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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 22:38

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je? Eh oui il va falloir s'y faire, la pandémie menace, aussi l'autruche viendra tousser tous les jours ici, désormais. Qu'on se rassure: les glaviots ainsi répandus seront de taille correcte, même si l'autruche les aime gras, denses, et si possible porteurs de l'envie de leur foutre au cul.


     Tiens, puisqu'on parle de cul: un officier de police s'adresse à nous, ce lundi, sous couvert d'anonymat, volaille de bas étage craignant d'achever sa course dans un bain de goudron, après avoir lâché ses fientes dans une feuille qui n'a plus de Libération que le nom. Hortefeux-de-broussaille se gausse d'une baisse de la délinquance? « c'est de la flûte, de la démagogie » , tacle l'anonyme policier. Et d'ajouter que, « sur le terrain, nous sommes toujours confrontés à la même merde. » Oh le vilain mot! D'autant que la merde en question, c'est toi, c'est moi, c'est nous.

Plus loin, le même officier X brise les reins de sa hiérarchie, au prétexte qu'elle ferait passer, avant toute autre chose, le souci des cases à remplir sur le tableau des résultats. A ceux de ses collègues se concentrant, par exemple, sur les vendeurs de poudre qui ont élu domicile dans le hall de Tf1, ladite hiérarchie conseillerait d' « aller plutôt faire du shiteux, à tel ou tel endroit. » Le shiteux, c'est bon pour les chiffres, et les chiffres, c'est le dieu de la police sarkolepénopétainiste.

L'officier X, toujours: « dans certains secteurs calmes, les gars qui se baladent avec un tire-bouchon sont bons pour port d'arme prohibée. » Et de citer des cas avérés, dans le VIIe arrondissement, avec garde-à-vue à l'appui. Bon, que soient entôlés, une nuit, les fils de bourges chopés dans leurs mortifères quartiers, ne risque guère de faire se hérisser mes plumes: c'est, à la limite, un plaisir que de savoir gardé à vue Albert-Emmanuel Dupont-D'isigny-de-la-Glanderie, sise avenue Foch, troisième du nom. Le plaisir, cependant, est gâché, à l'idée que le garçon se trouve embastillé pour une simple affaire de tire-bouchon: on aurait tellement d'autres choses, tellement!, à lui reprocher.

 

                                                                                            Frédo Ladrisse.

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 17:20

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je? A peine posée ses valoches SuperSarko retrousse ses manches, et s'en va tancer qui? Ses amis les banquiers! « on voit revenir les mauvaises habitudes », râle-t-il, agitant dans l'air un index qu'il a fort menaçant. Et de s'avouer « scandalisé de voir les leçons de la crise si vite oubliées par certains. » Le tout bien entendu prononcé à l'adresse des journaleux, lesquels relayeront, doigt sur la couture du clavier, la fable de l'élyséenne colère. Les traders, pour leur part, ne s'y sont pas trompés, qui, loin de se croire menacés par le barnum présidentiel, n'ont pas mis une semaine avant de revenir à la charge. Bonus ou pas, ceux de la Société Générale s'estiment « pas assez payés. » Dans un rapport remis à leur comité d'entreprise, ils évoquent notamment un « travail harassant, jusqu'à 65 heures par semaine. » Fichtre, mais c'est le goulag! Et, quitte à chialer sur leur sort, ils vont jusqu'à se plaindre de ne pas être assez soutenus: « on se sent seuls », reniflent-ils. Vite, une cellule psychologique!

 

      Quoi qu'il en soit, ces derniers temps, on parle beaucoup pognon, en France. Juppé, président de la commission sur le nouvel emprunt, affirme qu'il « doit pouvoir être suivi à la trace », tel le blaireau jusqu'au terrier. On ne sait toujours pas à quoi servira cet emprunt ni auprès de qui l'état compte, cette fois, s'endetter mais, toujours selon Juppé, « si cela peut avoir des retombées pour Bordeaux, c'est tant mieux. » Que vient faire ici Bordeaux, mystère. Bordeaux, dont on rappellera au passage que c'est une ville de cancrelats, de collaborationnistes et d'esclavagistes notoires, ceci dit sans exagération...

 

      Pendant ce temps-là, à la Rochelle (autre port négrier), Aubry réunissait ses troupes sur fond de chamailleries dont on ne dira rien, parce qu'on comprend de moins en moins (une sombre histoire de primaires, tout à fait secondaire.) La Martine en a profité pour s'en prendre vertement aux journalistes présents, lesquels, d'après elle, « ne sont pas des vaches sacrées » (ah bon?) et qu'elle accuse de « s'en tenir à l'écume des choses. » De quelles choses parlait-elle? On en saura pas plus. Montebourg, qui passait par là et n'a pas, lui, pour habitude de fuir micros et projecteurs, décidait alors de lancer comme à la cantonade « Martine, je suis ton homme, pour faire briller le Ps en ligue 1! » était-il réellement obligé de dire quelque chose? Ah la la, ces starlettes...

 

      Un autre, qui aurait pu se taire, c'est l'ancêtre Krivine. A Port-Leucate, dans l'Aude,les auto-proclamés anticapitalistes tenaient leur toute première colonie de vacances. L'ancêtre: « il ne faut pas que l'on reste simplement sympathiques, il faut aussi donner une crédibilité au Npa. » Tu l'as dit bouffon. D'autant que ne sont pas si nombreux celles et ceux qui vous trouvent simplement sympathiques. Besancenot, pour sa part, se contentait d'indiquer que le Npa est « parti pour un vrai marathon. » Cours, camarade, cours...

 

      Mais le vieux monde n'est pas derrière toi, il serait plutôt devant. Pour preuve, la gestion rétrograde, très tendance, très XIXe siècle, qu'applique le patronat aux cas de suicide au travail, lesquels, comme on sait, se multiplient. Rien qu'à France Telecom, on en comptabilise pas moins de 20 en 18 mois. En cause, la mobilité, devenue mot d'ordre de l'ex-entreprise publique. « It's time to move », claironne la direction en guise de slogan qui a valeur d'injonction. L'ont-ils pris au pied de la lettre, ces salariés qui se pendent ou se taillent les veines sur leur lieu de travail? Comme cela fait tâche, et risque de nuire à son image, France Telecom forme désormais ses managers à la « détection des signeaux faibles », indices d'un mal-être chez le salarié concerné. De même, elle a crée une commission stress. « Cette commission, c'est du pipeau », prévient Pierre Morville, syndicaliste. « Elle ne s'est jamais réunie! » Et de préciser: « la règle, c'est de changer de métier ou de lieu géographique tous les trois ans. » Stressant, dites-vous?

 

      Et alors, et quand bien même? En cette rentrée des crasses, les chefs d'entreprise eux aussi sont stressés!... Voyez cette pauvre Ockrent, Christine, qui, à peine nommée à la tête d'un groupe média incluant Rfi, doit se fader la grève. « Les victimes, ce sont les auditeurs de Rfi, qui sont pris en otage », pleurnichait-elle l'autre matin. Chassez le ridicule, il revient au galop. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, Philippe Val s'est installé à la tête de France Inter. Dans les couloirs de la maison de la radio, il paraît que circule cette vanne: « à France Inter, on suce. Et maintenant on a Val. » C'est d'un goût...

 

 

                                                                                        Fredo Ladrisse.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 19:31

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je? A Montreuil, le flic flash-balleur auquel Joachim Gatti doit d’avoir perdu un œil, demeure introuvable malgré les efforts de la police des polices. Seule certitude à ce jour: c’est un de ces cow-boys de la Bac, qui en l’occurrence « n’aurait pas respecté les règles de sécurité liées à l’usage du flash-ball », euphémise piteusement le rapport de l’Igs (inspection générale des sévices). Par exemple, les flics n’ont pas le droit de viser la tête. Mais chef, ça arrive de glisser, chef ! Pareillement, la distance entre le tireur et sa cible doit être d’au moins sept mètres. Mais chef, dans l’action, vous nous voyez sortir le mètre-ruban, chef ? Tout cela sent la bavure, et la relaxe pour le cow-boy, après qu’on lui ait gentiment frotté les oreilles (si jamais on le retrouve un jour…) Et certains de s’étonner encore qu’en banlieue, par instants, ça se mette à flamber.

     Ailleurs, sur une autre planète dans un autre espace-temps, quelques spécimens de l’espèce des « responsables politiques », se posent, eux, de fondamentales questions: rester au Ps ou partir? « Il faut que les murs tombent! », gronde l’inénarrable Montebourg. Avec Moscovici qui, la semaine dernière, entendait « ouvrir les portes et les fenêtres », voilà une paire de sombres drilles se chargeant d’aérer la maison socialo. Y’a du boulot, selon Montebourg, « il y a trop de poussières sous les tapis. » Aubry serait donc une piètre ménagère? Pensez donc! En vérité, l’Arnaud nous fait une petite dépression, la crise du cinquantenaire désespérant d’un jour être calife à la place du calife. « J’ai tout essayé », se lamente-t-il, « par la face sud, par la face nord,… » Touchante métaphore alpinesque, qui ne dissimule que faiblement la détresse de cet homme. M’étonnerait pas que, sous peu, le Montebourg se Bérégovoyse.
 

     Un autre de ces clowns, mais lui parfaitement épargné par tout syndrome dépressionnaire (à contrario gonflé à bloc, exhibant fièrement un ego qu’il a gros), j’ai nommé Dany-le-Vert: « je ne suis pas un Leader Maximo », précise-t-il tout de go. C’est une bonne nouvelle. « 2012, ça sera sans moi. » Nous voilà soulagés, quoi que… Est-ce à dire qu’il va falloir nous fader les fadaises du Dany pendant encore trois ans? Notez bien que l’autruche ne saurait trop s’en plaindre, monsieur Cohn-Bendit étant un fameux fournisseur, en matière de billevesées. Ecoutez plutôt l’analyse apicultivante qu’il fait de l’avenir d’Europe-Ecologie: « le problème, c’est qu’il faut qu’on fonctionne comme une ruche, mais sans reine ni roi. » Hé hé, drôle de miel n’est-ce pas, dès lors qu’il s’agit d’en rabattre, en terme d’égocentrisme. Pas habitué, le pépère. Lui, son truc, c’est le coup de menton agrémenté de vilains mots: l’autre jour, du côté de Nîmes, certains de ses copains ayant eu l’audace de le siffler quand il a suggéré une alliance avec le Modem, sa réponse ne s’est pas faite attendre: « vous voulez gagner, ou vous voulez avoir raison tout seuls, merde! » Bah oui quoi, putain de bordel à cul, faut savoir composer, la fin justifie les moyens! Et après ça va venir nous expliquer que le nouveau machin Europe-Ecologie n’est pas un parti comme les autres…

     Laissons-là ces bretteurs de foire, occupons-nous des gens, des vrais. De ceux qui en bavent. De ceux qui en bavent tant qu’ils font le choix de la corde. 92 suicides dans les prisons françaises, cette année, selon les associations. Faux, rétorque le Ministère, nous en comptons, nous, 75. Dans ce calcul nauséabond, la différence provient de ce que, pour l’administration, un suicidé qui se pend dans sa cellule mais qui décède à l’hôpital ou lors de son transfert, n’est pas comptabilisé comme mort en prison. Logique. Glacial. Horreur. Quoi qu’il en soit, pour MAM, ministre de la justice, il convient de faire en sorte qu’en prison, « on ne puisse plus s’y suicider. » Fi des conditions de détention, des multiples pathologies qui rongent nerfs et cerveaux, l’important c’est les chiffres, et de les faire baisser. On fournira donc aux détenus un kit, qu’on n’a pas poussé le cynisme à appeler de survie. Couvertures indéchirables, matelas anti-feu, pyjamas en papier dont on ne pourra plus faire de cordes… Cerise sur le barreau, des « détenus de soutien » seront chargés de surveiller leurs codétenus les plus fragiles, en échange d’un peu plus de parloirs. Voici revenu le temps des prisonniers jouant les matons supplétifs, comme à l’époque des Camps. On touche ici à l’exécrable, à l’infâme, comme souvent lorsque se conjuguent les formes les plus extrêmes de la bêtise humaine, et la culture du résultat.
 

     Dehors, au-delà des hauts murs, le soleil cogne sur les trottoirs et les terrasses font le plein. Raymond, le patron du bar de la piscine, ne boude pas son plaisir. Grâce au cadeau umpéesque d’une Tva mise à bas, il se remplit les poches, Raymond. Baisser ses tarifs? Z’êtes malades! Embaucher, et pis quoi encore? Dans le café d’en face, Roger-le-patron assure à ses clients que la baisse lui permettra de rafraîchir les peintures et le mobilier, alors hein, qu’ils se plaignent pas. Raymond, lui, voit les choses autrement. Il l’expliquait l’autre jour à un de ses habitués (sans se douter qu’au comptoir, l’autruche prenait des notes). Extraits:

(l’habitué) - dis-donc, Raymond, quand est-ce qu’on va la sentir, nous, la baisse de la Tva?

(le patron) - elle est dans ton assiette, idiot.

(l’habitué) - ah bon? En tout cas elle est pas dans mon addition.

(le patron) - nan, mais maintenant j’achète des produits de qualités.

(l’habitué) - ah, parce qu’avant tu nous servais de la merde?

(le patron) - …

(l’habitué) - allez, t’en fais pas, Raymond, de toute façon, nous, on voit pas la différence.

     Xavier Bertrand, de l’Ump: « un moratoire sur la baisse de la Tva? Certainement pas! Pas question de revenir sur cet engagement. » La police fait ce qu’elle peut, les restaurateurs courent toujours. Pyjamas en papier pour eux!




                                                                                             Frédo Ladrisse.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 16:42

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je? Oyez oyez, braves gens, la croissance est de retour, nous voilà, tel Boudu, sauvé des eaux saumâtres de la Terrible Récession! Qu’on en juge plutôt: 0,3 % en France, même chose en Allemagne, plus de 1% au Japon!…Y’a pas à tortiller, c’est la fête au village, la crise est derrière nous. J’exagère et me gausse, sont pas timbrés à ce point les dirigeants de la nation-monde. En vérité, dans cette affaire, la plupart se montrent d’une prudence de Sioux. Ainsi, pour Obama, « nous sommes peut-être en train d’assister au début de la fin de la récession. » Cet homme, pas de doute, est du bois dont on fait la langue. Dans un registre plus poétique et en direct du Tyrol, Angela Merkel entrevoit « le premier bourgeon délicat de la reprise. » Où l’on voit que sous ses airs bourrus de fille de ferme bavaroise, la chancelière demeure une indécrottable romantique. Moins éthérée, plus proche du sol, la ministre Lagarde se veut prudente à son tour, n’empêche, elle n’en peut mais: « pourquoi voudriez-vous qu’on change de politique économique », s’étonnait-elle l’autre matin, « puisqu’elle donne de bons résultats: nous sommes à 0,3 de croissance! », s’extasiait-t-elle, à presque en jouir. 74 000 emplois détruits au second trimestre 2009, près de 250 000 depuis le début de l’année, pas de doute, tout va bien, aucune raison de changer de cap. Et Lagarde de préciser « moi, je ne fais pas de propagande, je regarde les chiffres et j’essaie de les comprendre. » Y’a des cours de maths qui se perdent… Pour autant, la dame admet que « l’emploi sonnera le vent de la reprise. » Entre bourgeon et vent sonné, c’est à se demander ce qu’ils fument, ces gens-là, durant leurs vacances.


     Plus tard, interrogé sur l’attitude à tenir face aux banques, la même Lagarde précise qu’elle « fais confiance aux banques françaises, qui se sont bien comportées, par rapport à celles d’autres pays. » Est-ce à dire qu’au Balouchistan les banquiers ont été odieux ? Quoi qu’il en soit, pas de contrôle envisagé sur l’utilisation de la manne publique tombée dans l’escarcelle des officines françaises.  « Ce serait un signe de défiance » ,
justifie la ministre. Se méfier des banquiers? Quelle drôle d’idée!


     Ceux dont on ne se méfiera jamais assez, ce sont les contribuables. De véritables dangers, ceux-là. Pas encore entrée en vigueur, voilà que la taxe carbone fait déjà râler dans les trocsons. Le Français de base serait pas prêt à se délester chaque année de quelques centaines d’euros afin de Sauver La Planète. Quelle radinerie mal placée! « la taxe carbone est un bel impôt », insiste Lagarde, la larme à l‘œil. Cette antienne, on a pas fini de l’entendre. Sera déclinée sur tous les tons l’idéologie du consommateur coupable, grand bouffeur d’énergie fossile, qui, selon un principe proche de la flagellation, doit payer. D’hors et déjà est relayée sur un plan secondaire cette étrange schizophrénie qu’on pourrait résumer ainsi: continuez d’acheter des voitures, mais ne les utilisez pas. Bel impôt, oui. Belle propagande surtout, pour qui se défendait d’en faire.


     Et tandis que la main toujours plus gourmande de l’Etat vient fouiller dans nos poches voir si, par hasard, il y traînerait pas une dernière pièce de vingt centimes, l’opposition dite de gauche regarde ailleurs et prépare ses joutes à venir. Pierre Moscovici, du Ps, a eu, cet été, une idée: demander aux gens, aux passants, si, eux, auraient des idées pour le Ps. « L’objectif, c’est d’ouvrir les portes et les fenêtres. » Il a raison, faut aérer, rue de Solferino ça sent le chat crevé.
Sarko, en son cap Nègre, renifle cette fétidité et s’en frotte les mains, qu’il a graissées à l’ambre solaire. Tout au plus a-t-il accepté de s’extirper de sa chaise longue pour dire tout le mal qu’il pense de la junte birmane, laquelle vient à nouveau de condamner Ang San Suu Kyi. Et d’appeler à des sanctions, « tout particulièrement dans le domaine de l’exploitation du bois et des rubis. » Dans les palais de Rangoon, on s’en esclaffe encore. Tant qu’il n’est pas question de toucher à Total et aux 140 millions d’euros que la firme verse chaque année à la junte, Sarko peut continuer d’aboyer dans le désert, les généraux s’en gaussent.


     Mais il y a plus grave, pour le Chef des Armées de France: il se murmure, ici, où là, que la guerre en Afghanistan serait perdue. Si si. Pour le colonel Chanson - lequel a l’air de la connaître - , « la population ne nous aime pas. Dans des villages, nous sommes même haïs. » Pauvres petits troufions mal-aimés, on va les plaindre, tiens… Ou, mieux, tiens, faire appel à Brigitte Bardot, la protectrice des animaux. Laquelle Bardot, cette semaine, s’est lâchée sur les ondes et traité les ministres de « connards qui ne pensent qu’à leur nombril. » Comme quoi il peut arriver qu’à notre corps défendant on se retrouve d’accord avec une grosse vache lepéniste. Pas de doutes, pour l’autruche, c’est le début de la fin.

     Elle s’en remettra cependant, et retrouvera sourire au bec en allant reluquer du côtés des jeunes Pop, vous savez, cette jeunesse Ump-esque qui arpente les plages, avec leur caravane, leurs claquettes à deux balles et leurs stylos à bille qui chantent la Marseillaise, beuark! Pierre-Emmanuel, 23 ans, distribue des préservatifs: « on demande aux gens si ils veulent se protéger avec l’Ump, et le tour est joué ! », pouffe le grand rouquin. Super drôle, en effet, rions un peu avec le sida... Quant à Céline-Marie - mais où vont-ils chercher de tels prénoms, ces crétins? -, elle se ballade avec un tee-shirt indiquant ses mensurations. La classe. « On peut être de droite et avoir du sex-appeal », se défend la gourdasse. Et Pierre-Emmanuel de renchérir: « on est des jeunes comme les autres. » Heureusement pour le reste de l’humanité, la réponse est définitivement: non.

 

                                                                                        Frédo Ladrisse.

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 22:44

Tirant tête hors du sable, de retour de vacances que d’aucuns se sont entêtés à gâcher mais sans y parvenir jamais, de qui parle-je, dites-vous? Des tenants de cette chienlit qu’on nomme procédure, de cette racaille enréglementée jusqu’au bout de ses ongles sales, toujours prête à vous bousiller jusqu’à votre apéro-pétanque! Bref, posant mes valoches en la riante prairie nommée Seine Saint-Denis, qu’entends-je? 14 juillet, fête nationale, je quitte la France - je l’aime pas -, du moins j’essaie de la quitter. Me voilà en gare, quêtant des yeux la voie d’où est censé s’élancer le Paris-Rome, hébété à la vue d’une rangée de panneaux d’informations désespérément dépourvus du moindre hiéroglyphe, poule devant un couteau. Comme il se doit, je rate le train, dont le lourd cul s’éloigne sans moi, adieu train, couchette, Roma. J’enrage, bave au bec, avise un contrôleur. Bordel de dieu mais pourquoi vous affichez pas la destination de vos tortillards, hein? Réponse du casquetté, suintant : « cinq minutes avant le départ, on affiche plus rien. » Mais pourquoi ça, bordel de cul? « C’est la procédure. » Arf, le mot est lâché, qui sera ma private joke de l’été, m‘acharnant à traquer toute forme de procédure. Il suffit d’un peu d’attention pour vite se rendre à l’évidence: les procédures, de mêmes que leurs servants tatillonnards décérébrés, nous encerclent, nous encadrent, nous briment bref, nous les brisent grave, tout le jour.

     Procédure tiens, celle-ci bien rôdée, j’ai nommé les maintenant célèbres mauvais coups de l’été. Et dans la torpeur estivale, comme disent les plumitifs, est votée la loi Hadopi, seconde du nom, celle du travail le dimanche, le nouveau statut de la Poste ouvrant à privatisation, est provisionné un milliard qui servira de bonus aux traders de la Bnp, tandis que dans le même temps sont sensiblement augmentés les tarifs de l’électricité, du gaz, des transports et j’en passe. Encore l’été n’est-il pas terminé! Et les semaines à venir livreront leur lot de saloperies passées en loucedé. Qui s’en soucie? Pas le Ps, trop occupé à préparer une université d’été s’annonçant bien saignante. Jack Lang: « le parti socialiste est devenu un arbre sec. La maison de la rue de Solferino éteint ses lampions du jeudi au lundi soir. » Bigre! Joli week-end! Mais pour ce qui est des lampions, il serait temps de songer à les remiser au grenier, il y a maintenant longtemps que la fête est finie.

     Pour sauver ce qui peut encore l’être, et en l’absence d’une réelle opposition de gauche, vers qui se tourne-t-on, se demande monsieur Dupond. Les syndicats, mais oui!, répond monsieur Dupuis. Nous ne saurons trop leur conseiller de tendre une oreille attentive aux propos de Maurad Rabhi, bras droit de Thibault à la cégète: « il n’y aura pas de grève générale. Le grand soir, c’est dans les livres. » Fermez le ban, tout est dit. Tout ? Pas sûr… S’il est juste qu’une grève générale ne se décrète pas, il est tout aussi sûr qu’il ne suffit pas, pour l’empêcher, que la CGT décide qu’elle n’aura pas lieu. Que la Confédération, en sa soulante suffisance, continue de se concentrer sur l’expulsion des sans-papiers - comme à la bourse du travail, à Paris, cet été -, et qu’elle laisse les salariés décider des meilleurs moyens de poursuivre la lutte! Mais à la Confédération, telle n’est pas, on s’en doute, l’habituelle procédure.

     En cas de coup de mou présidentiel, par exemple lors d’un jogging, la procédure est claire: convoquer - c’est le mot - les medias, en faire des tonnes sur le mode Sarkozy, un homme comme les autres. « J’ai eu un coup de fatigue. C’est une panne d’essence qui arrive à chacun. » Sarkozy serait donc humain… On s’en doutait un peu, mais il semble que l’Elysée a voulu profiter de l’occasion pour le rappeler. Bilan de l‘opération: plus 10%, dans les sondages, d’opinions favorables. Où il se confirme qu’en France, on aime les présidents soit morts, soit malades.
 

     Malade, Sarko? Certainement pas, fait bien trop attention à sa petite santé: « avec mon épouse, nous ne sortons jamais le soir, nous n’allons jamais dans les dîners. Je ne bois pas, je ne fume pas de cigarettes », et le reste à l’avenant. Tout de même, la Carla, elle doit se faire chier, non? D’autant que, lorsqu’il est en forme, son président de mari confesse : « dès que j’ai une minute, je regarde l’arrivée du Tour. » C’est du lourd… Et d’avouer éprouver une belle sympathie pour Armstrong-le-camé, ce qui ne surprendra personne.

     Avant que de le laisser à son estival repos, citons une dernière fois Sarko qui, le 14 juillet dernier, coupait la France en deux: « ceux qui partent en vacances, ils l’ont bien mérité. Ceux qui ne partent pas, avec le Rsa nous avons crée un nouveau système pour les aider. » Etrange conception, selon laquelle seuls ceux qui ont « bien travaillé » mériteraient des vacances, et cantonne dans leurs casemates les pauvres, ces faignants. La réalité est tout autre. Au risque de choquer un Sarko bien mal informé, des sans-le-sou partent, l’été, et 50 % des « non-partants » sont ce qu’on appelle des actifs. Ainsi, selon la même étude, un non-partant sur deux déclare que son choix n’est pas lié à des raisons financières. On peut donc avoir les moyens et préférer rester chez soi?? Impensable, pour not’président. Quant aux bénéficiaires du Rsa, ils seront à terme trois millions, et même dans l’hypothèse où pas un seul d’entre eux ne prendraient de vacances, ils ne représenteront jamais qu’une partie marginale des seize millions de Français qui, chaque année, ne partent pas. Mais pour le pouvoir, peu importe la réalité socio-économique, le raccourci idéologique prime, qui permet de décliner une fois de plus l’idée de mérite, dans sa version estivale.

     Au reste, que celles et ceux qui sont partis en profitent jusqu’à plus soif, car c’est peut-être la dernière fois. En effet, une circulaire de la Direction Générale du Travail, datée du 3 juillet et passée quasiment inaperçue, liste les préconisations en cas de pandémie relative au virus H1N1. Cette pandémie étant jugée par nos amis les experts absolument inévitable, le texte précise qu’ « il en va de la survie de l’économie nationale. » Mazette! Après la crise, la grippe, tout est bon, qui permet de nous faire plier l’échine. Ainsi la circulaire conseille d’« adapter l’organisation et le travail des salariés », ceci « par décision unilatérale de l’employeur. » Malheur à celui dont les collègues seront atteints par le virus, et donc en congé maladie: il verra pleuvoir sur sa tête les dérogations permettant au patron de le faire bosser des 70 heures par semaine, week-end compris, il verra ses congés supprimés sans façon, sa charge de travail doubler,… Bref, on comprend que cette pandémie, qu’on nous promet pour dès septembre, n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Le Medef en a rêvé, la grippe porcine va le faire? Il ne s’agit, bien entendu, que de « préconisations à caractère exceptionnel », une circulaire n’ayant pas force de loi. Mais d’une part, on connait du temporaire qui dure longtemps - voir le cas d’école, en la matière, du plan Vigipirate -, d’autre part ladite circulaire se garde bien de prévoir les conditions d’un retour aux règles du droit du travail. C’est pas de la belle procédure, ça?

                                                                                           
Frédo Ladrisse.

 

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 19:15

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Que lis-je plutôt, que parcoure-je, la paupière lourde et comme soumise à l'avalanche des entretiens de salon, certains pour le moins étonnants, telles ces huit pages, pas moins, offertes à Sarkozy dans le Nouvel Observateur. Etonnant ? En réalité ne s'étonneront que ceux qui s'imaginent encore qu'entre l'hebdo de Jean Daniel et la pensée élyséenne subsisterait une autre épaisseur que celle d'une feuille à cigarette, comme disait l'autre. Ici, on mime les désaccords, au demeurant mineurs, mais c'est pour mieux servir la soupe et, de fait, ce qui s'étale dans ces pages-là n'est jamais que le nouveau plan com' du président, sous le label « j'ai changé. » A noter : les directeurs du Nouvel obs' ont pris soin d'effectuer seuls une interview gardée secrète jusqu'au dernier moment, allant jusqu'à n'en pas prévenir les journalistes politiques de l'hebdomadaire, lesquels ont - mollement - protestés. Que craignaient donc les directeurs ? Leurs plumitifs ne risquaient guère d'entrer en rébellion hein, le chômage sévit dru, parmi les rédactions. Alors quoi ? Une fuite, qui gâterait le scoop ? Peut-être.

Encore eusse-t-il fallu, pour que ça fuite, qu'il y ait scoop. Or, dans cet entretien, on n'apprend rien, vraiment. Ni annonce, ni même le début d'une amorce d'information valant la peine d'être rapportée. Un Nouvel obs' façon people. C'est encore ce qu'ils savent faire le mieux. « J'écoute, j'apprends, je progresse », lâche l'azimuté de l'Elysée. Et tout est à l'avenant, sonnez hauts-bois résonnez carpettes, le nouveau Sarko est arrivé ! « L'ouverture, confie-t-il, ce doit être une disposition d'esprit. » Oyé ! En voilà une idée qu'elle est fraîche et nouvelle ! Ouvert, il l'est bien sûr, c'est à ça qu'il veut en venir : « le devoir d'un président est d'écouter, de s'ouvrir. » Puisqu'on vous dit qu'il a changé ! Certes, c'est tout récent, ça date du 8 juillet, vers 14h32, mais c'est un vrai bouleversement intérieur, sincère. « Avec l'âge, je suis devenu plus tolérant », lâche l'homme du « casse-toi, pov' con. » Avant d'en remettre une couche : « plus ouvert, plus serein aussi. » Ah, l'ouverture, le maître-mot que ce mot-là ! Dans ces huit pages elle est partout, avec cependant, de-ci de-là, un bémol - on ne se refait pas : « si je n'écoute personne, on me dit : « quel est ce dictateur ? » Si j'écoute, on me dit : « il a reculé. » Et comme tous les dictateurs, il a horreur de reculer... Par moment, ce souci, plutôt, cette obsession qu'il a de sa nouvelle image - les mauvais esprits se demanderont qu'est-ce que ça cache encore, comme coup fourré à venir -, confine au ridicule : « j'ai compris que mon rôle était de défendre la création et les artistes. Je n'y faillirai point. » Olé !que nos amis intermittents ravalent leur enthousiasme, c'est pas d'eux dont parle Sarko. Quand Sarko parle de création, il parle de... télévision - où, soit dit en passant, bossent bon nombre d'intermittents, mais bref... Par « défendre les artistes », Sarko entend : nommer lui-même les présidents des chaînes publiques. Basta. Mais comme plus c'est gros plus ça passe, voici Sarko campant en défenseur des arts et lettres. On aura tout vu, croyez-vous ? Attendez : on a pas tout vu.

 

      C'est ce que semble penser Badiou, l'écrivain philosophe qui, cette fois dans les pages de Politis, nous explique pourquoi, selon lui, le sarkozysme est un pétainisme. Son principal pilier : la politique sécuritaire. « On n'a pas fini d'en voir de ce côté-là », prévient-il, sûr que l'UMP, tirant les conclusions des dernières européennes, va pousser « le cheval sécuritaire, puisqu'il n'y a rien de mieux, électoralement. » D'autant que le consensus, aussi mou puisse-t-il nous sembler, règne sur ces questions. « Sarkozy existe d'abord parce qu'il a siphonné les voix du Front National. Il a réunifié la droite et l'extrême-droite. » Et cela, ce n'est pas tant que nos tendres intellos-bobos dits de gauche l'ont oublié, c'est qu'ils ont décidé de le passer sous silence. Pas politiquement correct, trop « décalé » vis-à-vis de l'opinion publique, que ne semble guère émouvoir le retour de « thématiques archiréactionnaires et sécuritaires : contre les malades mentaux, la jeunesse des banlieues, les étrangers, les ouvriers sans papiers, avec l'idée qu'on va tous leur mener la vie dure. » Là se trouve, selon Badiou, « le noyau dur du sarkozysme. » Ne pas vouloir s'y attaquer, se concentrer sur des sujets annexes telle que la politique économique de Sarkozy - domaine dans lequel la marge de manœuvre est tellement étriquée dans le cadre libéral qu'on a peine à imaginer ce qu'aurait fait de différent, par exemple, une Ségolène Royal -, refuser de voir le changement de civilisation que représente ce glissement sécuritaire, revient tout simplement à renforcer l'emprise du sarkopétainisme. Le consensus, peu à peu, se fait acquiescement, pour ne pas dire allégeance. « On va essayer de traverser la période le plus tranquillement possible », se dit monsieur Dupont, du haut de ses pantoufles. Et Badiou de rappeler que c'est aussi ce que Pétain avait promis. Autre point de rencontre, Sarkozy, comme Pétain, est un fana du gouvernement par la loi : « quelles que soient les choses qui se passent, il fait des lois : c'est aussi une tradition réactionnaire. » L'avantage de la loi c'est que, contrairement aux hommes, elle reste. A voir comment la gauche institutionnelle est paralysée dès qu'on aborde le domaine sécuritaire, on comprend qu'elle n'aura pas le courage de revenir sur l'arsenal légal mis en place par Sarko. Si toutefois il lui en prenait l'envie, ce dont on peut douter... Dernière analogie, qu'on aurait tort de sous-estimer : « une sourde mais tenace hostilité aux intellectuels. » Et aux artistes, serait-on tenté d'ajouter. « Je sens ce point-là comme une donnée permanente chez lui », insiste Badiou. Encore un qui n'a pas compris que le président a changé...

     Cependant, selon Michel Onfray, le problème n'est pas là. Le véritable problème, c'est notre refus de voter, à nous, abstentionnistes, ou, plus précisément, de voter NPA. Dans sa chronique de Siné Hebdo daté du 24 juin dernier et joliment titré « abstention, piège à cons » (on a déjà pointé ici ce qu'il y avait de pitoyable à reprendre ce titre rance, digne de la pire presse social-libérale), le libertaire Onfray nous explique que si la droite lepénosarkozyste est encore au pouvoir, c'est à cause de nous. Pas à cause des gens qui ont voté pour elle, non non, pas à cause des anciens électeurs lepénistes, ralliés à Sarkozy : eux, il faut les laisser tranquille, pauvres parmi les pauvres, non non, les  coupables c'est nous. « Ne pas jouer contre le jeu libéral en manifestant une force antilibérale, c'est faire le jeu libéral », nous explique Onfray doctement, bien que de manière assez obscure. On lui reconnaîtra, au passage, l'intelligence de ne voir en tout ceci qu'un jeu. Un point, au moins, sur lequel nous sommes en accord. C'est bien le seul. Car à trop jouer, risquer sa mise, Onfray semble avoir perdu de vue cette règle qui veut que si les élections ne sont pas (encore) interdites, c'est la preuve qu'elles ne servent à rien. Que d'énergie perdue en jeu, Michel ! C'est-à-dire en pure perte. Je t'entends d'ici rétorquer que voter n'empêche pas de se battre sur d'autres terrains. Le souci, cependant, est que la réalité militante contredit le beau conte de fée. Badiou : « quand on est dans un parti électoral, on finit presque inéluctablement par faire de cette activité le centre des choses. Cela absorbe nécessairement une partie considérable de l'énergie militante. » Eh oui. Combien sont-ils, à ne se réveiller que lors des grandes échéances ? Combien sont-ils, à ne s'exciter que lors des résultats ? 3,65%, ouiiiiii... C'est 0,12 de mieux que l'année dernière, on a gagné !... Pour ce qui est des candidats, le leurre fonctionne à plein. Badiou, encore : « ceux qui participent à ce jeu politique, après avoir dit au début qu'ils s'en servaient à des fins autres, finissent en réalité par le servir, au titre éventuellement d'oppositions folkloriques. » Le mot est lâché : folklorique. Loin de moi l'idée de critiquer les membres des associations se battant pour la sauvegarde de la coiffe bigouden, simplement, je ne vois guère ce qui les éloigne des militants du NPA.  Besancenot, de façon criante, est éminemment folklorique. Mélenchon l'est aussi, Cohn-Bendit ? Un jour viendra, Michel, ou tu nous en voudras de ne pas avoir voté Bayrou, car seul lui était en mesure de battre Sarkozy. C'est le jeu. Et c'est en le jouant que certains libertaires perdus se sont retrouvés, un soir d'avril, à glisser dans l'urne un bulletin au nom de Jacques Chirac. Avec le résultat qu'on sait. Il est dès lors plus difficile de se moquer, comme tu le fais, de « ceux qui ont le bulletin de vote pur, parce qu'ils n'en ont pas. » C'est par goût de la provocation que tu les confonds, j'espère, avec « les adorateurs contemporains des momies anarchistes du panthéon pieusement nettoyé par eux à l'eau bénite » - comme si voter était le summum de la modernité, comme si accepter le rôle de figurant au cœur de la farce électorale mille fois répétées était une panacée ! Face à ce que Badiou nomme « l'artillerie antipopulaire archiréactionnaire, anti-étrangers, anti-jeunes », tu proposes quoi, Michel ? De voter, c'est déjà énorme. Mais encore, de voter Besancenot.

 

      Las ! Que les abstentionnistes soit pour toi autant de « cervelles étroites », de « grand soir pour demain, sinon après demain » (ah ah, mais où va-t-il chercher tout ça ?), que tu aies choisi, finalement, la voie du réformisme planplan fusse-t-il de gôche dite extrême - cependant inscrit comme tous les autres dans le registre poisseux et fatalement inefficace de la victoire par les urnes, genre mai 81 n'est-ce-pas -, que tu te fourvoies tout en cherchant à occuper ta place dans le jeu, ne gâte en rien la qualité de ce que tu offres comme outils, j'allais dire comme armes, en matière de pensée. S'il m'arrive souvent de regretter que certains amis se contentent de te juger sur la foi d'un article, d'un passage malvenu à la télévision, ce billet, dans Siné Hebdo, renforce une vieille conviction : il faut lire Michel Onfray, mais ne surtout pas l'écouter.

 

     Las ! Dessus, je vous laisse, je me casse en vacances, comme dirait l'autre con. Bonne tête dans le sable à tous et toutes, on se relit dans trois semaines ?

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 20:23

 

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Ça a donc remanié plus sec que prévu, expuls'man nommé chef des flics, le chef des flics nommé chef des juges, et le reste à l'avenant. Arrêtons-nous un brin sur MAM : l'ex-tenancière des comicos, responsable du cirque dit de l'affaire Tarnac, la voilà désormais « en charge de la justice ET des libertés. » Ça fait peur, je vous l'accorde. Et Darcos, le maton des profs, devenu ministre du travail ? Brrr... Au revoir les enfants, bonjour les parents, et au boulot maintenant! Vous me direz, il n'y a pas que de mauvaises nouvelles, la preuve : Boutin dégage, retourne à son néant bovin. Elle prend Laporte en ses bagages, mis dehors lui aussi, qui ça ? Laporte, vous savez, le mi-demeuré misogyne, con comme un bœuf sous codéine. Un rugbyman, en somme. Autre bourrin de première, mais qui entre à l'étable plutôt que d'en sortir, Mitterrand, Frédéric. Ministre de la culture, oui mon neveu, on en chialerait pour moins que ça. Mais Darry Cowl n'était pas libre, et Michel Galabru finalement s'est désisté, alors Mitterrand, Frédéric. Rien que pour le symbole. Comme le relevait son collègue Eric Besson « un Mitterrand au gouvernement, c'est la cerise sur le gâteau. » C'est ça, ce n'est rien d'autre. La culture, pour ces gens, c'est ça. Une friandise. Une queue de cerise. Il faudrait ne jamais oublier que ces gens ont été capables de nommer François Léotard ministre de la culture, et même Jacques Toubon ! Ces gens-là sont capables de tout.

 

     C'est peu dire, dès lors, que la nomination de l'animateur de téloche n'étonnera que les fans de Pina Bausch (qu'elle repose en paix), ainsi que les ultra gauchistes pouilleux décadents dépassés terroristes en puissance s'obstinant à relire la princesse de Clèves. Pas crédible, F. Mitterrand ? Qu'on en juge plutôt : la première sortie du ministre fut à destination du public de M. Jackson : « c'est d'une effroyable tristesse », qu'il a dit, quand l'autre a canné. Voilà qui est original. « Tout le monde à un peu de Michael Jackson en lui », qu'il a cru bon de rajouter. Voilà qui a le don d'effrayer.

 

     Il y a pire, je vous l'accorde, dans le registre de l'horreur. Ainsi Sarkozy se coulant dans les habits de Thiers, Adolphe, menant son show depuis Versailles, un show, vraiment ? Une offensive, plutôt, et à ceux qui n'y ont vu qu'un aimable exercice de rhétorique appliquée, nous ne saurons trop conseiller de changer de binocles. Sarkozy devant le parlement, c'est Pétain demandant au même de lui voter les pleins pouvoirs. Dans un cas comme dans l'autre, l'opposition se contenta de ne pas applaudir le maréchal du moment. Bravoure, quand tu nous tiens... Et notre petit Thiers impayable de dérouler, tranquille, son train-train réformard à la va-comme-je-te-pousse du côté du fossé, toujours. Les retraites ? « en 2010, tout sera mis sur la table. » Vraiment, tout ? Y compris le bouclier fiscal (10 milliards de perdus), les exonérations de charges patronales (8 milliards d'envolés) ? Pensez bien que non, amis riches, patrons, banquiers, pas d'inquiétude à ce sujet. On n'y touchera pas et, mieux, pour financer les beaux cadeaux de ceux pour qui c'est Noël 365 fois par an, on va faire appel à l'emprunt. Le Français de base, doit bien lui rester une piécette de vingt dans la poche. On va se débrouiller pour venir la lui voler.

 

      Du gâteau, de la cerise, le Français de base ne sucera jamais que le noyau. Et encore. Fillon, dont la fonction consiste à inaugurer le salon des arts décoratifs (à Vierzon, fin juillet), n'en a pas moins prévenu qu' « il n'y a pas d'autres solutions, pour sauver  nos régimes de retraite, que de travailler plus longtemps. » Allégeance stylée au syndrome TINA, raccourci de l'antique thatchérienne formule There is no alternative, bref :  rien de nouveau en cuisine, c'est toujours dans les vieux fours qu'ont fait cuire les pires gâteaux, cerise sur le dessus ou pas. Frédéric Lefèbvre, pour sa part, en bouledogue appliqué léchant les bords de sa gamelle, insiste sur la nécessité qu'il y aurait, selon ses babines, à faire bosser les malades tant qu'ils ne sont pas tout à fait morts. « Ça va dans le sens de la modernité, on y reviendra », aboie le clebs à son pépère. Belle modernité que celle qui nous ramène à l'aube incertaine du terrible XIXe siècle ! Plus loin le voilà, le Lefèbvre, qui s'improvise thérapeute à la manière de Knock : « il y a beaucoup de Français qui ont besoin du travail pour guérir. » Je pensais moi, naïf, qu'il y en avait surtout beaucoup que le travail rendait malades.

     Malade, elle l'est certainement, qui ? Mais la philosophie ! (On appelle ça art de l'enchaînement, et c'est tout un métier). Malade, oui, si tant est qu'on la considère par exemple représentée par, je sais pas moi, Finkielkraut ? Mauvaise pioche, mauvais philosophe, salonard de première, rien que de l'évoquer grande est la tentation  de mettre un p là où trône un n. Défenseur de première ligne de cette salonerie de loi Hadopi, il dit, à propos de son retoquage temporaire : « la France s'est retournée contre les droits de l'homme. » Rien de moins. Confondre à ce point les droits de l'homme et les droits de la Fnac, n'effraie guère le Finkiel', pour qui cette décision est « d'une muflerie incroyable. » Sic de chez sic. Ainsi, pour lui, un avis du conseil constitutionnel pourrait revêtir les oripeaux d'une muflerie incroyable ? A mon avis c'est sa connerie, qui est assez incroyable. Au sujet de la burqa, en bon islamophobe soucieux de faire chauffer l'huile qu'on jettera après sur le feu, Finkielkraut se lâche : « depuis l'amour courtois, la France, c'est la présence des femmes, c'est la visibilité des femmes. » C'est regarder sous les jupes hein, c'est à ça qu'elle sert la femme, hein... M'est avis qu'il devrait arrêter de s'exciter comme ça, il va faire sous sa robe de bure, le philosophe branlophile. « La burqa est une forme d'exhibitionnisme, et en France, les exhibitionnistes sont condamnés », lâche-t-il comme un dernier jet. Où l'ont en revient au fantasme du sieur Finkielcroute, lequel veut condamner les exhibitionnistes mais ne manque pas une occasion de s'exhiber tout déhanché sur le premier plateau télé réclamant sa présence puisque, une fois de plus, Darry Cowl est trop occupé. Cerise sur le gâteau de sa haine de l'étranger, le salonard envoie ceci, en forme de grenade qu'il se plait à dégoupiller : « la burqa est peut-être minoritaire en France - c'est l'autruche qui souligne -, mais dans les cités les gens d'origine européenne ne se sentent plus chez eux. » Et de préciser, curieusement : « se sentir chez soi n'est pas un sentiment de droite, c'est un sentiment de gauche. » Ah ? Clochemerle votait communiste, et on nous a rien dit ? Peu importe, au demeurant, que ce sentiment soit de droite ou de gauche. Le « se sentir chez soi » pue, sur cette fétidité-là prospère les Marine Le Pen, les Brice Hortefeux-de-paille et autres pétaino-sarkozystes galopants. Misère de la philosophie, ou philosophie de la misère ? Les deux, mon petit caporal.

 

     Misère aussi que de trouver, sous la plume de Michel Onfray (philosophe s'il en est mais qui ne sait pas se taire assez dès qu'il s'agit de politique, sujet sur lequel il est faible), un article titré « abstention, piège à cons. »  C'est un vieux titre usé mille fois, notamment par Libération, entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, ça nous rajeunit pas. Depuis, les mêmes qui hurlaient au loup et nous enjoignaient de voter contre le péril lepéniste - ce que mes amis et moi nous gardâmes bien de faire : on s'en félicitait hier, on s'en félicite aujourd'hui -, sont les mêmes qui laissent s'étendre, en tout  sens et en tout domaines, les tentacules du pétaino-populo-sarkozysme. Onfray est une belle personne. Il suffit de le lire et/ou de le rencontrer pour s'en persuader. Mais cette belle personne, par moment, se fourvoie. Dans ce texte elle vomit  les abstentionnistes, « tout aussi responsables, sinon coupables -mazette ! », que ceux qui ont voté pour Sarko lors des européennes. Coupables de quoi ? De « ne pas avoir voté contre lui. » Nous voilà voués aux gémonies mais dites, monsieur Michel, fallait faire quoi alors ? Voter NPA, qu'il nous dit... « Certes, les élections ne sont pas tout », prévient-il en début d'article. « Mais elles ne sont pas rien non plus. » Ah bon ? Misère de la philosophie, que d'entendre l'auteur de « politique du rebelle », livre essentiel s'il en est, ânonner le catéchisme trotskard, en sa version la plus puérile... Tristesse que de voir celui qui, avec l'air de ne pas y toucher, a réhabilité l'athéisme contemporain, s'abaisser pour le coup à compter les cerises en bocaux, pardon : les bulletins dans les urnes. Là-dessus l'autruche reviendra, comme le texte d'Onfray appelle une réponse, point par point, et qu'il serait étonnant que son goût du dialogue trouve ici sa limite.

 

      Je n'ai entendu ni Onfray, ni à fortiori Finkiel', réagir face aux agissements des nervis de la CGT qui, à la bourse du travail, à Paris, on jeté sur le trottoir et à coup de bâtons musclés plusieurs dizaines de sans-papiers. Y fallait libérer les salles, on doit y préparer la promenade d'octobre, pardon : la Grande Manifestation Intersyndicale de Mes Deux. Depuis, les familles campent dans la rue, devant ce qui était naguère la maison des travailleurs. Depuis, certains de mes amis, encartés à la CGT, se sont émus de leur situation, et ont protesté fermement quant aux agissements de leur syndicat, ou de ses représentants. Mais aucun n'a rendu sa carte. Misère du syndicat.

 

                                                                           Frédo Ladrisse                          

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 20:22

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Une pléthore canaille, patrons et gouvernants, qui dans un même mouvement opinent du chef derechef et salivent à l'idée de nous faire travailler plus, toujours plus, plus longtemps, plus vieux, plus malades. C'est Lefèbvre, l'arrogant roquet Ump, qui propose de mettre au boulot le tire-au-flanc en arrêt de travail (internet, télétravail, j'en passe et des bien pires.) C'est ensuite Hortefeux, qui se lâche au sujet de l'âge légal du départ en retraite. Fillon lui emboîte le pas : « cette question  n'est pas une question taboue. » Juppé colle au peloton, pour qui « donner la possibilité de travailler jusqu'à 63 ans, j'y vois moi un progrès humain. » Rien que ça. La pénicilline, à côté, c'est de la bouffe pour chat. On notera au passage le retour à l'antienne selon laquelle tout ça se ferait, comme il se doit, sur la base du volontariat, qu'il ne s'agirait jamais que de donner la possibilité. Et mes fesses, c'est du jambon ? On la connait la chanson hein ! Suffit d'écouter Parisot l'entonner, son air préféré : « il faut changer les paramètres. » « Il faut que chacun prenne conscience qu'on va dans le mur. » « Il faut aller plus loin dans tous les mécanismes d'épargne-retraite qui existent aujourd'hui. » Il faut, il faut, il faut... Vu l'état des forces en présence, comme disent les pisse-copies, vu l'apathie qui règne au sein d'un mouvement syndical qui n'a plus de mouvement que le nom, m'est avis que, sous peu, on va se faire croquer une nouvelle jambe. Aujourd'hui comme jamais, zéro plus zéro égal la tête à toto.

 

     Un toto qui, bossant jusqu'à ce que mort s'ensuive, a part ailleurs tout intérêt à mourir en bonne santé : la guerre aux congés-maladies, si elle ne date pas d'hier, connait ces temps derniers de furieux développements. Ainsi les compagnies privées dont la spécialité est la contre-visite, ignorent superbement la crise. Un patron de Pme : « on est pas des ogres, mais il faut montrer qu'on est là. » Montrer ses muscles, quoi. Montrer ses crocs. Des toubibs se prêtent - plutôt, se louent - au jeu, manière pour eux de beurrer la tartine à caviar. Résultat, 45 % de ces contre-visites ont pour conséquence de « casser » l'arrêt de travail en question. Joli résultat, non ? Il est vrai qu'il suffit de ne pas être chez soi en dehors des heures de sortie autorisées, pour ensuite subir les foudres de la Sécu. On citera simplement le cas de cette salariée qui, en profonde dépression et placée sous neuroleptiques, dormait, n'a pas entendu la sonnette. Cassée, la salariée, et son arrêt idem. Pas des ogres, les patrons, non. De pures hyènes, voyez plutôt : un autre représentant des forces vives de la nation, adepte lui aussi de la contre-visite, vante son effet dissuasif : « les salariés savent aujourd'hui à quoi s'en tenir. »... S'en tenir, à carreau, oui. Et tandis que le patronat montre ses muscles, remue le groin, retrouve assurance et faconde, la médecine du travail s'inquiète, crée l'étrange expression de « présentéisme abusif. » Autrement dit, on va bosser, même malade, même à crever. Joli résultat, non ? A noter également: ce marché de la contre-visite médicale s'inscrit naturellement dans le cadre, plus vaste et forcément philanthropique, de réduction-comblement du trou de la Sécu. Fumeux prétexte ! Selon l'assurance-maladie, les arrêts dits injustifiés représentent à peine 6% de la totalité des arrêts. C'était notre rubrique : les fabuleux progrès de la médecine de coercition.

 

      Moi, j'ai mis à profit mon dernier arrêt maladie - naturellement très justifié par une envie profonde de pas perdre mon temps à bosser - pour faire un peu de rangement dans la masse de papiers qui encombre mon burlingue. Je suis alors tombé sur cette Une du Parisien, daté du vendredi 5 juin, soit deux jours avant l'élection : « Sondage : Bayrou devance Cohn-Bendit. » En pages intérieures le même sondage donnait 14 % au béarniais  (soit 6 points de trop), et 11 % à Dany-le-vert, soit 5 points de moins que le résultat final. Nos oracles contemporains ont de ces faiblesses, parfois... Et Lalanne, me direz-vous ? Ah non, vous dites rien ?... Bon tant pis, je vous en parle quand même, du Francis, candidat dans le Sud-est, et qui quand même a fait 3,75%. Sur ses affiches on pouvait lire : « Lalanne, la révolte par le vote. » Faire ce score, honorable, en ayant adopté le slogan le plus imbécile de l'histoire des slogans imbéciles, moi je dis que c'est du costaud ! Bravo Francis ! Et à la présidentielle, j'espère, qu'on se marre encore un brin.

 

      Puisqu'on parle d'affiche, avez-vous vu celle, récente, qui lance la nouvelle campagne d'adhésion à l'Ump ? C'est photo de seigneur Sarko, comme il se doit, et c'est, dessous, cette phrase : « Il a besoin de vous. » Ça vous rappelle quelque chose ? Uncle Sam ? Oui oui. Mais Pétain aussi, oui oui oui. Et que Jack Lang vienne un peu m'accuser d'antisarkozysme primaire, ferait beau voir, tiens, que le grand frisé m'enquille le bec! Ferait mieux de se mettre sur les rangs, Jack, dans les starting-blocks 2012, puisqu'il se murmure que le Ps, depuis la dernière raclée, se cherche un chef digne de ce nom. A ce propos et comme en passant, Delanoë a précisé «je n'ai fais une croix sur rien. » Ah bah si le poste de secrétaire se joue comme d'habitude au morpion, va falloir t'y mettre, Bertrand ! La Royal ? Tapie dans l'ombre, elle guette sa proie. Sa grande potesse Delphine Bato explique que si Ségo a mis rien moins que dix jours avant de s'exprimer au sujet des européennes, c'est parce que « sinon, elle se serait diluée dans le flot des commentaires. » Diluer Ségolène : une idée qui n'est pas sans déplaire tout à fait.

 

     Un autre, qu'on croyait dilué, voir comme dissout sous l'effet conjugué du grand âge et de la suffisance, c'est Balladur, Edouard. Je vous parle d'un temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître, mais cet homme, sachez les enfants qu'il a bien failli devenir Président de la République ! (c'était il y a longtemps, au moyen-âge, pensez : on avait même pas de portables !) Depuis, il s'était comme tassé, engoncé sur lui-même, jusqu'à disparaître totalement. Mais, miracle du spectacle politico-politicien, le voilà revenu sur le devant de la scène. D'accord, il se serait bien passé de ce come-back qui l'oblige à réapparaître sous les traits du méchant, lequel, en 95, finança une partie de sa campagne par le biais de commissions occultes, en provenance du Pakistan. Cette obscure magouille eut pour principale conséquence l'explosion d'un bus et onze morts, des ingénieurs français. Longtemps, par pure commodité, cet attentat fut attribué à El Qaida. On apprend aujourd'hui qu'il s'agissait d'une vengeance de militaires pakistanais, furieux que cessent les bakchichs français. Directement visé par le juge en charge de l'enquête, Balladur, Edouard, ex- premier ministre de la France, fit ce commentaire : « aucune preuve n'a jamais été apportée, c'est tout ce que j'ai à dire. » Traduction : je vous emmerde, pas vu pas pris, hé hé, je suis le plus grand des voleurs et je suis même pas un gentleman. Ailleurs, en d'autres temps, une telle affaire occuperait, de façon quotidienne, la Une des journaux, provoquerait une série de mise en accusation et des démissions en cascade. Mais nous sommes en 2009, et le président de la République s'appelle Nicolas Sarkozy. Tiens, quelle coïncidence : c'est le même nom que celui du ministre du budget du gouvernement Balladur.

 

      Pour finir, je vous vois venir : tête dans le trou, l'autruche, penaude, se garde bien de parler de l'Iran. Heu, l'Iran certes, mais pour dire quoi ? Qu'une théocratie « modérée » vaudrait mieux qu'une plus radicale ? Qu'avec Moussavi la Charia serait plus light, sans sucre ajouté ? Il n'y a qu'un occidental aux œillères bien vissées dans le crâne pour envisager que ce qui se passe en Iran serait l'amorce d'une révolution, fut-elle de velours. En conséquence : chut, triple chut. Il ne se passe rien en Iran.

 

     Et l'actuel débat sur la burqa idem, silence, rien à dire. Ou plutôt si, ceci : j'aime pas qu'on interdise, j'aime pas qu'on stigmatise et j'aime pas qu'on flique le monde. J'aime pas qu'on me dise ce que je dois porter, qu'on me dicte la taille idéale de mon short, j'attends de voir ce que feront les condés des nanas arrêtées en pleine rue. Les conduiront au poste, passage obligé par le vestiaire et port obligatoire du t-shirt siglé Nike ? Bien sûr, j'aime pas ces linceuls de tissu portés par des vivants, comme j'aime pas non plus croiser des bonnes sœurs en habit (on en voit de plus en plus, à Paris et ailleurs.) Surtout, j'aime pas qu'on m'oblige à être tout noir ou tout blanc, à choisir mon camp camarade, j'aime pas les camps, quels qu'ils soient. J'aime pas les religions, c'est contre elles qu'on devrait lutter, pas contre leurs victimes. J'aime pas les religions parce que j'aime pas les gens qui pensent qu'on doit faire le bonheur des autres malgré eux, et ceux-là, on en trouve aussi du côté des athées. Et merde, la burqa, finalement j'en ai parlé.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Frédo Ladrisse

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 17:36

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? L'autruche, qui va râlant, puisque privée de connexion durant pas loin d'un mois, sous prétexte qu'elle a changé de nid. A ceux qui l'ignoreraient encore, on confirme que chez Free se condense comme un ramassis de voleurs, de malades, d'abêtis notoirement incompétents. Ramassis grâce auquel ce blog cessa, quelques semaines, d'être alimenté. Ce qui, au passage, me valut quelques bordées d'injures, au premier rang desquelles celle de « militant Ump ». Arg. Va comprendre, Armande.

 

     Tandis que je cramais mon forfait à tenter de joindre la hotline de l'hôpital psychiatrique où sont hébergés les Freeman, la vie, au-delà des hauts murs, poursuivait son bonhomme de chemin. Julien Coupat recouvrait la liberté, enfin, non sans avoir, de sa prison, balancé quelque missile via Le Monde, quotidien du soir qui tombe. « Il n'y a pas d'affaire Coupat » , écrit par exemple Coupat. A méditer, les gars.

 

     Plus tard, un avion s'abîmait, comme on dit lorsqu'il tombe en mer, et cela fut l'occasion sur Europe-numéro-1-Radio-Nationale-d'Etat d'un débat de haute tenue, dont le thème laisse songeur, « faites-vous encore confiance aux avions ? » Ah bah non, dame, pensez. En même temps moi je m'en fous, c'est vacances à Vierzon et autorail, alors pensez. L'avion sans ailes a donc splitté dans l'immensité atlantique sans même que Charlélie Couture ait le temps d'achever sa chanson. Ça tombait mal, c'est le cas de le dire, car c'était également le jour de l'anniversaire du massacre de la place Tienanmen - 20 ans déjà, comme disent les cons. Aussitôt la racaille journalistico-vautourienne s'empressa de se jeter sur les restes déchiquetés des 228 malheureux passagers, passant quasiment sous silence le massacre, par l'armée chinoise, de centaines d'étudiants. L'essentiel n'est-il pas de ne point trop fâcher Pékin, dont notre économie dépend de manière non négligeable ? Gageons que commémorations et émissions spéciales et débats à n'en plus finir, seront autrement plus nombreux lors de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin, en novembre. Tienanmen : une péripétie. Berlin : la fin du communisme, et de l'histoire, par la même occase. 

 

     Autre divertissement censé retenir notre attention durant le mois de mai - joli mois de mai couilles, plaisante l'Agnès Bihl en sourdine , autre spectacle joué à guichets refermés, les élections européennes. Oh, le beau numéro de cirque ! Jusqu'à l'ultime minute, les artistes ont su nous combler de leurs palinodies, au premier rang desquelles celles de Martine Aubry furent parmi les plus excellentes : « nous, ce qu'on veut, c'est changer la vie des Français. » Hum... « Maintenant, il faut être efficace, il faut voter. » Celle-ci n'est pas mauvaise. Mais je lui préfère celle qui dit que « l'Europe éloigne les peuples d'elle-même quand elle s'éloigne des peuples. » La claire obscurité de la pensée Aubryenne éclate ici, convenons-en. « Je crois que nous ne sommes pas encore crédibles », confesse cependant Martine. Belle lucidité. A droite, malgré la victoire annoncée on ne fut pas en reste de bons mots. Barnier, de l'Ump : « nous avons appris à respecter les électeurs et les électrices. » Ah oui? Et c'est récent ? A droite toujours, si si, toujours à droite, Bayrou tenta de nous faire chialer avec une story telling rédigée à bas coût par quelque béarniaise de base : « la retraite de ma mère, c'est 638 euros par mois. » Dis donc, c'est deux fois moins que celle de la mienne ! Elle a pas dû beaucoup bosser, dans sa vie, la mère Bayrou. Puis ce fut, enfin, le grand soir, avec sa cohorte de chiffres dont on se cogne comme d'une guigne, la débâcle socialiste qui nous laissa de marbre tandis que la « vague verte » nous fit bailler d'ennui. Alors qu'Eva Joly, d'Europe Ecologie, prévenait « je ne suis pas draguable » (ce qui, soit dit en passant, n'est pas une info toute fraîche), Noël Mamère en profitait pour cracher sur son passé, affirmant que « la gauche plurielle, c'est une période qui s'est achevée de manière cataclysmique. » Cohn-Bendit, de son côté, campait le rôle du héraut d'un soir, sentençait à outrance : « je voudrais calmer tout le monde (sic !). Je ne suis pas candidat à la présidence de la république. » Ce qui tombe bien vu que, uno, les présidentielles c'est rien moins que dans trois ans, secundo personne ne lui avait rien demandé. Quant à l'inénarrable Bové, revenu d'entre les morts, il choisissait de filer la métaphore champêtre : « chaque fois que je me suis engagé, je l'ai fait pour changer la paille. Je l'ai fait, donc je serai au parlement européen à 100%. » Pendant que tu y es, José, oublie pas de charrier le purin.

 

     Au final et comme d'habitude, tout le petit personnel politico-médiatico-merdeux fut convoqué avec, ce soir-là, une unique et commune consigne : passer par perte et profit les 60 % d'abstention, qui fit du parti des non-votants les seuls véritables vainqueurs. La posture, noble, sincère, de celles et ceux qui refusent désormais les règles de leur jeu tronqué, ne cesse de gagner du terrain. Seule bonne nouvelle de cette soirée.

 

     Pendant que ces sales gosses se partageaient les sièges et donc le gâteau strasbourgeois, paraissaient les chiffres du chômage : 600 000 sans emplois de plus, depuis janvier. Commentaire de Christine Lagarde : « c'est brutal, et ça va perdurer. » « Perdurer » : du latin perdurare, emploi devenu rare, ou alors qu'on a perdu. Cependant, selon la ministre, il serait encore trop tôt pour commencer de désespérer, car en matière de chômage « la France est dans la moyenne européenne. » Faut-il lui écrire que ça nous en fait une belle, de jambe ? On a soudain comme une crampe, d'estomac et de circonstance, à lire dans le même temps que Julien Dray, par exemple, fut surpris à se payer, en Suisse, une Rolex à 7000 euros, lesquels euros provenaient de son comité de soutien. « J'achète ce que je veux », a aboyé l'horlogeophile. Je serai curieux de savoir ce qu'en pense la mère Bayrou.

 

     Curieux ? A peine, de toute façon il va falloir penser à accélérer, les amis, on a pas vingt lignes devant nous et Nathan je l'entend d'ici qui susurre, soucieux censeur suranné, « merci de faire court, camarade. » Ce à quoi je regrette de ne pas avoir osé lui répondre que si sa mère avait fait court, il serait pas là, à la tribune, à nous emmerder, non mais oh !

 

     Et tandis qu'on faisait « court » dans ce congrès groupusculesque burlesque, très court, idéologiquement parlant, la mairie de Cannes produisait, dès le festival bouclé, un tract distribué en ville : « n'encouragez pas la mendicité, donnez directement aux associations. » Ah oui, lesquelles ? Aux orphelins de la police ? L'opération, on l'a compris, vise à débarrasser la ville de toute présence Sdf. L'été approche, c'est vrai, avec ces cohortes touristiques qu'il serait malvenu et contreproductif de soumettre au spectacle de la misère. Interrogé à ce sujet, le maire-adjoint de cette ville de pignoufs a tranché dans le vif : « la mendicité isole la personne dans la drogue et l'alcool. » Alors que, comme chacun sait, la laisser crever de faim la rapproche de ces contemporains, au grand parking des allongés.

 

    Diego y dort désormais, dans le cimetière des oubliés. Il venait d'avoir sept ans. Il est mort dans l'incendie qui a ravagé le campement Rom, à Bobigny (93), le 23 mai dernier. Dans le journal municipal, on apprend qu'il aimait aller à l'école.

 

                                                                                                     Frédo Ladrisse
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 17:50

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Darcos, qui se fâche tout rougeaud, s'en prend une nouvelle fois aux enseignants-chercheurs ainsi qu'aux étudiants : « il n'y aura pas de licence ès grève, de mastère en pétition ou de doctorat en blocage », tonne-t-il à l'envi. Privés de bons points, les enfants ? Alors, tous en récré ! Et Darcos de menacer : « méfiez-vous, l'opinion se retourne ! » Où a-t-il vu ça, lui ? C'est surestimer sacrément la puissance de feu des propagandistes à la solde du ministère, d'autant qu'aucun sondage ne vient corroborer ces dires. Un autre sondage, par contre, indiquait récemment que 74% des Français désapprouve la réforme de l'hôpital. Si l'opinion se retourne, on sait désormais contre qui.


     L'hôpital, donc. La grande braderie médicale s'annonce mal embouchée. « Les médecins ne me font pas peur », lance, bravache, la mère Bachelot. Et de multiplier les contre-vérités concernant la réforme, suivant en cela, à la ligne, la philosophie sarkozienne qui veut qu'un énoncé vaut désormais réalité, même si il contredit les faits. Roselyne : « jamais et à aucun moment les questions financières ne sont prééminentes. » Bin voyons. On te sait, toi et tes copains, parfaitement philanthropes ! Puisque la réforme est belle et bonne, d'où vient qu'elle fasse l'objet d'une procédure d'urgence au parlement, procédure qui réduit de manière drastique les possibilités de débat ? Est-ce le souci de ne pas trop encombrer nos pauvres cerveaux ?


     Tandis que Bachelot prend soin de notre santé mentale, Philippe Val va se charger, lui, de nous rendre meilleurs. Val-taille débarque, comme convenu, à la direction de France Inter. Double ration de Carla Bruni pour les auditeurs, quel bonheur ! Mais le malheur des uns faisant le coup de bol des autres, Val se barre de Charlie Hebdo. Faux départ ? C'est probable, le bonhomme ne nous ayant pas habitué à lâcher la moindre parcelle de pouvoir personnel. On regardera ça de près, ce que deviendra Charlie sans Val. L'autruche, cependant, est peu encline à croire en la résurrection de ce pauvre journal, ni à quelque miracle que ce soit.


     Juppé, lui, y croit, aux miracles. A l'entendre parler de Sarko, « l'essentiel de son électorat le soutient, il n'a pas perdu la confiance de ceux qui l'ont porté au pouvoir. » La jolie fable... On se demande alors pourquoi c'est flanqué de centaines de flics, c'est en bloquant la ville qu'il s'est encore déplacé, il y a peu, à Nancy. On se demande aussi pourquoi, lors de la finale au stade de France, il fut exigé du speaker que ne soit pas cité le nom de notre bien aimé président, en même temps que le réalisateur recevait la consigne de ne pas le montrer en gros plan, sur les écrans géants. Peur d'être sifflé, dites-vous ? Allons allons... C'est plutôt un effet de sa modestie légendaire.


     Pendant ce temps-là, la campagne des européennes bat son plein. Je plaisante, il ne se passe rien. On échange des coups qui volent au niveau du trottoir, on s'empaille gentiment, loin du débat d'idées. Ainsi Dany-le-vert, à propos de Rachida Dati : « si elle est élue, vous croyez qu'elle ira au parlement européen ? Et mon œil, mon œil ! » Du coup, l'Ump exige des excuses (décidemment c'est à la mode), par le biais de son porte-parole Dominique Paillé, qui dénonce ces « invectives personnelles, ou le dénigrement pervers des personnalités. » Dati, elle, dénigre sans gêne : « je comprend qu'un homme du passé cherche à sortir de l'ombre », balance-t-elle à l'adresse de Cohn-Bendit. Lequel, selon elle, « en cinq ans au parlement européen, n'a rendu aucun rapport. » Bref, chaque camp est en train de nous expliquer qu'à Strasbourg, personne fout rien. Voilà qui devrait convaincre les derniers hésitants, et les faire basculer du seul côté qui vaille, celui de l'abstention.


     Kouchner, comme on sait, hésita. Un peu. 24 heures, comme ça, pour la forme, avant de déclarer que bien évidemment il voterait pour l'Ump. Ce qui a fait dire, à son propos, qu'il « fait penser à un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend. » C'est Harlem Désir qui parle, et il s'y connait, le garçon, en bagnoles pourries. On a pas oublié, concernant H. Désir, la carriole SOS Racisme, et son cortège d'enfumages mitterrandolâtres grotesques.  Ni qu'il fut un fervent partisan du oui, lors du referendum de 2005. En voilà un chouette garagiste !


     Un autre, qui trifouille dans le cambouis jusqu'aux coudes, c'est l'indécrottable Besson, le ministre des expulsions. Après avoir bien magouillé pour faire perdre à la Cimade le monopole de l'assistance aux étrangers en rétention, à la faveur d'un « appel d'offres » (car nous vivons dans un pays où cette aide spécifique fait partie d'un marché !), Besson a attribué des lots (quelle horreur que cette terminologie !) à d'obscures associations, dont le « Collectif Respect ». Lequel n'est autre qu'un faux nez derrière lequel se planque l'Ump. Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade, s'est donc permis de dire que Besson usait, en la matière, de « méthodes de voyou. »Réaction de l'intéressé : « je suis décidé à ne pas accepter ces propos qui relèvent, je le pense, de la diffamation. » Et de s'apprêter à porter plainte. C'est qu'il a le sens de la justice, l'ex socialiste Besson. Du moins, quand il est concerné.


     Fillon, lui, c'est le sens de la formule qui le tenaille. En ballade à Carnac, au milieu des alignements millénaires, le premier sinistre a soupiré « même les menhirs sont fragiles. » Ah. Et donc ? Et donc, rien. C'était juste pour faire une phrase. Mais quand, le lendemain, 74 syndicalistes de Gdf étaient arrêtés lors d'une action dans les locaux d'organisations patronales, Fillon a fermé son claquet. A croire que les gaziers en lutte contre les suppressions de postes l'inspirent moins que la lecture d'Obélix et compagnie.

                                                                                                                                                                               

                                                                                                   Frédo Ladrisse.


La question de l'autruche que tu liras nulle part ailleurs, et même que si tu y réponds tu gagnes une plume, ou presque :

 

Crise au Kenya. Depuis des mois, le président et le premier ministre ne se parlaient plus. Ils viennent de se rencontrer, à trois reprises. Pourquoi ?


-  Pour jouer au poker déshabilleur

-  Afin d'envisager une version locale de la loi Hadopi, interdisant de télécharger les gazelles

-  Parce que les Kényanes, ulcérées de leurs éternelles bisbilles, avaient, depuis une semaine, décrété une grève du sexe.
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