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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 18:53

                                                                                  

Sans titre 2Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Dix jours consécutifs de grève à la SNCF et voilà-t-y pas que ça panique dans le monde politoqué. Ce n’est pas tant que la gêne soit incommensurable (bien qu’on nous le fasse accroire), c’est plutôt, voyez-vous, qu’on n’est plus habitués. A force de manifs plan-plan, vagues promenades pour salariés qu’on emmène pisser derrière le camion à merguez, on a fini par ne plus savoir ce que peut signifier « grève reconductible ». Aussi patrons, hommes de droite et vils socialistes s’associent une fois encore en la condamnation de ces « irresponsables » pour qui la grève demeure un outil de lutte d’une rare efficacité. C’est ainsi: quand elle ne se résume pas à quelques maigres défilés, lorsqu’elle renoue avec sa nature première qui est de pur blocage de l’outil de production de manière à cogner au seul endroit resté sensible dans ce grand corps malade qu’est le patronat : le portefeuille ; quand elle se veut reconductible à défaut d’être générale, la grève redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : l’arme fatale des salariés.

     Dès lors, il n’y a de grève perdue que celle qu’on n’a pas menée, et les quelques désagréments occasionnés par elle ne saurait guère peser face à la fierté retrouvée, ne serait-ce que pour un  instant, par une classe ouvrière malmenée, piétinée, voir niée. Et oui, dans ce pays, il existe encore des cheminots, et quand ils cessent le travail les trains cessent de rouler. Il existe également, encore, des syndicats aptes à peser face aux délires d’un Pepy le moqué, pdg de la Sncf qui, avant même le vote à l’Assemblée estimait que « la grève doit cesser le plus vite possible, parce que le parlement va voter le projet de loi », ou face aux vociférations d’un Valls pour qui cette grève n’est « ni utile, ni responsable », face aux fleurets mouchetés d’un Hollande sondagièrement mort, et qui, cognant sur les grévistes, vise à se rapprocher de la « vraie France », celle qui râle et se mouche dans les tracts syndicaux. Et comme rien n’arrête ces faquins, nous eûmes droit à une belle pleurnicherie nationale au sujet de nos chères têtes blondes menacées d’être privées de bac par cette minorité d’enragés de grévistes méchants. Pris en otage par des médias qui tenaient là, pensaient-ils, l’argument imparable, ces braves lycéens n’eurent cependant aucun mal à rejoindre les salles d’examen : encore raté ! Pareillement inefficace furent les témoignages entendus à longueur de journée sur Radio Paris et consœurs, narrant la tristesse d’usagers convaincus d’arriver en retard pour suivre à domicile le match de l’équipe de France… A la question « doit-on interdire la grève les jours de coupe du monde, les jours d’examens, pendant toute la durée de la fête à Neu-Neu et de la foire au boudin ? » la réponse des journaleux ne fait donc aucun doute. Pareil descente en piqué au tout près des pâquerettes pourrait désespérer, si un interviewé demeuré anonyme ne nous rendait le sourire : « je suis bloqué à Paris, je crois que je vais être obligé d’aller voir le match dans un bar avec les potes ». Le fou rire qui a dû suivre la réponse du quidam fut, bien évidemment, coupé au montage.

     Merci à lui, cependant, de me fournir ainsi un parfait enchaînement vers l’autre sujet qui fâche, en l’occurrence la coupe du monde. Mais, finalement, non. J’en parlerai pas. Pas envie. Juste, laisser la parole à cet ex milieu de terrain, jouant désormais clairement à droite (peut-être même un peu à l’extrême), j’ai nommé Michel Platini, dont la sortie devenue célèbre mérite, il me semble, d’être une nouvelle fois citée : « Il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, bah ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on maîtrise pas, quoi. » C’est le moins qu’on puisse dire.

 

                                                                                                    Frédo Ladrisse.

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 19:32

sous-com.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le tam-tam  médiatique s’emballant, frénétique, frôlant l’apoplexie sonore. Sonnez tocsins, résonnez amusettes en forme d’anathèmes et d’indignations feintes. C’est que l’électeur français, cet âne trop bien bâté, ce fifrelin grossier a, une fois encore, choisi de jouer sa partition, prêtant moins qu’une sourde oreille aux cris d’orfraie d’une presse écrite et radio et télévisée n’ayant eu de cesse, ces derniers temps, d’activer moult gyrophares, faisant péter comme jamais les grandes orgues d’un antifascisme bon teint ayant pourtant prouvé, de long temps, sa pleine innocuité dès lors qu’il s’agissait de combattre le Front National. Ce qui devait advenir, advint : à trop lui répéter  que voter FN, c’est mal, c’est moche c’est vilain, la curetaille médiatique a fini par offrir, comme sur un plateau de purin, le statut de rebelle, d’outlaw, à l’électeur FN. Et le même clergé de s’étonner, le lendemain, que le parti de la haine et de la rancœur se hisse à un niveau jamais atteint et devienne, mais oui, le premier parti de France.

     On rétorquera, à juste titre, qu’il serait pour le moins oiseux de ne tenir pour responsable de cette bérézina que les seuls medias. Le personnel politique, en domesticité docile de la finance et du patronat aura, bien entendu, plus tard, des comptes à rendre en ce qui concerne la montée des nationalismes en Europe, ascension que leurs programmes austères, liés à l’extrême frivolité de leur non-pensée politique – que résume assez bien la formule « après moi le déluge » - n’aura fait que nourrir, de loin en loin. Maudits soient ces frileux, ces piteuses poules mouillées de la sueur produite par leur trouille congénitale, ces munichois, ces trembloteurs ! Qu’ils aillent au diable, mais : qu’ils soient alors suivis de près par le troupeau d’éditorial-tristes, de pisseurs de papiers crasseux sur « l’invasion Rroms » et autres chieurs de reportages magnifiant la police, laquelle mènerait, en banlieue, « une véritable guerre ».

      25 %. Une paille. Une poutre dans l’œil de Hollande qui, brillant analyste, déclarait sur France2 : « ce vote, il est là, et doit être regardé en face. Ce serait une faute de fermer les yeux, et je ne la commettrais pas. » Ne doutant pas un seul instant de sa capacité à se rendormir illico et à nous conduire droit dans un mur dont il semble être le seul à ignorer que nous l’avons déjà percuté, il ne nous reste qu’à souhaiter à Hollande et aux soldats roses bonne nuit, les petits, étant bien entendu qu’il ne sert plus à rien de leur botter le cul, cette partie de leur anatomie étant, au même titre que leur cerveau, totalement anesthésiée.

      Certes, une certaine gauche de droite l’a emporté en Espagne, et au Portugal. Certes la gauche radicale avec Syriza est arrivée première en Grèce, réalisant un score près de trois fois supérieur à celui des nazis d’Aube dorée. Cela ne suffira à consoler que ceux qui, au moment d’être fusillés, demandent à ce qu’on leur bande les yeux. Car en France, en bas, là, les franchouillards triomphent, campés dans leur rancitude et racisme assumés, sûrs de leur bon droit comme de la qualité de leur camembert made in France. Il faudrait les comprendre, les écouter ? Et pourquoi pas leur pardonner ? Rien, pas une excuse, pas un alibi, pas une once de mansuétude pour ces ploucs enformolés dans leur travail, famille, patrie ! Il n’est plus temps de tergiverser (« vote protestataire », la bonne blague!), il convient désormais de les renvoyer dans les cordes et de les knock-outer, non sans avoir pris soin de leur cracher à la gueule. Le Front National, aujourd’hui, c’est 14 communes, 1500 élus locaux, 24 députés européens, plus de 4,7 millions d’électeurs, au moins autant de sympathisants : une paille ? Un feu, plutôt !

     Le Front National c’est aussi une bande d’azimutés de première, dont Robert Ménard, maire bleu marine de Béziers, n’est pas le moins… perturbé. J’en veux pour preuve que maire Ménard vient de publier un décret municipal interdisant l’étendage du linge aux fenêtres, jugé par lui « inesthétique ». Au programme du prochain conseil municipal: la couleurs des boutons de chemises, et de nouveaux feux tricolores jouant sur le bleu, blanc, rouge, le vert et l’orange étant jugé par Ménard comme pas beaux.

     Pour finir, et comme une sale nouvelle n’arrive jamais seule, saluons ici la mémoire du sous-commandant Marcos, lequel a disparu. Non pas qu’il soit mort des suites d’une longue maladie comme se plaisait à l’imaginer et à en répandre la rumeur les ennemis de l’EZLN, mais, après des années de lutte, réapparaissant à l’occasion de l’enterrement du compagnon Galeano,  entouré des autres sous-commandants zapatistes il a simplement signifié « Marcos cesse d’exister aujourd’hui ». La raison de ce retrait définitif est claire, à la lecture de cet extrait du communiqué collectif : « nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une génération qui pouvait nous voir de face […] Marcos, le personnage, n’était donc plus nécessaire. C’est notre conviction et notre pratique que pour se dévoiler et lutter les leaders ou chefs ne sont pas nécessaires, ni messies ni sauveurs, pour lutter il faut juste un peu de honte, un soupçon de dignité et beaucoup d’organisation. Le reste, soit il sert au collectif, soit il ne sert pas. » Une fois encore les leçons les plus essentielles descendent des hautes montagnes du Chiapas, et parviennent jusqu’à nous. Sommes-nous disposés à les entendre ? Pas si sûr.  

                                                                                            Frédo Ladrisse.

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 20:07

images-copie-37.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Prêtant l’oreille aux cris d’orfraie d’une presse papier en manque de lecteurs, il semblerait que la panique gagne les rédactions : Kiev, Sarajevo, même combat, l’occasion est trop belle, en cette année de centenaire, de dresser le parallèle et d’ameuter les foules en laissant les prédicateurs à la petite semaine nous annoncer, pour la Noël, la troisième guerre mondiale. Mais si les ingrédients d’un scénario de type conflit planétaire semblent, en bonne partie, réunis, il manque le sel essentiel sans lequel cette soupe restera imbuvable : le désir, chez les peuples, d’en découdre. De se faire déchiqueter pour l’honneur.

     Certes, partout ou presque en Europe la fièvre nationaliste empourpre fronts et joues. Cette engeance est d’autant plus dangereuse qu’en face peu de forces paraissent en mesure de s’y opposer. Pour autant les mentalités depuis cent ans ont évolué, et les baïonnettes endormies dans leurs fourreaux sanglants risquent peu de rejoindre d’aussitôt les canons. En Ukraine comme ailleurs, mêmes les hallucinés rêvant de sang impur abreuvant je ne sais quels sillons ne semblent plus guère disposés à ce que le leur soit versé au nom de la patrie. En un sens, c’est plutôt bon signe. Il n’en demeure pas moins exact que les élections européennes sont assurées de voir le sacre des partis nationalistes fascistes racistes pétris de haine et de rancœurs patriotardes. Les mêmes chants abscons résonneront, de la Norvège à la Grèce, en passant bien sûr par la France, rance patrie des droits de l’homme blanc, où règne désormais une islamophobie d’Etat mêlée de racisme assumé, à tout le moins « décomplexé ». Il faut se rendre à l’évidence : nous vivons désormais dans un pays où une ministre, pour peu qu’elle soit noire et n’entonne pas la Marseillaise du haut de la tribune, se voit conspuée, accusée de traitrise, sommée de démissionner par toute la frange patriotarde d’un personnel politique biberonnant du bleu-blanc-rouge laquelle, loin de se limiter à la droite, embrasse un large spectre courant de Le Pen à Mélenchon. Nous vivons dans un pays où, quand quelques dizaines de lycéens mieux informés que d’autres de l’affligeant sexisme, véritable pilier de notre société,  sous prétexte d’avoir décidé de porter, une journée, une jupe malgré leurs mâles attributs, se voient hués, chahutés, et malmenés par les foutraques de la Manif pour Tous, appelés à Nantes les sentinelles. Un geste simple, et pacifique, de défense de l’égalité entre filles et garçons peut ainsi, dans ce pays, vous vouer aux gémonies. C’est assez dire le nom que portera, ces prochaines années, l’ennemi à abattre. 


                                                                                               Frédo Ladrisse.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 20:01

images-copie-27.jpgTirant tête hors du trou et revenant de la traditionnelle manif’ libertaire du 1er mai, manif’ bon enfant d’habitude, permettant de sortir les mômes et de retrouver de vieux copains pas vus depuis des mois, de chanter gueuler avec eux, bringzinguant sans encombre de Belleville à Bastille. Cette année, l’ambiance fut tout autre. Au piteux prétexte d’une vitre de Monoprix brisée (la rumeur courant son train il fut de suite question d’un magasin « dévalisé » : je suis passé devant : les rayons allaient bien, merci) une armée de gendarmes mobiles et pas fairplay : mobiles, ont joué la présence de masse, le gazage à outrance et le matraquage à l’aveugle. Quelle bande de trous du cul, pensais-je à part moi, livrant à qui voulait l’entendre mon analyse de l’évènement : en France, dès qu’un ancien ministre de l’intérieur devient prems’ ou pire, président, les bouledogues se lâchent et se croient tout permis. Valls, Sarko, même combat : primauté de la force sur le droit (une des définitions du fascisme). 

     On me murmure dans l’oreillette que la véritable raison de l’agacement policier agrémenté de bombes au poivre serait le passage à tabac d’un membre de la BAC, de cette néo-naze Brigade Anti Civils écumant à l’accoutumée, et nocturnement, les quartiers. Ce n’est pour l’heure qu’une autre de ces rumeurs de fin de manif’. Cependant, si celle-ci devait se révéler exacte, au moins éprouverai-je la satisfaction de ne m’être pas fait gazé pour rien.

     Laissons-là ces péripéties à la petite semaine et revenons à l’essentiel, à notre commune religion notre très-sainte mère à tous : l’économie. Quand il n’est pas à Rome en train de baiser les Très Saintes Chausses de François 1er, Valls concocte sur un post-It un « plan d’économies » dont l’équation est simplissime : où trouver 50 milliards ? La réponse s’abat telle une lame sur nos cous, nous les trouverons, dit-il, dans la poche des petits vieux (retraites), dans celles des fonctionnaires (gel des salaires depuis quatre ans et pour trois années de plus), dans celle des malades (Sécu). « Ce plan est calibré, bien réparti, et juste », estime le premier sinistre. Calibré, kézako ? Bien réparti entre les pauvres, cela à coups-sûrs. Juste ? Pfff…. La xyloglossie (langue de bois), même elle, connait ses limites. Une question rarement voir jamais abordée par les pisseurs de copies et autres journaleux aux ordres est : 50 milliards, pour quoi faire ? S’il n’était pas totalement dépourvu de sincérité, les malfaisants serrant les cordons de toutes les bourses hors les leurs seraient alors contraints de répondre qu’après avoir promis un cadeau de 35 milliards au patronat français, c’est sous nos pauvres matelas qu’ils espèrent bien les dénicher. Voleurs, bandits, brigands, crapules, en un mot : socialistes !

     Pensiez-vous que les maîtres des forges, l’association des exploiteurs ayant pour nom Medef se contenterait de ce cadeau-ci ? Ils l’ont applaudi, clap clap clap, fait péter la thune, Valls ! Le lendemain, ils se sont remis au travail, à cette lugubre tâche consistant à trouver de nouveaux moyens d’augmenter les profits de leurs confrérie au détriment de celui de la masse miséreuse qui, sous régime libéral, n’a qu’à bien se tenir et fermer sa grande gueule sinon c’est la porte le chômage la rue le suicide, et basta. Comme ce ne sont pas des génies, comme ils ne sont pas même ingénieux mais, au mieux, ingénieurs, ils eurent l’idée de recycler une antédiluvienne idée : le « Smic jeune », sous-salaire pour maxi-profits, appelé CIP sous Balladur (la rue l’a dégagé direct), puis CPE sous Dominique Galouzeau de Villepin (même destin). « En France, le salaire minimum est trop élevé », osa Pierre Gattaz, président du Medef. Une phrase à mettre selon moi en regard de celle, répétée à l’envi par Sarko président, affirmant que « lorsqu’on perd son travail, on perd toute dignité ». Dès lors, l’évidence s’impose : rompons une fois pour toutes avec cette idée « ringarde » de salaire, et redonnons leur dignité à ces millions de chômeurs, grâce au travail gratuit. Une idée simple, qui coule sous le sens, et promise à un bel avenir. A condition, bien entendu, que ce travail gratuit soit également obligatoire, car autrement le chômeur, connu pour sa fainéantise et son manque de patriotisme, risquerait de refuser tout retour vers la « dignité ».

     Bon, ça n’a pas marché. En pleine période de cadeaux tous azimuts aux entreprises (ou plutôt aux chefs d’entreprises), cette demande d’autorisation d’exploitation à peine masquée d’une jeunesse en plein désarroi passa pour, disons, une faute de goût. Erreur de timing, sans doute… Pas grave, on attendra, dit le Medef en chœur. En attendant, Gattaz, qui décidemment ferait passer cette raclure de Parisot pour une gauchiste de base, enchaîna sur une demande de « modération salariale » : traduite en langage commun, l’expression signifie le gel des salaires, de tous les salaires, et ceci durant des années. « C’est la condition sine qua non pour que le pacte de responsabilité ait des effets bénéfiques », menace Gattaz. Nouvelle traduction : merci pour les 35 milliards, bon ok on s’est engagé à créer des emplois mais finalement non, on le fera que si on peut encore moins payer la plèbe. Autrement ? Allez vous faire foutre, et merci pour le chèque. 

     30 ans que ça dure, que le « monde de l’entreprise » nous chie dans la bouche sans jamais provoquer la moindre réaction d’un pouvoir politique aux ordres du porte-monnaie mondial. Le « travail coûte trop cher » (alors qu’en réalité il n’a jamais tant rapporté), ce sont les entreprises (les « chefs d’entreprise ») qui créent l’emploi et donc, c’est eux qu’il faut aider, soutenir, au détriment des salariés… Calembredaines, billevesées…  Depuis l’ère mitterrandienne jamais aucun plan destiné à engraisser le patronat via la baisse des charges, les exonérations d’impôts, les chèques de 35 milliards, n’ont fait reculer le chômage en France. Jeu de dupes, foutaises. Car en réalité le patronat n’a aucun intérêt à lutter contre le chômage : c’est son meilleur allié. En permettant de maintenir une « modération salariale » laquelle, n’en déplaise au Medef, est devenu la règle depuis deux décennies, en permettant de maintenir la pression sur des salariés lesquels préfèrent gagner peu que ne rien gagner du tout ; en jouant constamment sur les menaces de fermeture, de dépôt de bilan, de délocalisations comme d’armes de destruction massives d’un bassin local, d’une ville, le chômage et le prétendu «coût du travail» nourrissent un chantage permanent auquel le personnel politique, de gauche comme de droite, cède moins par lâcheté que par goût pour le dogme libéral.

     Autre rengaine entendue cent fois, et qui en ce moment entame un retour comme en douce : non content d’être trop payé, le salarié français ne travaillerait pas assez. D’où la nécessité, pour quelque chose comme « maintenir notre compétitivité » (autre tarte à la crème que cette « compétitivité »), de revenir aux 39 heures naturellement payées 35. Le patronat, qui a assez mouillé la chemise, comme on a vu, sur d’autres sujets, laisse cette fois la droite labourer le terrain. Ainsi a-t-on pu entendre Eric Woerth, de sinistre mémoire, affirmer que « cette fois, je crois que les Français sont prêts. » Après s’être fait travaillé par de la mauvaise vaseline durant de longue années, nous serions aptes à tendre le cul ? L’énormité de la chose est que Woerth au nom de rot n’a peut-être pas tout à fait tort.

     Partage des richesses : les 67 personnes les plus riches du monde possèdent à elles seules autant que la moitié de l’humanité. Voilà des gens « compétitifs ». Adn : la totalité de la gente masculine d’un lycée de La Rochelle a vu son Adn prélevé, dans le cadre d’une enquête pour viol. Un seul des élèves a refusé « une forte tête » selon le proviseur, « un anarchiste. » Bien entendu le voici dans le collimateur de la police qu’on dit scientifique, malgré l’oxymoron. Dernière bonne nouvelle, pour la route : Finkielkraut le patriotard, l’islamophobe notoire ultraconservateur fanatique de la Marseillaise, entre à l’académie française. Soral et Dieudonné n’étaient pas disponibles ?

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 20:09

 

xi-jinping-en-visite-en-france.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Pierre Gattaz, le patron des patrons, medefien hérissé en diable dès qu’on vient lui causer du pacte dit de « responsabilité ». « Arrêtons de dire qu’en France on fait des cadeaux aux patrons, ça me hérisse le poil ! »,  a lâché le matou. Pov’ chat, il est vrai que 30 milliards d’allègement de charges ne saurait, par le patronat français, être considéré comme un cadeau dans la mesure où son exigence flirtait avec les cent milliards. Par ailleurs, citoyen contribuable salarié travailleur (qui ainsi subira quadruplement le coût de l’insane mesure), on te prie en les salons de ne pas oublier l’énormité des concessions concédées par le patronat en échange de cette pluie de biffetons : désormais les chefs d’entreprises seront mollement invités à faire ce qu’ils peuvent pour créer quelques emplois, si la conjoncture le permet, si le marché s’y prête et si il ne pleut pas. On comprend que cette contrepartie puisse être jugée par le Medef extrêmement contraignante. Pour les caciques du CAC40, y’a pas à tortiller : c’est le retour du goulag, sous la houlette d’un Hollande pur produit du stalinisme.

     Que la « main invisible du marché » finisse par serrer le cou de cette bande de voleurs patentés !

     Malgré les sales coups fomentés par ces ultragauchistes que sont Montebourg, Michel Sapin, François Bayrou Alain Juppé (autant de fanatiques utopistes prétendant « réguler le marché »), le capitalisme démocratique (selon la formule de Eric Hazan) avance, de par le monde, et partout se présente comme l’horizon indépassable d’une Histoire qu’on dit achevée, quand bien même ce capitalisme contient en lui et comme en germe la disparition, l’extinction, définitive, de l’humanité. Un peu de factuel ? Allons-y.

     Il y a quelques jours, un accord signé en l’Ukraine et la Communauté européenne stipulait que le nouveau régime ukrainien « s’engage à respecter les droits de l’homme ET l’économie de marché. » Les majuscules sont de moi, la mise sur le même plan des deux domaines est du ressort des signataires. Que le libéralisme ait l’outrance d’inscrire désormais son idéologie dans le marbre des accords internationaux, qu’ainsi il conditionne tout aide financière (dont l’Ukraine, entre autres pays, a cruellement besoin) à cette façon d’allégeance aux lois intangibles du marché ; que de cette façon il décrète irrecevable et se plaçant hors la loi toute expression démocratique visant à s’émanciper de ses entraves, n’est jamais qu’une nouvelle étape dans la guerre en question. Prise entre le marteau de la menace russe et l’enclume d’un endettement frisant la banqueroute, la pauvre Ukraine n’est jamais que la victime idéale, n’a d’autres choix que celle d’un servage consenti face à la puissance financière d’une Europe dont elle attendait, à coups sûrs, autre chose. Plutôt que la démocratie et la protection vis-à-vis de l’ogre russe, le premier accord Europe-Ukraine aura eu pour objet le menottage de son économie, désormais fatalement, exclusivement libérale. Les Ukrainiens ne l’oublieront pas, et nous ne l’oublierons pas non plus.

     Autre exemple, pour la route ? Elles furent bloquées, les routes, les avenues, les rues, lors de la venue de celui qu’on nomme vulgairement « le numéro 1 chinois », autrement appelé Xi Jinping, autrement appelé par ses potes du parti « Président de la République Populaire de Chine, Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois et Président de la Commission Militaire Centrale du Parti Communiste Chinois ». Comme ça fait un peu long sur une carte de visite, même imprimée en Chine, on l’appellera Xi.

     Xi s’est donc baladé su les Champs Elysées, pavoisés de drapeaux chinois : un honneur auquel même le colonel Kadhafi, pourtant copain comme gorets avec Sarkoléon-le-petit, n’avait pas eu droit lors de sa parisienne visite. Les étendards de la pire des dictatures encore en exercice furent donc déployés, sans vergogne, les tapis nécessairement rouges étalés au seuil des palais de notre bananière république. L’enjeu était de taille : « dix-huit milliards d’euros de contrats, c’est de l’emploi » a résumé Hollande entre deux nems aux crevettes. Ce qu’il s’est gardé de préciser c’est que c’est de l’emploi surtout en Chine, et c’est du fric en France, pour filer aux patrons dans le cadre des « pactes » (voir plus haut). On a donc baissé son froc, on s’est laissé sucer l’anus par des dignitaires chinois venus constater sur place notre mollesse, notre lâcheté en matière de « droits de l’homme », dès lors qu’on agite un chéquier devant nos museaux. Indécis, timorés, faciles à acheter : tels sont les Européens aux yeux de Xi comme de Poutine, dont le récent anschluss sur la Crimée n’a suscité que mièvres réprobations de la part de l’Europe, première puissance mondiale, ah ah, laissez-moi rire avant de pleurer.

     Des avenues, des quartiers entiers de Paris furent bloqués durant la visite de Xi, par crainte qu’il ne soit confronté au moindre drapeau tibétain. 16 stations de métro furent fermées une après-midi, provoquant l’incompréhension du voyageur parisien : « il prend le métro, Xi ? Alors pourquoi on nous fait chier ?» Ledit Xi s’est fini au château de Versailles, concert privé, fastes sans furious, jusqu’à la dernière seconde Hollande et ses ministres jouèrent les escort girls pour Xi le dictateur. Mais on a vendu des Airbus. Lors de sa venue à Paris, Hitler n’en avait il est vrai commandé aucun.

      Droits de l’homme ET lois du marché : les unes primant sur les autres au titre d’une realpolitik n’ayant de réelle que le nom (si la réalité primait la survie d’une humanité condamnée par le capitalisme commanderait d’entamer, contre lui, sans tarder, une lutte au couteau), on ne sera pas étonné de voir les droits de l’homme reculer partout où le marché avance. Mais une telle réflexion, même frappée au coin du bon sens, risque de « hérisser le poil» du matou du Medef, donc chut.

     Tiens, au moment de conclure, je m’aperçois que j’ai oublié de parler des dernières élections. Curieux… C’est peut-être qu’à force de voir qu’on garde le même bocal et qu’on change juste de cornichons, j’ai perdu le goût des condiments ?


                                                                                                  Fredo Ladrisse.     

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 19:23

index-copie-4.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le bruit de la révolution résonnant depuis l’Ukraine. D’aucuns, de la droite dite républicaine jusqu’à l’extrême-gauche, se pincent le nez et font la fine bouche. Cette révolution-là ne serait pas tout à fait politiquement correcte, puisque s’y mêleraient, de ci de là, quelques groupuscules d’extrême-droite. Ces fins observateurs qui ne voyaient, il y a trois semaines, rien d’autres que des « troubles » à Kiev (quand bien même ce mouvement populaire de longue durée devait, à l’évidence, conduire soit au renversement de Viktor Ianoukovitch et de son régime corrompu soit à un véritable bain de sang), ces borgnes se pensant rois au pays des aveugles, n’ont désormais plus d’autre alternative que de, uno, reconnaître l’aspect révolutionnaire du mouvement, secundo essayer de minorer sa portée. Ce qui ne sera pas une mince affaire, vu la réaction de Poutine, autrement surnommé Pou-Pout’-les-pectoraux, lequel est à un cheveu de déclencher une guerre mondiale tant le dégoûte, l’écœure et l’effare le spectre d’une révolution menée par le peuple lui-même. Le seul fait que Poutine montre ses muscles et ses chars d’assaut suffirait à prouver la légitimité de cette révolution.  

     Cependant, il aura fallu quatre mois à ces politicards et autres salonards dénués de tout sens analytique pour admettre qu’en Ukraine se déroulait non pas un « affrontement » avec « risques de guerre civile », mais une révolution issue du peuple, voulue par lui. Encore n’y souscrivent-ils qu’une fois mis devant le fait accompli, un président en fuite, une assemblée défaite, les palais de l’ancien pouvoir envahi par la foule et la nomination d’un gouvernement provisoire, en attendant la Constituante. C’est que le constat ne peut être que lourd de conséquences : les mêmes qui, hier, expliquaient que les révolutions arabes avaient pour origine un contexte spécifique, politique et géographique, sont contraints aujourd’hui d’admettre qu’un mouvement populaire finalement assez proche de ceux qui balayèrent Tunisie, Egypte et Lybie, vient de pareillement réussir dans un pays se situant en plein cœur de l’Europe. Au cœur de cette Europe soi-disant « pacifiée » où les peuples, rendus atones croyaient-ils, étaient de long temps placés dans l’incapacité de se soulever et, finalement, de l’emporter sur un appareil d’Etat, quel que soit sa nature. D’où : stupéfaction, incompréhension, et bêtise. « Oui mais l’Ukraine, c’est l’Ukraine », nous explique-t-on à longueur d’ondes. Spécificité, là encore, qui ferait que ce qui se passe à Kiev ne saurait se produire à Londres, à Madrid, à Paris ?

     Les mêmes fins « observateurs » dont la spécialité semble tenir en ce qu’ils ne voient jamais rien venir, tomberont de l’armoire quand Paris, Londres, Madrid seront pareillement le théâtre où s’exprimera, en actes, la colère populaire.            

     Tandis que la police de Kiev tirait à balles réelles sur les manifestants (75 morts en deux jours… Des gens seraient-ils encore capable de mourir pour la liberté ? Il faut croire que oui, s’étonnent nos observateurs), les Pussy Riot, elles, libérées avant les JO, se rendaient en douce à Sotchi, pour une intervention nommée « Poutine va vous apprendre à aimer la mère patrie. » Après que les deux Pussy présentes se soient fait matraquées par des cosaques (on rêve…) et bien casser la gueule par eux, elles ont été arrêtées, « brièvement » nous dit-on. Ouf. Pas de retour en camp de travail ? Ça viendra, quand les caméras de l’occident « apaisé » seront rangées dans les camions. D’ici là, gloire à elles au plus haut des cieux de l’anarcho-punk déluré !

 

     Autres cieux, autre punk : Copé. Car comment ne pas dénommer ainsi l’agité de l’Ump, lequel se trémousse sur tous les fronts ? Après nous avoir gratifié d’un happening qui restera dans les mémoires (« la maîtresse… à poil, le voisin, à poil !... Papa à poil, maman à poil ! »), le voilà qui nous rejoue la grande scène du six, pris la main dans le pot-de-vin : « Depuis quelques jours, ma personne, mes proches sont l'objet d'une véritable chasse à l’homme », a-t-il estimé, avant de dénoncer des «méthodes dignes de l’Inquisition », dont se seraient rendus coupables des «Tartuffe bouffis d'orgueil», ou une «vendetta» qui le mènerait au «bûcher médiatique». Bigre. Mais où sont les bûches, le petit bois, les allumettes ? Où sont les instruments de torture « dignes de l’Inquisition », si ce n’est dans la tête de ce grand malade ne supportant pas d’être suspecté de magouilles ? Copé, où la continuité de cette tradition toute française de l’impunité garantie, de l’immunité de salon. D’autres malfaiteurs et bidouilleurs auraient fait le choix du silence. Pas Copé, cet ultrasensible. Tout le blesse, tout !, à l’instar de tous les mégalo.

 

     Et pendant que ce pauvre diable gémissait sur son pauvre sort, ses amis du Medef s’apprêtaient à tout bonnement supprimer le régime des intermittents du spectacle. Trop cher, trop d’abus, la rengaine… Que les abus en question soient l’œuvre, pour une grande part, des patrons de l’audiovisuel ou des grosses boîtes de production ne semble pas déranger plus que ça le Medef. Que soit jetés dans le même sac l’animatrice de chaîne câblée touchant 6000 euros mensuels au titre d’intermittente et le saxophoniste de jazz galérant pour trois cachets ne les interpelle pas davantage. Trop chers, trop peu rentables, pas assez… Y en a-t-il, parmi vous, pour douter encore que le monde de l’entreprise, de l’argent facile, de la bourse, soit l’ennemi de la culture ?

     Dans l’univers même  de la culture, on trouve de furieux adversaires au régime des intermittents : ainsi, lors de la toujours funeste et dormitive cérémonie des Césars, pas un seul artiste présent, récompensé ou non, ne trouva une fraction de minute pour signaler ce scandale évident, et la mort programmée de la création de proximité. Pas un, pas une. Ils s’en tamponnent le coquillard, eux sont sorti de là, ce n’est plus leur problème. Conclusion : cette bande de cons aux egos surdimensionnés sont juste en train de se tirer une balle dans le pied. Sans intermittents, pas de théâtre. Pas de cinéma. Pas de concerts. Point, malheureusement, final.

     Dans ce pays gouverné par une « gauche libérale»  (le bel oxymoron que voilà), dans cette France rance aux relents de pétainisme revendiqué, de FN policé et de « manif pour tous », règne une certaine logique qui autorise à lier rejet du culturel et rejet des populations : selon un rapport de la LDH (ligue des droits de l’homme), l’état a procédé en 2013 à deux fois plus d’évacuations de campements Roms que l’année précédente. Autant le terme « d’évacuation » lequel implique une solution de relogement, est douteux, autant il convient de retenir que sous le règne de Hollande-Valls, et d’une année sur l’autre, les destructions de campements ont simplement doublé, affectant 20 000 personnes sur la seule année 2013. Selon les auteurs du rapport, « ces évacuations forcées sont l’expression d’une politique de rejet des Roms, qui a empiré sous la gauche. »  CQFD.

     Quel lien, me direz-vous ? Il est à mon sens évident. Quand un pays décide de mettre à bas des pans entiers de la création vivante au prétexte qu’elle est jugée, selon le patronat et ses critères, « trop chère », il ne faut pas s’étonner que l’état, de son côté, rejette certaines populations et ses apports éventuels. Les normes qui président à ces décisions ne sont plus désormais que d’ordre économique, saupoudrées d’un zeste de racialisme lequel autorise, par exemple, le ministre de l’intérieur à décréter une fois pour toutes que les Roms ne sont pas « intégrables ».

     Et c’est ainsi que, sur les ruines de ce qui fut naguère une terre d’accueil pour tous, prolifèrent les quenelles de Dieudonné et consorts, et les nationalismes de droite comme de gauche. Le pire est assurément qu’il est déjà trop tard pour pleurer.

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.   

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 19:37

images-copie-12.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Tandis que François-le-maudit traversait l’Atlantique en compagnie d’Yvon Guattaz, son poteau du Medef, tandis qu’il s’en allait en quelque ville western claquer la bise à Carlos Diaz, meneur des Pigeons, mais si, souvenez-vous : cette clique entrepreneuriale sans reproches mais animée de peurs ancestrales, l’impôt pas bien, le code du travail beurk, rétablissez-nous l’esclavage, le taillable et le corvéable, ou sinon nous fermons boutique… tandis que Hollande-de-pute offrait sa langue habile aux culs des connétables et autres « forces vives » dont on ne sait que trop la mollesse en matière salariale, mollesse inversement proportionnelle à l’appétit qu’ils montrent pour les aides publiques… tandis que François, cancre mou et chancre aux multiples prurits libéraux, tandis que la présidentielle girouette vantait le vent de Palo Alto on apprenait, de ce côté ci du vieux monde, qu’un gel du salaire des fonctionnaires, ces fainéants, ces profiteurs, ces nantis payés à rien foutre, dormait dans le carton à projets d’un gouvernement socialiste lequel, ayant promis 30 milliards d’euros de cadeau au patronat français, se devait désormais dans l’obligation de les trouver. Pourquoi, dès lors, ne pas aller en chercher une partie dans les poches des fonctionnaires, de ces millions de privilégiés qui balaient nos trottoirs, trimballent des kilos de lettres et colis à vélo, accueillent nos enfants en classe, nous soignent dans les hôpitaux, rétablissent l’électricité là où a soufflé la tempête, font vivre des théâtres, cinémas ou bibliothèques, … Il serait donc question de « geler » tout ce petit monde. Pour un gain d’environ 1 milliard d’euros par an. Fonctionnaire, mon frère, mon camarade et mon ami, attends-toi donc à demeurer à 1600 euros mensuels durant une trentaine d’années, le temps pour l’Etat d’honorer son engagement auprès du Medef, cette engeance, cette bande organisée.              

     Du reste, il ne s’agit jamais en l’espèce que d’un nouvel épisode d’une saga sans fin qui voit triompher, de part en part, deux gangs, patronat et état liés par un pacte de bon aloi et collectionnant les victoires au détriment du peuple, dindon d’une farce éculée. Un petit patron français installé aux USA vantait ainsi, à l’occasion de la visite de Hollande, la « liberté d’entreprendre » en vigueur au pays de Wild Bill Hickok. «Ici, je peux embaucher sans me demander si j’ai besoin de ces coûts, parce que je sais que je peux licencier sans problèmes dès le lendemain. » Liberté, quand tu nous tiens… On notera, dans cette sortie, une nouvelle tentative d’associer salariés et coûts, au mépris d’une loi première de l’économie du travail qui veut que le travailleur soit source de profit, tout simplement parce qu’il produit. Le travailleur ne « coûte » pas : il rapporte. Dans le cas contraire jamais il ne serait embauché, étant bien entendu que nul n’est plus éloigné du philanthrope que le patron. On aurait presque honte que de devoir rappeler ces évidences, mais on ne peut que constater que la propagande associant salariés et « coûts»  ne fonctionne que trop bien.

     La honte, toujours elle, n’étouffe pas non plus les habitants de la Confédération Helvétique, lesquels viennent de se prononcer lors d’une votation pour une limitation, via quotas, de l’immigration. Quelques Noirs et Arabes aperçus à Genève auront donc suffit à apeurer les yodeuleurs et autres porteurs de culottes en peau de vache Milka véritable. Cependant, prenons gare aux simplifications : une très courte majorité l’a emporté sur le sentiment  général, qui en Suisse demeure que l’immigration est une chance et non un problème. J’en connais qui ont honte, et marche tête baissée depuis cette votation, en mode « je n’y suis pour rien ». Qu’ils se rassurent, on évitera de mettre tous les Helvètes dans le même panier, ce qui nous contraindrait sinon à regarder de plus près les sondages montrant que près de 40% des Français déclarent partager les idées du Front National.

     La honte ne ronge pas davantage autorités locales, gouvernementales, ni même Valls, alors qu’une petite fille vient de périr dans l’incendie d’un campement Rom, à Bobigny. Pire, il ne faudra pas attendre longtemps avant que ce décès soit instrumentalisé dans le registre «  on ne peut pas laisser se propager ce genre de bidonvilles, nous les raserons pour le bien de leurs habitants». Sans qu’aucune solution de relogement bien évidemment ne se profile à l’horizon. Le trottoir ou les baraques ? Lesquels d’entre vous choisiraient le trottoir ?


                                                                                                   Frédo Ladrisse.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 21:48

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Vociférations dans les rues et vociférations de salon, étant bien entendu que les unes rejoignent les autres, ne s’en démarquent, et à grand peine, que par les méthodes employées et les espaces où se déploient une haine, elle, partagée. Commençons par la rue, avant d’emprunter le couloir conduisant aux salons. Dimanche 26 janvier, dans les avenues parisiennes, on a vu se déployer un cortège conséquent et logique, sous le titre générique de « jour de colère ». Sous cette appellation se sont réunis, coude à coude, les fébriles marionnettes du « printemps français », les agités de la chasuble, Civitas et consorts, main dans la main les intégristes et les néonazis au premier rang desquels le Bloc Identitaire, dissous mais reconstruit. Etaient évidemment présents les « dieudonnistes » adeptes de la quenelle à tout crin, un geste « pas antisémite, mais antisystème » selon monsieur Dieudonné M’bala M’bala. Un geste qui, cependant, récupéré par l‘extrême droite, semble avoir pour le moins échappé à son créateur. A moins que ce ne soit volontaire ? Bref, entre Bastille et Invalides, ce dimanche 26 janvier les choses furent enfin clarifiées. On voit mal désormais comment les thuriféraires de « la manif pour tous », ayant accepté de défiler avec l’ultra droite et les représentants de la pire engeance catho traditionnaliste, pourraient encore se réclamer d’un apolitisme bon teint. Idem pour les pro-vies, présents en masse : « arrêtez de nous avorter », proclamait une banderole infecte, sous entendant que l’IVG ne pouvait être une affaire de choix.

      Quoi qu’il en soit, merci à eux. Merci de s’être acoquinés et de fournir enfin, à ceux qui en doutaient, une photographie moins floue de la France rance, de la France d’hier et d’avant-hier, de cette France mâchant ses cadavres et s’obstinant à les cracher sous la forme de « printemps français » à la face de tout ceux pour qui l’Histoire ne s’est pas arrêtée en 1954. L’ennemi change d’apparence, il n’en demeure pas moins l’ennemi. Traditionnalistes catho, identitaires, manif pour tous, même combat. On le savait, de long temps : ce dimanche, dans la rue, ils n’ont fait qu’apporter la preuve, irréfutable cette fois, d’une idéologie extrême-droitière partagée.

     Pendant ce temps, en les salons de cette république bananée nommée par commodité « France », Gattaz number one du Medef comme avant lui son père (n’est-elle pas splendide cette transmission filiale du bâton de maréchal ?), Gattaz, donc, double la mise : heureux gagnants d’un lot de trente milliards d’euros octroyé par l’état dans le cadre d’un « pacte de responsabilité » n’ayant de pacte que le nom, les patrons exigent désormais que leurs gains soient doublés. « L’économie française est asphyxiée, ne fonctionne pas », avance le margoulin. Et ta sœur, elle est asphyxiée, et ta mère elle fonctionne pas ? « Il n’y aura de créations d’emplois que si rapidement des mesures fiscales et sociales se mettent en place », poursuit Gattaz, sûr de son fait, poussant son avantage. On ne saurait lui donner tort : le fils de son père Gattaz est payé pour défendre le patronat, extorquer à l’état c'est-à-dire vous et moi le plus de pognon possible. On lui refile 30 milliards ? Il en demande le double. Et prévient : « n’attendons pas de mesures presse-bouton pour créer de l’emploi demain. La clef de voûte de tout le dispositif, ce sont les dépenses publiques. » Décodage : ne comptez pas sur nous pour respecter le pacte, des emplois nous n’en créerons pas, nous demandons le double de ce qui nous fut octroyé en matière d’aide par Hollande et sa bande chiffes molles, nous demandons surtout qu’on privatise ce que les ringards continuent d’appeler « services publics », nos cartons sont blindés d’idées permettant de se faire un max de thunes dans le registre de la santé, de l’éducation, du troisième âge, de la police, des prisons,…

     Il semble que le répéter, de mois en mois, d’année en année, ne serve à rien. Cependant recommençons. Trente ans de cadeaux faits aux entreprises et aux patrons n’a pas une fois, pas une seule, permis de faire baisser le chômage. C’est que l’entrepreneur n’a rien d’un philanthrope. Il n’aime rien tant que le pognon, la fraîche, l’oseille, l’argent. Il prend la thune d’où qu’elle vienne, le reste ne le concerne pas. Et de la thune, du pognon, il n’en a jamais assez. Aussi est-il assez doué pour chialer se morfondre et menacer : je vais vous payer moins, les gars, sinon je ferme et basta. Le chantage lui rapportera quelques centaines d’euros, toujours bons à prendre pour payer l’école privée des gosses ou le séjour à Meribel.

     En un mot comme en cent : ce pacte dit « de responsabilité », n’impliquant aucune sorte de contrepartie pour le patronat lequel bénéficiera, à minima, d’un cadeau de trente milliards d’euros, ce pacte ouvrant la porte aux loups ayant désormais tout loisir de croquer les agneaux, n’est rien moins qu’un définitif baissement de culotte du pouvoir devant le patronat. Ce que Sarkozy n’a pas osé, certainement par faute de temps, Hollande l’a accompli. Nous ne l’oublierons pas.

     Autrement ? Dans le registre des clowneries on me murmure dans l’oreillette que les anciennes « zones d’éducation prioritaire » seront, sous peu, rebaptisées « réseau d’éducation prioritaire ». On imagine sans peine ce que ce changement d’appellation impliquera comme bouleversements dans la vie de Mamadou M’baye, élève de troisième au collège Jean Jaurès, 93400  Saint-Ouen.

     C’est que d’autres existences, bien que moins chamboulées sur le fond, réclament davantage l’attention des médias : on nous tartine ainsi depuis des jours et des jours avec la Trieweiller, dont on se fiche au même titre qu’une Carla Bruni. Ou d’une Bernadette Chirac, laquelle, pathétique, s’essaie encore à exister sous le mode de la solidarité entres femmes trompées, apportant ainsi son soutien à l’ex-meuf de Hollande. Et Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel, d’ajouter tout à fait fielleuse qu’elle pensait, en 2012, que « François Hollande n’avait pas le gabarit d’un président de la république, mais maintenant il a changé. » Trompez votre compagne, montrez-vous bien macho : vous aurez le gabarit.

 

                                                                                                   Frédo Ladrisse.

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 18:50

 

Sans titre-1 copieTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Beuglements, meuglements et crialleries diverses, comme à chaque nouvel an. Bonne année, disent ceux qui s’en foutent, et surtout la santé, rajoutent ceux qui veulent votre mort. L’hypocrisie est générale, de bon aloi, obligatoire. Pour sa part l’autruche se contentera de lui chier dans la bouche et de lui pisser à la raie, à ladite bonne année, non sans vous souhaiter de tout cœur une excellente nouvelle révolution solaire numérotée par paresse « 2014 ». Qu’elle soit pour vous sucrée/salée, et secouée comme il faut.

     Fin d’année, période des bilans. Ainsi Renaud Murail, gérant chez Barclay’s Bourse, nous rassure : « le marché n’est pas dans une phase d’euphorie mais va mieux. L’environnement est moins stressant qu’il y a deux ou trois ans. » On est content pour le marché. Et content pour Murail. Le même prédit par ailleurs que « le marché va rester dans un contexte de politique monétaire ultra-accommodant. » Chouette alors. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les banques centrales, avec notre pognon, vont continuer de soutenir les marchés financiers, dans des dimensions dépassant totalement l’entendement. Ainsi, en 2013, la réserve fédérale américaine (la FED), aura acheté pour 85 milliards de dollars d’actifs, CHAQUE MOIS. A comparer avec les 11 milliards que pèse le trou de la Sécu. Et qu’on nous contraindra bientôt à combler avec les six centimes qui nous restent dans la poche. Mais ça n’a rien à voir !, tonitruent les Rapetou, devenus multimilliardaires. La bourse c’est la vie, alors que la santé c’est la mort ! La mort des pauvres, d’accord, mais quelle idée n’est-ce pas, que d’être pauvre et malade.

     Il y en a, curieuses personnes, que ça amuse, l’espace de quelques jours, de jouer au pauvre comme on joue à la marchande, ou à la guerre. « Avis aux amateurs de week-ends culturels ! », annonce sans barguigner l’Express, avant de vanter un séjour au cœur de Soweto, bidonville par excellence de l’Afrique du Sud, celle d’hier, celle d’aujourd’hui. Bref, un hôtel pour blancs au beau milieu d’un ghetto noir, peuplé de quatre millions d’habitants : visite comprise dans le prix, dépaysement garanti ! Qu’il est doux, pour un Blanc ne sachant plus quoi faire de son argent, d’aller deux jours s’immerger dans la misère Noire… Et d’espérer que ses enfants auront bien retenu la leçon : Adolf, Astrid, avez-vous vu ces malheureux se battre pour un verre de lait ? Savez-vous pourquoi ils se battent ? Parce que le lait est blanc, papa, et que tout ce qui est blanc est bon. On peut reprendre du chocolat ?

     En une autre contrée sauvage d’autres voyages sont organisés, ceux-là moins culturels, et parfois sans retour. Il s’agit, vous l’aurez deviné, du Japon trois fois millénaire (ou moins, ou plus, on s’en tamponne le kimono). Ça chie grave dans les réacteurs au pays du soleil levant, soleil ayant tendance à tourner couleur plutonium, d’un verdâtre à vomir. Trois ans après la catastrophe, la main d’œuvre se fait rare pour s’en aller balayer les neutrons dans les rues. De l’argent il en manque aussi, puisque cette salope de Tepco, boîte privée gérant la centrale, a décidé de ne pas payer le prix de la décontamination (« ce qui est tombé chez les gens appartient désormais aux gens », principe débile s’il en est, dont nous avions déjà parlé), et puisque l’Etat nippon a tenté de se substituer à Tepco sans garantie aucune en terme de sécurité et en payant mal l’ouvrier. On comprend que ça ne se bouscule guère aux portes de l’enfer nucléaire. Manque de personnel ? Pas d’inquiétudes, la mafia veille, en recruteur hors-pair. « On traîne ici avec nos sacs, on tourne autour de la gare, on est faciles à repérer », explique Shizuya, sans-abri japonais. Car c’est dans cette population que les yakusa recrutent, comme d’ailleurs ils l’ont fait dès le début de la catastrophe. Contre quelques billets ces pauvres gens montent dans un bus qui les conduira sans détour jusqu’à la zone rouge. Là, on les équipera d’un masque anti-poussière en tout point comparable à celui que vous utilisez lors de vos travaux de peinture,  et tout aussi risible que le misérable balai qu’on placera dans leurs mains avant de les envoyer nettoyer les maisons, les rues, désertées depuis des années. « Vous cherchez du travail ? Vous avez faim ? On répond oui, et ils nous offrent un job », poursuit Shizuya. Y-a-t-il plus bel exemple de ce qu’on appelle fréquemment, et par facilité, le capitalisme sauvage  (comme si il pouvait exister un « capitalisme docile », un capitalisme dressé, capitalisme « de compagnie » comme on dit d’un chat ou d’un chien) ? Laissons cette chimère à ATTAC et aux socialistes de droite, et rendons-nous à l’évidence : le capitalisme montre ici, dans le cauchemardesque « traitement » des suites de Fukushima, son visage le plus réaliste. Aussi s’étonne-t-on à peine d’apprendre que, selon le journaliste Tomohiko Suzuki, « les yakuza se tournent maintenant vers les handicapés mentaux et les personnes endettées. » Quoi, il est pas joli, le jeu du marché « libre et non faussé » ?

     Est-ce jeu, cette loi du marché, qui amena Hollande à, une fois encore, changer de partenaire au milieu de la danse ? L’ancien régime n’est jamais loin des ors de la république, courtisanes, première dame et autres favorites. D’aucuns imaginaient, en écartant Strauss-Kahn, avoir évité le pire. C’est probable, ce n’est pas certain. Le satyre effacé, nous revoilà avec, à la tête de l’Etat, un désordonné séducteur contrôlant bien difficilement ses libidinales pulsions comme ses coups de cœur de jeune pré pubère. Certains voient là une mascarade, une mise en avant de la sensualité hollandaise, permettant de faire passer et comme en douce l’énorme cadeau que les socialistes s’apprêtent de nouveau à faire au patronat. 30 milliards de transfert des cotisations familiales, qu’il n’aura plus à débourser. Qui réglera la note ? Je vous laisse deviner. Ces 30 milliards venant s’ajouter aux 63 milliards d’aides aux entreprises que supportent déjà le contribuable, on comprend que le Medef se frotte les mains, et promette monts et merveilles, comme la création d’1 million d’emplois sur cinq ans. Voilà où nous en sommes : les citoyens pensent financer une éventuelle baisse du chômage de quelques points, sans plus, en sacrifiant leur niveau de vie, en acceptant de voir leurs salaires stagner depuis des années, autorisant l’Etat à leur faire les poches et à chercher bien au fond. Pendant ce temps les patrons encaissent les chèques, et demandent davantage d’efforts, sans rien promettre de concret. Ce « pacte de responsabilité » signé entre irresponsables, gouvernants et chefs d’entreprise, se veut en effet non contraignant. Or, il est une constante : depuis plus de trente ans, jamais aucun effort consenti par l’Etat et donc le contribuable à l’égard des patrons n’a produit le moindre effet durable en termes de baisse du chômage. Mais l’essentiel n’est-il pas que notre président soit heureux en amour ?

                                                                                              Frédo Ladrisse.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:34

frederic-lopez-elu-homme-tele-de-l-annee_13591342.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? La chasse au Dieudonné est cette fois bien ouverte : il fut assez dit sur ce blog tout le mal qu’on pensait ET de ce malfaisant fascistoïde antisémite, aussi comique en vérité qu’une porte de bunker, ET de la chasse à l’homme quelle qu’en soit la proie désignée, pour que l’autruche évite les commentaires de mal-comprenants l’accusant de n’être qu’un quenelleur à la petite semaine (récemment le volatile se trouva lourdinguement insulté par quelqu’une ne l’ayant pas lu mais l’accusant de défendre Cantat et donc d’être une grosse conne machiste). Passons… S’occuper du cas Dieudonné n’est pas une mauvaise chose (quoiqu’on ait préféré le voir confronté à des salles quasi vides, ce qui l’aurait condamné à disparaître de lui-même). Mais, dans l’ordre des nuisibles, deux catégories se font jour : celle qu’on s’acharne à faire taire, et celle qu’on aime à faire causer, s’étendre en des rubriques tout aussi nauséeuses. Exemple type : Zemmour. De semaine en semaine, de billet en billet, cette engeance déploie ses haines personnelles dans la presse grand public, à la télévision, sur certaine radio sans que cela n’émeuve Valls. Jouant de ses passe-droits tel un as du poker menteur, le Zemmour peut ainsi, dans une séquence de I-Télé, décrire Taubira comme « icône d’une bobocratie féministo-antiraciste », qui « mène la guerre au peuple français ». Il peut, pareillement, cette fois dans le Figaro dénoncer la « misère sexuelle des jeunes prolétaires blancs qui, éduqués dans l’univers du féminisme occidental, ne peuvent rivaliser avec la virilité ostentatoire de leurs concurrents noirs ou arabes, qui séduisent nombre de jeunes femmes blanches, blondes de préférence. » Brunes ou rousses, rhabillez-vous : vous n’excitez en rien les « concurrents, noirs ou arabes »… Face à ce tombereau de clichés et de fantasmes haineux que même Le Pen, la fille, aurait du mal à assumer, aucune voix ne s’élève. Des rédactions de I-Télé, de Paris Première, de RTL, du Figaro (employeurs patentés de Zemmour), pas une protestation ne s’est fait entendre après ce énième dérapage paranoïdoracialiste. Qu’un ennemi déclaré du multiculturalisme, qu’un Drumont à la petite semaine se voit ainsi offrir tant de canaux d’information à seule fin d’extension de sa xénophobie tout à fait personnelle, prouve assez à quel degré nous nous trouvons en termes de lepénisation des esprits.

     Ils sont heureusement quelques uns à le combattre, à lui faire face, arguments contre arguments. Bien sûr, ils ne sauraient avoir la même audience : Zemmour, se rêvant en Céline, est désormais une star, non de la littérature (ce type écrit avec ses coudes), mais des plateaux télé. Tant que ses détracteurs se refuseront à faire dans l’outrance, dans l’injure gratuite, dans l’abus de capillotraction ils n’ont aucune chance d’accéder aux réseaux squattés par la bande à Zemmour. Peut leur chaut. Ils n’en continuent pas moins à démonter leur cirque. Par exemple Philippe Corcuff, dans une chronique de Rue89 : « de vrais bourgeois du monde politique, technocratique, journalistique et/ou patronal peuvent aujourd’hui taxer de « privilégiée » l’institutrice, vivant dans un quartier populaire ou dans un petit pavillon périurbain[…] Membre de l’establishment, Zemmour est ainsi imaginairement campé dans cet espace pseudo-subversif mais authentiquement indigne que d’aucuns nomment "politiquement incorrect". »  Ainsi, comme à l’accoutumée, les dominants s’octroient le monopole de la parole, du commentaire au sujet de ceux qu’ils dominent. Ainsi Zemmour dégueule d’expressions comme « la France réelle », « le vrai peuple », « les petites gens », n’en jetez plus… Sur le blog du Gay Tapant, fut crée à l’intention de Zemmour et de tous ceux causant des quartiers populaires sans jamais y mettre un orteil, l’excellent terme de Bourbour : après le bourgeois-bohème, voici le bourgeois-bourrin. Dont Zemmour est le roi.

     Autre Bourbour : Frédéric Lopez. Ce type se prétend journaliste, anime une émission mensuelle sur le service public de la télévision Françoise, par ailleurs bénéficie d’une heure et demi de quotidienne sur les ondes de France Inter. Il y a peu, Lopez recevait Lavilliers. Dialogue :

Lopez : vous jouez souvent à la fête de l’Huma, mais c’est vrai que vous êtes proche du parti communiste.

Lavilliers : non non. Je suis plus à gauche que ça.

Lopez : heu….

Lavilliers : disons que je suis plutôt proche des anars. Anarchosyndicaliste, quoi.

Lopez : oh, c’est bien trouvé comme formule !

 

     Pour Frédéric Lopez, « journaliste », petit-fils de républicains espagnols, « anarchosyndicaliste » n’est qu’une formule, bien trouvée, un néologisme, quoi… Qu’une telle ignorance crasse n’ait pas fait sortir de ses gonds le camarade Lavilliers ne peut, à mon sens, s’expliquer que par le poids de l’habitude. Quarante années de fréquentations des bourbours de la presse, et plus rien ne vous étonne.


                                                                                                    Frédo Ladrisse.          

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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