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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:27

 

logo-ps.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette semaine, la tentation fut surtout d’en entendre le moins possible, afin d’échapper aux tombereaux affligeants dégueulés de la bouche du personnel politique. L’un des leurs a maille à partir avec la justice ordinaire, pour des faits qui, eux, ne le sont pas ? Aussitôt ces collègues entonnent la chansonnette du pseudo saint principe de la présomption d’innocence — oublié, quotidiennement, dans tous les tribunaux de France. Ils s’émeuvent, à s’en étrangler, du sort réservé au bonhomme, et Henri-Lévy, philosophe escroc décolleté, brame goitre au vent qu’il « en veut au juge américain qui a fait semblant de penser que Dominique était un justiciable comme un autre. » M’est avis que ce Croquignol ne tardera pas à en chier un livre, griffonné comme d’accoutumée par son équipe de nègres. Plus tard, c’est Manuel Valls qui s’empourpre à la vue de son chéri menotté, « des images d’une cruauté insoutenable. » Le gars devrait se rendre, une fois dans sa vie, à l’entrée de n’importe quel tribunal de grande instance, il assisterait ainsi au lent, à l’interminable défilé des menottés du jour. Mais il est vrai que nous parlons, là, de « justiciables comme les autres. » Il paraît que même Aubry, Iron woman solférinée, aurait versé sa larme : « c’est profondément humiliant et, personnellement, ça m’a vraiment bouleversé. » Humiliant, les menottes ? Quiconque a déjà porté les pinces sait bien que l’humiliation, c’est le but. Il est vrai que nous parlons, là, d’un humilié pas comme les autres. En résumé, le chœur des pleureuses non seulement nous font mal au bide, mais surtout révèlent une fois de plus leur sens absolu de la caste, de la solidarité de classe, auquel s’associe, chez eux, une méconnaissance toute aussi absolue du réel judiciaire, pénitentiaire, et de son infinie dureté. Selon Marie Drucker, présentatrice de JT, la prison dans laquelle fut incarcéré leur chouchou c’est « l’enfer sur terre. » Il y aurait donc des prisons qui ne seraient pas cet enfer ? Le plus simple serait de poser la question à celles et ceux qui la fréquentent et la connaissent de long temps, à Jean-Marc Rouillan par exemple, qui à contrario de Strauss-Kahn n’y passa pas que quelques nuits. En résumé, on comprendra que le sort personnel de DSK nous importe très peu — et qu’on aurait, de loin, préféré le voir trainer devant un jury populaire en sa qualité de président de cette cochonceté de Fmi —, que nous intéresse davantage ce qui se dit, ce qui se produit, ce qui se révèle, à l’occasion. Si Gérard Mordillat, écrivain, réalisateur et procureur fictif d’un procès Dsk — un livre qui devrait sortir en juin —, si Mordillat, donc, condamne l’accusé « à vivre dans le réel », c’est rien de dire que ses copains méritent la même peine.

     Le réel ? Les prisons. En mai, record historique battu, avec 64 584 détenus. Un score jamais atteint de mémoire de maton. Réponse de Michel Mercier, garde des sceaux à pisse : « nous allons continuer de construire de nouvelles prisons », avec un objectif de 70 000 places à l’horizon 2018. Qui peut le plus, peut le plus encore… Le réel ? Continuons de surtout ne plus parler de Fukushima, dont l’un des réacteurs est partiellement fusionné, sans aucune certitude concernant la cuve, percée. Un sarcophage type Tchernobyl est en cours de construction, et l’exploitant Tepco lui-même, dont le directeur vient prudemment de démissionner — quel courage —, avoue que « le scénario du pire est peut-être en train de se produire. » Le pire, qui est toujours sûr, ne serait pas assez réel pour retenir notre attention ? Le réel, ce serait alors, davantage, être informé de la couleur du bracelet électronique bientôt fixé à la cheville de notre satyre national. Irréel.

 

                                                                                          Frédo Ladrisse.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 15:35

 

Les-Temps-modernes.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Selon certains, dont Wauquiez, ci-devant ministre chargé des affaires européennes — quel rapport, direz-vous ? Effectivement, aucun —, le travail, ce serait la santé. Il s’agirait, sans plus tarder, de mettre les feignasses au taf, au premier rang desquels les « bénéficiaires », si on peut dire, du Revenu de Solidarité Active. Sus au « cancer de l’assistanat », clame Wauquiez dont le panache blanc se teinte de vert-de-gris. C’est que le ministre n’hésite pas à se réclamer de la tendance « je ne fais que dire tout haut ce que les Français pensent tout bas », suivez mon regard, appuyé… Quoi qu’il en soit de la lepénisation des esprits fussent-ils ministrés, on ne s’étonnera guère, en cette période de contre-révolution, de Restauration au sens propre, de voir refleurir l’idée de servage. « Quand on est privé de travail, on perd toute dignité », assénait il y a peu Sarko d’un de ces médiatiques balcons lui étant de tout temps, qu’il pleuve ou qu’il grêle, réservé. Dès lors, le La était donné, et la campagne lancée sur l’air du « travailler encore et encore et encore plus ». Pour gagner encore quoi ? Cela, c’est oublié. L’idée est de faire bosser les RSA-isés mais sans les payer, voyez-vous ? Oh, quoi, cinq petites heures par semaine, histoire de les sortir de leur garnis, de leur faire prendre l’air et de leur faire un peu saisir que « si ils ont des droits, ils ont aussi des devoirs », ah mais ! Re-suivez mon regard, n’est-ce pas, quitte à loucher un tantinet : les fonctionnaires qu’on ne remplace pas, ces profs, ces animateurs, ces guichetiers de l’ex-Poste devenue « Banque Postale », ces bibliothécaires, ces assistantes sociales, ces infirmières scolaires ces secrétaires de Pmi (liste à compléter par vos soins), sincèrement n’est-il pas ne serait-ce qu’envisageable de leur substituer de braves bougres, corvéables à merci ? Faut travailler c’est tout, même pour rien : faut travailler, parce sinon nulle dignité. Par ailleurs, Madame, Monsieur, 467 euros de Rsa par mois eh bien, ça se mérite. Ainsi pense Wauquiez, que Fillon et Sarko feignent de contredire, alors même qu’ils l’avaient chargé de lancer ce ballon d’essai — ballon dont on notera, au passage, qu’il n’a pas tellement remué par exemple les syndicats, ni la population. C’est ainsi, c’est l’époque. Elle est au morose et au chut !, à l’échine étrangement courbée, au Tricostéril sur la bouche et dans les oreilles, pareillement, pansement ne pansant rien, utile à rendre aveugle et sourd.

     Mais halte à la déprime : le Parti Socialiste est à notre chevet telle Sœur Sourire et Culbuto, réunis en un seul et même numéro. « Je suis un homme normal, un homme qui a rendez-vous avec son pays », indique ainsi François Hollande. Apportera-t-il des roses (sans poings), sera-t-il, pour une fois, en avance ? Qu’il nous soit permis d’en douter, à l’écouter penser : « je pense que celui qui répond le mieux aux critères que j’ai défini, c’est moi-même. » Hum. A en croire le journaliste ayant cueilli cette phrase appelée à entrer dans l’Histoire, Hollande faisait là de l’humour. Incroyable drille. On rit bien. On rit moins dans le cas d’Aubry, qui voulait l’autre jour faire chialer les chaumières en parlant « de ces trois millions de Français qui ont dû couper le gaz et l’électricité, cet hiver, où il a fait si froid. » Qu’est-ce qu’elle en sait, la mère, du temps qu’on a eu nous ? Elle était aux Maldives.  

 

                                                                                        Frédo Ladrisse.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 20:22

 

images-copie-45.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? J’ai tenté, cette semaine, une expérience extrême. Pour toi lecteur, pour toi lectrice, à seule fin de rassasier ton appétit sans faim pour les gourgandineries et palinodies de palais, j’ai : lu l’Express. Eh oui. Pratiquement de bout en bout, et comme on traverse un désert —une fois qu’on est dans le sable, reste, n’est-ce pas, à s’y enfoncer. Mais j’ai mon excuse, toute trouvée : c’est que Nicolas Sarkozy s’y exprimait, et sur 10 pages s’il-vous-plaît ! Pour dire quoi ? Peu de choses. Une fois retranchées de cette logorrhée les subtilités fausses et absurdités en trompe l’œil du genre « si je doute beaucoup, je redoute assez peu      » — pauvre formule sûrement piquée à Charles Maurras ou à Daudet — pas Alphonse, l’autre, le Léon ; une fois, donc, mises de côté les simagrées simiesques du mâle dominant les jardins de l’Elysée — parterres, dit-on, mièvres et médiocres, aux pâles allures de Jardiland —, que sauver de cet amas de mots? Ceci, peut-être, qui signe l’homme et le livre, comme pieds et poings liés, à la plus saine des vindictes : « plus le temps passe, plus je me sens indépendant de mes amitiés, de mes fidélités. » Etrange aveu en vérité, que celui d’un petit monsieur ayant ainsi choisi comme conduite la tromperie, la duperie et, pour le moins, la solitude. N’est pas Chateaubriand qui veut : le temps, c’est certain mon gars, passe, mais comme disait Brassens il ne fait rien à l’affaire, quand on est… Tais-toi donc, autruchon, claque ton bec, enfin ! paraît que désormais traiter de gros con le chef de l’Etat serait passible de poursuites. Donc, nous l’affirmons: Sarkozy n’est pas gros. « Président de la République, cela s’apprend à chaque minute. C’est si difficile, et si grave », confie le maigrichon au final d’une interview longue comme un jour sans ecsta. Oui, nous sommes d’accord : c’est grave.

     Grave aussi lorsqu’à Gravelines, devant un public de convaincus — en un mot comme en deux, selon —, le même Sarko lâche que « ceux qui veulent sortir du nucléaire, est-ce qu’ils expliqueront aux Français que l’électricité leur coûtera quatre fois plus cher, et est-ce qu’ils sont prêts à trouver les 45 milliards d’euros pour compenser ? » Ils y sont d’autant moins prêts que, renseignements pris, ces chiffres sont purement et débonnairement bidonnés. Peu importe, ça enchaîne dans la bêtise, ça nous martèle qu’ « on n’a pas le droit de jouer sur des peurs moyenâgeuses pour remettre en cause des choix qui font la puissance de notre pays. »  A notre connaissance, Fukushima n’est pourtant pas une de ces bourgades médiévales au charme légèrement désuet, pas plus que Tchernobyl ne fut le nom d’un tournoi de chevalerie d’antan. Mais une fois encore, qu’importe. Au point où il en est de décrédibilité crasse, Sarko pense pouvoir se permettre de dire à peu près nawak, parce qu’il croit qu’on ne l’écoute pas.          

     Grave, également, sa greluche, tentant pour une fois de faire peuple plutôt que people. Elle campait, en pied, dans Le Parisien-le-journal-qui-vous-veut-que-du-bien. « Je ne suis plus du tout, du tout, de gauche », avouait Bruni, laquelle, en 2007, avait pourtant voté Royal : c’est dire comme elle était de gauche. Maintenant, promis, c’est fini : « je suis ultra-sarkozyste », assène madame Sarkozy. Elle nous confie aussi que personnellement elle aimerait bien que Téléphone se reforme, « allez-y, revenez, on vous attend ! » Tout un programme… Quelle horreur, quand on y songe, et quel goût de chiottes aussi : Téléphone, reformé ? Et pourquoi pas, tant qu’on y est, Martin Circus ou les Rubettes? « Je suis égoïste, comme tout le monde », admet ensuite l’ex-femme de gauche. Comme tout le monde ? C’est-à-dire?

      Mais laissons de côté le monde vu par Carla Bruni, et revenons aux choses sérieuses avec des gens, eux, très sérieux : Mélenchon et Besancenot. Ils se sont rencontrés, ils se sont parlé. Se sont-ils, par la suite, aimés ? On ne sait, et on s’en cogne. On s’en tamponne à fond, d’autant qu’une nouvelle de la plus haute importance vient de tomber, à l’instant, sur nos téléscripteurs : finalement, Ben Laden ne sera pas candidat aux prochaines présidentielles.

 

                                                                                        Frédo Ladrisse.

 

 

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:52

 

 

 

images-copie-44.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Rafle à Marseille, rafle à Paris, on ramasse, à la pelle, les Tunisiens qui trainent. Les paponnades se multiplient au pays des droits de l’homme pur porc, sans émouvoir plus que cela un personnel politique ayant élevé au sein Le Pen, s’estimant désormais contraint de cavaler au cul de la fille cadette. Imbéciles, savent-ils au moins que pendant qu’ici on s’échine à rejeter en mer 3000 (trois mille !) de ses ressortissants, la Tunisie ouvre, elle, grande ses frontières et accueille au bas mot 20 000 Libyens, et dans des conditions décentes ? Générosité, bienveillance et solidarité : ces mots n’ont pas le  même sens, selon qu’on se trouve d’un côté ou de l’autre de la méditerranée. Cependant,  ceux pour qui l’accueil de 3000 étrangers constitue un problème extrême devraient lire de toute urgence le programme de Hollande, François, lequel confiait il y a peu avoir « fait un rêve pour la France. » L’homme qui, visiblement, ne s’est toujours pas réveillé, pourrait les inspirer, puisqu’il propose par exemple d’envoyer les gamins des cités prendre l’air. C’est généreux. C’est bienveillant. Les « emplois francs », qu’il appelle ça. Ça vous a un côté Clovis…  « Un jeune venant d’une zone défavorisée pourrait avoir un statut de salarié particulier, et être employé plus facilement partout en France» Mouais, mais e ncore ? « Il y a des territoires ruraux qui ne demandent qu’à accueillir des jeunes, alors que nous avons une concentration  de population trop forte en Ile-de-France. » Traduction : envoyons les mômes de Bondy, de Bobigny ou des Minguettes à Montargis, Vesoul, Maubeuge. Autant de camps de déconcentration permettant de débarrasser les quartiers de ceux qui gênent, tout en repeuplant les champs de naviots, crédié ! Encore faudrait-il que Hollande parvienne à convaincre les gamins de s’exiler à Bourg-Les-Noix. Fussent-elles de cajou, c’est rien de dire que c’est pas gagné.

      Hollande, donc, rêve. Il se trouve que moi aussi. D’une justice, par exemple, équitable et indépendante : pauvre rêve que celui-ci, salement bousculé par la réalité de magistrats aux ordres pr ononçant un non lieu pour les deux policiers responsables de la mort de deux gosses à Clichy-sous-Bois (2005).Nous disons : responsables, nous disons : policiers. Parce que nous savons tous que ces trous du cul à calot auraient pu éviter ces morts. Leur avocat considère lui que « la petite voix de la vérité judiciaire a fini par recouvrir le tintamarre des leurres. » Déclaration qui ne manquera pas de toucher, jusqu’au cœur, les parents et amis de Zyed et Bouna, carbonisés dans le transfo, sans tintamarre, ni leurre. Tintamarre ? Il se confirme que les flics tuent, ici, hier, là-bas, demain, en toute impunité. Se confirme également le fait que les enfants des quartiers en sont avertis. Et on s’étonne qu’ils s’arment  ?

     Je m’étonne moi, chaque jour, que leurs canons ne soient pas d’hors et déjà pointés sur les cerveaux béchamel de ceux qui, à l’abri des pauvres maisons poulagas, perpétuent les affaires et ramassent la caillasse. Bougre indigent, sais-tu au moins que cette année l’ISF sera réformée, et que, dixit Baroin, « tout le reste, c’est pour 2012 » ? Le reste ? Mais l’abandon du bouclier fiscal, qui ne presse, non, n’est-il point ? Foutage de gueule intégral, et nouveau cadeau pour les riches, pardon : les « petits riches », selon le même Baroin. Fouette cocher, hardi !... sans renoncer à se lancer aux trousses du piteux fretin de la classe à peine supérieure, voilà t’y pas la Sarkozerie qui s’entiche de la Pen et de ces idées saugrenues. Elle n’est malheureusement pas la seule: là, pas loin de mon trou, dans le lycée Auguste Blanqui à débaptiser de toute urgence, un quarteron de nonnes (proviseure et adjointe, en passant par la Cpe), convoquent des gamines et les menacent d’expulsion au motif qu’elles portent des robes longues, signe religieux ostensible selon ces Robespierre de cours de récréation. Des listes circulent, dans ce lycée, de jeunes filles « réputées musulmanes ». Ça ne vous rappelle rien ? Nous voici donc dans un pays où, selon la longueur de la jupe, on vous absout ou vous condamne. « Décidemment, ce n’est pas un style que d’être vêtue de la sorte », a balancé la proviseure. « Ah bon, vous êtes styliste ? », a rétorqué une des filles, avant que d’être, avec ses copines, interdite de cours en l’attente d’une décision de l’administration. On croit, comme Hollande, rêver, alors qu’en fait le cauchemar a déjà commencé.


                                                                                          Frédo Ladrisse.        

 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:45

 

images-copie-42.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Déjà j’apprends comme ça que Kate picolerait ? Quelles mauvaises langues, tout de même, vous êtes ! Nous parlons, tout de même, de la future reine d’Angleterre! N’empêche, la Kate « apprécie de temps à autre un petit verre de Jack Daniel’s,  ou un cocktail Crack baby. » Champagne, vodka, fruits de la passion le cocktail, woua, vas-y baby craque, on te suit et nous comprenons tout à fait que tu te pourrisses le foie vu que, de son côté, le prince charmant avoue un net penchant pour, je cite, « les saucisses, accompagnées de purée de pommes de terre. » Top glamour, Willie, vraiment. Tant qu’on y est tiens restons-y, dans le registre de la glamouritude, par la grâce de nos amis les bêtes, autrement appelées compagnies républicaines de, parait-il, sécurité. Ça râle sous les calots : il serait question de supprimer le quart de rouge accompagnant les policières collations ! La SGP-FO de chez les CRS profite de l’occasion pour nous faire savoir qu’il n’y aurait, chez eux, « pas plus de personnes touchées par des problèmes d’alcool qu’ailleurs. » Comme si on en avait douté… Et le syndicat de dénoncer « une atteinte aux traditions » telles que l’ivrognerie de caserne, le bourrage de gueule pré-manif ou l’apéro de cinq heures du mat’. Dès lors, monte des rangs un cri, « laissez- nous picoler! » Mais oui, mais laissez-les, déjà qu’ils sont amers, paraît-il, et moroses, suite à la mise en place de la nouvelle garde à vue. Un autre syndicaliste de chez poulaga prévient que la procédure aura pour conséquence une avalanche de demandes en annulation, entraînant « la remise en liberté de nombreux auteurs de délits et crimes. » On en tremble d’avance. Mais on tremble plus encore en constatant que, sur d’autres fronts, c’est bien les fous qui sont lâchés : Jean-Marie Chevalier, économiste bizarre (redondance), voit dans l’opposition à l’exploitation des gaz de schiste un « exemple de lâcheté collective », et constate que « le pays de Descartes bascule dans l’émotionnel pur. » Chevalier doit baver de bonheur devant le dernier rapport ayant rouvert le débat, rapport selon lequel il serait idiot de se priver « d’une source d’énergie plutôt bon marché, susceptible de limiter le déficit de la balance commerciale. » Sacro-sainte balance… Et si vous avez l‘impression d’avoir déjà entendu ce genre de discours au sujet, par exemple, du nucléaire, c’est que, schiste ou centrales, les « experts » sont les mêmes, sortis des mêmes écoles avec la même morgue affichée, et les mêmes sponsors, EDF, Total... Nous n’avons, cependant, rien à craindre : désormais lancé en campagne, SuperSarko va s’empresser de nous débarrasser d’eux, il l’a rappelé, au Havre : « je prends une décision et tout à coup je vois une floraison d’experts. Des experts, il y en a beaucoup, beaucoup.» Puis de conclure, assez curieusement : « la France n’a pas besoin d’experts, elle a besoin d’acteurs !» Feint-il d’ignorer que rien n’empêche d’être l’un et l’autre et qu’on peut être, n’est-ce pas Sarko, expert en comédie ? Quoi qu’il en soit le voilà reparti en tournée dans les cours d’usines. Aux gars du Havre il est venu dire que les conflits sociaux dans les ports « ça nous a fait un mal considérable, surtout que, dès que quelqu’un fronçait les sourcils, on cédait. Evidemment, ça crée des habitudes ! » Ah ah, non mais quel talent chez le comique! Il n’arrivera pas cependant à nous faire autant rigoler que la mère Bachelot, laquelle vient de découvrir, estomaquée et comme sous le choc, que « le taux de  mortalité est nettement plus élevé chez les centenaires que dans les autres catégories de la population. » Trait d’humour, de la part de Roselyne ? Pas même. Dans le registre des incongruités, la palme revient néanmoins à l’officier français auquel on demandait, l’autre soir à la téloche, dans quel état d’esprit se trouvaient les soldats de son bataillon, engagé en Afghanistan, et dont un venait, bêtement, de se faire dessouder : « les hommes sont abattus », s’est-il contenté de commenter.

                                                        

                                                                                             Frédo Ladrisse.

                                     

 

               

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 15:45


 

images-copie-35.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ?  De méchantes commères s’étant plaintes de ce que leur pouvoir d’achat fondait comme beurre au soleil, aussitôt fut parachuté sur Vesoul-centre et son marché l’adjudant Frédéric Lefèbvre. L’homme providentiel avait, en son barda, LA solution à nos petits soucis ménagers, et sans plus tarder se mit à distribuer au tout venant son drôle de petit papier vert, forcément vert, et bleu aussi. Le « Panier des essentiels », s’appelle le machin. Il vous faudra donc un panier, il vous faudra ensuite Frédéric Lefèbvre, secrétaire d’état à la consommation qui, comme sa fonction l’indique, vous aidera à le remplir selon la liste des courses établie par ses soins. « C’est un panier pour tout le monde », a déclaré le secrétaire, en poussant son pauvre caddie. Pauvre caddie ? Caddie du pauvre, assurément, blindé de riz et nouilles mais qui doit, étrangement, « contenir au moins un poisson. » D’avril, le poisson ? Pas si sûr, car c’est toute l’année que les pauvres consomment mal, savent pas se débrouiller chez Leclerc ou Carrefour, et que ça dépense n’importe comment et que ça va faire des folies, jusqu’à s’acheter un livre, une Princesse de Clèves par exemple, ou bien un Zadig et Voltaire! Abrutis de pauvres, allez, engeances! Fort heureusement et, désormais, Frédéric Lefèbvre veille sur vos paniers, et sur vos essentiels.

     Essentiel, il ne l’était guère, le débat sur la laïcité, sur l’islam, sur le nucléaire, sur le nucléaire est-il compatible avec l’islam (1), bref on sait plus trop mais qu’importe : la messe aura duré trois heures trente, montre en main, paraît que même Besson et son pote Hortefeux-nouillard n’y ont fait qu’une apparition, se barrant au beau milieu du discours de Copé-dicule. Idem la Dati, qui avait pourtant juré qu’elle ne s’y rendrait pas : elle y était, minaudant, mais s’éclipsant vite fait bien fait. Le lendemain, remaquillée, elle pointait sa tronche en cul de poule sur un plateau télé : « je suis contente qu’on ait débattu de l’islam, parce que c’est une religion qui peut faire peur », commença-t-elle. Et les autres religions, elles sont censées faire quoi, nous rassurer peut-être? Brisons-là ! La dame alla, figurez-vous, jusqu’à prendre  la défense de Guéant-de-velours dont la main de fer entend maintenant s’attaquer à l’immigration légale, rien que ça. Elle en pense quoi, Rachida ? « En ce moment, tout est polémique, on peut parler de rien eh bien, parlons de rien ! », s’énerve-t-elle, pour un rien. Besson, de son côté, n’étonnera pas son monde en s’alignant sur Guéant et en jugeant que « cette mesure est pertinente, vis-à-vis de la situation de l’emploi en France. » Le travail aux Français, en somme. C’est ainsi, de manière à peine insidieuse, que s’appliquera dans ce pays la préférence nationale, mesure phare de la maison Le Pen, père et fille.

     On cause on cause, et pendant ce temps on s’enlise : en Lybie, notamment. On bombarde, on canarde et Kadhafi rigole. Il est pas le seul à pouffer : l’autruche en tousse de rire, au souvenir des « hourras ! », des « enfin ! » des « viva ! »expectorés par celles et ceux s’imaginant qu’une guerre puisse être salutaire et servir d’autres intérêts que celles des livreurs de canons. On s’enlise, on dérape, on mitraille au hasard : encore quelques « dommages collatéraux » dans le genre et peut-être qu’un journal finira par titrer : « Lybie : la France coupable. » Il nous faudra, pour cela, attendre 17 ans.

     En attendant il serait utile de se demander pourquoi le député Dassault n’envoie pas ses chouettes bombardiers pilonner la Syrie, le Yémen, et pendant qu’on y est les Emirats Arabes Unis. Autant de pays dont les peuples se sont, à leur tour, soulevés, mais qui visiblement n’ont rien à attendre de nous, ni de Serge Dassault. Pourquoi ? Oui, pourquoi, dans le panier des Essentiels Lefèbvre, pourquoi, mais pourquoi un poisson ?

                                                                                                  Frédo Ladrisse.

(1)    Emprunté à Sophia Aram, qui me le pardonnera

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 22:47

 

 

images-copie-17.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Un appel, que dis-je, un cri, lancé de Tulle, code postal 19000, Corrèze : « François, François, président ! », hurlaient une poignée de Tullistes, transportés de joie car oui, qu’on se le dise, qu'on se le susurre  à l’oreille : un homme est là, dressé tout droit qui, il nous l’a promis, va « lever l’espérance. » Entre ici, Culbuto — doucereux surnom dont l’affublent ses camarades du Ps —, entre ici, Hollande, François, entre dans la course aux primaires ! Aubry, Royal, Montebourg et autres Gnafron de pacotille commençaient à nous lasser ferme : heureusement, voici Guignol ! « Nous ne sommes pas n’importe quel pays : nous sommes la France », ose-t-il. On voit que d’emblée le Hollande a décidé de cogner fort, quitte à choquer les mièvres. Quant à la gauche,  eh bien, selon lui, « elle doit dire la vérité. » Audacieux personnage!

      Egalement audacieux et jusqu’à la bêtise, Jean-François Copé ne lâche rien : à l’heure où s’écrivent ces lignes, le débat sur l’Islam, rebaptisé débat sur la laïcité, puis re-rebaptisé convention sur la laïcité, n’est toujours pas annulé, malgré les défections multiples, malgré les cris d’orfraies d’autorités religieuses dont on se demande, au passage, ce qu’elles auraient à craindre de cette rencontre de culs bénis oui-oui. Elle aura donc lieu, la fumeuse convention, entre midi et deux autour d’un Picon-bière, dans l’arrière salle du Balto. Et c’est là, entre deux tournées — dis donc, y’a pas de cacahuètes ? —, que devrait se dessiner ce que Copé n’hésite pas à nommer « une sorte de règlement intérieur pour la nation. » Règlement intérieur ?… On aurait à ce point des gueules de collégiens ? « Ah, combien ce pays se meurt des procès d’intention ! », se lamentait ensuite, shakespearien comme un genou, le même Copé lors de l’émission de téloche le mêlant, plus qu’elle ne l’opposait, à Monseigneur Machin, à l’Imam Bidule et au Rabbin Trucmuche. Tiens, lui, j’ai retenu son nom : Joël Mergui, qu’il s’appelle, ci-devant président du Consistoire Central — on appelait du même nom, en d’autres temps, certain comité. Si j’ai retenu son nom c’est que le rabbin Mergui s’inquiétait devant les caméras de ce que le débat, pardon : la convention, ne débouche sur, je cite, « une radicalisation des laïquards. » Des quoi? Il avait bien dit : laïquards.  C’était sur une chaîne du service public, mais nul, et surtout pas ce faux toqué toquard de Frédéric Taddéi, n’a cru bon de reprendre le rabbin. J’en ai conclu que « laïquard » faisait désormais partie du vocabulaire convenu, sans nulle connotation relevant du mépris le plus abouti, et n’émouvait pas plus que ça. Dès lors, pas d’étonnement lorsque le même rabbin Mergui demandait « à l’Etat français d’aider les religions à forger de vrais citoyens. » Copé s’empressait d’acquiescer, mielleux et sirupeux à souhait, mieux, il en rajoutait et précisait, l’œil mi-clos, que lors du débat il n’était « pas question de heurter les fidèles, ce serait vraiment le contraire de ce que nous devons faire. » Que doivent-ils faire, ces contrits? Ramener dans le giron de la droite pétainosarkozyste les brebis égarées du côté du Fn. Ah !, combien ce pays se meurt, etc… En tous les cas on n’aura pas, lors de cette grand’messe cathodique qui n’a jamais, je crois, aussi bien mérité son nom, entendu parler d’athéisme, ou simplement des non-croyants, qui eux aussi peuvent être « heurtés » et pour le moins atterrés par un pouvoir politique ralliant le goupillon, sans plus de vergogne que ça. C’est que nous sommes, nous, athées, aux yeux de Copé comme à ceux de ces ensoutanés, enturbannés et autres empapillotés, autant d’anomalies vouées au silence sur cette terre, avant que d’aller rôtir, comme il se doit, en enfer. Dès lors, l’essentiel n’est-il pas de mettre à profit le temps qui nous reste pour les chauffer à blanc?

 

                                                                                      Frédo Ladrisse.                          


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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 18:20

 

 

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Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? De ci de là, les plaintes des cocus ayant, comme un seul homme à cornes, voté Chirac en 2002 quand la peste brune, paraît-il, menaçait de nous submerger. Pacte républicain, qu’ils disaient. Ainsi, c’est  en troupeau qu’ils accordèrent leurs suffrages à l’autre grand couillon, lequel allait s’employer à continuer de nous chier sur le crâne durant cinq pénibles années, tout en préparant l’avènement de ce pétainosarkozysme sous le joug duquel nous suons encore. Ils s’imaginaient, les idiots, que c’était à charge de revanche, que la droite, le temps venu, renverrait l’ascenseur. Les voilà donc fort marris face au Nini de Sarko, ni Front républicain ni Front National, qu’il dit. D’autant plus marrons dans l’affaire que ces tendres bêlants découvrent, sur le tard, qu’une large partie de l’électorat de droite préférera toujours voter pour les fachos plutôt que pour un socialiste, aussi mièvre soit-il. C’est à noter sur nos tablettes, tant c’est promesse de fous rires face aux déconvenues des cornards, à leurs lendemains de second tour, pénibles et dépressionnaires. Pour l’heure, en abstentionniste convaincue, l’autruche ne peut que se réjouir de ce nouveau record de non-vote, tout cantonal qu’il soit.  56% de pêcheurs à la ligne ? Ça ne tient plus, on manquerait de cannes. Il semblerait plutôt que la lassitude, le dégoût, la colère gagnent, qui poussent à fuir les isoloirs. Même les héros sont fatigués : un journaleux demandait l’autre jour entre les deux tours à Copé ce qu’il conseillait de voter dans le cas où Ps et Fn s’opposaient : « on peut aussi ne pas voter », a répondu le garçon. Une fois n’est pas coutume, on est assez de son avis.

     N’empêche, quel embarras, ce FN caracolant. Embarras pour nous tous, c’est une chose entendue, embarras surtout, et de poids, pour une sarkozerie devenue champ de ruines au milieu duquel s’étiole talonnetteman et ses caciques. Où est-il, le bellâtre se vantant d’avoir, en 2007, « siphonné les voix lepénistes » ? Il est à l’Elysée, il est, à son tour, siphonné. Contemplant le désastre, il se distrait d’un rien, par exemple écoute Guéant, ancien oracle patenté et désormais ministre, Guéant le bavasseur, plaignant par exemple « ces Français qui ont le sentiment de ne plus être chez eux », Guéant qui, d’une main mollasse, rédige l’ordre du jour du fumeux débat sur l’islam en France, ou de France, comme aime à l’appeler désormais ce pâle écornifleur. De circonstance, dites-vous, le débat, tombant pile poil à la suite d’une raclée annoncée? Vous avez l’esprit mal tourné.

     Laissons-là le Guéant vert, homme à sornettes s’il en est, et écoutons un peu le silence, tintamaresque, de Longuet : ministre de la Défense d’un pays en guerre depuis deux semaines, Longuet ne pipe mot. Etrange. Est-il aux arrêts, casematé ? Entravé, bâillonné ? Peu importe, le général Pontiès, ci-devant responsable de la vaste opération de com’ nommée Guerre en Lybie, parle pour deux et nous apprend que « l’armée twitte », sic, que « l’armée est sur Facebook, et d’ailleurs vient de dépasser le cap des 5000 amis. » Joli succès, qu’il conviendrait cependant de relativiser : pour une population de 60 millions d’habitants, ça ne nous fait jamais qu’un taux d’amitié de 0,008%. Vous me direz : c’est encore trop. Et vous n’aurez pas tort, d’autant que, des poteaux, elle en recrute, l’armée, jusques et y compris dans les plus improbables lieux : dans les pages du Monde Libertaire on a pu lire, la semaine dernière, un éditorial émanant d’« antimilitaristes forcenés » approuvant néanmoins ces « quelques frappes aériennes », et par ailleurs assimilant l’opposition à cette guerre à « un purisme idéologique assurément bourgeois. »  Diable. Si c’est être bourgeois de ne pas applaudir à la valse des bombes, alors j’en suis, les filles, les gars. Avant d’être passé par les armes, qu’on me permette tout de même de dire qu’en matière d’antimilitarisme on a, et heureusement, connu plus forcené que ça.

                                                                                                                        Frédo Ladrisse.

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 19:57

6a0115709e75e9970b011570afa015970b-320wi.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Plus encore qu’à l’accoutumée nous assistâmes, la semaine dernière, à un défilé de faux-culs tout à fait admirables, rendus au sommet de leur art. Anne Lauvergeon ouvrit le bal, qui, présidente d’Areva, déclara un lundi qu’on allait « éviter la catastrophe nucléaire, au Japon et ailleurs »  — sans qu’on sache au juste de quel ailleurs nous entretenait la dame—, et sans que cela ne l’empêche, quelques jours plus tard, de vanter l’EPR grâce auquel, selon elle, « il n’y a pas de fuites possibles, quelle que soit la situation. » Plus tard, la drôlesse ravala toute futilité et s’en alla admettre que Fukushima relevait « d’une situation d’urgence absolue. » Ah. Parfois femme nucléocrate varie ? Disons-le, et tout net : elle ne fut pas la seule, en ces jours radioactivés, à cogner de son groin hors nord les boussoles affolées. Il n’est qu’à jeter un œil sur la Une du Figaro, daté du 15 mars dernier: « le drame japonais menace l’avenir du nucléaire », chouinait alors la feuille à merde, propriété de Dassault fils— hasard de l’actualité : nous en reparlerons, de cet avionneur, ici même et dans quelques lignes et pas pour lui baiser l’orteil—, il n’est donc qu’à comparer ce Figaro-là annonçant ceci : serait menacé l’avenir de ce qui risque de nous tuer…, il n’est, dis-je, qu’à le comparer avec les Une du lendemain, celle de Libé : «panique nucléaire », celle du Parisien,  en corps gras : « terreur nucléaire »  (ça se foule pas dans les rédactions) pour en conclure que merde, y faudrait finir par savoir : c’est la fin de la bourse aux matières fissiles, ou simplement la fin du monde ? Rassurez-nous, tudieu ! Nous, actionnaires d’Areva, d’ERDF, de Necto, ne sommes que de petits porteurs (de mort), pourquoi nous mener la vie dure ?

     Tandis que ceux-là geignent, Air France fait des affaires. C’est de bonne guerre nucléaire. Le billet Tokyo-Paris sur ligne régulière coûte, ce jour, 14155 euros. Non, ce n’est une faute de frappe. Quatorze mille cent cinquante-cinq. Un prix de dix fois supérieur au tarif habituel, et susceptible de s’envoler si jamais le réacteur 2, 5, 3, 14 et plus si affinités… explose tout à coup. Y’a pas de petits profits, n’est-ce pas. Autre exemple ? Il n’est pas jusqu’à Sarkozy qui ne cherche à tirer profit du bocson japonais. « Si l’opportunité se présentait, et si les autorités japonaises le souhaitaient », et si, et si… « il va de soi que je me rendrai là-bas. » De soi, il va, bien entendu, ne jamais y risquer ne serait-ce qu’une oreille, car l’homme à talonnettes, bien qu’agité du cervelet, n’est pas plus kamikaze que toi : comment qu’il vous l’avait survolé Haïti, tout en hélicoptère et sans jamais se poser, vous vous souvenez, les copains? Alors le Japon radioactivé, la bonne blague… Dans deux mille ans il va de soi qu’il se rendra, bien entendu, éventuellement, là-bas. Si les autorités le souhaitent.

     L’histoire ne dit pas  s’il y sera accompagné du joyeux boute-en-train dont le nom, pour l’instant, nous demeure inconnu, de ce fameux drille qui décida de faire exécuter, par l’Orchestre de Radio-France, lors d’une soirée de soutien aux nippons sinistrés, l’œuvre de Paul Dukas, « l’apprenti sorcier. » Si. C’est qu’il est taquin, dans la fosse, le chef de l’orchestre rouge sang.

     Plus taquin que l’avionneur et député-maire de Corbeil, on ne saurait trouver. Ce Dassault, dont le nom suffit à nous dégoûter des jeux de mots —arrête ton char, Dassault ? Bof, savez-vous ce qu’il répondit ce Serge Dassault sorry au journaliste lui demandant si ça ne l’empêchait pas de dormir, tous ces zincs vendus à Kadhaf’ et avec lesquels le fondu bombarde depuis des semaines les villes ? « Quand on vend du matériel, c’est pour que le client s’en serve. » Il a dit ça et puis c’est tout, ce Serge Dassault six. De Strasbourg. Sur le coup ça m’a fait marrer, parce que c’est exactement ce que me disaient l’autre soir les amis Richard et Josselyne. Sauf qu’eux vendent des chaussettes en poil de lapin. Et même que dedans, on est bien.

                                                                                                Frédo Ladrisse.

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 00:35

Tirant tête images-copie-15.jpghors du trou qu’entends-je ? Le discours nucléorophile et quasi inchangé depuis l’épisode Tchernobylieux, un discours appliqué désormais au Japon, à ses centrales qui explosent, à ses caissons de confinement qui confinent que dalle, à ses centaines de milliers d’habitants évacués dans l’urgence, mais ça doit être pour les promener leur faire prendre l’air— à ceux contraints de rester on conseille de « ne pas sortir, et fermer les fenêtres, les portes. » Et arrêter de respirer, ils n’y ont pas pensé ? Figurez-vous que, vrai naïf, je pensais qu’on avait évité de construire des centrales nucléaires, bref des bombes à retardement, en des régions hautement sismiques telles le Japon. Simple bon sens. Visiblement non partagé. Du coup, le Japon éternel ne le sera plus très longtemps, puisque d’éternité il ne saurait être question concernant ces larges étendues d’hors et déjà contaminées, mais à ce propos chut, silence : selon un des experts dont on répugne à vanter le nom « le risque de catastrophe nucléaire, dans ces zones, demeure peu probable. » Peu probable, mon cul : d’hors et déjà avérée et avouée ne serait-ce que par les évacuations dont nous parlions plus haut, la catastrophe a bien eu lieu. En mesurer l’étendue prendra plusieurs dizaines d’années, au terme desquelles, bien entendu, on l’aura oubliée. Et c’est bien sur les défaillances de notre piteuse mémoire que comptent les nucléocrates. Demandez, aujourd’hui, à un enfant de douze ans ce que signifie Tchernobyl, il vous répondra que c’est le nom d’un groupe techno slovène.

      Tremblement de terre, tsunami, centrales nucléaires en surchauffe ? Cela n’est rien en comparaison du risque majeur menaçant l’Empire du Soleil Baignant. Ecoutons donc Charlyne Legris, en direct de la bourse de Paris, douze heures après le séisme : « le fait est que l’indice Nikkei connait en ce moment une forte baisse, en d’autres termes, il plonge, et ça, c’est inquiétant. » Ça, voyez-vous, c’est inquiétant. Crucial, indubitablement. Il aurait pas pu, le Nikkei, surfer sur la grande vague, se hisser au sommet de la déferlante ? Pensez-vous ! C’est bien les Jaunes, ça: au plus petit raz-de-marée les bourses plongent, les indices s’écroulent, sans même songer un instant aux actionnaires californiens dont les vacances, du coup, sont un peu compromises.

     Elles le sont d’autant plus que certains de ces retraités de Beverly Hills comptaient bien trekkinger sous peu dans le désert lybien. Pas de chance : Sarkozy a décidé de le bombarder. En treillis vert-de-gris — lequel lui va bien au teint —  le mini Stallone de l’Elysée a déclaré vouloir noyer sous une pluie de bombes Tripoli et tutti quanti. Bigre, diantre, palsambleu !, c’est-y pas de la fanfaronnade, de la belle parade de paon, ça ? Il s’agirait, bien entendu, d’un bombardement de trois fois rien, de juste et de comme en passant quelques « frappes ciblées » évitant, autant que faire se peut, de rayer de la carte les villages habités de paisibles civils. Enfin, ça c’est la théorie : on sait trop qu’une fois dans les airs règnent la bourde, la gaffe, le largage à l’aveugle, le dommage collatéral. Aussi qu’est-ce qui lui prend, à not’président, de vouloir comme ça et tout seul jouer les Zorro des sables ? Chercherait-il à faire oublier quelques retards à l’allumage et autres traînages de pieds lors des révolutions tunisienne, égyptienne? L’excité a, en tous les cas, pris tout le monde par surprise : même Juppé, jeudi dernier, semblait tout à fait atterré par les rodomontades guerrières du Patron. Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : ce genre de poussées soudaines autant que militaires ne sauraient pisser loin, étant bien entendu qu’au final les Américains, et eux seuls, décideront. Comme d’hab’. Mais la provocation française aura tout de même réussi à fâcher rouge le père Kadhaf’, au point que ce dernier menace de révéler « un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale. » Bof, si c’est pour nous ressortir le dossier Woerth/Bettencourt, ça ira bien, on a donné. Cependant, à supposer que cet ex ami de la famille en sache long et bien davantage, ce serait alors assez cocasse de le voir dézinguer Sarko sans qu’on ait, nous, simples spectateurs, à applaudir l’un ou l’autre, en aucune façon.

     Las ! En admettant que Kadhafi soit détenteur d’un tel secret, il n’est même pas certain qu’il tienne sa promesse et nous le révèle un de ces jours : à écouter Philippe Subra —et là je vous demande de bien vouloir vous accrocher solidement au bastingage, car ce que nous apprend ce distingué professeur en géopolitique est proprement ébouriffant — « c’est vrai que les hommes politiques ne tiennent pas toujours leurs promesses. » Puis d’ajouter, sourire canin, « mais qui, dans la vie, tient toujours ses promesses ? » Pas faux. Moi par exemple le premier janvier je m’étais promis d’arrêter les fraises Tagada. J’ai pas pu, j’aime trop ça. Je ne sais si cette fâcheuse absence de volonté eut, sur la diplomatie française, un effet similaire à celui produit, par exemple, par les fastueux voyages d’un personnel politique habitué à serrer la pogne des engeances dictatoriales, mais une promesse est une promesse, et selon Subra toutes se valent. Je promets donc de ne plus en faire. Pascal Boniface, autre géopolitologue, semble moins habitué aux fadaises que son collègue. Invité à se prononcer sur les révolutions actuelles, Boniface livra ceci : « il y a une onde de choc, et elle est mondiale. Elle a commencé dans le monde arabe, certes, mais elle va s’étendre. » Que Bakounine t’entende, Boni !

      S’étendre, d’accord, mais jusqu’où ? Jusqu’à, pour commencer, rendre une visite à Arnault, première fortune de France, lequel Arnault vit, en un an, ses revenus augmenter de 45 %, et atteindre la bagatelle de 41 milliards de dollars. Une petite visite, oui, sur le mode « patron, t’es viré. » Et laisse le chéquier sur la table. On rappellera au passage que dix milliards d’euros, soit moins d’un quart de cette fortune, suffirait à combler le déficit actuel du régime général des retraites. On rappellera également, et pour ne pas finir sur une note trop acide, que l’intelligence ne s’achète pas, la preuve : Carlos Slim, première fortune mondiale, passerait son temps à répéter cette phrase devenue fétiche : « ne restez pas les mains dans les poches en attendant qu’elles se remplissent. » Hum. Okay Carlos, t’énerves pas. Mais si ça se trouve, hein, va savoir : l’homme heureux n’a pas de chemise.

                                                                                          Frédo Ladrisse.

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