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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 19:25

131127-SO-DM--137-.JPGTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Les râleries et railleries des habitués de ce blog, sevrés d’autruche depuis presque trois mois… La pause fut longue, la reprise est rude, comme l’aurait gloussé Raffarin. Cependant je signale aux aficionados (du moins ce qu’il en reste après ce trimestre de diète) que je possède en boutique, en librairie, pour être exact, un alibi des plus sérieux : le voilà enfin sur les tables, l’Autruche, le livre, la compil’ de dix ans de fadaises et billevesées ! (voir ici) Et ça m’a pris du temps, eh oui, de relire et sélectionner. Du coup j’étais parfois comment dire… gavé, en ai un peu perdu de vue l’actualité présente au profit des sotties anciennes. On voudra bien me le pardonner ?

L’actualité, ces derniers temps, fut essentiellement marquée en ce qui me concerne par l’expulsion du campement Rom de Saint-Ouen, survenu il y a quelques semaines. 800 personnes, adultes, enfants, jetés à la rue dans les frimas qui précèdent de peu l’hiver par une police républicaine ne s’embarrassant guère de considérations climatiques. Si la préfecture ordonna « l’évacuation » du campement, n’oublions surtout pas que c’est à la demande du premier magistrat de la ville, le maire Jacqueline Rouillon, estampillé Front de Gauche. Que font les nervis de la Méluche ? La même chose que le premier maire Ump venu, ils expulsent, et dans les mêmes conditions. « Ça me fend le cœur », osa la Rouillon sur les ondes. Le quoi ? Petit rappel : le campement se trouvait sur un terrain géographiquement stratégique du futur quartier des Docks, ghetto à bobos actuellement en construction. Après avoir tenté d’invoquer un possible blocage de l’usine de chauffage, les Roms occupant soi-disant les voies (des voies qui n’ont pas vu un train passer depuis des années, la matière première étant de long temps acheminée par la route), après avoir, par là-même rien moins que menacer l’ensemble de la ville et d’une partie de l’agglomération parisienne de vivre un hiver sans chauffage ; voyant ensuite l’argument céder sous le poids du ridicule et de l’affabulation, la mairie ressortit alors des cartons l’inévitable état d’insalubrité patenté, dès que plus de deux Roms s’installent, fut-ce sur un banc. On convoqua les rats, inévitables repoussoirs, les risques d’épidémie et tout le grand guignol habituel. Action, réaction, expulsion. Avec, bien entendu, la bénédiction des services de Valls.

Ouf ! Sur les terrains libérés les travaux vont enfin pouvoir commencer. Kaufman and Broad, Nexity, se frottent les mains, promettant une poignée de logements sociaux contre pléthore de résidences en accès à la propriété. Le tout à trois encablures de Paname, une bonne affaire, dites-vous ? Certes. Mais encore faut-il achever de nettoyer la ville de la fange qui risquerait de heurter les futurs proprios, dont on devine qu’ils ont, eux, les moyens de s’installer ailleurs. Souci, après les Roms : le deal, « le plus grand supermarché de la drogue à ciel ouvert », selon les dires des plumeux de Le Parisien (feuille à chiottes dont les locaux, pourtant situés dans cette même ville de Saint-Ouen, puent les remugles fantasmatiques et la caricature : « Saint-Ouen, sa drogue, ses kalachnikovs », titrait Le Parisien une nouvelle fois il y a peu, et dans son édition nationale, s’il-vous-plait !) Dès lors, que faire ? Un Rom ça ne se cache pas, un Rom c’est pacifique, résigné, habitué à son sort d’expulsé permanent. Un dealer, c’est tout le contraire. Un dealer, ça court plus vite qu’une femme avec poussette. La solution : Allo Manuel ? On dirait qu’ils s’adorent, ces deux-là, le ministre et la maire. Toujours pendus au téléphone… Et puis Saint-Ouen n’a-t-il pas eu l’honneur de se voir nommer première ZSP de France ? C’est assez dire que d’ici peu (à l’approche des élections), les patrouilles de CRS vont fleurir en nos rues, ça fleurera mauvais le flashball et les opérations « musclées ».  O les sales jours…

                                                                                                 

                                                                                                  Frédo Ladrisse   

*Photo de Daniel Maunoury

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:40

 

index-copie-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Valls, qui enfle, empire et se lâche. Il y aurait donc, en France, quelque chose comme un « problème Rom » ? Et pourquoi pas, comme d’antan, un  problème Noir, un problème juif ? Stigmatisez, stigmatisez, il en restera toujours quelque chose… N’est-ce pas ainsi pratique, que de pointer du doigt une population donnée ? C’est que les élections municipales approchent, aussi est-il urgent de redoubler de coups de mentons et de rodomontades. Valls : « à part quelques familles, les Roms refusent de s’intégrer. Leur culture n’est pas la nôtre. » Certes, et alors, où est le problème ? Seuls les individus partageant « notre culture » (expression ne signifiant rien) se verraient reconnaître la possibilité de demeurer en France ? Quelle tristesse, quel ennui, dès lors, nous entendons d’ici les portes se fermer et les volets claquer et les pantoufles pantoufler. C’est peut-être ceci, la France : un peuple de vieillards apeurés ne supportant plus le bruit après 19h30, et effrayés, surtout, par tous ceux qui pourraient ne pas leur ressembler. C’est peut-être ça, Manuel Valls : un gérontophile de circonstance, se rêvant un destin national, et conscient que les vieux, ça vote à 80 %, et que ça vote toujours à droite.

     Sur le terrain, rien n’a changé, valsent les bulldozers sous le règne de Valls, évacués sont les campements, jetés hors de l’école sont les enfants Roms jusqu’à lors scolarisés. Et le gouvernement de freiner autant que faire se peut l’intégration de la Roumanie et de la Hongrie dans l’espace européen (« l’Europe n’est pas prête », ah ah, la bonne blague), tandis que l’ultradroitier maire de Nice, Estrosi, publie sans en être inquiété un guide de l’expulsion à l’adresse des maires. Le petit livre vert-de-gris contient-il les horaires des trains de marchandise susceptibles de ramener vers l’Est les Roms ? Estrosi a dû y songer.

     Dans les salons, ça eut râlé. Pour le principe, s’entend. Il y aurait comme ça des ministres qui ne seraient pas d’accord avec Valls ? Ça se murmure, ça se susurre. Cécile Duflot, par exemple, tapa de sa petite menotte sur la table en formica vert certifié recyclable : ça suffit ! Stop et zut !... Cherchait-elle, par sa sortie, à camoufler le camouflet que les Verts venaient de se manger concernant la taxe sur le gazoil, repoussée aux calendes ? Mauvaises langues que vous êtes… Elle tape, la Duflot-bleue, elle grogne : jamais elle ne mord. La place est bonne, elle la gardera le plus longtemps possible.

     Hollande, qu’en pense-t-il, des rodomontades de son ministre de l’intérieur nuit-et-brouillard ? Il ne pipe, le bougre, l’œil riveté aux sondages, de plateau de cinéma, pardon : de plateau de télévision en plateau de télévision, sa côte demeure au plus bas. Quel chagrineux destin que de n’être pas apprécié, même par celles et ceux ayant eu la faiblesse de voter pour votre personne ! Aussi, comme une calinothérapie s’imposait, le gars a fait comme d‘hab’ : un petit tour au Mali. « Vive le Mali libre, vive la France ! », a lancé depuis Bamako ce président d’opérette. Il y fut acclamé, comme d’hab’ : les Maliens sont payés pour ça. Comme d’hab’, Hollande s’est dit que sa seule erreur fut de ne pas se présenter au Mali plutôt qu’en France, ce pays compliqué.

     Le petit bonhomme s’en alla par la suite visiter son ami Vincent Bolloré. Bolloré, l’homme du yacht, l’ami de Sarko, vous le remettez ? 3,6 milliardd de fortune personnelle au compteur, bref, un philanthrope né. Visitant une usine du groupe, le président du changement a balancé dans les micros cette phrase curieusement passée inaperçue, et selon laquelle « le socialisme a besoin du capitalisme. » Etrange coquecigrue, vous en conviendrez. Néanmoins, elle aura le mérite d’éclairer définitivement ceux qui voyaient encore « l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes » entre Hollande et Cameron, entre Hollande et Obama, entre Hollande et Merkel. Même combat, même casse des services publics, même généralisation du chacun pour sa gueule, mêmes objectifs : le triomphe définitif de l’économie contre le social, et du profit contre l’humain.

     Hollande s’est ensuite rendu sur le site de Florange. Il fallait, il l’avait promis. Il n’y alla pas de gaité de cœur, un peu à la manière de ces barons locaux arpentant les marchés en période d’élection, serrant de multiples mains et s’empressant ensuite de laver les leurs, à grande eau. A Florange, Hollande fut sifflé. Curieusement, il ne fut pas pendu, ne serait-ce que par les pieds. C’est à ce genre de détails qu’on mesure la baisse de combativité de la classe ouvrière.

     Sinon, quoi ? Le cirque habituel. Comme la promesse de belles images de bombardements nocturnes et massifs et occidentaux donc justes semble, pour le moment, ne pas être devoir tenue en Syrie, les caméras se sont éloignées, les journalistes aussi. Cette guerre, non pas civile mais CONTRE les civils, continue de dérouler son cortège d’atrocités, cette fois à l’abri de la curiosité des opinions publiques. Bien joué, Bachar, bien vu, Poutine ! Ils nous ont, une fois de plus, niqué en profondeur. A croire qu’on y prend goût.

     Dernière minute : on me souffle dans l’oreillette qu’un dénommé Tony Parker, basketteur de son état, est « très heureux d’entrer dans l’Histoire, même si ça fait bizarre. » Entre ici, basketteur… Il a fait quoi, le gars ? gagné une cou-coupe.

     Ce type de sottie me renvoie vers Samuel Beckett, relativiste de son état. Lui, comme on l‘imagine, ne voulait entrer dans rien, surtout pas dans le basket de l’Histoire. On dit que sur son lit de souffrance et à l’approche de la mort, alors qu’un proche lui aurait dit « Samuel, il y a une autre vie ! », Beckett aurait répondu : « j’espère que non. »

Summum de l’athéisme bien compris que ceci. Respect.


                                                                                            Frédo Ladrisse.

 

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 22:35

 

rentree-scolaire.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Dans un premier temps je voulais appeler cette rubrique «y aller ou pas ? Syrien ne se passe… » : Une facilité, jeu de mots à deux balles dans la tête, une façon de dire aussi que oui, on peut rire de tout, et même avec n’importe qui. Puis, l’évidence s’est imposée : c’est la rentrée des classes. C’est là, aussi, loin d’Alep, la mort.

     « Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée 2013 », commence sobrement Pierre Jacque, enseignant à Marseille. S’ensuit une longue litanie d’amères constatations, « le métier tel qu’il est devenu au moins dans ma spécialité ne m’est plus acceptable en conscience. » Pierre, âgé de 55 ans, eut tout le loisir de le voir « évoluer », ce métier, c’est-à-dire se diluer dans l’accessoire, le tape-à-l’œil, s’éloigner chaque année un peu plus des fondamentaux, une réforme chassant l’autre mais toutes, animées de la même volonté d’en demander davantage aux profs tout en réduisant les moyens, le matériel, le temps de cerveau disponible à l’égard des élèves, le cancrelat du libéralisme dévorant pied à pied le corps de l’éducation nationale. Ce qui aurait pu n’être qu’une lettre de licenciement (les premières phrases employées pouvaient le laisser croire), s’achève sur ceci : « quand vous lirez ces lignes, je serai déjà mort ». Pierre Jacque s’est tué, le jour de la rentrée des profs. « J’aurai pu m’immoler par le feu au milieu de la cour le jour de la rentrée des élèves, mais je ne suis pas assez vertueux pour cela », écrit-il, comme en une ultime pirouette, un dernier signe de respect envoyé à celles et ceux qu’il avait, d’année en année, accompagné, formé, et qui selon lui formait le cœur de son métier : les élèves. Pierre Jacque, selon ses proches, n’était pas dépressif. Il n’était aucunement condamné par le Crabe ou autres maladies de court terme. Il avait, simplement, commis l’erreur de prendre son travail trop à cœur, de s’y investir totalement. Elèves, ne travaillez jamais.

     Cet été, dans les Vosges, aux portes de la Forêt Noire haut lieu s’il en est de la production de planches et choses diverses en bois, une petite fille à couettes, du haut de ses six ans, demandait à son père pourquoi « le président, il veut bombarder la scierie ? » Elle s’inquiétait des bombes, d’autant que son grand-père, à ce que j’en ai saisi, travaillait dans ladite scierie. Elle avait raison de s’inquiéter. De la scierie à la Syrie, tout bombardement est, par nature, inquiétant.

     Oui, je sais, il y eut emploi de gaz Sarin, et cela, on nous dit que c’est inacceptable. Je sais aussi que les traités internationaux interdisent l’usage de ces gaz, mais non leur détention : ce qui constitue, avouons-le, un formidable contre-sens, tout en « diplomatie » puante. Oui oui, il conviendrait d’intervenir, tout de go, en Syrie, à condition que ce soit de loin par la grâce des missiles sol-sol, lesquels généralement explosent au petit bonheur la chance. Oui oui, je comprends bien, trois ans de guerre dite civile nous dit-on, alors qu’il s’agit d’une guerre CONTRE les civils, plus de 100 000 morts : avant le gaz Sarin, aucune raison de bouger ni même de se fâcher avec nique-ta-race Poutine. Mais là… Houlala, là, on va y aller, les biffins !

     Ces petits bras qui avancent, puis reculent, me font doucement rigoler. Qu’ils s’enfoncent leurs missiles dans le cul sera le gage, au moins, qu’aucun innocent ne périra sous leurs frappes à l’emporte pièce.

     Savez-vous ? Dassault a des Rafales à vendre, mais l’armée française n’en veut pas et l’opération de com’ au Mali n’a pas porté ses fruits en terme de vente de l’avion : une  nouvelle guerre s’impose. Savez-vous ? A chaque fois qu’il endosse le treillis Hollande gagne 0,5 points dans les sondages, et dans l’état de détestation où il se trouve c’est loin d’être négligeable. Le petit doigt sur la couture de son pantacourt des vacances, Hollande pérore et menace. Le chômage, la misère, la précarité attendrons : l’urgence est en Syrie. Finalement, cet homme, ne sait rien mieux faire que la guerre. A se demander même si il ne saurait faire que cela.

     Compte-t-il, de par ses rodomontades guerrières, nous faire oublier l’autre front ? Celui-ci est intérieur, et largement ouvert. Avec leur imbitable et pénultième réforme des retraites, Hollande et ses sbires semblent jouer sur du velours : les syndicats, pauvres pigeons,  lui mangent dans la main, et même si le grain est d’ivraie ils sauront tenir leurs troupes. Nous défilerons, bien entendu. Pour le principe, et pour la galerie. Au-delà du 10 septembre? Rien. Peanuts. Nada. Nous sommes éteints, et à merci.

     C’est que la mobilisation, quel qu’en soit le sujet, n’est guère d’actualité. Les enfumeurs sont au pouvoir, les « partenaires sociaux » sous l’éteignoir comme jamais, et le sarkozysme, entendu comme philosophie politique, règne en maître dans les esprits —avec la complicité de celles et ceux s’étant fait élire en nous laissant penser qu’ils allaient rompre avec lui.     

     En février 2003, alors même que la France avait décidé de ne pas y participer nous étions un million et demi à défiler dans les rues de Paris, contre la guerre en Irak. Aujourd’hui, alors que se dessine une guerre en Syrie pas une seule organisation politique ne propose ne serait-ce que l’esquisse d’une manifestation… Les temps changent, c’est clair. Ils virent au gris, au brun. Au kaki.


                                                                                           Frédo Ladrisse.

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 16:15

images-copie-37.jpgParlons peu, parlons de moi : ok, j’ai quelque peu failli à mes devoirs ces derniers mois, aux abonnés absents, cependant, c’était pour la bonne cause : l’écriture de l’autruche, le livre, à paraître fin 2013, recueil de dix ans de fadaises et autres billevesées, sans compter coquecigrues, sornettes, et faucutismes variés. Cette plongée tête la première en le trou de ses archives perso fut pour l’autruche un genre d’apnée non dénuée de nausées diverses. En un mot comme en mille, il n’est pas jusqu’au nom de Raffarin qui ne puisse, désormais, me faire rendre le petit déjeuner. Il y a comme ça des noms qui sont comme autant de mottes de beurre sur une bouillabaisse épaisse.

     Ce fut donc tout, sauf des vacances. A peine une mise en congé. D’aucuns de mes amis se sont inquiétés de voir ce blog en sommeil, mais n’ont pas passé un coup de fil (on peut toujours crever…), d’aucunes râlèrent, bouh le fainéant ! Et c’est à moitié faux.

      En y réfléchissant, c’est bien misayre ces mois-ci passés à placer sous boisseau de furieuses afayres, tiens : Cahuzac. Raté ! Tiens, Tapie : encore raté ! Batho virée, ratée idem, et ce pauvre Pierre Mauroy, l’André Verchuren du PS… Tous cannés, à leur façon, et pas un qu’on ne regrette ni qu’on pleure.

     Dans le registre de la mort, celle de Clément Méric occupa assez notre esprit. Habiter non loin de l’endroit où logeait Esteban, son tueur, savoir qu’on a très certainement croisé ce porc un jour, suffit à nous faire regretter de ne pas l’avoir noyé, gosse, dans le bassin du square. Ce n’est que partie remise, me glissent les antifas du cru, suffisamment ardus pour rayer cette engeance de la carte d’une humanité à laquelle, finalement, elle continue d’appartenir contre sa volonté.

     Ni oubli, ni pardon, ni sociologie à deux balles : on ne discute pas avec les fachos, on les combat c’est tout. Alors, ami, camarade, mon frère, ferme ta grande gueule et sort la batte !

     En cette période de mutisme on a loupé aussi la Turquie, le Brésil, l’Egypte, le furieux carnaval des enragés de tous pays, tous continents, tus par chez nous tant que possible : il s’agit, au premier chef, de ne pas nous donner trop d’idées, à nous qui avons si bien intégrés que la rue ne gouverne pas, qu’elle se remplit, se vide c’est tout, au gré des rendez-vous syndicaux, sans conséquence aucune. Rien ne fait frémir autant les soi-disant maîtres du monde qu’une remise au goût du jour, qu’une actualisation de l’idée de révolution. Or, les révolutions sont là. Ou pas bien loin. Aux portes. Comme elles ont le bon sens de ne jamais se produire là où on les attend, elles sont pour demain, en Europe, dans nos pays rances gangrenés de crédits revolving, de pavillons à finir de payer et autres laisses nous tenant, comme des chiens, en niche. Il suffirait d’un rien. Il suffirait de se rendre compte que justement, nous ne sommes pas des chiens. Ce n’est pas pour demain ? Va savoir.

     Selon la dernière enquête de l’INSEE, le nombre de SDF en France serait de 141 500 personnes. Dont 30 000 enfants. Cette info vous fait froid dans le dos ? Massez-vous le avec celle-ci : en avril 2013, les prisons françaises ont battu le record du nombre de détenus : près de 68 000, pour 57 000 places. 12 établissements affichaient une densité supérieure à 200%. Et, bien entendu, pas question de libérer le moindre voleur de poules ou faussaire en billet de loterie. Ceux qui méritent la tôle (pour peu que quelqu’un la mérite), n’en frôleront même pas les murs, par la grâce de leur golden card : par exemple, ça vous dirait, vous, une augmentation de près de 25% de vos revenus, en l’espace d’une seule année ? Faites le calcul, que ne font même plus les blindés de caillasse du classement annuel de Challenges, les « 500 premières fortunes de France ». C’est pourtant, en moyenne, ce que ces fondus ont ramassé durant l’an 2012 : 25 %, rien que ça. Sur le dos de qui ? Grattez-vous, gare aux courbatures !

     Rien n’est pourtant perdu puisque que Europe-Ecologie-Les-Verts-De-Gris ne sont pas débarqués du bateau Hollandais, et rament : je déconne… Nos gentils z’écolos, force supplétive du PS, ne sont plus à la manœuvre, si tant est qu’ils y fussent un jour, et l’essentiel des journées de Duflot est occupé à se ronger les ovaires en se demandant quand, et sous quel prétexte, elle sera sèchement remerciée. Pendant ce temps une autre verte, Barbara Pompili dont le nom ne s’invente pas, taclait les élus socialistes qui, comme c’est curieux, viennent de refuser, en ce qui les concerne, le principe de la transparence en matière de revenus. « Certains ont voulu faire reculer les avancées », maugréait pom-pom-pili. Ce qui, vous en conviendrez, est une gageure d’envergure.

     Mais Barbara, rappelle-toi : en matière de reculades grimées en avancées tu sauras toujours compter sur notre vieille ganache de Giscard sans destin, moribond demeuré à tout jamais bloqué en 1974. Selon lui, tous nos maux viendraient de ce qu’on est « un pays qui ne travaille pas, qui passe son temps à aller d’une vacance à une autre [sic], d’un jour férié à un pont. » De la rivière Kwaï, le pont, pépère ? « En France, il n’y a pas ce respect du travail qu’il y a en Allemagne », surenchérit le grabataire. Ah… L’Allemagne, le bon vieux temps… Nous étions jeunes et beaux, hein Valéry, on sentait bon le sable chaud et Maréchal, nous voilà !

          Une ultime bêtise, avant de s’en retourner au silence, pour un temps ? Laissons alors le champ de l’imbécilité à cette pétasse de Boutin, dont l’ultime changement de cap ne lasse pas de surprendre, du moins de surprendre les habituels ravis de la crèche et gogos de la Saint-glinglin. Non contente de s’être vendue à son seigneur et maître, j’ai nommé Sarko-le-guignolo, lors des dernières présidentielles, voilà-t’y pas qu’elle remet ça en terme de putasserie, s’offrant cette fois corps et âme à Jean-Claude Martinez, ancien fort en gueule du FN. Et les deux tourtereaux de convoler en justes noces (tout le contraire, bien évidemment de l’horribilis mariage homo !), puis déposant dans la corbeille de la rombière un genre de nouveau parti— encore un ! Son nom ? « La France, l’Europe, la famille.» N’auraient pas oublié en route le travail, ces trous du cul ? Et quand un journaliste demande à dame Boutin si elle n’est pas un peu gênée de s’acoquiner ainsi avec l’extrême-droite la plus pure, toute à ses noces la bagasse répond que « non, non, et non, pas gênée mais alors, je vais vous dire, pas DU TOUT gênée. »  Qui s’en étonnera ? Ce n’est, pour elle, finalement, que retour au bercail. L’avait-elle, un jour, quitté ?


                                                                                                   Frédo Ladrisse

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:15

 

images-copie-34Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? La Parisot, toute tristouille d’avoir pas pu manipuler son petit monde à l’envi ! Dégoutée, elle jette l’éponge,  l’eau du bain et le bébé avec. « Je ferais en sorte que la campagne soit intéressante, stimulante », chouine alors la gourdasse en matière d’adieu. Quoi, ladite campagne l’aurait été, intéressante, si ta pomme l’avait menée ? Un qui n’a pas eu besoin de la battre, la campagne, c’est François Ier, élu pape sans coup férir: il se murmure en les vaticanes travées que Henri IV ferait la gueule, tandis que Louis XIV serait carrément super vénère. Cependant, nous retiendrons du très Saint Père François qu’il a, miracle, déjà pris le bus, a été amoureux durant sa folle jeunesse, et a acheté un parapluie à 14h17. La meute journalistique nous a ainsi gavé de ces anecdotes à deux balles, passant quasiment sous silence que le même François était : contre le mariage gay, contre le port du préservatif et, bien sûr, contre l’avortement. Des « détails », certainement, pour les pisse-copie.

     Autrement ? Si le travail tue, le non travail n’en est pas moins également létal: selon les associations d’aide, le taux de suicide chez les chômeurs serait six fois plus élevé que dans le reste de la population.  Un emploi d’avenir : dépendeur de cadavres.

     Puisqu’on parle de cadavre, arrêtons un temps sur celui de Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, et qui n’en a plus pour longtemps à supporter le poids de son ministériel maroquin. Penché sur la dépouille de l’embaumé Chavez, Victorin l’a trouvé « tout mignon ». Ne dites pas au ministre que les bisounours n’existent que dans sa tête un peu vide, vous risqueriez de le rendre « tout triste ». 

     « Faites-moi confiance, je suis celui qui sait » : ainsi parlait Michel Sapin, ministre du travail, qui, devant les députés Ps, défendait l’accord signé entre, principalement, la Cfdt et le Medef. Faites-lui confiance, à Sapin : il va nous le mettre en bière, le code du travail. Et ce sera avec la bénédiction du patron, Hollande, qui semble décidé à achever le travail de sape entamé par Sarko. De nouveau, comme en 2003, en 2010, ça pue la réforme des retraites, l’allongement du temps de travail, la hausse des cotisations, funeste florilège contre lequel, en désespoir, nous lutterons une fois encore. Avec, dans les sondages, une cote de popularité frisant celle du docteur Petiot, le président supranormal doit se dire que, foutu pour foutu, autant reprendre sa vraie nature et donc multiplier les cadeaux aux marchés, au patronat, aux fonds de pension et à l’engeance. « Les mesures que nous avons prises ne sont pas entrées dans l’atmosphère », confiait, il y a peu, un conseiller de l’Elysée en tentant d’expliquer l’impopularité du chef. Et si la cause réelle du désamour provenait de la stratosphérique suffisance des élites, lesquelles jamais ne renoncent à nous prendre pour des buses ?

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.     

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 22:25

 

images-copie-14.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Stéphane Hessel est mort. En signe de deuil je me suis teint les dessous de plumes en noir. Stéphane Hessel est mort : si les Indignés existaient ils seraient orphelins. Stéphane Hessel est mort : son éditeur a été vu, ivre mort et en larmes, en train de mettre des coups de lattes dans les pneus de sa Rover Delux. Stéphane Hessel est mort et, au risque de passer pour impolitiquement correct, l’autruche s’en tamponne la coquille et le coquillard. Hugo Chavez est mort, aussi, et  Jérôme Savary idem: tout laisse à penser qu’en cette fin d’hiver, les morts sans importance pleuvent comme pommes blettes au sol. Enterrons ces garçons, et qu’on en parle plus.

     Souvenir souvenirs, cependant : Interview de Savary dans le canard de la Cfdtraites, à propos du régime des intermittents du spectacle, aux alentours de 2003 : sur le mode « la sélection révèle le talent », cette engeance de Savary se laissait glisser jusqu’à vomir genre « les artistes qui ont du talent ont, évidemment, du travail, quant aux autres… On ne peut pas tous être artistes ! » Pour ce personnage le salaire fait l’homme, et l’artiste : qu’il aille rôtir en enfer.

      Cependant, l’actualité la vraie, c’est comme le bonheur, c’est toujours pour demain: il se murmure dans les allées de la curie romaine que s’agiterait un « lobby gay », vous voyez le genre, ou pas ? Si non, dessin : une palanquée de types en robe et culottes carmin, troupeau de phoques se mélangeant les moustaches en coulisse, eh bien, tiens, c’est du propre ! Profitant de ce que Benoît 16 se retire (il était temps : il allait jouir), ces Jean-Foutres tentent de rendre à la Vaticannerie une virginité de surface. En un mot comme en cents,  les évêques s’encule mais se préparent à la grand’messe : habemus papam ? Mon cul, oui, répondit l’écho ! Se faire suer la calotte pour nommer un bourrin qui se barre au bout de 7 ans, c’est bien gentil mais faudrait pas que ça devienne une habitude... Ils s’apprêteraient donc à élire une manière de bambin, à faire grimper un môme de 70 balais sur le Saint-Siège, rendez-vous compte !... Une révolution de palais se prépare, qui verra la Blédine se substituer à la purée prémâchée.

     Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, n’est pas mort : j’en suis sûr je l’ai croisé dans les rues de Paris à la manif de mardi. Il n’est pas mort, mais il, comment dire… en a l’air, un peu, tellement il campait là sur le trottoir, telle statue de cire. C’est que son pote Chavez était en train de passer l’arme à gauche, nous dirions même: à l’extrême- gauche, dans la mesure où la mort est une ultime révolution (je l’ai trouvé tout seul, celle là, et je dépose le brevet). Mieux : non content de n’être pas mort, Jean-Luc Mélenchon a l’air en pleine forme. Je  ne sais pas si c’est une bonne nouvelle.

     On me murmure dans l’oreillette que le même Jean-Luc Mélenchon n’aime rien tant que courir, et pas que derrière les voix des éventuels électeurs. On me susurre qu’il ne pourra cependant se rendre au marathon de Gaza, lequel vient d’être annulé par décision du Hamas, au motif que les femmes inscrites y étaient trop nombreuses. Pour les gentlemens du Hamas, il ne suffit plus que les femmes soient voilées : il faut aussi qu’elles soient les moins visibles possible.

     A quelques kilomètres de là, en cette riante vallée, on vient d’instaurer un système de transport en commun dont il est dit ici ou là qu’il rappelle l’apartheid, alors qu’il ne le rappelle pas : c’est l’apartheid, point. « Palestinians Only », sur le flanc des bus. Le message est clair, et violent. Autant de bus réservé aux travailleurs palestiniens venant bosser en Israël. Surprenante, stupéfiante, cette pratique semble devoir s’étendre. Ainsi se produit sous nos yeux, et sans que ça ne nous fasse réagir, le retour du « interdit aux juifs ».

     De retour également, Raymond Soubie.  Ancien conseiller personnel de Sarkozy en matière d’affaires sociales, et grand ordonnateur de la réforme de 2010, ce fils de droite s’exprimait l’autre matin sur les ondes, au sujet de l’ANI (Accord National Interprofessionnel),cochonceté signé par la Cfdtraîtres et quelques anecdotiques syndicats catholiques. « Il ne sera pas tellement plus facile qu’avant de faire des plans sociaux », osa la catin appointé par un Medef en manque de porte-parole, semble-t-il. Comme à l’accoutumée, tout est dans le « pas tellement plus facile. » Plus loin, toujours à propos de l’ANI : « ce n’est qu’une étape, il y a bien du chemin à parcourir. » Oui, et il est long le chemin, que nous vous souhaitons, patrons, décideurs, gougnafiers,  semé d’embûches et de barricades. Sur lesquelles se tiendra, bec en avant, l’autruche !

 

                                                                                            Fredo Ladrisse.          

 

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 19:38

 

images-copie-3.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Vous souvenez-vous de Catherine Lara ? Moi pas. On me souffle que ce fût un genre de chanteuse à violon, sans sel, comme Jean-Jacques toujours debout. Il n’empêche : la « rockeuse de diamant » (du nom d’un de ses tubes pourris) donne, sur tout, son avis, notamment en ce qui concerne le mariage pour tous. Citée in extenso par un député Ump, Catherine Lara-tatouille avait déclaré dans Gala que «dire que l’institution du mariage peut concerner deux personnes du même sexe, c’est comme dire soudain que le père Noël est une femme. » Et quand bien même ? Et donc, en cette nocturne séance où les héros, à ce qu’il semble, étaient bien fatigués, Catherine Vautrin, autre députée Ump, crut bon de compléter l’intervention de son confrère, en précisant, en l’hémicycle : « nous ne sommes pas là pour savoir si Casimir est un canard. » Comprenne qui pourra, nom d’un bloubiboulga !

     Puisqu’en ces temps maudits il semble que la barque de la députation ait tendance à verser du côté guignolien, chargeons-là d’un autre délirant, en la personne de Gilbert Collard, qu’on ne présente plus – c’est dommage. Ce fouille-cul du Fn s’étalait l’autre jour, à propos des salles de shoot : « et pourquoi pas des salles de viol, ou des salles de crime ? » Il s’en excitait, le bougre, rouge de bonheur et de suffisance devant ce qu’il prenait pour une superbe audace ; qui n’était qu’une insulte de plus, crachée à la face des malades. Bref et en résumé, pour faire vite et court, sans plus tourner autour du pot, on laissera le twittos inconnu (j’ai oublié son nom) conclure : « deux jours de délire et de paranoïa… la salle de shoot existe déjà, c’est l’assemblée nationale. »

    Au-delà des frontières, ça déconne grave également, comme si avait été lancé le concours international de la plus grosse ânerie. Bien placée, en tête de peloton, la mairie de Moscou vient d’interdire le baiser dit « à la Russe », sur la bouche beuark, c’est dégueu, entre personnes d’un même sexe, double beuark, doublement dégueu selon elle. Cette mesure, drastique, s’inscrit dans le cadre plus large d’une loi anti-gay votée à la Douma, dite « loi contre la propagande de l’homosexualité parmi les mineurs. » Les flics moscovites ont-ils reçu l’ordre d’abattre sur-le-champ les chiens qui s’enculent sur les trottoirs, devant les écoles ? L’histoire ne le dit pas.

     A l’étranger aussi : Hollande. Pas le pays, le président. Flanby-le-magnifique n’a pas résisté très longtemps au désir d’aller jouer le kakou au Mali, c’est pas tous les jours, hein, que la France gagne une guerre — coup de bol, sur ce coup : pas d’ennemi, pas de combat, pas de match, une victoire au forfait ! Et que ça fanfaronne, et que ça n’en puis plus : « quel accueil magnifique… Des cris de joie, des larmes de bonheur ! », s’exclama le président normal. Quand bien même ne s’agissait-il que d’une poignée de figurants payés au billet de vingt, on comprend l’émotion de Hollande devant cette « foule » agitant autant de drapounets tricolores. Sûr que ça doit le changer de l’accueil que lui réserve la Trieweiler quand il rentre à plus d’heure de son taf. « Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique », conclua-t-il, la larme à l’œil. Il paraît que les Corréziens en ont nourri quelque amertume.

     Aucune amertume, par contre, du côté de la famille Assad — c’est pas le genre de la maison.  Carnet rose : Asma est enceinte ! La femme du boucher Bachar devrait accoucher en mars prochain, mais on ne sait pas encore si ça sera d’un lance-roquette ou d’un hélicoptère d’attaque.


                                                                                             Frédo Ladrisse.

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 19:40

 

images-copie-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ils ont défilé, et après… Il faut bien qu’une fois de temps en temps la France rance, au cerveau comme naphtaliné, prenne l’air dans les rues de Paris, y promène son cul dilaté et ses idées datées. Nul désir de les en empêcher, d’autant que lorsqu’elle ose enfin pointer son nez dehors, cette France-là est pour l’autruche mieux qu’un vivier : une manne, une bénédiction! Commençons par la star, l’égérie d’un mouvement tout de rose et de bleu marine, j’ai nommé Frigide Barjot. Pas si folle, la guêpe anti-pride: disparue des écrans radars depuis plus de dix ans, elle sut saisir l’occasion de se remettre, un temps, à exister médiatiquement. « Le mariage pour tous,  c’est la disparition, c’est la fin des hommes ! » Ah. On n’en saura pas davantage. « Je parle au nom des femmes au foyer et des mères de famille », précisa la Frigide. Nous doutons cependant que toutes se reconnaissent en ces propos qui, par moment, atteignent un degré de bêtise rarement égalé. Autre grande figure du mouvement, Hervé Mariton-les-bretelles pense quant à lui que « le mariage est avant tout un outil de protection des femmes. » Ah ah, la sale blague… Opposante « naturelle » aux droits homosexuels, la députée Marion Maréchal-Le Pen, en tête de cortège, lâcha pour sa part ceci : « ici, le peuple a sa voix à dire. » Et des choses à parler, peut-être?

     En tous les cas, le long du cortège, on en entendit de vertes et cependant bien mûres, bien blettes. Ce gamin, par exemple, à qui un journaliste demande la raison de sa présence : « je défile contre les homosexuels. » Aussitôt son père le corrige, non petit, pas contre les homosexuels, contre le MARIAGE homosexuel. Du discours paternel, le petit s’était contenté de recracher l’essentiel. Plus loin, c’est un vieillard, maréchaliste en diable : « je n’ai rien contre les homophobes, heu… Je veux dire : contre les homosexuels. » Lapsus, quand tu nous tiens…

     Les jours suivants, ce fut aux ténors de la droite de donner de la voix, et d’entonner comme un seul homme le refrain selon lequel François Hollande se devait d’écouter les Français qui, ce dimanche-là, avaient manifesté en masse, étant bien entendu que le rôle du président est d’être à l’écoute du peuple, et gnagna et referendum. Ce sont bien entendu les mêmes qui, à chaque mouvement syndical d’ampleur, s’en vont de micro en micro ânonner que ce n’est pas la rue qui gouverne, qu’il est hors de question de céder devant elle, et gnagna différent, cette fois.

     Et l’Eglise, me direz-vous, elle est où notre sainte-mère? Dans cette affaire, elle est partout, joue des divers leviers à sa disposition, finance le mouvement (transports, organisation, presse, fanions), l’encadre discrètement, sollicite néanmoins ses ouailles quelques fois très directement : les parents d’élèves d’une école catholique de St-Lo ont ainsi reçu à domicile,  dans la même enveloppe contenant le bulletin scolaire de leur enfant, une profession de foi anti-mariage gay, ainsi qu’un encouragement, nous dirons « appuyé », à se rendre à la big manif’ du 13 janvier dernier. Malgré de gros moyens (et le soutien total de la curie romaine), la goupille n’est parvenue à mettre dans la rue que 300 000 personnes. Lors de sa dernière grande parade (en 1984 pour la défense de l’école dite libre), la France rance avait compté un million de manifestants. Je vous laisse conclure.

     Que pense de ce raout le plus Belge des acteurs russes ? Quelque chose me dit qu’il s’en cogne, dans la mesure où son portefeuille n’est, ici, en rien menacé. Et puis le gros Gégé semble par trop occupé à lécher avec gourmandise les bottines du tsar Poutine, un « grand démocrate » selon lui, pour se préoccuper des petites affaires franco-franchouilles. Jamais avare d’un coup de Trafalgar ou de pute, Depardieu s’en prend désormais à l’opposition russe, et pousse la bêtise jusqu’à se moquer, à la télé, des membres des Pussy Riot. « Je tombe de scooter, mais je suis un homme vivant », conclu-t-il, entre deux rots. La seconde de ces assertions nous paraît cependant de plus en plus soumise au doute.

     Pendant que le Gégé s’enferre dans son délire russophile, en France, sous gouvernement socialiste, sans que Guéant ni Besson ni Sarko n’y soient pour rien, une fillette de cinq ans est conduite au poste de police, au prétexte que ses parents ont omis de régler la cantine scolaire. Une fliquette municipale et néanmoins zélée est venue la chercher, à la cantine même, devant ses petits camarades. L’histoire ne dit pas si elle passa les grosses menottes aux petites menottes de Léa. L’histoire dit cependant que la petite, sur le coup, pensa qu’on venait la chercher parce que ses parents étaient morts. Quant à ses camarades, ils en conclurent que la police emmenait Léa en prison. Si, une fois au commissariat, Léa échappa aux coups de fouet, nous savons, nous, qui les mérite.

     Ils ont signé, et puis après ? A l’exception, notable, de la Cgt et de Fo, les syndicats ont donc parafé l’accord modifiant, en profondeur, le code du travail. Sera donc, sous peu, inscrite dans la loi la maxime patronale selon laquelle les licenciements d’aujourd’hui feront les emplois de demain. De qui se moque-t-on ? Du salarié. Dont on peut espérer qu’il a cette fois mieux compris ce que signifie l’appellation « syndicalisme d’accompagnement ».

      Mais c’est que nous sommes en guerre!, et que nous avons des otages !, et de l’uranium à extraire et des Rafale à vendre !... Alors hein, le droit du travail… Au mépris du droit international et des résolutions, pourtant récentes, de l’Onu, la France, à peine tirée d’Afghanistan, s’est donc empressée de se trouver un nouveau terrain de jeu, le Mali, son désert et ses « terroristes ». Mitterrand et l’Irak en 1991, Chirac en 2001 avec l’Afghanistan… C’est fou, tout de même, cette pulsion qui pousse les présidents français en manque de popularité à déclencher des guerres, plus ou moins n’importe où. Mais, selon un proche de Hollande (tenant à conserver comme par hasard l’anonymat), grâce à la guerre « le vrai François est en train d’apparaître. » Donc, avant, on nous vendait le faux ?

                                                                                                  Frédo Ladrisse.          

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 18:52

Manneken_Pis_-crop-.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Sur FesseBouc c’est le grand retour de Sarko, qui n’avait rien posté depuis sa déculottée mais là nous la souhaite bien bonne, l’année, en ces termes : « sachez que la où je suis et partout où je vais, je pense à vous. » Beau comme du Benoît XVI… Un peu plus loin, surTouiteur, J. Halliday, chanteur pour dames, apporte son soutien à G. Depardieu, acteur belge. Et de façon drolatique encore, puisqu’en forme de photomontage montrant Gégé en Manneken pis, urinant sur François Hollande… Qu’est-ce qu’on se marre, sur les réseaux ! On attend avec impatience la photo de Bernard Arnaud faisant caca sur Jean-Marc Ayrault.

     Certes, La fin du monde nous aurait épargné ces graveleuses calembredaines, mais voilà : elle n’a pas eu lieu. A Bugarach on plie les gaules et les couvertures de survie, pendant que le bistrotier local songe à se faire bâtir une troisième piscine. Et rendez-vous l’année prochaine, hein, amis paranotouristes… Dans 2013, n’oubliez pas, y’a 13, chiffre porte-malheur… Mais ce brave homme n’est pas le seul, loin s’en faut, pour qui la fin du monde se révéla une bonne affaire : les éditeurs se frottent les mains, tout comme les producteurs du film « apocalypse 2012 », vaste bringuezingue et catalogue des peurs humaines, diffusé à plusieurs reprises par la chaîne éthylique M6. Le bizness fut pareillement juteux pour les marchands de kit de survie et autres abris anti-déluge, tels ceux qui ont loué à Moscou des bunkers de l’ère stalinienne, pour la modique somme de 10 000 euros la nuitée. Pendant l’apocalypse, les affaires continuent !

     Et les voyages aussi : Hollande, en visite à Alger, a embarqué dans ses bagages une trentaine de patrons français et quelques ministres en sus, tous langue pendante devant les opportunités économiques et financières que représentent, à leurs yeux, l’ancienne colonie. Histoire de ne pas fâcher l’éventuel partenaire, le président normal a refusé de rencontrer l’opposition, et tout pareillement les défenseurs des droits de l’homme. Histoire de bien se mettre Bouteflika dans la poche, il a été jusqu’à prétendre que « l’Algérie a déjà fait son printemps arabe », reprenant ainsi le discours officiel de son homologue, et passant par perte et profit les arrestations quotidiennes d’opposants, la répression touchant tous les milieux se posant en adversaire du pouvoir, la censure de la presse comme de l’internet, et autres joyeusetés dignes d’un régime autoritaire, basé sur la soumission. Une lâcheté de plus, pour un président apte à les multiplier.

     Pendant ce temps, aux Etats-Unis, on constatait que l’arme dont s’est servi le tueur lors du massacre de Newton, connaissait des records de vente. Dans ce chouette pays, rappelons-le, un million d’armes à feu se vendent chaque mois. Dans ce pays chouette on offre des flingues, à Noël, aux enfants. Ainsi, à chaque nouvelle tuerie, Smith se frotte les mains pendant que Wesson compte les billets.

     De par chez nous tout augmente, même le Smic !... 4,30 euros de plus par mois, bande de nantis ! Et après on dira que Hollande et ses potes ne mènent pas une politique de gauche ? Tout augmente on vous dit, mais aussi et surtout les revenus des patrons du CAC40, lesquels ont connu une hausse de 4% en 2012. Désormais la moyenne de ces revenus est de 4,2 millions d’euros annuels, soit 215 000 par mois, soit 193 Smic. A la lanterne ! 


                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 19:56

3987230700_db9852791f.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je? Tandis que l’écrasante, au sens littéral du terme, population journalistique et plumassière aux ordres continue de se masturber le diencéphalique gauche pour savoir qui, de Bibi ou de Fricotin posera finalement son cul sur le trône Umpéesque, Bachar-le-barbare s’emploie à noyer sous les bombes un peuple ayant l’audace de ne plus tellement l’apprécier : de ceci, il n’est plus question ou quasi, en nos presses. Idem, de la tentative israélienne d’écrasement matériel, et tout à fait concret, de la bande de Gaza : profitant de ce que le monde avait les yeux tournés vers la joute Fillon-Copé, Netanyahou a tenté le coup. Pour l’instant, c’est raté, donc remis aux calendes. Selon le vice-premier ministre israélien Eli Yishai, il convient cependant, à Gaza, de « détruire toutes les infrastructures, y compris les routes et l’eau. » Quand à Gilad Sharon, fils d’Ariel, « il faut raser Gaza. » Ah. Pourquoi ? Parce que « les habitants de Gaza ne sont pas innocents, ils ont élu le Hamas. Les Gazaouis ne sont pas des otages, ils ont choisi librement. » C’est bien ce qui semble chagriner le fils d’un des plus grands criminels de guerre que le XXe siècle ait connu, lequel fut également porté « librement » à la tête de l’Etat par les israéliens.

     Mais que nos amis sionistes, s’il nous en reste, se rassurent : du fait de ses choix consentis « librement », du fait, essentiellement, de son nouveau statut reconnu par l’ONU, la Palestine sera punie, et dans les grandes largeurs. Le transfert des taxes, encaissées par Israël et dues à l’Autorité Palestienne, sera ainsi bloqué, en même temps qu’est décidée l’implantation de nouvelles colonies. « Nous avons dit dès le début que le rehaussement du statut de la Palestine à l’ONU ne se produirait pas sans réactions de la part d’Israël », balance tout de go M. Steiniz, ministre des finances. Et si vous n’avez pas compris, le ministre précise: « Aujourd’hui, nous bâtissons et nous continuerons de bâtir. » De détruire, également… Bref, appauvrir plus encore la population de Gaza, lancer la danse des bulldozers et ceci au mépris du droit international, c’est rien moins que planter les germes des conflits à venir. Cela, les israéliens et leurs politiciens le savent. On peut donc se demander quelle raison profonde les conduit à, depuis 60 ans, nier l’évidence palestinienne, en générant sans cesse, de par leur attitude, de nouveaux affrontements.

      En France, on s’en tamponne. Gaza peut bien rester ce qu’elle est, une prison à ciel ouvert, une bande de terre étroite encerclée de check points et soumise à blocus, en France, la grande nouvelle ce n’est pas la guerre actuelle lancée par Israël, c’est la création de l’UDI. Kézako? Un nouveau parti, vers le centre, et Borloo au milieu. UDI, l’Union Des Imbéciles, ou quoi ? Borloo se targue en tout cas de vouloir « sauver la France », rien que ça. Question : un trou du cul peut-il sauver la France? Parce que le centre, quoi qu’on en pense, c’est, de toute éternité, ce qu’on trouve entre la fesse gauche et la fesse droite.

     « Nous sommes l’élite, et nous devons être reconnus en tant que tel par la société », lâchait un autre trou du cul, un des rares chirurgiens en grève le 12 novembre dernier. Pour cette élite-ci, la reconnaissance en question passe naturellement par l’argent. Or, à 16000 euros de revenus mensuels en moyenne, nos amis chirurgiens « d’élite » se sentent encore peu reconnus. Décidemment la plèbe est peu « reconnaissante » : a-t-elle au moins idée de ce que coûte une résidence aux Seychelles ?   Fort heureusement, quelques couguars sur le retour se sont faite une spécialité de défendre nos amis les riches. Tel est le cas de dame Parisot, heureuse du rapport Gallois (20 milliards de cadeaux fait au patronat, pour Noël), mais qui n’en attend pas moins un « deuxième élan », qu’elle dit. Quoi, le caribou est trop petit ? Selon elle, Gallois ne va pas assez loin, alors que « les chefs d’entreprise n’ont qu’une envie, c’est d’embaucher. » En cette sinistre période agrémentée de plans sociaux et de licenciements massifs, la seule question qui vaille est de savoir si la Parisot se fout franchement de nos gueules, ou s’essaie au comique troupier. Tout de même, cela fait 18 mois que le chômage augmente, il connait son plus fort taux depuis près de 14 ans, et il conviendrait de continuer à faire confiance aux « forces vives » pour créer de l’emploi ? Basta ! Réquisition, autogestion : patron, vous êtes viré.

     D’autant plus viré, le patron, que selon Serge Latouche, économiste patenté (mais presque), « une société heureuse est une société qui consomme peu. Donc, le métier de publicitaire consiste à vous rendre malheureux. » Lors de l’interview, le gars Latouche avoue ne même pas posséder de portable. C’est dire à quel point on peut lui faire confiance.

                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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