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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 09:43

images-copie-36Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? « Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs », pleurnichait le gars Chirac en 2002, à Kyoto. 7 ans plus tard, au vu du fiasco de Copenhague, le moins qu’on puisse dire est que le brasier bat son plein. Pour autant, évitons de nous couvrir la tête de cendres. Ce n’est pas parce que la planète est guidée par une bande de pleutres totalement largués et pour lesquels le monde s’arrête à la porte du bureau, que nous devons accepter d’être, jour après jour, presque heure par heure, culpabilisés à outrance. Nous savons tous qu’éteindre l’ampoule du sapin de noël risque peu de nous prémunir contre le réchauffement climatique, que faire le choix de prendre une douche plutôt qu’un bain ne saurait résoudre le problème de l’eau, au Soudan ou en Palestine. Nous subissons pourtant, depuis maintenant plusieurs années, une propagande offensive visant à faire de nous les responsables principaux du désastre annoncé. Tandis que les industries polluantes continuent d’arroser, entre autre, les eurodéputés à seule fin de pouvoir poursuivre le massacre de la planète, on nous abreuve de messages mongoloïdes concernant la bonne manière de faire la vaisselle, quand on ne nous sert pas des diaporamas mous navrants (« Home », ou « le syndrome du Titanic ») dont le seul objectif , finalement, est de nous convertir à l’écologisme d’urgence. Cet écologisme là, est-il utile de rappeler qu’il signe le retour de la pensée  magique, pour ne pas dire religieuse ?


     P
areillement magiques furent les déclarations au sortir de Copenhague, « le meilleur accord possible » selon l’impayable Sarko, et « une avancée importante » d’après Obama, l’homme par qui tout devait arriver, qui était censé sauver le monde à l’occasion de ce sommet. Notre Sauveur se révèle, ici, tel qu’en lui-même : sans volonté réelle et sans pouvoir aucun, figurant macabre se dandinant tentant de faire, face aux caméras, contre mauvaise fortune bonne figure. Un pitre, en somme, silhouette fraîchement nobélisée et servant de paravent aux puissances économiques qui, elles, gouvernent réellement la planète. Confronté au spectacle d’une si pitoyable parade, on ne peut que penser qu’il s’agirait, d’abord, de se débarrasser d’Obama et de ses congénères. Dehors, clowns, bouffons, grotesques ! Puis on s’attaquerait réellement au problème, à cette équation qui, en fait, est d’une simplicité tout à fait enfantine: sans remise en question, radicale et définitive, du système capitaliste, l’humanité est condamnée. Le capitalisme est en guerre contre l’espèce humaine, il menace sa survie, et la rapide destruction des ressources naturelles n’est jamais que la dernière d’une série d’agressions. Va-t-on le laisser plus longtemps, tel le Moloch de la légende, dévorer notre avenir? Une fois n’est pas coutume, ce dangereux gauchiste à cheveux longs de Nicolas Hulot a, il me semble, formulé au plus juste les conséquences de l’échec de Copenhague : « nous venons de tirer une balle dans la tête de nos enfants. » Tout est, à peu près, dit.


     M
ais pendant que les grands de ce monde jouaient à faire semblant de se soucier de notre sort, de petits barons, en campagnes, se concentraient sur une tâche autrement plus urgentissime : repenser, avec Roger, redéfinir, avec Casimir, ce schmilblick très étranger qu’est l’identité nationale. La machine à produire de la haine étant maintenant alimentée quasi quotidiennement par les propos faisandés des représentants locaux du Sarkozystan-pour-mille-ans, certaines voix, même à droite —Alain Juppé pour ne pas le citer, et Raffarin, idem, tirés d’un coma très profond —, commencent à demander tout haut qu’on annule l’opération, et qu’on en reste là. Ce serait mal connaître Besson qui, en Iznogoud de comptoir, préfère mourir au bar plutôt que de reconnaître sa gaffe: le débat dérape, et donc ? « A force de déraper, je pense qu’il est maintenant revenu sur la piste », lâche le fourbe, le traître, le félon. Ce qui, admettons-le, prouve une méconnaissance certaine de la conduite en temps de verglas. Exemple ? Au plus profond des Vosges, doublement verglacées étaient, en début de semaine, les routes de l’intelligence. Morano  la rombière s’y engagea tout de même, puis glissa telle une triple dinde jusqu’au fossé Fn, jusqu’à, comme on le sait, publiquement reprocher aux jeunes musulmans de parler le verlan — vocabulaire codé qui, selon les sémiologues, était employé dès le  XVIIe siècle —, leur reprochait aussi de porter casquette à l’envers —comme le faisait pourtant le très National Roi Dagobert. Surtout, elle leur demandait de « trouver du travail. » Elle est bien bonne, au fait, tiens, puisqu’on en parle : eh, la môme Amara, t’en es où de ton plan banlieue ? Je préfère te prévenir : ça se gondole de rire, dans les quartiers, rien qu’à l’évocation d’un plan dont on aura jamais vu l’once d’un début de commencement. Aussi, on ne saurait trop te conseiller, à l’image de ton Seigneur et Maître Sarkozy-prem’s-du-nom, d’éviter, en période de fêtes, la dalle d’Argenteuil et consœurs.  « Ce que je veux, c’est qu’il se sente Français lorsqu’il est Français », achevait Morano, venue d’on ne sait quel Saint-Cloud de souche. Façon comme une autre d’asséner, de rabâcher encore et encore, le mot d’ordre central de ce gouvernement xénophobe : un jeune pas tout blanc se doit de faire plus d’efforts qu’un autre, se doit de prouver, jour après jour, son attachement à la France, à l’hymne national, au drapeau et à la famille, à la patrie, au… (complétez vous-même). Le tout, au nom de la sacro-sainte « intégration ». Dans les années 90, traînait sur les platines ce morceau du groupe Zebda, dont le refrain disait « intégré je le suis, où est la solution ? »


     T
out porte à croire que pour certains, de solution il n’y a pas, autre que le retour en terre de misère et de guerre. Prenons, au hasard, les Afghans. Qui a dit cette semaine : « mon estime va aux jeunes Afghans qui ont fait le choix de rester dans leur pays pour lutter contre les Talibans aux côtés des soldats français, plutôt qu’à ceux qui le fuient. » Marine Le Pen? Que nenni. Ces mots sont de Thierry Mariani, député Ump.  C’est vrai ça, depuis quand les populations civiles fuient les champs de bataille ? Quelle lâcheté, quel manque de courage ! Pour le chanoine du Latran, ci-devant seigneur des Gaules et du Sarkozystan,  l’essentiel est ailleurs : « renvoyer un Afghan en Afghanistan, alors qu’il ne souhaite pas rester en France, je ne vois pas où est le problème », a déclaré Sarko dans le poste. Il ne manque pas d’air, non ? Plus c’est gros plus ça passe, devrait être la devise inscrite aux frontons des mairies de France. D’ailleurs, dernière minute : on me souffle dans l’oreillette la version officielle selon laquelle les 9 expulsés n’étaient que des touristes, égarés du côté des Champs Elysées, et qui demandaient poliment à être raccompagnés chez eux. Merci qui ? Merci mon Besson, lequel ne voit pas non plus où serait le problème, puisque « la France a mis en œuvre des mesures de retour contraint vers l’Afghanistan chaque année depuis plus de dix ans, y compris au cours de la période 1997-2002. » Conclusion : comme Jospin lui-même a fait, dans ce domaine, à peu près n’importe quoi, je ne vois pas pourquoi on viendrait nous reprocher de continuer pareil.

 

     Lors, ce qu’on peut souhaiter de moins pire aux exilés afghans c’est de se voir expulsés dans un machin tel l’Eurostar. Quatre trains tombés en panne, une nuit dans le tunnel pour 2000 passagers, sans chauffage, sans eau et sans nourriture ; une évacuation qualifiée de bordélique au possible, une moyenne de 15 heures de retard : pas de doute, dans le registre de la galère, ce fleuron de la technologie postmoderne et bien-de-chez-nous, est en passe de battre quelques records. Pour quelle raison, ce bocson ? Parce qu’il a neigé. « La panne résulte de la différence de températures entre l’extérieur glacial et l’air plus chaud, à l’intérieur du tunnel », explique, un peu gêné, Bram Smets, porte-parole de la compagnie. Eh bin. Pauvre bidule, not’TGV, il a chopé frisquette ? Dans quelques bistrots de Navarre on se lâche alors et on rappelle qu’il a déjà neigé, dans le nord de la France, que ce n’est pas la dernière fois. Aussitôt dit aussitôt frais, sur son site internet Eurostar « recommande à l’ensemble de ses voyageurs de reporter leur voyage à une date ultérieure. » En Juillet, quand il fera plus doux ? Quoi qu’il en soit, lundi, le trafic n’avait pas repris, et un responsable français  confiait : «il s’est passé quelques chose qu’on ne comprend pas.» Ont-ils au moins pensé à fouiller du côté de la bande de Tarnac ? Comme aurait dit Michel Audiard, les terroristes, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait.

 

                                                                                                  Fredo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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Pangloss 22/12/2009 14:54


Devant la montée des nationalismes, des communautarismes ethniques ou religieux et des chauvinismes "du terroir" quand ce n'est pas "de clocher", Besson a cru bon de livrer un combat d'arrière
garde sur le thème de l'identité nationale. On aurait dû lui expliquer que depuis plus de mille ans malgré les quelques essais de sursaut patriotiques et provisoires plaqués sur une réalité rétive,
il n'y a pas de nation française. Il y a en revanche un état français qui se définit par une classe de gouvernants de moins en moins aptes à maîtriser cette réalité. Pauvre Besson!


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