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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 19:31

crs blackaterreTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le feuilleton de l’été n’en finit plus de dérouler sa pelote nauséabonde sous mon nez qui, bien que délicat, est à peine surpris par une telle fétidité, dès lors qu’elle émane de cette aberration qu’on nomme ministère du travail (à quand un ministère de la schlague et du tripalium ?) Woerth, donc, l’homme au nom de gâteau bavarois, eut à peine le temps de souffler, de se dire « enfin blanchi » par les pauvres quinze pages du rapport fourni par les services de Bercy —autrement dit par ses copains—, de s’avouer « énormément soulagé », d’ajouter « je me sens un peu mieux, enfin on me croit ! » que patatras : quelques garde-à-vue plus tard, le voilà lâché par ce fayot de Patrice de Maistre, gestionnaire de la macrofortune Bettencourt, de Maistre, qui a mangé son chapeau le ruban y compris en avouant avoir embauché la femme du ministre sur demande d’icelui. Woerth, bien entendu, et comme à son habitude, nie. « Ma femme a rencontré son patron dans le cadre de son ancien travail », s’est-il défendu, « c’était dans une banque. » On ne saurait, sur ce dernier point, remettre en question la parole de ce Pinocchio de compétition : les banques, il semblerait que madame y passait ses journées. Il n’empêche que son ministre de mari ne décolère pas : « on est totalement dans le surnaturel », s’est-il exclamé l’autre jour. Pas faux non plus : dans cette affaire, La quatrième dimension et autres X-files sont depuis longtemps enfoncés. Un autre exemple ? Interrogé sur sa possible démission du poste de trésorier de l’Ump (car, aussi curieux que ça puisse être, Woerth-le-pied-nickelé occupe toujours cette fonction), il a répondu : « je verrai. Je vais y réfléchir. » Autrement dit Sa Seigneurie fera selon son bon plaisir, et vous pisse à la raie, manants !


     Puisqu’on nage en pleine délinquance, écoutons ce qu’en dit Horte-boute-feux, le Filochard du Sarkoland : « il y a une réalité simple et claire dans ce pays : les voyous et les délinquants n’ont pas d’avenir, car la puissance publique finit toujours par l’emporter. » Songeait-il, en cette sotie, à son collègue Woerth autrement appelé Ribouldingue ? Que nenni. Hortefeux-de-paille parlait de Grenoble. De Grenoble, il parlait, entouré de tout ce que la puissance publique compte en matière de spécialistes de la guéguerre urbaine et autres brigades anti-émeute. Grenoble, ces temps-ci, semble être leur nouveau terrain de jeux. Depuis que Karim a été abattu par les flics — il venait d’attaquer un casino de la région, ce qui, bien entendu, mérite la peine de mort —, le quartier de la Villeneuve est le théâtre, comme disent les cons, de scènes d’une rare violence, comme les appellent les nazebroques. Comme c’est désormais la coutume depuis Villiers-le-Bel (voir plus bas), les cognes se plaignent d’être la cible de « tirs à balle réelle. » Eux débarquent Famas à l’épaule, prêts à viser les têtes, mais aimeraient que les mômes en face ne soient armés que de sarbacanes. Ce que veulent les poulagas ? Dégainer sans danger, mitrailler tranquilou à l’abri de leurs véhicules blindés. Ce qu’ils veulent aussi, c’est la guerre, en finir une bonne fois pour toutes. Ainsi Brigitte Julien, directrice là-bas de la sécurité publique, déclarait que « la nuit, l’objectif est de faire des prisonniers. » Non pas de procéder à des interpellations, mais bien de faire des prisonniers. Comme à Bagdad, quoi. Or, c’est de notoriété publique, quand on parle de faire des prisonniers c’est pour, un peu plus tard, s’autoriser à ne plus en faire. Vas-y Rambo, no prisoner ! 


     Rambo, dont le cœur bat sous tout ce qui porte l’uniforme, était-il également en faction sur le barrage de gendarmerie, du côté de Saint-Aignan ? Quoi qu’il en soit c’est là que fut tué Luigi, 22 ans, un jeune appartenant à la communauté du voyage, comme disent les trouducs, après qu’il eut refusé de se soumettre à un contrôle, car il conduisait sans permis — ce qui, bien entendu, mérite aussi la peine de mort. Bon, d’accord, ça a un  peu énervé ses copains — ils s’emportent pour un rien, ces gens-là, du voyage —, ils ont débarqués à cinquante dans la riante bourgade, attaqué la gendarmerie, défoncé une vitrine, tronçonné trois tilleuls et mis à terre quelque feux de circulation. Pour Philippe Galli, le préfet, ces incidents « ne seraient pas complètement fortuits », et risqueraient même d’être liés à la mort du jeune homme. Mazette, quelle capacité de déduction! Quoi qu’il en soit, devant un tel déchaînement de violence — comme disent les bâtards du 20heures—, le général de réserve Mignaux décida de déployer dans la commune rien moins que 300 gendarmes, rambo-isés à mort. La chasse aux voleurs de poules va pouvoir commencer.


     On attendra, pour sonner le cor, que le décidemment suractif Hortefeux-de-broussaille soit venu faire son petit tour sur place, qu’il ait feint d’écouter très attentivement et devant les caméras la souffrance des gendarmes du cru — lesquels, lors des évènements, se sont tout de même fait voler un tuyau d’arrosage —, puis qu’il ait déclaré devant le clocher que les voyous, dans ce pays, n’ont aucune chance à part Woerth, avant de remonter dans son Supercopter direction les Seychelles, le soleil, les vacances, la mer. Bon repos, Hortefeux-nouillard !


     Et pendant que le rouquin bronze —que mille cancers de la peau brunissent sa carcasse !—, d’autres croupissent à l’ombre, pour quelques années : le 4 juillet dernier, les cinq inculpés suite aux émeutes de Villiers-le-Bel, écopaient d’un total de quarante ans de prison, ferme et sursis compris, avec des peines de ferme s’échelonnant de 3 à 15 ans. 15 ans de tôle, pour avoir soi-disant tiré sur la poulaille. 15 ans, alors qu’il n’y a pas eu un mort. 15 ans, à la suite d’un procès mené à charge, devant une salle peuplée de policiers ricanant, et avec, pour seule preuve, quelques témoignages sous X, ce qui est bien pratique. C’est qu’il fallait faire des exemples, la maison poulaga réclamait de voir tomber des têtes après s’être couverte de ridicule en chiant dans leur froc sous le feu d’une chevrotine. Le trouillomètre à zéro, ces pleutres exigent désormais de n’affronter que des voleurs préalablement désarmés, parce qu’une décharge de gros sel dans le cul ça peut faire bobo au policier fessu. 15 ans fermes, pour un tir. De quoi vraiment regretter d’avoir raté sa cible.


     De combien écoperont les flicards meurtriers de Karim et Luigi ? D’un blâme, d’une mise à pied ? Mise à pied, certainement pas, ça risquerait de déplaire aux syndicats de keufs. Une remontrance, peut-être ? Attention à n’être pas trop dur, c’est sensible un poulet. Ou alors ils seront mutés quelque part dans le 93, à Villiers-le-Bel pourquoi pas, ce qui passera pour une sanction mais qui au moins leur permettra de s’exercer au tir sur cibles mouvantes et arabe, ou du voyage, de préférence.


        


                                                                                           Frédo Ladrisse


 (Tête dans le sable et fesses au soleil, ou l’inverse, l’autruche prend quelques semaines d’un repos pas mérité du tout, mais justement c’est les meilleurs. Tcho et bise, on se retrouve mi-août)               

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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