Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 18:54

index-copie-1.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Un matin comme ça on est bien, on se lève un peu tard, le café infuse tranquille, mais: on allume la radio. Geste fatal, brisant net toute velléité de tartine, puisqu’à  l’autre bout des ondes cause l’indicible Finkielkraut. Philosophe, écrivain, courtisan à bretelles du sarkozystan-pour-mille-ans, ce gars a des idées sur tout, et surtout...  Il vient là vendre son dernier livre, mais il prévient d’emblée avoir « hésité à le publier :  j’avais peur d’ajouter du bruit au bruit. » L’auteur, donc, hésita, mais juste ce qu’il faut : son opuscule est en vente libre, dans toutes les mauvaises librairies. Le sujet de la chose ? « En France, il y a un sentiment qui monte. » Bigre. « En France, il y a un sentiment qui monte, qui est une francophobie très présente. Il faut faire face à cela. » Nous voilà renseigné. Charles Maurras est dans la place, qui  agite ses mains en tous sens, semble parcouru de frissons, tremble des pieds à la crinière à la manière d’un pantin tout à fait déglingué. Quand, passage obligé, il se met à parler des Roms, on peut le voir qui bave, un peu : « tracer une analogie entre le renvoi chez eux, avec indemnité [c’est l’autruche qui souligne], d’un certain nombre de citoyens et la déportation dans les camps de la mort, c’est abolir l’existence même des camps de la mort. »  Putain d’envoi n’est-ce pas, uno ladite indemnité changerait la donne et rachèterait, c’est le mot, l’acte odieux qu’est toute expulsion, pour ainsi dire, l’humaniserait ? Or, si l’argent n’a pas d’odeur, c’est rien de dire qu’il y contribue. Deusio, le fait de s’insurger contre les rafles anti-roms ferait de nous autant de pourritures négationnistes ? L’argument est usé jusqu’à la corde et raboté telle une poutre ayant soutenu des générations de pendus. Une rafle est une rafle, quelle qu’en soient les victimes, et ce qui fut nommé épuration ethnique par exemple lors des guerres de Yougoslavie, s’applique à la France de 2010. L’Europe, par la voix de Viviane Reding, l’a clairement rappelé. Cependant, pour Finkiel’ « il n’y a rien de plus humiliant pour la France aujourd’hui que de comparaître devant cette maîtresse d’école allumée. » Rien de plus humiliant, vraiment ?

 

     Le café est passé, il est désormais dans la tasse, mais sur les ondes l’ultra ne se calme pas pour autant. Le voici endossant le costume du petit juge: « je pense qu’il n’est pas moins grave d’assassiner un policier, un gendarme, que de commettre un acte terroriste. » D’un côté des dizaines de victimes innocentes, de l’autre un personnage ayant, lorsqu’il endossa l’uniforme, accepté les risques inhérents à ce métier bizarre: poulet. Pour le philosophe, cependant, aucune différence notable. En guise de conclusion ce courtisan à la petite semaine estime devoir préciser que « le problème aujourd’hui en France, ce n’est pas Nicolas Sarkozy , le problème c’est cette violence-là, qui ne cesse de monter, ces agressions quasi quotidiennes contre les détenteurs de l’autorité publique. » Nul doute qu’avec une langue à talonnette si bien pendue, Finkielkraut a toutes les chances de finir sous-préfet du canton de Sigmaringen.

 

     Dans le pré carré nazillardon des ultimes impénitents nourris de sarkopétainisme, Finkiel’ côtoiera certainement Hortefeux-à-volonté, lequel, la semaine dernière, s’est illustré en soutenant le flic tueur de gitan, celui de Saint-Aignan. « Je tiens à manifester publiquement mon soutien moral et matériel à ce militaire aujourd’hui dans l’épreuve », susurra le bougnat, comme si c’était le gendarme qui s’était fait descendre et le « gitan » lui, bien vivant. Puis le ministre de préciser que « l’agent bénéficiera de la protection juridique de l’Etat. » Ce qui est tout dire, et tout avouer, en matière de justice.  Il y a deux semaines, un de ces cow-boys sortait comme ça libre de son procès, après avoir tiré à sept reprises, sept !, sur un de ces gitans, lui pourtant menotté et entravé à la cheville. En ce moment, les « gens du voyage », comme disent les préfets, les flics et les gadjés, ont tout intérêt à voyager rapidement, à se déplacer vite, à courir entre les arbustes, histoire d’éviter les balles.

     Connaîtrons-nous un jour un homicide gendarmesque pour cause de facebookisme outrancier? Rien n’est plus certain, depuis qu’un jeune breton a été condamné à trois mois fermes, oui trois mois, et oui fermes, et trois mois de réelle prison pour avoir, dans le monde virtuel, insulté ces connards pas virtuels eux, du tout. Il paraît qu’il aurait aussi incité ses amis à baiser les femmes des poulets — ce qui, entre nous soit dit, revient à leur rendre service. Mais voilà, c’est toujours pareil : à trop se montrer généreux avec les représentants de la faiblesse publique, on finit en cabane ! C’est à vous dégoûter des Brigitte, tiens, femmes de flics.

 

     D’autres n’eurent pas, ce week-end, à introduire leur pénis dans le vagin d’une madame Cruchot pour finir malgré tout en tôle. A Bruxelles, lors d’une manif syndicale tout à fait bon enfant, la Brigade des Clowns fut embarquée préventivement, puis des militants bastonnés, traînés à terre et arrêtés, en plein cœur des cortèges (voir la vidéo, plus bas). Celles et ceux ayant croisé la Brigade des Clowns connaissent leur dangerosité : déclenchant le rire des passants au détriment des forces de l’ordre, ils ridiculisent l’uniforme ce qui, bien entendu, ne saurait être toléré, et mérite la cabane, au moins. Dans l’eurosarkoland d’aujourd’hui et surtout d’après-demain, se foutre de la gueule de ces trous du cul de flicaillons vaut outrage, très insupportable, par conséquence peine de prison. Une question, dès lors, se pose, dont nous connaissons la réponse : où glisse une société protégée par une bande de cocus dont le principal du métier est de mettre aux arrêts les clowns ?        

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.

 

 Bruxelles, la manif :  

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article

commentaires

radaze 07/10/2010 21:18


Salut! Ah! putain! l'autre là "les policiers sont des travailleurs", j'y crois pas,quelles bandes d'ordures,"les policiers sont des travailleurs", c'est dramatique...travailleurs mes couilles!!!
vive l'anarchie et sortons les outils bordel!!


Présentation

  • : Quand L'autruche eternue
  • Quand L'autruche eternue
  • : "Hommes/femmes politiques, journalistes au petit pied, philosophes du dimanche ou stars à la ramasse: tous sèment des perles de bêtise, sans se douter que, dans l'ombre, l'autruche les note, les commente, s'en gausse, et recrache le tout sur ce blog."
  • Contact



Publication aléatoire,
inscris-toi à la newsletter pour être informé des
 nouvelles publications.

Rechercher

Vieux Trous

'autres qui font des trous

  
 

images-copie-43.jpg

LIEN-ZONA-YAROST.jpg

LIEN-FA-CLAAAAAASH.jpgLIEN-COLLECTIF-CONTRE-CULTURE.jpg

LIEN DIONYVERSITElien-maldoror.jpg

LIEN-EDITIONS-DU-ML.jpg

lien-Publico.jpg

lien-radio-libertaire.jpg

LIEN ML