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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 22:29

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Râles autruchiens en masse glavieuses, montant des bronches engoudronnées, ça crache, ça tousse, ça éructe, je l’ai eu, oui, me voilà grippo-dépucelé ! C’était la semaine dernière, et, du haut de mes 40 degrés j’étais foutrement alité. Grippe A dites-vous ? Même pas certain. En réalité les toubibs ne se donnent plus la peine de faire passer le test, de sorte que jamais vous ne saurez ce que vous avez vraiment choppé. Pas pratique mais, finalement, je m’en cogne un chouia. Le modèle en dessous, moins cher, la banale grippe de base m’a suffit, croyez- moi. Assez méchante comme ça.


     Méchante, au point de me tenir à l’écart des actualités, c’est tout dire. Incapable que j’étais de me concentrer sur rien, à peine ai-je jeté un œil à la presse qui m’était livrée au pied de mon lit de douleur par ma chérie, c’est re-tout dire — livrée, la presse, jusqu’au jour où ladite chérie s’enfiévra à son tour, et que la chambre se transforme en sanatorium minimal, aux couleurs du toussent ensemble, toussent ensemble, eurk, eurk ! Cependant, étalés aux Unes, les titres claquaient comme autant de délicieux coups de grisou, et rassérénaient mon vieux cœur : Chirac, renvoyé en correctionnelle, 18 mois avec sursis requis contre Villepin, Pasqua Charles condamné à un an de prison ferme… Qu’est-ce qui s’était passé tandis que je délirais sous les assauts viraux ? Quoi, la justice se réveillait et faisait enfin son travail ? Las ! A y regarder de plus près, il ne s’agissait une fois encore que de rodomontades et gesticulations de prétoire, destinées à  donner le change, à encourager la croyance populaire et bonasse en une justice qui, on ne sait par quel miracle, aurait cessé d’être de classe. Nous verrons, d’ici quelques mois, ce qui restera de ces bravades. M’est avis qu’avant que Chirac ne goûte à la paille des cachots, les autruches auront des molaires.


     Tout ce foin aura eu comme vertu, certes mineure, de réveiller l’ogre Pasqua. Ce n’est pas tant qu’il nous manquait, c’est plutôt qu’on le pensait politiquement mort. Dont acte. L’affreux bouge encore. « Vous croyez que j’ai peur ? », brame Shrek. En vérité le bonhomme exhibe ses crocs burinés au Ricard on the rock mais il ne mord plus guère et : oui, tout laisse à penser qu’il a peur. Pourquoi, sinon, se répandre ainsi, tonner, menacer et gémir ? « Je m’emmerde un peu d’habitude, alors, quand on m’agresse ça me réveille », plaisante Fernand-des-Hauts-de-Seine. Au-delà de la galéjade, perce néanmoins, chez le parrain, une fébrilité certaine. « Vous savez comme moi que les gens sont méchants », geint-il. Méchants avec Fernand, oui, pour la simple et bonne raison que Fernand ne représente plus rien.   


     Et Chirac, me direz-vous ? Silence radio du grand Jacques, qu’on imagine cependant pour le moins accablé. La vieillesse a beau être le naufrage que l’on sait, certains de nos gâteux rechignent à sombrer corps et bien en les eaux saumâtres et cradingues de la corruption avérée. Chirac, est assurément de ceux-là. Son orgueil est comme son foie : passablement atteint. Mais, aux pasquaïennes pitreries, il préférera  toujours l’absence de réaction. Parce que ça vous campe un bonhomme, parce qu’il n’aime rien tant que faire un peu son De Gaulle, le Jacques. Une stratégie de défense qui risque malgré tout, dès la première convocation devant le premier tribunal, de faire, comment dit-on ? Ah oui… Pschiiiit.


     De Villepin, pour sa part, est content. Quasi condamné, mais content. Il pense même se présenter aux présidentielles de 2012, en tant qu’«alternative républicaine. » Hi hi. Quitte à ricaner de plus belle, conseillons-lui de faire un stage chez son pote Ben Ali, lequel s’y connait en matière de suffrage. Réélu pour un cinquième mandat avec le score brejnévien de 89,62 %, le patron de la Tunisie s’est vu « félicité pour sa victoire », et « assuré d’un total soutien » par Sarkozy himself. Un modèle, pas de doute, ce Ben. Reste à savoir pour qui. Mais en attendant de, peut-être, et pour la première fois de sa petite vie, se présenter aux élections, Galouzeau de Villepin s’occupe en pondant des bouquins. Puis, à l’instar de tout ceux qui comptent ou espèrent bien compter un jour, il s’est mis en tête, le petit homme, de sauver la planète. « L’écologie me préoccupe. D’ailleurs, ces derniers mois, j’ai écrit un livre qui raconte l’histoire d’un arbre. » Waow, vite, son titre ! Des racines et des glands ?


     Chut chut, ce n’est pas le moment de dire du mal du végétal ! Sarkozy, encore lui, a redécouvert ses vertus et, enfourchant son grand dada de pétainophile impénitent, s’en va défendre le Sol, valeur ultime s’il en est. « Le mot terre a une signification française, et il ne me fait pas peur. » Oui, et ? Envolée à ce point obscure qu’on en est réduit à se dire que Sarko, désormais, écrit lui-même ses discours. Qu’importe, au demeurant, la terre, l’essentiel dans cette sotie n’est-il pas de nous rappeler que supersarko même pas peur ? Peur de rien, sans reproches aucuns, quand bien même selon l’aboyeur royal j’ai nommé Frédéric Lefèbvre, « le monde médiatique cherche par tous les moyens à détruire le président de la république. » Rien de moins. Jean-François Copé, pour sa part, sifflotant le même refrain, a vu ces derniers temps se dérouler dans les médias « des campagnes d’une violence absolument inouïe. » Pourquoi soudain ce cœur de pleureuses, léchouilleuses de talonnettes ? Parce que fut blackboulé  prince Jean ? Vous verrez qu’un jour ces gens-là, pour peu que leur héraut perde les élections, viendrons dénoncer la violence absolument inouïe des électeurs ayant cherché à le détruire. Par tous les moyens, s’il vous plaît. 


     Pour rester dans le registre du martyrologue appliqué au cloaque sarkopétainiste, écoutons Eric Besson expliquer le succès de sa politique de puant : « si il y a un pays où les thèses de l’extrême-droite ne relèvent pas la tête, c’est bien en France. Demandons-nous pourquoi. » C’est ça, oui, demandons le nous. D’autant que se le demander, c’est déjà y répondre. Si le Front National, pour ne parler que de lui, peut sembler ces temps-ci comme mis sous le boisseau, c’est précisément car ses thèses constituent l’ossature politique et philosophique du sarkozystan au pouvoir. Quoi, qu’est-ce qu’il y a, Besson ? « Moi aussi, je suis de sang-mêlé ! », beugle le ministre à l’intention de l’un de ses contradicteurs, d’origine maghrébine. Sang-mêlé… Comme en termes élégants le racisme ordinaire, en cet instant, s’exprime…

                                                                                             
                                                                                      Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

Pangloss 08/11/2009 10:48


A force d'éternuer, l'autruche a toussé!


Pangloss 07/11/2009 19:50


Si Chirac et Villepin vont en prison, je m'inscris à l'UMP!


Quand l'autruche eternue... 10/11/2009 12:51


Dans ce cas c'est pas demain qu'on verra Pangloss à l'ump!!... Chirac, Villepin en prison: et pourquoi pas Pasqua pendant que tu y es !
amitiés,
Ladrisse 


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