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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 21:04

j-de-la-f.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je? Il n’aura pas fallu longtemps après la parution des résultats de la désormais cultissime expérience menées sur des rats de laboratoire, pour que l’industrie Ogm ne sorte l’artillerie lourde. 200 rats, suivis sur deux ans et nourris d’Ogm ont, pour une grande partie d’entre eux, développés des tumeurs mortelles. Et alors ?, semble répondre Jean-Didier Vincent, neurobiologiste de salon, membre de L’Inra, du Cnrs, chevalier du Mérite Agricole, ce qui incontestablement vous pose le bonhomme. « On sait que les rats utilisés sont des rats qui développent naturellement des tumeurs », entame notre lobbyiste. « Ecoutez, on n’est pas des rats », poursuit-il, tout à ses affaires, « si les Ogm détruisaient les populations humaines, ça se saurait ! » Ça se saurait d’autant plus sûrement qu’on peut compter sur ce genre de bougre pour, bien sûr, nous en informer. Mais le Chevalier du Poireau n’en a pas terminé : « c’est facile, de s’en prendre à Monsanto, eux, ils ont les moyens de faire pression sur les gouvernements. » Sic. Mais curieuse est la phrase, comme un ensemble de mots se prenant les pieds dans le tapis, non ? Pour finir, cet appel, ce cri : « nous, qu’on nous laisse créer des Ogm propres, et voilà ! » Et voilà quoi, mon Jean-Didier ? Après l’amiante propre, après le nucléaire propre, le sang contaminé propre la vache folle mais propre le Médiator propre,… serait-il possible, s’il-vous-plaît, de nous éviter le calvaire des Ogm « propres » ?

     Une saloperie qu’on aimerait bien, elle aussi, voir disparaître, ce sont ces connards de pigeons qui dégueulassent tout, qui sont moches, qui sont cons et qui sont partout. Ces Ubus de trottoir, il faut voir comment ils se la pètent ! Suffit qu’une vieille folle leur refile un quignon, et ça roucoule, c’est le roi du monde ! Bien entendu, je ne parle pas ici de nos amis à plumes, délicieux avec des petits pois, de ces inoffensives bestioles aux déjections acides, non non, je parle du collectif virtuel de petits chefaillons d’entreprises naines, de ces nuisibles s’étant eux-mêmes baptisés « les pigeons ».

     C’est qui ? C’est trois trouducs, tyranneaux de bureau dirigeants de start-up — ça existe encore, ça, les « start-up » ? Oh, mais alors ça veut dire que Mylène Farmer chante encore, et vive les nineties ! — une petite palanquée de branleurs planqués derrière leur Mac et bien instrumentalisés, juste pour voir, par le Medef. Là, surprise : il aura suffit d’un pauvre texte de ces boutonneux se plaignant d’être trop taxés pour que Hollande, Ayrault, reculent et revoient leur copie. On rêve… « On nous prend pour des pigeons ! », ont chialé les fils à môman. Mais non, vous n’êtes pas des pigeons, imbéciles : vous êtes des rats. Et n’avez pas besoin de passer par le laboratoire pour développer vos tumeurs.

   La vieille qui nourri les pigeons, c’est donc le Parti Socialiste. Quelque chose me dit que les cinq ans à venir de ce blog pourrait, si je n’y prenais garde, tourner à la chronique hebdomadaire des renoncements multiples de Hollande et ses moussaillons. Où en est, à ce sujet, la promesse d’accorder le droit de vote aux étrangers ? Il a suffi que la droite susurre à l’oreille de Valls que « ce n’était pas le moment » pour que Hollande remise le tout dans sa culotte. En France, on a peut-être la droite la plus bête du monde, mais ce qui est certain c’est qu’on a désormais la gauche la plus froussarde.

     Le projet de loi sur le mariage homo fera-t-il pareillement les frais de cette frilosité ? C’est rien de dire que la droite monte au front sur ce sujet, entre Lebel, maire du 8e arrondissement de Paname, pour qui « le mariage gay pourrait ouvrir la voie à la polygamie, l’inceste et la pédophilie »,  entre le sempiternel Vanneste et la Boutin qui en remet une couche, on ne saurait où donner de la tête, tant l’offensive est générale. Pendant ce temps, la coterie socialo-écolo achève ses toasts et se lèche les doigts, sans être tout à fait certaine d’avoir envie de se battre pour les droits d’une minorité électoralement servile. Affaire à suivre…

     Se battront-ils, au moins, contre les ravageurs, les champions de la fermeture, du plan social et du chômage, Mittal, Sanofi et consorts? Rien n’est moins sûr. Frileux un jour, frileux toujours, ce gouvernement mol a prévenu : n’attendez rien de nous, on verra dans quatre ans. Ce que Montebourg-la-Reine résume parfaitement en cette odoriférante formule : « dans mon pays, on dit : c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses. » Bien. Mais ces vaches-ci commencent à chier dès le début de ta foire Arnaud, et le moins que puisse nous dire nos narines est que ça pue.

     Oui ça pue, et pas seulement lors des comices patronnées par Montebourg-moi-le-mou. Ça pue quand Copé se lâche sur le racisme anti-blanc, sur les « voyous qui arrachent des mains d’un petit enfant un pain au chocolat, au prétexte qu’on ne mange pas pendant le ramadan » (traduction de la fable: musulman égal voyou égal racisme anti-blanc égal appel, grossier, du pied, aux fachos de tout poils), ça pue lorsqu’à Marseille un campement Rom est dégagé par une milice locale, les effets personnels laissés sur place brûlés, sous l’œil goguenard des flics locaux. Ça pue quand, dès le lendemain et puisque Marseille donne l’exemple, des habitants de la région de Lille se regroupent à 700 pour, à leur tour, vider un campement Rom : « si ils viennent chez nous, on va les exfiltrer ! », lance un habitant du quartier, militaire à la retraite… Ça pue lorsque Peillon, ministre de l’éducation, annonce son projet d’opérer un rapprochement entre l’école et l’entreprise, et ceci dès la sixième, et ceci sans que ça ne trouble quiconque, si ce n’est un syndicat d’enseignants vigilants, malheureusement bien isolé. Ils sont où, les parents ? Ont-ils réellement envie que leur môme se retrouve stagiaire-larbin dans la boîte qui a foutu à la porte leur père, leur mère ? Peut-être en ont-ils envie, après tout. Désormais, l’essentiel n’est-il pas d’avoir un boulot, à défaut d’un salaire ?

     Et, puisqu’on parle d’école : le même Peillon qui vient de remettre au goût du jour « l’enseignement de la morale à l’école » — une vieillerie de barbons très troisième république —, ce Peillon-ci a veillé à ce que soient, durant cette rentrée, appliquées les réformes des programmes décidées par son prédécesseur. Ainsi, on a expliqué à ma fille qui cette année est en troisième que seules quatre heures de cours seront consacrées à la première guerre mondiale, et pas davantage à la seconde. C’est que le gros Bertrand avait jugé, l’année dernière, que le programme d’Histoire de troisième « manquait de positivité »… Ainsi, dès cette année, davantage d’heures seront consacrées au fordisme et au taylorisme, histoire de verser dans le « positif ».

     Restons-y, tiens, si je puis dire, dans le positif bêtasson : selon une récente enquête d’opinions, 47 % de Français se déclareraient « nostalgiques de Sarkozy ». Et de Pétain, combien ?


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 21:52

 

polony.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Non, nous ne parlerons pas ici de ce qui agite le Landerneau et ravive tant d’antiques haines, nourri tant de passions, provoque réactions et manifestations épidermiques, n’insistez pas vous dis-je, l’autruche se refuse à prendre position, tant la question lui semble épineuse et complexe. Fallait-il, oui ou non, les publier ? Je ne sais. Par contre, qu’on me permette de les trouver plutôt moches, les photos de Kate Middleton, poitrine offerte aux quatre vents.

     Vous dites ? Caricatures ? Ah, exact, il y a ça, aussi. Mahomet couilles à l’air dans le Charlie, et la planète s’embrase, qu’on nous explique, voix chevrotante. On nous abuse, plus certainement. Miroir aux alouettes que cet embrasement-ci, manière habile de détourner l’attention du chaland à l’heure où, par exemple, la Chambre s’apprête à voter le traité européen, autrement plus létal, à long terme, que la danse d’une poignée de barbus devant les ambassades. Il faut cependant s’y arrêter. L’occasion est trop belle de relever ce qui, dans le discours officiel, a « glissé », s’est déplacé subrepticement, lente bascule nous faisant passer d’une défense de la laïcité à la défense des religions. Fabius, ministre des affaires étranges, se laisse ainsi aller à parler d’ « huile sur le feu » qu’aurait balancé Charb et sa troupe de lurons. Ah tiens, il y avait donc un feu ? Mais qui a craqué l’allumette ? Révélatrices d’un climat de trouille et chie-sous-lui, condamnations (verbales, pour l’heure) et autres réprimandes n’ont cessé de pleuvoir sur la tête des caricaturistes. De Jean-Marc Ayrault-malgré-lui à Dany-le-Vert-de-peur, tous se sont donné le mot : la cible, c’est Charlie. Et l’antédiluvienne solidarité des fanas et autres vendeurs de mirages, une fois de plus ne s’est pas démentie : si Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, semble être dans son rôle lorsqu’il bave que « répéter les mêmes âneries, les mêmes idioties, les mêmes ignominies, les mêmes calomnies [lui] paraît relever d’un syndrome psychiatrique » (sic !), on se demande un peu ce que vient foutre le Crif dans ce merdier très organisé, lequel Crif affirme, sous la plume de Richard Prasquier, que « publier, ces jours-ci, au nom de la liberté, des caricatures de Mahomet est une forme de panache irresponsable. » Fermez (temporairement) le ban. Irresponsables, dingues, idiots,… Une épidémie d’acouphènes a dû, ces derniers jours, secouer les locaux de Charlie. Je sais, je sais… Coup de pub, ventes record et patin-couffin, on n’ignore rien des stratagèmes qui en coulisse agitent la rédaction de l’hebdo (pour l’avoir vue à l’œuvre lorsqu’il s’agissait, pour elle, de couler Siné Hebdo, on sait assez ce qu’il faut penser de cette rédaction-ci, formée, formatée par Val l’imbitable). N’empêche, il serait assez mal venu de ne pas saluer comme il faut cette façon d’enfoncer le clou, un de plus, dans l’anus des religions. Une fois Charlie disparu, que restera-t-il aux athées en matière de presse écrite? Le Monde Libertaire ? (gag).

     Tiens, je viens d’apprendre que d’après un antique papyrus, Jésus aurait été marié ! Blasphème, odieux blasphème ! Retenez-moi, ou je m’en vais cramer la pyramide du Louvre !

     Bien que n’ayant pas communiqué au sujet du mariage, ou non, de leur ensuqué gourou,  l’Eglise Catholique Apostolique Romaine du très Saint-Cœur de la main de ma sœur dans la culotte de Joseph, donne néanmoins son avis sur un autre type de mariage, avis dont c’est rien de dire qu’il est crânement tranché. Après les désormais célèbres affabulations de Barbarin lequel, bien que prélat des Gaules c’est dire s’il connait bien le sujet, parlait à propos de mariage gay de « crise de civilisation » et de risque de libéralisation de l’inceste ; après que la mère Boutin, hurlant en son désert, réclama à corps et à cris de chouette un referendum sur la chose, c’est Benoit 16-64 lui-même qui appella les cathos de France à « relever le défi et à défendre la famille traditionnelle. » Qui l’a réveillé, lui ?

     Au reste, Il Papa peut se rendormir : c’est que les forces conservatrices et les tenants de la rancitude savent pouvoir compter sur de solides relais, y compris médiatiques. Exemple, Natacha Polony. Chroniqueuse chez Ruquier, accessoirement salariée d’une téloche de service public, la Zemmour fortement chromosomée en XY se laissa aller l’autre soir à livrer sa vision personnelle du mariage, toute en originalité : « le mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme, en vue de se reproduire, c’est comme ça, il se trouve que la nature fait que c’est comme ça. » Eh bien… Exit donc les couples qui ne peuvent ou ne veulent pas avoir d’enfant, les mariages entre retraités, entre, ou avec un handicapé,… Et bonjour l’argument de poids, l’éternel « c’est comme ça »… Pour faire bonne mesure, cette hallucinée — qui par ailleurs cachetonne, on s’en serait douté, au Figaro ainsi qu’à Europe 1— n’assume guère ses propos anthroporétrogrades, et met le tout sur le compte de cette pauvre Nature, laquelle n’a rien demandé. Pour pousser plus loin l’exploration de cette « nature » qui semble la combler, on recommandera à Polony de fouiller plus avant le sujet de la sexualité animale. Elle découvrira comment, en nos jardins comme en nos jungles, les bêtes s’enculent, se sucent, sont pluri-partenaires et régulièrement bisexuelles, comment ça nique en la fratrie, bref, combien il serait urgent, pour les opposants au mariage Gay, de se trouver d’autres arguments que celui de « c’est la Nature. » Parce que la nature, les enfants, n’est qu’une gigantesque partouze aux côtés de laquelle l’union de deux personnes de même sexe passerait pour un repas de communion, un dimanche, à Grès-les-Vesoul.

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 20:53

 

25.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je? Stains, Evry, Créteil, Saint-Priest, Lyon, Lille, Saint-Denis… Liste non exhaustive des campements Roms démantelés tandis qu’on bronzouillait tête dans le sable, comme des cons. Au total, en quelques semaines, c’est plus de 3000 personnes qui ont été expulsées de France ou jetées à la rue, à grand renfort de bulldozers explosant les cabanes. Pendant Paris-Plage, Paris rase.

     A ce propos, vous avez remarqué ce léger glissement sémantique ? Alors que, sous Sarko, on parlait de « camps de Roms », sous la socialiste présidence il n’est désormais plus question, dans les médias, que de « bidonvilles. » Ce qui, bien entendu, justifie la valse des grues et autres engins de chantier. On ne détruit plus : on  « démantèle. » A quelques jours de la rentrée des crasses c’est autant de gamins, gamines, privés non de gomme et crayon, mais d’école, et de maison.

     Rentrée, tiens: rien à dire. Chaque année l’autruche la ramène sur cette litanie de mômes promis au hachoir des bahuts et autres écoles dites, à juste titre, « primaires », purgatoires ouvrant sur l’enfer d’un soi-disant monde du travail où, en réalité, il n’y a plus ni travail, ni plus beaucoup de monde. Un exemple, pour la route ? À Clichy-sous-Bois, Seine Saint-Denis, ville enclavée s’il en est une, un maire adjoint admet que « beaucoup de lycéens choisissent leurs orientations en fonction des lignes de bus. » De Clichy-sous-Bois, Seine Saint-Denis, sont parties les émeutes de 2005. Avait alors été pointé cette carence de transports, on allait y remédier, promis. 7 ans après les mômes lisent le plan Ratp avant de choisir l’endroit où ils vont aller perdre leur temps.

      Mais les patrons, les profs, les flics et vos parents ne cesseront de vous le rabâcher : il y a des pauvres heureux. Voyez un peu ceux qui ont l’immense privilège de pouvoir se loger dans d’improbables cloaques privés d’eau, d’électricité, cependant loués à des prix tout à fait improbables ! Certes, la vie n’y est guère souriante mais, hein, on ne dort pas dehors !

     Dehors, ça ne brûle pas. Dedans ça a brûlé, une fois de plus, ce week-end à Saint-Denis, deux morts se rajoutant à un bilan morbide de pas moins de trente décès en dix ans pour faute d’incendie, sur cette seule commune. Des morts ? Pour l’administration, des ombres, des sans-papiers, des sans-revenus, des qui se cachaient, des pas vivants puisque des pas dans les fichiers. « On ne peut accepter que des familles vivent dans des conditions aussi périlleuses pour leur vie », a chouiné Cécile Duflot, ministre du logement. Tu peux pas accepter? Bah alors, réquisitionne !

     Oui, mais ce serait prendre le risque de se mettre à dos les proprios, petits et gros, ce qui, en ces temps de chute dans les sondages, est inenvisageable. Au plus bas, le Culbuto, que la France a élu pour juste virer l’Agité. Notez : il n’est jamais monté très haut. Cependant l’opération « moi-même, président, j’ai changé » (ça vous rappelle rien ?) est bel et bien lancée. A la base, 45 minutes sur TF one, dans le plus pur style « ça va chier ». Hollande, à la manœuvre, est revenu sur l’essentiel de ses promesses de campagne, sans trembler du sourcil. Faucultiste en diable, le bonhomme, c’est-à-dire socialiste, le voilà qui présente la douloureuse. De 2012 à 2014, c’est « l’agenda du redressement », entendez la rigueur, avec hausses d’impôts pour tous, mais il vrai que « les ménages les plus modestes seront épargnés. » Reste à savoir ce que, pour ce bourgeois pédonculé, signifie l’expression « ménages les plus modestes ». Ceux qui touchent moins de cinq euros par trimestre ? Le véritable gag restait pourtant à venir, quand Hollande, tout fiérot, affirma qu’ «à partir de 2014, nous ferons tout pour construire une société plus humaine. » D’abord les coups, puis les pansements. Mais depuis quand, je vous le demande, depuis quand entre-t-il dans les attributions du Président de la République de fixer la date de la prochaine révolution? Petit prétentieux, va, qu’on lui donne de la brioche…

     Vous me direz : à chercher quel socialo ne serait pas en train, en ce moment, de perdre ses boulons et ses clous, on perdrait un temps de taré. Loin de moi l’idée selon laquelle l’ivresse du pouvoir leur serait monté à la tête, non non, c’est juste qu’ils ont tous, très nettement, basculé dans la 28e dimension. Un exemple ? Samia Ghali. Sénatrice Ps de Marseille, cette dame a réclamé l’intervention de l’armée pour lutter contre la délinquance dans la cité phocéenne. En rajoutant une couche, elle a ensuite proposé une aide financière pour les citoyens équipant leur habitation d’un système de vidéosurveillance. Filmez votre chien ou vos chiottes, et recevez un chèque du Trésor Public. Elle pas plus belle, la vie, en direct de la Canebière ?

     Moins belle qu’en Belgique il faut croire, royaume où compte bien s’exiler le sieur Bernard Arnault, ci-devant première fortune de France. Rien à voir, bien évidemment, avec les avantages fiscaux liés à la belgitude. Non, si B.A. rêve de s’installer quelque part dans un coin reculé des Flandres, c’est pour le climat. Et les dunes. N’empêche, j’en voudrais longtemps à Arnault, non du fait de son manque de « patriotisme économique » (concept abscons, comme ça s’écrit), mais pour m’avoir fait apprécier, une fois n’est pas coutume, la Une de Libération. Ce « casse-toi, riche con », aurait été digne de figurer à la première page de Siné Mensuel, voir du Monde Libertaire. Mais c’est Libé qui a eu l’idée. Merde alors ! Et ça marche, la preuve : Arnault, le « Belge de circonstance » comme l’appelle Mélenchon, a porté plainte contre Libé. Numéro collector, donc…

     « Alors qu’est-ce que vous dites aux gens, est-ce que vous… Vous savez, les gens se demandent… » Ainsi parlait Dirty Harry, le lamentable Eastwood, lors de la convention républicaine aux States. Ridicule jusqu’à la lie, le gaga se voulait gagman, s’adressant à une chaise vide sur laquelle, dans son esprit cuit, se trouverait assis Obama. « Alors j’ai pensé que, peut-être, comme excuse… vous êtes fou, vous êtes… » Puis, rien. 5000 délégués gênés, et une retransmission en direct live à la télé, bravo Clint, joli soutien !

     De l’autre côté du cerveau, sur la face intelligence, nous croisons Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature, auteure autrichienne détestée dans son pays de naissance du fait de sa propension à soulever les tapis de l’Histoire et à secouer la poussière nazie. Ecoutons ce qu’elle dit des Pussy Riot. « Si ces Pussy Riot devaient être réellement enfermées, alors c’est la Russie toute entière qui s’enferme. Alors, la piste de danse, où qu’elle se trouve, est fermée. Alors, commence une autre danse. » Funèbre.


                                                                                                  Frédo Ladrisse.         

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 18:25

 

pussy-riot-convicted.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’est fou comme les étés se suivent et se ressemblent… Me baladant tranquille dans un Saint-Imier noir d’anars (là-dessus, nous reviendrons), j’avisais la Une de Libé : « Roms, le devoir de la France », annonçait-elle en gras. Suivait un blablabla signé Duflot, sans conséquence. Plus intéressant fut, à quelques jours de distance, l’interview de Valls sur France Info, qui lui permit de défendre en ce domaine une politique présentée comme n’ayant « rien à voir avec celle menée par Nicolas Sarkozy ». Ah donc ? Cet été, les bulldozers ont pourtant mené la danse, à Paris, Lyon, Lille et ailleurs, le démantèlement des campements suivi d’expulsions de masse a continué, sur un beau rythme. Et le « problème Rom » d’occuper une large place dans les medias, de gauche comme de droite. Dans Le Parisien c’est « une note qui confirme l’explosion de la délinquance roumaine », agrémentée des éternels témoignages de « riverains excédés » aux abords du campement de Sucy, dans le registre « ils font leurs besoins devant mon établissement, je suis au bord du dépôt de bilan… » Bin ouvre-leurs tes chiottes, ducon! Non non, rien n’a changé, tout, tout a continué, et le tube de cet été-ci fut le même que celui de l’été passé, et de celui d’avant. A cette nuance près qu’en matière de sécurité, Amiens a remplacé Grenoble.

      Là encore, Valls s’est illustré. Dans la défense des forces de l’ordre, cela va de soi, la défense de ces bisounours de flics attaqués, selon lui, « à la chevrotine, au mortier, au cocktail Molotov » Ouais, même que les gamins bombardaient les commissariats aux commandes de leurs Mirage F1. Que deux jeunes se prennent respectivement huit et dix mois de sursis pour avoir allumé un simple feu de poubelle, ne saurait émouvoir le chancre, pardon, chantre de la « fermeté ». Une fermeté bien entendue pensée à sens unique, et qui permet aux hommes en bleu de charger à la lacrymo un cortège funèbre avec femmes enfants et vieillards, tel que ça s’est produit à Amiens. Deux nuits d’émeutes s’ensuivirent. Etonnant, non ?

     Dans un autre registre mais toujours très Vallsien, on avait annoncé au début des vacances et en grande pompe la fin des mises en rétention de mineurs étrangers. Quelques semaines plus tard, un bébé mourait dans un centre, dans les bras de sa mère, faute de soins. Ah oui mais c’était à Mayotte, qu’on nous expliquait doctement, or, l’île n’est pas concernée par la nouvelle mesure. Et pourquoi ? Parce que c’est comme ça. Parce que c’est à Mayotte, proche voisine des Comores, que le ministère des expulsions atteint ses meilleurs scores. Faut bien faire du chiffre hein… Il faut qu’un nourrisson décède en rétention pour qu’on apprenne quelle « exception » frappe l’île. Affligeant.

     Vous me direz : si en France c’est pas terrible, reste que c’est pas mieux ailleurs. Je reconnais là votre sens inné de la géopolitique de combat. Mais il n’est pas faux d’affirmer que parfois, ailleurs, c’est même pire. Voyez, tiens, en Russie, ces pauvres Pussy Riot. Trois membres de ce groupe (désormais mondialement célèbre du fait de sa « prière punk anti-poutine », entonnée dans une cathédrale orthodoxe), viennent de se voir, pour cette raison, condamnés à deux ans de prison, ou, plus exactement, de camp de travail. Motif de la condamnation : « vandalisme motivé par la haine religieuse ». Et lorsqu’on leur a conseillé de poser un recours en grâce auprès de Poutine lui-même, la réponse des jeunes femmes fut nette : « qu’ils aillent au diable avec leur grâce. » N’empêche qu’elles vont en baver, pour une pure provo d’à peine quelques minutes, et que sa race Poutine n’est pas homme à plier devant les suppliques d’un Sting ou d’une Madonna. Le large mouvement de soutien international dont pour l’heure bénéficie les Pussy finira bien par s’épuiser, semble penser le Kremlin, et elles retomberont dans l’oubli de leur sibérienne prison. Le pire étant qu’on ne saurait lui donner à priori tort.

     Un autre pays, tant qu’on y est, où c’est pas terrible non plus ? L’ Afrique du sud, alors. Là-bas, on tire à bout portant sur les mineurs en grève, désarmés. Bilan de la tuerie du 16 août : 34 morts. Maintenant que les funérailles sont passées, le groupe minier Lonmin se dit « plutôt optimiste quant à une reprise rapide du travail. » Optimistes crapules !

     Fort heureusement, il y a la Suisse, Saint-Imier, petit bourg du Jura qui vit débouler courant août près de 3000 participants aux Rencontres Internationales de l’Anarchisme. L’autruche y était, s’est régalée, gavée de débats, de discussions à n’en plus finir, d’échanges fructueux ou non, de concerts torrides ou non (spécial dédicace aux Rural Petzouilles, rock agricole), de lectures, de vaches à grelot et de bière. Un beau moment vraiment, ça parlait japonais, allemand, italien, espagnol, ouzbek, moldave,… Surtout, et contrairement à ce qui se produit lorsque ce genre d’événements se déroulent en France, nous fûmes accueilli par la population locale avec gentillesse et calme, puisqu’en ces terres libertaires l’anarchie n’effraie pas le chaland, fait, comme qui dirait, partie du paysage. Du coup zéro flics, zéro casse et zéro problèmes. Merci aux Imériens-mériennes !


                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 18:40

1661028_highres-00000403146004-copie.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Thierry Peugeot serait comme en dépression post-industrialo traumatique, tancé par Hollande lui-même et Montebourg-moi-le-mou, le voilà, l’automobileur, qui se rebelle : « il y a des limites à la critique », chiale le représentant d’une des premières fortunes de France. « Il y a des mots que je n’ai pas aimé, comme mensonge, dissimulation », continue-t-il, sanglotant. Puis, ce fils de chien de sa race de Peugeot d’héritier consanguin, de couiner : « nous avons des valeurs d’humanisme et de respect. »  Respect de l’actionnaire, oui !

     Humanisme, qu’ils disent. Ecoutons la leçon de Manuel Valls-à-mille-temps, ci-devant et par derrière ministre de l’intérieur : « la concentration dans certains campements roms nous obligent à prendre des décisions de démantèlement », dit l’humaniste au petit pied bot. « Je ne dis pas que ça règle le problème », avoue-t-il, j’m’enfoutiste en diable. Déjà, l’expulsion du campement de l’Arbois, dans la région d’Aix-en-Provence, prouve assez la volonté de Valls de perpétuer la politique de son prédécesseur, le néfaste Guéant. D’autres expulsions sont d’hors et déjà programmées, auront lieu, hasard, cet été : à croire qu’une coutume est en train de s’instaurer, en France. Valls, encore lui : « nous sommes face, par exemple en Seine Saint-Denis, à une situation de confrontation entre les populations des quartiers populaires et les populations dites roms. » Où a-t-il vu jouer ça, lui? C’est, proprement, très dégueulasse ce genre de propos ne reposant sur rien, par ailleurs largement démentis par les faits. En Seine Saint-Denis, territoire où la pauvreté scelle de belles solidarités, multitudes d’associations, parfois locales ou de quartier, œuvrent chaque jour à l’entente entre communautés, et « les populations dites roms », n’en déplaise à Valls de Vienne, sont bien entendues les bienvenues !

     Que pense Valls des prisons et autres lieux d’incarcérations ?  Mon petit doigt pervers me dit qu’il doit, à ce sujet comme d’autres, partager les avis d’Hortefeux-de-camp, youkaïdi. N’empêche : la semaine passée eut lieu, derrière les hauts murs, le 43e suicide d’un détenu, rien que pour l’année 2012. Soit un suicide tous les trois jours, soit un taux 10 fois supérieur à celui constaté en milieu libre. C’était notre rubrique : la Pénitentiaire est heureuse de vous accueillir pour vos vacances.

     Vous me direz : pourquoi déprimer alors que c’est les J.O., l’autruche ! La fête, la fraternité, et les médailles en Nutella. C’est aussi 40 000 connards en uniforme mobilisés pour la sécurité, à Londres, dont 17 000 militaires. C’est une ville en état de siège, batteries aériennes trônant sur les toits des immeubles, chasseurs de la R.A.F. en alerte permanente, hélicoptères omniprésents, la City sous contrôle total et de larges artères londoniennes, rebaptisées « voies olympiques », interdites aux badauds. C’est aussi la famille Mittal, fossoyeurs de l’aciérie, de Florange à Glasgow, qui portent la flamme olympique en plein quartier huppé de Londres, ultime pied de nez à une classe ouvrière dévastée par ces milliardaires dont le C.I.O., par ailleurs, ne saurait se passer. C’est la main mise totalitaire des sponsors officiels, de Mac Donald (interdiction totale de consommer d’autres produits que leurs frites à vomir), Heineken (même chose), ou encore la carte Visa. En conclusion : un vrai cauchemar. Et je me souviens de ma joie lorsque Paris s’est fait grillé par Londres, malgré la promesse faite de « suspendre le droit de grève » durant toute la durée des jeux, et malgré la volonté d’un Delanoë de « transformer profondément la capitale ». Finalement, la peste est à Londres. Ce n’est pas tellement mieux.

     Entre autres avantages, l’idéal olympique permet aux Etats et aux autres industries du contrôle de tester, tous les quatre ans, leurs nouveaux matériels. Ainsi, selon un rapport officieux de l’armée américaine, l’occasion est trop belle d’essayer une nouvelle génération de drones, de ceux qui, « d’ici 5 à 10 ans, voleront au-dessus de nos têtes ». Ils devraient être environ 30 000… Souci de taille, cependant : des chercheurs universitaires, équipé d’un matériel de base ayant coûté moins de mille dollars, sont parvenus à prendre le contrôle d’un de ces drones. Conclusion : « chacun d’eux pourrait se transformer en missile utilisé contre nous. » Les mêmes chercheurs assurent qu’au vu des développements de l’informatique embarquée, et selon le principe qui veut que « tout ce qui est connecté peut être hacké », il ne sera bientôt plus nécessaire d’entrer dans le cockpit pour détourner un avion de ligne. Bon voyage dans le futur…

     Mais d’aucuns n’ont pas besoin d’attendre les olympiades pour biznesser à mort, c’est le cas de le dire, et vendre leurs technologies de contrôle des populations. Ainsi Qosmos. Cette société bien française, contrairement à ce que semble indiquer son nom, n’a pas la tête dans les nuages mais les pieds bien sur terre : cela fait des années qu’elle vend à Bachar-el-Hassad du matos de surveillance électronique, sans se soucier de ses utilisations ultérieures. Que l’usage de leurs gadgets ait conduit à l’arrestation, puis à la torture et, éventuellement à la mort de centaines d’opposants ne semble guère troubler les maîtres de Qosmos. Merde alors, faut bien vivre !

     C’est, à coups sûrs, ce que se disent également les patrons des entreprises publiques, dont les salaires viennent d’être plafonnés à 450 000 euros annuels. Soit 37 500 euros mensuels. Soit 9375 euros par semaine. Soit 1900 euros par jour. Comment tu t’en sors, avec ça ?


                                                                                                     Frédo Ladrisse.

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 19:03

Marcha NegraTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Un régiment de marsouins défilait, hier matin, en tête des troupes s’il-vous-plaît ! Flipper le dauphin, en opération extérieure, n’était pas disponible. Il était cependant naturel d’honorer l’infanterie de marine, puisqu’on nous informe qu’elle prend une part active au toujours « rouge renforcé » plan vichypirate. Et que ça se ballade sur les boulevards, Famas en bandoulière, à mater la chalande… Bande de planqués !

     Mais badinerie que tout ceci, et ce n’est pas de débuter léger qui nous fera faire l’économie d’un passage par le lourd, le pesant de la semaine, je veux bien entendu parler de la fermeture d’Aulnay. Des 8000 emplois, au bas mot, promis à extinction ; des fourberies de Psa qui gardait bien au chaud dans sa culotte ce plan préparé de longue date, on aura finalement guère plus entendu parlé que de « coût du travail », balance du commerce extérieur et autre manque de compétitivité gnagnagna. « Inacceptable » pour Montebourg-moi-le-mou, « inacceptable en l’état » pour Hollande (notez la nuance, la reculade), il ferait beau voir que ce plan, qui n’a de social que le nom, outre qu’il promette à la casse et sans prime 8000 « ouvriers-qui-coûtent-cher », serve de prétexte à de nouveaux cadeaux concédés aux patrons sous forme de baisse, ou d’exonération de charges liées à l’emploi. Faut-il le répéter ? Il faut : non le travail n’est pas un coût, il ne coûte pas, mais rapporte. Et nous savons à qui. A Varin par exemple, actuel président de Psa, Varin-ce-doigts qui pleure : « personne ne sera laissé au bord de la route. » Mais poussé dans le fossé ? Et ce purin, bien entendu, c’est la faute à la crise, laquelle en vérité se présente comme une excellente séquence pour les maîtres du monde, bien décidés à profiter de l’occasion pour faire avaler leurs réformes et autres « restructurations », qu’elles soient d’ordre économique, politique, social ou même moral.

     Le ministre Ayrault-malgré-lui, se sait, sur le dossier d’Aulnay, attendu au tournant. Ça tombe mal car, de ce tournant, il a dit lors de son discours de politique générale qu’il n’en voulait pas. « On nous prédit bientôt un tournant vers la rigueur. Eh bien moi je dis non, non et non au tournant ! » La route est droite, la pente est raide, et le touriste est fatigué ? Au reste, Ayrault-tative n’a pas tort : il n’y aura pas de tournant, la rigueur, on va droit dedans.

     Aussi, dans le cas d’Aulnay et dans d’autres (puisqu’on nous promet une pluie de « plans sociaux » pour la rentrée), nous serions bien inspirés de prendre exemple sur les camarades espagnols, notamment les mineurs, en grève depuis fin mai et qui, de marches en marches, de blocages en blocages (routes, voies ferrées, usines,…), d’affrontements avec les flics en indéfectibles soutiens de la population, appellent ni plus ni moins au soulèvement des travailleurs face aux profiteurs de tout poil et aux politiques, leurs obligés. Adeptes des méthodes radicales et n’ayant rien à perdre, les mineurs espagnols sont en train de secouer, pour mieux le réveiller, le peuple sonné tel un boxeur par les multiples plans de rigueur dont la danse est organisée par le gouvernement, à une insoutenable cadence. Les mineurs réussiront-ils ? Ce serait un bel exemple, et gageons que, de par chez nous, Cgt, Cfdt et autres belles centrales endormies ne le souhaitent pas vraiment. A vrai dire : pas du tout. C’est qu’il ne faudrait pas, voyez-vous, donner trop de grandes idées aux gars de Psa, par extension à tous les autres. De par chez nous les syndicats ont pour feuille de route de tenir les troupes. Ils s’y sont engagés, en échange d’une chouette réunion au titre ronflant de « conférence sociale »  — y’avait même du jus de pruneau.

     C’est que la France n’est pas l’Espagne, ça non monsieur ! En France, on a François Hollande, qu’on a élu le doigt sur la couture du futal, et qui va nous sauver du marasme, oui monsieur : c’est dans son programme.

     En France, on a aussi Audrey Pulvar, Montebourg-la-reine pour les intimes, journaliste de faction qui, en tant que représentante d’une minorité bien visible (les bourgeois de centre-gauche nichant généralement rive droite), vient de se dégoter un poste à la rédaction des Inrock’. L’hebdomadaire prouve ainsi, si besoin en était, qu’il a définitivement basculé dans le camp du grand portenawak, et du filoutage culturel. Quittant le service public, à qui elle doit tout, Pulvar rejoint donc la joyeuse troupe boboïde des inutiles. Au moins, chez ces gens-là, et comme le scande une pub pour forfait mobile spécial djeuns, pourra-t-elle « s’éclater à rendre le monde plus cool ».

     Un petit stage chez les mineurs des Asturies, Audrey ?


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 21:13

images-copie-28.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Après avoir fêté comme il se doit la défaite des Morano,  Lefèvbre, Guéant, Royal et autres Lang (sans bien sûr oublier Le Pen), après avoir soufflé grandement de soulagement lorsque le rideau est tombé sur la dernière séance de ce cinoche électoral, il a bien fallu constater que, branlée ou pas, rien ne semble devoir dissuader le personnel politique en matière d’enfilage de perles. Ainsi, Ségolène, battue (un épiphénomène qui nous fut présenté comme un psychodrame mondial), s’empressa de nous informer qu’elle n’était « pas totalement assassinée. » En sa qualité de présidente d’une région à thunes, on s’en serait un peu douté. Morano, elle, mettait sa déculottée sur le compte de l’humoriste Dahan, l’ayant piégé comme une gamine en se faisant passer pour le numéro 2 du Front. Un soi-disant numéro 2 auquel Morano future avoua au téléphone « ne pas avoir envie de voir la France devenir le Liban », et trouver que « Marine Le Pen a beaucoup de talent. » Tout est dit, pensez-vous ? Nenni. C’est que la quincaillère de Nancy veille à surprendre son public. Aussi, il y a quelques jours, en rajouta-t-elle une couche, cette fois à la radio : « on me traite de raciste, alors que j’ai des amis Arabes, que ma meilleure amie est Tchadienne, c’est-à-dire encore plus noire que les Arabes ! » Et même qu’en 43 j’avais des voisins juifs, alors !

     En avait-il, Thierry Roland ? Son hagiographe ne le dit pas mais nous sommes en revanche certains qu’avec sa mort le racisme, le machisme et le chauvinisme perdent leur meilleur supporter —et le Front National, une voix. Florilège, tout en légèreté ? « Il n’y a vraiment rien qui ressemble plus à un Coréen qu’un autre Coréen, d’autant qu’ils mesurent tous 1m70. » Finesse aussi, ceci : « un Bulgare sera toujours plus con qu’un Israélien », ou encore : « on sait bien que tous les Roumains sont des voleurs de poules », thème qui, comme on le verra plus bas, se retrouva cette année dans les sujets du bac techno. Bon, Thierry Roland est canné, ne tirons pas sur le corbillard, visons plutôt l’ambulance bleue : tout à été à peu près dit de ces petits cons millionnaires faisant semblant de pousser le ballon, un œil sur leurs texto. Analphabètes, méchants, suffisants, vaniteux ? Evidemment. Mais aussi : égotistes, personnels, incapables de jouer collectif. Dès lors il n’est pas étonnant de voir l’Espagne les sécher sans forcer plus que ça son talent, tant le groupe et la passe constitue la quintessence même d’un football solidaire, dont le Barça est, à l’heure actuelle, le meilleur des représentants. Je vous fatigue de foot ? Ok, je lâche. Qu’il me soit cependant permis de vous conseiller fortement la lecture de « éloge de la passe », ouvrage collectif initié par le camarade Wally Rosell (1). A la lecture de cet opus, petite philosophie poussant loin le ballon rond, vous verrez vos à priori antifoot fondre progressivement, et se dessiner l’hypothèse d’un jeu de ballon libertaire, tout à fait réjouissante.

     Tandis qu’en Ukraine, pseudo démocratie à l’humeur fascisante, les Teutons s’apprêtent à gagner, à coup de torse bombé, la finale, le racisme Morano-Thierryrolandesque s’insinue de par chez nous jusque dans les épreuves du bac. Sujet : « présentez les formalités à accomplir par le maroquinier qui souhaite protéger sa marque contre des contrefacteurs opérant en Roumanie. » Le maroquinier en question ne souhaiterait donc pas se protéger contre des contrefaçons produites en Italie, en Chine, au Swaziland ? Certes oui, mais voilà, c’est une chose entendue : le contrefacteur est Roumain, comme le voleur de poules.

     Pour finir, un simple chiffre, tombé cette semaine dans l’indifférence générale, tant la déroute des Bleus et l’humeur de Ségolène Royal monopolisaient les antennes. 264. C’est le nombre de personnes mortes dans les rues de France, depuis janvier. 264. Soit l’équivalent d’un petit village, tous les six mois, lequel n’eut pas l’heur de connaître le bonheur de la passe.

                                                                                                Frédo Ladrisse.

(1) « Eloge de la passe », ouvrage collectif coordonné par Wally Rosell, éditions libertaires, 2012.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 20:57

 

 

Tirant têtetu.jpge hors du trou, qu’entends-je ? La « revanche du p’tit chauve », comme disait non sans joliesse ce suceur de Bic de Franz-Olivier Giesbert en parlant de l’élection de Hollande, cette revanche, nulle doute qu’elle est cette fois sur les rails. Reste à savoir de qui le petit chauve se venge : il pourrait s’agir d’Aubry, du Parti Socialiste, de certains de ses « camarades ». Il ne pourrait, par contre, s’agir de la bourse ou du patronat lesquels, rassurés par le mol retour  de la social-démocratie, ressortent de sous le tapis les plans sociaux planqués un temps dans l’espoir d’une réélection de leur champion toute catégorie, j’ai nommé Sarko-le-Marocain. Ça a foiré, pas grave, on retourne au turbin, on dégraisse : à Air France, les «  départs naturels (sic) et volontaires » se solderont par la suppression de rien moins que 5000 postes : en concurrence directe avec ArcelorMittal, qui vient de prolonger de six mois l’arrêt des hauts fourneaux de Florange. Depuis le temps que les copains se battent là-bas et répètent que jamais on les rallumera… Quoi encore ? Ah, Technicolor, fabriquant de matériel vidéo, en redressement judiciaire, Pétroplus, raffinerie ayant vu passer tout ce que le pays comptait de candidats aux présidentielles, à l’époque des folles promesses : elle est à l’arrêt aujourd’hui, et Arnaud Montebourg, ministre du redressement-de-ce-qui-s’affaisse avoue que le plan de sauvetage par ses soins agencé a « vingt pour cent de chances de réussir ». Encourageant… Tout cela, c’est sans compter le volailleur Doux, grand massacreur de poules, de dindons et d’emplois, dont la faillite menace 4000 salariés. Une paille… Tout continue donc de rouler comme naguère au pays du « président normal ». Les prolos vont s’en prendre plein les gencives, tandis que le patronat, lui, n’en finira plus d’engraisser. C’est que, selon Parisot, « le désendettement du pays ne doit pas se faire sur le dos des entreprises », mais sur le nôtre, cela va de soi. Et quand elle annonce, sans le prouver, que « la dégradation de l’économie française s’accélère », ce n’est pas aux victimes des plans sociaux qu’elle songe, mais bien au rétrécissement des marges colossales concédées aux entrepreneurs, aux profits générés par la grâce du CAC40.

     Face à la suffisance et à la morgue de ces bouffeurs de vies, face à l’appétit capital de cet ogre jamais rassasié, quelle solution proposent nos nouveaux maîtres et seigneurs? Des coups de mentons sans gravité, des déclarations non suivies de décisions d’importance, rien pour stopper l’hémorragie, rien pour briser leur faconde et enfin les toucher au cœur, c’est-à-dire au porte-monnaie. Ça noie le poisson, comme d’habitude, ça attend de laisser passer la nouvelle salve d’élections avant d’annoncer que, finalement, ça renonce et recule, sur tous les fronts. Ça endort comme ça peut le peuple à grand renfort d’annonces ultra médiatisées mais toutes situées sur le plan des mœurs, mariage des homosexuels, dépénalisation éventuelle du cannabis, et autres écrans de patchouli. Ça pense que ça évitera ainsi de parler de l’essentiel, d’aborder les sujets qui risqueraient de fâcher la finance mondiale. Alors, les Grands Enjeux du moment sont et doivent rester : l’école, le samedi matin ou pas ? Pour ou contre le port du jeans lors du conseil des ministres ? Et mes fesses, tu les trouves belles, mes fesses ? Nulle doute que cette carabistouille fera sauce gribiche à nous faire avaler nawak, et quand nous serons bien habitués à ne pas voir la vie changer les mols socialos recommenceront à nous la mettre mais avec, cette fois, une vaseline qui sent la rose.

     Pendant ce temps certains Ump passent alliance, sans vergogne, avec le Front National. Il s’agit d’être réélu, quitte à vendre son cul. D’autres, tel le maire de Nice, n’ont pas encore osé franchir le Rubicon — comme son nom l’indique. Ils n’en multiplient pas moins les signaux clairs, nets et glaireux, en direction de l’électorat nazioïde : après avoir, sur le territoire de sa commune, « réglementé les activités des artistes de rue », après avoir purement et tout bonnement « interdit la consommation d’alcool sur les plages, dans les rues et les parcs du centre-ville », Estrosi vient de pondre un arrêté municipal contre les mariages dits bruyants, lesquels devront désormais « se dérouler sans cris ni sifflets, ni drapeaux étrangers ni groupe de musique folklorique non autorisé. » Re-sic. Outre qu’on ignorait qu’un drapeau puisse être bruyant, on devine assez facilement, à la lecture de l’arrêté, quelles communautés y sont expressément visées. Là aussi, la réponse apportée par le nouveau pouvoir à cet ostracisme local parfaitement assumé est un silence, assourdissant et tout à fait « bruyant ».

     Après avoir souillé de sa nauséeuse lascivité les palaces new yorkais et le Carlton de Lille, Strauss-Kahn viendra-t-il, sans sifflets ni trompettes, promener sa masse graisseuse sur la promenade des Anglais ? Peu de chances, l’empafé se terre. Il se terre depuis qu’il osa, le 6 mai dernier, réclamer par voie d’avocat à Melle Diallo, la victime avérée de sa couillopathologie, la somme pour lui modique d’un million de dollars, sans rire. Ceci en raison de ses « fausses déclarations, et pour avoir porté atteinte à sa réputation dans le monde, et lui ayant fait perdre d’autres opportunités professionnelles. » Arrêtons-nous un temps sur ce vocable, le voulez-vous ? « Opportunités ». A supposer que ce grand malade évoque là sa possible élection aux présidentielles, le mot est alors, avouons-le, parfaitement choisi : il ne s’agissait jamais, pour lui, que d’une « opportunité », à la hauteur de celle se présentant au VRP de Monsieur Meuble se voyant proposer un poste de directeur régional. Finalement, l’élection, c’est cela et rien d’autre. Une opportunité.

     Celui qui l’a saisie comme par défaut et roule désormais à tombeau ouvert entre Paris et Cabourg, Caen, Bruxelles, Vesoul, Montargis,… ne nous dit rien de ce qu’il pense de la situation pré-insurrectionnelle régnant désormais au Québec. On le comprend. Hollande, c’est le tonton rigolo qui, au repas de Noël, ne veut surtout fâcher personne, et dès lors s’échine à sourire à tout le monde, trinquons cousins, hop hop! Le désintérêt qu’il affiche envers la Belle Province et le manque de courage qui s’ensuit lui sont largement reprochés du côté de Montréal. C’est que là-bas, non contente de braver chaque soir les flics et les lois d’exception, la population lutte pour que l’éducation ne soit pas transformée en simple marchandise. C’est pas assez « hollandais », ça ? Le mouvement dure depuis quatre mois, et les arrestations se comptent par centaines. Cependant, il ne faiblit pas et finira, n’en doutons pas, par avoir la peau du premier ministre Jean Charest, un ultralibéral de la pire engeance qui soit. Les pressions, diverses et variées (convocations des leaders, menaces, emprisonnements,…), s’accentuent à l’approche de la saison touristique et du grand prix de formule 1, évènement d’envergure mondiale, que comptent bien perturber les étudiants en lutte. Charest a, pour sa part, déclaré que « lorsqu’on s’attaque au Grand Prix, on s’attaque non au gouvernement du Québec, mais à tous les Québécois. » Rien que ça…

     Pareil silence émane de Hollande et de ses copains lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation en Syrie. Certes, on s’étrangle sous les ors, on tousse sous les tentures, à chaque nouveau massacre on condamne, on s’insurge : on râle. Puis Poutine est reçu à Paris, réaffirme son soutien à son pote El Hassad, gueule un coup à l’oreille du président normal, dès lors la messe est dite et la France, ce petit pays sans allure, ferme sa gueule. Définitivement. Pas question de vexer « l’ami russe », lequel ne s’est pas gêné, en son temps, pour broyer sous les bombes la Tchétchénie rebelle, sans que l’ONU, là non plus, n’y trouve à  redire. Il suffit donc que Poutine soutienne le régime syrien pour que le conseil de sécurité en devienne, du coup, muet, et la France pareillement. Décidemment, la seule solidarité internationale qui fonctionne dans ce monde taré est celle qui uni entre elles les dictatures.

     Et l’Espagne, mon bon François ? Tu sais, ce domino d’après la Grèce et d’avant le Portugal, d’avant l’Italie puis la France (il va nous falloir patienter quelques mois encore les enfants avant de succomber, à notre tour, sous les coups de butoir des banques), oui l’Espagne, t’en penses quoi, François ? Rien, encore ? Pas étonnant, tiens… C’est que c’est loin, l’Espagne, n’est-ce pas ? Pas tant que ça, François, tu verras.


                                                                                                   Frédo Ladrisse.             

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 22:32

images-copie-18.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Au feu, les pompiers, la maison qui brûle du cul… 11 mises en examen dans le cadre de viols collectifs présentés comme autant de bizutages classiques, et le corps (sic) d’élite (re-sic) des gymnastes sapeurs dissout, d’un coup de pompe magique. Avant que ça ne se dissolve, ça a dû s’en taper de la vieille bloquée par les flammes, ça a dû en sortir de grandioses échelles du slip bleu blanc beurk! Ne jamais oublier : les pompiers de Paris sont avant tout des militaires. Autrement dit, des brutes. Selon le commandant Glin, chef des pimpons morts de faim, « cette affaire éclabousse toute la brigade. » On ne saurait mieux dire.

     Dans le registre de la franche camaraderie sodomite, qu’il nous soit permis de citer cet autre chef d’œuvre de l’esprit, « l’association des amis de Nicolas Sarkozy. » Créée de fraîche date par Brice Hortefeux-nouille, elle a pour objectif de maintenir haut l’oriflamme du Sarkozystan-pour-mille-ans — lequel, finalement, en acheva péniblement cinq. « Ce n’est pas une démarche politique, c’est une démarche affective », nous assure Hortefeux-follet. Parce que ce qu’il lui faut, à Sarko, parce que ce qui désormais lui sied, c’est des poutous. Tout plein. Et venus de partout.

     Est-il bisouté assez, en les terres marocaines où il s’est réfugié avec force mallettes tel un brigand mondain? On ne sait. Le nain freaks, oint d’onguents bas de gamme, cavalcaderait à coups-sûrs si il savait monter — mais lui ne sait que descendre —, traverserait ses terres sans brider trop avant son pur-sang pékinois. Au lieu de ça, regardons-le jogger comme un branque le long du mur d’enceinte de sa nouvelle propriété, de ce palais, cadeau d’un émirati inspiré lequel crût jusqu’au bout en la victoire de son rachitique poulain. Il se murmure, au Maroc, que ce cadeau fut fait à l’occasion de la naissance de la petite Giuila. Donc, durant le quinquennat de pôpa. Ce sera peut-être un jour confirmé par un juge en France, cela, et les multiples forfaits commis par cet Ali Baba et ses CAC40 voleurs. Mon petit doigt me dit cependant que si ce mafieux devait un jour finir encagé, c’est que ce serait produit quelque chose comme la révolution.

     En attendant que le drapeau noir flotte sur nos plus hauts mâts et que Sarko dorme en prison saluons, comme il se doit, la nouvelle troupe de branquignoles installés sous les ors. Salut à toi, Nicole Bricq, salut à toi George Paul-Langevin, salut à Alain Vidalies, à Marie-Arlette Carlotti, Dominique Bertinotti et à la flopée d’inconnus, pauvres figures et pâles silhouettes à peine embarquées qu’on les croirait déjà, pour partie, débarquées. A leurs côtés posent les vieilles barbes et les chapons frottés à l’ail des années, dont Fabius — cet homme occupait Matignon quand j’étais occupé à redoubler ma sixième ! —, plus extravaguant encore, Sapin, Michel de son prénom, dont le patronyme indique assez qu’on le pensait, de long temps, raide, claqué, enseveli. Sinon, qui ? La Duflot, autrement appelée l’éolienne tant son cerveau prend bien le vent, Duflot, la rescapée d’Europe-de-l’Ouest-Ecologie-les-Verts-Bouteille-à-la-Mer, tendance lécheuse de tongs du moment qu’elles sont socialistes. « Je ne suis pas une ministre écologiste », qu’elle dit. Personne ne l’a prévenu qu’elle n’était même pas ministre ? Dans le registre des drôlesses on pourrait aussi s’attarder sur Aurélie Filipetti,  du ministère de la culture, dont l’action première fut d’aller se faire voir et rincer à Cannes, sans un mot bien évidemment pour les intermittents, de même qu’on pourrait s’étaler sur la môme Vallaud Belkacem, porte-parole du gouvernement, poupée kabyle de service aux allures de James Bond girl à la petite semaine, mais dont le glamour éculé ne fera pas longtemps illusion : « avec François Hollande, les Français vont pouvoir décider de mettre un banc là, un feu rouge ici » s’extasie la cruchonne. Cette fois n’en doutons pas, la révolution est en marche…

     Peut-être avancerait-elle, pas à pas et fussent-ils petits, si Manuel Valls ne guettait. Le tout nouveau patron de la maison poulaga n’est pas un perdreau de la veille, et s’il aime la carotte, il n’en dédaigne pas pour autant jouer à l’occasion du bâton. Ses états de service parlent pour le bonhomme. Ainsi, l’auteur de l’imbitable opus nommé « sécurité : la gauche peut tout changer », s’est-il fait, avec le temps, une spécialité des contre-vérités et dérapages contrôlés au sujet des « jeunes », des « banlieues », du « besoin de sécurité chez nos concitoyens» et autres galéjades qu’il serait, selon lui, dommage de laisser à la droite, comme la pétanque ou le Loto. Ainsi, en 2009, en balade sur le marché d’Evry, Valls le maire demanda à un de ses collaborateurs « tu me mets quelques Blancs, là, quelques Whites, quelques Blancos ! » Une sortie parmi d’autres, pour le pote d’Alain Bauer — docteur ès sécurité adoubé par la droite et le Fn réunis, théoricien puant de la « guerre des banlieues ». Valls, se définissant lui-même comme « défenseur de l’autorité, attaquée de toutes parts » (ah bon ?), fut par ailleurs l’un des trois seuls députés socialistes à ne pas voter contre l’instauration de l’état d’urgence, lors des émeutes de 2005. En un mot, Manuel Valls, c’est l’histoire d’un mec qui a fait carrière au Ps parce qu’à droite Pasqua et Pandraud prenaient toute la place. La « défense de l’autorité » à coup de taser et de flash ball a encore, n’en doutons pas, de beaux jours devant elle.

     Viendront aussi, comme il se doit, comme entre la poire et le fromage, entre les tours de piste de l’endormisseur Hollande et les vacances qui feront pause, ces dizaines de plans sociaux ressortis de sous le tapis, s’abattant en rafale sur les prolos, fussent-ils électeurs de gôche et dindon de la farce pas drôle. Quoi, on nous a menti ? Nous, en votons Ps on imaginait que… Eh non, même pas, et oui, tout faux : 30 000 emplois, à minima, devraient disparaître d’ici septembre, encore n’est-ce jamais que le début de la fin, maintenant que l’Europe entière est en voie de grécisation il n’y a aucune raison objective pour que la France en réchappe. Ici comme ailleurs, comme en ce moment au Québec, vous savez quoi ? Ce sera le feu. Non de joie, mais de hargne. Dès lors, vive le feu !


                                                                                                 Frédo Ladrisse.      

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:22

terrible-deception-pour-les-militants-ump-reunis-a-la-mutua.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? J’avais 15 ans les gens en 1981 et déjà, j’avais pas aimé : « changer la vie » par le truchement du socialisme de renoncement me paraissait ressortir de l’arnaque pure et dure —ce qui, au passage, s’est confirmé, avec l’amplitude qu’on sait. Ce 6 mai, c’est pareil, j’aime pas. Quand bien même les bonnes âmes n’en finissent pas de m’expliquer que c’est tout différent.

     Tout différent, ça l’est c’est sûr, puisque désormais l’ambition de la gauche de gouvernement se trouve cantonnée à cette sorte de « normalité » qui n’aspirerait à rien, si ce n’est à la gestion « normale » d’une société normalisée. « Je m’appuierai sur la confiance », lança le président, de Tulle. Non. Tu n’en auras ni le temps, ni la capacité, tant tes électeurs t’ont placé, dès vingt heures et une minute, sous haute surveillance. Pas d’état de grâce, monsieur Normal, et aucune fenêtre de tir : des années de socialisme mol ont convaincu le peuple de gauche de se méfier, toujours se méfier, du Parti socialiste.

      Ce ne fut rien moins qu’un hasard, plutôt une piqûre de rappel, quand Hollande laissa s’afficher à ses côtés, à la Bastille, de vieilles barbes tel Jospin —pathétique, mais presque—, ou encore Robert Hue —le retour de l’homme-voyelle ! Et, devant la foule rendue baba par ces barbes antédiluviennes, Hollande vanta qui ? La jeunesse ! On crut rêver. Cauchemar : même Guigou, même Voynet étaient présentes, sans parler de Fabius, qui était déjà aux affaires quand j’avais, quoi, trois ans ? Manquait plus que René Coty, sûrement retenu ailleurs. En un mot comme en deux, ce plateau, à la Bastoche, c’était un apéro d’anciens combattants, quoi, du passé faisons table basse, les cacahuètes en sus. 

        N’empêche : à contrario de ce passéisme assumé, une jeune fille ravie de la crèche lançait, depuis Toulouse, que « l’espoir de la jeunesse aujourd’hui, c’est l’avenir ! » M’est avis que l’avenir de l’espoir, ce serait quelque chose comme la jeunesse, non ? De la salle de la Mutualité, où l’Ump de base pleurait à chaudes larmes et bavait de F. haine, une autre fille, également jeune, avouait pour sa part « je m’inquiète pour mon avenir, surtout que mes parents vont se retrouver taxés à 75%. » Qui expliquera à Cunégonde que si ses vieux sont à ce point taxés c’est donc qu’ils gagnent au moins 1 million d’euros l’an, qu’en conséquence elle ne devrait pas autant s’inquiéter? Peu importe, « moi je pars en Suisse », lâchait un de ses voisins de meeting, pull cashmere jeté sur les épaules. Au final, le vrai plaisir de cette soirée était bien de les voir, ces go-gosses de riches, effondrés, anéantis, incrédules: battus. Mais également ivres de rage, comme l’exprimait Morano dans un de ses multiples tweets, « ivre de rage contre les medias ». On trouve, à la défaite, les excuses qu’on peut.

     N’empêche : quand on y pense, il y a cinq ans, François Hollande a bien failli devenir première dame de France… Certes, la face du monde n’en eut pas été bouleversée, mais cela nous aurait privés de la joie d’entendre Juppé dénoncer, ce 6 mai, « le retour du colbertisme. » Hum. Qu’est-ce qu’il ferait pas, celui-là, pour nous tartiner sa culture…

     N’empêche : colbertisme ou pas, c’est misère que de voir comment ici ou là sont encore trouvées des excuses à Sarkoléon, et qu’il serait en train de réussir sa sortie, et que ce serait trop classe le coup du 8 mai, ah mais, et que finalement il aurait pas l’air si mauvais que ça, presque un brave homme Sarko, pfff… Foutaises, tout cela, pur plan com’, le peuple a tendance, il est vrai, à avoir la mémoire courte, mais pas à ce point nom d’un chien ! « Jamais je ne pourrais vous rendre ce que vous m’avez donné », avoua le talonneté du haut de son ultime tribune. Cela, on l’avait bien compris : on peut s‘asseoir sur le pognon, les valises sont déjà à Bern. Plus inquiétant encore, le sorti nous prévint : « je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français. » Ça, c’est un coup à le croiser demain matin dans le métro, brrr… ça fout les boules, hein ?

     N’empêche : tandis qu’en France on se réjouissait d’avoir dégagé Sarko au profit de Flanby, Coca au profit de Pepsi, tandis que fleurissaient sur le net les blagues à deux centimes et la e-insouciance de bon aloi, à la française, l’expérience libérale se poursuivait en Grèce, poussée aux pires outrances, jusqu’à voir 26 députés issus des rangs néo-nazis intégrer le parlement. Les partis classiques balayés par les législatives de dimanche, l’extrême-gauche se voyait ensuite confier la tâche impossible de former un nouveau gouvernement —la manœuvre, grossière, visant seulement à la décrédibiliser, en vue de nouvelles élections. C’est « le chaos », là-bas, selon la presse. Le chaos, car ce peuple qui n’en peut mais, ce peuple saigné à blanc, a choisi de dire non à l’austérité imposée par Bruxelles et Berlin. Aussi a-t-il « mal voté ».

     Selon le commissaire européen Barnier « les votes grec et aussi français font apparaître qu’il est extrêmement difficile et nécessaire de trouver l’équilibre entre la crédibilité pour les marchés et la soutenabilité pour les peuples. » Prenez le temps de relire cette phrase. Tout le programme ultralibéral est contenu dans ces quelques mots, de même qu’ils forment la matrice de l’expérience grecque en matière de « soutenabilité », expérience qui, soyons-en sûrs, ne manquera pas de s’étendre à l’ensemble de l’Europe, pour peu qu’elle fasse ses preuves, apparaisse « crédible. » Un certain Wolfgang Schaüble, ministre des finances allemand, s’est ainsi cru autorisé à menacer : « si les électeurs choisissent une majorité qui ne s’en tient pas aux engagements européens, alors la Grèce en subira les conséquences ! » Encore ces grognements et coups de mentons ne sont-ils rien, comparés aux capacités de nuisance des marchés lesquels, sans piper mot, savent posséder la puissance susceptible de mettre un pays, voir un continent à genoux. Retour, donc, à la puissance dix, du syndrome Tina cher à la viocque Thatcher : there is no alternative. Tu parles…

     N’empêche : il nous appartient de soutenir, sans faillir, nos amis grecs, de contraindre leurs créanciers, soit nos états, nos banques, à annuler leur dette, histoire de les laisser respirer. A nous de faire en sorte qu’échoue cette expérience de mort, l’offensive libérale ultime contre les peuples souverains.

     N’empêche : le sommet européen qui se tiendra fin juin fera office de test pour Flanby, et soyons persuadés qu’il constituera, dans le même temps, la première déception concrète pour la masse de ses électeurs. Car qu’attendre d’un type qui, le jour-même de son investiture, se précipitera à Berlin faire allégeance à la Merkel ? Copé ne s’y est pas trompé, qui persifle : « nous verrons bien le choix qui sera celui de monsieur Hollande : va-t-il choisir Berlin ou Athènes ? » Va-t-il, oui, choisir les marchés et leur « crédibilité », ou le peuple, cet « insoutenable » ? La réponse est contenue quelque part dans la question.   

N’empêche, souvenons-nous toujours qu’un Flanby bousculé, ça donne une crème RENVERSéE !


                                                                                           Frédo Ladrisse.                             

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