une autre hypothèse consisterait à considérer que l’occident n’a réellement pas pris la mesure des bouleversements planétaires qu’impliquent ces soulèvements. Dans le cas de la France, la nomination à Tunis de l’ambassadeur Boillon abonde dans ce sens. Déjà, nommer en Tunisie un jeune homme qui, jusqu’à présent, représentait la France en Irak — pays dévasté s’il en est, par ailleurs toujours en guerre —, souligne l’incompréhension de la Sarkozerie à l’égard de l’actuelle situation tunisienne. Mais Boillon parle l’Arabe littéraire, alors on l’envoie lui — dans un pays francophone, bien vu… Puis, non content de poser en slip sur le site de Copains d’Avant, celui  que Sarko se plaît d’appeler « mon petit Arabe », met toute son inexpérience au service de sa mission, insultant dès son arrivée les journalistes tunisiens, accusés de « poser des questions débiles », en rajoutant dans le registre furibard, fulminant « mais enfin, est-ce que vous croyez que je suis à ce niveau, hein ! »Dès le lendemain des centaines de Tunisiens manifestaient devant l’ambassade de France, brandissant des cartons exigeant « Boris, dégage ! »  Le gaffeur s’est depuis excusé, à la télé et en Arabe littéraire, mais le mal était fait et la « nouvelle page » des relations franco-tunisiennes déjà tâchée de gras. Boillon, ah lala, Boillon…Une telle nomination, c’est ce qu’en langage diplomatique on appelle une « erreur de casting ». On attend avec impatience de voir quelle « erreur » de ce type sera nommée ambassadeur en Egypte — Lagaff’, Eric Zemmour ? Ah tiens, j’allais presque oublier : pour en finir avec Boillon, voulez-vous savoir ce qu’il disait du colonel Kadhafi, pas plus tard qu’en novembre dernier ? « C’était un terroriste, il ne l’est plus, il a fait son autocritique. Dans sa vie on a tous fait des erreurs, et on a tous droit au rachat. » Sans commentaires…                      

 

     Revenons un temps en nos contrées, et arrêtons-nous un moment, pas plus, sur le cas DSK. 7 millions de pauvres hères ont patienté devant leur poste, dimanche dernier à 20h, en attendant l’annonce de sa candidature à la course présidentielle. Mais non, bouche cousue, Strauss-Kahn s’est simplement fendu d’un tour de piste pour rien. Tout au plus Monsieur le Directeur du FMI a-t-il enfilé de vastes perles telles qu’ «il existe un risque de déclassement de l’Europe par rapport à l’Asie », qu’avec la crise « on a évité l’effondrement, mais on n’a pas évité les souffrances » et autres évidences destinées aux enfants que nous sommes assurément, aux yeux de ce maître du monde. Le suspense, donc, demeure entier, concernant sa candidature. Et je connais personnellement un membre du parti socialiste (on n’ose plus dire : un militant, tant ça milite nada dans ces partis de gouvernement) qui, réellement, n’en dort plus. A quoi ça tient, n’est-ce pas, une bonne nuit de sommeil… Ah y'a aussi, tiens, la Berlu : Il Cavaliere, pour sa part, dort comme un bambin, et se déclare « absolument pas préoccupé » par le procès qui l’attend aux premiers jours d’avril. A noter, au passage: voilà un pays, l’Italie, où le président du conseil toujours en exercice est traduit devant la justice, tandis que de l’autre côté des Alpes tout est fait afin d’éviter au citoyen Chirac, en retraite depuis 2007, une comparution jugée par d’aucuns infamante. Il semble par ailleurs, pour le sarkoland, impossible ne serait-ce que d’envisager la démission d’une ministre aux affaires étranges. Comme le susurrait l’agité de l’Elysée lors de son show télé à plaisanteries multiples, tout porte à croire que, dans ce pays, « tout n’est pas en abscisse et en ordonnée. »

     Tu parles, chacal! Tes abscisses sont autant d’abcès, de pustules pullulant sur le corps social, exemple récent : la Sécu. Future victime du programme de casse systématique des acquis, c’est par la bande que Sarko et ses potes mafiosi s’attaquent à cette citadelle, usant jusqu’à la corde du prétexte de la dépendance, surtout, de son financement. Bien entendu, comme d’habitude, les caisses sont atrocement vides. Sarko, économiste en diable, demande donc « à chacun d’entre vous d’examiner toutes les autres options possibles, y compris celle de l’assurance. » Privée, l’assurance, ça va de soit. La création de la désormais célèbre cinquième branche, livrée d’emblée aux assureurs, risque bien d’être le premier coin enfoncé au cœur du principe de solidarité. Mais pourquoi ne pas privatiser dans le même mouvement l’assurance maladie, l’assurance vieillesse,… ? Pas d’impatience : ça viendra.

     Quelle que soit la façon que choisiront ces aigrefins pour nous la mettre grave, certains de nos contemporains n’auront guère le loisir d’en supporter les conséquences. Au hasard : les Roms. Une double page dans la presse livre un constat sans concession : non seulement les expulsions n’ont pas chassé les Roms de France, dont le nombre reste à peu près stable, mais surtout les conditions de vie de ceux et celles y résidant se sont largement dégradées. Belle réussite, y’a pas à dire. Variable d’ajustement de la politique migratoire (les Roms constituent plus du tiers des reconduites à la frontière), on en use pour gonfler les chiffres, sans se soucier des conséquences. « Oui, il faut expulser les Roms », s’emporte ainsi Jacques Myard, député Ump. « Expulser permet de rappeler à ces gens qu’ils ont le droit de venir, mais pas de s’établir en France. » Le droit de jouer les touristes, quoi. Pour l’heure, ces « touristes »-là survivent dans d’immenses bidonvilles, tel celui de Sarcelles, dans le 95, qui compte un milliers d’habitants et… un unique point d’eau, une borne d’incendie, à l’entrée du campement. Et c’est sans compter les déchets qui s’entassent entre les baraques, comme personne ne vient les ramasser (pas une benne, à l’horizon). A Sarcelles, les riverains seraient, parait-il, exaspérés. « Il y a un vrai risque pour notre santé », se lamente l’un d’eux. Et tes poules, tu as pensé au moins à les rentrer ?

 

                                                                                         Frédo Ladrisse.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:57

index-copie-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Sonner le glas, eh oui les gars, de toute culture autre que vulgaire. Nous nous devons d’abandonner tout espoir en ce domaine, adieu vaches sachant disserter voir, quelle horreur, lire des livres, adieu veaux doués pour les écrire et autres cochons attentifs, disponibles, affables, adieu porcs philosophes. C’est très triste, en réalité, d’assister de son vivant à la mise à mort de ce qui fut en d’autres temps appelé les humanités, et n’avaient pas besoin de H majuscules. Les voilà néanmoins à terre, par la grâce d’une nouvelle crasse politique, inculte et fière de l’être, agressivement dressée sur ses ergots de misère en même temps que tout à fait prête à sortir son revolver, dès que sont prononcés les mots livres, films, théâtre, ou pire encore : éducation. On n’arrête plus les cons : ils ont le pognon, ils le gardent, le distribuent à leurs amis, lesquels sont tout, sauf éditeurs. Et tandis que Houellebecq, à la suite d’Ernest Pérochon (Goncourt 1920), fête son triomphe chez Drouant, la princesse de Clèves sait assez en quel dégout elle est tenue ces derniers temps, au même titre qu’un Edmond Dantes, lequel est rien moins que contraint de pointer au RSA. Houellebecq roi du Sarkozystan ? Est ici respecté une certaine logique de concassage systématique de la création vivante DONC forcément dérangeante CAR nécessairement, puissamment révolutionnaire. Triomphe, et merde, une vision strictement commerciale, mercantile, des idées, lesquelles, parce qu’industrialisées doivent rapporter, ou disparaître. Dès lors, le niveau baisse. Et l’âne triplement bâté néanmoins président s’autorise alors de ces sorties telles, l’autre jour à la téloche : «  je vais faire un incident », qu’il dit, quand ce trou du cul-là pensait à oser une incise au sein de son bêlant discours. Dans le même registre, et s’adressant à l’un de ces interlocuteurs : « si je vous ai paru méprisant, je m’excuse. » On n’est jamais, c’est vrai, si bien servi que par soi-même, cependant en français correct c’est l’autre qui vous excuse, ou non. Et là ce serait plutôt non. Une autre ?  « Avant l’été, madame, les Français qu’est-ce qu’ils ont comme sentiment ? », demande le bouffon, qu’est-ce qu’ils ont, hein madame, avant l’été, comme sentiment les Français ? Un peu, si vous voulez, le même qu’après l’été. Un sentiment, hum, de gêne.          

     Comme nous causons de Neuneu lâchons, pour un temps, Sarkozy, citons ce brave Dupont-Aignan — pas le d’Isigny, l’autre : « quand on me connait on vote pour moi », paonnait l’autre soir le gaulliste gallinacé — espèce menacée s’il en est. Son drame : être ignoré, alors même qu’il gagnerait beaucoup (de voix) à être connu. Las ! Dupont qui, déjà ?...

     C’est d’une roue différente que pavanait, en d’autres pages, la mère Parisot, d’une roue libre comme l’air qu’elle ne désespère pas de pouvoir, un jour, tarifer. Un temps, la mère s’était faite discrète, au point qu’on en était inquiet, ou quasi, pour ses abatis. Mais passé la tempête grévière de l’automne elle nous revient, et en pleine forme : au sujet des revenus indiciblement indécents de ses amis patrons Parisot rappelle, sans rire, que ceux-là  «ont fait un effort considérable concernant la transparence. » On saurait mieux ce qu’ils gagnent ? Ça nous en fait une belle, de jambe, et une soi-disant toute neuve conscience pour les stock-optionnards outrancièrement blindés de biffetaille. Qu’à cela ne tienne, pour Parisot, tout continue d’aller bien mal : c’est que les entreprises françaises grossissent moins vite que les allemandes, c’est là le drame, qu’elle dit. La faute à qui ? Là, hystérie : « c’est à cause de l’ISF, de l’ISF, oui ! C’est à cause de l’ISF ! » A l’intention de nos amis sourds et autres ralentis de l’oreille: Laurence Parisot nous dit qu’elle est contre l’ISF.

     Au rayon des sourdingues, on retombera ici sur ce non-appareillé de Sarko, lequel n’entend ni ne comprend le cri de la magistrature, le soir au fond des bois de justice. Il la méprise, surprise !, davantage que vous et moi —ce qui n’est pas peu dire. En un mot il la hait, la traitant telle une gangrène certes utile par moment à cette démocratie de façade, mais quelle plaie, les juges, hein ! Aussi subissent-ils à nouveau le présidentiel courroux, à l’occasion du tout dernier surmédiatisé fait divers. Mais ils réagissent, ils s’opposent, ils maugréent, ils manifestent ! Que veulent-ils, ces juges, de la brioche ? Selon Baroin, porte-parole patenté et lèche-talonnettes d’or toutes catégories confondues, « ce mouvement n’est pas juste, il est le fait de magistrats qui refusent d’assumer leur responsabilité. » Puis d’en faire des kilos, le toutou, sur le meurtre de Laëtitia, « épreuve collective », qu’il dit. Collective ? Comment ça ? Qu’a de collective une épreuve qui, de par sa nature, est à peine inimaginable pour le quidam situé hors du champ direct du drame ? Cependant, se lâchant et semblant incapable d’une pudeur à minima, le récupérateur démago ose ceci, d’anthologie : « c’est le Président de la République qui reçoit la douleur des familles, qui reçoit ce cri. C’est une douleur pour lui. » Ainsi donc souffre Sarkozy, en sa chair, en son être, tel l’agneau, amen … Dans le registre de l’odieux, on a rarement fait pire que cette sortie-là. Si j’étais le père de Laëtitia, peut-être trouverai-je encore la force d’aller lui péter sa sale gueule, au clébard Baroin. Et tant qu’à y être, à son maître.

     Ça rigole plus ? Rionz’un peu, avec nos amis les comiques, au premier rang desquels s’avance Philippe Sollers, le précieux ridicule des lettres germanopratines : « Tout jeune, j’étais déjà anarchiste. Il faut réveiller l’anarchie ! », s’emballe l’écriveur vain. Une déclaration qui, vous en conviendrez, ne manque pas de piquant de la part d’un bouffon passant le plus clair de ses nuits sans lune à hurler avec les loups qu’il est catholique, oui monsieur, pratiquant, parfaitement madame ! Et qui, lorsque c’était la mode, s’était arrangé pour sucer de ses lèvres lippées l’anneau papal de Popaul II… A voir un tel falot se réclamer subitement d’une idéologie dont il ignore tout et jusqu’à l’orthographe, on est en droit de se demander si l’anarchie n’est pas en train de devenir fashion. Merde alors, manquait plus que ça.

                                                                                          Frédo Ladrisse. 


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 00:13

Tirantindex.jpg tête hors du trou, qu’entends-je ? En Chine, débute l’année du lapin. Information de prime abord tout à fait dénuée d’intérêt, de second abord idemement, nous en sommes bien d’accord. C’est juste que ça fait du bien, de parler de lapin, ça nous change des carpes. « Quand je suis allée en Tunisie il ne se passait rien », se défendait ainsi MAM, carpe diem en représentation l’autre soir, sur les plateaux téloches, après que fut révélé ses vacances là-bas , aux alentours du jour de l’an. Elle faisait alors face au clébard Pujadas, homme-tronc dont il se dit qu’il a les mains rugueuses mais la langue bien humide . « Quand je suis ministre je suis ministre, quand je suis en vacances je suis comme tous les Français », ajoutait la dame baladée, en pleine insurrection, dans un jet privé appartenant à un des voleurs de la clique de Ben Ali Baba. Tous les Français feraient ainsi lors de leur séjour à Djerba? Tous les Français n’ont, en tout cas, guère la possibilité de squatter les écrans télé telle la ministre ce soir-là, quittant Canal+  à 19h55 pour être en direct sur F2 à 20 heures  précises. Les studios des deux chaînes étant loin d’être mitoyens, le doute n’est plus possible : Mouche A Merde, c’est Wonderwoman. Une Wonderwoman agacée : «écoutez, j’ai juste pris cinq jours de vacances, et franchement je les méritais. » On n’en doute pas, Mouche. « J’ai pas pensé à mal », qu’elle dit, et « je suis meurtrie, vraiment meurtrie ! » Pauvre Mouche, pauvre Merde, MAM, qui, toute meurtrie qu’elle fut, n’en conclura pas moins sa toute martiale intervention par un « je ne démissionnerai pas », qui vaut son pesant de culot et son poids de foutage de gueule. Je ne démissionnerai pas, disait aussi Woerth en son temps. Depuis, il s’est fait gravement lourdé. A méditer, Mouche, n’est-ce pas… Car même si, selon Baroin, porte-parole du Sarkozystan, « l’affaire est close » désormais (pour qui il se prend ce morveux, pour un proviseur de base ?), tout porte à croire qu’à la première occase MAM sera, comme Woerth, débarquée. Tiens, une station-service : Michèle, sois gentille, vas donc nous chercher des Kinder… Allez Fillon démarre, démarre ! 

     Cependan t, accabler la Mouche se révèle par trop aisé, et ne saurait nous faire oublier que Madame Royal, suite à sa campagne de 2007, était partie « se ressourcer » où donc ? En Tunisie, que Strauss-Kahn y fut décoré par Ben Ali himself le 18 novembre 2008, et qu’il vanta alors le modèle tunisien, « meilleur modèle à suivre pour les pays émergents. » Sic. Et Sarko, quand on y repense : c’est à Louxor que le gars avait pris ses premières vacances en compagnie de Carla et de toute la smala, aux frais de Bolloré, son copain milliardaire. Force est donc de constater qu’Egypte, Tunisie, « destinations prisées » des Français qui ont les moyens — et pas de cerveaux —, fut aussi, de long temps, celles du personnel politique. On apprendrait que Krivine coule une retraite heureuse en compagnie d’Arlette L. du côté de Charm el-Cheikh qu’on en serait pas plus étonné.

     En France, pendant ce temps, quoi en France ? La routine pépère, si ce n’est ces Compagnies Républicaines de Sécurité en grève de la faim, pas en grève de la Kronenbourg : ils n’auraient jamais tenus trois jours. « On est une famille CRS ! », beuglait l’autre jour l’épouse d’un de ces fourbus militaires qui refusent — on aura tout vu ! — désormais de déménager. Famille CRS : me vint alors en l’esprit l’image des petiots, de la môman, de la mamy, des frères et des sœurs tous bien uniformés et matraques et casques en sursis… Pour me débarrasser de l’image enquiquinante j’allais pour m’en rouler un petit quand la ministre des sports, Chantal Jouanno qu’elle s’appelle, s’est invitée dans le poste afin de donner son avis sur un sujet que visiblement elle ne connait qu’imparfaitement : « quand on voit les dégâts que fait le dopage dans le sport, on ne peut qu’être contre la légalisation du cannabis », a dit la madame, sans rire. Alors j’ai revêtu mon jogging flambant neuf, et je suis parti dormir.

     Le petit matin fut pénible, à l’écoute de Radio-Paris, ondes sur lesquelles s’exprimait l’ineffable Laurent Gerra, autrement appelé Le Luron du Sarkon. « Moi, je suis anarchiste », dit le gars. Anarchiste de droite ou de gauche, demande le journaleux. « Ne mêlons pas la politique à ça », répond alors le drôle. Finalement, sans le vouloir, il aura répondu.

     Plus tard dans la journée, parcourant le journal, on apprend l’existence d’un nouveau jeu de société. « Plan social », ça s’appelle. Une sorte de monopoly où vous êtes censés vous glisser dans la peau d’un actionnaire sans foi ni loi. Le but ? virer le plus de salariés possibles, afin de réduire les coûts et de faire grimper le prix de l’action. Je suis comme vous, naïf. J’ai d’abord cru à une blague, à un jeu au second degré, par exemple édité par J.L. Mélanchon afin de dénoncer les excès du capitalisme. Que nenni. Le jeu existe bel et bien, et se pratique totalement au premier degré intégral. Il est où, mon jogging de nuit ?   

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.  

 


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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 00:54

sark-ben-ali.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après des décennies de pouvoir sans partage, le Président s’est donc envolé, renonçant à la toute-puissance et aux prérogatives que lui conféraient son poste, néanmoins embarquant la caisse, boursouflée de biffetons. On n’entendra plus parler de lui si ce n’est de loin en loin, et c’est rien de dire qu’il y a peu de chance qu’il vienne à nous manquer. C’est du président du FN dont il s’agit évidemment, du vieux Le Pen ayant, ce week end lors du congrès de Tours, refilé Sceptre et Main de Justice à sa fifille Marine. « De simple mouvement des éveilleurs, je veux faire du Front National celui des bâtisseurs », tonitrua la benjamine. S’il est question de bâtir prisons et camps de rétention, prière d’avertir la Marine que la clique Sarko a pris une furieuse avance.   

     Mais laissons-là ces chiffaillons de la France bleu-blanc-beurk, et revenons à l’essentiel : une fois n’est pas coutume, c’est clairement l’actualité internationale qui prend le pas sur les habituelles sotties hexagono-hexagonales. A moins de se passionner pour la question, certes cruciale, du calendrier relatif aux primaires du Ps — forme de perversion extrême, heureusement fort peu répandue —, à moins d’accorder on ne sait quelle attention malade aux sorties d’une Martine Aubry placée sous codéine intense :« nous avons la force, mais la force, comme vous le savez, peut être tranquille » a-t-elle bramé, ou encore, ceci : « les socialistes sont prêts, le changement est proche », hi hi hi,… à moins, donc, de se fourvoyer en de sempiternelles ritournelles sans queue ni tête ni alouette, l’honnête homme et femme et autruche ne saurait éviter de jeter un œil, même globuleux, au-delà des frontières. Vers la Tunisie bien sûr, vers le Niger également, vers Haïti enfin, Haïti dont notre monde de riches et renfrognés voleurs — en un mot : l’occident — a décidé de se ficher, définitivement. On reprend ?

     Tunisie : après quatre semaines d’émeutes, Ben Ali s’est donc taillé, emportant avec lui quelque tonne de métaux précieux, comme tout dictateur qui se respecte. Malgré la décapilotade de son pote, à l’heure où s’écrivent ces lignes Sarko n’a toujours pas prononcé le moindre mot au sujet de cette fâcheuse affaire, lui qui, en général, se montre comme on sait fort soucieux de réagir avec promptitude aux secousses agitant notre pauvre planète. Là, ça tarde, ça se tait, cela vaut mieux me direz-vous, plutôt que de commettre une bourdasse à la mode Baroin lequel, pas plus tard que la semaine dernière, jugeait la position de cette France qui ne pipait mot « équilibrée », et qui pensait qu’aller plus loin serait « faire preuve d’ingérence », ce dont il ne saurait être question puisque « la Tunisie est un ancien protectorat français. » Pas faux. Et donc ? Faut-il rappeler à Baroin-le-chafouin avec quelle belle énergie Sarko s’est ingéré dans les affaires de la Côte d’Ivoire, pourtant ancienne colonie ? Faut-il rappeler également qu’il y a quelques jours à peine MAM, ministre des affaires étrangères, s’exprimant devant les députés, n’excluait pas l’envoi de gendarmes français du côté de Tunis, car « le savoir-faire de nos forces de sécurité permet de régler des situations sécuritaires de ce type »? Elle a l’air finaude, tiens, maintenant, la gendarmette. Quoi qu’il en soit, et alors que ça ne fait même pas quatre jours que Ben Ali a ripé du trône, ces guignols se bousculent sur les plateaux téloches histoire de ne pas insulter l’avenir, et de prendre, sur lui, des gages. Delanoë, maire de Paris, assure ainsi n’avoir « pas croisé Ben Ali depuis beaucoup d’années ». Sic. Parions sans risque qu’ils ne manqueront pas, les politiques jurant, main sur le cœur, ne pas connaître ce monsieur, Ben comment vous dites ? Déjà, comme légèrement gêné aux entournures de son soutien indéfectible au dictateur durant vingt ans, le gouvernement français, par la voix de son ministre de la défense j’ai nommé Juppé-le-Moko, justifie son silence par de piteuses circonvolutions, « la plupart des pays occidentaux pensaient, comme nous, que la Tunisie était un pays stable. » Stable, dans la bouche de Juppé, signifiant verrouillé, tenu, parfaitement policier. «Nous avons sous-estimé l’exaspération de l’opinion publique tunisienne », ajoutait le pantin à la figuration funeste, dans la mesure où, tous, nous savons que la politique étrangère, à l’instar du prix de la baguette et de la demi-livre de beurre, se décide à l’Elysée. Reste à citer Guéant, conseiller spécial de Sarko, Claude Guéant selon lequel « personne ne pouvait prédire que les choses iraient si vite, et aussi loin, en Tunisie », pour ensuite en tirer une très limpide conclusion : nous sommes, en France, gouvernés, dirigés par une bande de types à ce point imbus de leur personne qu’ils n’imaginent même plus qu’un mouvement populaire puisse les faire décaniller. « Ce n’est pas la rue qui gouverne », tonitruent-ils en chœur et depuis des années. Là, ils découvrent, effarés, que la rue, le peuple, existe encore, que donc leur pouvoir est fragile, qu’ils peuvent être balayés en l’espace de quatre semaines. Forcément, le Sarkoland est incapable de prévoir, plus encore de concevoir cela, mais le message est clair : les révolutions ne sont pas toutes de ces moments désuets appartenant au passé, elles peuvent, si nous le décidons, se dérouler ici, demain. Un message que feraient bien de méditer également tous ceux et celles n’ayant pas cru, cet automne, aux chances de succès du premier grand mouvement anti-sarkozyste de masse, appelé, par commodité, « lutte contre la réforme des retraites ». Que ceux et celles retournés fissa à la niche dès que fut votée la loi funeste et alors même que nous avions, au bout de nos bâtons, la possibilité de bloquer ce pays de trous du cul, de le mettre à genoux, de renvoyer l’excité de l’Elysée et sa bande au néant qu’ils n’auraient jamais dû quitter, que celles et ceux-là tentent, au moins, de s’inspirer, la prochaine fois, de l’exemple tunisien. Afin de ne plus être mièvres et pleutres, comme aime à nous considérer les pourritures qui nous gouvernent, et qui savent que la peur nous tient, qu’elle nous fait reculer. Cet automne, à nouveau, nous leur avons donné raison.

     Le Maghreb et le monde arabe a peut-être encore quelques leçons d’insurrection à nous donner : au Yémen, en Egypte, au Maroc ça s’agite. En Algérie idem, où quoi qu’on en dise le feu couve, l’Algérie, sur laquelle le vieux Le Pen, l’autre matin, a une nouvelle (une dernière ?) fois craché, lorsqu’un auditeur de Radio-Paris lui demanda si, dans les circonstances actuelles, il avait quelque chose à dire aux Algériens: « je n’ai rien à dire aux Algériens, ils ont voulu l’indépendance ? Qu’ils prennent leurs responsabilités. » Point. Cela fleure mauvais son 1961 et sa Villa des Roses, n’est-ce pas ? Décidemment l’antique verrat aura tenu à rester infect jusqu’au dernier moment de sa crapouilleuse carrière. Au fait : comment appelle-t-on, déjà, la petite du verrat ?

     Au Niger, c’est autre chose : lorsque des Français sont enlevés désormais ça mitraille, ça hélicoptérise, ça lance de ces assauts commando ah non mais !, on se laissera plus faire !... Résultat, deux otages tués, on sait plus trop par qui. Pourtant, dans le même temps, on se laisse faire au Mali, où sont détenus cinq Français, on se laisse faire en Afghanistan. De mauvaises langues prétendent que la différence entre le Niger et, par exemple, le Mali, par exemple l’Afghanistan, c’est qu’au Niger y’a de l’uranium. Donc, de gros intérêts. Donc, des entreprises de chez nous. Grosses, les entreprises. Dans ces conditions pas question de laisser les dingos d’Allah mettre en péril le bizness. En Haïti, qu’y-a-t-il ? Depuis un an, des gravats, des tentes, des gens dessous les tentes. Il semblerait que ça n’émeuve désormais plus personne. Des milliards de dollars d’aide internationale sont bloqués dans les caisses du fait d’une ONU incapable d’en finir avec de sombres histoires de réglementation concernant la reconstruction. Qu’y-a-t-il, en Haïti ? Certainement pas d’uranium.


                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 22:35

index-copie-6.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? L’ont-ils bien fêté, la galette, les poulagas de Montpellier ? Tout porte à croire que oui, qu’elle fut grandement arrosée la policière frangipane, la fève revenant sans nul doute à celui d’entre ces guignolos qui lança, l’autre jour, un avis de recherche relatif à un homicide, avis décrivant « une personne jeune, de petite taille, mince et habillée d’une capuche. » Sic, car désormais, savez-vous ? Une capuche vous habille. Dès lors, quand bien même une personne sur trois pouvait se sentir concernée par l’avis en question, la parano n’a pas gagné le chef-lieu de l’Hérault, mais le fou rire, forcément.  Par ailleurs, on me glisse dans l’oreillette qu’à l’heure où s’écrivent ces lignes, Tom Pouce court toujours.

     Elle court pareillement, quoi qu’encore plus vite, la jeunesse de Tunisie, confrontée lors de larges émeutes aux tirs à balles réelles. On parle de dizaines de morts. On parle de centaines d’arrestations, et d’une situation, en pratique, insurrectionnelle. C’est assez inquiétant pour qu’Obama himself s’en émeuve et convoque l’ambassadeur tunisien, à Washington. Paris, lui, ne pipe mot. Ben Ali est un pote, ami de qualité qui, paraît-il, sait recevoir. Les socialos eux-mêmes en demeurent, depuis des semaines, bouche bée. Idem les medias, qui auront attendu de ne plus pouvoir faire autrement pour enfin évoquer, comme du bout des lèvres, ces émeutes. C’est que pour l’ami Ben Ali ces événements furent « l’œuvre de bandes masquées qui ont attaqué la nuit des édifices publics » en se rendant ainsi « coupables d’un acte terroriste. » Le gros mot est lâché, tout est dit, rompez les rangs fermez vos bouches, puisqu’on vous dit, m’enfin, qu’il s’agit de terrorisme !... Bandes masquées, hum,  et agissant la nuit, re-hum… D’où viennent alors ces images, rares, de manifestations diurnes, sans capuches ni foulards, de « bandes » réunissant plusieurs milliers de personnes et s’affrontant durement à des forces de l’ordre, qui tirent ? De la Hongrie à la Côte d’Ivoire, en passant par la Tunisie, le Pouvoir a loupé une marche, qui musèle les journaux, cogne les journalistes, pendant que pléthore de lycéens, téléphones portables à la main, filment, courent, rentrent à la maison et balancent sur la toile autant d’images interdites. Parfois, s’ils ont le malheur de croiser la police ou les chiens de l’armée, ils en meurent, tout simplement. Mais l’information passe, grâce au courage de quelques-uns nous avons accès au réel. Et ça les fait bien chier, les chiens.             

      Ils ne sont pas les derniers, les chiens, à célébrer la, parait-il, seule vraie bonne nouvelle de ce début d’année. Elle viendrait de l’édition, de la vente, par plusieurs centaines de mille, du livret de Stéphane Hessel, intitulé « indignez-vous !». Mouais. Bonne nouvelle, vraiment ? Non seulement, à la lecture, la mollassonne brochurette vous glisse des mains pire qu’une motte, mais aussi il s’avère assez désagréable de comme ça recevoir une leçon d’indignation de la part d’un garçon dont l’activité principale consista, durant quarante ans, à traîner ses guêtres en peau de bouc sur les parquets cirés des ambassades de haut vol, non sans complimenter Madame pour la qualité du service et ses parures de choix. Figure de l’indignation, ça ? « Cherchez et vous trouverez », commande l’auteur, par trop biblique. Il lui aurait pourtant suffit de lever les bouts de peau flasque qui lui servent de paupières — j’allais écrire : d’œillères — pour apercevoir, partout, l’insanité d’un monde au sein duquel les motifs d’une indignation véritable ne sont plus à chercher puisque, justement, tout trouvés. Au final, chaque époque ayant les apôtres qu’elle mérite, Hessel le dispute à Nicolas Hulot ou à Bernard-Henri Bidule dans le registre de la révolte de salon, de la colère posée là, telle une ultime décoration, acte de bravoure à deux francs soixante-douze centimes.

     S’indigner ? Sous prétexte de fraude, les parlementaires durcissent l’accès des sans-papiers à l’aide médical d’état (AME). Selon le rapport de l’Inspection des Affaires sociales, ces mesures seront à coup-sûr contre-productives, « financièrement inadaptées, administrativement complexes et porteuses de risques sanitaires. » Mais l’idéologie lepénosarkozyste commande, une nouvelle fois, de pointer d’un doigt brun de bouse les étrangers venus manger le Doliprane des Français. Contre toute logique, fut-elle essentiellement comptable, est privilégiée la lutte contre « un certain tourisme médical », lequel n’existe pas, ou reste extrêmement marginal. L’essentiel, ici comme ailleurs, ne saurait être le réel. L’essentiel est de ramener en le sarkozyste giron les voix des xénoparanos lesquels, à ce qu’il semblerait, s’apprêteraient à voter pour la très nationale Marine. S’indigner, quoi encore ? On ne remerciera jamais assez Manuel Valls, amuseur public, d’avoir à sa manière ramené sur le tapis et comme de derrière les fagots l’antédiluvienne question des héroïques 35 heures, qui d’ailleurs sont enterrées, mortes, tombées au champ d’honneur de la guerre des classes, il y a des années déjà. Merci Valls, vraiment, d’empêtrer comme ça le PS, lequel prouve si besoin était qu’il est, plus que jamais et définitivement et jusqu’à la caricature, un putain de parti de droite. Merci également de contraindre l’UMP et le patronat à pousser plus loin le bouchon, à avancer, à découvert, en entonnant l’antienne de la suppression, pure et simple, de la durée légale du temps de travail. « Au profit d’accords négociés, branche par branche », précise Novelli, qui nous prend vraiment pour des cons. Soit des poules. Soit un renard : enfermez-les ensemble, ensuite laissez-les négocier. Indignés ? L’êtes-vous davantage que le brave Thibault qui, au nom de la CGT et vu l’année qu’on vient de passer, décida, carrément !, de boycotter les vœux de notre sublissime président — lequel, n’en doutons pas, en pleure encore de tristesse et de honte, toute bue ? Cependant, Bernard Thibault, en hurlant sur les toits son refus de se rendre à l’Elysée, avouait du même coup y avoir été invité. Indignation peut-être, indignité assurément? Me revient en mémoire la sortie d’Erik Satie à propos de la légion d’honneur: « la refuser, c’est bien. Mais le mieux eut été de ne pas  la mériter. »  

 

                                                                                                Frédo Ladrisse.

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 19:44

Sans-titre-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? On ne dit pas un enfoiré, on dit une autre année de foutue, me révélait l’autre soir ma fille, du haut de ses douze ans et les yeux comme collés au papier Carambar dont elle avait, pleine, la bouche. Aussitôt dit, sitôt défait, partons de là me dis-je, livrons-nous, si vous le voulez bien, au traditionnel exercice du coup d’œil dans le rétro, et ne nous privons pas d’un nouveau pot ripoux, en cette fin d’année à la mord-moi le gnou.


     En janvier, Georges Frêche toujours vivant trouvait que Fabius avait « une tronche pas très catholique. » D’aucuns s’en offusquaient rue de Solferino, depuis, le vieux est crevé et le problème est donc réglé.  On défilait déjà, dans les rues, le 21 janvier, on était déjà 2 millions à battre le pavé pour rien. Tandis qu’on passait devant le théâtre Saint-Martin où se jouait « la cage aux folles », un drôle, bien que cégétiste, lança au mégaphone: « libérez nos camarades ! » On savait encore rigoler, en manif, en janvier. On ignorait qu’on allait se faire à se point balader.


     Février nous cueillit à froid, lorsque nous apprîmes qu’en huit ans les garde-à-vues avaient triplé, atteignant le chiffre hallucinant de 900 000 par an. La poulaille se donnait donc à fond, et laissait libre court à ses tendances paranoïaques : j’en étais là de mes réflexions lorsque que la camarade Isabelle crût bon de me rappeler que « la paranoïa n’est jamais que l’expression d’un altruisme déçu. » Sur le coup, j’en restais, quoi, comme vous, coi. Et tandis que l’autruche se fouillait le cerveau (qu’elle a moins gros que l’œil) Sarko survolait Haïti, ses décombres et ses camps, sans jamais quitter l’hélico et prendre le risque de souiller ses mocassins à glands. Selon son chef d’état-major, le non-déposage, sur le sol,  de La Présidentielle Personne, s’imposait « pour des raisons évidentes de logistique. » Plus un palace assez classieux pour sa crassieuse majesté ?

 

     Mars, dieu de la guerre des boutons, fut donc le mois des élections, régionales celles-ci, et l’occasion d’une titanesque, magistrale déculottée pour la droite aux affaires, laquelle ne conserva alors en son giron que l’Alsace : l’Alsace, ah ah, laissez-moi rire, l’Alsace, autrement dit, nada, peau de balle, ce territoire néo-naze où sévissent neige, glace et verglas, l’Alsace, dont nous savons tous qu’elle devrait avoir été rendue, voir bradée, de long temps, aux Allemands. N’empêche : Ségolène Royal profitait de ce succès pour, dépoitraillée à outrance, prendre la défense de son ami Bernard-Henri Lévy (philosophe, essayiste, homme d’affaires français), en prétendant que « le voudrait-il, il n’échappera pas au feu qui le brûle : il a déjà dans le regard, ce dandy, de la cendre. » Bigre. Diantre, et morbleu. Manque néanmoins le charbon pour démarrer cette chaudière-ci. Pendant ce temps, Le Pen dénonçait « les mosquées qui poussent comme des champignons », et se présentait en rempart de « cette France blanche et chrétienne, menacée de disparaître. » Une France que l’ami Ferrat, qui s’en étonnera ?,  décidait en mars de quitter, définitivement, et la vie par la même occase. La montagne, depuis, est moins belle.

 

     En avril, historique instant: le couple Sarkozy était reçu à dîner par le couple Obama, et les journaleux se désolaient de ne même pas avoir accès au déroulé du menu ! Peu de chance que ces tristes sires et néanmoins maîtres du monde aient, entre la poire et le cheeseburger, trouvé le temps d’aborder le sujet de Siné Hebdo, lequel mettait la clef sous la porte et revendait jusqu’au paillasson. « C’est pas la fin des haricots », rappelait Siné, qui en a vu d’autres. N’empêche : cela sonnait comme la victoire, par ko et au dernier round, de cette crevure de Philippe Val, Val, directeur de France Inter et de Charlie-hebdo associés, pour pas souvent le meilleur et pour, toujours sûr, le pire, Val, pseudonymé dans les couloirs de la maison ronde Philippe Laval, ou L’avale, selon l’orientation du vent. Val, ami intime de Carla B. et qui en plus s’en vante, Val qui n’allait pas tarder à virer Didier Porte et Stéphane Guillon de l’antenne, par pure complaisance caviardeuse envers l’agité de l’Elysée. En avril, il y avait cependant plus grave. Il y avait Baconschi, ministre roumain et fasciste déclarant devant Pierre Lellouche, envoyé là-bas par Sarko, qu’il y avait« des problèmes physiologiques, naturels, de criminalité parmi les groupes d’ethnies Rom. » Autant de propos préparant la vaste chasse aux bohémiens qui allait déferler sur la France, jusqu’à se dérouler sous nos fenêtres même.

 

     Mai vit François Baroin, tout frais ministre du budget pas encore émoulu, et son homologue Luc Chatel s’opposer fermement à l’idée, jugée saugrenue, d’une baisse du salaire des ministres, puisque « baisser celui-ci reviendrait, par ricochet, à baisser les salaires de tous les agents de la fonction publique. » A peine eut-on le temps de se souvenir que lors de l’auto-augmentation de Sarkozy en 2008 (près de 143%) le salaire desdits agents n’avait pas augmenté d’autant, que la nouvelle tombait, brûlante : « l’anarchie règne dans les rues de la capitale grecque, Athènes est à feu et à sang ! », titraient les papelards promus à la tâche, noble, de réservoir à épluchures les soirs de pommes de terre. Profitant de ce que cette pseudo-guerre civile menaçait jusqu’aux marches du Parthénon, Fillon enfonçait le clou et voyait dans « la crise grecque un révélateur, qui doit nous persuader que nous avons le dos au mur. » Aussi était-il, tout à coup, « urgent de geler les dépenses de l’Etat, de 2011 à 2013 », et de « poursuivre la politique de non remplacement dans la fonction publique. » C’est Sarko ou le chaos, quoi… Lequel Sarko, pendant ce temps, sucrait concrètement les fraises, rendant visite aux producteurs de Tagada, dans le Lot-et-Garonne, et en profitait pour livrer sa très personnelle vision : « il faut cesser de dire que vous êtes des agriculteurs, vous êtes des entrepreneurs, voilà. »  Une façon de penser le métier très moyennement partagée par les premiers concernés.

 

     Lorsqu’en Juin de nouvelles manifs contre la réforme des retraites rassemblaient, à nouveau, plusieurs millions de personnes, nous fûmes nombreux à nous demander ce que foutaient les Thibault, les Chérèque et autres Daltons des grosses centrales, ce qu’ils attendaient nom de dieu pour appeler, cette fois sans ambages ni circonvolutions, à la grève générale et reconductible, nom de dieu ! Le fait est que, l’appel, bin on l’attend encore. Sous couvert d’anonymat (c’est à cela qu’on reconnait le courage des bergers qui nous dirigent, tel un troupeau), un ministre affirmait tout de go que la réforme, quoi qu’il en coûte, se ferait, car « l’important c’est le jugement que portent les marchés sur notre gestion. » Dès lors, et en l’absence de réponse à hauteur de cette provocation, il était aisé de deviner que la messe était dite. Cependant, en ce mois pluviard, il n’y eut pas que de sales nouvelles : le général Bigeard cassait sa pipe comme un con, au fond d’un pieu tel un tocard, et l’équipe de France de fouteballe se ridiculisait en Afrique du Sud, montrant son réel visage, bande de gamins surgâtés, boudeurs, hâbleurs, insupportables, sales petits cons blindés de pognon et, qui, du ballon, ne voient que l’or qu’il peut leur rapporter. En juin, tandis que Porte et Guillon étaient donc remerciés par Philippe (La-)Val, Dieudonné, le comique pas drôle, lâchait que « l’Histoire, c’est pour les cons, c’est un nid à problèmes. » Les humoristes, c’est comme les gosses : on a ceux qu’on mérite.

 

     Le 6 Juillet fut expulsé le campement Rom du Hanul, à Saint-Denis. 150 hommes, femmes et enfants, jetés à la rue de bon matin, avant la destruction totale de leurs habitations. « Le 93 ne tolérera plus aucun campement Rom » prévenait, martial en diable, le préfet du département, ancien directeur du Raid. On ne se doutait pas encore que derrière la rodomontade se profilait un projet dépassant, de beaucoup, les frontières de la Seine-Saint-Denis, projet de rafles et démantèlements de campements de fortune qui bientôt seront, partout, détruits, et leurs habitants arrêtés, jetés dans des bus en partance pour Bucarest, la Bulgarie,... Au milieu de l’été, et profitant d’un fait divers s’étant par ailleurs conclu par la mort non d’un gendarme, mais celle d’un jeune issu de la « communauté du voyage » — comme on dit dans les préfectures —, profitant de quelques émeutes du côté de Grenoble et agglomérant le tout, le populisto-pétaino-caricaturo-excitiste siégeant à l’Elysée donnait le coup d’envoi d’une « guerre à la délinquance », dont la visée première était évidemment la reconquête, aléatoire, d’une popularité réduite à peau de couille. Ainsi Brigitte Julien, directrice de la sécurité publique à Grenoble, se laissait aller à expliquer que « la nuit, dans les quartiers, le premier objectif des policiers est de faire des prisonniers. » De là à bombarder les cités, il n’y a qu’un pas que nous ne sommes pas loin de les voir franchir. Pendant ce temps, Eric Woerth commençait à sentir les poils de son cul roussir, et trouvait que, vraiment, « ça commence à bien faire ! » Son copain de cambriolage, le gros Xavier Bertrand, prenait sa défense main au flingue, dénonçant, dans la presse, des « dérapages très graves », «une stratégie de l’abject » et « des méthodes fascistes », rien de moins. Toutes choses étant à rapprocher de la façon dont furent, au plein cœur de l’été, menées les opérations à l’encontre des Roms.

 

     En août, rafles, expulsions, destructions de campements se poursuivirent, sur un rythme soutenu, jusqu’à franchir le cap de l’intolérable pour quelques-unes des belles voix de la conscience nationale, promptes à entonner l’air du « y sont pas comme nous, mais tout de même y’a des limites. » Les journaux débordaient de cette sale conscience, qui, tout en condamnant les méthodes employées, faisaient assaut d’ignorance crasse et de condescendance concernant l’histoire, la situation, et l’avenir du peuple Rom. Dans la torpeur de vacances gâtées par ces nouvelles qui, de jour en jour, exprimaient assez la souffrance et la résignation de ces gens une fois de plus stigmatisés, bouquémissairisés par pure facilité, nous parvenaient la voix ordurière d’Eric Besson lequel, rencontrant ces homologues roumains, n’avait « pas entendu le quart d’un demi grief de leur part », celle, aussi, d’un Hortefeux-nec annonçant sans faillir « une hausse de 138 % de la délinquance roumaine, sur Paris. » Délinquance roumaine, kézako ? Aucun chiffre, à ce jour, ne nous est parvenu au sujet de la délinquance australienne, ou belge, sur Paris. A la fin des congés d’été, un mois à peine après « l’appel à la guerre » de Sarko, le ministre de l’intérieur annonçait, rouge de plaisir, avoir mené à terme l’expulsion de 300 campements Roms. Nul doute que ce type-là mérite la croix de fer.

 

     Au début de septembre c’est tout naturellement qu’on défilait encore, cette fois contre la politique sarkautoritaire du moment. « Manifestations hétéroclites », selon Hortefeux-à-volonté, « où se sont retrouvés une mosaïque de partis traditionnels mais aussi des groupuscules gauchistes et anarchistes. » Autrement dit, personne ? Cependant, ce rassemblement-ci en annonçait bien d’autres, tant furent liés, en cet automne, revendications politiques et exigences sociales. Et tandis que le PS, comme à l’accoutumée, peinait à s’opposer à une réforme des retraites avec laquelle ses ténors se trouvaient, fondamentalement, en accord, l’improbable Eric Woerth se félicitait, un soir de manif’, de constater qu’il y avait « moins de monde dans les rues. » Observait-il les cortèges des fenêtres de la Bettencourt ? Quoi qu’il en fut, l’encore ministre se trompait lourdement, enterrant un peu tôt un mouvement dont septembre ne fut jamais que la bande-annonce.

 

      Octobre commençait bien mal, puisque Finkielkraut ouvrait le bal d’une xénophobie élevée au rang de doctrine d’état, dénonçant à l’antenne de Radio-Paris-Inter « ce sentiment qui monte, en France, qui est une francophobie bien présente. » Bin voyons. Ce serait pas tant, voyez-vous, qu’on aimerait pas les étrangers, se serait que les étrangers ne nous apprécieraient guère. Si tel était le cas, inutile de préciser qu’on ne pourrait que leur donner raison. Mais tandis que se perpétuait la valse puante des charters en direction de Bucarest, la grève prenait (enfin !) corps, dans l’enthousiasme général. Ça débrayait ici ou là, ça bloquait des raffineries, des supermarchés, des lycées, ça manifestait tous les jours, tant et si bien que le pouvoir, fouettant grave des aisselles, faisait donner la troupe. Bastons à Paris, Lyon, Marseille, tirs de flashball à l’aveugle et autres joyeusetés, blessés, arrestations… Ça n’était pas encore le grand soir, mais les petits matins, entre AG et piquets de grève, fleuraient bon la contestation. Au final et avec le recul, nul n’est dupe : la réforme des retraites n’a jamais été qu’un prétexte à l’expression d’une colère, d’un désir de pourrir les terres du Sarkozystan, autrement plus large, plus profond, et dépassant de loin les maigres revendications des centrales syndicales. Le Sarkozystan a tenu bon ? Bien. Nous verrons la fois prochaine.

 

     Nous verrons, car pour l’heure, nous n’avons encore rien vu : novembre fut le mois de toutes les solidarités, des partages à tout rompre, des rencontres improbables et des expériences de luttes, concrètes, collectives, assumées. Ce que nous avons appris là, ce que nous avons vécu, la clique des Woerth et autres Besson ne saurait nous l’enlever. « Fury is palpable, radicalism is fashionable », titrait la presse britannique comme, pendant qu’on retournait au taf, la jeunesse, outre-manche, commençait à s’agiter grave. Oui, c’est bien de furie qu’il s’agit, et la mise en veilleuse, en France, du mouvement de revendication ne signifie en rien son arrêt. Et ce n’est un piteux remaniement ministériel qui peut être susceptible de calmer nos ardeurs.

 

     En décembre, ça remuait également en Grèce, en Italie, en Irlande, en Espagne... De la rage, oui, face au concassage absolu de tout ce qui s’apparente au modèle de protection sociale, aux services publiques, à la solidarité, à l’accueil, à l’ouverture à l’autre. Bousillage en règle des conquêtes et des droits acquis de haute lutte, bousillage à laquelle la fumeuse « crise mondiale» continue de servir d’alibi trop facile. Le radicalisme est dans l’air, oui, et la jeunesse, une fois encore, puisqu’elle n’a plus rien à perdre concocte, dans les caves, des bombes. Autre bombe : en cette fin d’année Wikileaks explosait à la face des petits barons de la diplomatie internationale, éclairait ses dessous, autrement plus sales que chics. Evidemment ça eut hurlé, ça eut éructé au scandale, durant les réceptions de Monsieur l’ambassadeur. « On ne parle pas aux enfants comme on parle aux grandes personnes », résumait Hubert Védrine, ex ministre des affaires étranges. Inutile de préciser qui sont, pour ce glabreux, les « enfants ». Lui et ses coreligionnaires semblent cependant ignorer que, si enfants nous sommes, il y a tout de même belle lurette que nous ne croyons plus au père noël, ni à ses cadeaux par milliers. Et tiens, puisqu’on en parle, cette année le foutu vieillard a encore oublié l’autruche : elle avait demandé à ce que ce soit déposé dans son petit soulier un Beretta modèle CO2. Et bin, nada. Peu importe, elle se vengera ! 2010, année Casanis ? En 2011 je coule un bronze !

                                                                                               Frédo Ladrisse.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 22:56

index-copie-5.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Hortefeux  bramer tel le pas beau veau nouveau né, en appeler, galéjade, à la présomption d’innocence, lui qui, à l’instar de son seigneur et maître, s’assoit dessus plus qu’à son tour. C’est qu’Hortefeux-nnec fait appel de la condamnation qui le frappe, entend donc par ce tour de passe-passe être encore et pour quelques mois tenu pour innocent. Cette condamnation, c’est rien moins que la seconde en six mois. Fut un temps cela aurait suffit à le rayer des cadres : autre époque, autres mœurs, dans l’empire (du Milieu) du Sarkozystan-pour-mille-ans, l’inconditionnel soutien du chef de l’état fait office d’hypra-passe-droit. Aussi Hortefeux-nouillard peut sans vergogne ni souci continuer de se livrer à ses sports favoris, l’injure à caractère raciste et la défense des flics véreux, comme il y a peu à Bobigny. « Ce ne sont pas les policiers qu’il faut mettre en prison, ce sont les délinquants. » C’est cela, oui, et inversement.

      Mais comment reprocher au rouquin ces quelques faux pas délétères, alors qu’il est, de jour, de nuit, en première ligne, sur tous les fronts ? Non content de devoir lutter contre cette saloperie de neige, plutôt, contre ces râleurs de Français refusant de se retrouver coincés pour la nuit dans leur bagnole par cinq petits centimètres de poudreuse, et alors même que le ministre pérore à la radio, non, « il n’y a pas de pagaille », il doit, par ailleurs, mettre les bouchées doubles quant aux expulsions de sans-papiers. C’est que, horreur !, les objectifs, cette année, risquent de ne pas être atteints. Aussi a-t-il dû exhorter les préfets à « accentuer l’effort », car d’ici le 31 décembre il leur faudra coûte que coûte trouver 2489 charterisables, afin de franchir la barre des 28000 expulsés et sabrer le champagne. « Communiquez sur les opérations », leur a-t-il conseillé, « pensez à la presse régionale, mais aussi à la radio et aux réseaux sociaux. » Les préfets ont ainsi été incités à créer des pages Facebook, et ont, à cet effet, reçu un petit manuel d’utilisation… Pour Noël, surprenez : offrez à vos proches un préfet comme ami sur TêtedeLivre.

      On déconne on déconne, et pendant ce temps-là d’aucuns, autrement plus lucides et graves, pavent l’enfer qui nous attend de leurs mauvaises intentions. Fillon : « nous incarnons pour les Français des heures difficiles. » On ne saurait mieux dire, pauvre Elvire. Le pire étant toujours pour demain, on aurait encore rien vu. Et Fillon de conclure, à l’adresse de sa majorité mais assez mystérieusement « bref, nous ne sommes pas dans la situation du jeune premier. » Baisse de régime, en ce moment, chez les fournisseurs « d’éléments de langage » ?  Peu importe, pour lui, au moins, les choses sont claires : « ils seront tous contre nous et tous contre le président de la république, il faudra donc former un bloc autour de Nicolas Sarkozy. » Ah oui ? Il serait donc candidat ? On nous cache tout…

      On nous cache tout mais on nous dit qu’on bouge encore, « je ne suis pas mort », tient à faire savoir Eric Woerth, « même si je décroche un peu aujourd’hui. » Woerth… C’est bizarre, c’est un nom qui me dit quelque chose. C’était pas quelque chose comme une marque de casseroles allemandes ?

      On nous cache tout mais on avoue que « naturellement, la réforme des retraites consiste à travailler deux ans de plus sans gagner plus. » Qui parle ainsi ? Sarko en personne, oui madame, et oui, non content de nous l’avoir mis grave, le voilà qui se moque, se paraphrasant sans vergogne. Au vu du peu de réaction émanant, en octobre/novembre dernier, des ectoplasmiques franchouilleux pleutres goitreux non grévistes à la masse voir à la ramasse, l’excité de l’Elysée aurait tort de se priver. Vous en voulez encore, du sarkopétainisme à la petite semaine, de la bonne vieille France bien rance à base de patrie, de famille ? Eh bien, voilà le travail : « si la vraie vie est en dehors du travail, c’est toute la société qui s’effondre. Le travail, c’est ce qui libère l’homme, ce n’est pas ce qui l’aliène. Quand on va au travail en se disant « je n’aime pas mon travail », je ne crois pas que les weekends soient très épanouissants. » Ainsi parla Sarko, dans une usine Snecma, le 13 décembre dernier. A quand la suppression pure et simple des weekends, « pas très épanouissants», au profit du travail qui, lui, « rend libre » ?

       Cependant, ce n’est pas parce que s’approche Noël, ce malfrat, qu’il faut déprimer à outrance — les boules de l’autruche sont de toutes saisons. Pas de dépression sous la neige, non, d’autant qu’apparaît là-haut, dans les cieux tel un aigle, Royal, dont le vol gracile domine toute morosité. « Je me suis mise en mouvement », délivre Ségolène. Puis, bougeant son corps mais lentement, la voilà qui devise : « nous ne sommes pas au service de la gauche, nous sommes au service de la France. » Hum. « Mon programme n’est pas socialiste », disait en 2002 Jospin… Enfin, moi, je dis ça je dis rien…

      Je dis d’autant rien que d’ici leur grand’messe 2012, il risque de s’en passer des choses, de s’en dérouler des coups de balai dans une Europe, rêvons un peu, résonnant au son des casseroles et des « que se vayan todos » et Mélanchon et Besancenot, pareils, oui, qu’ils se cassent TODOS. Je m’emballe ? A Londres la jeunesse ne lâche rien, ce ne sont pas, proprettes, nos manifestations de vieillards, ce sont, oui monsieur, pures émeutes. Athènes, Rome, connaissent pareillement en leurs centres historiques de ces feux de jeunesse, « du jamais vu », à ce qu’on en dit. En Espagne ça s’énerve aussi, de partout cela monte, ministre molesté (Rome), prince Charles pissant de frousse dans sa Rolls en plein Londres, lieux de pouvoir, partout, pris d’assaut, pouvoirs déconsidérés bien que très sidérés, les cons, militants, dans la rue, cette fois prêts à en découdre,… je m’emballe ? Non, pas de cadeaux, je déballe à froid : ça chauffe. Renseignez-vous.

      Jeudi 16 décembre, l’état de l’Oklahoma est drôlement embêté : il doit exécuter le condamné John Duty, par injection létale. Mais le produit habituellement utilisé se trouve être en rupture de stock. Qu’importe : l’ingéniosité, la débrouille, étant des valeurs bien connues de la grande nation étasunienne, on eut tôt fait de se procurer une dose d’anesthésiant vétérinaire, lequel fit parfaitement l’affaire. Joyeux noël à tous, et paix.

 


                                                                                                Frédo Ladrisse.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 18:54

stukaTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Holà, mais quel cirque ces derniers jours, c’est Bouglione et Zavatta à toutes les pages, les amis ! Ce sont, partout, phrases de haut vol, voltige cependant circoncise à l’horizon des pâquerettes, quand bien même les formules grondent, certaines tout en piqué, Stuka lancés sur des cibles néanmoins repérées avec ce qu’il convient de méticulosité : c’est qu’ils s’appliquent, les nouveaux, et, pareil, les repêchés du remaniement. Sous leurs fards les clowns blancs cachent mal la nécessité dans laquelle ils sont de faire leurs preuves. Il n’est qu’à écouter le petit Baroin-oin, tout frais moulu ministre, pichenetter et descendre en torche l’énorme, l’incontournable, l’excellentissime phare de la pensée contemporaine qu’est Eric Cantona, et sa révolution bancaire : « monsieur Cantona, on le sait, est un très bon joueur de football », commence Baroin-le-chafouin. « Cependant, à chacun son métier, et les vaches seront bien gardées. » Je ne sais pas vous mais moi, j’en ai d’un coup perdu mes plumes, jusqu’à me sentir subitement bêtement ruminant.

     A peine avais-je eu le temps de mâchouiller l’herbe des prés qu’un dénommé Védrine, Hubert, repassait une couche dans le registre de l’outrecuidance, genre l’hautain qui s’assume. Ce type, dont on nous dit qu’il est né dans la Creuse, et qu’il fut ministre de la France des affaires étranges sous le règne de Jospin — toutes choses qu’on veut bien croire, mais bon… —, ce type, était interrogé à propos des révélations fournies par Wikileaks à la presse internationale — on y revient, plus bas. S’agissant de la pertinence, ou non, de l’application du principe de transparence, Védrine crut bon de préciser qu’ «on ne parle pas aux enfants comme on parle aux grandes personnes. » Je ne sais pas vous, mais moi, j’en suis comme sur le coup retombé en enfance, jeune autruchon pubère s’ébrouant dans la brousse, innocent, ignorant : un con. C’est assez ce que nous sommes, pour ces gens, vous ne croyez pas ? Des vaches, des enfants. Autrement dit des cons, qu’on promène en troupeau.

     Il est d’autres troupeaux, pour les Védrine, Baroin et consorts, au hasard : l’Afrique et ses peuples. Il n’est qu’à lire les commentaires concernant, en ce moment, la situation ivoirienne, pour mesurer dans quel mépris ces peuples continuent d’être tenus par cette espèce d’instituteur père fouettard profiteur mégalobarbouzard qu’on appelle l’occident. « Gbagbo, Ouattara, en tout cas la communauté internationale a fait son choix », claironnait l’autre soir ce trouduc de Delahousse, journaleux au brushing parfait, sorte de Baroin mais en blond. Kézako ce machin, la « communauté internationale » ? Est-ce le Swaziland, la Serbie, l’Argentine, le Kazakhstan ? Que nenni mon copain, nous savons tous ce que recouvre cette appellation contrôlée — de près, de très très près—, comme nous savons ce que signifie l’information selon laquelle elle aurait fait « son choix ». Reste à vous y plier, les nègres, parce que pas question que vous nous emmerdiez plus longtemps avec vos histoires locales, les affaires sont les affaires et donc, vos affaires sont nos affaires, le bizness attend pas, compris?                                                                                                             

     Cependant, et pour la grande joie des enfants-vaches-autruches que nous sommes, un petit caillou vient parfois se glisser dans les Rangers de cette « communauté internationale », gourgandine à deux sous la passe. Ça la grattouille, la pauvre, puis ça lui blesse le talon, ce qui est déjà ça. Le caillou du moment se nomme Wikileaks. En voilà du wiki sympa, du comme on l’aime, du bon petit web 2.0 prompt à semer sa zone, du craquage top niveau aussi, de celui qui fait suinter les gouvernementales aisselles ! Wikileaks balance tout azimut depuis deux semaines, et si par lui on apprend que Sarkozy est jugé par la diplomatie américaine comme « autoritaire, susceptible et imprévisible»  — allons donc… — ce n’est pas, et de loin, l’essentiel : d’autres secrets d’alcôves autrement plus embarrassants furent également publiés, d’où les cris d’orfraie émanant de tout ce que les réceptions de monsieur l’ambassadeur compte comme langues bien fourchues, cependant habituées à ne s’agiter qu’en loucedé. Et d’où l’arrestation, hier, du fondateur du site, lequel avait aux fesses rien moins qu’Interpol, s’il-vous-plaît. Depuis, ça gueule moins, cependant ça eut gueulé. Pour Sarkozy, évidemment, vu qu’il est dit trop de vilain et du pas beau sur lui, Wikileaks a atteint « le dernier degré de l’irresponsabilité. » Et c’est rien de dire qu’en la matière, Sarko maîtrise le sujet. Quant à son valet de pied, par ailleurs ministre de l’intérieur, il estime que « parfois, la transparence est une forme de totalitarisme. » Bigre! Il faut croire que dans l’esprit malade et quelque peu schizo d’Hortefeux-de-Bengale, tout doit dépendre à qui cette transparence s’applique. Car enfin, n’est-ce pas lui et ses complices, partisans du fichage, de l’adn-isation de la population, de la vidéosurveillance et du flicage sans restrictions qui demeurent, il me semble, les premiers supporters, et ô combien farouches, de ladite transparence ? Mais il suffit que quelqu’un vienne renifler leurs chaussettes pour que, subitement, ces baltringues s’en offusquent…

     Leur pire cauchemar? Un Wikileaks « à la française ». Aussi vont-ils, dans l’affolement, revoir la sécurisation de leurs communications. D’ici là, on aura sûrement l’occasion de rigoler encore, en lisant le contenu de notes fuitées comme on dit, car vu le retard pris en matière de « sécurisation », elle est pas pour demain la veille : selon un conseiller de not’président, « il faut trouver notre Samuel Morse. » Et pour l’envoi des pneumatiques, c’est Géo Trouvetou qui s’y colle ?

     Une, qu’il conviendrait de « sécuriser » de toute urgence, c’est la Royal Ségolène. Elle n’a pas pu se retenir, la voilà donc candidate à la candidature, et ceux qui la pensaient quelque peu sous contrôle en sont tout retournés. Pour autant, l’allumée poitevine n’a pas agi sur un coup de tête, ni même de menton, non non. Il s’agit là, qu’on se le dise, d’une décision réfléchie, et pas seulement par son miroir. « J’ai beaucoup consulté », précise ainsi Ségo, sans dire si le psy prenait cher. Ni s’il avait Montebourg, également, comme patient, Montebourg, à qui un journaliste demandait l’autre jour la nature de son programme, et qui eut cette réponse, abracadabrantesque en diable : « tout est dans le livre que j’ai écrit il y a quelques mois, etd’ailleurs, on me dit qu’il est lu. » Les mauvais esprits demanderont le nom et le prénom du lecteur, nous, on en restera là concernant le Ps, étant bien entendu qu’un kilomètre à pied, ça use, ça use. Après une campagne d’un an et des brouettes sans roues, faudra voir l’état des souliers.

     S’il convenait de rassurer les marcheurs en chaussures à clous du Parti socialiste — mais, en ce qui concerne l’autruche, il convient rien du tout, queue dalle, que les sociaux-traîtres s’embrouillent, se débrouillent, continuent de s’empêtrer, de s’emmêler, de s’emmerder au sens premier du terme, peu lui chaut, ah ah, peu lui chaut !— s’il fallait, donc, leur fournir quelque chose comme une lueur, un espoir, un truc genre sortie de tunnel sur l’A86 eh bien, oui, nous avons ceci en magasin : le 30 novembre dernier Sarko avouait à des parlementaires : « je suis là pour deux mandats, pas plus. Après, ce sera plus tranquille, ce sera la dolce vita. » Plus tranquille pour nous ? Peut-être. Dolce vita pour lui c’est sûr, à la mode Berlu hein, son modèle dans la vraie vie : du fric, de la came et des putes.

       Quoi qu’il en soit les fiers candidats du PS, qui ainsi risquent fort de devoir attendre cinq ans de plus, doivent voir là leur salut : Nicolas Sarkozy ne sera pas candidat en 2017 —il l’a promis à sa greluche. Cinq ans, ça passe vite. Non ?

     La dolce vita, disait-il : elle ne saurait être à l’ordre du jour pour les smicards et smicardes, au nombre de près de 4 millions, soit 16 % des salariés au pays du « gagner plus ». Le traditionnel « coup de pouce » du premier janvier se limitera, une fois de plus et pour la cinquième année consécutive, au minimum légal, soit 1,6 %. Bonheur d’entre les bonheurs, le Smic devrait donc franchir, au matin de la nouvelle année, la barre symbolique des 9 euros bruts de l’heure. Merci qui ? Merci mes couilles, oui, en net ça donne un fier salaire de 1080 euros. Vous avez dit bonnes fêtes ? Bonnes fêtes pour qui, au juste?

     Il y a pire, il y a toujours pire : il y a plus gravissime encore, il y a qu’on continue à tuer dans ce pays, il y a que les flics, quand ils ne flashballent pas, tasent. Dépêche de l’agence Reuters, le lendemain du drame de Colombes: « le Malien victime du Taser est décédé par asphyxie. » Il serait donc mort d’avoir cessé de respirer, merci pour cette info cruciale. Par ailleurs, et selon le parquet de Nanterre, « il n’y a pas, à ce stade, de cause certaine et absolue » concernant son décès. Il était sans papiers. Il avait la flicaille au cul. Il s’est pris deux décharges. Ça nous fait déjà, ça, trois causes, aussi absolues que certaines.


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 18:14

38827388[1]Tirant tête hors du trou, mais qu’ois-je ? Est-ce assuré, les oilles, qu’il Papa en personne autoriserait désormais le port du préservatif ? Alléluia mes frères, le Vatican se réveille et sort de trente ans de sommeil, belle au Benoît dormant, de (sans jeu de mots) mauvaise foi et de criminelle posture concernant le sida !... Ah, on me glisse dans l’oreillette que ça ne serait pas aussi simple, et que la position du missionnaire dirigeant la curie romaine n’aurait, finalement, que peu varié : la capote pourquoi pas, mais « dans certaines circonstances. » D’accord, donc, quand on baise ? Ah non ça non et trois fois non!, non, le préservatif peut être autorisé par exemple « dans les cas de prostitution masculine », Benoît 16-64 considérant alors que « cela peut être un premier pas vers une moralisation, permettant de prendre conscience que tout n’est pas permis et que l’on ne peut pas faire tout ce que l’on veut. » Satané Pape, va, on se disait aussi… Mais t’as pas changé, vieux crouton, et tu sais quoi : moi ça me rassure. C’est  qu’emberlificotement et compagnie, ta prose, devant laquelle une palanquée de jeunes cathos dits de gauche ne manqueront pas de s’extasier sur l’air du « l’Eglise a changé. » Queue dalle, mon cher Cristobal, le dogme reste le dogme, qui jamais ne varie. Plus loin, dans l’ouvrage signé Sa Sainteté, on peut lire que « beaucoup de gens considèrent le sexe comme une drogue, qu’ils s’administrent eux-mêmes. » Eloge de la branlette ? On ne sait. On sait par contre que le bouquin porte le titre de « lumière du monde », en toute humilité. De quoi donner envie d’éteindre, et de galipetter dans le noir.

     D’autres, qui aimeraient assez voir se détourner d’eux les sunlights, c’est la bande de malfrats mouillés dans les eaux troubles de l’affaire Karachi. D’état, l’affaire, comme on sait. L’heure n’est plus à savoir qui a touché, ni même combien. La seule question qui vaille encore, vu l’énormité de la chose, est de savoir quelles méthodes le pouvoir va utiliser pour enterrer ces chauds dossiers, avant que l’incendie ne s’étende au-delà du raisonnable. La fosse risque, à cette occasion, d’être assez peu commune : déjà, on ne compte plus les visites nocturnes et autres vols de matériels dans les rédactions des médias montés en première ligne, Mediapart, le Monde, récemment Rue 89, lequel s’est fait braqué rien de moins que vingt ordinateurs. Tous, enquêtent sur Karachi et/ou sur l’affaire Bettencourt, mais ces cambriolages ne seraient, bien évidemment, que pures coïncidences. Il n’empêche : à Lisbonne, interrogé sur le sujet, Sarkozy en perd son calme et semble-t-il son latin, qui répond concernant certains soupçons à son égard « mais enfin, est-ce que c’est pas [sic]difficile de vérifier, quand même ? » Oui, ça l’est devenu, difficile, vu les moultes entraves à la liberté de la presse que les tenants du Sarkozystan, ces temps-ci, multiplient. Ce qui l’est moins, difficile, c’est de tracer, en ses lapsus, les pensées et désirs profonds du beauf logé à l’Elysée, se montrant impuissant à dominer sa langue et laissant ainsi s’exprimer un inconscient malade. C’est à Lisbonne aussi que le même eut cette saillie, face à un autre journaliste, « vous, je n’ai rien contre vous, mais il semblerait que vous soyez pédophile. J’en ai l’intime conviction.». Pour le balourd à tics, ce n’était qu’une façon d’imager ce que peut être un soupçon sans preuve. Façon, une fois encore, de tout mélanger et de montrer en quelle estime il tient les gens de presse : il aurait pu tout aussi bien user d’un autre exemple, vol de voiture — d’ordinateurs ? Non. Journalistes=pédophiles, c’est une chose entendue, quand bien même il ne l’a pas dite.

     Cependant, on comprend son agacement : agitant les grelots d’un remaniement fantochard, Sarko pensait bénéficier d’une accalmie fut-elle légère sur le front des affaires et des pétards qu’il a au cul. D’autant qu’il avait pris soin de lourder cette casserole percée d’Eric Woerth — il devient quoi, au fait, Woerth ? Las ! Le remaniement a fait pschittt, baudruche à gogos désoeuvrés, sujet de conversation, peut-être, dans les contre-allées du marché des Sablons sise à Neuilly-sur-Seine, mais au-delà : on s’en tamponne. Ils ont remanié, et après ? Révolution dit mère Lagarde, que le mot n’effraie plus. Révolution mais oui, puisqu’un tour à 360 °, pouffe la pouffe : non seulement ces gens-là, qu’ils soient de Bercy ou d’ailleurs, se moquent de nous à outrance, mais, cerise sur l’étron, ils n’ont aucun humour. Pour le reste, c’est à croire qu’on ne change pas une équipe qui perd, qu’on se contente, en douce, d’en affuter les crocs. Dans cette optique, mettre entre les papattes d’Hortefeux-d’artifice la question de l’immigration n’est pas un signe neutre. Immigré=délinquant=place Beauvau : l’équation, pour être logique, n’en est pas moins à pleurer de rage, ou de honte, selon. « Je m’inscris très directement dans les pas d’Eric Besson », a précisé Hortefeux-nouille, ce qui, sans étonner, ne lasse pas d’inquiéter. D’autant qu’à la question de savoir si, du coup, le maroquin ne risquait pas d’être comme qui dirait par trop lesté et la tâche, donc, immense, Hortefeux-à-volonté a répondu que non, bien sûr, que c’est une simple « question d’organisation ». Brrr… Cela vous a, n’est-ce pas, un petit côté… planificateur, à la mode Eichmann, finalement.

     Le remanie ment, le remanie ment, le remaniement est allemand ? Il fut néanmoins l’occasion d’un télésarkoshow d’un comique achevé. Sur la prochaine réforme : « en matière de fiscalité, je voudrais qu’on harmonise nos assiettes. » No comment. Sur la politique monétaire : « la Chine m’a donné son accord pour l’organisation d’un séminaire à ce sujet. » Diantre, la Chine, vous savez, ce pays d’un milliard quatre-cent mille habitants, dont pas un sur trois cent ne connait l’existence d’un vague canton nommé France, eh bien, la Chine, la voilà donnant « son accord » à Sarko. Et son accord sur quoi ? Sur un séminaire… On en tremble, puisqu’à n’en pas douter, ce jour-là, la face du monde en sera changée. Plus loin, concernant la remise du prix Nobel de la paix au chinois Liu Xiaobo, le préfet Sarkozy s’empresse de botter en touche — à moins qu’il ne se mélange les nouilles, dès qu’il s’agit de l’Asie : « Aung Saan Suu Kyi a appelé Carla pas plus tard que ce week end ». Ben oué mon pote, comme je te le dis… Outre qu’on ne voit guère le rapport entre l’opposante birmane et le Nobel chinois —les yeux bridés, peut-être? —,  on imagine mal Aung Saan, en résidence surveillée depuis plus de sept ans, se précipiter le jour de sa libération sur le téléphone le plus proche afin d’appeler Carla Bruni. Bref, ceci n’était jamais qu’une séquence de plus du Big Nawak sarkozien, basé sur le principe Je raconte ce que je veux, je m’en fous, allez-y prouvez que je mens. Est-ce que c’est pas difficile, hein ?

                                                                                              

                                                                                                    Frédo Ladrisse.

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