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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 23:25

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(photo : notre ami Simplet Frappant à la Porte de la Révolution)

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ah mais qu’elle fut jolie, à défaut d’être sanglante, la semaine passée ! Ah mais, jours de grève après jours de grève, de défilés en tractages, de cortèges lycéens en euphoriques assemblées, ce fut pur bonheur pour le volatile lequel, par ailleurs, n’a pas vu son bureau ni son chef ni une agrafeuse depuis maintenant huit jours : comme tout gréviste qui se respecte, l’autruche apprécie ce qui n’est pas qu’un temps de colère, mais aussi un vrai temps de pause, un temps où on s’arrête et où on réfléchit et, comme disait l’autre, c’est pas triste. Certes, dans les mois à venir, on bouffera des nouilles et encore, sans même un brin de beurre salé, et sans même être certain de s’être pas battu pour rien : à l’heure où nous mettons sous presse, comme on dit chez France-Dimanche, impossible de savoir quelle sera, demain mardi, le niveau des mobilisations, si elles iront s’amplifiant où au contraire retombant tel un pitoyable soufflé à la cancoillotte éventée. Impossible de savoir non plus si tout s’arrêtera, mercredi ou jeudi, si nous renoncerons ou forcerons la marche, vers plus de radicalité. Mais routiers, étudiants, sont entrés dans la danse, douze raffineries sur douze sont désormais bloquées, et Superdupont  a ressorti les jerrycans remisés depuis 1968. Lagarde, ministre des finances, a beau assurer qu’ « il n’y a pas pénurie, mais un sentiment de pénurie » — la bonne blague ! Sur le même modèle, il n’y aurait pas de chômage, mais un sentiment de chômage, pas d’inégalités, mais un sentiment de… ?  —, il n’empêche que les queues automobiles n’en finissent pas de s’allonger devant les rares stations-services  qui ne sont pas encore à sec, et malgré les rodomontades de la sentimentale Lagarde Sarkozy himself a, ce matin, activé un genre de machin nommé Centre Interministériel de Crise, lequel est piloté par devinez qui ? Notre ami Hortefeux-nouille ! C’est assez dire comment ça panique sous les lambris, au point de refiler la direction du Centre de Crise à rien moins que monsieur le flicaillon-en-chef, comment ça décide, dans le même temps, de se raidir façon chouette empaillée : « je ne laisserai pas bloquer le pays, je ne laisserai pas étouffer l’économie de la France », s’ulcère Fillon-le-Maudit, qui préfère nous voir crever tels pauvres poissons hors de l’eau plutôt que ne s’étouffent  ses sponsors, les patrons, comment ça se pose en matador envoyant ses chiens de gardes uniformés aux jeunes, en même temps que ça fait sous soi, merdassant l’habit de lumière d’un pouvoir qui aboie, mais qu’on entend moins que jamais. Sarko a beau prier en l’église Sainte-Pétronille, Fillon a beau jouer de ses méchants sourcils, d’essence il n’y a plus, nous serons bientôt tous à vélo : quel bel automne, vraiment !

     Pendant ce temps, combien de lycéens seront tombées sous les balles de la mobile gendarmerie lesquelles, bien que caoutchoutées, sont à même de blesser gravement, comme à Montreuil, les enfants ? On ne plaisante plus : ce matin encore, à Nanterre, à Lyon, dans d’autres villes, ça a frité devant les lycées. Depuis plusieurs jours la police y est présente, chaque matin, multipliant les provocations, à croire que les consignes sont d’alimenter les violences, à seule fin de disqualifier, pour cette fois et pour longtemps, toute mobilisation émanant de la jeunesse. Or, Luc Châtel a beau, allant, ânonner à l’adresse des jeunes qu’il « est dangereux de manifester sur la voie publique », l’opération « rentre chez toi ou on te casse les doigts» semble devoir faire un flop auprès des lycéens.

     Fonctionnera-t-elle davantage auprès de leurs parents ? On peut se poser la question, notamment quand on voit la CFDTraîtres, comme à son habitude, entamer une de ces danse-du-recul dont elle a le secret. Dès aujourd’hui et sans nul doute, pour Chérèque c’est plié, l’essentiel étant désormais de trouver, comme ils disent, une « porte de sortie honorable. » Honorable, mes fesses, l’honneur n’a rien à voir là-dedans et comme disait maître Zou-Bi, une porte doit être fermée, ou ouverte. Sarko tente, pour sa part, de la verrouiller à double tour : « dans une économie mondiale qui bouge, nous ne pouvons pas rester immobiles. » De là à reculer, il y a un, deux, trois quatre pas que l’azimuté de l’Elysée ne rechigne pas à exécuter. Plus loin, le prophète au Karcher prévient : « nous ne pouvons pas mettre la poussière sous le tapis. » Ménagère métaphore, dont on se demandera longtemps ce qu’elle vient faire dans un discours concernant les retraites. Mais, en fin connaisseur de l’enfilage de perles, Sarkoléon poursuit, sans se préoccuper le moins du monde du ridicule qui, paraît-il, ne tue plus : « la réforme des retraites est un objectif de justice sociale : songez au sort des petites retraites, et des petits retraités. » A coup sûr et sur le coup, Timide, Atchoum, Grincheux ont reconnu en lui un frère.  N’empêche, et puisque nous parlons de nains : le numéro des Thibault-Chérèque, les Grosso et Modo de l’embrouille à la mode « on arrête tout », lasse. Si, une fois de plus, une fois de trop, et alors même que les conditions d’un mouvement social de grande ampleur semblent enfin réunies, si, une fois encore, ces comiques s’arrangent pour le faire avorter, il est clair que c’en est fini, pour un sacré bout de temps,  de leur crédibilité, voir de leur légitimité. Alors, cul dans le rocking-chair et pieds dans la bassine d’eau tiède (met du sel, camarade, ça soulage les oignons), le brave populo attendra tranquillou le printemps 2012 et le saint-sacrement des urnes. « Le rapport du FMI dit qu’il faut augmenter la durée de cotisation : c’est exactement ce que nous, socialistes, nous disons », avouait l’autre soir Martine Aubry. C’est assez dire quel petit soir nous attend, en ce printemps maudit.

     Les socialistes, puisqu’on en parle, étaient encore présents, dans le cortège parisien, samedi. Présents, c’est vite dit : selon une habitude désormais bien ancrée dans leurs têtes d’ampoule, ils s’incrustent en milieu de manif’, font un petit tour et puis s’en vont. Au journal télévisé du soir, à chaque fois c’est gros plan sur le big ballon du Ps. Il s’agit, à tout prix, de caler le troupeau, autrement dit les électeurs, dans les rails de l’alternance. Sauvegarder l’essentiel, en somme, en laissant penser qu’un Strauss-Kahn, une fois à l’Elysée, pourrait, je sais pas moi, par exemple changer la vie ? Je vous entends rigoler d’ici, mécréants que vous êtes ! Vivement le grand soir qu’on se couche ? On ne saurait vous donner tort, si ce n’est que demain, debout, car demain c’est manif’ !

 

                                                                                                    Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

radaze 19/10/2010 23:00


ouuuuuuuuuuuuaiiiiiiiiiiiiiiissssss!!!!!!!


Quand l'autruche eternue... 26/10/2010 11:54



On ne saurait mieux dire ...



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