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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 18:54

stukaTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Holà, mais quel cirque ces derniers jours, c’est Bouglione et Zavatta à toutes les pages, les amis ! Ce sont, partout, phrases de haut vol, voltige cependant circoncise à l’horizon des pâquerettes, quand bien même les formules grondent, certaines tout en piqué, Stuka lancés sur des cibles néanmoins repérées avec ce qu’il convient de méticulosité : c’est qu’ils s’appliquent, les nouveaux, et, pareil, les repêchés du remaniement. Sous leurs fards les clowns blancs cachent mal la nécessité dans laquelle ils sont de faire leurs preuves. Il n’est qu’à écouter le petit Baroin-oin, tout frais moulu ministre, pichenetter et descendre en torche l’énorme, l’incontournable, l’excellentissime phare de la pensée contemporaine qu’est Eric Cantona, et sa révolution bancaire : « monsieur Cantona, on le sait, est un très bon joueur de football », commence Baroin-le-chafouin. « Cependant, à chacun son métier, et les vaches seront bien gardées. » Je ne sais pas vous mais moi, j’en ai d’un coup perdu mes plumes, jusqu’à me sentir subitement bêtement ruminant.

     A peine avais-je eu le temps de mâchouiller l’herbe des prés qu’un dénommé Védrine, Hubert, repassait une couche dans le registre de l’outrecuidance, genre l’hautain qui s’assume. Ce type, dont on nous dit qu’il est né dans la Creuse, et qu’il fut ministre de la France des affaires étranges sous le règne de Jospin — toutes choses qu’on veut bien croire, mais bon… —, ce type, était interrogé à propos des révélations fournies par Wikileaks à la presse internationale — on y revient, plus bas. S’agissant de la pertinence, ou non, de l’application du principe de transparence, Védrine crut bon de préciser qu’ «on ne parle pas aux enfants comme on parle aux grandes personnes. » Je ne sais pas vous, mais moi, j’en suis comme sur le coup retombé en enfance, jeune autruchon pubère s’ébrouant dans la brousse, innocent, ignorant : un con. C’est assez ce que nous sommes, pour ces gens, vous ne croyez pas ? Des vaches, des enfants. Autrement dit des cons, qu’on promène en troupeau.

     Il est d’autres troupeaux, pour les Védrine, Baroin et consorts, au hasard : l’Afrique et ses peuples. Il n’est qu’à lire les commentaires concernant, en ce moment, la situation ivoirienne, pour mesurer dans quel mépris ces peuples continuent d’être tenus par cette espèce d’instituteur père fouettard profiteur mégalobarbouzard qu’on appelle l’occident. « Gbagbo, Ouattara, en tout cas la communauté internationale a fait son choix », claironnait l’autre soir ce trouduc de Delahousse, journaleux au brushing parfait, sorte de Baroin mais en blond. Kézako ce machin, la « communauté internationale » ? Est-ce le Swaziland, la Serbie, l’Argentine, le Kazakhstan ? Que nenni mon copain, nous savons tous ce que recouvre cette appellation contrôlée — de près, de très très près—, comme nous savons ce que signifie l’information selon laquelle elle aurait fait « son choix ». Reste à vous y plier, les nègres, parce que pas question que vous nous emmerdiez plus longtemps avec vos histoires locales, les affaires sont les affaires et donc, vos affaires sont nos affaires, le bizness attend pas, compris?                                                                                                             

     Cependant, et pour la grande joie des enfants-vaches-autruches que nous sommes, un petit caillou vient parfois se glisser dans les Rangers de cette « communauté internationale », gourgandine à deux sous la passe. Ça la grattouille, la pauvre, puis ça lui blesse le talon, ce qui est déjà ça. Le caillou du moment se nomme Wikileaks. En voilà du wiki sympa, du comme on l’aime, du bon petit web 2.0 prompt à semer sa zone, du craquage top niveau aussi, de celui qui fait suinter les gouvernementales aisselles ! Wikileaks balance tout azimut depuis deux semaines, et si par lui on apprend que Sarkozy est jugé par la diplomatie américaine comme « autoritaire, susceptible et imprévisible»  — allons donc… — ce n’est pas, et de loin, l’essentiel : d’autres secrets d’alcôves autrement plus embarrassants furent également publiés, d’où les cris d’orfraie émanant de tout ce que les réceptions de monsieur l’ambassadeur compte comme langues bien fourchues, cependant habituées à ne s’agiter qu’en loucedé. Et d’où l’arrestation, hier, du fondateur du site, lequel avait aux fesses rien moins qu’Interpol, s’il-vous-plaît. Depuis, ça gueule moins, cependant ça eut gueulé. Pour Sarkozy, évidemment, vu qu’il est dit trop de vilain et du pas beau sur lui, Wikileaks a atteint « le dernier degré de l’irresponsabilité. » Et c’est rien de dire qu’en la matière, Sarko maîtrise le sujet. Quant à son valet de pied, par ailleurs ministre de l’intérieur, il estime que « parfois, la transparence est une forme de totalitarisme. » Bigre! Il faut croire que dans l’esprit malade et quelque peu schizo d’Hortefeux-de-Bengale, tout doit dépendre à qui cette transparence s’applique. Car enfin, n’est-ce pas lui et ses complices, partisans du fichage, de l’adn-isation de la population, de la vidéosurveillance et du flicage sans restrictions qui demeurent, il me semble, les premiers supporters, et ô combien farouches, de ladite transparence ? Mais il suffit que quelqu’un vienne renifler leurs chaussettes pour que, subitement, ces baltringues s’en offusquent…

     Leur pire cauchemar? Un Wikileaks « à la française ». Aussi vont-ils, dans l’affolement, revoir la sécurisation de leurs communications. D’ici là, on aura sûrement l’occasion de rigoler encore, en lisant le contenu de notes fuitées comme on dit, car vu le retard pris en matière de « sécurisation », elle est pas pour demain la veille : selon un conseiller de not’président, « il faut trouver notre Samuel Morse. » Et pour l’envoi des pneumatiques, c’est Géo Trouvetou qui s’y colle ?

     Une, qu’il conviendrait de « sécuriser » de toute urgence, c’est la Royal Ségolène. Elle n’a pas pu se retenir, la voilà donc candidate à la candidature, et ceux qui la pensaient quelque peu sous contrôle en sont tout retournés. Pour autant, l’allumée poitevine n’a pas agi sur un coup de tête, ni même de menton, non non. Il s’agit là, qu’on se le dise, d’une décision réfléchie, et pas seulement par son miroir. « J’ai beaucoup consulté », précise ainsi Ségo, sans dire si le psy prenait cher. Ni s’il avait Montebourg, également, comme patient, Montebourg, à qui un journaliste demandait l’autre jour la nature de son programme, et qui eut cette réponse, abracadabrantesque en diable : « tout est dans le livre que j’ai écrit il y a quelques mois, etd’ailleurs, on me dit qu’il est lu. » Les mauvais esprits demanderont le nom et le prénom du lecteur, nous, on en restera là concernant le Ps, étant bien entendu qu’un kilomètre à pied, ça use, ça use. Après une campagne d’un an et des brouettes sans roues, faudra voir l’état des souliers.

     S’il convenait de rassurer les marcheurs en chaussures à clous du Parti socialiste — mais, en ce qui concerne l’autruche, il convient rien du tout, queue dalle, que les sociaux-traîtres s’embrouillent, se débrouillent, continuent de s’empêtrer, de s’emmêler, de s’emmerder au sens premier du terme, peu lui chaut, ah ah, peu lui chaut !— s’il fallait, donc, leur fournir quelque chose comme une lueur, un espoir, un truc genre sortie de tunnel sur l’A86 eh bien, oui, nous avons ceci en magasin : le 30 novembre dernier Sarko avouait à des parlementaires : « je suis là pour deux mandats, pas plus. Après, ce sera plus tranquille, ce sera la dolce vita. » Plus tranquille pour nous ? Peut-être. Dolce vita pour lui c’est sûr, à la mode Berlu hein, son modèle dans la vraie vie : du fric, de la came et des putes.

       Quoi qu’il en soit les fiers candidats du PS, qui ainsi risquent fort de devoir attendre cinq ans de plus, doivent voir là leur salut : Nicolas Sarkozy ne sera pas candidat en 2017 —il l’a promis à sa greluche. Cinq ans, ça passe vite. Non ?

     La dolce vita, disait-il : elle ne saurait être à l’ordre du jour pour les smicards et smicardes, au nombre de près de 4 millions, soit 16 % des salariés au pays du « gagner plus ». Le traditionnel « coup de pouce » du premier janvier se limitera, une fois de plus et pour la cinquième année consécutive, au minimum légal, soit 1,6 %. Bonheur d’entre les bonheurs, le Smic devrait donc franchir, au matin de la nouvelle année, la barre symbolique des 9 euros bruts de l’heure. Merci qui ? Merci mes couilles, oui, en net ça donne un fier salaire de 1080 euros. Vous avez dit bonnes fêtes ? Bonnes fêtes pour qui, au juste?

     Il y a pire, il y a toujours pire : il y a plus gravissime encore, il y a qu’on continue à tuer dans ce pays, il y a que les flics, quand ils ne flashballent pas, tasent. Dépêche de l’agence Reuters, le lendemain du drame de Colombes: « le Malien victime du Taser est décédé par asphyxie. » Il serait donc mort d’avoir cessé de respirer, merci pour cette info cruciale. Par ailleurs, et selon le parquet de Nanterre, « il n’y a pas, à ce stade, de cause certaine et absolue » concernant son décès. Il était sans papiers. Il avait la flicaille au cul. Il s’est pris deux décharges. Ça nous fait déjà, ça, trois causes, aussi absolues que certaines.


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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