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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 21:02

phpThumb generated thumbnailjpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Suite à sa régionale branlée, le message de la droite est clair : on ne change rien, on continue et même, on accélère. « Il n’y a pas de nouveau contrat avec le peuple », claironne Fillon-le-fielleux, pour qui ce contrat fut paraphé, une fois pour toutes et pour mille ans, lors des dernières présidentielles. Ah bah pourquoi alors qu’y nous font encore voter, râle Robert-du-bistrot ? Telle est bien la question, Robert. Pour Fillon, « les popularités ou les humeurs, c’est quelque chose de changeant. » Spéciale dédicace à celles et ceusses qui ont, dans l’urne, glissé l’autre jour leur humeur. Quoi qu’il en soit on garde le cap, on poursuit les réformes, taïau taïau, car « rien n’existe que cela. » Après le fumeux TINA inventé par Thatcher (« There Is No Alternative »), on découvre, trente ans plus tard, sous la forme de ce REQC, une french version n’ayant rien à envier à sa grande sœur angliche, en termes de déni et de mythomanie.


     Pour autant, d’aucuns, au sein même de la majorité, frisent la crise de nerfs en ce moment. Chantal Jouanno, au hasard, se dit « désespérée » par  l’abandon de la taxe carbone, avant de se faire remettre en place par le maître du château himself : « les ministres n’ont pas à être désespérés, ils ont à faire leur travail », tacle-t-il, tout raide. La Jouanno, pour le coup, a « promis de rester plus discrète à l’avenir. » De se sparadraper la bouche, quoi. C’est que la place est bonne. Ceci dit la donzelle avait poussé le bouchon loin, affirmant que « c’est le Medef qui a planté la taxe carbone. » Pas écolo, le patronat ? Allons, ça se saurait… On rappellera au passage que pour Sarkoléon, au sortir du Grenelle de l’environnement, la taxe carbone représentait « une réforme aussi importante que l’abolition de la peine de mort. » Si ce type avait été élu en 1981, la guillotine aurait depuis moissonné quelques cous.


     Désespérés pareillement : les communistes français. Des départs massifs seraient à prévoir au Pcf, élus et militants mêlés. « Ce qui est sûr c’est que moi, je pars », marmonne Braouzec. Pour l’ancien maire de Saint-Denis, le Pcf a atteint « une forme dépassée et morte. » S’il prévoit d’embaumer d’ici quelques temps Marie-George, faudrait penser à le prévenir que c’est fait depuis longtemps.


     Dans le registre des dépressifs, nous trouvons aussi la Lepage. Ancienne ministre de Juppé (ce qui ne nous rajeunit pas), ce membre fondateur de Génération Ecologie, puis de Cap21, avait fini par se présenter sur la liste Udf du bouffon Santini. Vous en voulez encore ? Signataire de l’appel à l’origine de la création de Ni Putes Ni Soumises, elle déclarait, en 2006, se situer politiquement « entre le centre-droit et le centre-gauche. » Ce qui, dans son esprit malade, n’avait rien d’une boutade. Bref, déboussolée à l’extrême, elle rejoignait, l’année suivante, le Modem de Bayrou. Chagrinée par son résultat aux dernières régionales, Corinne Lepage quittait le Modem la semaine dernière, avec perte et fracas. «Le Modem a été sacrifié à l’obsession présidentielle de François Bayrou », se lamente alors celle qui fut victime de cette même obsession en 2002 (1,88% des voix) et y renonça en 2007, s’étant rendue compte juste à temps que, dans le domaine politique, le ridicule tue toujours. Une « carriériste sans foi ni loi », selon un de ces anciens coreligionnaires du Modem. Mais c’est encore euphémiser, tant les crocs de la Lepage défoncent les parquets. On la retrouvera, à coups-sûrs, d’ici un ou deux mois chez les écolos de Cohn-Bendit.


     Vous me direz : on s’en tape, et ça va être difficile sur ce point de vous donner tort. Car l’essentiel, aujourd’hui, n’est-il pas cette France socialiste, toute de rose vêtue, jouvencelle empucelée ? Oui, Mesdames et Messieurs (et Damoiselles pareillement), le miracle a eu lieu, le parti socialiste est ressuscité d’entre les morts ! Cependant, pour Aubry, « l’heure n’est pas au repos, ni à l’autosatisfaction. » Celle-là, pour prendre son pied et lâcher ses dossiers il lui faut quoi ? Le retour de Jospin ? Mais, comme pour en rajouter dans le registre du sinistre, la Première Secrétaire avoue « nous accueillons cette victoire avec gravité. » Graves, travailleurs et tristes : tels sont les socialistes français. On y croit comme du beurre en branche, en l’attente du prochain crêpage entre Aubry et Ségo. Lequel ne saurait tarder.


     L’espoir d’une alternance — pour ceux à qui ce mot parle encore —, davantage que par le Ps se trouve aujourd’hui incarné par cet autre revenant qu’est Dominique de Villepin. C’est dire où on en est. Candidat à rien depuis toujours, Galouzeau se rêve calife à la place du calife. S’apprêtant à lancer son propre mouvement il canarde Sarko et son idée de rupture, dans laquelle il voit « un contresens que de penser qu’on pouvait rompre avec la France. »  Tout de même, il nous met en garde : « je n’ai pas de solution miracle, et je ne suis pas là pour défendre une ambition personnelle. » C’est fou, tout de même, ce manque d’ambition personnelle, partagée par l’ensemble du petit personnel politique.


     Mais fi des idioties, parlons, tiens, de mardi dernier. On était tout de même 50 000 à défier le pouvoir dans les rues de Paris-la-Rebelle ! Okay, c’est dix fois moins qu’il y a un an à la même date, mais selon Thibault de la cégète la mobilisation a été « plutôt bonne. »  Dirait-on d’une grève générale reconductible expropriatrice qu’elle serait plutôt bonne ? Certainement non. La cégète et les fonctionnaires des syndicats félons la considéreraient comme une grève illégale, digne de répression. Raison de plus pour l’entamer, sur le tas et sans plus tarder.


     Ce fut un beau mardi tout de même, comme l’autruche les aime, mardi chômé, mardi de rires, mardi de rêves partagés, mardi gras de complicités et de rock’n’roll, en les basses . Mardi-moi tout, en somme. Mardi à presque en oublier que le lendemain, c’est mercredi.


     Et voilà-t-y pas que mercredi mon Robert-du-bistrot passe me voir les fouilles chargées de stickers « No Sarkozy Day. » Robert, je l’aime, depuis 45 ans et en secret, alors il me donne ses machins moi, comme un idiot, je les colle. Un peu plus tard j’apprends que le violet qui dégouline des autocollants, des t-shirts, des affiches, « symbolise la neutralité politique et syndicale. » Arf. Je me suis fait niquer, une fois encore, trop con. Moi qui suis rien moins que neutre, moi qui abhorre la neutralité, je ne fus ensuite pas mécontent d’apprendre que leur « no sarko day »à la mord-moi le gland, que leur manif à base de violet à la noix, avait finalement fait un bide. La morale de cette morale pourrait être celle-ci : Guy Bedos ou sa sœur, Noël Godin ou sa mère, Siné-hebdo ou pas, à force de prendre les lecteurs pour des demeurés mémorables on finit par se retrouver un peu seul sur le pavé. Que ça vous serve de leçon, la prochaine fois pas plus de violet que de neutralité, les enfants !


     En Belgique, on ne saurait être neutre. En Belgique la police vient la nuit dans certain camping, et marque les caravanes habitées par les Roms d’une croix jaune, haute et bien visible. Sans prévenir, sans même frapper à la porte. Dans quel but ? Intimidation. Pour forcer les départs, parce qu’il est temps qu’ils s’en aillent. Pour les Roms, quel que soit le pays, le lieu, c’est toujours temps de s’en aller : les gens du voyage, ça voyage, alors ça ne reste pas ici. Les croix jaunes, c’est à Binche, en Wallonie. Ailleurs c’est moins doux, comme dans l’Italie actuelle des pogroms anti-Roms ou dans le Sarkozystan qui ne s’embarrasse guère de croix avant d’envoyer les gendarmes nettoyer les campements. A Binche, en Wallonie, les habitants trouvent choquante l’attitude de leur police : « on est tout de même pas chez les juifs », s’insurge une dame, bien mise en plis. Je vous laisse le soin de décoder cette phrase, si vous en avez le courage.


                                                                                                  Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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