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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 11:43

images-copie-5.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Rien. Le vent souffle crédié, tempête sous un crâne d’autruche, rien n’engage au sourire et même le pape n’y peut mais. Benoît 16-64 fait pourtant ce qu’il peut, qui propose son top ten musical à la noix. De quoi rigoler un chouia, car il est dit que tout chrétien se devrait de posséder en sa cardinale discothèque « Rumours », de Fleetwood Mac — une daube à se flinguer —, « the dark side of the moon » du grotesque rassemblement d’hommes d’affaire nommé Pink floyd , ou encore « Thriller » de ce cher Monsieur  Jackson. U2 et Oasis figurent aussi dans la playlist. Conclusion : que le pape ait un goût de chiottes n’étonnera que les tenants de la génuflexion. Les fans de Motörhead s’en trouveront par contre renforcés dans leur goût pour l’inimitable touché de cordes de Lemmy, que le pape, visiblement,  ne semble guère apprécier. The ace of spade, bordel de dieu !  


     Appelant au boycott absolu des groupes de rock gnangnans bêtassons et suceurs d’osties encensés par Sa Sainteté, l’autruche aimerait également qu’on oublie définitivement cette autre rock star des nineties : Ségolène Royal. « Je suis libre, c’est ma force », prévient la cruche. Libre de quoi ? Mystère. Puis d’ajouter en se recoiffant : « il suffit d’un rien pour regagner une crédibilité. Une phrase, une posture,…» C’est cela, oui, d’un rien. De ce rien qui anime par exemple B. Henri-Levy, le célèbre écrivain de cour, dont elle prend la défense en des termes hallucinés : « un danger le guette : la mode. Mais la souffrance, amie des forts, le sauvera. Tout l’y prépare. Le voudrait-il qu’il n’échapperait pas au feu qui le brûle. Il a déjà dans le regard, ce dandy, de la cendre. » C’est vrai qu’il sent un peu le cramé, le BHL, depuis sa sortie sur Jean-Baptiste Botul, philosophe inventé par quelque plaisantin, Botul adepte de la « mouïtée » qui malaxait du beurre avant de passer aux seins des femmes, par ailleurs pseudo auteur d’un opus titré « Landru, précurseur du féminisme. » Un simple petit tour sous Google aurait certainement permis à notre BHL de flairer l’imposture. Mais il est comme ça, BHL. Il ne lit pas les livres dont il parle, pas plus qu’il n’écrit ceux qu’il signe.


     Autre guignol, en moins comique, Patrick Balkany s’épanche ces temps-ci sur sa prétendue relation avec la jeune Brigitte Bardot. On rit dans les salons, d’autant que la vieille Brigitte Bardot dément la chose, et avec force. « Je suis ingérable, c’est comme ça, je suis comme je suis », confie le maire de Levallois. Le rebelle a aussi narré par le menu et sur les ondes la circoncision de Solal, petit-fils de Sarko. Ce que c’est que d’être un intime! Intime, elle aussi, mais avec le bas peuple, Cécile Duflot de Les Verts a susurré, cette semaine, une confidence époustouflante : « il y a aussi un truc touchant pour moi, c’est que les gens me reconnaissent et me disent « ne changez pas. » Doivent la confondre avec  Florence Foresti. Mais un homme, au moins un, ne partage guère cet enthousiasme. Cet homme, c’est Dupont-Aignan, député et opposant de droite ( ?), qui dit vouloir « lutter contre l’intégrisme vert », qui « crée 200 kilomètres de bouchons chaque jour dans la capitale », et aurait inventé, « avec les couloirs de bus, les embouteillages de nuit. » Pas faux. Mais on s’en fout un tantinet, surtout quand on n’a pas de voiture.


On voit que la campagne suit son petit bonhomme de chemin, sentier boueux peuplé de ronces et de ragondins peu ragoûtants. Inutile de s’attarder sur l’affaire Soumaré avec laquelle nous fûmes soulés, et amplement, durant des jours, si ce n’est pour s’interroger sur la provenance des infos utilisées contre le candidat. Comme elles seraient issues du STIC (système de traitement des infractions constatées), Moloch policier qui a dévoré, à ce jour, près de 34 millions de personnes, la CNIL s’en est émue, et a écrit à la police. La naïveté de la commission informatique et liberté n’est, certes, plus à prouver. Mais là ils décrochent le pompon ! Dénoncer un « manque de rigueur » et « une absence quasi systématique » de mise à jour des informations consignées, c’est aller loin dans l’euphémisme. Les flics s’amusent comme des petits fous et depuis longtemps avec ce STIC, parangon du délire ultrasécuritaire, désormais ils en livrent (en vendent ?) les infos les plus chaudes. Encore dans l’affaire Soumaré ces ânes-là ont-ils fait fausse route, en se plantant de dossier. Une fois de plus la preuve est faite, la seule chose susceptible de nous protéger des flics, c’est leur propre bêtise.


     Sur ce terrain pourtant, la concurrence est rude. Les contrôleurs SNCF, que nous sommes un certain nombre à nommer nos amis les bêtes, ont redoublé d’efforts ces temps-ci, notamment en ce qui concerne la chasse aux Roms, aux bouffeurs de hérisson et autres voleurs de poules. A Toulouse, une note interne les prévenait que « ces dernières semaines, des soucis ont été rencontrés avec les Roumains. Nous vous demandons de redoubler de vigilance. Par ailleurs, tous les faits de Roumains doivent être signalés au PC national sûreté. » Faits de Roumains, kézako ? Un Roumain qui achète un sandwich, un autre qui écoute de la musique sur son baladeur, c’est un fait de Roumains, ça ? Mieux : dans le Paris-Nice, le 27 janvier dernier, un contrôleur passe cette annonce : « on nous signale la présence suspecte de trois petites gitanes (sic !). Nous vous demandons de faire très attention à vos bagages. » Les Noirs, les Arabes et les jeunes présents dans le train, curieusement n’ont fait l’objet d’aucune annonce particulière. Un regrettable oubli, sûrement.


     A Dijon—  ville tenue par Rebsamen, ségoléniste patenté — on n’a pas besoin de micros pour les annonces anti-Roms : le « Bien Public », journal local, s’en charge parfaitement. « Oui, il y a un problème Rom ! », titrait la feuille de chou en février dernier. Depuis, les articles se succèdent, qui vise à effarer le bourgeois en même temps que de développer, dans la population, une hostilité bien réelle. On y trouve des perles, véritables condensés de fantasmes anti-Roms, comme l’existence d’une prétendue « planification des départs et des arrivées par une organisation qui tire de grands profits de la mendicité ou des vols », ou encore celle d’une « société parallèle, qui organise les tours de manche, frappe ceux qui ne rapportent pas assez, apprennent aux plus jeunes le vol et la ruse. » Tout cela vous a, n’est-ce pas, un parfum de mafia tout à fait corrosif. Evidemment, rien n’est prouvé, aucun fait établi ne vient corroborer les délires de nos journaleux. Mais ça marche, c’est l’essentiel, et quand la peur s’empare de la ville la mairie a beau jeu d’expulser les campements et de mettre la pression sur ceux d’entre les Roms qui n’auraient pas encore songé à déguerpir, et vite. C’est l’Italie ? Non, c’est Dijon.  


     Une autre solution pourrait être de castrer les mâles du peuple Rom. Le Sénat n’a-t-il pas, jeudi, voté définitivement la loi sur la récidive, laquelle renforce notamment l’injonction de castration chimique vis-à-vis des auteurs de crimes sexuels. Paraît que la garde des sceaux est tout de même déçue, elle qui voulait que soit envisagée la possibilité d’une castration physique. L’idée, malheureusement, n’a pas été retenue. Dommage, ça aurait donné un peu de boulot aux bouchers.

 

                                                                                              Frédo Ladrisse.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 18:03

coco.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Quoi, de quoi, qu’est-ce que j’apprends donc ? Notre supersarko n’aurait passé que quatre heures, montre en main, en Haïti ? C’est un peu court, n’est-ce pas, pour une visite officielle. A se demander même si ce sera suffisant pour nous faire accroire, dans dix ans, que Nico-le-géant — celui qui, en son temps, brisa d’un coup de tête le mur de Berlin — a cette fois, de ses propres mains, extirpé des décombres quelques dizaines de rescapés. Cependant, selon l’Elysée, son passage éclair se justifie par « des raisons évidentes de logistique ». Pas de palace assez classieux sur l’île dévastée?  Le premier ministre canadien avait lui, peu avant, passé deux jours à Port-au-Prince.  M’est avis qu’on ne partage pas avec nos cousins canadiens la même vision de la logistique.


     Sur quelle logistique s’est appuyé Villepin lors de sa visite à la ferme ? On n’en sait foutre rien, pourtant les journaleux suivaient en masse le Galouzeau venu traîner ses mocassins dans la fange d’un élevage porcin. Et l’ex-premier ministre de nous narrer sa prime jeunesse : « il m’est arrivé d’être puni à la ferme, et de passer mon après-midi avec les cochons. » Diantre, morbleu, palsambleu, l’éducation à la duraille des jeunes nobliaux, y’a pas à dire, c’est pas du lard. Plus tard, tenant un porcelet dans les bras, le même nous informait qu’il avait « décidé d’aller à la rencontre des Français. » Personne n’est là pour lui rappeler que, malgré ses ressemblances avec l’électeur de base, le cochon n’a pas encore le droit de vote?


     Puisqu’on est chez les porcs restons-y un instant, en compagnie de la Parisot, présidente du Medef et gorette de première, qui n’en finit plus de grouiner au sujet de la réforme des retraites. « A force de faire l’autruche, nous avons crée dans le pays une forme d’anxiété et de découragement. » Pour commencer, Peggy, je te demanderai de laisser l’autruche en dehors de tout ça, ça fait longtemps qu’elle cotise plus. Ensuite, de découragement, d’anxiété, nous en connaissons de sévères, directement alimentés par le seul fait de travailler et de voir sans cesse s’éloigner la période bénie où nous n’aurons plus à le faire. Est-ce clair ? Pour finir, plutôt que de perdre ton temps à tenter de nous convaincre que le boulot, c’est la joie et la bonne humeur, tu ferais mieux de te pencher, puisque tu nous parles d’anxiété, sur le problème du stress au travail.


     Il est vrai que l’info, à ce sujet, n’est pas évidente à trouver. L’info sérieuse, la vérifiée, pas comme cette liste publiée jeudi dernier sur le site du ministère du travail. Il s’agissait, au départ, d’un classement des entreprises en fonction de l’état des négociations sur la question du stress. Liste orange et rouge pour les mauvais élèves, liste verte pour les boîtes ayant fait un effort. Sauf qu’au fil des heures, ces listes se trouvaient modifiées, allégées, en fonction des coups de téléphone passés par les tauliers au ministère concerné. Ainsi, Unilever, connue pour sa philanthropie, passait directement de la liste rouge à la liste verte, et certaines entreprises, telles les Galeries Lafayette (à l’origine sur la liste rouge) disparaissaient de tout classement. De tripatouillages en magouilles, cela finit par tourner à la pantalonnade, et dès le lendemain ne restait plus sur le site que la liste verte des « gentils ». Accompagnée de ce message : « nous nous employons à préparer une nouvelle photographie de la situation des entreprises. » Hum hum. On a hâte de voir ça. De son côté, le Medef ne tardait pas à dénoncer « une méthode plus que contestable », et prévenait que plusieurs sociétés préparaient des actions en justice, au titre du préjudice qu’elles auraient soi-disant subi.  Le message du patronat est on ne peut plus clair : pas touche aux négriers!


     Tandis que les entrepreneurs-de-France s’échinent, avec succès comme on voit, à mettre au pas ce gouvernement qui n’est jamais que leur créature, le personnel politique détourne l’attention et amuse la galerie à la faveur d’une élection tout en propos fumeux, comme on dit du purin. Le gros Le Pen, dont il parait que ce serait le dernier tour de piste, s’essaie à exister, non sans difficulté — en matière de xénophobie et d‘outrance sécuritaire, c’est rien de dire qu’en ce moment la concurrence est rude. Aussi doit-il en faire des tonnes, et par exemple proposer la création de 100 000 (oui cent mille !) nouvelles places de prison, puisque « 80 000 personnes condamnées ne peuvent pas y aller, parce qu’il n’y a pas de place. »  Comme dorment aujourd’hui en tôle environ 65000 prisonniers, Le Pen propose donc d’en quasiment tripler le nombre. Une paille. Concernant les récentes dégradations de tombes à coup de croix gammées et de slogans bombés, il n’y voit, comme d’habitude, que pure provocation : « vous n’avez pas de cimetière juif ? Vous n’avez pas de cimetière musulman ? Vous avez de la chance, car à chaque élection, les peintres sortent. » Certainement payés par le lobby sioniste-israélito-salafiste qui, comme chacun sait, dirige en sous-main et dans l’ombre la maison Ripolin ! Quand on lui demande ce qu’il pense de ce qui se déroule en Languedoc Roussillon, Le Pen y va alors de sa métaphore maritime : « choisir entre Georges Frêche et l’Ump revient à changer de cabine à bord du Titanic. » Ah ah. Quel comique, tout troupier qu’il soit.


     En attendant de voir sombrer dans le ridicule et dans l’oubli le borgne pathétique, penchons-nous justement, mais comme vite fait en passant, sur le cas Frêche, qui lui ne rigole plus. « Je tiens à répéter que le Languedoc Roussillon n’est pas un paillasson », s’est-il cru contraint de préciser, sans qu’on sache au juste pourquoi. Nous aurait-il appris que la région en question n’était pas un balai à chiottes, que ça aurait eu le même effet. Mais peut-être, prosaïquement, Frêche n’a-t-il que très moyennement digéré la récente sortie de Cohn-Bendit, pour qui « le fréchisme, c’est du Mussolini. » Les références, comme les coups, volent aussi bas qu’il est possible en ce pays de joute, et on y nage en plein trauma, dans des eaux qui de jour en jour se révèlent plus nauséeuses.


     Laissons donc s’y ébattre — avant de s’y noyer — la crasse politique française, et arrêtons-nous comme de juste sur le cas des cobayes. Je parle des appelés dont l’armée s’est servie comme tels, durant les essais nucléaires dans le désert algérien, au cours des années 60. Un rapport « secret » s’est retrouvé la semaine dernière dans les pages des quotidiens. Il y est dit qu’il s’agissait « d’expérimentations tactiques, visant à étudier les effet physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par la bombe atomique. » Après avoir nié durant des décennies l’existence de ces expériences, désormais l’armée les reconnait. Bien obligée.  Entre autres joyeusetés, on apprend dans le rapport qu’afin de rendre, en zone contaminée, la communication entre soldats optimale, le port du masque à gaz y était prohibé, remplacé « par un masque antipoussière élémentaire. » A l’exception du commandant, qui lui garde son masque à gaz, et par ailleurs « ne doit pas pénétrer dans la zone contaminée. » Délicate attention à l’égard de l’élite, dont n’aura pas bénéficié la piétaille, pour laquelle « un court séjour, sans précaution spéciale » dans la zone de l’explosion « est également envisageable. » Feignant de découvrir ce rapport, Morin le ministre de la défense en minimise bien sûr l’impact : « les doses reçues lors de ces essais étaient très faibles », ose-t-il, tout éhonté. L’association des vétérans des essais nucléaires, créée sur le tard en 2001, compte 4800 membres, dont seulement 10% sont en bonne santé. 35% souffrent d’un cancer, et 55% d’une maladie grave. C’était notre rubrique « engage-toi, deviens toi-même.com »       


     Dans cette Algérie qui servit plusieurs fois de laboratoire, des essais nucléaires au maintien de l’ordre à coup de gégène, 125 députés viennent de déposer une proposition de loi visant à juger les criminels de guerre, même les Français, eh oui ! Quelle impudence, vraiment, et quel manque de reconnaissance vis-à-vis de l’ex nation-mère! De quoi défriser illico l’imbitable Besson, lequel nous apprend que ces crimes « ont été traités, pour beaucoup d’entre eux, juste après la guerre d’Algérie. Moi, je crois qu’il faut dépasser. » Goebbels n’aurait pas dit mieux, cependant, petit souci : jamais ces crimes ne furent traités. D’après Benjamin Stora, historien et spécialiste de la période, « dès l’indépendance de l’Algérie, une chaîne d’amnisties impose et construit l’oubli de la guerre. » C’est peut-être cela que Besson appelle « traités ». On le savait ministre de l’identité nationale et des expulsions réunies, on le découvre ministre de l’oubli.


     Dans le registre excrémentiel de ceux qui s’arrangent avec l’Histoire, on trouve aussi des profs : une élève de 3e vient d’être renvoyée trois jours pour avoir porté, en cours, un tee-shirt siglé « Palestine libre. » Le prof (d’Histoire !), connu pour ses sympathies pro-israéliennes, lui ordonne de cacher le vêtement, non sans avoir traité de « charlots » et de « charlatans » les défenseurs de la cause palestinienne. La jeune fille refuse, fond en larmes et quitte la pièce : le proviseur l’exclu trois jours pour « refus d’obéissance » et « acte de prosélytisme. » A quand le GIGN investissant une salle de cours au prétexte qu’un élève porte un A cerclé sur le maillot ?


     Allons, halte à la déprime, camarades, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles. La preuve : contrairement à Robert Pandraud, nous sommes encore vivants.


                                                                                         Frédo Ladrisse.
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 16:48

mosquee-profanee pics 390Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? La campagne des Régionales étant maintenant lancée, installée pour un mois aux Unes des journaux, nous parlerons, si vous le voulez bien, d’autre chose, et délaisserons l’anecdotique au profit de l’essentiel. Bagnolet, par exemple, son squat, et ses habitants expulsés au plein cœur de l’hiver par une mairie se montrant sur le coup intraitable, jusqu’à détruire l’immeuble, au bulldozer et le jour même. Cette mairie, c’est à noter, est tenue de longue date par le parti communiste français. Qui verrait en l’affaire comme une façon de contresens prouverait sa méconnaissance de la clique stalino-brejnévo-buffetiste, campant toujours et bien au chaud place du colonel Fabien. Selon Christine Lacour, adjointe au maire de Bagnolet, « les gens ne comprenaient pas que la mairie ne bouge pas. » Eh bien voilà, c’est fait. Reste à savoir qui sont « les gens ». Un agrégat de grabataires ne supportant pas de voir la valeur de leur pavillon amoindrie du seul fait de cette promiscuité ? L’élue, elle, en rajoute : « parfois, des limousines se garaient, ce qui est peu habituel pour un squat. » Traduction : il devait s’agir, pour le moins, de la résidence d’hiver du cartel de Medellin.


     Puisqu’on parle de malfrats, arrêtons-nous un temps sur Parisot, Laurence, présidente du Medef et bien entendu candidate à sa propre succession. Profitant du pince-fesses social se tenant à l’Elysée en ce lundi et pour la galerie, la Parisot en remet une couche sur la question des retraites. « L’espérance de vie approche les 100 ans », assène-t-elle, « comment imaginer trente ou quarante années sans travailler ? » Uno, certains, dont je suis, l’imaginent très bien, et même plus longtemps si elle veut. Secundo, l’espérance de vie est actuellement de 82 ans pour les cadres supérieurs, et de 76 ans pour les ouvriers. Elles ne sont donc pas pour demain, les cohortes de centenaires ayant passé leur vie sur les chantiers, dans les usines. Parisot nous prend pour des caves. Qu’une overdose de petits fours élyséens l’étouffe, elle et ses « partenaires », les Chérèque et autres Thibault !


     « Dans les transports, systématiquement le soir, il faut faire en sorte que les femmes seules aient un accès privilégié dans le premier wagon, et qu’il soit sur-vidéoprotégé. » Qui parle ainsi, Julien Courbet, Patrick Sébastien, Bézu ? Pas loin, mais c’est un autre clown, Bruno Beschizza qu’il s’appelle, et c’est le monsieur sécurité de l’Ump en Île-de-France. Tout en machisme bien primaire et en finesse sécuritaire, Monsieur Propre s’est rendu compte, mais un peu tard, qu’il avait dit une grosse bêtise. « On m’a mal compris », hihi. « J’ai voulu symboliser la vulnérabilité de certaines personnes, qui ont peur. C’était la femme seule. » Les principales intéressées apprécieront, et pour notre part on attend avec une certaine gourmandise les wagons spécial vieux, spécial jeunes enfants, spécial petits blancs en costard gagnés par la paranoïa ambiante.


     Ces derniers trouveront chez Le Pen de quoi alimenter leurs phobies variées et diverses, à moins qu’ils ne goûtent davantage ses métaphores à caractère pénectomique. Ainsi le vieux voit-il dans Fillon un « fidèle castré », tandis que dans la même interview il relève que « tout le monde sait bien que monsieur Sarkozy est le roi de l’impuissance. » On ne sait si monsieur Le Pen, pour sa part, bande encore. Mais en tout cas ça le travaille.


     Georges Frêche, de son côté, est travaillé par une question pour lui tout aussi essentielle : « je me demande si je ne suis pas un petit peu juif. » Etonnante interrogation, dont la raison demeure obscure, à moins qu’elle ne soit  l’occasion d’en remettre une couche dans le domaine de la provoc’. Mais ce n’est jamais qu’un exemple parmi tellement d’autres de la place, préoccupante, que semble devoir prendre, au cœur de cette république qu’on nous vend comme laïque, la question des religions. En fait, on n’en sort plus. Voyez le foin fait autour de la candidate Npa, Ilham Moussaïd, qui porte le foulard — et non le voile, comme d’aucuns l’ont écrit partout. A gauche comme à droite, ça pousse des cris d’orfraie, ça dénonce, ça éructe. Tant et si bien qu’on est tenté, une fois n’est pas coutume, d’acquiescer aux propos d’Olivier Besancenot, lequel se demandait l’autre jour « si l’abbé Pierre revenait et se présentait aux élections avec sa soutane, la classe politique hurlerait-elle ? » Certes non, heu, mais la soutane, n’est-ce pas, fait partie de l’identité nationale, non pas ?… Bref, dans le contexte actuel — comme disent les pisse-copie —, ce foulard-là fait office de véritable provocation. Au point que Ni putes Ni Soumises, sous-marin du Ps et gardien de la bien-pensance en matière, non d’intégration mais d’assimilation — je renvoie à cette distinction, dont ils ignorent à peu près tout, ceux qui, sur ce blog même, m’insultent régulièrement et m’accusent d’islamophilie : à vos dictionnaires, les enfants ! —, que ni Putes ni Soumises, donc, s’apprête à porter plainte contre le Npa. « Le Npa a fait du voile, symbole de l’oppression des femmes, l’étendard de son projet de société », déclare Sihem Habchi, la capitaine du sous-marin. Vite, une loi anti-Npa ! D’ailleurs, n’a-t-on pas aperçu le mollah Omar (en limousine) venir prendre le thé chez Krivine ?


      En vérité la position de Ni putes ni Soumises en serait à crever de rire, si elle n’apportait de l’eau au moulin des enturbannés radicaux, lesquels ont beau jeu, après ça, de dénoncer une islamophobie rampante. D’autant que dans la classe politique, nul ne semble à l’abri des amalgames et — pour rester poli —, des erreurs d’appréciation : Noël Mamère lui-même, député de Les Verts, a fini par fâcher sa propre suppléante, laquelle en a plein le dos qu’il la présente partout comme musulmane. « Militante féministe, laïque et socialiste, je n’accepte pas que mon député titulaire me présente comme une élue musulmane », s’énerve Naïma Charaï. Faut dire que dans le contexte actuel, et avec un nom pareil, hein…


     Dans le contexte actuel, on ne s’étonnera pas non plus de voir se multiplier les attaques contre les mosquées, et les profanations de cimetières musulmans. A Castres, à Saint-Etienne, à Saint-Priest on tague, on casse, on met le feu. Autant d’actes mollement condamnés par un pouvoir qui n’ignore pas avoir, ces derniers mois, soufflé sur les braises d’une xénophobie avec laquelle il est toujours aventureux de jouer. Les médias, pareillement, rapportent les faits, sans s’en scandaliser plus que de mesure. « Ça leur passera », semblent penser nos journaleux. Qui ont oublié, au passage, que le pire est toujours certain.


     Pour les étrangers qui, quelle curieuse idée !, seraient tentés de rejoindre la France histoire de pas crever de misère, le pire est pour demain. L’incorrigible — et, pour l’instant, incorrigé — Eric Besson va proposer une loi modifiant le code de séjour et d’entrée desdits étrangers, dans le sens qu’on imagine. Seront ainsi créees des « zones d’attente spéciale », s’étendant selon le ministre sur « l’ensemble du périmètre de découverte des étrangers en situation irrégulière, et permettra de les maintenir sous contrôle de l’administration. »  Ces zones, qui pourront donc s’étendre  sur plusieurs kilomètres, crées selon le Gisti un « régime d’exception ». Rappelons qu’elles se situent, en droit, hors du territoire français, et prive de liberté l’étranger qui s’y trouve. Autres joyeusetés intégrées au même projet de loi, une accélération de la procédure d’expulsion, une limitation des pouvoirs du juge des libertés et, cerise sur le gâteau, la création d’une nouvelle carte de séjour temporaire, délivrée à des conditions draconiennes : posséder un contrat de travail d’une durée d’au moins un an, lié à un salaire égal ou supérieur à 1,5 fois le salaire moyen, et être titulaire « d’un diplôme sanctionnant au moins trois années d’études supérieures », rien que ça ! Mission impossible, quoi. Et c’est bien là le but. Vigilance, donc, les aminches. La loi n’est pas encore votée mais si elle devait l’être un jour se serait de l’ordre de la catastrophe. En attendant ce jour funeste, vous trouverez ci-dessous la musicale contribution de la Z.E.P. (Zone d’Expression Populaire) au fumeux débat sur l’identité dite nationale. L’occasion de se détendre, un brin.

 

                                                                                                                             Frédo Ladrisse


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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:30

images-copie-2.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Près d’un million de chômeurs vont se retrouver en fin de droits d’ici décembre 2010, sans revenu aucun pour un bon tiers d’entre eux. On peut aisément en conclure à l’encombrement des trottoirs, vu le nombre d’individus jetés incidemment à la rue. Qu’importe : au plus haut sommet de ce qu’il est convenu d’appeler les instances dirigeantes de notre beau pays, on se dédouane, on se renvoie la balle, c’est pas moi c’est ma sœur. Pour Laurence Parisot, « c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités. » On en attendait pas moins d’elle, et de ses complices en plans sociaux et autres délocalisations sauvages.  Du côté du gouvernement, on planifie des réunions. Je vous parie un bouquet de mes plumes qu’à leur issue sera créer une commission, laquelle nommera un rapporteur, lequel se fendra d’un rapport, lequel sera prudemment remisé dans un ministériel tiroir. Pourtant, le père Chérèque, pour la Cfdt, nous aura prévenu : « on n’est pas sorti de la crise, il ne faut pas la zapper. » Ce type est un visionnaire.  Et d’ajouter que « les retraites ne peut pas (sic !) être le train qui cache le train de la crise. » Avec ce genre d’argument, sûr qu’on va vers la grande grève, générale et reconductible !  Quant aux chômeurs eux-mêmes, ils pourront toujours embrasser la riante carrière d’adjudant-chefaillon.


     Car l’armée tourne autour de la charogne, tel le sournois vautour. La crise, pour elle, est une aubaine, aussi lance-t-elle ces jours-ci la plus grande campagne de recrutement jamais organisée. Le slogan directeur est à s’en pisser dessus : « devenez vous-même. » Rien que ça. Et la grande muette de s’apprêter à communiquer à tout-va, journaux, téloche, radios, internet comme il se doit et même les Smartphones. « Pour la majeure partie des jeunes, il n’est pas naturel d’imaginer le métier de soldat », déclare le général Pontiès, communiquant-en-chef.  C’est pour nous une bonne nouvelle, mais c’est un problème pour l’armée, quand le djeun se rêve en artiste hip-hop, plutôt qu’en bidasse bêlant. Pour autant, les sergents recruteurs se sont fixé une limite : « pas question d’utiliser les « wargames », comme le font les Américains. On ne veut pas accréditer l’idée que la guerre est un jeu. » Prendre les gamins pour des débiles, c’est bien mal commencer une campagne de recrutement  qu’on aimerait, bien entendu, voir s’achever en une sorte de pathétique Waterloo. « Engagez-vous », qu’ils disent. Dégagez-vous, plutôt, les mômes !


     Cependant, on ne le sait que trop, l’antimilitarisme n’est plus vraiment dans l’air du temps. L’époque est aux grandes idées, la Nation, l’Identité et autres Bessonnades. Aussi a-t-on, ici ou là, annoncé peut-être un peu vite la fin du grand débat sur l’identité en question. S’il est vrai que lundi doit se tenir à Matignon un, comment disent-ils… « séminaire », censé tirer les conclusions — en même temps qu’un trait — sur cette morbide plaisanterie, le ministre, pour sa part, parle d’un « point d’étape. » On en aurait donc pas fini, à moins évidemment que le Maître du Château ne siffle la fin de la récréation. C’est que les élections approchent, et que ledit débat est pour le moins impopulaire, deux Français sur trois n’y voyant qu’une pitoyable opération de racolage des votes d’extrême-droite.  Peu importe, pour Besson : « j’assume tout, oui, j’assume tout. » Parlant de « succès populaire », il en tire, avant tout le monde, la conclusion que « les Français aspirent à un renouveau du pacte républicain. » Mouais. « Renouveau », ça me rappelle quelque chose, ce mot-là…  Quand au Front National, requinqué par la grâce de ce débat putride, ce n’est, pour Besson, qu’ « un épouvantail qui n’existe pas. » A force d’enfiler comme des perles les dénis de réalité, on va bientôt s’apercevoir que c’est Besson lui-même qui n’existe pas. Ce qui ne serait pas une vilaine nouvelle.


     Mais tandis que la droite flippe à l’approche de Régionales qui s’annoncent, pour elle, comme une Bérézina, la gauche semble à peine mieux barrée, avec un parti socialiste s’étant laissé piégé, puis enfermé par l’affaire Frêche. Du coup, sa campagne est parfaitement inaudible, noyée sous le flot des commentaires, des invectives, des menaces bref, du sempiternel grand guignol socialiste. « Je suis le Villepin d’Aubry », éructe celui par qui, une fois de plus, le scandale arrive — gageons que sous peu apparaîtra un néologisme du style « villepinisation », à propos d’un individu qu’on tente de carboniser politiquement parlant. En attendant et pour tenter de sauver peu ou prou les meubles, Aubry  pousse dans l’arène la maire (Ps) de Montpellier, laquelle n’en demandait pas tant. De son côté, Cohn-Bendit, pour qui « il faut faire place à l’imagination » (il serait grand temps, oui), propose carrément une tournante : à la tête de la région Languedoc-Roussillon, ce serait une fois un Vert, une fois un socialo. Ça, c’est de l’imagination… Finalement, laissons ces clowns à leur comptabilité de petits boutiquiers locaux et attendons, sereins, les chiffres de l’abstention. Une abstention dont il serait éminemment souhaitable qu’elle ne se démente pas lors des prochaines présidentielles : déjà, on nous balance des sondages, dont un qui prédit que le seul candidat susceptible de battre Sarkozy, c’est Dominique Strauss-Kahn. Vous avez dit cauchemar ?

 

                                                                                          Frédo Ladrisse.          

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:25

images-copie-4.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? On en apprend de jolies, tiens, sur les mœurs vaticanes. Ainsi, Popol II, partisan de rudes pénitences, se flagellait à sang. Son biographe, Monseigneur Oder, par ailleurs postulateur de la cause de béatification (en langage ordinaire, le bonhomme chargé de son dossier en matière de sanctification), ne laisse aucun doute à ce sujet : « il s’infligeait lui-même à son corps [sic]  des douleurs et des mortifications, et souvent passait la nuit à-même le sol. » Eh bin. La sœur du-Saint-Etron-de-l'enfant-Jésus, chargée le lendemain de passer l’aspirateur, devait pas manquer de boulot. « Karol Wojtyla se flagellait avec une ceinture spéciale qu’il utilisait comme fouet », précise le monseigneur. « Elle avait quoi de spécial, la ceinture du pape? », m’a tout de suite questionné mon cousin Charles-Kevin, gérant d’un dépôt-vente d’ustensiles sado-maso du côté de Limoges-Nord. Je ne sais, cousin, je ne sais. Je ne peux que te répéter ce que confiait à un proche Jean-Paul, second de sa lignée : « ils essaient de me comprendre de l’extérieur, mais je ne peux être compris que de l’intérieur. » Existe-t-il, cousin, plus bel éloge de la sodomie ?

 

     Il en est en tout cas, cette semaine, un autre.  Je pense au discours de Tony Blair, qui nous l’a mis profond et qui, sommé de s’expliquer devant une commission d’enquête au sujet de l’engagement de son pays lors de la seconde guerre d’Irak, a avoué : « je me sens coupable, mais sans regret. » Se sentir coupable, lui ? La blague. « Nous étions convaincus que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. » Vouis vouis. Le caniche bushien n’a d’autres excuses que celles, déjà usées jusqu’à la corde, par son seigneur et maître. « Je n’ai aucun regret », a insisté Tony. Toujours les mêmes mots, les mêmes foutreries, dans la bouche des fossoyeurs, quel que soit leur camp, leur drapeau…  Il serait peut-être temps de trouver le moyen de leur en donner, des regrets, non ?

 

     Il semblerait toutefois que ces temps-ci, le regret ne soit plus de mode. Voyez Galouzeau de Villepin, en son habit de lumière : regrette-t-il quoi que ce soit, une fois blanchi (sous le harnais ?) de la pathétique affaire Clearstream ? Que Nenni, Ophélie, que non, oncle Gaston ! Non content de s’en sortir, c’est le cas de le dire, à moindre frais, voilà-t-y pas que le Galouzeau entend « se tourner vers l’avenir pour servir les Français et contribuer, dans un esprit de rassemblement, à redresser la France. » Rien que ça. Traduction : le gars se voit déjà candidat aux futures présidentielles. « Je ne suis pas mort ! », tonne-t-il. C’est oublier le croc de boucher auquel Sarko s’acharne à vouloir le suspendre, l’appel téléguidé du procureur Jean-Claude Marin, lequel procureur n’aurait reçu, selon MAM, ministre de la justice, « aucune instruction ni incitation. » On y croit dur comme fer. En tout état de cause, il y aura un second procès, dont l’issue nous importe peu. L’autruche relève néanmoins que dans notre belle merdocratie, l’opposant principal à la sarkozerie, c’est Villepin. Nous en sommes là.

 

     Et les socialistes, direz-vous, que font-ils, où sont-ils ? Sur le ring, comme d’habitude. Après que le gros Frêche, en son fief montpelliérain, se soit gaussé d’un Fabius qui « a une tronche pas très catholique », s’est déclenchée une bronca, menée par Aubry, contre lui. Le Parti socialiste, savez-vous, est un de ces partis qu’on quitte tout en y restant, finalement. Tel est le cas de Frêche, racialiste notoire, mais poids lourd en Languedoc. Impossible, dans ces conditions, de vraiment dégager le bonhomme. Du coup, Fabius, en cas de second tour Frêche-Ump à l’occasion des régionales, estime que « le minimum, c’est l’abstention. » Entendre un ex-premier ministre faire campagne pour le non-vote constitue un plaisir, trop rare.

   
        Les socialistes, en tout cas ceux qui continuent de s’autoproclamer comme tel, j’en ai croisé tout un troupeau, lors de la manif syndicale du 21 janvier. Des tout frais, des jeunots qui sentaient le lait maternel, des MJS, quoi. Sagement rangés sur le trottoir ils distribuaient leurs tracts, le sourire étudiant aux lèvres. Or, il se trouve que l’objet de cette manifestation —la sauvegarde des services publics — entrait en pleine contradiction avec la présence, fut-elle post-pubère, de représentants d’un parti ayant en son temps amorcé la casse de ces services publics, et dont la secrétaire nationale s’était, pas plus tard que la veille, déclarée en faveur d’un allongement du temps de travail. L’autruche a donc été les voir, ces petits drôles sentencieux, bec dehors et cou très tendu leur a signifié Vous n’avez rien à faire là, cassez-vous, dégagez, bande de nases, la droite, c’est aussi vous. C’est alors que j’ai senti dans le regard du gars qui me tendait son putain de tract, de ce jeune Marc-Edouard fraîchement émoulu d’une quelconque école de commerce mais « jeune socialiste » tout de même, comme une pointe de tristesse et de découragement. Vous savez, ce regard qu’on lit chez les flics, quand ils se rendent compte tout à coup que personne ne les aime, et qu’ils ne savent même pas pourquoi. Un regard animal, quoi.

    
       Plus tard, lors de cette ballade syndicalo-bêlante sans intérêt aucun, j’ai ri, tout de même, oui, tandis qu’on passait devant le théâtre de la porte Saint-Martin : un fieffé boute-en-train bien que cégétiste de base mais doté d’un lourd mégaphone, lisant sur le fronton le titre du spectacle, lança dans son micro « libérez nos camarades ! » On joue La cage aux folles, en ce moment, dans ce théâtre.

   
       Les libérer, ça va être dur, et surtout les libérer tous : après l’aveu contraint, par le gouvernement, d’une sous évaluation dantesque du nombre de gardes à vue, on arrive, pour 2009, au chiffre de 900 000 GAV. Elles ont donc triplé depuis 2001. Une paille. Le gars Gachet, représentant en la matière du ministère de l’intérieur, a expliqué que l’oubli, dans les stats’, de près de 200 000 GAV provenait du fait qu’il « y avait deux comptabilités distinctes. » Comme chez les mafieux, quoi. De son côté Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, affirme « nous ne sommes pas des acharnés de la garde à vue. » La preuve : 63 millions de Français y ont échappé cette année. En un mot comme en mille, Emile, que certaines associations faisant leurs choux gras de la défense des droits du citoyen commencent doucement à se réveiller et à s’étonner de cette curieuse inflation des privations de liberté, risque peu de modifier le comportement des flics. Intouchables et cartes-blanchés, la poulaille se donne à fond, laisse libre court à ses tendances excessivement paranoïaques. Or, comme le dit en un murmure teinté d’évidence gracile ma camarade et néanmoins copine Isabelle T., « la paranoïa n’est jamais qu’un altruisme déçu ». C’est une explication. Si ils nous GAV, les flics, c’est parce qu’on a pas su combler le désir, désespéré, qu’ils ont de nous venir en aide ? Si tel est le cas ils peuvent continuer à se toucher.

    
     N’auront pas échappé aux GAV, plus tard, aux expulsions, les 83 Rroms de Clichy-la-Garenne, vieillards et enfants compris. C’était le 27 janvier dernier. Ne nous échappe pas, à nous, que, ce même 27 janvier, était commémoré le 65e anniversaire de la libération d’Auschwitz, camp dans lequel 21 000 Rroms trouvèrent la mort. « Cette commémoration est un devoir d’humanité », a déclaré Sarko dans un message lu à Auschwitz. Compassion, à l’égard des victimes d’hier, « fermeté » vis-à-vis des victimes d’aujourd’hui : quand la police actuelle se montre la digne héritière de la police d’hier, de celle qui bourrait les bus en partance pour Drancy, la schizophrénie assumée du néopétainisme quitte l’ordre du symbolique. Elle meurtri les chairs, brise les vies et détruit les êtres, aussi sûrement que son ancêtre.

    
      Dans le même ordre d’idée, on apprend que Gérard Mordillat, cinéaste, écrivain, est l’objet d’une plainte déposée par Eric « Laval » Besson, ministre des expulsions et du Kärcher réunis. Sa faute ? Avoir déclaré lors d’une interview que la phrase de Brasillach, durant l’occupation, disant qu’ « il faut se séparer des juifs en bloc, et ne pas oublier les petits »,  « pourrait servir d’exergue à son ministère du racisme et de la xénophobie : il suffirait de remplacer « juifs » par Afghans, Tchétchènes, Roms, Maghrébins, Africains, Chinois etc. » Bref, Mordillat s’est contenté de résumer l’avis de tout ceux qui, de près ou de loin, ont pu constater les ravages de l’actuelle chasse aux sans-papiers, et des rafles qu’elle implique. Oui, j’ai bien dit : des rafles. Et j’en rajoute, tiens : chaque centre de rétention, lesquels pullulent en Sarkozie, sont autant de petits Drancy. (1)

 

     Au milieu de ce marécage qui voit renaître et prospérer les idées purulentes et autres pestilences émanant de la glorieuse année 1943, on reparle, comme par hasard, de la burqa, huile jetée sur un feu qui pourtant brûlait bien, merci. Il y aura donc une loi. Peut-être. Inapplicable certainement, mais une loi, tout de même. Les deux margoulins président-rapporteur de la commission chargée d’examiner l’avenir républicain de ce bout de tissu en seront certainement ravis. S’en réconcilieront-ils pour autant ? Pas certain. Car entre Gérin, le vieux stal’, et Raoult chiraquien de combat, le torchon brûle, de long temps. Selon un proche des gagmen, « cela aurait pu être Laurel et Hardy : c’est plutôt Dupond et Dupont. » On a les références qu’on peu…  Quand Gérin dit de Raoult « c’est vrai qu’il a des côtés insupportables et que, parfois, on a envie de le taper », Raoult dit de Gérin : « il est complètement irrationnel, c’est un populiste. » Ambiance… Mais lorsqu’il s’agit de dénoncer la « marée noire » du voile intégral menaçant soi-disant la France, la République, la Civilisation, ces deux là se retrouvent comme larrons en foire. Comme quoi ça a du bon, le fondamentalisme musulman, ça suscite l’Union Sacrée à la buvette de l’Assemblée, autour d’une assiette de cochonnaille et d’un verre de chablis. A la votre, bande de ploucs.

    
       T
andis que ces nuisibles n’en finissent pas de chier des lois comme les pigeons se répandent en fientes, Howard Zinn cassait sa pipe en toute discrétion. Sans emmerder personne. Il y a des gens qui savent se tenir.

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.   

 

(1) Pour soutenir Gérard Mordillat, rendez-vous là :     jesoutiensmordillat@gmail.com
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 19:53

images-copie-1.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Pendant qu’Haïti, tant bien que mal, continue de panser ses plaies, on apprend sans grand étonnement que le pays croule sous les dettes, ce qui n’est pas sans rapport avec l’ampleur de la catastrophe. On apprend par exemple qu’en 2003, le pays avait officiellement demandé restitution des 21 milliards de dollars actuels, rançonnés par la France au XIXe siècle sous prétexte d’indépendance. Une commission guidée par l’ineffable Régis Debray s’était, à l’époque, opposée au remboursement, au motif que cela risquait de donner des idées aux anciennes colonies. Refus avalisé par Chirac. Aujourd’hui, ce fric est toujours dû, et la dette extérieure d’Haïti est détenue à 80% par la Banque Mondiale et le Fmi, lequel Fmi propose, en son infinie générosité, d’en effacer un petit quart, soit le montant des intérêts sur environ deux ans. Merci, Monsieur Strauss-Kahn... La dette, aussi surprenant que ça puisse paraître face aux terribles circonstances, personne, de la Maison-Blanche à Bruxelles, ne parle de l’effacer totalement. C’est la main qui serre les couilles des pays pauvres, la dette, et permet de les tenir tranquilles. Pas question de s’en priver.


     Dans l’histoire d’Haïti, à de nombreuses reprises les puissances étrangères — au premier rang desquelles l’actuel  « sauveur » états-unien —, se sont servit de cette dette comme moyen de pression. Depuis les années 80, les régimes ont valsé au rythme des coups d‘état, en fonction de leur docilité à l’égard de l’Amérique et des occidentaux. Pendant ce temps le Fmi, de plan d’ajustement en plan d’ajustement, prenait soin de ruiner l’agriculture du pays, jusqu’à provoquer une grave crise alimentaire en 2008, suivie d’un exode rural qui vit le taux de chômage atteindre les 60%, et l’avènement des bidonvilles. « Maudite », Haïti ? Etranglée, oui, pillée, mise en coupe réglée par ceux-là même qui aujourd’hui prennent leurs quartiers sur ses décombres. Mais chut !, l’heure est au deuil, au recueillement, aussi est-il malvenu de rappeler ce qui conduisit à l’horreur, aux maisons de tôles s’écroulant sur des gens ne pouvant guère compter sur des secours depuis longtemps démembrés parce que trop onéreux au regard du capitalisme mondial .Horreur, deuil, recueillement ? C’est très certainement la raison qui pousse l’ensemble des grands médias à respecter, au sujet des raisons objectives de ce massacre, comme un assourdissant silence.

 

       Combien Proglio versera-t-il à la campagne humanitaire haïtiano-mondiale? Ce deux fois grand patron ne devrait pas tarder à médiatiser son obole, histoire de se refaire une image, qu’il a grandement endommagée. Mais fi ! Sinistre prince, le patron de Véolia et/ou Edf a renoncé à son double salaire. Ce type est un héros. Ne lui restera plus que les émoluments versés par Edf, soit tout de même 1,6 million d’euros annuels. « Ces très hauts salaires correspondent à un très haut niveau de compétences », glapit Copé, qui s’y entend. Est-ce à dire que les bas salaires correspondraient   pareillement à un très bas niveau, du registre glandouille ? J’ai un très bas salaire, ah ah. Mais Copé, qui n’en est plus à une tartine près, en rajoute dans la confiture : « d’autres régimes ont essayé de faire autrement : c’était il y a une centaine d’années et on sait ce que ça a donné. » En somme, c’est Proglio ou le stalinisme, hein. Eternelle rengaine, qui ne nous fait même pas regretter les grandes heures Thorez.


     D
e son côté, Clémentine Autain, improbable rejeton de Maurice et d’Arlette, s’avoue « lassée » des sempiternelles bisbilles à la gauche de la gauche. Pov’ choute, qui « en a marre du verrouillage du Pcf », en matière de constitution des listes pour les régionales à venir. C’est tout le problème avec les ex-cocos, telle Autain : quand ils se retrouvent victimes d’un système qu’ils ont défendu et nourri des années durant, c’est sur nos épaules que ces drôles viennent chialer. Qu’ils aillent se moucher ailleurs, on ne sortira les mouchoirs que pour leur dire au revoir, adieu, et à jamais.


     On aimerait en dire autant à ce qui reste du Front National, mais il faudra attendre : le bestiau bouge encore, quoi que blessé. Certes, il a des ennuis, notamment financiers, et les avis de saisie commencent à encombrer la boîte aux lettres du siège. Mais qu’importe, pérore le trésorier du parti, lequel répond au joli nom de Walleyrand de Saint-Just : « on mangera du maquereau au lieu de manger du bar », ironise le galant. Quoi, y’a plus de merlan ?


      Tant qu’on est dans la poissonnaille, autant en profiter pour saluer la mère Aubry. Elle fait des prix sur les crevettes, et en profite pour brader les régimes de retraite, qu’elle rêve, elle aussi, d’allonger. « La réalité aujourd’hui, c’est que beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans », a lâché la rombière. En prenant soin, bien entendu, d’éviter de se demander si c’est un choix ou non, en évitant aussi de préciser ce que peut bien signifier « beaucoup de Français. » Parce que ça ne nous fait pas une majorité, ça, encore moins une règle, c’est flou ça, « beaucoup de Français. » L’âge moyen de cessation d’activité, en France, est de 58 ans, point. Même chez les poissonnières. Au reste, ne chargeons pas trop la barque brinquebalante  et déboussolée du Parti qu’on dit socialiste, puisqu’elle n’est pas la seule à dévaler non sans disgrâce le torrent de cette campagne électorale qui, comme de coutume, s’annonce propice aux bourdes, aux lourderies, aux gags. Ainsi la clownesque Jouanno, tête de liste Ump en notre Parisienne Région, déclarait il y a peu et en y allant tout de go qu’« il faut automatiser les lignes 1, 4 et 14 du métro. » Automatisation qui, pour la première de ces lignes, est en cours de réalisation, et pour la 14e réalisée depuis des années. Voilà ce que c’est de vouloir faire peuple ! Quitte à passer pour ridicule, mémère Jouanno aurait tout aussi bien pu exiger l’eau courante et le gaz, à tous les étages.

 

     A tous les étages de la fusée de l’identité nationale (mazette, quel enchaînement !) ça commence à sentir le roussi. Le jour où sortira le bêtisier du débat idoine, nul doute que Gaudin-de-Marseille y figurera en bonne place, lui qui vit, l’autre jour, « 15 à 20.000 musulmans déferlant dans les rues de Marseille », tel un Charles Martel hissé au cul de sa Rossinante. Sonnez tocsins, sur le vieux port, résonnez, marseillaises de tous les pays ! Besson était présent qui, comme d’accoutumée, n’a rien trouvé à dire. Heureusement une femme, se présentant comme une militante « Rpr, heu… pardon, Ump », a su, en sortant de la salle, exprimer le sentiment général qui anime la populace sarkozystique. Ainsi s’est-elle dite « déçue de n’avoir entendu que des musulmans qui, au bout de la troisième génération, ne veulent toujours pas s’intégrer. » Pas de doute, on avance. Et dans le bon sens, encore.  J’en veux pour preuve l’exercice de gerbage yaourteux dont nous ont gratifié les activistes des Panthères Roses, lors d’une de ces réunions de beaufs à laquelle, une fois encore, Besson assistait, tout contrit. Selon ces sympathiques panthères, ce débat « sent le rance, il donne la nausée. » Joignant le geste à la parole l’une d’elle s’est mise à vomir du yaourt à-même la moquette.  Toutes se sont bien évidemment fait sortir de la salle, sous les huées et autres républicaines insultes. Qu’est-ce que ça sera le jour où elles se pointeront en burqa ?

 

     Nul doute qu’elles seront traînées en place de Grève et vouée à la vindicte, bien compréhensible, du peuple. Mais allons-y doucement, si on peut dire : pour commencer, Xavier Bertrand propose « une disposition claire et simple: une personne qui porte la burqa ne pourra pas acquérir la nationalité française. » Et celles qui l’ont déjà, on leur fait quoi, on leur enlève, au même titre que leur bout de tissu ? Déjà, se fait jour le désir de leur enlever tout un tas de choses, au premier rang desquels, selon Frédéric Lefèbvre, « l’accès à un certain nombre de droits, les prestations sociales, les allocations familiales, et les titres de transport publics. » C’est une idée ça, tiens, les priver de bus, les faire marcher, puisqu’on ne peut pas les fouetter. On ne peut pas non plus, pour l’instant, leur imposer le port de l’étoile (ou du croissant) vert. Mais patience, ça viendra.

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.

 

Ps : on s’étonnera peut-être que l’autruche passe sous silence le dernier show télévisuel du présidentiel bouffon. Mais face à un non-événement le silence s’impose, non ?     

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 16:46

images-copie-41.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Haïti, rien de plus logique, occupe les esprits et la totalité des Unes. Il y a comme ça des contrées dont on serait tenté de penser, si le malheur voulait qu’on soit un brin croyant, qu’elles ne sont pas aimées de dieu. Maudites ? C’est ce que pense Pat Robertson, télévangéliste de son état, pour qui, ça ne fait pas un pli, le séisme dévastateur n’est rien moins que la conséquence d’un pacte avec le diable. Selon lui, il y a deux siècles, les Haïtiens se sont réunis et ont dit au bonhomme à cornes « nous te servirons si tu nous débarrasses des Français. » Ni une ni deux, le diable, qui n’aime pas la France, « a dit d’accord, marché conclu. Depuis, ils sont victimes de malédictions, les unes après les autres. » Une série noire, en somme, qui ne semble pas près de s’achever, puisque les Etats Unis ont dépêché sur place pas moins de 12 000 Gis, plus un porte-avion nucléaire plus je ne sais combien d’agents, quelques uns très spéciaux, des spécialistes, du matériel, des moyens. Commençant par sécuriser l’aéroport de la capitale, ils se sont, de fait, assurés le leadership  en matière de secours, d’aide, surtout de maintien de l’ordre et, plus tard, de reconstruction. Pour la bonne cause, dites-vous ? On verra combien de temps ce contingent mettra à quitter Haïti et à lui rendre sa pleine et entière souveraineté. On en reparlera dans vingt ans, quand le diable aura des dents.


     La solidarité en guise de paravent cachant d’autres vues, moins avouables ? Allons… Il n’y a pas jusqu’au Fmi qui, par le biais de son directeur général j’ai nommé Dominique Strauss-Kahn, ne se tienne « prêt à jouer son rôle avec le soutien approprié dans nos domaines de compétences. » Désolée de jouer les volatiles de mauvais augure, l’autruche n’en trouve pas moins qu’une telle annonce n’est pas, loin s’en faut, une bonne nouvelle pour le peuple haïtien. Nul besoin d’être grand clerc pour deviner la nature du soutien apporté par le Fmi, soutien que l’île, ravagée, ne sera pas en mesure de refuser. Suffit d’être, comme Mike, mon pote lead vocal dans un groupe hardcoreux qui mange des poneys sur scène, un peu au fait des agissements de cette mafia officielle. « Ils vont leur proposer deux ou trois milliards de dollars remboursables sur dix ans, à la condition qu’ils acceptent de privatiser les domaines de la santé et de l’éducation, pour commencer. Et comme les Haïtiens ne pourront jamais rembourser, ils devront aller plus loin, le pays étant sous la coupe des enfoirés du Fmi. C’est trente années de misère, au moins », me confiait l’autre matin ce dévoreur d’ongulés, par ailleurs brillant analyste économiste s’il en est.


     La générosité, la vraie, ce n’est donc pas du côté de New York qu’il convient de la chercher. C’est du côté du Ministère de l’Identité Nationale. Ainsi Eric Besson n’a-t-il pas hésité, dès le lendemain de la catastrophe, a annoncer officiellement la « suspension immédiate de toute procédure de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens, en situation irrégulière sur le territoire national. » Et après on dira qu’il n’a pas de cœur… Dans la foulée, ses services précisaient que cette mesure, toute temporaire, était prise « en raison du séisme qui a frappé l’île. » L’aéroport de Port-au-Prince ne serait plus en mesure d’accueillir les charters en provenance de Paris ?


     Fi du mauvais esprit, la barque bessonienne est assez chargée ces temps-ci sans qu’on y rajoute son pavé. On vous entretenait ici, la semaine dernière, de l’opus publié par l’expulseur en chef, une poignée de pages titrée « pour la nation ». Et voilà que de mauvais coucheurs l’attaquent pour contrefaçon et concurrence déloyale, étant donné que ce titre fut déjà celui d’un bouquin écrit par l’avocat Varaut, par ailleurs ordure royaliste, défenseur de Jacques Médecin, de Bob Denard et de Maurice Papon — que du beau linge… Cette nouvelle déconvenue, parfaitement anecdotique, nous donne cependant l’occasion de jouir du spectacle, trop rare, de nationalistes de tous poils se flinguant à bout portant. Les héritiers de Varaut (lequel est décédé) demandent que soit interdite toute réimpression du bouquin de Besson. Ça va devenir un collector comme, en son temps, Mein Kampf


     Collector également, sa dernière proposition : emporté par le flot délirant de son débat débilitant sur l’identité nationale, voilà que Besson propose une « charte des droits et des devoirs », que signeraient les jeunes arrivant à majorité. Elle « édicterait des principes moraux et politiques » et ce serait « un symbole, mais aussi une forme de serment. » Hum, serment, ça ne vous rappelle rien ? Scout un jour, pétainiste toujours !


     Mais laissons-là ce triste sire et ses fantasmes en culotte courte, et rions un peu, ça nous changera, sur le dos de la loi Hadopi. On a appris lundi dernier que le logo de la nouvelle instance a été crée à partir d’une typographie qu’elle n’avait pas achetée. Une typo piratée, donc. Son créateur s’est fait connaître, comme personne ne lui avait demandé l’autorisation de se servir de son œuvre, qu’il avait dûment déposée et que personne, à fortiori, n’avait songé à le rémunérer. L’agence qui a réalisé le logo évoque pour sa part une « erreur de manipulation informatique », ce qui est un peu court. Ils ont pompé, c’est tout, pris les doigts dans le pot de confiture photoshopée les voilà bien gênés. Pirater un artisan-typographe serait donc moins grave que de télécharger la dernière soupe lyophilisée de la multimillionnaire Charlotte Gainsbourg ? On s’en serait douté. Ainsi, nous ne saurions trop conseiller aux éventuels pirates qui auraient maille à partir avec les sbires d’Hadopi d’évoquer, en matière de défense, une bête et simplissime « erreur de manipulation ».


     Restons dans le domaine du high-tech archi-toc et rendons-nous, séance tenante, en l’église londonienne du quartier de la City. En cette enceinte se déroulait, le 11 janvier dernier, un service spécial, au cours duquel quelques 80 traders ont pu faire bénir leurs… téléphones portables. « J’ai prié pour les gens qui utilisent les nouvelles technologies et ceux qui les font fonctionner », a expliqué le prêtre. « Pendant que je priais dieu pour qu’il bénisse ces outils, l’assistance tenait les téléphones en l’air. » Bientôt, de grands bûchers pour brûler windows vista, des cantiques à la gloire de linux, la crucifixion de Bill Gates ?


     M
artine Aubry, elle, ça l’énerve, ces câbles, ces claviers, ces mulots, tout le bordel numérique : à peine venait-elle de finir la lecture du manuel de son minitel modèle 1980, qu’un de ces conseillers lui glissait à l’oreille que des vœux via le net, c’est in. Ah, s’étonnait Martine. Bon d’accord allons-y, dit-elle, non sans appréhension. Ainsi, c’est sur le site du Parti que nous apprîmes que « 2010 sera l’an 01 de la reconquête socialiste » — quelle comique, cette martine…mais où va-t-elle chercher tout ça ! —, et que, lorsqu’ils pensent aux batailles à venir, « les socialistes en frétillent ». Menu fretin exactement, petite pêche pour toutes ces grandes gueules dont l’ambition est l’aliment et les batailles tristement, chichement électoralistes. Qui gardera son poste, parmi ce petit personnel, après les régionales : tel est le seul, le mièvre enjeu agitant la friture.


     Pour Le Pen, l’enjeu est ailleurs. Dernier numéro de claquettes pour le vieux canasson, et mon petit doigt me dit qu’il fera tout pour marquer le coup. Pour l’heure, Sarkozy et Besson faisant campagne pour lui, il n’a qu’à prolonger ses siestes et ses séjours en institut gérontophilopétainiste, se contentant de rappeler que « l’âme française n’est pas partageable avec les peuples qui, paraît-il, veulent vivre avec nous, surtout ils veulent vivre sur not’dos, oui ! » Dans le registre de l’appel non-discret du pied aux électeurs frontistes égarés dans le sarkoland, le verrat peut aller plus loin : « non, la France n’est pas métissée, qu’il y ait des métissages individuels, ça c’est normal, c’est la liberté de chacun de se marier avec des ethnies différentes, mais pour l’instant, les Français de souche, ceux qu’on appelle les souchiens, sont encore majoritaires en France. » Souchiens, c’est joli hein ? Certes, ça sonne un peu chenil, et ce n’est pas très enjôleur. Pourquoi, mon gros, ne pas les appeler les surchiens ?


     Quoi qu’il en soit, la secrétaire d’Etat —rires— Fadela Amara — re-rires—, du fond de sa retraite contrainte fait savoir qu’elle n’est pas d’accord avec Le Pen. Si si, la France est métissée, qu’elle dit. Et de citer « Yannick Noah, Zizou et Dany Boon, qui a un papa kabyle [sic], comme personnalités préférées des Français. » Les beaux exemples que voilà ! Comme la France est généreuse ! Même qu’elle laisse vivre chez elle des Arabes et des Noirs. A condition, évidemment, qu’il s’agisse de milliardaires, diront les mauvaises langues…


     Mauvaises langues également, celles que commence à fatiguer l’autoritarisme sournois d’un Philippe Val qui, à la tête de Radio Paris, laisse entendre à quel degré l’humoriste Guillon l’insupporte. Pour tout dire, il le trouve « odieux ». « Il est faux de dire comme il dit que j’ai été nommé par l’Elysée », brame ce grand cerf blessé de Val, « j’ai été nommé par Jean-Luc Hees. » Lequel Hees fut nommé à la tête de Radio France par Sarkozy himself, ça change tout ? Pas trop. Val, toujours patron de Charlie et vireur de Siné devant l’éternité, avoue ne pas avoir envie « de toucher à Guillon, de mettre les mains là-dedans. » Re-sic ! Selon Kim-Il-Val, toujours, à France Inter « l’actionnaire ne serait pas très bien traité. » Pour Val-taille, l’actionnaire, c’est l’Etat, c’est Sarkozy-Bruni et la multitude de leurs chambellans de pacotille. Personne n’a jamais réussi à faire comprendre à Val le principe du service public, qui voudrait que, par exemple, en matière de radio, l’actionnaire, c’est l’auditeur.


     Un autre, qui aura traversé les palais de la république et pris la pose sous les lambris sans rien saisir de ce que ça implique en terme de renoncement, c’est le pseudo-philosophico-écrivain Luc Ferry. Le pauvre hère, qui en est réduit à courir les talk-shows afin de prouver aux douze membres de son fan club qu’il est encore vivant, expliquait dernièrement qu'« à vingt ans, on rêve de devenir pompier ou ministre. » Et on se branle devant le portrait de Vincent Auriol? Pfff…  Plus loin, celui qui fut tout de même ministre de l’éducation — au même titre que des chacals genre De Robien, Bayrou, Allègre,… —, se laisse aller à une confidence d’ordre hallucinatoire : « moi qui ait bientôt 60 ans, j’ai choisi enfin mon métier : écrivain, fabricateur  de livres. » Il m’achève, Ferry même pas boat (surtout ne jamais ô grand jamais naviguer dans les eaux de ces hommes poissés), j’en ai donc terminaté en la fabricature de cette rubriquole. A vos souhaits.

 

                                                                                              Frédo Ladrisse.
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 20:03

images-copie-40.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? En ce début d’année ça caille, et les cons gèlent. Certains poussent la pantomine, vont jusqu’à passer l’arme à gauche, Séguin bien sûr, et n’oublions pas Yves Rocher qui, à n’en point douter sera panthéonisé. Mais le gros des troupes, si on peut dire, a passé sans trop de souci le cap de la nouvelle année. Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : Sarko, lors de ses vœux, a prévenu que « les épreuves ne sont pas terminées. » Pour une nouvelle…  Selon l’azimuté de l’Elysée « il nous reste bien du travail », même si « un monde nouveau a commencé à émerger. » Je sais pas vous, mais moi, quand j’entends certaines bouches prononcer les mots de « monde nouveau », ça fait grimper un brin l’aiguille du trouillomètre. 

 

     Un que le passage à 2010 n’a pas inquiété d’un iota, c’est Brice Hortefeux-d’artifice.  Tout content de lui, le Brice : « la tendance à la hausse du nombre des voitures brûlées a été enrayée », claironna-t-il, fiérot. Pas faux : par rapport à la Saint-Sylvestre de l’année précédente, on en compte dix de moins.  Ce qui nous fait tout de même 1137 bagnoles cramées, mais le ministre a raison : quand ça monte pas, ça baisse…

 

     Pendant que les gamins jouaient à molotover la charrette du voisin — ce qui, notons-le au passage, est une bien belle contribution à la lutte antipollution —, Cécile Duflot, secrétaire nationale de Les Verts, prenaient quelques jours de vacances amplement mérités. En toute simplicité. En famille. Aux Maldives. Comme certains aigrefins lui reprochaient  son séjour sur cet archipel menacé  par la montée des eaux et le réchauffement climatique, la tête de liste écolo pour les Régionales à venir arguait que « c’est pas parce qu’il y aura dix pour cent des écologistes exemplaires qu’on s’en sortira. » Dès lors, pourquoi l’être, hein ? « Je suis une femme normale », tenait-elle ensuite à préciser. Pas si sûr, voyez ma concierge, femme normale s’il en est : les Maldives, elle connait pas bien, elle croit que c’est une sorte de légume.

 

     Puisque nous sommes dans les légumes, profitons-en pour présenter nos (meilleurs ?) vœux à Jacques Chirac, qui vient une nouvelle fois d’être mis en examen. Sa rombière s’en est dit absolument choquée : « il sera convoqué de nouveau, je le sais, mais cela me fait très mal », a pleurniché mamie. « Les Français ont choisi le président de la république », a-t-elle argumentée sans apparemment se souvenir que le grand Jacques, justement, n’était plus président. On lui aurait caché pour ne pas la choquer davantage ? « Je ne pense pas qu’il puisse être soumis aux mêmes obligations que les citoyens ordinaires », a enfin lâché Bernadette Chodron de Courcel, épouse Chirac. Elle devrait être rassurée : si jamais c’était le cas, son mari dormirait en taule depuis quelques années.

 

     Il y aurait peut-être croisé, sait-on jamais,  Jean-Marc Rouillan, qui lui non plus n’est pas soumis aux obligations d’un citoyen ordinaire. Il est soumis à dix fois pire. Est-il nécessaire de rappeler que l’ancien d’Action Directe vit derrière les barreaux depuis maintenant 23 ans, qu’ayant bénéficié d’un régime de semi-liberté en décembre 2007 il fut renvoyé en prison dix mois plus tard, au prétexte d’une phrase ambigüe, lors d’une interview à l’Express ? On pensera ce qu’on voudra de cette phrase. On a même le droit, comme l’autruche, de n’en rien penser du tout. Le fait est que Jean-Marc Rouillan, atteint d’une maladie rare, se regarde mourir en prison. Il a demandé son transfert à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il pourrait être soigné. Comme de bien entendu, l’administration pénitentiaire, en son infinie mansuétude, n’a pas cru devoir donner suite à la demande du malade. Et certains prétendront encore que la peine de mort a été abolie en France… Au reste, c’est moins de mansuétude dont il s’agit ici, que d’application stricte du droit. Une instance judiciaire peut parfaitement se substituer à l’administration pénitentiaire, et ordonner le transfert. On peut toujours rêver : Rouillan a reçu, il y a peu, la visite de deux magistrats du Parquet, et l’un d’eux lui a dit « il est indispensable de faire preuve d’un repentir. Sinon, rien n’est possible. » Tiens, depuis quand l’obligation de repentir figure-t-elle dans le droit pénal ? En outre, c’est bien mal connaître Rouillan que de penser qu’il puisse ainsi renier son passé et son engagement. « l’Etat est prêt à me liquider pour quelques mots, exactement comme je suis prêt à mourir pour une histoire vieille de trente ans », a-t-il répondu au loufiat de la république.  Autant dire que Rouillan ne goûtera pas demain aux plaisirs de la liberté. Alors, il s’est remis à écrire, et publie ces jours-ci un livre sur la prison et la mort (1).

 

     Eric Besson écrit aussi, mais sur un tout autre sujet. « Pour la nation », c’est le titre du truc. Tout un programme, quoi, qui fleure bon le néopétainisme. Dans ce bouquin présenté comme sa contribution au débat sur l’identité nationale, Besson s’en prend à ceux qu’ils nomment « les idéologues postnationalistes, les sans-frontiéristes, ceux qui se disent citoyens du monde. » Diantre, si c’est pas du joli repli franchouillo-franchouillard, ça ! On notera au passage que Le Pen n’a plus le monopole des néologismes visant ceux qui ne partagent pas cette vision passéiste et rance. Le livre, par ailleurs, comporterait de nombreuses coquilles et erreurs. Il a pas trouvé de nègre, Besson, pour relire sa bouillie ?

 

     Il aurait dû demander au maire de Gonneville-sur-Mer (Calvados), sûr que l’édile aurait été ravi de corriger le bidule de Besson. Bernard Hoyé, tel est son nom, a une passion dans la vie : les portraits de chefs d’Etats de la République Française. Comme d’autres collectionnent les maquettes de Messerschmitt, lui entasse lesdits portraits. Mieux, il les expose. Ainsi, en se rendant dans la salle des mariages de la mairie de Gonneville, on aura tout loisir d’admirer les trombines de Chirac, Pompidou, René Coty ou encore… Pétain. Le maréchal trône là, comme au milieu de ses pairs, moustaches au vent et chouette casquette. La Licra s’en est émue, et a demandé à l’élu de décrocher le portrait. Celui-ci a refusé. « Je ne suis pas historien, je n’ai pas à prendre partie », s’est défendu Hoyé, « contrairement à la Licra qui, elle, n’est pas objective. » Voilà, au pays de Besson et Sarko, où en est l’objectivité : tout se vaut, tout est égal, Pétain=Vincent Auriol=Sadi Carnot et certes on ne nie pas la collaboration, mais avouons qu’à ce sujet les juifs ne sont pas très objectifs… Où l’ont voit que la vérole brune gagne chaque jour du terrain, jusque dans les campagnes.

 

     En Italie, la même vérole s’exprime dans la rue. A coup de fusil et de barres de fer. Dans le sud de la botte, la chasse à l’étranger est à l’ordre du jour. « Qu’ils s’en aillent, il faut qu’ils aient peur », éructe un habitant de l’accueillante commune de Rosarno. Jeudi dernier, on dénombrait pas moins de 67 blessés en un jour, dont certains au fusil de chasse. Si vous songez, pour vos vacances, à partir en Calabre, laisser votre petit ami métis à la maison. Ou alors achetez un flingue.

 

     Un peu de légèreté, pour finir ? Cédons alors la parole au chronophile Julien Dray, lequel s’est un peu répandu sur le dos des copains cette semaine. A l’égard d’Arnaud Montebourg, qui l’aurait enfoncé : «un jour ou l’autre on se retrouvera, parce que celui qui crache en l’air finit toujours par avoir le crachat qui lui retombe dessus. » Certes, c’est mal écrit, mais ça a le mérite d’être clair. Quant à Cambadélis, il aurait selon Dray « un problème avec sa conscience, il sera rattrapé par tout cela. » Même l’ancien pote Harlem Désir en prend largement pour son grade. C’est « un apparatchik », devenu « le porte-flingue de Bertrand Delanoë », et Dray de relater : « quand je l’ai connu, il était déjà un peu rigide. On l’avait fait évoluer et là, en fin de vie, il est revenu à ses origines…rigides. » En « fin de vie », Harlem Désir ? Il vient d’avoir 49 ans… Bref, on voit que le Julien a le ressenti solide, et donc n’y va pas avec le dos de la Rolex. Finalement, la Calabre, c’est un havre de paix en regard de la rue de Solferino.       


(1)   
Paul des Epinettes et moi. Sur la maladie et la mort en prison. Jean-Marc Rouillan, Agone, 225 pages, 10 euros.

 

                                                                                             Frédo Ladrisse.

 

008.gifLa question de l’autruche que tu trouveras nulle part ailleurs et même que si tu y réponds tu gagnes une plume, ou presque :


     Qu’a dit Sarko à son ministre quand Mitterrand est arrivé avec un bras dans le plâtre, suite à une chute en scooter ?

     a)      Alors, c’était comment, ce Noël en Thaïlande ?

     b)      Décidemment tout est bon pour faire parler de vous !

     c)       Je vous l’ai déjà dit : un ministre, ça ne se promène pas en mobylette.

     Alors alors ?...
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 15:01

Profitant d’un repos pas si mérité que ça (y faut pas déconner non plus), n’écoutant que son courage qu’elle a pourtant plutôt poussif, l’autruche livre ci-dessous son résumé de l’année. Extraits forcément subjectifs et totalement de parti pris, sans nuance, comme il se doit. Have a nice lecture, les aminches. 

 

 

      En janvier, ça commençait fort : les bombes tapissaient le sol de Gaza, et l’offensive israélienne prenait des allures de massacre.


CAAR8DUJ.jpg«  Tandis que la communauté internationale, comme on dit, s’entête à renvoyer dos-à-dos armée d’occupation et population civile, Tzipi Livni, ministre israélienne des affaires étrangères, assure que « la situation humanitaire à Gaza est comme elle doit être. » Etrange déclaration, où peut s’entendre le vœu de punir par la famine, l’absence de produits de première nécessité, de soins, de prise en charge des blessés,… une population qui eut le tort de « mal voter ». Et on bombarde, comme jamais. Gidéon Levy, éditorialiste au quotidien Haaretz, affirme : « nos excellents pilotes sont maintenant devenus des voyous. Comme dans les vols d’entraînement, ils bombardent sans états d’âme. » Il serait bien sûr plus qu’ardu de trouver, quelque part sur la planète, un militaire doué d’états d’âme. Ça ne fait pas partie du boulot, même, ça le contrarie. Mais la barbarie dont font preuve les pilotes israéliens est, dans ce sens, exemplaire. »



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   Le mois suivant, en février, c’est le conflit dans les DOM qui retenait toute l’attention de la clique politichienne, tiraillée par la trouille d’un embrasement général.


images-copie-20.jpg« Reste que le conflit fait tache d’huile, après la Martinique, la Réunion s’y met, et ça fouette sous les bras des ministres concernés comme de leurs affidés. Ainsi, François Goulard, député Ump, sue grassement des aisselles : « que se passera-t-il devant une agitation sociale persistante, que personne ne souhaite ? » Personne ? Hum… Règle ton sonotone, garçon ! On notera cependant que la frousse est, devant cette « agitation », la chose la mieux partagée entre la droite et la gauche. « Je crains une propagation des évènements qui agitent les Antilles », bredouille Martine Aubry. Agitation, agités,… Récurrence d’un vocabulaire qui ne doit rien au hasard, tant le parti de l’ordre et du tous-à-la-niche porte aussi bien le rose que le bleu. Et la Martine d’ajouter : « il faut tout faire pour que cela n’arrive pas. » Puisqu’on  vous dit qu’ils fouettent… »

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Promenade collective en mars, sous l’impulsion de syndicats dont c’est peu de dire qu’ils nous baladent. L’autruche, bien que défilante, restait dubitative :

 


images-copie-21.jpg« Le 19 de ce mois, on a donc été trois millions à traîner nos tongs sous le soleil. On a pas tout perdu : on a bronzé un peu. Le soir même, Fillon-le-fielleux venait nous expliquer, à nous pauvres ignorants, qu’une manif nationale ne saurait résoudre une crise mondiale. «Aujourd’hui, la consommation s’effondre au Japon. » De là viendraient tous nos sushis ? Mais on a pas grand chose à craindre, puisque «les Français, je les écoute et je les protège.» Et c’est sa potesse Parisot qui parle de démagogie ? Par ailleurs, Fillon ne put s’empêcher de nous resservir l’antienne villepinienne du « j’entends ceux qui manifestent, j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas. » A l’époque premier ministre, Galouzeau avait sorti ça, quelques semaines avant d’enterrer le Cpe. C’est de bon augure… Quoi qu’il en soit, dans les jours qui suivirent, Sarko fit donner l’arrière-garde, et là, se fut un festival. Guaino : « on ne peut pas faire un sommet social tous les jours ! », d’autant que « je ne pense pas qu’il y ait rupture de confiance. » Dans le même registre, Hortefeux « ne pense pas qu’il y ait une demande de changement. » Décidemment, ces gens ne pensent pas. Même Raffarin s’est fendu d’une raffarinerie, ça faisait longtemps, ça nous manquait. Il faudrait, selon lui, « traiter cette pulsion sociale avec une très grande sagesse. » Alors, les grévistes, ça pulse ? »


 

 

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      En avril les bouffons ne se découvraient pas d’un fil, et le premier d’entre eux, Besson, prenait possession du ministère des expulsions.


                    images-copie-4.jpg« Restons dans le registre des ongulés de base, et tendons le micro à Eric Besson, ministre de l’Identité gnagnagna. « C’est un grand, un beau ministère républicain », confie l’homme, tout heureux de la nouvelle déco. Il est vrai que tamponner des arrêts de reconduite à la frontière sur l’écritoire de Marcel Déat, ça doit faire quelque chose. « Où voyez-vous une traque ? », s’emporte plus tard le garçon. « Il n’y a jamais personne qui soit interpellé à la sortie des écoles. » Le mensonge éhonté comme ligne de défense, comme pilier incontournable du sarkozysme de lèche-talons ? Besson adore, en remet une couche, à propos des individus venant en aide aux sans-papiers: « le délit de solidarité n’existe pas en France. C’est un mythe. » Un mythe qui figure en toute lettre dans l’article L622-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers. Eh non, sieur Besson, le code d’entrée n’a pas changé. »



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Le joli mois de mai voyait fleurir les ambitions et les coups plus bas que terre, au prétexte d’élections européennes durant lesquelles il fut question de tout, de rien, mais surement pas d’Europe :


images-copie-29.jpg« La campagne des européennes bat son plein. Je plaisante, il ne se passe rien. On échange des coups qui volent au niveau du trottoir, on s'empaille gentiment, loin du débat d'idées. Ainsi Dany-le-vert, à propos de Rachida Dati : « si elle est élue, vous croyez qu'elle ira au parlement européen ? Et mon œil, mon œil ! » Du coup, l'Ump exige des excuses (décidemment c'est à la mode), par le biais de son porte-parole Dominique Paillé, qui dénonce ces « invectives personnelles, ou le dénigrement pervers des personnalités. » Dati, elle, dénigre sans gêne : « je comprend qu'un homme du passé cherche à sortir de l'ombre », balance-t-elle à l'adresse de Cohn-Bendit. Lequel, selon elle, « en cinq ans au parlement européen, n'a rendu aucun rapport. » Bref, chaque camp est en train de nous expliquer qu'à Strasbourg, personne fout rien. Voilà qui devrait convaincre les derniers hésitants, et les faire basculer du seul côté qui vaille, celui de l'abstention. »

 

 


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     Juin  commençait plutôt pas bien, un airbus venant du Brésil s’abîmant en pleine mer. L’autruche, de mauvais poil et plume, voyait en la vague médiatique suscitée par la catastrophe l’occasion, pour les journaleux, d’éviter de trop évoquer l’anniversaire de Tienanmen. Si c’est pas de la mauvaise foi, ça…  

 
images-copie-38.jpg« L'avion sans ailes a donc splitté dans l'immensité atlantique sans même que Charlélie Couture ait le temps d'achever sa chanson. Ça tombait mal, c'est le cas de le dire, car c'était également le jour de l'anniversaire du massacre de la place Tienanmen - 20 ans déjà, comme disent les cons. Aussitôt la racaille journalistico-vautourienne s'empressa de se jeter sur les restes déchiquetés des 228 malheureux passagers, passant quasiment sous silence le massacre, par l'armée chinoise, de centaines d'étudiants. L'essentiel n'est-il pas de ne point trop fâcher Pékin, dont notre économie dépend de manière non négligeable ? Gageons que commémorations et émissions spéciales et débats à n'en plus finir, seront autrement plus nombreux lors de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin, en novembre. Tienanmen : une péripétie. Berlin : la fin du communisme, et de l'histoire, par la même occase. » 

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     Profitant des beaux jours, Sarkozy lançait en juillet son plan com’ sur le mode du « j’ai changé. » La ritournelle, depuis, a pris du plomb dans l’aile, et pour tout dire, a capoté :


petain.jpg« Dans l’entretien fleuve accordé au Nouvel Obs, on n'apprend rien, vraiment. Ni annonce, ni même le début d'une amorce d'information valant la peine d'être rapportée. Un entretien façon people. C'est encore ce qu'il sait faire le mieux. « J'écoute, j'apprends, je progresse », lâche l'azimuté de l'Elysée. Et tout est à l'avenant, sonnez hauts-bois résonnez carpettes, le nouveau Sarko est arrivé !   « L'ouverture, confie-t-il, ce doit être une disposition d'esprit. » Oyé ! En voilà une idée qu'elle est fraîche et nouvelle ! Ouvert, il l'est bien sûr, c'est à ça qu'il veut en venir : « le devoir d'un président est d'écouter, de s'ouvrir. » Puisqu'on vous dit qu'il a changé ! Certes, c'est tout récent, ça date du 8 juillet, vers 14h32, mais c'est un vrai bouleversement intérieur, sincère. « Avec l'âge, je suis devenu plus tolérant », lâche l'homme du « casse-toi, pov' con. » Avant d'en remettre une couche : « plus ouvert, plus serein aussi. » Ah, l'ouverture, le maître-mot que ce mot-là ! Dans ces huit pages elle est partout, avec cependant, de-ci de-là, un bémol - on ne se refait pas : « si je n'écoute personne, on me dit : « quel est ce dictateur ? » Si j'écoute, on me dit : « il a reculé. » Et comme tous les dictateurs, il a horreur de reculer... Par moment, ce souci, plutôt, cette obsession qu'il a de sa nouvelle image - les mauvais esprits se demanderont qu'est-ce que ça cache encore, comme coup fourré à venir -, confine au ridicule : « j'ai compris que mon rôle était de défendre la création et les artistes. Je n'y faillirai point. » Olé ! Que nos amis intermittents ravalent leur enthousiasme, c'est pas d'eux dont parle Sarko. Quand Sarko parle de création, il parle de... télévision - où, soit dit en passant, bossent bon nombre d'intermittents, mais bref... Par « défendre les artistes », Sarko entend : nommer lui-même les présidents des chaînes publiques. Basta. »


 

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     En août, vis dans le doute, répétait chaque année grand’ mère autruche. Le plumitif, digne de son aïeule, remet en question l’enthousiasme des masters of the world, lesquels ont des hallu, et voient venir la fin de la crise :


images-copie-8.jpg« En vérité, dans cette affaire, la plupart se montrent d’une prudence de Sioux. Ainsi, pour Obama, « nous sommes peut-être en train d’assister au début de la fin de la récession. » Cet homme, pas de doute, est du bois dont on fait la langue. Dans un registre plus poétique et en direct du Tyrol, Angela Merkel entrevoit « le premier bourgeon délicat de la reprise. » Où l’on voit que sous ses airs bourrus de fille de ferme bavaroise, la chancelière demeure une indécrottable romantique. Moins éthérée, plus proche du sol, la ministre Lagarde se veut prudente à son tour, n’empêche, elle n’en peut mais : « pourquoi voudriez-vous qu’on change de politique économique », s’étonnait-elle l’autre matin, « puisqu’elle donne de bons résultats: nous sommes à 0,3 de croissance! », s’extasiait-t-elle, à presque en jouir. 74 000 emplois détruits au second trimestre 2009, près de 250 000 depuis le début de l’année, pas de doute, tout va bien, aucune raison de changer de cap. Et Lagarde de préciser « moi, je ne fais pas de propagande, je regarde les chiffres et j’essaie de les comprendre. » Y’a des cours de maths qui se perdent… Pour autant, la dame admet que « l’emploi sonnera le vent de la reprise. » Entre bourgeon et vent sonné, c’est à se demander ce qu’ils fument, ces gens-là, durant leurs vacances. »

 


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     En septembre, c’est rentrée des classes. Pour les gosses qu’on déverse tels des poulets d’élevage dans ces cages grillagées qu’on nomme écoles, collèges, lycées. Pour dame Royal aussi, en plein délirium tremens :

 

mar.jpg« Ségolène, elle, ne panique pas. Elle est plutôt du genre à chanter des cantiques, une flûte de champ’  à la main, pendant que coule le Titanic. Opposée à la taxe carbone, Ségo fait dans le lyrique teinté d’égotisme bêlant : « qui pouvait parler, si ce n’est moi ? », ose la Picto-Charentaise. Puis, baignée de lumière divine : « je suis dans la vérité des choses. » En vérité en vérité, je vous le dis je vous le dis, dame Royal ferait mieux d’arrêter de fumer son missel, elle commence à nous fatiguer.   « Je sais que les Français pensent comme je pense », martèle l’Elue, toute à ses Voix. Et, lorsque les barons du sarkozystan se gaussent d’elle, « rien ne m’inquiète », susurre-t-elle, en un sourire quasi mystique.  De voix, il est à nouveau question un peu plus loin, dans son délire : « ma voix peut protéger de la destruction des acquis sociaux », amen. Sainte Ségo pratique-t-elle aussi l’imposition des mains ? J’avoue que ça m’arrangerait, y’a mon prurit qui revient. »


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      Octobre vit la dévastation, par les hordes barbares, de la bonne ville de Poitiers. Belle occasion, pour les médias, de pointer du doigt les autonomes, de raviver les fantasmes à la mode Tarnac. Mais que s’est-il passé réellement à Poitiers ? No lo sé…


images-copie-39.jpg« La France qui se lève tôt et qui se réveillera trop tard est cette semaine représentée par le petit commerce pictavien, lequel panse plaies et devantures. Elles ont résisté glorieusement, mais n’ont pu que tomber sous les assauts de la horde. Une horde, laquelle ? Quelques courageux journaleux osèrent alors s’aventurer dans Poitiers dévasté, véritable Grozny-en-Charente. Bah nan, qu’ils dirent, on a rien vu. Trois tags, une vitrine de banque, un abribus tout cassé. A part ça, rien, ici c’est calme. Vraiment pas de quoi se mettre Charles Martel en tête, ah ah ah. Dès lors, un doute nous étreint, qu’on osa à peine formuler. Qui étaient les « 200 casseurs » dont parlait une flicaille incapable d’en choper un seul en flagrant délit, ce jour-là ? Qui a donné l’ordre d’investir, la nuit venue, le 23, lieu où devait se tenir un concert plus que pacifique, et d’y faire une razzia parmi les bénévoles, dont la plupart n’étaient même pas présents à la manif’ ? Qui a décidé d’imposer l’image de Poitiers, ville-martyre (je m’en gondole de rire), livrée aux autonomes ivres de violence et de vin ? Qui a laissé Alain Bauer expliquer sur Radio-Paris que « bien évidemment, il s’agissait de la même mouvance que celle représentée par le groupe de Tarnac, la mouvance qui lit « l’insurrection qui vient », le livre écrit par Coupat. » Alain Bauer, vous connaissez ? Mais si, le criminologue préféré du sarkozystan éternel, par ailleurs patron d’une firme spécialisée dans la sécurité. Deux précisions, tout de même : rien n’est jamais venu prouver que Julien Coupat soit l’auteur de « l’insurrection qui vient » —et quand bien même il le serait… Par ailleurs, comment Bauer sait-il ce que lisent où ne lisent pas les petits agités de Poitiers ? Ce gars-là doit avoir ses propres fichiers, bien soignés… »


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     En novembre, cache ton membre, aimait à dire grand père autruche. Sarkozy, lui, exhibe fièrement ses (faux) souvenirs d’ancien démolisseur.


images-copie-30.jpg« Il y était, bien sûr. Avec ses petites pognes, il a fait tomber le mur de Berlin. De même, le premier homme sur la lune, c’était lui. Et qui a découvert l’Amérique, Christophe Colomb, dites-vous ? Que nenni ! Nous savons désormais que SuperSarko tenait la barre. Sur sa page Facebook —initiée, selon les mauvaises langues, par sa compagne du moment —, rien n’est dit cependant de sa présence à Austerlitz ou sur le site d’Alesia, aux côtés de Vercingétorix. Ça viendra. Pour l’heure, on y apprend seulement que, le 9 novembre 89, Sarkozy était à Berlin, « en train de donner quelques coups de pioche dans le mur. » On imagine que ces coups-là furent assez vigoureux pour être fatals au Bloc de l’Est et, pendant qu’on y est, au communisme mondial. Pourtant, dans la semaine, les grognons de l’internet —lesquels, décidemment, ne manquent jamais une occasion de gâter la fête à chouchou— eurent l’audace de remettre en question la Présidentielle Présence, à Berlin, ce jour-là. Non, y était pas, dirent certains. Immédiatement les petits soldats du Sarkozystan réuni montèrent en première ligne, et on ne comptait plus les membres du défunt Rpr jurant, main sur le cœur, avoir croisé leur maître au pied du mur, ce fameux 9 novembre. Puis, le fantasme élyséen s’effilochant de jour en jour, certains furent contraints de mettre un peu d’eau dans leur schnaps. Juppé, censé avoir fait le voyage avec Sarko il y a vingt ans, précisait, si on peu dire : «j’étais à Berlin le 9 au soir —ou quelques jours plus tard, ma mémoire est imprécise sur la date exacte. » Quand l’Alzheimer précoce sert de faux-fuyant… »

 

 

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      C’est décembre, et en plus il neige ! Sur la chaussée gelée la franchouillardise glisse et Besson se rétame la tronche : son débat à la noix achève piteusement sa course dans la fosse à purin.


andrevalentin.jpg« Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ça dérape, ça vrille, ça déchausse bref : ça part en couille. Quoi donc ? Mais le débat, Vaugelas ! Sur l’identité, mon Rabelais ! Tel un Golem racialiste, la Bête échappe à son insane créateur, et le ministre Besson se retrouve Grosjean par derrière. Notez : l’est pas le seul. Le petit manipulateur trônant en Présidence est tout autant refait. Mais lui a le pouvoir et donc, comme il nous y a habitué, envoie ses caciques au casse-pipe et planque ses fesses sous le tapis. N’empêche : maintenant qu’est ouverte la boîte de Pandore (ni vu ni connu, je t’endors), il ferait beau voir que ce boulet-là ne frôle pas d’un brin les oreilles du petit Nico, las. On a tous entendu, ou vu, le maire de Gussainville (département de la Meuse, 40 habitants à vue de pif), élu du sarkoland et icône beaufisante, râler qu’ « on va se faire bouffer », qu’ils seraient «déjà dix millions, et payés à rien foutre. » Les meuglements d’un con ordinairement raciste n’ont aucun intérêt. Plus éprouvantes, selon moi, sont les réactions de ses coreligionnaires en haine et en détestation : Lefèbvre, Frédéric, qui jusqu’à preuve du contraire est encore ici et maintenant porte-parole de l’Ump, estime pour sa part que le bouseux « n’a fait qu’exprimer une inquiétude de la France profonde. » Ouf, Il ne s’agissait que de ça, nous voilà rassurés. L’édile cul-terresque aurait le mérite de dire tout haut ce que la plupart pense tout bas, comme dans le slogan de Le Pen ? Intéressant, n’est-il pas ? Mais Besson, qu’en pense-t-il, des délires du bouseux? « Les conversations de comptoir font partie de l’identité nationale », tranche le ministre de l’exclusion et du Beaujolais réunis.  Au commencement, on a pensé que c’était une boutade à la gomme. Rien du tout. C’était du sérieux, du bien dur, de l’assumé. Merde alors, le comptoir comme symbole de l’identité nationale, ça on s’en serait douté, mais les conversations autour du 7e pastis tiède ? »

 

2009, année de l’œuf, s’achève comme elle a commencé : au bar. 2010, année du pastis ? Okay l’autruche paie sa tournée !

 

                                                                                                Frédo Ladrisse.

  
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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 14:50

doigt-001.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? La période de Noël étant, comme on le sait, propice aux rediffusions télochiennes de films ou émissions potentiellement comiques, le suspense était insupportable à savoir qui, du père Noël, cette ordure, ou de la soirée spécial Bigard — lequel en est une autre —, gagnerait au grand jeu de l’audimat. Mais pas de chance, un autre drôle les grilla sur le poteau, emportant haut-la-main le prix de l’humour de fin d’année. Je veux bien entendu parler de ce joyeux drille de Benoît XVI, et de sa mémorable chute en la basilique Saint-Pierre, lors de la messe de minuit — messe, qui, comme son nom l’indique, se déroulait à 22 heures. Sur une vidéo digne du meilleur de Funès on le voit basculer, comme porté en avant par sa tiare de 28 kilos, c’est d’un comique achevé. Facile, direz-vous, de se gausser du gadin des autres. Mais rassure-toi, fille de l’Eglise : Il Papa s’en est bien sorti, et le fait qu’une jeune femme se jette sur lui à seule fin de lui faire l’amour en pleine messe, serait paraît-il assez courant. Selon Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et du 4-21, « ce n’est absolument pas extraordinaire. » On en apprend, des choses…  Au final, l’acte de la déséquilibrée qui déséquilibra le pape n’eut pour effet —hormis une large fente de gueule chez nombre de mécréants — qu’une fracture du coccyx chez un autre de ces monseigneurs, bousculé par la même occase. Etchegaray, tel est son nom. Les mauvaises langues disent que pour une fois, il s’est un peu cassé le cul.

 

     Autre comique, celui-ci troupier, venu égayer un tantinet cette morne nativité : Obama, son dernier spectacle, la «réforme du système de santé ». Voté aux forceps le 24 par des sénateurs pressés de rejoindre leurs dindes, le texte est partout présenté comme « une victoire historique », qui, selon Obama himself, « rapproche les Etats-Unis de la fin de près d’un siècle de lutte. » Rapproche, qu’il dit, le prudent. Car, à y regarder de plus près, ne reste plus grand chose des promesses du candidat. Exit, l’option publique — autrement dit la création d’un véritable service publique de santé. C’est aux assurances privées que reviendra la mise en œuvre et la gestion de ladite réforme. On imagine la manne, on imagine qui, le 24 décembre au soir, se frottait furieusement les mains. D’autres, qui salivaient sans que la dinde y soit pour rien, c’était évidemment les opposants à l’IVG. Pour s’assurer du vote des plus conservateurs d’entre les élus démocrates, Obama, honte à lui, a été jusque-là : toute aide publique sera désormais interdite, dès lors qu’elle sera destinée à financer un avortement. Pas de doute, aux Etats Unis, le progrès avance à grand pas.

    
      A
u final, le projet-phare d’Obamanpower risque fort de se transformer en victoire des conservateurs, lesquels ont réussi à vider de sa substance une réforme qui, pourtant et dès l’origine, se présentait comme fort modeste. Une victoire qui n’empêche pas John Boehner, chef des républicains à la chambre des représentants, de qualifier ladite réforme de « monstruosité. » Le communisme libertaire est en marche, aux Etats Unis!

 

     Mais au Sarkozystan aussi, on se soucie des pauvres : ainsi le Smic sera-t-il revalorisé, dès le 01er janvier, de 0,5 %. Soit une augmentation d’environ 6 euros. « Il n’y aura pas de coup de pouce supplémentaire », précise le communiqué gouvernemental. Lequel communiqué n'indique pas, c’est bien dommage, à quelle adresse les smicards doivent envoyer leur carte de vœux agrémentée, le cas échéant, de leurs remerciements émus. Je leur suggérerai de poster leurs missives — à défaut de missiles — auprès du ministre du travail, l’extravaguant Darcos, qui rappelait dernièrement, à propos de cette hausse du Smic, que « la pauvreté ne vient pas du faible niveau de rémunération, mais du faible niveau d’emploi. » Traduction : avant de vous plaindre, smicards, rappelez-vous que vous pourriez tout aussi bien être chômeurs. Quoi, qu’entends-je ? Les chômeurs se plaignent aussi ?

 

     Qu’ils se souviennent alors qu’ils pourraient être ET travailleurs, ET sans-papiers. Taillables, corvéables, expulsables à merci. Ils sont à ce jour 6000, qui continuent une grève pratiquement invisible, par la volonté de médias plus que jamais tenus en laisse. Engagés dans la lutte pour leur régularisation depuis le mois d’octobre, ils multiplient les piquets de grève, les campements, à Vitry, à Bagneux, à la porte des Lilas,… Darcos, toujours lui, traînant son cador de Besson, continue de faire la sourde oreille et, narquois, attend tranquillement que l’usure et l’hiver fassent leur œuvre, mettent fin au mouvement. Lequel souffre d’un mal profond : il n’est pas populaire. En pleine période xénophobique et de questionnement bilieux sur l’identité nationale (ce mouton à cinq pattes cher aux bérets-baguette), le quidam se soucie moins du sort de ces exilés venus suer sur les chantiers de France, que de savoir si demain y’aura enfin des RER. C’est ainsi. Cette grève des sans-papiers, proche, dans  ses modalités comme dans ses finalités des grands mouvements ouvriers de l’héroïque XIXe siècle, ne retient l’attention ni des organes de presse, ni des individus saturés de CAC40 et d’esprit-de-Noël. Pris en tenaille entre, d’une part, l’indifférence collective, d’autre part la mainmise des syndicats et autres Npa plus que jamais en quête de récupération, on ne donne pas cher de ce mouvement, par ailleurs exemplaire, au vrai sens du terme. Pessimisme de mauvais aloi ? Espérons.

 

     Et tandis qu’Eric Besson, petit chanteur à la croix de fer, n’en finit plus de justifier le marécage bourbeux où s’enfonce son crasseux débat — à propos de certains dérapages, le ministre explique qu’ « il ne faut pas ramener à la toute petite exception la forêt qui, elle, est intéressante et généreuse », ah ah, quel poète —, tandis que le petit Jésus de la privatisation pénètre en douce la crèche de l’université publique — l’Etat va signer des contrats et verser du pognon en masse à rien moins que 58 établissements privés, la plupart, quel hasard, d’obédience catholique —, d’autres drôles, eux, ne lâchent rien pour tout de même, en cette fin d’année, nous arracher quelques sourires. Dans le lot, deux dépêches, dont l’autruche a fait réveillon : « en pleine messe de minuit, le curé se fait cambrioler. » C’était à Valdurenque, dans le Tarn, et l’homme d’église avoue avoir « été assez choqué. » Ça, plus la culbute du pape, nulle doute que la nuit de Noël fut, pour la curetaille, agitée. Enfin, celle-ci, en passe de devenir un classique dans le registre Mords aux Vaches: « un jeune sectionne le doigt d’un policier en le mordant. » On salive à l’idée de la chanson qu’aurait pu tirer, de ce fait pas si divers, un costaud tel Brassens. « Pour une raison inconnue comme si il en fallait une —, le jeune Versaillais — ça ne s’invente pas — a mordu le policier. Le majeur de la main droite du fonctionnaire a été sectionné au niveau de la dernière phalange. » On se prend alors à rêver à des milliers de mâchoires aussi solides et actives que celles de l’ami versaillais.

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse .  
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