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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 19:56

images-copie-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Cette fois ça commence à suffire, si ça dure va falloir que ça cesse, marre, ras les fesses du Big Bazar ! Eric Charden est mort et tout le monde s’en tamponne, n’a d’yeux que pour les deux canassons concourant dimanche, merde alors ! Où va le monde, on se demande… Pour ma part, saturé jusqu’à l’agonie de meetings-débats-portraits-analyses-reportages, je guette rien moins qu’une façon de libération le 6 mai au soir, immense soulagement tel celui ressenti par le pauvre spectateur d’une pièce de mauvais théâtre, et qui dure, qui dure, sans qu’il puisse quitter son siège. Otages, nous sommes, de la campagne ! Marre ! Assez, je dis : assez ! Ça suffit ! Mais, comme dit la chanson, quand c’est fini ni-ni-ni-ni ça recommence, et du lundi jusqu’au dimanche, et des présidentielles aux législatives à venir ! Entre les deux représentations, on amusera la galerie des miséreux que nous sommes avec de grossiers numéros, qui à Matignon, ralala, mais qui donc ? Et qui, au secrétariat d’Etat aux anciens combattants ? C’est bien ce que nous sommes, tiens, des cons battus d’avance, mais bordel on se réveille quand ?? Abstention, abstention !! On y reviendra.

     «Vous voulez engager 60 000 fonctionnaires, comme si y’en avait pas assez ?», commence Sarkopen lors du fumeux débat qui paraît-il, était censé aider l’électeur de base à faire son choix. Foutrerie, le talonetteux sait tout à fait devoir ne rien attendre des fonctionnaires en terme de voix, alors que taper dessus n’est-ce-pas, peut toujours lui ramener celles des Dupont-Lajoie pour qui y’aura toujours trop de fonctionnaires, trop trop trop, même si ils trouvent, dans le même temps, que y’a pas assez de flics, pas assez d’infirmières, pas assez de prisons… Et leur héraut d’enchaîner, plus maréchaliste que jamais : « la lutte des classes, c’est terminé, le marteau et la faucille, c’est fini ! » Si tu le dis, bouffon… Déjà, au Trocadéro le 1er mai, ce psychopathe égocentré avait beuglé « je ne veux pas de la lutte des classes!» Pourtant, il nous l’aura grandement nourrie, cette lutte, en cinq ans d’exercice d’une droititude exemplaire, qu’il en soit bien remercié quand bien même, dimanche soir, il prendra le marteau sur le pied et la faucille dans le cul. « Posez le drapeau rouge », ordonne-t-il, aux syndicats. Mais ce sont ces mots qu’il nous faut pour plus vigoureusement encore lui agiter sous le nez, et, comme disait un pote, drapeau rouge n’énerve que bête à cornes, ah ah ! Ça va Carla, ça s’amuse bien, en ces longues soirées esseulées ?

     Quoi, je calomnie, je diffame ? Bof. Banales activités élevées, en ces temps, au rang de pratiques nationales. « Dire que nous avons fait des cadeaux aux riches, c’est une calomnie », s’étrangle sur le plateau le futur battu. Autre pratique, fort répandue en l’enceinte du grand guignol : le foutage de gueule, si possible généralisé. Au sujet de l’immigration, ce Pétain de pacotille estime que « nous avons accueilli trop de monde en France. » Formule lui permettant, quand lui sera reproché d’avoir repris l’antienne lepéniste « trop d’immigrés chez nous », d’affirmer Non non non, mensonge, je n’ai jamais dit ça. Certes. Mais tu auras dit pire. Cependant, le summum du delirium tremens est atteint il me semble quand ce schizophrène ose se vanter, « durant mon quinquennat, il n’y a jamais eu de violences en France. » Et les Roms, et les rafles, les expulsions massives, les camps de rétention, les centaines de milliers de chômeurs supplémentaires, les suicides au travail, les « restructurations » diverses et variées, … ? En face, Flanby admet, « oui, pas violences, et heureusement. » Pfff… Pas une parole, lui non plus, sur la tziganophobie qui continue de frapper (deux évacuations de campements ce jour-même, en région parisienne), sur les rafles de sans-papiers, aucune alternative ne semble être prévue par lui à ces agissements exécrables. Nul doute, dans ce domaine, tout va continuer, comme avant, et avant de balancer connement que, lui, avait l’intention de « protéger les enfants de la République » (et les autres enfants, ils peuvent crever alors ?), Hollande prend soin de préciser que si il est élu « il n’y aura pas plus de régularisations qu’avant. » Nous voilà prévenus.

     Donc, mais abstention merde alors ! Rentrez pas dans ce jeu malsain copains, copines, il vous en coûtera sinon en matière de rongeage d’ongles, d’arrachages de cheveux, de tête contre les murs et d’amertumes ouvrant sur de furieux ulcères. Et comme un long discours vaut mieux qu’un plus petit, ci-dessous un texte autruchien rédigé il y a peu, au sujet de l’abstention. Bonne pêche !

     « En ces temps d’élection, où se multiplient les signes troubles et que prolifèrent les grilles de lecture absconses, il semble nécessaire d’opérer un retour à quelques idées simples. Qu’est-ce que le vote, finalement ? Le vote est une institution, au même titre que le mariage, l’armée, le père Noël. Comme toute institution, le vote cherche à s’imposer de manière brutale et arbitraire au plus grand nombre. Comme toute institution, le vote n’est jamais qu’un leurre au service du pouvoir politique, économique et religieux. Une liturgie opère ici, qui voit se former, devant les urnes, la longue queue des dévots quêtant l’onction républicaine. Et c’est tout un clergé qui véhicule la croyance selon laquelle les pouvoirs dont nous parlions plus haut auraient pour origine la volonté du peuple. Or, pour tout esprit aiguisé et un tant soit peu informé, il ne peut s’agir, au mieux, que d’une vaste plaisanterie. L’abstention, pour sa part, n’est pas un dogme. Nulle croyance, nulle liturgie d’aucune sorte n’y est attachée. L’abstention, échappant à l’ordre du religieux, se place d’emblée du côté du rationnel, du concret. Par l’acte de ne pas voter, nous voulons seulement affirmer notre refus de la démocratie de représentation, au sens théâtral du terme. L’abstention, dans ce sens, est une morale en pratique. Une façon, simple et claire, de marquer le rejet d’un système qui voit l’esclave choisir son maître, et lécher le fouet qui le blesse. Certes, il n’est pas aisé de se proclamer abstentionniste. Certes, nous sommes au mieux mal compris, au pire accusé de lâcheté (au nom du principe imbécile selon lequel ne pas voter c’est ne pas exister). Au terme d’un processus de conditionnement général appelé « campagne électorale » il est quelques fois difficile d’échapper à l’appel aux urnes. Car s’abstenir, ne pas voter, c’est comme faire un pas de côté. C’est regarder les comices, de loin, sans y participer. Une démarche de bon sens, en somme. Il nous suffit de l’assumer. »

 

                                                                                                     Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

Florence 05/05/2012 11:12

Etre abstentioniste, ce n'est pas compliqué, c'est facile a suumer aussi, il suffit d'etre convaincu de son bon droit de refuser cette mascarade, et je l'ai pratiqué sans remord pendant des années,
jusqu'au jour ou j'ai vu debarquer le FN au second tour.

La leçon a retenir, c'est qu'il vaut mieux choisir le moins mauvais que laisser place a l'extremisme.

N'appelez pas a l'abstentionnisme, dans ce contexte, c'est un crime contre l'humanité

Quand l'autruche eternue... 08/05/2012 21:22



Un "crime contre l'humanité", carrément... Au second tour en 2002, je n'ai pas plus voter qu'au premier, Le Pen ou pas. Par contre, moi, si Le Pen passait, je prenais le maquis dès le lendemain,
contrairement à l'immense majorité des gentils z'électeurs.


Et je n'ai pas oublié, moi, que ce sont les urnes qui ont conduit Hitler au pouvoir.


Ladrisse



Mom 04/05/2012 20:50

La vraie citation est : "si ça continue, faudra qu'ça cesse ! (HFT, pour les intimes, les autres, vous n'avez qu'à chercher)
Ouaip, voter blanc - Avis aux amateurs - pour avoir dépouillé (le mot en dit long) aux dernières élections, j'ai sorti la tête de mon trou (moi aussi, ça m'arrive). Mettre une enveloppe bleue sans
bulletin dans l'urne, c'est pas blanc, c'est NUL. Pour voter blanc, il faut confectionner (nan, nan, pas un cocktail Molotov), mais un papier blanc de la taille exacte d'un bulletin (facile, on les
a reçus).
Quelle différence, au bout du compte ? Aucune. Blancs et nuls sont comptabilisés ensemble, et n'ont fait part, à ma connaissance, d'aucun débat, d'aucun compte, c'est comme si on n'existait
pas.
Et là, il est trop tard pour exiger de nos (?) candidats qu'ils s'engagent à ce que le vote blanc soit comptabilisé pour ce qu'il est, un déni des personnes engagées. Majorité au vote blanc : tous
les candidats se retrouvent sur la touche, et n'ont plus le droit de se présenter - à aucune élection - le peuple (nous) a (avons) décidé du changement
Merci l'autruche de nous retirer le sable des yeux

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