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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:32

 

images-copie-37.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Houlala froid nous eûmes, les frères et sœurs, ça eut pincé ma gueule, ça pince encore, et donc ? Si le froid se contentait d’abîmer les enjoliveurs et autres chromes automobiles on en serait bien aise. Seulement voilà, parfois il tue. Aussi apprîmes-nous, pas plus tard que tout à l’heure, et de la bouche empâtée de crème anti-gerçures d’une journaleuse de gras terrain, que « dans l’Aube, c’est une hécatombe chez les flamands roses. » Bigre. Foutre dieu. Y’avait des flamands roses dans l’Aube et on nous avait caché ça ? Les hommes et femmes de la rue tombent, Nora Berra en sait quelque chose qui, secrétaire à la santé, conseille aux sans-abri de ne pas sortir de chez eux en période de grand froid. Ils tombent, mais les flamands roses c’est autres chose, cela gèle sur un seul pied, c’est autrement spectaculaire. On ne nous dit rien des flamands de l’Aube et pareillement, comme par un fait exprès, on ne pipe mot de l’état dans lequel doivent se trouver les autruches de l’élevage de Rambouillet. Vous ignoriez qu’à Rambouillet — ville qui pourtant vit mourir de septicémie François Ier —, à Rambouillet, oui oui, à 50 bornes de Paris, existait un élevage d’autruches ? Elles seraient près de 600, à s’y cailler les plumes. C’est rien que de l’élevage de bidoche, de ces steaks sur pattes dont raffolent les autruchophages crétins peuplant les restos boboïdes du onzième arrondissement de Paris et d’ailleurs. Au passage, et puisqu’on en cause : j’ai eu, de long temps, le projet de cisailler l’enclos de mes volatiles camarades. Ce projet, bien entendu, demeure d’actualité : quelques bonnes volontés armées d’une paire de tenailles suffiraient à ce qu’enfin on puisse admirer le spectacle, hautement réjouissif, de 600 autruches envahissant les rues de Rambouillet, commune des Yvelines, la nuit. Chouette panique en perspective, scènes d’anthologie en sus, mais : revenons à nos moutons, bien qu’ils soient de Panurge. Regardons-les sauter dans l’eau gelée, suivant le troupeau tout groupé, avalant sans broncher inepties et calembredaines, un œil sur le thermomètre l’autre guettant je ne sais quel bulletin météo. Quel temps fait-il, en Syrie ? On préfère l’ignorer, puisqu’il y pleut, à ce qu’il parait, des bombes et du tir de mortier. Pour qui sonne le glagla ? Il serait tombé, là-bas, quelques centaines de morts civils, depuis que fut reçut en grande pompe cette pointure de ministre russe des affaires étranges. Un blanc-seing, ou tout comme, pour un massacre supplémentaire. Qu’en pensent Merckel, Sarko, Obama et la clique ? Si peu de choses, en vérité… Le froid engourdit les méninges, et la moufle à cervelle n’est, chez ces gens, pas pour demain.

     Pourtant, il n’y a qu’à voir Vesoul — et mourir, ajoute Pierre, lancé depuis son strapontin: à Vesoul il y pela dur, moins 20 la semaine dernière, eh bien cela n’empêcha pas Joyandet, maire de la bourgade, de penser, et à haute voix! Recevant je ne sais plus quelle vedette Ump (Juppé ? Fillon ? Morano ? Dave ?), monsieur le maire prononça un discours très… courageux. Aux militants présents il a souhaité « courage, courage, courage, courage et courage ! » Un programme en cinq points, en somme. Aux dernières nouvelles, Joyandet s’apprêterait à remettre les clefs de l’hôtel de ville à un adjoint de ses amis, et à quitter fissa Vesoul. C’est vrai qu’on s’y fait chier, à Vesoul, comme un caillou.

     A Tanger, on s’emmerde moins. Ce qui certainement explique que Renault ait choisi de s’y installer, plutôt qu’en bords de Saône. Belle usine, à Tanger, pimpante, rutilante. Une usine, quoi, mais neuve, un nouveau lieu d’ennui, de brimades et de mort, mais propre. Là, bosseront pas moins de 6500 ouvriers, pour un salaire mensuel de 250 euros. Soit la moitié de ce que gagne l’ouvrier Renault de Roumanie. On peut donc en conclure qu’on se trouve, dans le cas présent, devant une sorte de dé-délocalisation. Les pauvres se tirent la bourre, c’est à qui coutera le moins cher ? Carlos Ghosn, patron de Renault, se frotte les pognes et sans nulle vergogne. Mieux : l’état marocain, dirigé par une main d’acier dans un gant d’airain par Mohammed dit M6, commandeur des croyants et grand dépendeur d’andouilles devant l’éternel, son dieu, exonère Renault de toutes charges durant cinq ans. Et participe à la hauteur de 10 % aux frais de construction de l’usine. Et offre, ou quasi, le terrain. Mieux encore ? Pas de code du travail, surtout : pas de syndicats. Pas la peine, rigole un cadre, « puisqu’ici règne la paix sociale. » A l’ombre des miradors et dans la « paix » du poulailler, le renard va donc, tranquillement, croquer cette volaille.

     Fait pas trop froid, non plus, en Inde. Parait même que, sous peu, il pourrait y faire très chaud : New Delhi vient de se payer rien moins que 126 Rafales, le joli navion made in France dont personne, jusque-là, ne voulait. Allez, on applaudit bien fort le « fabriquer français » et ses engins de mort, même que si Kadhafi il aurait pas fait la fine bouche devant le Rafale, eh bin il en serait peut-être pas là, voilà! Désormais, chaque pays plus ou moins émergent le sait, le choix est assez simple : soit bombarder français, soit être bombardé par la France. Serge Dassault, grand armurier et néanmoins poète, rappelle à juste titre que le Rafale « c’est la France qui n’hésite pas à voler haut dans le ciel. » Tanguy et Laverdure en font sous eux de bonheur. La bourse aussi, d’ailleurs, qui à l’annonce du contrat indien a fait bondir l’action Dassault de 21%. Bagatelle. Et peu importe que le vieux Serge, dont les accointances sarkozyennes ne sont plus à démontrer, ait pronostiqué dans le même temps que « les industriels, qui ont peur des socialistes, quitteront la France, enfin… ceux qui ne sont pas déjà partis ! », peu importe que ce marmiton de la mort plastronne « qui va faire la croissance, hein ? C’est pas les pauvres, alors… », la bourse, comme Sarkozy, comme l’Etat, place sa confiance en Dassault fils, lequel comme on voit « vole haut. »

     Au-delà des nuages, là où l’oxygène se fait rare et où, en conséquence, les cerveaux mal irrigués donnent des signes de yoyotisme, Le vieux Serge pourrait bien croiser le vol de cet autre emplumé, Xavier Bertrand, dit « le condor ». Servie sur un altiplateau, le ministre du travail avance l’idée de rendre publics les noms des fraudeurs aux allocations familiales. « Tout jugement devrait entraîner la parution dans la presse de leur identité et de la nature de la fraude. » Si jamais nous devions tomber plus bas que l’égout par le biais de cette délation collective, et sachant que les arnaqueurs sont pour l’essentiel des patrons — travail au noir oblige —, je tiens à la disposition du gros Bertrand la liste des fraudeurs de mon quartier : la pharmacienne, la boulangère, le marchand d’assurances, et ce connard de tenancier de gourbi qui exploite la femme que j’aime et mon trou du cul de patron bradeur d’appart’ milieu de gamme pour bobos-gogos, qui encore ? L’Etat, tient, rien que ça, en retard de quelques milliards sur ses cotisations, alors, Bertrand, publie, publie ! Elles sont, en ce moment, un peu rares, les occasions de se gondoler.

     Sinon, quoi ? La campagne ? En ville, vil gredin, Sarko paraît-il vire à droite, sécurité, moralité, famille et autres imbécilités. En mordouillant sur l’extrême-droite le nain talonnétté tente, challenge de la dernière chance, d’assurer sa présence au second tour de l’érection. Ce serait un minimum. Sinon ? Rien. Hollande continue de se la raconter, Mélanchon de remplir les salles de futurs électeurs bayroutiens venus voir, « par curiosité », le bretteur de foire, alors que tout le monde sait — à l’exception, peut-être, de ce naïf de Hollande — qu’à l’issue d’un second tour qui verra s’affronter Le Pen et Sarko c’est le petit qui sera réelu. Sinon ? Ah si ! Boutin. Il nous faut parler d’elle, parce qu’elle a le mérite de ne jamais reculer devant le ridicule qui s’avance, s’avance, et qui tout cru va la bouffer. Figurez-vous que la dame, chassant les signatures, suit le chemin de Compostelle. S’arrête chez monsieur le maire, tâte la vache et bois le jus, et déballe enfin ses sottises. « Moi, j’irai jusqu’au bout ! », qu’elle ose. Du chemin, et amen ? Si Compostelle ne suffit pas, comme disait Coluche il lui restera toujours Lisieux pour pleurer.

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

 

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:37



Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le Maître du Château en son show, livrant sa vision du logement, de sa politique idoine : « quand on a une maison, hein, on a des enfants. » N’est-t-elle pas assez réductrice, la présidentielle sentence ? A croire que non, comme le foutriquet s’obstine, qui cite à en choper des crampes de langue l’exemple de la Prusse impériale, à propos de tout et de rien, « r‘gardez, hein, r’gardez, ça marche en Allemagne, et pourquoi que ça marcherait pô chez nous ? » C’est ce qu’on nomme une vision, une philosophie : un programme. Plus tard, le même qui confiait il y a peu vouloir « disparaître » si il n’était pas réélu, « vous n’entendrez plus parler de moi »,… l’homme fortement talonneté qui avouait se voir assez bien « commencer la semaine le mardi et la finir le jeudi », n’en entendait pas moins, avant de disparaître, schlaguer ce peuple ingrat et lui faire définitivement passer le goût des 35 heures. Ce n’est pas nouveau, chez les rentiers, cette passion pour le travail des autres. Subsiste néanmoins un souci, érigé au milieu du gué telle une barricade lourdement ferraillée : en France, comme en Allemagne, le peuple a perdu, de long temps, l’envie de s’échiner : « il y a, sur ce sujet, un problème d’acceptation sociale », susurre entre ses crocs notre dominical chacal. Curieux, comme des phrases ne voulant rien dire peuvent parfois résonner comme autant de menaces.


      BourdieuPremière pause, au milieu du foin : cette parole d’auditrice, lors d’une émission consacrée à Pierre Bourdieu : « on dit souvent qu’il parle pour ceux qui n’ont pas de voix, pour les dominés, mais c’est faux. Bourdieu parle pour ceux qui n’ont pas d’oreilles, il parle aux dominants, il leur dit : on sait ce que vous faites, on vous voit. »


      Effectivement, on les voit. Et nous ne perdons pas une miette de leurs agissements prédateurs, de leurs doigts jamais repus raclant le fond de nos poches dans l’espoir d’y gratter l’éventuelle ultime piécette de 10 centimes d’euro. Ainsi, nous regardons EDF, leur création, leur monstre, accumuler les gains et cependant promettre une hausse de 30 %, rien de moins !, de ses tarifs, d’ici à 2016. Les raisons avancées? La hausse du coût du nucléaire, faute à l’Autorité de Sureté qui eut l’audace, la chienne, de demander quelques travaux aux alentours des centrales. Quoi d’autre ? « La perte du triple A d’EDF », explique, sans rire, la direction. Une perte qui obligerait cet ancien service public, devenu entreprise privée, à emprunter à des taux plus importants, « ce qui ne manquera pas d’impacter le consommateur. » Comme en termes choisis, n’est-ce pas, ces saloperies sont dites. Dans le même temps, on apprend que 800 milliards d’euros émanant de contribuables français se planqueraient, insidieusement, dans quelques paradis fiscaux. Un chiffre à rapprocher de celui de la dette publique, 150 milliards. De l’argent il y en a, on vous dit ! Mieux : on sait où le trouver. Ne reste plus qu’à aller le chercher, qu’est-ce qu’on attend, qu’est-ce qui nous manque ? Rien, si ce n’est le courage.


     AFP_080403annie-ernaux_n.jpgSeconde pause hors purin, puisque nous parlons de courage : le souvenir d’Annie Ernaux qui, questionnée en 2002 par Télérama sur le mode « pour vous, être de gauche, qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui ? », eut cette réponse, claire et tranchante comme la lame de sa pensée : « être de gauche, aujourd’hui, c’est surtout, SURTOUT, ne pas voter PS. » Dix ans plus tard, parions que sa réponse serait inchangée.


      Dix ans après son père c’est au tour de Marine Le Pen de frayer avec le second tour. Qu’elle fraye ne saurait nous effrayer, c’est aux poings, c’est au sang et au corps-à-corps dans la rue que s’il le faut nous la combattrons. Qu’on se contente, pour l’heure, de relever l’étrange silence qui suivit ses déclarations concernant le planning familial, « centre d’incitation à l’avortement » selon elle, et sa proposition de dérembourser l’iVG, puisque « l’avortement est quelque chose que l’on peut éviter, après tout. » Après, quoi ? Rien. Nada. Nulle réaction digne de ce nom du côté des partis dits de gouvernement, trop occupés à s’empailler sur le taux d’intérêt majoré des surcotes CAC40tées ou pas, et autres survoltants sujets de la plus essentielle importance. Fi ! Le Pen peut aller jusqu’à promettre, si elle était élue, d’abroger la loi Veil, pas un de ces amphitryons n’a cru bon de réagir. Vous dites ? Société de mâles abêtis? C’est encore trop gentil, les filles.


      images-copie-48.jpgTroisième pause, et respiration : on demandait l’autre fois à Josiane Balasko si, dans l’actualité récente, quelque chose l’avait fait rire. « Oui, Jeanne d’Arc », a-t-elle répondu. Et d’expliquer le comique qu’il y avait pour elle à voir les uns, les autres, se précipiter au chevet de la pucelle d’Orléans, pucelle dont ils n’avaient, foncièrement et très logiquement, rien à tamponner il y a cinq années en arrière. Désormais ça se bouscule au portillon de ses chausses, tous semblent prêts à les baiser malgré la putrescence fascistoïde qu’exhalent les chaussettes de la donzelle. Seulement voilà « Jeanne d’Arc appartient à tous les Français », a balancé, sans se marrer, Harlem Désir, du PS. De gauche comme de droite, le nationalisme est à tous !


      Droit à l’avortement, crimes policiers, même combat, dans la mesure où ni l’un l’autre ne semblent devoir constituer des sujets de campagne. Pourtant à Grasse, à Clermont-Ferrand et ailleurs, les flics continuent de tuer, en toute impunité. Ainsi le jeune Hakim eut la malchance de mourir d’une, je cite, « asphyxie mécanique consécutive à une compression thoracique. » Qu’en termes choisis, etc… Autrement dit le flic est « simplement » resté assis sur lui, de longues minutes et en public, alors qu’Hakim était à terre, menotté par l’arrière. Peine de mort appliquée, en somme, par anticipation. Dans une agence bancaire, Où Hakim s’était rendu pour quémander 20 euros. On lui a refusé le retrait, il a pété un plomb. Aussi est-ce bien naturellement que le procureur a requis, à l’égard des sept (sept !) policiers impliqués, des peines de sursis. Un coup de règle en bois sur les doigts, avant qu’ils ne récupèrent leurs armes, et retournent à leurs sales besognes. Y-a-t-il meilleur encouragement aux tirs sans sommation ? Il y en a un autre : cinq ans que les cowboys de banlieue, que les baqueux de tous poils se savent autorisés au pire. Mais voilà que ça branle dans le manche du Sarkozystan-pour-mille-ans. Si Hollande passe, finie, la chasse aux sans pap’ et aux Roms, se disent les Sarkoboys sanglés en leur bel uniforme (lequel, faut-il leur dire ? les effémine un tantinet). Du coup les fous se lâchent, et voient des Vanzetti partout. Il paraît donc urgent de leur rappeler que si le PS, par extraordinaire, revenait aux affaires, non seulement il ne condamnerait pas mais, mieux encore, encouragerait les méthodes de ces malades du flingage.


    images-copie-50.jpg Dernière pause, ceci : « si on vous lit, les journalistes seraient tous des crétins et des branleurs », lance, ulcérée, la dame dans la radio. « Oui, je souscris tout à fait », répond Michel Onfray. Il se trouve que la dame dans la radio est, bien entendue, journaliste, alors la voilà qui s’étrangle : « mais c’est pas un peu fasciste, ça ? » Onfray garde son calme : « c’est une bande de crétins. » La preuve par l’exemple, en somme. Quels branleurs, ces journalistes.


                                                                                          Fredo Ladrisse.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 22:35

 


bonobos.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? A Domrémy cette semaine, vinrent ahaner les Preux du Sarkozistan-pour-mille-ans, plaçant guêtres et escarpins en les pas de la Sainte Pucelle — bonheur de voir la Morano en l’occase entonner, goulue, « en passant par la Lorraine, oh ohoho », avec ses gros sabots et opinant du chef telle une truie avinée. Morano : nous y reviendrons. Restons un temps sur la pucelle et, à l’instar d’un Sarkozy venu en ce patelin moins pour entendre des voix que pour en pêcher quelques unes, chantons les louanges de la Jeanne : « la première résistante française » serait aussi, selon lui, « la plus connue de par le monde de toutes les Françaises. » Un bref sondage auprès de mon voisin malien suffit à établir qu’il semble que ce soit plutôt Josiane Balasko : faux !, rétorque mon voisin russe, c’est Cécile de France — laquelle comme chacun sait, est Belge. Bref, on y serait encore si, à quelques heures de distance, n’avait tonné dans le ciel clément de ce mois de janvier bizarre l’annonce selon laquelle Marine Le Pen approcherait, dans un sondage, les 30% d’intention de vote. Fichtre. C’était dans Libé. Ventre Saint-Gris, adieu pucelle, et Hallali-lalère, sus au FN ! Seulement voilà, tourneguidouille : à le renifler de plus près ce sondage-ci sentait fort le coquin, à comme ça accumuler les « oui, je voterai Le Pen », avec les « oui, probablement », et avec les, surtout, « non, probablement non », interprétés arnaqueusement comme autant de oui possibles, certes on obtenait au final les 30% qui font peur et qui font les gros titres, mais le procédé se révélait largement capillotracté. Enorme est ce tour de passe-passe, et c’est peu dire que Libé ferait bien de se remettre à faire un peu de journalisme, plutôt que d’agiter ses épouvantails de papiers censés pousser le troupeau vers le vote dit utile. D’autant qu’il n’y a jamais de vote que futile. Oyé.


     Cependant, catacataclop, toute autruche qu’on soit en ce soyeux plumage, on cavale derrière ces tordus et pas un jour n’expire sans que ne nous soit livré son lot de billevesées. Jeudi, c’est Morano, en visite dans son bled de mort: « regardez, dans cette pizzeria on fait des pizzas DSK, des pizzas spécifiques, à base, hihi, de béchamel. » On comprend que la Nadine, quand elle se fait épingler par Sophia Aram, se permette de lui rétorquer « vous vous dites humoriste, eh bien, vous ne faites rire personne ! » C’est qu’en matière d’humour, la Morano est une puissance ! Le crime commit par Aram ? S’être permis de dire que la Nadine était vulgaire. Or, « populaire ne veut pas dire vulgaire, madame. » Elle n’est pas que vulgaire, celle que d’aucuns se plaisent à surnommer l’aigre Nadine —comme la boisson, hihi : en matière de QI, elle est également très en dessous d’un sèche-cheveux au repos. Un exemple, de plus ? Sur twitter, ceci : « je tape plus vite que mes doigts, mais je corrige aussi vite que ma pensée. » Et inversement, ça donne quoi?


     Plus tard, c’est encore Morano qu’on trouva à la charge, quand il se murmura de-ci de-là que Hollande — c’est le candidat socialiste à l’élection présidentielle — avait traité Sarko de sale mec. C’était pas terrible, pas mordant, même pas insultant, contrairement à un certain « casse-toi pov’con », pas tombé dans les oubliettes. Pourtant, de ce « sale mec », la Nadine s’en étrangla, pour la forme et en live sur les chaînes de téloche, manque de respect envers son seigneur et maître et tout le binz, et il fallut attendre qu’elle pousse le ridicule jusqu’à exiger des excuses de la part de Hollande — c’est le candidat socialiste — pour que les cadors de l’Ump viennent eux-mêmes la calmer, lui faire son shoot de naphtaline.


     Mais c’est terrible, la politique : à peine Morano s’était-elle endormi sur ses deux narines qu’une autre de ces harpies, assoiffées d’urne et de bulletins de vote, s’éveillait, et donnait du groin. Boutin ! Christine ! Nul pieu sacré ni gousse (d’ail) ne put jamais venir à bout de la fromagère des Carpates ! Elle est là, debout, bien en chair, elle suce (votre sang) pour pas cher ! Surtout, elle est, comme naguère, impayable, incorrigiblement rétrograde et nuisible. Lors d’un débat sur la famille, cette engeance lâcha: « comme responsable politique, je sais que l’intérêt supérieur de l’Etat est d’assurer la pérennité de cet Etat. » Hum hum, et donc ? Et donc, « cette pérennité se fait par la naissance des enfants, or aucun accouplement entre homosexuels ne donnera naissance à un enfant. » Ici, une pause. Le temps de noter que pour Boutin les homosexuels s’accouplent, comme les animaux, en somme. Seuls les hétéros seraient susceptibles de faire l’amour ? C’est entendu, mon bon Gringoire. Une pause également afin de bien renifler cette bouse, qui lui sert d’argument contre le mariage homo. Car, pour Boutin qui nous revient d’un voyage à travers le temps, mariage égal enfant. Homo égal pas d’enfant, donc homo égal pas mariage. CQFD, ma bonne, retournez z’en cuisine. Une pause, enfin, pour ceci : aux copains/copines nanars qui se demandent comment en finir avec l’Etat, Boutin livre sa solution : n’engendrez plus, les filles, les gars ! De cette façon l’Etat, et du même coup Boutin, devraient finir par disparaître.


     Cessons-là, cependant, toute pornographie. Il y a en effet plus grave en cette vallée de larmes et Sodome, il y a la Culture, oui madame. Car la culture, c’est le diable invité à table ! Aussi est-ce non sans courage que Christine Boutin, dite « la pucelle de Grey-lès-Vesoul », Christine, de son vrai nom Wiki Christine Marcelle Valérie Cécile Marie Boutin, née Martin comme Arthur et les cuisines du même topo, que Christine, donc, enfourcha Rocco, son fidèle destrier, et s’en alla pourfendre la sorcière socialiste qui lui faisait face lors du débat : « vous, vous êtes pour une construction culturelle du mariage et de la famille, moi je souhaite le respect de la nature. » Et toc. Calmée, la gauchiste ! Qu’il nous soit néanmoins permis de rappeler à Christine Marcelle Valérie et à toutes leurs frangines que l’opposition nature/culture n’est plus qu’une resucée de catéchisme mal dégluti, qu’elle ne tient pas la route une nanoseconde, et qu’il leur suffira, pour s’en convaincre tout à fait, de parcourir l’excellent livre paru en 2009 et titré « la sexualité animale », édition du Pommier. On y apprend que, « de la couleuvre jarretière à flancs rouges jusqu’aux oies cendrées », ça copule, ça copule, ça partouze dans nos forêts, en nos gazons, partout ! Tandis que les dauphins chopent des tortues dont ils se servent comme autant de « dauphines gonflables », les girafes s’accouplent entre mâles et le scarabée japonais, incapable de faire la différence entre mâles et femelles, monte les unes et les autres, selon ce qui se présente. Si on observe de près un agrégat de charançons, on verra que « les mâles montent les femelles, que les femelles montent les mâles, que les mâles se montent entre eux et que femelles ou mâles montent les couples déjà formés ». Et pendant que nos amis les gorilles des montagnes s’enculent à qui mieux-mieux, libellules et blattes pratiquent une sexualité collective débridée à faire pâlir le plus aguerri des clients du Carlton de Lille. « Respect de la nature », nous dit Christine, née Martin. Ok, mais vire ton slip, je vois arriver les gorilles.


                                                                                                 Frédo Ladrisse.
                                                 
                                                

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:04

 

dc1bf076-226e-11e1-b39d-c20252a9304b-copie-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Furent-ils gâtés les gosses, les marmots et les chiards lors du passage du vieux barbu polymorphe pédovore? Ont-ils dégoulinés au pied du sempiternel sapin, ces jouets stupides, hideux, mauvais, fausses kalachnikov pour futurs braquo, gazinières plus vraie que nature pour femmes/foyer à venir ? Bien entendu, faut faire plaisir. On a raclé les poches pour les beaux yeux des mioches, avant que de lâcher l’ultime bifetaille pour le 31, ses huîtres, son crémant, moroses comme un électeur. Depuis nous voilà secs, laminés, repassés, sans un sou. C’est qu’on sait pas gérer le pognon qu’on a pas, voilà le souci, monsieur le banquier. Mais que les écureuils et autres succursales que d’aucuns pensent « populaires » soient rassurés d’emblée : nos enfants ne nous ressembleront pas, qui sauront, eux, jongler entre PEL, PEP, placements divers, assurances vie, s’égaieront au matin au son de la liturgie délivrée par les places boursières, éprouveront joie, plaisir et grâce à l’annonce d’un Nasdaq bondissant de 0,2% : les banques, encore elles, s’y emploient, au premier rang desquelles la Société dite Générale, avec son castor débile agitant sa queue sur ceci :www.abcbanque.fr, faites un tour sur cette engeance, vous comprendrez de quoi je cause et, à n’en pas douter, choperez la rage pour l’année. « Comprendre l’argent en s’amusant : la banque à partir de 6 ans », dit le bandeau du site. Pfff… Six ans, c’est bien trop âgé, c’est aux fœtus qu’il conviendrait d’apprendre les vertus d’un placement approprié! Ainsi verrions-nous, en l’espace d’une génération, s’épandre le modèle dominant du capitalisme de papy, en même temps que s’éteindraient les ultimes velléités de le voir un jour brouter le parquet. Lapinisation des esprits : les dents changent, et s’aiguisent.     

     Cependant, vous savez comment sont les gosses : on aura beau leur inculquer, dès leurs plus jeunes années, les valeurs de l’économie de marché, certains s’entêteront dans leur volonté de devenir et de rester pauvres. L’exemple, détestable, que n’auront pas manqué de leur donner leurs géniteurs les inclineront aux carrières sombres, sales et imbéciles, garagistes, caissières, fabricants de chevaux de bois, gendarmes mobiles ou non, pire encore : D.R.H. Caissière, dites-vous ? Parlons-en. Dans un de ces ciné-nanards dont seule la fin d’année semble avoir le secret, « les tribulations d’une caissière » pour ne pas le nommer, on apprend que, non content d’avoir enfin retrouvé la septième compagnie, de s’être lancé aux trousses du père Noël, cette ordure, cette catégorie de la population appelée habituellement « caissières » se régale au boulot de cocasseries exemplaires, dont l’autruche ne dira rien pour ne pas déflorer ce  sommet du septième art. Caissière elle-même, la pouffe à l’origine du bouquin dont fut tiré le film — « pouffe », c’est exagéré selon vous ? C’est que, tout comme moi, vous n’avez pas vu le film —, cette pétasse, donc, avouait l’autre jour sur les ondes « espérer qu’avec ce film les gens comprendraient qu’on est pas que des machines. » Non, pas que. Lapinisation des esprits.

     Mais dans cette vie comme elle va —mal—, il n’y a pas que des lapins. Il y a des chasseurs, aussi. Des furieux, des malades, à l’instar du brigadier-chef Christophe, baqueux de Seine Saint-Denis, se répandant dans un Fig’ Mag’ titrant finement en Une « dans l’enfer du 9.3 ». Parce qu’ici, là où je vis, là où vivent plus d’un million et demi de personnes, il faut le savoir : c’est « l’enfer ». « La Seine saint-Denis, c’est de la bombe », commence notre graveleux brigadier. Plus loin, il livre une vision monochrome d’un département qui serait comme « le vaste terrain de nos opérations. » Réserviste de l’armée de terre (« dans les forces spéciales », précise le gars, qui se la pète), Chri-Chri a le cerveau d’un serin, la pogne d’un gorille des montagnes, l’intelligence d’une noix de cajou. Kaboul ou Bobigny, pour lui, même latitude, même combat. Et celui qui se décrit avec fierté comme « un vrai BAC-Man » (haha), précise que « prendre son service, c’est à chaque fois partir en guerre. C’est une guérilla urbaine. On fait la guerre à un ennemi invisible.» Personne, évidemment, n’est là pour calmer not’guerrier, et lui dire, au cui-cui, que si l’ennemi est invisible c’est peut-être qu’il n’y en a pas. Où sont les chars, trouduc, où est le Front, l’armée d’en face ? Où sont tes batailles, pauvre mec ? C’est aux pauvres que tu mènes une guerre, piétaille milicienne, et sans même avoir saisi qu’une guerre sans ennemi est, à l’avance, perdue. « Ma formation au sein de l’armée me sert énormément sur le terrain des banlieues : savoir progresser en milieu hostile, sécuriser un périmètre, ne jamais laisser un des nôtres seul,… » Voilà le genre de personnages qu’on envoie « patrouiller » et guerroyer dans les quartiers, pour ensuite s’étonner que certaines situations finissent par dégénérer. Notez, il y aurait plus simple : pourquoi ne pas bombarder directement la Seine Saint-Denis ? Lapinisation des esprits.

     On pourrait demander conseil aux militaires égyptiens : l’armée, là-bas, est au pouvoir depuis de longs mois, et le peuple qui vise à s’en débarrasser ne reçoit cette fois le soutien d’aucun BHL de foire d’empoigne, puisqu’une dictature militaire succédant au long règne d’Hamid Bourguiba parait convenir parfaitement aux démocraties d’occident. Au Caire, place Tarir, on continue donc de mourir. Et quand un général égyptien qualifie les manifestants d’ « enfants des rues qui mériteraient d’être jetés dans les fours crématoires d’Hitler », pas une des grandes gueules ayant appelé au pilonnage des villes de Lybie ne semble, cette fois, s’émouvoir. Lapinisation des esprits ?

     Pour finir, rions un peu avec le césium 137: tandis qu’autour de Fukushima se multiplient thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, asthmes, conjonctivites et pneumonies (notamment chez les jeunes enfants),tandis que la contamination s’étend, selon les autorités, sur une zone grande comme la Bretagne ; tandis que des centaines de milliers de personnes demeurent bloqués là-bas faute de moyens financiers leur permettant d’évacuer, la société Tepco vient de préciser que « les matériaux radioactifs qui ont été disséminés par le réacteur n°1 et sont retombés au sol appartiennent aux propriétaires des terres, et non plus à Tepco. » Humour noir ? Même pas. Bonne année.

                                                                                            Frédo Ladrisse.                                         

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:05

 

 

images-copie-49Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’est reparti pour un tour de train-train, Noël et jour de l’an en guise d’arrêts forcés, Tchou-Tchou des fêtes mille-et-une fois recommencé et que rien, ou si peu de choses, n’osent venir perturber. Ainsi, les grèves cheminotes annoncées à l’orée de la période sacrée, n’auront finalement pas lieu. Celles et ceux qui comptaient sur le syndicat, les arrêts de travail, pour servir de prétexte et éviter le calvaire du réveillon chez tonton Serge, en seront pour leurs frais. A l’occase, on apprend comme ça comme en douce que la Cgt et la direction de notre glorieuse Sncf ont passé un « pacte antigrève », pour ne pas gêner l’entreprise au moment de l’ouverture à la concurrence. C’est beau, un syndicat qui veut pas gêner son patron.

     Pécresse, elle, ce sont les marchés financiers qu’elle craint d’indisposer. Suite à la signature de l’accord de Bruxelles, la ministre eut cette envolée : «ce que nous voulons avant tout, c’est rassurer les investisseurs, c’est leur dire que plus jamais nous ne ferons appel à des fonds privés, dans le cas où un pays serait en difficulté. » Les banques, principales responsables de la crise mais qui ont fort mal digéré l’emprunt grec et son remboursement partiel, peuvent donc désormais dormir sur leurs oreilles, bien bouchonnées : avant tout, plus jamais on ne viendra les importuner.

     Curieusement Pécresse ne s’est pas exprimée relativement à la nouvelle loi visant à interdire la prostitution. Porte-parole du gouvernement, elle doit pourtant s’y connaître en matière de putasserie. Mais rien, pas un mot, pas une virgule, la Pécresse laisse le sujet aux professionnels de la chose. Maintenant que, dans un grand élan moralo-hypocrite, ces foutreux sont enfin parvenus à criminaliser, à outrance, la fille des boulevards, ils entendent désormais punir le client, non sans avoir, au préalable, « mené un travail de sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution ». Et le rapport de préciser que cela se ferait « sur le modèle des stages de sensibilisation à la sécurité routière. » Sanctionné par un examen, type permis de forniquer ? Reste à recruter quelques girondes et expertes examinatrices.

     On croit rêver, mais non, chaque jour qui passe voient ces ignobles s’enfoncer un peu plus dans le ridicule, le foutraque et l’ignominieux. A l’image de ce député Ump dont on a eu vite fait d’oublier jusqu’au nom, de ce grand malade qui entend proposer une loi —encore une— imposant le vouvoiement à l’école, et ceci dès la maternelle. Vous avez bien lu : imposer. « Pourquoi pas », commente Chatel, ministre de l’éducation : « après tout, le vouvoiement est une des richesses de la langue française, je ne vois pas ce qui pose problème à l’apprendre dès le plus jeune âge. » Une richesse, c’est évident. Au même titre que la révérence, la baguette ou le bonnet d’âne. Vouvoyez-vous les uns les autres, bambins de ce siècle imbécile. Et avant de remettre vos sabots, vous balaierez la classe, et nettoierez les encriers.

     Quand ils ne sont pas occupés à pondre d’ineptes projets de loi puant la suie et la cire froide, certains « responsables » Ump  se montrent, comment dire… Un peu plus radicaux. Tel Maxime Buizard, chef des jeunes Pop du Loiret —ce qui vous campe un homme. Le jour où les militants de Greenpeace ont envahi quelques centrales afin de démontrer l’inefficacité des flics censés en interdire l’accès, le Maxime a twitté ceci : « la gendarmerie aurait dû abattre les terroristes de Greenpeace, ils ne méritent pas de traitement particulier. » Sic. Certes, l’honnêteté oblige à signaler que le gars fut viré illico de l’Ump, quasiment le jour-même. Mais on frémit tout de même à l’idée que ce fou furieux aurait pu un jour devenir, heu… ministre de l’intérieur. Au sujet de l’opération menée, donc, par Greenpeace, en une version plus nuancée Sarko crut bon de déclarer que « c’est assez irresponsable de prendre des risques avec sa vie, et avec celle des autres. » Bin voyons. On croirait entendre Poutine déconseiller aux jeunes d’aller manifester, parce que c’est dangereux. Par ailleurs, prendre des risques irresponsables avec la vie des autres, ce n’est pas la définition même du nucléaire ?

     A la surface de ce cloaque, où règnent purulences et autres affections, surnagent tout de même, parfois, quelques bonnes nouvelles. Les deux copains qui avaient chanté « l’hécatombe » de Brassens lors d’un rassemblement, en juin, devant la préfecture de police de Paris, ces deux là, arrêtés, inculpés de violences contre les forces de l’ordre, viennent d’être relaxés, suite à une comparution où l’hilarité du public le disputait, paraît-il, à la gêne teintée de honte des magistrats siégeant ce jour-là. S’il existe des petits plaisirs, Il n’y a pas de petites victoires.

     Pour finir, cette « cocasserie » : Newt Ginginch, éventuel futur candidat républicain qui devrait affronter, l’année prochaine, B. Obama, était invité il y a peu sur une chaîne télé, media de la communauté juive. « Je pense que les Palestiniens sont une invention », lâcha-t-il. De même que la terre est plate et que, juste derrière Wall Street commence l’Abysse ouvrant sur les Enfers éternels. Une fois de plus, c’est prouvé : l’Amérique est un grand pays, peuplé d’intellectuels.

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse             

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 23:33

 

 

tribu-nounours-rougeTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Une Europe gémissant comme génisse mettant bas, de Propiano à Dortmund la populace a la tremblote et guette avec effroi le prochain coup de grisou. Ce qui s’offre à nos yeux en termes d’avenir non-radieux n’est plus même une vallée de larmes, mais un océan lacrymal à tendance glaireuse. Il n‘est pas jusqu’en Angleterre, patrie soi-disant triomphante d’un individualisme gore conceptualisé par Thatcher (ce qui ne nous rajeunit pas), où cela gronde et branle dans le manche, au point de mettre dans la rue deux millions de grévistes, lors du plus grand mouvement qu’ait connu le pays depuis les années 70. En cause, un passage, pour les fonctionnaires, de 60 à 66 ans de l’âge légal de départ en retraite, une hausse des cotisations et la suppression de rien moins que 300 000 postes. « C’est la goutte qui a fait déborder la vase », commentait l’autre matin en français approximatif mais, pour le coup, très approprié, un syndicaliste londonien. La vase, oui. Celle qui s’étend à l’échelle de tout un continent, celle qui pue, remugle la mort.

     Croque-vivants d’entre les pires, de ce côté-ci de la Manche le Guéant vert de rage écume, éructe, brûle à l’intérieur d’une flamme bleu-blanc-rouge aperçue sur certaines affiches, ou tracts. Ministre, directeur d’inconscience d’un Sarkozy à la remorque du Front — comme à chacune de ses campagnes—, Guéant foiré fait feu de tout bois, propose par exemple en loucedé l’abaissement de la majorité pénale à 12 ans. 12 ans, c’est petit bras. C’est minable. Quitte à réformer le code pénal, faisons en sorte que l’incarcération soit possible dès la formation de l’embryon. En deçà, ce sera difficile. Guéant-flure, dans le même mouvement, exhibe le projet de croisement entre, d’une part, le fichier des étrangers résidant en France, d’autre part ceux de la Sécu. Y-a-t-il plus limpide manière de pointer du doigt l’étranger, nécessairement fraudeur ? L’histoire ne dit pas si il est également prévu de croiser les fichiers de la sécurité sociale et ceux des tribunaux de commerce, où sont enregistrés les milliers de patrons escroquant journellement les caisses. Mais chut, laissons ces voleurs-là voler, sinon c’est fermeture délocalisation et tout le pataquès —au passage, j’attends toujours qu’on m’explique comment le patron d’une brasserie, d’un magasin de pompes funèbres ou encore le fleuriste de mon quartier s’y prendrait pour, comme ça, se délocaliser en Chine ou au Cachemire, mais bon…  Au Sarkozystan-pour-mille-ans, c’est une chose entendue : le fraudeur c’est l’étranger, et le Front National a raison. Reste à trouver le moyen, sûr, de prendre la main dans le sac ce salopiot venu d’ailleurs, et là, Dieu-des-Français-de-Souche soit loué !, nous avons à disposition ce fantastique outil, la vidéosurveillance ! Plantons partout des caméras, jusque dans le caleçon du Malien nettoyant nos merdes de chien, et on verra ce qu’on verra !

      Bien entendu, on ne verra rien. Vidéosurveillance de mes fesses. Un récent rapport, comme on dit, vient de conclure qu’en termes d’élucidation des affaires liées à la délinquance, cette technologie dite de pointe n’entre en compte que dans 1,5% des cas. Quand on sait qu’une caméra coûte en moyenne 20 000 euros, que pour être efficace dans le cadre d’une ville moyenne il en faut au moins quinze. Que ce chiffre de 20 000 euros doit être multiplié par trois dès lors qu’on tient compte de la maintenance et du salaire des flics et/ou vigiles payés pour rester devant les écrans, on obtient 20 000 X 3 X 15 = la modique somme de 900 000 euros. Ça fait cher l’arrestation du voleur de sucettes, non ?

     Cependant, en matière de surveillance et stigmatisation et mise à l’écart de celles et ceusses ne correspondant pas tout à fait à la norme, l’époque laisse à penser que l’imagination humaine est sans limite aucune. En la sale ville de Ruffec, quelque part en Charente, le maire a cru bon d’afficher à l’entrée de la cantine la liste des parents, classés par « nounours verts » (cantine payée à l’avance), nounours bleus (le compte est à zéro), nounours rouges (cantine non payée). « Jamais on a refusé un enfant à table, jamais ! », s’insurge Môssieur  le maire. Il n’empêche, trouduc, qu’on n’aurait pas aimé être juif et t’avoir comme voisin en 1943.

     Eva Joly, qu’est-ce qu’elle en dit, de la xénophobie élevée au rang de philosophie d’Etat, des coups de schlague à répétition que se prend le corps social, en pleine face, et de ces temps mauvais  qui courent ? Rien, nada, queue de cerise, peau de zobe. Pour ne plus risquer de dire quoi que ce soit qui déplaise au Ps, la voilà muette et roide tel un saumon d’élevage. La dernière fois qu’elle a causé, Eva Joly a dit : « j’ai peut-être parfois la langue un peu rugueuse. » Ah donc. Y’a pas des traitements pour ça ? A tout prendre, dans le registre des candidats à l’élection pestilentielle, on préférera Morin, pas Christian, l’autre, le pas connu. On le préférera parce que lui, quand il cause, au moins il est drôle : interrogé l’autre matin sur ses relations avec l’émir de Dubaï —les deux coquins furent en affaire—, Morin, tout en s’étouffant de colère, eut cette sortie, d’anthologie : « je vous dis que je n’ai jamais rencontré l’émir. Je lui ai serré la main une fois, c’est tout. » C’était à peine le lendemain de sa candidature, et déjà le bonhomme se carbonisait en direct. C’est peu dire que l’émir-obolant ne lui fut pas une martingale.

     Pendant ce temps, Poutine, lors du congrès de son parti au doux nom de Russie Unie, se faisait désigner futur candidat pour les présidentielles. A l’unanimité des délégués présents, lesquels, il est vrai, n’étaient que 11 000… 11 000 délégués, et pas un pour ne serait-ce que s’abstenir. On vous l’a dit, on vous le redit : la Russie est une belle, une grande démocratie.

     Pour finir, nouvelles d’outre-tombe : Eve Ruggieri, vous savez, la toccata branlante qu’on croyait canée de long temps… Eh bien, elle parle encore. Pour preuve, a la question de savoir si elle était pour ou contre le vote des étrangers aux élections municipales, la diva des services de gérontologie a répondu « je suis pour, à condition qu’ils travaillent. » Elle a raison la vieille, y’a déjà trop de pauvres qui votent, alors les étrangers…

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 22:44
 

28f1ab9e-14fe-11e1-b1a6-6d84dadbd8e2Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Salut Zapat’, adieu Berlu, Il semble que la période des grandes migrations soit, cette fois, bien entamée en ce qui concerne la faune politique. C’est pourtant sans grand enthousiasme que l’Espagne se débarrasse de Zapatero et ses sbires, lors d’une élection dont le principal intérêt fut une abstention de masse —fait dont les medias se gardèrent bien de se faire trop l’écho, ça risque de donner des idées aux Français. C’est que l’Ibère est rude, et à voir les têtes d’enterrement que tiraient, ce dimanche, les passants dans les rues de Madrid, on ne pouvait douter qu’ils savaient par avance qu’avec le père Rajoy ça sera pas la joie. Sur le plan économique, les coups de bâtons vont pleuvoir comme grêle sur frêles épis, et d’aucuns s’inquiètent également de ce que cette droite bien con-conservatrice ne revienne sur le droit à l’avortement, et le mariage des homosexuels. D’emblée, la volonté de « renforcer le droit à la vie » figure dans le programme du PP, désormais au pouvoir. Il est clair qu’en termes de mesures anticrise, brider le droit à l’avortement et supprimer le mariage gay s’impose, de toute urgence ! A se demander si nos amis espagnols n’ont pas voté avec, en tête, cette haute considération: quitte à être dans la merde, autant s’y vautrer tout entier.

     A Rome, la rue se voulait moins tristouille quand la Berlu jeta l’éponge. Pour tout dire, on y a fait péter les bouchons, histoire de fêter dignement le passage à la trappe du transalpin bouffon. L’autruche, cependant, perd un client de taille, une belle source d’inspiration. Et, comme par mesquine vengeance, c’est en silence qu’Il Cavaliere est descendu de son trône, pas une déclaration, pas un dernier bon mot, pas la moindre petite blagounette misogyne ou raciste, rien, rien à se mettre sous le bec, qu’on aurait pu reprendre ici ! C’est triste. Comme un ami qui part et oublie de vous dire au revoir. D’autant que son remplaçant —autre sire à la triste mine— semble bien moins tonitruesque et bounga-bounga que le Silvio. L’heure est à l’austère, n’est-ce pas, qui sonne le tocsin. Mais ne boudons pas notre plaisir et, comme l’immense majorité des Italiens goutons, à sa juste valeur, ce moment qui vit s’achever la berlusco-pantalonnade.

     Dans l’hexagone pareillement, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles : il se murmure, ici ou là, que l’imbitable Eric Besson s’apprêterait à mettre fin à sa carrière politique, ou ce qu’il prenait pour tel. Mais c’est Noël avant Noël !... Attention, rien n’est encore sûr : il faudrait qu’on le pousse un peu. Quoi qu’il en soit, pas d’inquiétude quant à l’avenir de Besson-brero. On le recroisera, à coups-sûrs, à la tête d’une agence Securitas, ou d’une quelconque meute de vigiles.           

     Mais plutôt que sur ces révolutions de palais dont on ne dira jamais assez qu’elles sont menées par Blanc Bonnet au détriment de son complice, c’est vers l’Egypte que devrait se porter nos regards, l’Egypte, qui nous avait fait craindre le pire en confiant l’avenir de sa révolution à l’armée —un mal nécessaire pensent certains, un contresens total, je dis moi —, et désormais contrainte de reprendre les armes, les cailloux, les bâtons, pour enfin s’en débarrasser, craquer le militaire furoncle. Et la Syrie ? Oui, la Syrie. Où sont-ils, nos flamboyants, les Juppé et les BHL, tous nos Glorieux Vainqueurs de la Campagne de Lybie ? Où sont-ils, en congé? Sur la Syrie, ils ne pipent. C’est qu’en période de crise, vous expliqueront les pédants, il convient d’éviter les fâcheries avec les Russes et autres chinoiseries, alliés patentés de Bachar-le-dévoreur. Ou va se nicher, hein, la subtilité en matière de géopolitique, dès lors qu’il est question de créances, sonnantes et trébuchantes. Le peuple Syrien et ses espoirs seront-ils sacrifiés sur l’autel du pragmatisme économique ? Rien n’est aussi certain.

     Dans le registre des sacrifices, nos grands hommes ont aussi leurs (tout) petits soucis : ainsi fut-il, il y a peu, décidé de geler les salaires des ministres, et du Président en personne ! Diantre, morbleu, le bel effort ! Ecoutons dame Morano : « on dit que c’est symbolique, moi je dis que c’est exemplaire. » Allons plus loin : c’est héroïque. Sachant qu’un ministre, en moyenne, palpe 14 000 euros par mois, et se souvenant que Sarko s’était, dès 2007, auto-augmenté de 170%, on mesure assez bien la hauteur du sacrifice.

     Sacrifice toujours, mais d’une autre nature : ceux concédés par les Verts, lors de l’accord passé avec le Ps. Flamanville verra donc finalement le jour, et nombre de centrales continueront de cracher leurs pestilences, sur des années. En échange, les circonscriptions accordées à nos écolos flagada leur permettront, à terme, d’avoir un groupe parlementaire. C’est rien de dire qu’on est content, absolument ravis pour eux, pour leurs fesses cramoisies de suffisance à l’idée de s’enfoncer dans les sièges coussinés de l’Assemblée nationale. Faire de la politique autrement, qu’ils disaient. Ha ha ha !, triple ha pour eux!

     Pour finir, petite précision : à moins d’extravagances ou de péripéties parfaitement saugrenues, qu’on ne compte pas sur l’autruche pour tenir, dans les mois qui viennent, une manière de journal de la campagne présidentielle. C’est pas le tout d’être abstentionniste consentant, en pleine possession de ses moyens intellectuels —bien sûr que ça existe, tas de voteux bêlants !—, encore faut-il, parfois, savoir s’abstenir, et y compris de commentaires. Dit plus simplement : la campagne, c’est vraiment trop chiant. On plongera bec et plumes ailleurs, d’autant plus qu’on se doute un brin, ceci quel que soit le résultat de la mascarade électorale, de la couleur de l’avenir. Un exemple ? Dans le Colorado, et afin de boucler le budget des écoles, les bulletins de notes sont désormais accompagnés de publicités. Always Coca-cola, les jeunes.

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse.         

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:11

 

344712-francoise-hardy-fullscreen-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Coup de torchon sur Cannes et son G20 de misère noire, non mais quel diable a pris ce Grec de Papandréou ! Ça tonne, et ça menace. Voilà un type au nom de personnage tiré de l’album Tintin et la dette, et qui se dit, comme ça, bon, nous sommes une démocratie, on va demander l’avis du peuple. Comment, quoi, qu’ouïe-je ??, brament en cœur Sarkozy Merkel le FMI et Obama. Imaginez : referendum. Imaginez que ça fasse comme un genre de jurisprudence en Europe, qu’aucun nouveau plan de rigueur ne puisse plus être décidé sans l’approbation, franche, du peuple. Vous êtes cinglés, ou quoi ? C’est l’anarchie que vous voulez ? Fort heureusement, les grands de ce monde veillent sur notre tranquillité. A l’heure où s’écrivent ces lignes, le projet de referendum en Grèce est quasi mort et enterré, tellement furent efficaces les pressions, les menaces, et autres coups sous la ceinture. Oublié, donc, le « coup de folie de Papandréou», comme l’appelait une journaliste de France Inter, ce jour, journaliste qu’on ne saurait, dès lors, soupçonner de sympathie à l’égard de cette « folie » qu’est la démocratie, la vraie (si l’autruche n’a pas eu le temps de noter le nom de cette garce, elle se promet de le retrouver.) Aussi, Sarko a mis le paquet — c’est quoi ce bouffeur de moussaka qui vient me gâcher MON G20 ? Ultimatum contre referendum, en somme, l’ultimatum étant pas d’argent pour la Grèce avant le referendum. Et na. Au reste, comme le soulignait l’imbitable Jean-Claude Juncker, élu européen et Luxembourgeois de surcroît, « on ne peut pas faire le bonheur des Grecs malgré eux. » Elle est bonne. Acide, mais bonne. Amer, également, la pilule, même pour un Papandréou non-susceptible de naïveté, et qui ne doutait pas qu’il allait se faire flinguer direct. L’Europe est ainsi faite, mon gars : vouloir rendre le pouvoir au peuple, c’est pur suicide. Mon gars.

     Dans le rôle du flingueur en chef, on trouve naturellement Sarko. Faut dire que Sa Majesté avait pris le soin, six jours avant, de nous expliciter par le menu à la téloche comment sa petite personne avait sauvé l’Europe et, au-delà, le Monde —et ce Grec de malheur qui vient lui casser son coup, pfff… « à la minute où j’parle », a commencé le nain,… à la minute ou que tu parles, quoi ? A part Jean-Pierre Pernault, brosse à chaussure entre les dents et suant à grosse gouttée tellement il est impressionné d’être en direct live avec toi, je vois rien, moi, il se passe nada. Enfin, not’président délivre LA solution pour sortir de la crise : « plutôt que de s’énerver contre les agences de notation, remboursons notre dette, travaillons plus, travaillons plus ! » Quel talent, non ? Une fois passée la nécessaire allusion à la petite sarkozette venue récemment au monde — « elle va bien, elle va bien ? », se précipite alors Pernault, plus caniche que jamais —, le papounet nouveau cogne un peu au hasard, dans un Français aléatoire : « regardez mes prédécesseurs, qu’est-ce-que vous vous souvenez d’eux ? » Sic, sans tricher : sic. Enfin, comme un lapsus, cette révélation : « j’ai beaucoup aimé diriger les policiers et les gendarmes. Ce sont des corps admirables. » Petite cochonne, va…

     Et les pompiers alors, ils ne le sont pas, admirables ? C’est eux, pourtant, qui ont sauvé la collection de fouets que Philippe Val avait acquis durant ses longs voyages en République Démocratique d’Allemagne, collection qui dormait dans une armoire grise, au second étage de Charlie Hebdo. Ça sent le cramé, et c’est pas top. Mais nous sommes quelques-uns à ne pas nous précipiter sur l’épouvantail islamiste, on ne sait rien de qui a foutu le feu, on apprendrait dans quelque mois qu’il s’agit d’un membre allumé de Riposte Laïque ou d’un groupuscule très droitier qu’on ne serait qu’à moitié étonné. Pour l’heure : Charlie, journal Strauss-Kahnien en diable, qui avait appelé à voter Oui au referendum concernant la constitution européenne, Charlie, qui applaudit l’action de la France en Afghanistan, en Libye ; Charlie et son mentor de Val, plus soc’dem que lui tu finis par voter Bayrou, Charlie, donc, voit partir en fumée ses stocks de tee-shirts et pins. Et? Perso je m’en tamponne grave les plumes, la semaine dernière un squat de Rroms a brûlé, faisant un mort lors d’un incendie volontaire, et sans qu’aucun journalophile ne s’en émeuve plus que ça. Elle fut cependant rigolote, cette course à l’échalote qui vit se précipiter les rédactions « amies », à seule fin d’accueillir l’équipe de Charlie Hebdo. Du Nouvel Obs’ à Rue89, ça se précipitait à la porte des lamentations. Finalement c’est Libé qui remporta le marché, oui on a bien dit le marché, tellement le coup de pub est pas cher et peut rapporter gros. Soulignons, au passage, l’humour de Patrick Pelloux, l’urgentiste de ces dames et vacataire chez Charlie qui, découvrant que Libé travaillait sur PC, déclara « bon bin moi, je vais au Figaro. » Sacré velu médecin, va !

     Vous avez dit les Rroms ? Parlons alors un peu des Rroms en compagnie d’Arno Klarsfeld, ex avocat, ex beau gosse, ex fils à son papa et ci-devant président de l’office de l’immigration (nommé par Sarkozy, comme de bien entendu). Que dit-il, l’Arno ? « Il faut que le peuple Rrom prenne en main son destin, qu’il fasse moins d’enfants, surtout si c’est pour les livrer après à la mafia. » Beuark. Le petit trou du cul entend-il appliquer le programme nazi, et stériliser les tziganes ? Plus tard, Arno vole au secours de son copain Guéant : « le ministère de l’intérieur ne peut pas laisser proliférer des bidonvilles, avec des rats partout, heu, au cœur de Paris. » Re-beuark, et que celle, celui d’entre vous qui a croisé un campement Rrom « au cœur de Paris » n’hésite pas à nous faire parvenir des photos. Scoop assuré. Une dernière, de l’Arno toujours ? Il s’en prend, là, aux clandestins : « on ne peut pas venir en France, inscrire son enfant à l’école et dire hop !, chat perché, maintenant il faut me régulariser. » Vient, Arno, vient on joue au chat, histoire que je te mette, une bonne fois pour toutes, un bon coup de bec au cul, non mais !

     L’ire du volatile se partage néanmoins cette semaine entre Klarsfled fils et Dsk. Ce dernier, à bien y penser, contrairement à l’Arno est plus ridicule que dangereux. Il reste, cependant, tout aussi méprisable : mis en cause dans l’affaire d’un réseau de prostitution, Strauss-Kahn, consommateur, s’est défendu en répondant « je ne savais pas qu’il s’agissait de prostituées. » Continue, mon vieux beau, à te foutre de notre gueule, va… Il est tellement enterré le vieux que même Lang et Fabius n’osent plus prendre sa défense, c’est dire.

     Puisqu’on parle de putes, finissons par Françoise Hardy : la radasse des sixties à la masse genre vieille fan de l’astrologie de boulevard, à la question de savoir quelle serait sa première décision si elle était premier ministre, répondit et sans hésiter: « supprimer l’ISF. » On est jamais si bien servi que par soi-même, hein la pétasse.


                                                                                                Frédo Ladrisse .  

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 19:05

 

norvegicusTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Tandis qu’à Misrata la dépouille de Kadhaf’, exposée deux jours durant sur son matelas de douleur,  a fini par rejoindre la chambre froide d’un quelconque supermarché ; tandis que se posent quelques questions quant à la fin du « guide », flingué tel un pur ragondin au sortir de l’égout — ce qui nous est égal, même si « la pauvre chose criait comme un cochon », selon un de ses gardes du corps, rescapé du massacre —, tandis que se déroulent, sous nos yeux, l’image même pas jouissive de son exécution, la Libye se prépare à appliquer « tout de suite » cette curieuse loi, la Charia. Tout ça pour ça, bordel de dieu. Dans le même temps, en Tunisie, on a voté en masse pour les « islamistes modérés » — hum, contradiction dans les termes. Issue des urnes ou bien des armes, ces démocraties-là semblent bien constituer autant de promesses macabres relativement aux femmes, aux libertés fondamentales. La nuit est-elle en train de tomber sur les révolutions arabes ? S’il est certes un peu tôt pour décréter le crépuscule, le grand jour, au soleil, ça n’est pas pour demain.

      Mais fi des métaphores à la noix de coco ! Passons aux choses sérieuses : c’est à Paris que s’affichent désormais les kalachnikovs, entre rachidatistes et Filloniens la guerre fait rage. Elle : « je suis choquée qu’au lieu de s’occuper des Français et de leur difficultés, il soit en Corée, au Japon. » Lui, par le biais d’un de ses lieutenants : « on se demande si madame Dati est encore dans la majorité. » Houlà, mais quelle histoire… Tout ça parce que Fillon veut piquer la circonscription de la Dati. Où l’on voit à quel point les « difficultés des Français » retiennent au plus haut point l’intérêt de ces sbires et premiers couteaux du sarkozystan-pour-mille-ans. L’Euro est en train de couler, va disparaître corps et bien ? La guerre civile menace en Grèce, avant de s’étendre — espérons-le ! — à d’autres pays européens ? Dati et Fillon, eux, se chamaillent pour le fauteuil qu’il a les plus belles dorures.

     Sinon, quoi ? Ah oui, la naissance de la sarkozette. Ça me fait schtroumpfer, tiens, pauvre gamine ! Ton père, petite, il faut que tu saches, est capable d’une sortie telle : « augmenter le budget de la culture, mais ça n’a pas de sens ! » Petite princesse, il y a donc peu de chance qu’un jour tu lises celle de Clèves. Sinon, quoi encore ? Ah, Hollande. Finalement c’est Flanby qui conduira la gauche à une nouvelle déculottée. D’ici là, nul doute qu’un plan de rigueur, puis un autre, votés par cette gauche-là main dans la main avec la droite, aura fichu la France dans la rue, sur les barricades, révolution massive dont l’image finale sera celle de Fillon rampant dans une canalisation et Sarko fuyant, ventre à terre, direction le Maroc de son ami Mohamed VI, en compagnie de ses potes Dsk et Hollande. A moins que Mohamed, commandeur des croyants —M6replay pour les intimes —, ne soit, entretemps, détrôné ? On peut rêver, ou merde?

 

                                                                                                Fredo Ladrisse.     

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 22:24

 

38658136Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? De ci de là, reniflements et autres larmes de crocodiles coulant des I-Pod et I-trucs. Il est mort, le divin patron à la pomme vérolée, Steve Jobs, en français dans le texte: Stéphane Emplois. A Paris, Londres, New York, de curieuses personnes ayant du temps à perdre se sont réunies, spontanément, devant les portes des Apple stores, roses blanches à la main et mouchoir noir sur l’I-phone. Un patron casse sa pipe, et certains, puisque c’est de saison, demandent que lui soit rien moins que remis le prix Nobel de la paix, puisqu’«’il a tant changé nos vies ». A titre personnel, je propose que le Géant Vert, qui m’a pourri l’enfance, soit passé par les armes sur l’heure tandis que Monsieur Bricolage, lorsqu’il décédera,  devra être décoré de l’ordre du mérite du dimanche et du samedi après-midi.

       Il semblerait cependant que les fous ne soient pas tous massés autour de la dépouille de l’homme à la pomme, aux pépins. Quelques uns se déplacent encore, prennent le train et poignardent à l’occasion un contrôleur. C’est bête. C’est fâcheux. Compréhensible, cependant : qui  n’a jamais eu envie de poignarder un contrôleur ? Aussitôt, les collègues du poignardé on fait valoir leur droit de retrait et se sont mis en grève. Commentaire de Mariani, secrétaire d’Etat aux transports : « ce n’est pas en arrêtant les trains qu’on arrête les fous. » Et inversement, m’sieur ?

     Quiconque se donnerait en ce moment pour tâche d’arrêter le train des fous se chargerait d’un boulot affolant. Même Elisabeth Badinter semble avoir semé ses neurones sur les rails du grand n’importe quoi : « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité », lâche la philosophe et vieille, du haut de son Alzheimer. Ne lui manque plus qu’à monter, à la Madrague avec Bardot, une université populaire d’extrême-droite. Entre deux débats sur l’identité varoise, il lui sera toujours possible de faire une ballade, sur un âne.

      Et tandis que, nus sous leurs tuniques, les intellectuels franchouilleux cahotent sur le sentier de leurs pensées nauséeuses, de très sérieux messieurs, eux sans ânes ni même tuniques, s’apprêtent à re-re-re-remettre de l’argent dans les banques. « Il y a un sentiment d’urgence, il nous faut aller de l’avant », argumente Olli Rehn, un commissaire européen pour qui il convient d’avancer, quand bien même ce serait droit dans le mur. « Il nous faut réfléchir à la réalité de la situation », chiale le même, qui fouette. C’est que son monde est en train de s’écrouler. Et son collègue allemand W. Schäuble d’enchaîner sur cette « grande inquiétude », sur le risque que « de fortes turbulences sur les marchés financiers ne dégénèrent en une crise bancaire. » Woua, les chocottes, la vache… 2012, fin du monde, et mon PEL dans tout ça ? Nous n’avons rien à perdre, alors on se tape sur le bide à voir les maîtres du monde chier sous eux, et liquide. Mais sachons — nous savons : quelques milliards d’euros s’apprêtent à basculer de nos poches à la caisse des banques, et si tu as planqué vingt centimes dans ton slip elles sauront les trouver.

     Sinon quoi ? Ah oui, les primaires, ces grands singes bondissants d’arbre en arbre, c’est élégant. Les primates socialistes ont donc attiré foule, comme on dit d’une foire au boudin dans la presse locale. Il fallait les regarder, en face, ces culs véreux terreux venant voter Pepsi ou Coca, Carrefour ou Leclerc, « pour une fois qu’on nous demande notre avis » Misère de la démocratie à la petite semaine, bêtises entassées dans une urne. Régal, le lendemain, des commentaires abscons ou proprement surréalistes, tel celui d’Anne Hidalgo, élue parisienne et soutien de Aubry : « je suis sûre que les électeurs qui se sont retrouvés sur Ségolène Royal se retrouveront, demain, en appui, derrière Martine Aubry. » Partouzards, les socialistes ? Alpinistes, plus sûrement. Hollande, pour sa part, semble avoir perdu de vue ce qui, chez lui, plaisait aux filles : « je ne sais pas ce que c’est une gauche dure, je n’ai pas envie d’une gauche dure. » Il paraît que Strauss-Kahn n’est pas du même avis. Pareillement molle tel cornet de frites au sortir de la braderie de Lille, Aubry n’en rajoutait pas moins une couche et demi en matière de cadeau Bonux : « avec moi, il y aura deux changements en un. » Et le troisième c’est gratuit, oui Monsieur, vous l’emportez !

      Il nous fallut pourtant attendre quelques jours pour toucher au sublime, que dis-je, à l’orgasmique billevesée, lorsque, de la bouche de la journaliste et non moins trouducutesque Ruth Elkrief, s’échappa quelques mots évoquant « ce souffle électoral qu’on a senti à l’intérieur de tous les électeurs. » Ok, Ruth. C’est toi qui a pété ?

 

                                                                                                              Frédo Ladrisse.

 

 

 

Le 9 octobre 2011 primaires socialistes :

"1 euro pour voter et rester propre"


 

 

                                 

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