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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 17:49

 

156480--la-grande-zoa-avec-didier-wampas-156x133-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Tandis que se poursuivent les expulsions de campements roms et autres cochoncetés d’Etat, fruits pourris d’un racisme devenu doctrine officielle, Hortefeux-nouille et ses compères engraissent le pire de nos Dupont, arrosant d’amalgames puants l’assemblée, au comptoir. Il y aurait ainsi, selon le suant rouquin, « un vol sur cinq à Paris commis par un Roumain. » Et quand bien même, dites-vous ? Mais c’est que tout s’explique, qu’enfin Dupont sait qui, par une nuit sans lune, lui chipa les deux roues avant ainsi que les tapis de sol de son sinistre véhicule. Pauvre bougre trop longtemps floué par les tenants de la bien-pensance, il n’en est pas moins satisfait de voir se confirmer quelques convictions ramassées au rebord du caniveau : non content d’être sale, fainéant et sournois, le Rom est voleur. C’est sa nature. « Comme tous les Arabes », a dut se retenir d’ajouter Hortefeux, se mordant les lèvres jusqu’au sang. Quoi qu’il en soit, le même Hortefeux risque de devoir remiser, pour un temps, son xénophobisme latent : figurez-vous qu’il s’est comme qui dirait découvert une vocation d’édile, et compte se présenter aux prochaines municipales. Où donc Hortefeux-nnec briguera-t-il son premier mandat ? A Vichy. Ça ne s’invente pas. « Ma famille, mes racines sont ici », précise le bougnat. Depuis 1943 ?

 

     Mais quelques voix s’élèvent, au sein même du gouvernement ! Ainsi l’ineffable Kouchner tapa-t-il de ce poing qu’il a tout rachitique sur sa table de futur ex-ministre, expliquant au sujet des Roms « je ne suis pas content », précisant qu’il avait, sic ! « profondément pensé à démissionner. » Mais finalement, non, profondément ou pas, car « s’en aller, c’est déserter. » Pas de chance, personne n’était là pour lui rappeler que, dans le cas présent, rester revient à collaborer. Que cent poignées de cendres se répandent sur son crâne! Cependant Kouchner-de-bœuf a beau faire des efforts, dans le registre des contorsionnistes et triturés du bulbe jamais il n’arrivera à la hauteur des talons d’Amara, Fadela : « je suis contre les expulsions de Roms, j’ai toujours milité contre les expulsions » , balance la pourtant toujours membre d’un gouvernement qui compte bien continuer de les multiplier. Ensuite, ménageant la chèvre et le chou-rave qui trône à l’Elysée, Amara-d’eau-de-la-Méduse s’oblige à préciser qu’elle « adhère à la logique du président de la République : nos parents n’ont pas immigré pour que leurs enfants basculent dans la délinquance. » Où l’on retrouve, comme en passant, l’hortefesque amalgame qui lie immigration et délinquance. Que mille tuiles s’abattent sur les chaussures de l’Amara !

 

     Etaient-ils tuiliers et couvreurs ? On ne sait mais samedi dernier ils étaient des dizaines de milliers à battre le pavé en même temps que le rythme d’un air de plus en plus populaire, dont le titre pourrait être « ça commence à bien faire ». Ce n’était, bien entendu, qu’une manif supplémentaire, de celles qui donne bonne conscience à, finalement, peu de frais, néanmoins une tension, pour ne pas dire une colère, parcourait les cortèges, colère sourde ou rentrée peut-être, mais bien présente, palpitant. Le pouvoir ne s’y est pas trompé, qui avait mobilisé quelques milliers de robocops, le long des parcours arpentés par les mamans à poussettes et petits vieux à la mémoire fraîche comme un saumon sauvage — eux se souviennent d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître, n’est-ce pas Lucio ? En résumé : autant d’éventuels terroristes dont il convenait de bien surveiller les sucettes. Ce même pouvoir, après avoir ainsi pris ses sécuritaires précautions, tentait le soir même et par la bouche, définitivement bée, d’Hortefeux- de- Bengale, de minimiser l’événement : « il n’y a eu, sur l’ensemble du territoire, que quelques dizaines de milliers de manifestants. »  Et de préciser la bave aux lèvres qu’il ne s’agissait jamais que de « manifestations hétéroclites, où se sont retrouvés une mosaïque de partis traditionnels mais aussi des groupuscules gauchistes et anarchistes. » L’horreur, quoi, le retour de Julien Coupat dans la rue ! Plus tard, il n’y eut pas jusqu’à quelques khmers noirs, anarchistes pur beurre sans sel, pour venir cracher sur cette belle mobilisation, renâclant à défiler avec des associations de défense des droits de l’homme pas « casher » selon leurs principes, j’allais dire : leur religion. Plus tard, il était cocasse de les entendre, ces anars chafouins, reprendre quasi mot à mot les slogans de l’homme de Beauvau, rabâcher que cette manif’, finalement, ne représentait rien ou peu de choses, une pauvre affaire de bobos, crêpe-party etc : crêpe-party à laquelle ils n’ont pu, cependant, s’empêcher de participer. Peu importe, au final, le catéchisme de ces Purs et leurs contradictions: qu’ils continuent de dérouler leurs obscurantistes leçons, index dressé vers Leur Ciel, qu’ils délivrent leurs anathèmes et autres excommunications: ils ne représentent plus qu’eux-mêmes. A force de se tromper d’ennemi, ils se retrouvent bien seuls, sur le terrain des opérations. Seuls, et sans munitions.

 

     Ce n’était qu’une manif’ de plus, mais je n’oublie pas avoir pensé, au cœur de l’été, quand les expulsions de campements furent programmées par le Sarkoland, que jamais les gens ne bougeraient pour défendre les Roms, une communauté pour le moins méconnue, et qui n’a pas bonne presse au sein de la population, toute couleur politique confondues — et jusqu’aux anarchistes, eh oui. Je suis alors heureux de m’être en partie trompé, même si l’effort est faible, bien sûr loin d’être suffisant, mais mobilisation il y eut, mobilisation il y a, et elle va se poursuivre. Aujourd’hui, pas une expulsion, fut-elle de quelques personnes, pas une destruction de campement ne peut se faire sans que les médias n’en soit informé par, non seulement les militants, mais aussi par les voisins, les habitants proches des campements. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (Michel Berger, sans troupeau).     

 

     Cela dit elles furent rares, les raisons de se réjouir en cet été en forme de retour du Nacht et du Nebel. Il réserva néanmoins quelques bonnes surprises : par exemple, des soldats français ont tirés sur d’autres soldats, également Français. On appelle ça des « tirs amis. » Il y a là de quoi faire fantasmer tout un troupeau d’autruches : en Afghanistan ou ailleurs, bousillez-vous les uns les autres, Terminators de pacotille, techno-troufions de mes deux ! Pendant ce temps-là, au moins, vos erreurs de tirs ne risquent pas de faire disparaître tel ou tel village millénaire, habité de paisibles gens. Puis, avec un peu de chance, une de vos balles perdues viendra peut-être se ficher dans le réservoir d’on ne sait quel hélico présidentiel ? On peut toujours rêver…

 

     On rêverait également de voir la justice de classe de ce pays à la noix de cajou faire enfin son boulot, et les magistrats se sortir les doigts du pot de Nutella. Deux affaires montrent, ces temps derniers, que c’est pas pour demain la veille. Woerth-Bettencourt bien entendu, enfin, « entendu », façon de dire… Le gars s’enfonce de jour en jour dans le marigot de ses mensonges, lesquels sont désormais de notoriété publique, cependant ce grand distributeur de breloques devant l’éternel s’entête à ne pas comprendre qu’il est impossible désormais, pour toujours et à jamais, de le prendre au sérieux: « je n’ai jamais menti à personne, ça suffit ! », s’énerve Pinocchio-le-piteux, «  on cherche à me salir, je n’ai rien fait de mal, je n’ai rien à me reprocher ! » Dès lors, blanc comme un linge à défaut de neige, Woerth découvre peu à peu que, dans le monde réel —monde qu’il semble avoir quitté du jour où il a rejoint la cinquième dimension autrement appelée Ump— si on veut être un brin crédible il ne suffit pas de rabâcher devant micros et caméras qu’on a rien fait mais rien, enfin !, qu’on est innocent, pur, tel l’oisillon tombé du nid. Pauvre petit oiseau, aussi sûrement déplumé qu’il sera, sous peu, sacrifié sur l’autel du remaniement. Le plaindre? Vous rigolez ?

 

      Pas à plaindre non plus, ce vieux renard des crasses basses-cours, j’ai nommé Chirac, Jacques, le goupil aux mains non pas rouges, mais assurément sales. Il s’en tire bien, le futé. Pour une somme pour lui modique (550 000 euros), Chirac a reçu l’assurance de n’être pas poursuivi par la Mairie de Paris, mairie qu’il a volée durant une bonne décennie. Merci qui ? Bin merci Bertrand. Ainsi, par la grâce d’un arrangement entre pourris de droite et de gauche, le vieil homme et la mère, Bernadette, finiront leurs vieux jours non à l’ombre, comme il se devait, mais sous le plein soleil d’une impunité négociée à la demande expresse de Delanoë lui-même. Chirac en prison ? Non, jamais. Didier Wampas va être déçu.

 

     Reste à espérer que l’arrangement fasse jurisprudence : voleur, mon ami, sache que la prochaine fois que tu te fais gauler il te suffira de rendre les deux chandeliers dérobés pour éviter de passer par la case prison. On peut toujours rêver ? Non.           

 

                                                                                           Frédo Ladrisse.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 20:42

get.aspxTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Mercredi 25 août, les cadors du Sarkoland opéraient leur rentrée sur le perron de l’Elysée, bronzés, blasés, blindés, les fesses serrées néanmoins puisqu’approche  la valse à mille temps d’un remaniement de saison. A ses redevables ministres, Sarko demanda ce jour-là du « courage » et du « calme », ainsi que « du travail et de la détermination. » En manquaient-ils, ces derniers temps ? A notre grand regret on ne peut qu’en douter, vu comment s’ébrouèrent ces clebs en cet horripilant été. Chien d’entre les chiens, chef de meute, le ministre de l’intérieur n’a pas, un jour, lâché son os : si le poil est terne et l’œil torve, le clébard exerça cependant ses mâchoires sur quelques mollets, bien choisis : oui, les « évacuations » (euphémisme de l’Intérieur) de campements roms vont se poursuivre, vont même s’accentuer, étant bien entendu que « l’aspiration des Français est simple : on n’occupe pas un terrain, un immeuble, une maison de manière illicite. » D’aucuns pensaient, piteux naïfs, que les Français aspiraient surtout à des revenus décents, à un mieux-vivre, à, rêvons un brin, un peu de plaisir et de joie. Que nenni, mon colon : le Français tel qu’en rêve Hortefeux-follet n’est jamais qu’un SuperDupont testostéroné à outrance privilégiant, à l’exclusion de toute autre considération, le Culte de la Propriété. 

 

     Ce Français-là, au lait cru non pasteurisé, avale sans broncher l’annonce des 138%  de « hausse de la délinquance roumaine sur Paris l’année dernière » et autre chiffres débilitants dont nous gavent le Brice. 138 % de quoi ? 138 %, sur quelles bases? 138 % de rien. Par ailleurs, une fois qu’on aura re-re-re-répété que Rom n’est pas synonyme de Roumain, en cette période de rentrée scolaire on se permettra de soumettre ce petit exercice au ministre Hortefeux-nouille, qui semble affectionner les chiffres : 8030 Roms expulsés depuis le premier janvier, sur un total de 15 000 présents dans le pays. Combien en reste-t-il à rafler? 8030 Roms expulsés, pour 30 000 expulsions, toutes populations confondues: vous calculerez la part occupée par les Roms dans les chiffres du ministère.

 

      Des chiffres, encore, en voulez-vous ? En revoilà, cités par Eric Besson qui, lors de sa rencontre avec des ministres roumains, n’a, de leur part, « pas entendu le nombre du quart d’un demi-grief. » Le quart du nombre de quoi déjà? Vite, garçon, un demi ! Chiffres un jour, chiffonné toujours, comme chiffonne ce sondage qui dit que 42 % de nos compatriotes seraient contre les expulsions. Il parait que c’est une bonne nouvelle. C’est, pour ma part, à en pleurer, ou à en choper la rage (vous pouvez cocher les deux cases).

 

     D’où viendra la bonne nouvelle ? Assurément pas de la gauche dite de gouvernement, qui observe, au sujet des Roms, un tintamarresque silence, et qui par la voix de Ségo-la-folle-du-Sergent regrette « qu’on ferme les régiments, (sic !), plutôt que de repenser ces lieux d’éducation et d’encadrement des jeunes. » Caserne pour les gosses et treillis pour tout le monde ? Bayrou est classe aussi, dans son genre bien particulier : le béarniais juge ainsi que « les premières victimes de cette stigmatisation des Roms sont les gens du voyage, Français depuis des générations. » Puis de bégayer tout béat que « beaucoup de gens biens vont payer la casse. » Gens biens ? Gens Français, quoi… Finalement, n’étaient les drames humains que cette situation engendre, il serait assez poilant de voir ainsi la trouble fleur de l’élite politique, toutes échoppes confondues, embrasser les mêmes poncifs mille et une fois recuits. D’où vient, dès lors, qu’on ne rit pas ? N’est-ce pas que les brumes actuelles annoncent de prochains matins bruns ?

 

                                                                                             Frédo Ladrisse     

 

Matin brun : roman, Franck Pavloff, 1999

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 18:03

080717RromsSOuenDM (38)  Tirant tête hors du sable de la plage, qu’entends-je ? Depuis le discours de Grenoble, acte de bra voure sarkozyen et confirmation du virage néolepénopétainiste du petit Nicolas, depuis, donc, ce cantique éructomaniaque pointant d’un doigt gras, dans le désordre, mais dans un désordre réfléchi, un désordre pensé au cynisme par trop calculé, les Arabes, les Délinquants, les Gens du Voyage et les Roms, depuis le trop fameux enfumage du 30 juillet, ne cesse de défiler devant nos yeux effarés la crasse litanie des expulsions de campements et rafles afférentes. En un mot comme en cent, on en est sur le cul. Une chose est de sentir la menace qui gronde, une autre est de la voir, soudainement, se réaliser. Cochonceté que cet été qui, au prétexte d’envoyer le bon peuple en congés payés, autorise maires et préfets à se comporter comme autant d’oberstumfürhers locaux, petits Papons de pacotille et autre Déat d’opérette. Ils obéissent aux ordres, ça oui. Séparent les femmes des hommes comme aux plus beaux jours de l’été 1944, prenant soin de liguer, à grand renfort de presse, le Français de base et pur porc contre tout ceux qui s’entêteraient à ne pas trop lui ressembler, ou refuseraient d’embrasser sa philo-beaufitude. Au demeurant, on ne s’étonne guère d’entendre Hortefeux-à-volonté se vanter d’avoir « démantelé quarante camps en quinze jours » (encore cette déclaration datait-elle du treize août dernier, à combien en sommes-nous maintenant, amer comptable de l’horreur ?), ni de le voir se gargariser d’un sondage positif donnant, dans Le Figaro, 80 % d’opinions favorables à la politique raciale initiée par l’azimuté de l’Elysée : « le sarkozys me n’est pas en phase avec les élites, mais avec la société », pérorait Hortefeux-follet. Remplacez « société » par « peuple », et voilà une déclaration qu’Il Duce, en son temps, n’aurait certainement pas reniée. De ce sondage, Xavier Bertrand estimait lui que c’était « une claque pour les bien-pensants. » En tant que représentant dûment estampillé de la mal-pensée régnante, il ne pouvait que s’en féliciter. Guère étonnant non plus de voir Eric Besson, en retraite forcée depuis que s’est achevé en capilotade homérique son affligeant débat sur l’identité, prendre, à l’instar de ses copains, ce nouveau virage à droite toute, et affirmer sans rire que « la France est le pays le plus respectueux en matière de droit des étrangers. » Et d’ajouter qu’elle n’a donc « aucune leçon à recevoir. » Il s’agissait là d’une réponse aux critiques formulées à l’égard de la France par le CERD (Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, émanation de l’ONU), lequel, pour une fois, ne prenait pas de gants et relevait,  mi-août, que « la France est confrontée à une recrudescence notable du racisme et de la xénophobie.  » On imagine sans peine la réaction de l’hôte du Cap-Nègre à cette déclaration, on le voit d’ici le Sarko, rien à tamponner de l’ONU, je lui pisse à la raie moi, je suis le maître (et) après Dieu. D’autres petits sergents aux ordres se sont également chargé de faire un sort au CERD, tel Dominique Paillé, porte-parole de l’Ump, pour qui ce comité n’est jamais formé que « de gens qui sont à cent lieues des réalités. » Ce qui n’est pas tout à fait faux, si l’on veut bien considérer qu’entre les informations auxquelles a accès ledit comité et ladite réalité, autrement plus terrible, le décalage doit être pour le moins impressionnant. Peu importe, d’ailleurs, car selon Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, les critiques du CERD seraient « un montage pur et simple. » Allez en paix, la messe est dite… Dans toutes ces réactions caporalesques et à gerber émanant de la sarkozerie, il n’y a pas de quoi surprendre une autruche qui, depuis des années, pointe avec d’autres la dérive extrême-droitière de notre Bananée République. Plus curieux lui semble par contre ce qu’elle relève dans les medias, une nouvelle tonalité, ou plutôt l’exagération d’une tonalité ancienne, dans le registre La voix de son Maître. Les médias sont aux ordres, c’est une chose entendue, aussi sûr que Kim-Il-Val dirige toujours France Inter. Mais la nouveauté de cet été est qu’ils devancent maintenant l’appel, n’hésitent plus à anticiper les présidentielles pulsions ultrasécuritaires, autrement dit en font des tonnes, de Grenoble aux expulsions de Roms. Florilège, de caniveau : on a ainsi pu lire, concernant les émeutes dans le quartier de La Villeneuve, le portrait de ces « policiers qui, chaque nuit, montent au front » sic !, comme si la préfecture de l’Isère pouvait être comparée aux faubourgs de Kaboul. On a pu entendre, sur les Roms, quelques expressions aptes à faire se dresser les cheveux sur la tête d’un chauve, telles que « la croisade contre les Roms », ou encore, au sujet de leur expulsion, « retour en Tziganie », chef d’œuvre de non sens absolu puisque ce peuple, justement, se définit comme sans patrie ni territoire particulier. Il fut également précisé et répété à l’envi que, à l’occasion de ces « retours », « l’Etat offre le billet d’avion ». Belle générosité ! A propos, cette fois, des gens du voyage, après qu’on nous eut martelé qu’ils étaient, eux, Français madame, un avocat de ceux de Bordeaux venait marteler sur M6 qu’ils étaient non seulement « Français, mais aussi commerçants. » Ce qui, évidemment, ne peut que forcer le respect. Mais la lèche d’or revient sans nul doute à la présentatrice du journal de M6 toujours, la nommée Aïda Touihri, laquelle semblait déplorer que les familles de Bordeaux aient refusé les deux terrains mis à disposition par le maire, « alors même que Alain Juppé avait écourté ses vacances pour les leurs proposer. » Décidemment ces gens (du voyage) ne respectent rien.

 

      De respect il en sera également question, de dignité aussi, sans parler du manque de courage, lorsque François Fillon passera en procès pour avoir, au cœur de l’été 2010 et à la surprise générale, décidé de laisser perdurer l’hécatombe des usagers de drogues, décidé de laisser se développer en silence la redoutable épidémie d’hépatite B et C (laquelle et pour information, est loin de concerner les seuls toxicomanes), décidé de traiter comme par-dessus la jambe un grave problème de santé publique, dans l’unique objectif de coller à l’air du temps et aux consignes de son Seigneur, bref de faire une fois de plus plaisir à l’aile la plus droitière et la plus rétrograde de son électorat. Ainsi, les salles de consommation de drogues seraient selon lui « ni utiles, ni souhaitables » ? En dépit du bon sens, et contre l’avis d’une grande partie des populations concernées (toxicomanes, professionnels, associations, élus, et jusqu’au ministre de la santé …), Fillon joue l’idéologie contre la rationalité, et fait le choix de mettre en péril quelques centaines de milliers de vies plutôt que de risquer d’être accusé de « donner de la drogue aux drogués », comme disent les excités et les fieffés menteurs opposés à ces salles, au premier rang desquels on retrouve… le député Vanneste. Toujours dans les bon coups, cette vieille connaissance et homophobe notoire, publie sur son blog un appel (signé par quinze de ses collègues) où il tient à rappeler que « l’usage de drogue est toujours illicite dans notre pays » (merci pour l’info), et « qu’au lieu de céder aux groupes de pression qui en demanderont toujours davantage » (certainement Vanneste fait-il là allusion au « groupe de pression » Act-Up, ces ennemis de toujours), il conviendrait de « mettre en place une véritable politique de sevrage. » Forcé, le sevrage ? Cela va de soi. Mais c’est à Fillon en premier que revient la responsabilité d’avoir cédé, droit dans ses bottes, aux sirènes de ces populistes, d’avoir donné priorité aux résultats électoraux plutôt qu’à l’injonction d’agir contre une épidémie qui concernera bientôt près de huit cent mille personnes. Rendez-vous au procès Fillon, d’ici quelques années. Et si il n’est pas entretemps décédé d’une bête hépatite, on aimerait beaucoup y voir comparaître Vanneste.

 

     Puisqu’on parle de procès, faisons donc un tour par chez les Woerth. Certes, le toujours ministre du travail n’est pas encore condamné à traîner derrière lui chaînes et boulets (quoi que…), cependant le ciel de ce mois d’août n’a cessé de s’assombrir au-dessus du crâne guère chevelu du récidiviste notoire. On a par exemple découvert que le garçon avait la manie de distribuer les breloques et autres médailles en toc à tout ceux qui ont la bonne idée de lui rendre service, tel ce Bernard Godet, obscur expert-comptable, mais légion d’honneur 2008. De quelle gloire se couvrit Godet pour mériter telle récompense ? C’est tout simplement lui qui a certifié, la même année, les comptes du parti de poche de Woerth, comiquement intitulé Association de Soutien à l’Action d’Eric Woerth. Godet, toute honte bue (ah ah ah), avait également visé les comptes de campagne du même Woerth, lors des élections municipales de Chantilly. Mélange des genres, dites-vous ? Allons… Ceci n’est certainement que pure coïncidence. Coïncidence toujours, quand plus tard on apprend que le ministre a donné, en mars, son aval au licenciement des représentants du personnel de l’usine Molex, ceci contre l’avis de l’inspection du travail, mais sur l’amical conseil d’un proche collaborateur nommé de Sérigny, lequel Sérigny travaillait également pour le cabinet d’avocats de la direction de… Molex. Vous suivez ? C’est pas terminé. Il se trouve que ce Sérigny, lequel doit avoir plusieurs têtes pour porter tant de casquettes, est également l’ami de sieur Patrice de Maistre, lequel gère comme on sait la fortune de la môme Bettencourt. Que ce monde (de riches) est petit… Surtout, le même Sérigny se trouve être membre du comité de surveillance d’une boîte nommée Yméris, comité dans lequel siège également Robert Peugeot, qu’on ne présente plus. Robert, émérite soutien financier de l’Ump (dont on rappellera au passage que le trésorier se nommait, jusqu’à la fin du mois dernier, Eric Woerth), Robert, donc, dut à l’action de Woerth, Eric, alors ministre du budget, de se voir éviter un contrôle fiscal suite à une sombre affaire de vol concernant quelques lingots d’or (en partance pour la Suisse ?) Au passage et comme il se doit, le dénommé Peugeot, Eric, avait été, tout comme Godet, décoré de la légion d’honneur, des mains même de devinez qui ? C’est fou comme ces gens sont attirés par tout ce qui brille…

 

                                                                                       Frédo Ladrisse.

* photo D.Maunoury.

 

 

 

Campement Roms Saint-Ouen 2007 :

 

 

Trajo Guglo (la vie sucrée)

 


 


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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 19:31

crs blackaterreTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le feuilleton de l’été n’en finit plus de dérouler sa pelote nauséabonde sous mon nez qui, bien que délicat, est à peine surpris par une telle fétidité, dès lors qu’elle émane de cette aberration qu’on nomme ministère du travail (à quand un ministère de la schlague et du tripalium ?) Woerth, donc, l’homme au nom de gâteau bavarois, eut à peine le temps de souffler, de se dire « enfin blanchi » par les pauvres quinze pages du rapport fourni par les services de Bercy —autrement dit par ses copains—, de s’avouer « énormément soulagé », d’ajouter « je me sens un peu mieux, enfin on me croit ! » que patatras : quelques garde-à-vue plus tard, le voilà lâché par ce fayot de Patrice de Maistre, gestionnaire de la macrofortune Bettencourt, de Maistre, qui a mangé son chapeau le ruban y compris en avouant avoir embauché la femme du ministre sur demande d’icelui. Woerth, bien entendu, et comme à son habitude, nie. « Ma femme a rencontré son patron dans le cadre de son ancien travail », s’est-il défendu, « c’était dans une banque. » On ne saurait, sur ce dernier point, remettre en question la parole de ce Pinocchio de compétition : les banques, il semblerait que madame y passait ses journées. Il n’empêche que son ministre de mari ne décolère pas : « on est totalement dans le surnaturel », s’est-il exclamé l’autre jour. Pas faux non plus : dans cette affaire, La quatrième dimension et autres X-files sont depuis longtemps enfoncés. Un autre exemple ? Interrogé sur sa possible démission du poste de trésorier de l’Ump (car, aussi curieux que ça puisse être, Woerth-le-pied-nickelé occupe toujours cette fonction), il a répondu : « je verrai. Je vais y réfléchir. » Autrement dit Sa Seigneurie fera selon son bon plaisir, et vous pisse à la raie, manants !


     Puisqu’on nage en pleine délinquance, écoutons ce qu’en dit Horte-boute-feux, le Filochard du Sarkoland : « il y a une réalité simple et claire dans ce pays : les voyous et les délinquants n’ont pas d’avenir, car la puissance publique finit toujours par l’emporter. » Songeait-il, en cette sotie, à son collègue Woerth autrement appelé Ribouldingue ? Que nenni. Hortefeux-de-paille parlait de Grenoble. De Grenoble, il parlait, entouré de tout ce que la puissance publique compte en matière de spécialistes de la guéguerre urbaine et autres brigades anti-émeute. Grenoble, ces temps-ci, semble être leur nouveau terrain de jeux. Depuis que Karim a été abattu par les flics — il venait d’attaquer un casino de la région, ce qui, bien entendu, mérite la peine de mort —, le quartier de la Villeneuve est le théâtre, comme disent les cons, de scènes d’une rare violence, comme les appellent les nazebroques. Comme c’est désormais la coutume depuis Villiers-le-Bel (voir plus bas), les cognes se plaignent d’être la cible de « tirs à balle réelle. » Eux débarquent Famas à l’épaule, prêts à viser les têtes, mais aimeraient que les mômes en face ne soient armés que de sarbacanes. Ce que veulent les poulagas ? Dégainer sans danger, mitrailler tranquilou à l’abri de leurs véhicules blindés. Ce qu’ils veulent aussi, c’est la guerre, en finir une bonne fois pour toutes. Ainsi Brigitte Julien, directrice là-bas de la sécurité publique, déclarait que « la nuit, l’objectif est de faire des prisonniers. » Non pas de procéder à des interpellations, mais bien de faire des prisonniers. Comme à Bagdad, quoi. Or, c’est de notoriété publique, quand on parle de faire des prisonniers c’est pour, un peu plus tard, s’autoriser à ne plus en faire. Vas-y Rambo, no prisoner ! 


     Rambo, dont le cœur bat sous tout ce qui porte l’uniforme, était-il également en faction sur le barrage de gendarmerie, du côté de Saint-Aignan ? Quoi qu’il en soit c’est là que fut tué Luigi, 22 ans, un jeune appartenant à la communauté du voyage, comme disent les trouducs, après qu’il eut refusé de se soumettre à un contrôle, car il conduisait sans permis — ce qui, bien entendu, mérite aussi la peine de mort. Bon, d’accord, ça a un  peu énervé ses copains — ils s’emportent pour un rien, ces gens-là, du voyage —, ils ont débarqués à cinquante dans la riante bourgade, attaqué la gendarmerie, défoncé une vitrine, tronçonné trois tilleuls et mis à terre quelque feux de circulation. Pour Philippe Galli, le préfet, ces incidents « ne seraient pas complètement fortuits », et risqueraient même d’être liés à la mort du jeune homme. Mazette, quelle capacité de déduction! Quoi qu’il en soit, devant un tel déchaînement de violence — comme disent les bâtards du 20heures—, le général de réserve Mignaux décida de déployer dans la commune rien moins que 300 gendarmes, rambo-isés à mort. La chasse aux voleurs de poules va pouvoir commencer.


     On attendra, pour sonner le cor, que le décidemment suractif Hortefeux-de-broussaille soit venu faire son petit tour sur place, qu’il ait feint d’écouter très attentivement et devant les caméras la souffrance des gendarmes du cru — lesquels, lors des évènements, se sont tout de même fait voler un tuyau d’arrosage —, puis qu’il ait déclaré devant le clocher que les voyous, dans ce pays, n’ont aucune chance à part Woerth, avant de remonter dans son Supercopter direction les Seychelles, le soleil, les vacances, la mer. Bon repos, Hortefeux-nouillard !


     Et pendant que le rouquin bronze —que mille cancers de la peau brunissent sa carcasse !—, d’autres croupissent à l’ombre, pour quelques années : le 4 juillet dernier, les cinq inculpés suite aux émeutes de Villiers-le-Bel, écopaient d’un total de quarante ans de prison, ferme et sursis compris, avec des peines de ferme s’échelonnant de 3 à 15 ans. 15 ans de tôle, pour avoir soi-disant tiré sur la poulaille. 15 ans, alors qu’il n’y a pas eu un mort. 15 ans, à la suite d’un procès mené à charge, devant une salle peuplée de policiers ricanant, et avec, pour seule preuve, quelques témoignages sous X, ce qui est bien pratique. C’est qu’il fallait faire des exemples, la maison poulaga réclamait de voir tomber des têtes après s’être couverte de ridicule en chiant dans leur froc sous le feu d’une chevrotine. Le trouillomètre à zéro, ces pleutres exigent désormais de n’affronter que des voleurs préalablement désarmés, parce qu’une décharge de gros sel dans le cul ça peut faire bobo au policier fessu. 15 ans fermes, pour un tir. De quoi vraiment regretter d’avoir raté sa cible.


     De combien écoperont les flicards meurtriers de Karim et Luigi ? D’un blâme, d’une mise à pied ? Mise à pied, certainement pas, ça risquerait de déplaire aux syndicats de keufs. Une remontrance, peut-être ? Attention à n’être pas trop dur, c’est sensible un poulet. Ou alors ils seront mutés quelque part dans le 93, à Villiers-le-Bel pourquoi pas, ce qui passera pour une sanction mais qui au moins leur permettra de s’exercer au tir sur cibles mouvantes et arabe, ou du voyage, de préférence.


        


                                                                                           Frédo Ladrisse


 (Tête dans le sable et fesses au soleil, ou l’inverse, l’autruche prend quelques semaines d’un repos pas mérité du tout, mais justement c’est les meilleurs. Tcho et bise, on se retrouve mi-août)               

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 20:00

France-Paris-Rom_Enfant-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? L’hallali sonne par vaux et monts, sus à la presse, mauvaise fille, ayant eu l’audace de s’attaquer à Woerth l’avorton rejeton pur sauce bling bling et Fouquet’s party d’un sarkozystan décadent, lapalissade dites-vous ? Certes. N’empêche qu’on entendit, de la part de Xavier Bertrand, ci-devant secrétaire général de l’Ump, parler des « dérapages très graves » des « méthodes totalement antidémocratiques, des méthodes fascistes » de la presse et des journalistes. Morbleu, diantre, république en danger sous prétexte que Médiapart  se penche sur le financement du premier parti de France, et, accessoirement sur celui, lui plus obscur encore, de la campagne de Sarkoléon ? D’où : le fascisme est à nos portes, ni plus, ni moins. Si, plus : pour la mère Morano, poule pondeuse de la loi Hadopi, l’affaire Woerth-Bettencourt n’est qu’une « opération visant à renflouer les caisses du site d’information, parce qu’ils ne sont pas à l’équilibre financier. C’est une stratégie de l’abject », a déclaré celle qui, il y a quelques mois, demandait aux jeunes des quartiers de ne pas parler verlan, et d’arrêter de mettre leur casquette à l’envers. Morano, l’abject, si elle en parle, c’est parce qu’elle le fréquente, de long temps. De son côté, l’abject Raoult supposait que le site en question « pourrait être implanté à Cuba», avant de dénoncer « des méthodes collaborationnistes. »  On appréciera, comme il se doit, le conditionnel de circonstance en ce qui concerne Cuba, de même qu’on attendra, sans réelle impatience, le ministre ou le responsable qui se lâchera jusqu’à traiter de terroriste quiconque, journaliste, juge, simple quidam, osera s’interroger sur la provenance de fonds ayant échoué, comme par mégarde, dans le portefeuille de not’président. Mais dans l’offensive générale menée par le pouvoir contre ce qu’il reste de médias dits libres, le caporal Lefèbvre, Frédéric, décroche une fois encore la palme du ridicule achevé. Le voilà, le triste sire, signant dans France-soir un papier sobrement titré « J’accuse » (laissant accroire par là qu’entre Dreyfus et Eric Woerth, il n’y aurait pas, comme ils disent, l’épaisseur d’une feuille de papier-cul). « Dans quelle France vit-on », commence à se demander le pitbull de service, avant de préciser : « j’attendais qu’une voix s’élève contre ce torrent de boue, mais l’attente est trop longue, alors je le fais, moi. » Et le boueux d’enfiler ses bottes, avant que de sortir la pelleteuse : « cette alliance d’une opposition rageuse et sans idées, et de certains médias aux relents d’extrême-droite et de trotskysme veut mettre à bas les principes qui fondent notre société. » Au final, pour l’égoutier, les médias en question ne seraient jamais qu’ « un nid de postrévolutionnaires en retraite. »  Diable ! Qu’on embastille Plenel, et vite ! N’avait qu’à pas s’en prendre aux véreux, affairistes, aux politico-fricailleux. Fort heureusement, Lefèbvre veille sur la gamelle, et bon en clébard à pépère il s’empressait, au lendemain de la présidentielle télévisuelle allocution, de lécher avec abondance les talonnettes de son maître : « dans un monde politico-médiatique qui a perdu sa boussole, il est important que le Président puisse indiquer le nord. » Pour l’heure, Sarko serait plutôt à l’ouest, qui pensait convaincre son monde avec des sorties telles que « dans la vie, il faut toujours être honnête. » Ah ah, mais qu’il est drôle. Néanmoins sa pauvre tentative d’étouffement a fait, comme disait l’autre, pschiiit,  et n’a pas ralenti le rythme de ce qu’il faut bien appeler une affaire d’état, de ces affaires qui, aux Etats Unis, au Royaume-Uni, provoquerait en moins d’une semaine la démission de Woerth, tout ministre qu’il fût. Mais nous sommes en France, n’est-ce pas. Même si l’argent est en Suisse.


     A propos : avez-vous succombé à la curiosité d’aller voir combien gagne, à peu près, la première contribuable de France? Curiosité trotsko-lepéno-malsaine et boueuse, dirait assurément Lefèbvre. Curiosité que j’ai donc eue. Sans parler de sa fortune propre, estimée, à la louche, à 20 milliards d’euros, dame Bettencourt encaisse, en dividendes divers, la bagatelle de 34 millions d’euros mensuels, oui j’ai bien dit : mensuels. Soit l’équivalent de 25 355 Smic. Mensuels. Mais chut, ne dites pas à la dame que c’est un peu beaucoup pour une seule et même personne, vous risqueriez de la chagriner, de désespérer Bettencourt : en filant ses enveloppes à la clique du Sarkoland, elle pensait donner aux pauvres et faire œuvre de charité.


     Désespérée elle l’est peut-être, depuis qu’elle a trois enquêtes aux fesses, et Woerth idem, qui n’en peut mais : « je suis outré, outré ! Maintenant ça suffit, ça commence à bien faire ! » glapissait, en début de semaine, Eric Woerth autrement appelé par ses amis mafieux mais néanmoins admiratifs « Le Collecteur de ces Dames. » Il perd ses nerfs, le magouilleur. Il devrait pas. Il devrait, comme tout un chacun, faire confiance en la justice de classe de son pays.


    Pendant ce temps, rue de Solférino, on s’inquiète quelque peu: c’est pas le tout de cogner à bras tout raccourcis sur Woerth, encore faudrait-il être sûr que le nouvel hymne du PS devienne, cet été, le hit des campings. « Tourner la page », ça s’appelle. On ne sait qui a eu l’idée, saugrenue, de cette ritournelle, mais ça dit par exemple « il est temps, il est l’heure, de voter passionné, optimiste ! » J’en ris encore, aux larmes (1). Même Manuel Valls, de la maison, marmonnait l’autre jour sur un ton un brin dépressif « cet hymne, bon disons qu’on va vite l’oublier. » C’est effectivement déjà fait.


     Quittons un temps le registre des bouffonneries qui lassent, et penchons-nous, bien circonspects, sur une mesure annoncée il y a peu par Hortefeux-nnec et qui, très curieusement, passa quasi inaperçue. Le ministre de l’intérieur a ainsi décrété que « les étrangers qui présentent une menace à l’ordre public » et qui sont « l’objet d’un recours qui empêche leur expulsion » se verront « désormais obligés de porter un bracelet électronique. » Suffisait d’y penser, en fait. A quand la puce RFID incrustée sous l’ongle de l’étranger, cette menace ? Si cela pose quelques questions d’ordre déontologique, voire simplement juridique, peu importe, on les contournera : dans la même déclaration Hortefeux-nouille justifiait ce port de bracelet par le fait de vouloir « aller plus loin dans la lutte contre le terrorisme. » Antique ficelle me direz-vous, que cette histoire d’antiterrorisme estampillé vichypirate, corde usée de long temps mais dont on voit qu’elle sert encore, et, bracelet ou pas, serre toujours les mêmes collets.


     Autre collets serrés : les Rroms du campement du Hanul, à Saint-Denis 93, expulsés le 6 juillet dernier, à l’aube et violemment. 150 personnes jetées hors de chez elles. A celles qui exigeaient des flics qu’ils montrent l’avis d’expulsion il fut répondu, sic, que « c’est dans les films que ça se passe comme ça. » Encore une bonne raison de préférer, parfois, la fiction plutôt que certaine réalité… Immédiatement après commençait le balai des pelleteuses et autres déblayeuses, concassant en un même mouvement habitations et affaires personnelles. Le Hanul était un symbole, plus ancien campement de la région, et le préfet fraîchement nommé — ex directeur du RAID, nous en avions parlé ici —, ne s’y est pas trompé : « le 93 ne tolérera plus aucun campement de Rroms », a tonné notre superkeuf. Donc on fait quoi ? On les parque dans de pseudo-« villages d’insertion », pauvres alignements de caravanes surveillés par chiens et vigiles, comme à Saint-Ouen il y a deux ans ? Ça devait durer huit mois, le temps de trouver « une solution ». Les familles y sont encore… Façon de dire que le préfet, tout Robocop qu’il soit, rêve debout : des campements il y en aura d’autres, dans le 93 et ailleurs, et ce n’est pas demain la veille que son pote Hortefeux-d’artifice leur collera un bracelet, électronique ou pas. Ni collier ni laisse pour les Rroms qui, si ils ignorent certaines choses, sont par contre, eux, certains de n’être pas des chiens.        


                                                                                               Frédo Ladrisse              (1) Le PS à la rose, c’est là : hymne PS 2010

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 21:21

images-copie-22Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? L’autruche ne peut que s’étonner de trouver en la bouche d’Anelka, Nicolas, preux représentant de la gente footballistique tricolore tricotée en laine de panda, — c’est que les maillots, dès lors, ils grattent, et alors bin on perd les matchs—, de trouver, donc, en cette bouche de multimillionnaire gavé d’or et sponsors, des mots d’une vulgarité presque aussi écœurante que le classique  « casse-toi, pov’con », de sinistre mémoire. Rentrés à la maison le ballon entre les jambes, les bleus n’auront jamais autant mérité leur surnom. Des bleus c’est sûr, de la bleusaille, bande de sales gosses goutte au nez et comptes en banque par trop fournis. Mais le pire est ailleurs, est assurément moins  dans cette nouvelle défaite anticipée de long temps et dont on se fiche comme d’une dinde, le pire est de les entendre, si on peut dire, s’exprimer. On s’épargnera la douleur de retranscrire ici les borborygmes de Ribery, lequel trébuche tel un primate toutes les deux syllabes et quart, par contre on ne se refusera pas le délicat plaisir de citer Patrice Evra, ci-devant capitaine de la piteuse équipe: « la France a besoin de savoir la raison de tout ce désastre, mais l’heure c’est l’heure du grand pardon à ces millions de Français à qui ont a fait du mal. » Sic. Autre sic, côté politique, émanant de la gourde Bachelot qui s’est fâchée tout bleu : « rien ne sera plus comme avant, je l’ai dit aux joueurs. J’ai vu leurs yeux, je leur ai dit : c’est l’image de la France que vous avez terni. Ils m’ont applaudi, et ils ont pleuré. » C’était assurément de rire. Plus tard, sa copine de classe Rama Yade, secrétaire d’état aux sports comme moi je suis artisan boucher, en rajoutait dans la menace : « voyez la Marseillaise, eh bien, les joueurs, il faut qu’ils la chantent, la Marseillaise ! » Et pendant que la glamourgirl préférée du Sarkozystan entonnait le cinquième couplet, Domenech, sans scrupules, refusait de serrer la main du sélectionneur sud-africain. Et refusait d’expliquer pourquoi, lançant aux journalistes qui l’interrogeaient à ce sujet « si c’est la seule question que vous avez à me poser, je vais vous laisser : on n’est pas dans le même monde ». Pas dans le même monde, c’est clair, c’est même la seule et unique chose qui, dans ce bordel, soit un peu claire. Joueur mauvais sur le terrain il y a une vingtaine d’années, on découvre que Domenech est également mauvais perdant. Que la peste bubonique et le choléra des poules l’emportent !

 

     Autre sélectionneur aux mœurs identiques : Philippe Val, lui aussi, ose tout. On évoquait sur ce blog la semaine dernière les menaces qui pesaient sur Guillon et Didier Porte, impénitents bouffons dans le collimateur du directeur de France Inter. Bonne fille, l’autruche n’imaginait pas que Kim-Il-Val ait le culot de débarquer les deux, pensant qu’il virerait Porte d’abord, et patienterait un peu avant de se manger Guillon. Que nenni : dehors, tous les deux. Mieux, sieur Val, ex-directeur d’un Charlie Hebdo devenu sous sa présidence la paillasse qu’on sait — un genre de Hérisson, le papier vert en moins —, s’abritait derrière le paravent de la direction générale, en la personne de Jean-Luc Hees. Hees, placé là par Sarko, jure ses grands dieux que ces évictions n’ont aucun fondement politique, non, promis juré et crachin, c’est juste que « l’humour, le matin, ça ne marche pas. » Haha, quel drôle que ce Hees. Qui, d’Hees ou de Val dessinera la grille de rentrée de la station, l’histoire ne le dit pas. On peut cependant parier qu’en cas de défection de Bigard, occupé à se filmer la bite, les humoristes droitistes et machistes et libidineux — Chevalier, Laspalesse, ou autres Chevaliers du Fiel — se bousculeront au portillon pour porter le flambeau de la sarkonnery et faire se gondoler, de rires enfin bien orientés, la France qui se lève tôt. Mon petit doigt me dit que sur l’antenne de Radio Paris, on en a pas fini avec les blagues sur les gays, les féministes, les nègres, les arabes et les communistes.

 

     Communiste, l’est-il, ce brave Mohammed qui, l’autre soir à la Courneuve fut interpellé, et sèchement, pour avoir insulté Sarkoléon en live ? On ne sait. On sait par contre que le jeune homme à l’arrestation mouvementée refusa de s’excuser lors de sa comparution devant le tribunal. « J’ai dit ce que j’avais à lui dire, avec mes mots à moi. » Bilan de l’opération franchise : 35 heures de travaux d’intérêt qu’on dit général. Au final, c’est moins l’insulte proférée par Mohammed — « va te faire enculer, connard », sur le mode Anelka — que le fait qu’il ait refusé, devant ses juges, de s’excuser, qui nous le rend sympathique. Quelques gaillards de Chez Robert, mon bistrot de coin de rue, de ceux qui ouvrent grand leurs claque-merdes après le troisième Ricard, n’auraient pas ce courage. Bravo !

 

     A propos : que faisait-il, nuitamment et comme en loucedé, à La Courneuve, not’président ? Ça joue les fiérots dans le registre « moi, la banlieue j’y vais quand je veux », mais ça ne prévient personne et ça attend la nuit tombée pour un court séjour tout en catimini. C’est, en résumé, lâche, lénifiant, lamentable.

 

     Un peu à l’image, d’ailleurs, de la défense du soldat Woerth, qu’il faudrait semble-t-il à n’importe quel prix sauver. Depuis près de deux semaines pas un jour ne passe sans qu’on en apprenne davantage au sujet du comportement de l’homme au nom sonnant comme un rot, et qui cumula, fut un temps, les fonctions de ministre du budget, celles de trésorier de l’Ump, et celles de mari de la conseillère financière de la mère Béttencourt, première fortune de France. Conflit d’intérêt ? Pensez donc ! Je suis le patron du fisc, la brave bêbêttencourt signe des chèques à l’ordre du parti dont je dirige les finances, en signe parfois d’autres pour mon bénéfice personnel, par ailleurs ma femme organise, contre salaire sonnant, son évasion fiscale, franchement, où est le problème ? Au Sarkozystan, le monde de l’argent et celui du petit personnel politique ne sauraient entrer en conflit : ils se complètent, s’associent, se confondent. L’essentiel est de faire en sorte que cela ne s’ébruite pas. Dans le cas du ministre Woerth, devenu entretemps ministre du travail et donc fossoyeur du système des retraites, ça s’est ébruité, pire, ce qui se murmurait se déclame maintenant à haute voix. Le garçon est carbonisé. Dès lors, nous reste à observer le ballet des pompiers de service, des Lefèbvre et autres Copé, de voir jusqu’à quel point ceux-là sont susceptibles de s’enfoncer dans le déni pour tenter, contre toute évidence, de sauver ce qui reste du grand argentier. Ils le lâcheront bien entendu, quand ça commencera à sentir le roussi sous leurs mocassins anglais. En attendant, goûtons à sa juste valeur le spectacle d’une droite, par nature affairiste, se débattant en ces affres avec la grâce d’une mouette jusqu’au cou mazoutée.

 

     Un peu plus loin sur la planète, celle où, bon gré mal gré, continue de se dérouler la vraie vie, on apprend que les Israéliens vont « assouplir le blocus de Gaza. » Pas plus tard que cet été, seront autorisés à entrer dans la Bande les sodas et les chips… Croyez-vous que je plaisante ? Ce sont pourtant les termes du communiqué officiel. Matériel de (re-)construction, ciment et béton, non, mais chips et sodas, oui. De quoi relancer, à coups sûrs, le processus de paix.

 

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 15:38

images-copie-21.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Sale temps pour les comiques que celui où nos médiacrates s’usent à refondre les programmes, et les bien-nommées grilles de rentrée. Sur la sellette, Didier Porte, Stéphane Guillon, qui n’ont guère l’heur de plaire au guide suprême Kim-Il-Val, directeur de France Inter. Les deux clowns en ont, certes, rajoutés cette saison dans la provocation et les attaques, pas toujours drôles, mais enfin ils ne font que leur métier de bouffons, et plus ils le feront crassement plus ils seront en phase avec leur époque. Quoi qu’il en soit, les voilà tout près de la sortie, et les raisons de la hargne que leur porte Philippe Val sont, peut-être, à chercher ailleurs que dans la défense du bon goût et de l’humour gaulois. A grand renfort d’avertissement et de lettre recommandée, Monsieur le Directeur tient particulièrement dans son collimateur Didier Porte, ancienne plume du défunt Siné Hebdo. De là à y relever comme une relation de cause à effet, il y a un pas que personnellement je franchis volontiers. Il y a nettement plus inquiétant : c’est que Val, depuis quelques années, arpente dans l’allégresse les allées du pouvoir, ami de la première dame de France et de quelques caïds du Sarkozystan libéré. De telles accointances ont un prix. Aussi Val n’est-il pas totalement sourd (euphémisme) aux lamentations de certains, régulièrement étrillés par Porte. On examinera donc avec la plus grande attention de quelle très élégante façon le carlabruniste Philippe Val va se débarrasser de l’empêcheur de copiner en rond.


     Sale temps, oui, pour les comiques : dans une autre catégorie, Patrick Sébastien connait lui aussi, de ces déboires. L’indécrottable animateur s’était, très récemment, découvert une vocation de meneur politique. Aussi avait-il décidé de lancer son propre mouvement, un bidule très joliment intitulé Le Dard. Las ! Suivi par personne et lâché par tout le monde, raillé par pelletées sur le net et ailleurs, on apprend cette semaine que Sébastien renonce, se disant « épuisé par la connerie ambiante. » Le plus étrange est que personne ne vienne alors lui rappeler que ladite connerie, il contribue personnellement, et depuis de nombreuses années, à l’alimenter, à grande eau. Nul doute que le Dard manquera, dans le paysage glaiseux de la campagne présidentielle. Manquerait plus que Lalanne renonce lui aussi !


     Un qui ne renonce jamais, et c’est fort dommage, c’est Dieudonné le non-comique. Son dernier spectacle n’est qu’une avalanche d’injures raciales, d’antisémitisme même plus voilé, et de délires dignes du plus puant martyrologue. En ouverture, une parodie de discours nazi menace de déportation les spectateurs qui n’auraient pas éteint leur portable. Hilarant. Puis, après avoir confessé que le président iranien est « un guide » pour lui, il annonce s’être converti au judaïsme : « j’ai rejoint la religion du profit. » trop drôle. Enfin, lors de l’inévitable tirade en forme d’ode à son pote le révisionniste Faurisson, « l’Histoire, c’est pour les cons, c’est un nid à problèmes. » On comprend mieux pourquoi l’Histoire intéresse à ce point Dieudo.


     Etait-il copain avec cette autre grande figure de l’Histoire de la France Profonde qu’était le général Bigeard ? Nous l’ignorons, cependant on les imagine bien collaborer ensemble. Bigeard, ah, Bigeard… Il a cassé sa pipe, l’antique tortionnaire. A 94 balais. Comme quoi c’est bien les meilleurs qui partent les premiers. L’homme avait une drôle de manie : il collectionnait les plaques de rue portant son nom. En toute simplicité, quoi. Mais la haute opinion qu’il avait de sa personne n’empêchera pas de goûter, comme il faut, l’annonce de sa disparition. Eh non, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles.


     Autre disparue de la semaine : Marie-George Buffet. Certes elle n’a pas encore, elle, rejoint le caveau, mais tout de même elle vient de quitter la tête du Pcf, ce qui n’est pas rien. Si ? Ah bon. Quoi qu’il en soit cela vous avait des allures d’enterrement de première, avec, parmi les présents au congrès, Mélenchon, Besancenot, Laguiller ou Martine Aubry. Ils l’ont, tous, applaudi longuement, comme au bon vieux temps du Kominterm, ce qui ne manqua pas de faire naître une larme à l’œil de l’ancienne secrétaire. « Pourrait partir d’ici une manifestation unitaire qui aurait une sacrée allure », s’est-elle alors émue. Oui, une allure de cortège funèbre.


     Adieu, donc, Bigeard et Buffet, adieu aussi, pour Tf1, la manne que devait représenter les retransmissions des matchs de l’équipe de France de foutbale. Les droits télévisuels, achetés la bagatelle de 120 millions d’euros, ne seront certainement pas comblés par les recettes publicitaires, vu l’élimination précoce des onze guignols en maillot bleu, culotte blanche et bas rouges (car, pour ceux qui ne le sauraient pas, les footballeurs portent des bas). Du coup, l’action boursière de la chaîne au temps-de-cerveau-disponible, ne cesse de chuter. On vous le disait, plus haut : y’a pas que des mauvaises nouvelles.


     Il y en a pourtant, au premier rang desquelles la dernière initiative de MAM, ci-devant garde des sceaux, à l’intention des détenus. Elle vient d’inaugurer, à Versailles, le deuxième centre de télé-appel en prison, employant une vingtaine de femmes au profit d’une société privée. L’initiative s’inscrit, bien sûr, « dans le cadre de la réinsertion », et dans la volonté de placer le travail en prison dans « des perspectives nouvelles, en prise avec la société moderne. » Le tout sur fond, bien entendu, d’encouragement aux « partenariats avec les entreprises. » Lesquelles entreprises se targuent alors de faire dans le social, on croit rêver mais c’est ainsi… On l’aura compris, la démarche vise, d’une part, à maintenir un haut degré d’exploitation des détenus (comme ni Smic, ni code du travail ne sont appliqués en prison), d’autre part à explorer de nouvelles et toute entrepreneuriales aubaines, le télémarketing étant une des plus prometteuses. La prochaine fois que vous engueulerez au téléphone un démarcheur, dites-vous bien que la personne vous appelle peut-être de derrière les miradors. Il est pas beau, le capitalisme moderne ?


     Le travail, tiens, parlons-en. La réforme des retraites est en marche et ce n’est pas la ballade syndicale de jeudi qui risque de changer la donne (même si le gouvernement, qui tablait benoîtement sur « l’effet coupe du monde » pour voir se dégonfler la mobilisation, se retrouve, sur ce plan, gros Jean comme devant. Merci Raymond !) Au chapitre des châtiments dont on espérait vaguement qu’ils nous seraient épargnés, figure en bonne place l’individualisation de la pénibilité, laquelle fera l’objet d’examens médicaux personnalisés. Traduction : il faudra prouver qu’on est déjà cassé par le boulot pour espérer pouvoir travailler quelques années de moins. Exit le différentiel entre l’espérance de vie chez l’ouvrier et celle du cadre, exit, pareillement les maladies professionnelles se déclarant après le départ en retraite. Appliquée au cas de l’amiante, cette nouvelle réglementation aurait laissé bosser jusqu’à ce que mort s’ensuive celles et ceux qui y furent exposés. Selon Eric Woerth, ministre du travail, serait bel et bien caduque « la liste des métiers réputés pénibles. » Retenez bien ce mot : réputés. Le mépris dans lequel nous tiennent les cadors et autres califes du sarkozystan libéral, ne saurait s’exprimer avec davantage de clarté.

 

                                                                                       Frédo Ladrisse

        

(en illustration, la couverture de l'excellent "putain d'usine", du copain Levaray. Editions l'Insomniaque)              

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 01:25

 

images-copie-20.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Concernant les retraites on avance, à reculons bien sûr, mais la séquence du dialogue-avec-les-partenaires-sociaux et autres fariboles est, enfin !, terminée. Elle s’achève sur le coup de bambou que Fillon et ses ouailles avaient préparé de long temps, et mercredi on devrait apprendre dans quelle sauce nous tremperons nos amertumes de futurs vieux pauvres. L’annonce du début de la fin des haricots sera-t-elle publiée sur le site de Paris-Match, comme l’élégant Woerth, ministre du travail, avait choisi de le faire en mai au sujet de l’âge légal du départ à la retraite? A vrai dire, la logique voudrait que ladite annonce paraisse en exclu sur le blog de Parisot, Laurence, tant elle en fut l’inspiratrice — avez-vous remarqué, ces dernières semaines, de quel assourdissant silence nous gratifia la dame? Plus bavard que la Parisot, un ministre sans nom affirmait vendredi dernier que, sur l’âge légal, « ce qui est sûr, c’est que sera entre 62 et 63 ans. » Selon ce même anonyme, Fillon le fielleux en pincerait pour les 63 —étonnant, non ?—, mais l’exigence commanderait de se réserver un peu de marge, d’opter, comme à la dernière minute, pour les 62, histoire de faire accroire au bon peuple qu’on l’a entendu, hein, oh, on n’est pas sourds. Elle est bien bonne, ma chère Yvonne, d’autant que le même ministre, en une façon de lapsus, concluait son propos ainsi : « l’important, c’est le jugement que portent les marchés sur notre gestion. » Tout est dit. Ou quasi. Hausse des cotisations, alignement du public sur le privé en matière de calcul des pensions, allongement des durées de cotisation sont également à l’ordre du jour. Pour contrer cette avalanche de mauvaises nouvelles, Fillon et ses caciques ne manqueront pas de mettre l’accent sur la taxation des ménages dits à revenus élevés, une taxation symbolique et par ailleurs provisoire, qui ne concernera que ceux qui touchent plus de 11 000 euros par mois. Ceux-là, on peut d’hors-et-déjà faire confiance à leur comptable pour dénicher la magouille permettant de ne déclarer que 10 998 euros de revenus. Dura lex ? Sed lex, mon gars ! Ajoutons à cela le projet de prise en compte individuelle de la pénibilité (ce n’est plus le métier exercé mais les visites médicales, au cas par cas, qui désigneront les salariés susceptibles de partir plus tôt), et le package spécial casse du régime général sera, cette fois, complet.


     Cependant, en matière de retraite, gardons-nous d’être par trop caricaturaux : il y a des retraités heureux, voyez Christine Boutin : entre son emploi fictif de chargée de mission refilé par Sarko, ses indemnités de conseillère générale des Yvelines et sa retraite de députée, la Boutin émargeait à 17 500 par mois. Une paille. On a surtout parlé de cette pseudo mission confiée, donc, par l’Elysée, et destinée à évaluer les « conséquences sociales de la mondialisation. » On savait le Sarkozystan très préoccupé par ce genre de problématique marxisante, on ne le savait pas prêt à débourser tant de pognon pour au final, quoi, vingt pages de rapport ? Qu’importe. Prise la main dans le pot de confiture, l’ex ministre du logement s’est défendue comme elle pouvait : « je n’y peux rien, la loi est comme ça », a-t-elle pleurniché à propos du cumul éhonté de ses revenus. Devant la bronca du populo, et lâchée par ses pairs, cette sorte de Josiane Balasko qui aurait viré prolife, renonçait à une part de ses émoluments, et décidait « de mener cette mission de façon gracieuse. »  Ce qui, admettons-le, risque de ne pas être simple avec son physique de bourrin. Puis elle profitait de  l’occase pour balancer les copines: « il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd’hui ou demain être confrontés au même problème. » Des noms, Christine, vite !


     Si c’est pas très mignon de dénoncer ainsi ses anciens camarades, il n’empêche que le cas Boutin n’est pas sans rappeler celui du bon Kouchner, de son rapport payé par Total, et qui chantait les louanges de la gestion pétrolifère à la mode junte birmane. Kouchner, malgré tout, est, depuis, une nouvelle fois redevenu ministre — c’est qu’il sait rebondir, le gars, son surnom : Jokari —, et, comme tout ministre digne de ce nom, il s’agace dès lors qu’on prétend lui faire subir le sort du commun des mortels: il y a quelques jours, à l’aéroport de Montréal, l’équipe de sécurité s’est permise de le fouiller, lui ! On rapporte qu’il est aussitôt entré dans une colère noire, « ce sont des imbéciles ! », s’écria notre diplomate, sans qu’on sache s’il parlait des vigiles de l’aéroport ou, plus généralement, de l’ensemble des Canadiens, ou encore de l’ensemble de l’humanité. Une fois l’incident connu, les services du ministre des affaires étranges s’est empressé de pondre ce communiqué, fort curieux : « Monsieur Kouchner est un homme entier. » Il aura donc fallu le palper pour s’en assurer.


     Qui donc viendra nous palper, nous, blogueurs impénitents et autres netophiles ? Pour l’heure, nous l’ignorons, mais la parano file bon train dans les couloirs du pouvoir, lequel pouvoir entend bien, sous peu et totalement, s’assurer le contrôle de la toile. Une preuve, une de plus ? Jetez donc un coup d’œil à la « proposition de loi tendant à faciliter l’identification des éditeurs de sites en ligne et en particulier des blogueurs (titre réel du texte, sic !) » (1), présenté en mai au sénat, et qui vise rien moins qu’à rendre impossible, sur le net, l’anonymat, fut-il virtuel. C’est la fin, le tocsin, pour l’autruche, Ladrisse et autre Ladrissette, bientôt nous nous verrons contraint de révéler nos identités, j’ai nommé Michel Galabru et Ginette Garcin.


     Michel Galabru, parlons-en ! L’autre soir un ami et néanmoins natif de Rouen m’affirmait que le bonhomme était crevé depuis longtemps. Galabru ? Mort ? Renseignement pris, que nenni ! Michel Galabu never die !


      Autre chose, qui bouge encore, allons jusqu’à dire qu’elle frétille : la langue du pâle Nico, tout à fait désormais tourné vers sa réélection, et qui lèche à tout va, tout ce qui passe, jusqu’aux galons : en visite il y a peu dans une gendarmerie, notre histrion élyséen s’est lancé dans un genre d’éloge, relativement aux nouvelles tenues des adjudants Cruchot. Remarquant particulièrement les brodequins arborés par nos glorieux gendarmes, Sarko eut cette phrase, mémorable : « moi, je vous dis une chose : on ne peut pas courir après les délinquants avec des chaussures basses. » Au sujet du nouveau pantalon treillis : « le pantalon à pli c’est parfait, mais ce que vous avez est plus adapté au métier. » Si tu le dis, bouffon… Puis, nettement moins drôle, il se mit à défendre le tonfa, « même si je sais que vous êtes attachés au bâton télescopique. » Enfin, du très haut de ses talonnettes, Sarkoléon ne put s’empêcher d’essayer un taser, et de regretter, dans le même temps, que « nous n’ayons pas assez d’armes non létales. » Edifiant, dites-vous? Mais c’est vrai qu’ouvrait, ce lundi, Eurosatory, marché mondial des armes, létales ou non, légales ou non, une bien belle foire à l’armement accueillie chaque année en France. Le pantalon à pli, y’a pas de doutes, c’est parfait.


                                                                                              Frédo Ladrisse

 


(1) C'est là :  http://www.senat.fr/leg/ppl09-423.html

           

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 01:10

images-copie-19.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Villégiaturant il y a peu quelque part en Baie de Somme (on a les baies qu’on peut) j’apprenais un matin, en parcourant le célébrissime et néanmoins local journal du patelin ( Le Réveil de Berck ) que le concours des balcons fleuris aurait lieu cette année à partir du 1er juin, avec passage du jury le vendredi 2 juillet. Fichtre. Les gars, tous aux binettes. On y apprenait dans la même page l’attaque de la flottille brise-blocus au large de Gaza, et les morts qui s’ensuivirent. Télé-Sarko donnait alors de la voix et du canon, tonnait tel un relais fidèle de Tsahal, se commettant à citer « ces soi-disant pacifistes », et balançant en boucle les images, tournées par l’armée, images montrant des méchants armés de bouts de bois agressant ces pauvres bougres des commandos israéliens eux surarmés jusqu’au dentier. « On a fait rien qu’à se défendre », bombardait le Netanyahou, lequel a sur la conscience des centaines de morts civils notamment gazaouis, et devrait être, de long temps, symboliquement pendu à la plus haute branche de l’arbre de la honte. Au lieu de tresser la corde, cette catin nommée « opinion internationale » renvoyait, une fois de plus, une fois encore — une fois de trop ? Ne rêvons pas —, dos à dos la population occupée et l’armée qui l’occupe, et l’Etat qui a décidé de cette occupation. Savez-vous ce qu’est le blocus ? Le blocus, selon Israël, c’est interdire que soient livrés dans les territoires occupés des fauteuils roulants électriques (les petits moteurs sont suspectés de servir à l’envoi de missiles sur les colonies), c’est aussi refuser deux camions chargés de béton, à l’origine destiné à la reconstruction d’écoles : parce qu’on ne sait jamais, hein, le Hamas pourrait s’en servir afin de construire des abris. « Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique, et se poser autant de questions morales », disait à propos de Tsahal, et la veille de son intervention, Bernard Henri-Levy, l’éloquent caqueteur néomédiaticobranleur, inébranlable défendeur des crimes contre l’humanité commis sous le drapeau frappé de l’étoile de David. Démocratie, morale, armée… Dans cette liste de mots s’est glissé un intrus, saura-tu le retrouver ?  


      Plus loin dans Le Réveil il nous est indiqué que Stéphane Plaza, animateur coca-colien dont le cerveau très disponible officie dans l’usine à foin qu’on nomme TF1, a « peur de tous les animaux, et surtout des autruches. » Vu son curriculum vitae, le garçon fait bien de se méfier. Plus loin, toujours plus loin dans Le Réveil  on apprend également qu’une vague de suicides est en train de déferler sur Disneyland Paris. Un gars s’est récemment jeté sous les rails du RER censé le reconduire chez lui, laissant un mot pour ses gamins, mot dans lequel il avouait ne plus se sentir capable « de retourner chez Mickey. » On le comprend, sauf que : chez Mickey on y est tous, y-a-il en réalité d’autre patronyme plus adapté pour un patron quel qu’il soit que celui de Mickey ? Sommes-nous, finalement, autre chose que des enfants sautant et trébuchant en tentant de lui choper la queue ? Oups, ne nous égarons pas : à l’heure — tardive et bien étrange, comme l’autruche les aime —, à l’heure, donc, où sont frappés (cognées ?) ces lignes, quelques 300 travailleurs sans-papiers, en grève, s’obstinent à camper sur le trottoir, face à l’Opéra Bastille, en la bonne — ce n’est qu’une expression — ville de Paris. J’y suis passé tantôt : après s’être fait descendre des marches du subliminal bâtiment, sorte de bunker crépusculaire dû à la fantaisie de son altesse sérénissime j’ai nommé Mitterrand, François, les gars ont installé les toiles, les réchauds, leurs colères et leurs volontés de grévistes de près de neuf mois sur la chaussée, devant les grilles, devant la rangée de gendarmes surveillant, jour et nuit, les pauvres marches anciennement squattées. Elle a, du coup, une drôle de gueule, la culture en Sarkozystan, gardée par la maréchaussée, laquelle s’arroge le droit d’ouvrir, par endroit, les barrières, pour peu que monsieur l’ambassadeur et sa nouvelle épouse fussent pris d’une soudaine envie d’opéra, ah mais ah ah, ce ne sont pas quelques gueux qui nous priveront d’adagio ! Cependant, l’engeance qui gouverne en la préfecture de police n’avait pas prévu ceci : un déplacement, certes, de la part des sans pap’, mais un déplacement de quelques mètres. Du coup, l’engeance, la voilà drôlement empêtrée, à ne plus trop savoir à quel saint bâton se vouer. Il ne suffirait plus d’une cinquantaine de garde à vues pour calmer ces poulbots ? Eh non. Les voilà, désormais, installés ô scandale !, sur le chemin de passage — on ose à peine dire chemin de halage, ah ah ah… quoi mais si, fait beau à Paname ! —, chemin donc, quoi qu’il en soit, où les grappes touristiques de base traînent leur misère et leurs dollars… C’est dire si on a des soucis, à Paris en cette heure, c’est dire comment les pauvres, dès que ça sort du trou, que ça se montre, c’est la raya. C’est surtout dire que cette nuit, ou celle qui suivra, les campeurs de la Bastille vont se faire dégager,  ramasser, nettoyé le campement, et cette fois comme tant d’autres avec pertes et fracas. Quoi faire ? Y être, si on peut. Ecouter, voir, parler, filmer. Et, s’il-vous-plaît, gens de fesse bouc, pas d’apéro géant à la Bastille, en ce moment!

 

                                                                                           Frédo Ladrisse

 

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 23:02

images-copie-17.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Radin comme pas un, Alain Minc distillait l’autre soir ses conseils en matière d’économie. Il proposait, entre autres choses, que « les très vieux paient leurs frais de santé », ou qu’ils soient imputés à leur patrimoine, voir à celui de leurs ayants droit. « J’ai un père qui a 102 ans », expliquait le bouffon du prince, « il a été hospitalisé quinze jours : la collectivité a dépensé 100 000 euros pour soigner un homme de 102 ans. » Et alors ?, serait-on tenté de lui répondre. Minc aurait-il préféré qu’on laisse crever son paternel ? Par ailleurs, renseignements pris, ce chiffre n’est que pure fantaisie : même en admettant que Minc père ait été hospitalisé dans un service de pointe, les frais n’auraient pu dépasser les 25 000 euros. « J’ai délibérément pris un chiffre qui frappe », se justifiait alors celui qui nous prend pour des manches. Moralité : l’éminence grisâtre de Sarko, l’homme qui murmure à l’oreille du président et des marchés, peut balancer n’importe quel chiffre à propos de n’importe quoi, on continue de l’écouter, pire, de le prendre au sérieux. Pensiez-vous que la politique économique du pays se faisait à Bercy ? On sait maintenant qu’elle se décide dans l’arrière-cour bouseuse d’une baraque de foire.

 

     Plus loin, entre l’homme-tronc et la femme à barbe, le phénomène Baroin exhibe ses ergots et ses crocs de jeune chien fou. Le tout à fait frais ministre du budget se prononce contre une baisse du salaire des ministres, ah oui tout à fait. Ce serait, selon lui, une décision « purement démagogique. » Bin voyons, eh, n’oublions pas que c’est de l’épaisseur de son portefeuille dont il cause.  Quant à son collègue Luc Chatel, ci-devant porte-parole du gouvernement, il nous explique doctement que « baisser le salaire des ministres impliquerait, par ricochet, de baisser celui de tous les agents de la fonction publique. » On en était à se demander comment pouvait bien s’expliquer cette curieuse relation de cause à effet, quand la mémoire nous est revenu : façon de parler, car en fait on n’a pas souvenance que, lorsqu’en 2007 l’histrion de l’Elysée s’était auto-augmenté de près de 140 %, le salaire des fonctionnaires ait augmenté d’autant. Ce qui vaut dans un sens ne vaudrait donc pas dans l’autre ? Ce n’est pas une nouveauté.

 

     Pas une nouveauté non plus, le delirium tremens qui agite les « jeunes pop », mouvement de la jeunesse sarkozyenne où bleu marine et vert bouteille s’encanaillent en de furieux feux de camp et massacrent à la guitare les tubes d’Yves Duteil — Yves qui ? Passons. Dernièrement, ces jeunes gens pleins de sève ont rendu publiques leurs propositions concernant la réforme des retraites. Festival : il s’agirait d’abord de « mettre un terme à tous les régimes spéciaux qui demeurent », puis de « favoriser le développement des systèmes optionnels par capitalisation » (traduction : terminé la répartition, vive les riches et à mort les pauvres), développement qui bien sûr rendrait « indispensable d’aligner le public sur le privé. » On voit qu’ils se sont gravement fouillés les neurones, nos boy-scouts ! Du pur copié-collé échappé d’un antique programme thatchéro-reaganien de base, ah elle est jaunie, la joliesse !

 

     Tout aussi jauni le sieur Fillon n’en fini plus de distiller ses mauvaises nouvelles. La rigueur ? « Je m’en contrefous », s’énervait-il l’autre jour. Facile à dire, vu de Matignon, c’est pas ses fesses à lui qui se prennent les coups de latte. Mais c’est qu’il s’agit avant tout de « rassurer les marchés », lesquels ont des suées-et-ça-c’est-pas-bon-pour-l’euro. Autrement dit, chère Elodie, afin que les traders aux petits pieds cessent de se faire de bêtes frayeurs — ce que c’est poltron, tout de même —, va falloir que tu bosses jusqu’à 75 ans. Tel est le prix, les enfants, car le salut ne peut venir que des sacrifices consentis à votre auto-exploitation. Le salut, en tout cas, ne risque pas de venir du Parti Socialiste, lequel, par la voix de sa première secrétaire, défend « la retraite choisie », drôle d’idée, mais idée pas drôle. On aurait donc le choix ? A choisir, l’autruche préférerait la prendre tout de suite, sa retraite, tant que ça existe encore. Mais non. « Retraite choisie », pour Aubry, signifie qu’on pourra, sous le règne éclairé du Parti, décider de travailler plus longtemps si on veut. Arf. Bande de fielleux filous.

 

     Et tandis qu’opposition et majorité s’interrogent sur la meilleure façon de nous niquer la gueule, Sarkozy se promène au milieu des champs de fraises. Si si. L’histoire ne dit pas qui s’est chargé de les lui sucrer, mais notre national nabot s’est fendu d’un voyage dans le Lot-et-Garonne à la rencontre des producteurs de Tagada tsoin tsoin. Voyage éclair évidemment, lui laissant juste le temps de regretter qu’on ait souvent « traité l’agriculture d’une façon folklorique », et de s’empresser de préciser qu’il fallait « cesser de dire que vous êtes des agriculteurs, vous êtes des entrepreneurs, voilà. » Voilà ? A ce qu’il semble, les agriculteurs en question auraient moyennement apprécié.

 

     Puisqu’on parle de culture, faisons donc un petit détour par le ministre du même nom. Frédéric Mitterrand, que la rigueur et les fraises n’intéressent pas plus que ça, demeure concentré tout à fait sur le sort de son pote Roman Polanski. «Aujourd’hui, mon devoir est de ne rien dire », nous dit cependant Mitterrand. «  Silence, oui », ajoute le poète, « mais mon silence à moi. » Et comme décidemment ce grand silencieux ne peut s’empêcher d’ouvrir sa bouche à tort et surtout de travers, il s’achève, en cette saillie : « le silence peut être une parole très forte. » Ah oui ? Chiche !

 

     Ajoutez à cela le rocambolesque retour en sa patrie de Clotilde Reiss, James Bond girl franchouillarde aux airs de pieds nickelés et contre laquelle il fut vulgairement échangé quelques assassins iraniens, regardez la vieille garde des nostalgiques de l’Algérie Française défiler, à Cannes, pendant le festival, contre un film se permettant d’évoquer les massacres de Sétif (le premier dans son genre, et qui d’ailleurs, à Cannes, ne fut récompensé par rien), écoutez ces vieux cons remontant la croisette, drapeau bleu-blanc-beurk dressé, et critiquer un film qu’ils avouent ne pas avoir vu, bref, ouvrez un journal, et dès lors ne vous étonnez pas de voir éclore quelque chose comme les apéros géants, le besoin de se retrouver sous un prétexte quelconque, et de se souler la gueule histoire d’oublier, un instant, le merdier tout autour. Aussitôt les chiens de garde du Sarkozystan bien-pensant cherchent à encadrer, interdire, vider de leur sens ce qui ressemble à une menace. Mais là-dessus, nous reviendrons.

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.

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