Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:56

images-copie-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette fois ça commence à suffire, si ça dure va falloir que ça cesse, marre, ras les fesses du Big Bazar ! Eric Charden est mort et tout le monde s’en tamponne, n’a d’yeux que pour les deux canassons concourant dimanche, merde alors ! Où va le monde, on se demande… Pour ma part, saturé jusqu’à l’agonie de meetings-débats-portraits-analyses-reportages, je guette rien moins qu’une façon de libération le 6 mai au soir, immense soulagement tel celui ressenti par le pauvre spectateur d’une pièce de mauvais théâtre, et qui dure, qui dure, sans qu’il puisse quitter son siège. Otages, nous sommes, de la campagne ! Marre ! Assez, je dis : assez ! Ça suffit ! Mais, comme dit la chanson, quand c’est fini ni-ni-ni-ni ça recommence, et du lundi jusqu’au dimanche, et des présidentielles aux législatives à venir ! Entre les deux représentations, on amusera la galerie des miséreux que nous sommes avec de grossiers numéros, qui à Matignon, ralala, mais qui donc ? Et qui, au secrétariat d’Etat aux anciens combattants ? C’est bien ce que nous sommes, tiens, des cons battus d’avance, mais bordel on se réveille quand ?? Abstention, abstention !! On y reviendra.

     «Vous voulez engager 60 000 fonctionnaires, comme si y’en avait pas assez ?», commence Sarkopen lors du fumeux débat qui paraît-il, était censé aider l’électeur de base à faire son choix. Foutrerie, le talonetteux sait tout à fait devoir ne rien attendre des fonctionnaires en terme de voix, alors que taper dessus n’est-ce-pas, peut toujours lui ramener celles des Dupont-Lajoie pour qui y’aura toujours trop de fonctionnaires, trop trop trop, même si ils trouvent, dans le même temps, que y’a pas assez de flics, pas assez d’infirmières, pas assez de prisons… Et leur héraut d’enchaîner, plus maréchaliste que jamais : « la lutte des classes, c’est terminé, le marteau et la faucille, c’est fini ! » Si tu le dis, bouffon… Déjà, au Trocadéro le 1er mai, ce psychopathe égocentré avait beuglé « je ne veux pas de la lutte des classes!» Pourtant, il nous l’aura grandement nourrie, cette lutte, en cinq ans d’exercice d’une droititude exemplaire, qu’il en soit bien remercié quand bien même, dimanche soir, il prendra le marteau sur le pied et la faucille dans le cul. « Posez le drapeau rouge », ordonne-t-il, aux syndicats. Mais ce sont ces mots qu’il nous faut pour plus vigoureusement encore lui agiter sous le nez, et, comme disait un pote, drapeau rouge n’énerve que bête à cornes, ah ah ! Ça va Carla, ça s’amuse bien, en ces longues soirées esseulées ?

     Quoi, je calomnie, je diffame ? Bof. Banales activités élevées, en ces temps, au rang de pratiques nationales. « Dire que nous avons fait des cadeaux aux riches, c’est une calomnie », s’étrangle sur le plateau le futur battu. Autre pratique, fort répandue en l’enceinte du grand guignol : le foutage de gueule, si possible généralisé. Au sujet de l’immigration, ce Pétain de pacotille estime que « nous avons accueilli trop de monde en France. » Formule lui permettant, quand lui sera reproché d’avoir repris l’antienne lepéniste « trop d’immigrés chez nous », d’affirmer Non non non, mensonge, je n’ai jamais dit ça. Certes. Mais tu auras dit pire. Cependant, le summum du delirium tremens est atteint il me semble quand ce schizophrène ose se vanter, « durant mon quinquennat, il n’y a jamais eu de violences en France. » Et les Roms, et les rafles, les expulsions massives, les camps de rétention, les centaines de milliers de chômeurs supplémentaires, les suicides au travail, les « restructurations » diverses et variées, … ? En face, Flanby admet, « oui, pas violences, et heureusement. » Pfff… Pas une parole, lui non plus, sur la tziganophobie qui continue de frapper (deux évacuations de campements ce jour-même, en région parisienne), sur les rafles de sans-papiers, aucune alternative ne semble être prévue par lui à ces agissements exécrables. Nul doute, dans ce domaine, tout va continuer, comme avant, et avant de balancer connement que, lui, avait l’intention de « protéger les enfants de la République » (et les autres enfants, ils peuvent crever alors ?), Hollande prend soin de préciser que si il est élu « il n’y aura pas plus de régularisations qu’avant. » Nous voilà prévenus.

     Donc, mais abstention merde alors ! Rentrez pas dans ce jeu malsain copains, copines, il vous en coûtera sinon en matière de rongeage d’ongles, d’arrachages de cheveux, de tête contre les murs et d’amertumes ouvrant sur de furieux ulcères. Et comme un long discours vaut mieux qu’un plus petit, ci-dessous un texte autruchien rédigé il y a peu, au sujet de l’abstention. Bonne pêche !

     « En ces temps d’élection, où se multiplient les signes troubles et que prolifèrent les grilles de lecture absconses, il semble nécessaire d’opérer un retour à quelques idées simples. Qu’est-ce que le vote, finalement ? Le vote est une institution, au même titre que le mariage, l’armée, le père Noël. Comme toute institution, le vote cherche à s’imposer de manière brutale et arbitraire au plus grand nombre. Comme toute institution, le vote n’est jamais qu’un leurre au service du pouvoir politique, économique et religieux. Une liturgie opère ici, qui voit se former, devant les urnes, la longue queue des dévots quêtant l’onction républicaine. Et c’est tout un clergé qui véhicule la croyance selon laquelle les pouvoirs dont nous parlions plus haut auraient pour origine la volonté du peuple. Or, pour tout esprit aiguisé et un tant soit peu informé, il ne peut s’agir, au mieux, que d’une vaste plaisanterie. L’abstention, pour sa part, n’est pas un dogme. Nulle croyance, nulle liturgie d’aucune sorte n’y est attachée. L’abstention, échappant à l’ordre du religieux, se place d’emblée du côté du rationnel, du concret. Par l’acte de ne pas voter, nous voulons seulement affirmer notre refus de la démocratie de représentation, au sens théâtral du terme. L’abstention, dans ce sens, est une morale en pratique. Une façon, simple et claire, de marquer le rejet d’un système qui voit l’esclave choisir son maître, et lécher le fouet qui le blesse. Certes, il n’est pas aisé de se proclamer abstentionniste. Certes, nous sommes au mieux mal compris, au pire accusé de lâcheté (au nom du principe imbécile selon lequel ne pas voter c’est ne pas exister). Au terme d’un processus de conditionnement général appelé « campagne électorale » il est quelques fois difficile d’échapper à l’appel aux urnes. Car s’abstenir, ne pas voter, c’est comme faire un pas de côté. C’est regarder les comices, de loin, sans y participer. Une démarche de bon sens, en somme. Il nous suffit de l’assumer. »

 

                                                                                                     Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 20:16

table-de-ping-pong-d-exterieur-527077.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ils m’auront bien fait dégueuler les « on a gagné ! » de certains, les « on a pas perdu ! » des autres, en cette soirée vomitive marquée, comme au fer brun, par le score sans précédent des Fascistes Nationaux. Comme c’est crasse, de gueuler victoire quand la blondasse Le Pen joue le troisième homme et se gausse, se rengorge, s’en touche de plaisir. Que les choses soient claires : pas l’ombre d’une excuse, pas le moindre alibi n’est recevable, pour moi, concernant les racistes et autres renfrognés nazillards ayant apporté leurs suffrages au Front. Ils sont abjects, et cons. On peut être au chômage et digne, contrairement à ce que pense Sarko, on peut être dans la merde et ne pas basculer du côté de la haine et de la xénophobie. Cons, donc, écœurants, et dangereux. Et ils sont 20%. Pareillement gerbantes étaient alors les pitoyables tentatives d’explicitation socio-psycho-journalistiques de ce score effarant. « On a gagné » ? Mais non. Nous avons tous perdu, ce 22 avril.

     Allez, calmons notre colère, toute bonne conseillère qu’elle soit, mais non sans avoir rappelé auparavant qu’Hitler fut porté au pouvoir par des gens qui « souffraient », trouvaient que y’avait trop de fonctionnaires, trop de « métèques » aussi, que la baguette était trop chère et les trains pas à l’heure. Calmons-nous un chouia puisque, au-delà du retour en force du nationalisme en ce pays, ce premier tour fut tout de même marqué par de ces calembredaines qu’on aime, telles celles d’un conseiller Ps expliquant que, pour Hollande, il y avait trois axes désormais, dont le premier est « rester sobre. » Il sort de cure, le favori ? Au reste, et puisqu’on cause alcool, il faisait bon traîner dans les trocsons en ce dimanche d’élection, tellement ça fusait. J’ai retenu la sortie de Robert, qui trouvait que « d’accord, bin on dira ce qu’on voudra, Poutou, il est quand même bizarre. » Plus tard, c’est Roger qui concluait le débat, par cet avis sans appel selon lequel « si l’aut’, là, le DSK, si il avait pas fait son délinquant sexuel, bin lui il nous sortait de la merde, voilà ! » J’ignorai que le dernier soutien, et quel soutien !, de Strauss-Kahn, sirotait son calva au comptoir en bas de chez moi. A quelques jours de là, c’est Mélenchon himself qui, dans une ultime envolée télévisuelle affirmait ne pas vouloir « se ramicoller avec Hollande. » J’ai cru à un néologisme, au demeurant fleuri. Mais, vérification faite, le verbe existe : il nous vient du « parler rousseland », dont j’ignorais tout jusqu’à lors et dont je vais, je crois, continuer de tout ignorer. Sachez tout de même que « ramicoller » possède un synonyme. Aussi pouvez-vous dire aussi « se repétasser », sans nécessairement être de sexe féminin. Beautés du parler rousseland…

     On a bien rit aussi, à dresser de mémoire la liste des disparus et autres perdus corps-et-bien de la Sarkozerie. Dans la rubrique « que sont-ils devenus ? », nous ne citerons que Faudel et Doc Gynéco, perdus dans l’épaisseur de leurs propres néants. Il y en a d’autres, bien entendu, n’est-ce pas, Mireille Macias ? Cependant plus intéressante nous semble la rubrique des « que deviendront-ils ? » On peut légitimement s’inquiéter du sort qui guette Eric Besson, Frédéric Lefèbvre, Nadine Morano, Frédéric Mitterrand ou même, Jean Sarkozy. Déchus, piteux, rendus totalement transparents, gageons qu’ils rejoindront la cohorte des oubliés tels ce pauvre Marc Laffineur, actuel secrétaire d’Etat aux anciens combattants, ce malheureux Edouard Courtial (des Affaires européennes), ou l’impayable Maurice Leroy, ministre chargé de la ville. Retenez bien ces noms, car c’est la dernière fois que vous en entendez parler.

     On s’est encore gondolé avec cette histoire de « vrai travail », sorti du chapeau nauséeux du futur ex-président. Sur Tweeter, une façon de concours du commentaire le plus foutraque a lieu, en ce moment, à ce sujet. A titre personnel, j’ai bien aimé le tweet questionnant : « le vrai travail rend-il vraiment libre ? », j’ai zigomatiqué à la lecture de « oh merde, je me suis planté ce matin, je suis allé à mon Faux Travail ! », j’ai ensuite pris le temps de vérifier l’affirmation selon laquelle « le dernier à avoir manipulé le 1er mai à des fins politiciennes fut le maréchal Pétain. » C’est rigoureusement exact : en 1941, le 1er mai devenait la « fête de la concorde sociale. » Et, de fait, excluait toute portée syndicale ou revendicative. On voit dans quelle lignée historique s’inscrit l’initiative de Sarko concernant le 1er mai à venir et, du coup, on rigole moins. Au-delà d’une énième tentative de récupération des votes lepénistes, cette dernière n’est rien moins qu’une déclaration de guerre au monde syndical et au-delà, aux travailleurs. Jusqu’au tout dernier jour, le nabot prendra soin d’afficher sa haine du pauvre, son dégoût pour toute forme de solidarité (« assistanat », selon son glossaire), sa répugnance à l’égard des revendications légitimes émanant du monde du travail. Il suffit d’entendre Guaino défendre le rassemblement sarkozyste, Guaino qui, l’autre matin, se permettait d’affirmer que « le premier mai, dans les cortèges, il n’y a que les délégués syndicaux qui défilent, tout le monde le sait ! », il n’y a qu’à les regarder, ces lieutenants paniqués d’une armée en déroute, cracher sur tout ceux qui n’ont pas de Rolex à cinquante ans, pour mesurer à quel point ils sont déterminés à nous combattre, à nous abattre, animés par une haine de classe dont on mesure mal l’étendue. « Bien sûr qu’il y a une guerre de classes », affirmait il y a quelques temps le multimillionnaire Warren Buffet. Et de préciser aussitôt que « cette guerre, les riches sont en train de la gagner. » Si c’est un riche qui le dit…

     Et même lorsque riches et moins riches se retrouvent à égalité, par exemple face à la mort ou à la maladie, le riche gagne encore, et pas que des fifrelins. C’est ainsi qu’on apprend que le président-fondateur de l’association des victimes du Médiator s’est purement, simplement, barré avec la caisse. Malades, victimes de l’industrie pharmaceutique, et finalement arnaqués grave par un margoulin qui dînait il y a un mois à la table de Madame le ministre de la Santé. Y’a des vies pas marrantes…

     « Important : mise à jour de votre contrat habitation », m’écrit mon assureur, la MAIF pour ne pas le nommer. Cet assureur, qui est bien placé pour connaître la petitesse de mon logement et/ou la faiblesse de mes revenus, s’inquiète cependant dans son courrier de savoir si je suis l’heureux propriétaire « de piscines, tennis ou bâtiments utilitaires de plus de 200 m2. » J’ai vérifié, et je suis formel : mon terrain de tennis fait moins que ça.


                                                                                                Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 18:45

 

bardot_reference.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Alors comme ça il  se murmure que l’élection serait jouée, en un seul tour au final, celui des sondages auxquels le fieffé Copé avoue « ne rien comprendre », quand ça l’arrange. C’est pourtant simple : en ce qui concerne la Sarkozie c’est fichu pour cette fois. C’est l’alternance, la belle, la si délicate alternance, celle qui coûte peau de balle et dont le but ultime est de tout changer pour que tout, toujours, continue. Ils ne s’y trompent pas, les transfugés de toute obédience, les Amara et autres Lepage et Begag, transhumants de gauche à droite et retour, selon le vent, léchant avidement la main de celui qu’ils espèrent être leur futur maître. Aussi, de partout affluent les soutiens, on se battrait presque pour un morceau de demi-dépêche dans le journal affirmant qu’on est du côté de celui qui va gagner. La litanie des ralliements le disputant à celle des reniements sans fard, c’est à qui volera le premier au secours du futur vainqueur, à qui exécutera la plus fine révérence, maintenant que se profile cette France au François.

     D’aucunes, cependant, craignent encore la bascule, et en kamikazes assumées soutiennent contre vents et de mauvais gré leur champion à la petite semelle. Françoise Hardy a prévenu : si Hollande gagne l’élection elle « quittera la France », puisqu’elle risquerait alors de « se retrouver à la rue », du fait de l’ISF. Moi qui pensais Dutronc (pas le fils écervelé, avide de dollars, pas Thomas, non, cet imbécile, pas son fils non non, mais Jacques), moi qui le pensais donc intelligent, subtile, force m’est de reconnaître que le fait d’avoir supporté, en son entourage, une telle dinde et durant de si longues années prouve, s’il en est, les limites de sa perspicacité.

     Il y a pire, il y a toujours pire, il y a toujours : Brigitte Bardot. Toujours pas crevée la vieille peau, elle confesse son « dégoût pour ce type », en parlant de Sarkozy, qu’elle a soutenu mais qu’elle accuse désormais d’être responsable de l’augmentation de la production de viande hallal, quelle horreur! Bardot, islamophobe notoire et déjà condamnée quatre fois pour incitation à la haine raciale, voit bien sûr en Le Pen « une sauveuse, seul recours pour nous sortir du b….. » Du quoi ? Du bêtisier ?

      Au sein de ce bordel ambiant de fin de campagne (et de fin de règne), surnage quelques esprits point trop encore embrumés : moi, j’aime bien Georges Moustaki. C’est un branleur de première, une belle âme, en somme. Il y a peu, Georges Moustaki déclarait être « heureux de voir que les Grecs sont très combatifs, très politisés », et, après avoir rappelé qu’«Europe est un mot grec, qui signifie « celle qui voit bien », il disait espérer que « la Grèce va foutre le bordel. » Nous verrons, Georges, nous verrons. Surtout lorsqu’il y aura, en Europe, quelque chose comme 10 ou 12 Grèce.

     Au sein de ce bordel de fin de règne (et donc, de fin de campagne), la Grèce n’est pas, loin s’en faut, le seul pays sur lequel nos officiels medias ont décidé de faire l’impasse. Un exemple, au hasard : l’Islande. Silence radio, depuis des mois, au sujet de cette île et de sa révolution. On comprendra pourquoi quand on saura que là-bas le peuple, non content d’avoir fait démissionner le gouvernement au complet, a refusé, par referendum, de payer les dettes contractées par des banques qui, par ailleurs, ont été illico renationalisées. Pour l’heure, une assemblée élue dans le même mouvement travaille au projet d’une nouvelle constitution. Une « constituante », donc. Une révolution, donc. Et pacifique, de surcroît. C’est donc possible, en 2012, et en Europe ? Bah oui mais chut, silence… Manquerait plus que ça se sache et que ça donne des idées aux peuples dormants, ronflants, sur leurs deux oreilles d’électeurs.

     Ici c’est la « révolution par les urnes » qu’on guette. Paraît que c’est pour dimanche. Vais-je passer la soirée à consoler le flux des copains mélenchonnisés et déçus de voir leur champion frôler avec peine les dix-onze pour cent ? Allez… On se repassera le clip de Victoire Passage, et on boira un coup en la mémoire d’Arthaud remontée sur son bateau, de Poutou-le-Clown et de ses cheveux, du Bayroud-d’honneur et de tous les disparus de la croisière-campagne s’amuse. On fêtera surtout le moment où cessera de nous être imposées leurs faces de cake sur les murs, en attendant le jour, joyeux, de l’après-second tour, et la disparition, pour cinq années effectives, de tous ces faux militants colleurs d’affiches puantes.

     En attendant, que celles et ceux qui hésitent encore trouvent ici cent raisons de ne pas se rendre aux urnes, dimanche. Bonne pêche à toutes et tous !


                                                                                              Frédo Ladrisse.                            

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 22:48

images-copie-55.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Dans la catégorie les Sous-doués battent la campagne, nous eûmes droit, ces jours derniers, à quelques furieuses billevesées. A ma droite, Dupont-Aignan, autrement surnommé aujourd’hui comme Yerres, qui clame sans retenue « moi, je regarde le monde. » Il semble, dans le même temps, que le monde, lui, regarde ailleurs qu’en direction de sa petite personne. Une autre fois, peut-être ? A ma gauche, si je puis dire, campe Bayrou-le-filandreux. Fatigué, l’haricot, pas dans le coup, à côté de l’assiette. Le voilà qui découvre, tout en finesse, qu’«il y a des femmes qui pèsent lourd », des « femmes qui pèsent plus de cent kilos et qui aiment nager. » Tiens donc ! Première nouvelle… Là-dessus le flageolant béarniais se rendort, sans même avoir livré sa vision des gens de petite taille, des piétons ou des femmes enceintes. Dommage. Il y a, pour finir, Le Pen, et son clip de campagne. J’ose espérer que tournera en boucle sur tous les webs qu’on voudra le passage où la candidate promet de lutter contre, je cite, « les ententes frauduleuses dans le commerce des endives. » Ça, c’est du programme, boudiou ! On aurait tort cependant de se moquer bêtement, vu le nombre de naves et autres céleris graves s’apprêtant à voter pour elle.

     Et tandis que tout ce petit monde s’ébroue, les papattes dans la gadoue, le procès de la catastrophe de l’Erika s’achève, en cassation, par un non lieu délivré à l’endroit des pollueurs. Le cargo ayant fait naufrage hors des eaux territoriales, communes, départements et autres collectivités ne verront pas la couleur d’un pauvre billet de banque. Ce jugement, scandale sans nom, risque bien entendu de faire jurisprudence. S’échouer, répandre son jus dégueulasse sur des kilomètres de côtes, pourra donc désormais se faire sans bourse délier, à condition que l’échouage ait lieu au-delà des frontières maritimes. C’est ce qu’on nommera certainement l’arrêt Total.

     Il y a tout aussi dégueu, dans un autre registre : les sms furtifs. Vous ne connaissez pas l’existence de ces petites saloperies ? Déjà utilisée par les services de police et de renseignement (lors d’une enquête publique, le parlement du Land de Rhénanie du Nord a admis, rien que pour 2010, l’envoi de 256 000 sms furtifs!), cette méthode consiste à envoyer un message à un autre portable à l’insu de son propriétaire, sans même qu’il en soit informé. Le but ? Localiser la personne. C’est beaucoup plus fin que le système Gps habituel, ça passe totalement inaperçu et, cerise sur le gâteau, c’est, juridiquement, quasi inattaquable : ces sms sans contenu ne sont pas considérés comme des communications, donc échappent au cadre des lois sur l’inviolabilité. Idéal mouchard… Déjà, des passerelles spécialisées, des développeurs de logiciels proposent clé en main ce système qui permet de « filaturer » suspects, justiciables, mais aussi et bien entendu syndicalistes, hommes et femmes politiques, ou, simplement, les salariés d’une entreprise. Le tout avec l’aval des opérateurs, complices, pour des sommes défiants toute concurrence en la matière, et dans la plus grande discrétion. Le marché étant sans limite, le pactole s’avère juteux, et attire les convoitises. Ah oui : inutile d’éteindre votre portable, le sms furtif le réactive sans souci. Il peut aussi, si envoyé en très grand nombre, le bloquer, décharger sa batterie en quelques minutes, interdire toute communication ce qui, dans certains cas, peut s’avérer fort utile. De nos jours, disent les gens, on ne peut plus se passer de portable. C’est sûr, surtout les flics.

 

                                                                                                   Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 22:37

 

Arno-Klarsfeld.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Mam’zelle BZ, sans H au bout, à qui je viens de parler des nouvelles lampes acnéiques anti-jeunes à l’essai en les quartiers mal famés bien qu’habités de faméliques de London, Liverpool, Cardiff, vient de suggérer l’idée d’un genre de réverbère anti-vieux, façon d’éclairage publique rendant l’incontinence urinaire visible. On vit dans un monde formidable, où les grandes idées ne manquent pas. Au clair, de quoi s’agit-il ? Dans les endroits loufoques où la jeunesse a l’habitude de prendre ses quartiers, de big ampoules roses-rouges font ressortir l’acné à la face des visages adolescents, crème anti-boutons ou pas crème. Cela, c’est censé les faire fuir. M’est avis que ça marchera jamais mais, dans les West Midlands, la police, qui soutient un autre projet, a constaté une « chute spectaculaire du nombre d’ados s’attardant dans les lieux publics après avoir diffusé du Beethoven sur des hauts parleurs. » Tout le contraire d’Alex, en somme, l’ultraviolent héros d’Orange Mécanique, fana lui de « Ludwig van ». Les temps changent il faut croire, quoi que : ce n’est pas d’hier que des cohortes d’ingénieurs paranos planchent sur des systèmes censés contrôler la jeunesse, les moins jeunes, les plus jeunes du tout, les presque vieux, les tout à fait vieux.

     Cela dit, le contrôle, comme dit ma mère, c’est tout con: c’est bien souvent dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, fussent-elles à la grimace, aussi Beethov’ à fond ça vaudra jamais une bonne grille, un barrage à l’ancienne, ou, mieux encore, un mur. Une fois n’est pas coutume : Arno Klarsfeld partage quelque chose avec ma mère, ce quelque chose qui a pour nom l’amour du mur bien fait. «Un mur, c’est fait avec des fils, des barbelés, un mur quoi, comme à Rome. A Rome il y avait un mur », cancanne l’azimuté. C’est ce dont il rêve, l’Arno, c’est sa dernière grande belle idée, un mur de 130 kilomètres, entre la Grèce et la Turquie, un mur, comme « entre les Etats-Unis et le Mexique, une grande barrière, avec des patrouilles qui patrouillent (sic !) sans cesse. » La vision cocaïnomane de ce sarkozyste grotesque est d’une simplicité proche du mongolisme : face à « une Europe prospère », il y aurait « le reste du monde qui a les guerres, qui souffre, qui a des privations, etc (re-sic !) ». Au bout de ce « etc », tombe la sentence, sans appel : « il faut que les gens ne puissent pas passer. S’il y a une porte entrebâillée, il faut qu’elle soit refermée. » C’est que pour Klarsfeld, voyez, l’Europe c’est un peu comme son jardin, avec piscine et pergola. Il convient qu’alentours la muraille soit solide, il faut que ça « patrouille », afin d’éviter que moins-que-riens, souillons et traine-savates ne finissent par gâter l’apéro-brunch, n’est-ce pas Carla ? Des fois, comme ça, et de plus en plus régulièrement, je me dis que la seule bonne nouvelle lors de l’éventuelle annonce de l’éventuelle élection de l’improbable Hollande (c’est le nom, à ce qui se murmure, du candidat Ps à je ne sais plus quelle élection), que la seule bonne nouvelle, donc, sera de voir disparaître de ces énergumènes tel l’imbitable Arno Klarsfeld, comme autant de poils de cul happés par le siphon des chiottes. De cet endroit, ils viennent. Ils n’auraient jamais dû le quitter.

     Mais la vie est mal faite, qui permet l’expression d’un homme dont le rêve est un mur. Mal faite, aussi, la vie qui voit Daniel Mermet, agitateur d’ondes dormantes, tour à tour mériter respect puis susciter franche rigolade, puisque soudainement ridicule de grandiloquence éhontée. Le lendemain du tour de piste Mélanchonniste à la Bastille, on entendit ainsi le gars commenter la chose en ces termes : « de mémoire de manifestant, on avait jamais vu autant de monde dans la rue! » Calme ta joie, Daniel. 140 000, certes, c’est pas mal. C’est cependant 20 fois moins qu’en 2010 lors des grandes journées de grève, et encore, ce n’est qu’un exemple. « De mémoire de manifestant » on a donc, et souvent, vu bien plus de gens dans la rue, et souvent bien plus énervés, et ne se déplaçant pas, eux, pour écouter le discours du nouveau Leader Maximo, la longue litanie de ses promesses en peau de banane. La « révolution par les urnes », nous promet El Leader Price : arrêtons-nous, un temps, là-dessus. Urnes et révolution, mêlées, mélange de l’eau et du feu en somme, alliance contre-nature dressée telle une digue pour contenir la vague, vas-y vote mon gars, mélenchonne et colère ma fille, mais après : retour à la niche. Pour ma part, prendre part au vote, revient à ne l’avoir jamais quittée.

     Et tandis que ça aboie, que ça couvre d’affiches-portraits nos villes déjà laides sans leurs bouilles, une contrôleuse SNCF largue en pleine cambrousse, en fin de soirée, des mineures. Ordre leur est donné de descendre illico du train. Leurs crimes ? Pas de titres de transport, pas de papiers, et tziganes donc : OUT ! Ainsi le veut le règlement. Le règlement contraint alors ces jeunes filles à poursuivre leur périple le long de la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, toute proche. Le règlement stipule qu’il est interdit de circuler, à pied, sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute. Il ne dit pas, le règlement, qu’on devait écraser, puis traîner sur cinquante mètres, les corps des trois jeunes demoiselles. Le règlement ne dit rien non plus de ce qu’il serait advenu si, oubliant le règlement, se montrant pour une fois tout simplement humaine, la contrôleuse SNCF ne les avait pas poussées dehors, au milieu de nulle part et alors que la nuit tombait. Elles s’appelaient Carmen, Charlotte, Victorine. Elles sont passées sous les roues, victimes du « règlement. »

                                                     

                                                                                            Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 21:51

images-copie-54Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette petite voix qui questionne, Toulouse, Montauban, Merah, en parler ou pas? Mouais. Tout a déjà été dit, non ? Non, justement, pas tout. Il n’a pas été dit à  quel point la prison occupe, en cette affaire, en la formation ou plutôt la déformation de ce voyou à la petite semaine devenu tueur psychobarré dans les grandes largeurs, à quel point la prison occupe, disions-nous, un rôle, sans jeu de mot, central. Puisqu’il est désormais acquis que c’est de derrière les barreaux que Merah opéra son radical virage, pourquoi ne pas interroger la fonction carcérale, en pointer les dangers ? Pas un de nos glorieux Tintin-le-petit-reporter, micro au poing suivant le Raid, n’a semble-t-il trouvé le temps de soulever la question. Il faut admettre qu’elle pèse son poids : dans ce pays, ce n’est pas rien de vouloir ne serait-ce que relever les dérives de l’institution pénitentiaire, quatrième pilier de la République autoritaire (je vous laisse le soin de nommer les trois premiers). L’heure de sa remise en question n’a, bien entendu, pas sonné, aussi les tôles continuerons, pendant encore de longues années, à produire à la chaîne fadas, fêlés, dérangés et flingueurs. En revanche, en cette même heure, tintinnabulent et à outrance les glas nous intimant l’ordre d’honorer les forces de l’ordre, gloire à eux et aux 300 balles, 300 !, tirées sur le « terroriste » Merah, planqué dans sa salle de bain. Qu’on ne se méprenne pas : l’autruche ne pleure pas cette ordure, d’ailleurs l’autruche n’a plus de larmes. Elle refuse cependant de se joindre au troupeau crachant sur sa dépouille, psalmodiant l’ode au Raid et menaçant, furieux, quiconque rechigne à se réjouir de la mort d’un homme quel qu’il soit. Quant aux empêcheurs de jouir en rond autour d’un cadavre criblé, quant à celles et ceux qui questionnent, qui doutent et remettent en question le bien fondé de l’Action Glorieuse de Notre Police Nationale, ceux-là sont voués aux gémonies avant que d’être cloués au pilori de l’Anti-France. C’est bien le minimum.

     Car l’affaire, son issue, ne saurait souffrir aucune sorte d’interrogation. Si les medias s’épanchent sur le parcours de ce « gamin des banlieues de Toulouse », c’est pour mieux taire ensuite ce qui, dans ce parcours, signe la faillite implicite de nos institutions. Durant sa courte vie, Merah a été confronté à : la pénitentiaire, mais également la judiciaire, la policière, la scolaire, et jusqu’à l’armée qu’il tenta, vainement, d’intégrer. Pur produit de notre société, Merah se révèle alors, en sa qualité de « terroriste », comme un cas peu « pratique ». On lui préférera sûrement le type débarqué du Sud Soudan et se faisant exploser dans une rame de métro : il pose, lui, peu de problèmes. Le cas Merah est plus compliqué.  

     Au-delà des interrogations s’imposant à tout esprit un peu ouvert et qui regarderait son parcours, son errance, sa quête d’on ne sait quel absolu ou reconnaissance, qui s’attarderait sur cette somme de rendez-vous ratés avec ce qui aurait pu bâtir une existence bien différente, au-delà de ce qui, peut-être, restera sans réponse, se pose, comme un essentiel, la question de son humanité. Plus exactement: cette question se pose à certains. Lorsque, à deux reprises, le président-plus-pour-longtemps de cette république qualifie Merah de « monstre », il parait évident que pour lui le tueur de Toulouse s’est exclu de la sphère de l’humain. Procédé classique, et pratique, de mise à distance du Mal, de son incarnation. On ne perdra pas de temps à pointer ce qui, dans ce montage, ne tient pas : Hannah Arendt et quelques autres s’y sont employés et avec le succès qu’on sait. On soulignera cependant, dans l’affaire qui nous occupe, une curiosité, qui vit les medias osciller entre deux pôles opposés.

     C’est en effet à un bien curieux mélange des genres que nous assistâmes, ces derniers jours : tandis que commentateurs de plateau et autres « envoyés spéciaux » rivalisaient de superlatifs censés rappeler le caractère extra-humanitaire du « monstre », tournait en boucle, sur toutes les chaînes, la même bande vidéo montrant Merah jeune et souriant, flambeur au volant de sa BM, beau gosse rigolard agité, « gueule d’ange », même, selon certains. Un petit branleur de quartier, quoi, mais pas plus méchant que ça, ressemblant au fiston du voisin ou au pote de classe de votre fille. Et les images, toujours les mêmes, de repasser dix fois, vingt fois, allant jusqu’à servir de générique, d’introduction, sur une chaîne d’info permanente. L’effet recherché était simple : qui aurait pu imaginer que ce gamin deviendrait, quelques années plus tard, ce redoutable tueur d’enfants juifs ? Personne, assurément. Mais pourquoi ainsi ressasser, pourquoi nous imposer, ainsi, les images  banales d’une banale humanité ? L’ambigüité est là, entière. D’une part on appuie lourdement sur l’aspect monstrueux des actes commis par Merah, d’autre part on vous montre que « le monstre » n’en est pas un, que c’est un homme parmi les hommes.

     Rien de pédagogique, dans cette démarche de faux cul. Aucune vertu basée sur la notion d’altérité ne peut s’épanouir sur ce fumier. Car le message essentiel que cherche à véhiculer cette enfumeuse mise en boucle, ces images revues vingt fois, c’est l’antédiluvienne sentence selon laquelle il convient de ne pas se fier aux apparences, sentence populaire augmentée de rajouts bien contemporains : méfiez-vous des jeunes maghrébins, gueules d’ange ou pas ce sont autant de terroristes en puissance. Ce message, délivré des jours durant, pas un journaliste, pas une rédaction ne l’a remis en question, ni même tenté de le nuancer. Au contraire, ils en ont rajouté une couche, sur le mode classique du témoignage de voisin qui « le croisait tous les jours et jamais ne se serait douté que… »  Au final, personne ne s’est interrogé sur les dégâts que ne manquera pas d’occasionner dans les banlieues, entre communautés, cette manière de faire, de présenter l’information. Et le message, d’obédience clairement lepéniste (« toute personne de type arabe représente, en soi, un danger »), les medias publics comme privés l’ont relayé, à outrance, jusqu’à l’écœurement.

     Avez-vous vu, jeudi, les sourires de contentement et l’extrême (c’est le cas de le dire) plaisir avec lequel Marine Le Pen s’est faite le relais de cette islamophobie rampante ? Pour elle, pour son score aux présidentielles, ces images d’un Merah de banlieue, frimeur, hâbleur, provocant et en même temps tellement proche, tellement semblable aux minots d’en bas de l’immeuble, vaut mille fois plus que tous les abattoirs hallal. Humain, Merah ? Assurément. Quand ça arrange le FN.

 

                                                                                              Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:10

images-copie-53.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’était jeudi la fin de la trêve hivernale, le ballet des huissiers et autres salopiots spécialistes de la chasse aux pauvres va donc reprendre de plus belle. Mais je suis un brin rassuré pour mes voisins de pallier puisque dans ma ville m’dame le maire a signé un de ces arrêtés dits anti-expulsion. « Il ne pourra être procédé sur le territoire de la commune à aucune expulsion motivée par l’impécuniosité des personnes concernées. » Tu parles, Hannibal, tu causes, Rose : chaque année c’est le même cinéma, quelques maires de gôche apposent leurs paraphes au bas d’un arrêté dont ils savent pertinemment bien qu’il sera invalidé par les tribunaux, pas plus tard que demain. De l’art de se donner bonne conscience, et à moindre frais s’il-vous-plaît.

     Que deviendront ces gens, une fois rendus au trottoir, matelas sur le dos et toute la maison dans deux sacs ? Peut-être, des wifimens. Ceux-là n’arpentent pour l’instant que les artères d’Austin, Texas, mais gageons que l’idée ne tardera pas à s’appliquer en nos rues boboïdes. Le principe en est simple comme un coup de fil : équiper des Sdf de bornes Wifi portatives, et les renvoyer se « balader ». Afin que le quidam les identifie aisément, ils portent tous un tee-shirt indiquant « je suis une borne wifi 4G». Il vous suffit alors de leur refiler 2 dollars pour bénéficier d’un quart d’heure de connexion. Fallait y penser, non ? Les marketeurs à l’origine de cette horreur absolue— certainement issus d’un croisement entre un logiciel de décérébration intensive et quelques dogues allemands —, assurent que, grâce à eux, « les sdf ne sont plus invisibles. » Et de pousser le bouchon jusqu’à parler d’«initiative charitable »… Avec trois pauvres ampoules, on pourrait aussi bien les utiliser comme feux rouges ; les plus vieux, pour leur part, une fois couchés sur la chaussée feraient d’excellents ralentisseurs. Qu’en pensent les honnêtes gens ?

     Rien. Ils sont, en ce moment, bien trop affairés à se faire surficher par l’Etat. Le «fichier des gens honnêtes », tel est le nom de la dernière trouvaille de tout ce que ce putain de pays compte de flics, de juges, de contrôleurs, de fouineurs bref, d’empêcheurs de vivre peinard. Un genre de mégafichier doté d’une mégamémoire capable de stocker de nombreuses données biométriques, mais pas que : censé lutter contre l’usurpation d’identité, le fichier des gens honnêtes permettra, entre autre chose, l’instauration de la carte d’identité à puce — enfin !, diront certains, qui tentent de l’imposer depuis presque trente ans, au premier rang desquels se trouvent les industriels directement intéressés par ce technobusiness aux enjeux financiers sans commune mesure. Déjà, le principe en a été adopté par les députés. La machine est lancée, qui broiera un peu plus encore nos déjà maigres libertés. Car cette fois on saura tout de vos déplacements, de vos achats, de ce que vous lisez, des lieux que vous fréquentez, et de cette somme d’informations on tirera aisément des conclusions concernant vos orientations politiques, religieuses, sexuelles,… Vous croyez n’être pas concernés ? La première vague touchera 45 millions de Français, et il est bien sûr prévu d’étendre le système à la totalité de la population.

     Qui aura accès à ce fichier et qui le gérera ? On n’en sait rien pour le moment. On imagine par contre très bien ce que saurait en faire un Vanneste, toujours député Ump et plus homophobe que jamais. Contesté au sein même de son parti, Vanneste a une explication : selon lui, « le lobby homosexuel a pénétré à l’intérieur de l’Ump. » Hmmm… C’était bon, au moins ?

      On ne sait qui pénètre à l’intérieur de Martine Aubry, mais nous la trouvons, en ce moment, pénétrée par de curieuses idées. A un journaliste l’informant que Hollande chercherait une chanson pour le soir de son éventuelle victoire, Aubry a répondu : « je n’en vois qu’une : la Marseillaise. » A celle et ceux doutant encore que Hollande c’est reprendre les mêmes et toujours la même rengaine, la Martine conseille donc de répandre un sang impur, histoire qu’il abreuve nos sillons. « Il faut que les lions français arrêtent d’être dirigés par des ânes », semble lui répondre la Le Pen, qui porte beau le bonnet. C’est à commenter, ça ? Hi han.

 

                                                                                             Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 18:36

Tiraimages-copie-52.jpgnt tête hors du trou, qu’entends-je ? En premier lieu les voix de celles d’Albertville, caissières et e mployées d’un supermarché de base opposées au travail le dimanche, vous vous souvenez peut-être ? Elles ont fait grève deux ans, et sans jamais lâcher l’affaire. « Sous prétexte qu’on était caissières, la direction a cru qu’elle pouvait nous prendre pour des connes », lâche Valérie, en rigolant. « On s’est battues, on a gagné, et ça sera plus jamais pareil, parce qu’on a appris des choses. » Entre autres choses apprises, ceci : « les élections,  on n’y croit pas. C’est du folklore, c’est tout. » Et ses copines d’acquiescer. Ce simple bon sens, né de l’expérience et de la lutte, le Baron Sellière, au hasard, ne pourrait l’interpréter que comme une forme d’outrance, l’expression d’une intolérable jacquerie. Il le disait l’autre jour, avec ses mots à lui et sur ce ton aigre-doucereux lui servant de signature : « je ne crois pas qu’en matière de morale le pauvre ait toujours raison. » Pire, selon lui, « dès que le patronat obtient quelque chose, on crie au scandale. » De toute façon, selon le baron, « la parole patronale, en France, est inaudible. » Etrange, dès lors, cette impression que nous sommes nombreux à avoir de l’entendre, soir et matin, tintinnabuler sur les ondes telle une rengaine, l’Ite missa est vomitif délivré par un patronat plus vainqueur que jamais.

     Le restera-t-il  après mai ? Bien entendu, et quels que soient les résultats de ces présidentielles aux allures de blanc bonnet contre bonnet bleu. De rouge, il ne saurait être question dans ce jeu de bonneteau, dont l’unique intérêt est de fournir, plus qu’il n’en faut, l’autruche en galéjades. Cette semaine c’est, une fois encore, le Sarkoshow qui a retenu son attention. Il posait ses valoches et ses guêtres en peau de mou, mercredi soir, en les plateaux de La Deuze. Davantage que le déroulé des propositions fascito-liberticides du nain, désormais bien connues, c’est l’aspect, comment dire… « barbare », grammaticalement hasardeux du discours sarkozyen qui me sauta aux esgourdes. Elles sont pas bégueules, mais tout de même, elles en prirent plein l’oreille interne. Florilège. « Alors comme ça, on élut un maire, et on ne pourrait pas savoir à qui il donne sa signature ? » Du verbe « élurer », certainement. Plus tard : « vous savez, en cinq ans, j’ai remarqué quelque chose que j’ai appris. » Apprendre, lui ? C’est remarquable ! Quant au type qui s’était pris le « casse toi, pov’con » bien connu, Sarko précise que l’autre avait commencé par lui lancer « touche-moi pas », alors que lui, Sarko, n’avait « pas l’intention de le toucher, son physique n’était pas tellement agréable que j’avais l’intention d’aller au contact. » Sic. Quant à sa petite croisière sur le yacht de l’ami Bolloré, il regrette, quoi que pas trop : « je n’ai pas impacté le poids du symbole » explique-t-il, en toute simplicité. On l’aura compris : le candidat a peut-être, un peu rapidement, licencié son nègre, le Guaino, qui certes est un furieux de l’identitaire et du civilisationnel à deux balles, mais au moins semble être en mesure de bâtir une phrase correcte.

     Et tandis que son amoureux ferraillait farouchement avec la langue française, qu’est-ce qu’elle nous faisait la Bruni, maîtresse de maison et des mots, à ce qu’on nous raconte ? Elle se plaignait, en loge : « il fait un froid de gueux, ici ! », lança-t-elle à une assistante qui rôdait dans le couloir. Une expression si bien choisie qu’elle donnerait presque envie de lui donner de la brioche, à Carla-Antoinette.

    Une qui, plus elle avance en haine moins elle a froid aux yeux, c’est la Le Pen, assurément. On pensait qu’elle voulait dé-rembourser l’avortement, on avait rien compris :  « je propose de dé-rembourser l’IVG seulement en cas de récidive. » Ah, ça change tout, et le mot est de circonstance. Car, renseignement pris, on ne parle de récidive qu’en cas de maladie, ou de faute. Que l’on sache, l’Ivg n’entre dans aucune de ces deux catégories. Mais, comme chez les Le Pen le choix du vocabulaire n’est jamais tout à fait gratuit, on devine aisément que pour Marine l’Ivg constitue ET une faute, ET une maladie.

     Chez Poutine, la question est en voie d’être réglée : une loi censée lutter contre le déclin démographique limitera bientôt, et de façon drastique, le recours à l’avortement. Ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle venue de Russie ces temps derniers, l’élection de Poutine, au premier tour et à près de 65 %, n’étant pas la plus agréable. Dans ce pays où 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le nombre de milliardaires a doublé en l’espace de quelques années. La plupart des opposants crédibles sont en taule, la corruption est générale et le budget militaire est en hausse de 58% ! Poutine le nationaliste, qui n’hésite pas à parler de « race supérieure » en ce qui concerne les Slaves, n’est qu’un dictateur parmi d’autres, assis sur un tas d’urnes : une fois de plus est prouvée l’utilité des élections.


                                                                                                   Frédo Ladrisse.

 

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 20:21

91888755-8075-45bd-95c9-88cda5b48e91HiResTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ayant reçu de nombreux courriers à ce sujet, autant le préciser de suite : non, cette autruche n’est pas hallal, elle n’est pas non plus certifiée par la mosquée de Roissy-nord, voilà, c’est dit. Contrairement aux moutons, veaux et vaches normandes, elle ne gambade pas non plus voilée et tiens, puisqu’on parle des vaches : ont-elles regardé passer le Tgv qui emmenait, jeudi dernier, le petit Nicolas à Lille ? Un train qui, nous informe la presse, « est parti avec presque 15 minutes de retard. » Qu’est-ce qu’on ferait sans les journalistes ? On ne se le demande pas. Retard ou pas, peu importe : « j’aime beaucoup le train », a cru bon de préciser Sarko, qui ne l’avait pas pris depuis 1974. Moi aussi, j’aime beaucoup le train, cela nous fait une chose en commun. La ressemblance s’arrête pourtant là puisque, comme quelques millions de mes compatriotes, grâce à Sarko et à ses potes je n’ai plus les moyens de le prendre.


     Sinon quoi ? Rien que la banale ritournelle d’une campagne de type cantonale, en à peine plus grand, vous voyez ? Sarko veut faire bosser davantage les profs, Hollande, lui, veut «taxer les riches », rien de nouveau sous le pâle soleil de ces présidentielles pour de rire. Une fois qu’on a pigé qu’entre terme de programme, qu’on choisisse Pepsi ou Coca c’est toujours la même daube à boire, ne nous reste plus qu’à pouffer, en attendant des jours meilleurs. Pouffons, devant la réaction d’un député Ps qui semblait ne pas être au courant de cette nouvelle idée hollandaise, « c’est la surprise du chef, mais le chef a toujours raison. » Pouffons encore devant les risibles aboiements d’une droite toujours très mordante dès qu’il s’agit de voler au secours de l’argent, de Christian Jacob qui y voit une «marxisation du Ps » (elle est bien bonne), à Bernard Accoyer lequel craint que Hollande veuille « chasser de France les quelques riches qui peuvent y rester », pauvres petits multimillionnaires sur le sort desquels on devrait se mettre à pleurnicher? Franchement, qu’ils se cassent tous, hop en Suisse, par charters entiers, qu’est-ce qu’on en a à tamponner, du moment qu’ils nous laissent la caisse ? Je sais, je rêve, ces margoulins sont peu enclins à oublier sur la banquette la valise à lingots. A noter, au sein du cloaque, l’extrémiste Philippe Villin, banquier d’affaire de son état. Selon ce triste sire, « le projet du Ps, c’est la Corée du Nord. » Et l’Isf, c’est le goulag ? Moi, je t’enverrai le bonhomme faire une semaine de stage au Laogai, pour voir, ça lui passerait le goût des sotties, à cet affreux Villin. Ces as de la finance de haut vol n’ont pourtant aucune vraie raison de s’inquiéter : Hollande, en visite à Londres mercredi, a pris soin de rassurer les traders de la City: «Non, je ne suis pas dangereux », qu’il a dit. De ce côté-ci de la manche, on s’en doutait un peu.


     Et tandis qu’en métropole on est comme au théâtre, à la Réunion ça secoue. Mais du cocotier médiatique tombent toujours les mêmes noix. Première nuit d’émeute : les commentaires pointent « les casseurs, les bandes organisées profitant du mouvement de mécontentement pour piller les magasins », et autres images d’Epinal. Seconde nuit d’émeute : il devient difficile, du fait de la présence d’observateurs indépendants, de nier l’implication des adultes, ouvriers, chômeurs en  colère, ni leur discours très clair, porteur de revendications fondées. Troisième nuit d’émeute : quelques courageux francs-tireurs parmi nos éditorialistes osent l’analyse suivante : les violences dans l’ile pourraient s’expliquer « en partie » (important, ça, le « en partie »), par un coût de la vie très élevé, et un taux de chômage de 60 % en ce qui concerne les jeunes. Une fois de plus, on ne se demande pas ce qu’on ferait sans ces éditorialistes-là.


     A l’ouest de La Réunion, pas loin à vol de pélican, le Zimbabwe : sous cette latitude, le potentat Mugabe a livré récemment sa vision, tout en nuance, de l’homosexualité. Selon cet esprit éclairé, « les gays sont pires que les chiens et les porcs, parce que les porcs savent qu’il y a des mâles et des femelles. » Depuis quand « les gays » l’ignorent-ils ? Cela, Mugabe ne le dit pas. « Voilà comment nous sommes nés, et voilà pourquoi nous vous disons d’aller en enfer », conclua-t-il. Quand on sait que le despote s’exprimait de cette façon lors du discours d’ouverture des festivités relatives à son anniversaire, on se demande ce qu’il pense des homos les jours où y’a même pas de gâteau.


     Poursuivons, un moment, ce tour de la planète en folie, avec un petit détour par l’Indonésie. Dans ce pays on a décidé de rééduquer les punks. Il reste donc des punks, en ce bas monde ? Oui, mais mauvaise idée, les tout derniers étaient partis se planquer en Indonésie. En décembre 2011, juste à la sortie d’un concert, les flics en ont coffré soixante. « Immédiatement tondus à leur arrivée au centre de rééducation, ils ont, par la suite, été vêtus d’habits neufs en lieu et place des tee-shirts vantant l’anarchie. Ils ont été ensuite contraints de participer à une séance de prière »  apprend-t-on sur Le Monde.fr. Bigre, ça rigole pas. « Nous craignons que leurs actions ne viennent perturber l’application de la charia », a expliqué l’adjoint au maire de Banda Aceh, la commune où eut lieu la rafle. Ça, c’est du No Future, ou je ne m’y connais pas.


     No future également pour les lèvres encarminées qui se posaient naguère, en toute délicatesse, sur le mausolée d’Oscar Wilde, dans le cimetière du Père-Lachaise. De Banda Aceh à Paris, pas de doute, les fous sont lâchés : la tradition voulait que celles et ceux le désirant déposent un baiser sur la robuste pierre du tombeau. Et c’était un spectacle assez jouissif que celui de ces centaines de traces laissées par autant de bouches anonymes, autant d’hommages qu’aurait goûté à coups-sûrs le divin défunt. Un culte non-ostentatoire, tout en sensualité, qui ne troublait en rien le calme de l’endroit, bref, un rituel certes païen, mais qui ne mangeait pas de pain. C’en était trop, cependant, pour le petit-fils de Wilde, un certain Merlin Holland : Merlin le désenchanteur a donc décidé de « protéger » le tombeau par une paroi de verre, haute de deux mètres s’il-vous-plaît. Motif? « Cela abîmait la pierre, et l’enlaidissait. » Pfff. Non seulement, de par ces baisers, cette tombe était devenue une des plus touchante du cimetière, mais encore, petit imbécile, si nos lèvres avaient le pouvoir d’user ainsi la pierre ce serait une excellente nouvelle pour les briseurs de murailles que nous sommes. Malheureusement, ça n’est pas le cas. Tout laisse donc à penser que c’est, une fois de plus, le plaisir qui gêne, et la volupté exprimée, à titre tout à fait gratuit. « Plutôt des fleurs que des baisers », commente le tout petit-fils. Des fleurs pour Wilde… N’importe quoi. Pourquoi pas des rosaires ?



                                                                                                Frédo Ladrisse.

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 22:04



images1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Festival de palinodies et autres carabistouilles lors du lancement du Sarkoshow, autrement appelé The last Minimoi Embrouille’s Tour. Devant la Ferrari, sur le plateau de télé Bouyguasse, la pirouette grammaticale avec plantage de langue final le disputait au lapsus baveux. On entendit ceci, de la bouche du petit : « lors de mon prochain septennat, heu… quinquennat… » On entendit aussi «maintenant je vais essayer de dire la vérité. » Il y eut également ce moment d’abandon, durant lequel maître Bescherelle s’étrangla un chouia et ruina la moquette en rendant son latin : « vous savez, M’dame Ferrari, en 5 ans, des choses, hein,  j’en ai appris. » Et j’en ai vutes, oh ça, que oui ! L’honnêteté, cette semaine, commande cependant de décerner le prix de la balourdise d’or à Hollande, François, candidat du parti socialiste français. C’est que Flanby, traversant la manche au volant de son pédalo à pétrole, s’est répandu dans The Gardian, rassurant, du moins le pensait-il, les sujets britanniques et la sacro-sainte City en déclarant tout de go qu’ «en France, il n’y a pas de communistes. » Et d’en remettre une pesante couche dans le registre ne vous inquiétez pas, n’oubliez pas que c’est Mitterrand qui a livré le pays au marché en privatisant à outrance, sous-entendu : je ferai pareil, et même, si possible, je ferai pire. Un jour viendra où les gaillards régnant sur le monde politique comprendront qu’il ne suffit plus de passer les frontières pour tenir, sans vergogne, un discours contraire à celui entonné de par nos contrées, ah mais ho ! Vous avez dit quoi ? Internet ? Réseaux sociaux ? Presse internationale ? C’est qu’on serait plus peinards nulle part ! Eh non, terminé : plus peinards.


Pas de communistes en France, avouez que c’est assez énorme — selon l’Insee, il en reste trois. Mais c’est peu, à mon sens, rapporté à ce qu’a sorti, cette fois en toute discrétion, le candidat Hollande relativement aux Rroms. Selon lui « le problème doit être réglé au plan européen. » Ah tiens, il y aurait donc, pour le Parti Socialiste, quelque chose comme un  «problème Rrom » ? Pire encore, selon Hollande, concernant cette population « l’origine du mal c’est de ne pas avoir fixé une règle européenne pour la garder là où elle doit vivre, en Roumanie. » Je n’invente rien, juré, crachin. C’est Hollande qui parle du « mal » et de son origine, et décide tout seul comme un gland de l’endroit où ils devraient vivre, mieux : où on devrait «la garder», cette population. Doit-on, une nouvelle fois, répéter qu’il serait peut-être, quoi ?, humain ?, logique ? « socialiste » ?, de commencer par, éventuellement, demander leur avis aux principaux intéressés? Est-il utile de signaler à monsieur le candidat que, ce n’est qu’un exemple, ceux d’entres eux venant de Bulgarie n’ont pas vocation à émigrer en Roumanie, tout comme les enfants nés et scolarisés en France, tout comme leurs parents, tout comme tout ceux qui, simplement, préfèrent rester en France ?

Contentons-nous de renvoyer l’ignare à ses chères études, notamment celles des textes produits par le Conseil de l’Europe, définissant la nation Romani comme une nation sans territoire. Ce qui, dans cette affaire, inquiète davantage que l’ignorance crasse d’un Hollande, c’est que, comme à l’accoutumée dès qu’il s’agit des Rroms, ses propos pour le moins ambigus n’ont été que très peu repris dans les medias. En même temps, on ne doit pas s’attendre à ce que d’incultes journalistes démontent, ou débroussaillent à minima un discours qu’ils ont intégré depuis des palanqués, par facilité, fainéantise ; par idéologie. Nous en sommes donc là, du programme socialiste, concernant le « problème Rrom » : il faudrait continuer de fermer les campements, continuer d’expulser leurs habitants, mais c’est plus nous qu’on expulserait, ce serait l’Europe. Et ça, ça changerait tout.


Sinon quoi ? Assommante et rase campagne, pavoisée de grisaille telle une rue du dimanche, en février, à Lure (70200). Là, frôlant les murs : la Boutin. C’est qu’elle a renoncé, et qu’elle n’en est pas fière. Elle s’achèterait bien des bottes fourrées en peau de lesbos, mais c’est dimanche à Lure, même Bata est fermé, c’est dire. Elle est triste, Christine. Son chemin de Compostelle en quête de signatures pour la présidentielle — on s’en ouvrait, si on peut dire, ici même la semaine dernière —, ça a fait pschiiit et bling, et rien. Lisieux pour pleurer ? Bof. Pour l’heure, elle a choisi Lure, pour lurer. Dans le même temps et sans étonnement la Boutin se rallie à Sarko, ce qui, dans l’état où elle se trouve, on en conviendra, ne mange pas de pain.


Puisqu’on en parle, tiens, le pain : est-il hallal ou non en Ile-de-France, ou bien ? La farine est-elle abattue selon le rite musulman ? « J’eusse préféré qu’on la moudasse », commente le Sarko dans ma tête. Je lui ferme sa grande gueule, n’empêche : apprendre comme ça, à chaud, que depuis des années Justin Bridou sert de couverture à l’Internationale Jihadiste, brrr… On en tremble. De froid. Mais qui vient nous enquiquiner avec ces histoires de bidoche, hallal ou pas ? Le Pen, bien sûr ! Elle qui voit des moutons partout et qui se sentirait bien bouc, la voilà qui, sur les conseils de sa copine Bardot, pointe « la souffrance de l’animal tué selon le rite musulman. » Alors que la rosette de Lyon, elle, sincèrement, vous l’avez entendu grogner ? Franchement, comme disait Sarko ce soir même sur le service public — enfoiré de Pujadas !—, « y’a des gens, on se demande à quoi y réfléchissent. » J’eussions préféré qu’il se taisa, mais bon, il sait pas faire... Donc hallal, pas hallal ? La viande c’est dégueulasse, et le sandwich dit grec c’est de la merde, sauce blanche ou pas, c’est simple les djeuns : de la de-mer.


     Laissons donc là le grec, salade tomate oignons et gerbe, allons faire un tour en Grèce même : « vous croyez que seuls les anarchistes participent aux émeutes ? J’ai vu des gens de 70 ans briser la vitrine d’une banque avec leur parapluie. » Ainsi s’exprime Kristina, en direct d’Athènes. Là-bas, on se bouge et ensemble, sans attendre qu’un miracle, hallal ou pas, tombe du ciel par le biais d’un bulletin de vote, siglé Hollande ou pas. Si tout se passe bien, si le Gross Kapital accentue l’offensive, il y a fort à parier que nous nous inspirerons sous peu de l’autogestion à la grecque, telle qu’elle se pratique par exemple dans le quartier d'Exarhia, et depuis quarante ans. 


     Je vous laisse avec Nikolaos, faites de beaux rêves. Nous en faisons tous.


                                                                                              Frédo ladrisse.



                                       

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article

Présentation

  • : Quand L'autruche eternue
  • Quand L'autruche eternue
  • : "Hommes/femmes politiques, journalistes au petit pied, philosophes du dimanche ou stars à la ramasse: tous sèment des perles de bêtise, sans se douter que, dans l'ombre, l'autruche les note, les commente, s'en gausse, et recrache le tout sur ce blog."
  • Contact



Publication aléatoire,
inscris-toi à la newsletter pour être informé des
 nouvelles publications.

Rechercher

Vieux Trous

'autres qui font des trous

  
 

images-copie-43.jpg

LIEN-ZONA-YAROST.jpg

LIEN-FA-CLAAAAAASH.jpgLIEN-COLLECTIF-CONTRE-CULTURE.jpg

LIEN DIONYVERSITElien-maldoror.jpg

LIEN-EDITIONS-DU-ML.jpg

lien-Publico.jpg

lien-radio-libertaire.jpg

LIEN ML