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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 20:16

table-de-ping-pong-d-exterieur-527077.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ils m’auront bien fait dégueuler les « on a gagné ! » de certains, les « on a pas perdu ! » des autres, en cette soirée vomitive marquée, comme au fer brun, par le score sans précédent des Fascistes Nationaux. Comme c’est crasse, de gueuler victoire quand la blondasse Le Pen joue le troisième homme et se gausse, se rengorge, s’en touche de plaisir. Que les choses soient claires : pas l’ombre d’une excuse, pas le moindre alibi n’est recevable, pour moi, concernant les racistes et autres renfrognés nazillards ayant apporté leurs suffrages au Front. Ils sont abjects, et cons. On peut être au chômage et digne, contrairement à ce que pense Sarko, on peut être dans la merde et ne pas basculer du côté de la haine et de la xénophobie. Cons, donc, écœurants, et dangereux. Et ils sont 20%. Pareillement gerbantes étaient alors les pitoyables tentatives d’explicitation socio-psycho-journalistiques de ce score effarant. « On a gagné » ? Mais non. Nous avons tous perdu, ce 22 avril.

     Allez, calmons notre colère, toute bonne conseillère qu’elle soit, mais non sans avoir rappelé auparavant qu’Hitler fut porté au pouvoir par des gens qui « souffraient », trouvaient que y’avait trop de fonctionnaires, trop de « métèques » aussi, que la baguette était trop chère et les trains pas à l’heure. Calmons-nous un chouia puisque, au-delà du retour en force du nationalisme en ce pays, ce premier tour fut tout de même marqué par de ces calembredaines qu’on aime, telles celles d’un conseiller Ps expliquant que, pour Hollande, il y avait trois axes désormais, dont le premier est « rester sobre. » Il sort de cure, le favori ? Au reste, et puisqu’on cause alcool, il faisait bon traîner dans les trocsons en ce dimanche d’élection, tellement ça fusait. J’ai retenu la sortie de Robert, qui trouvait que « d’accord, bin on dira ce qu’on voudra, Poutou, il est quand même bizarre. » Plus tard, c’est Roger qui concluait le débat, par cet avis sans appel selon lequel « si l’aut’, là, le DSK, si il avait pas fait son délinquant sexuel, bin lui il nous sortait de la merde, voilà ! » J’ignorai que le dernier soutien, et quel soutien !, de Strauss-Kahn, sirotait son calva au comptoir en bas de chez moi. A quelques jours de là, c’est Mélenchon himself qui, dans une ultime envolée télévisuelle affirmait ne pas vouloir « se ramicoller avec Hollande. » J’ai cru à un néologisme, au demeurant fleuri. Mais, vérification faite, le verbe existe : il nous vient du « parler rousseland », dont j’ignorais tout jusqu’à lors et dont je vais, je crois, continuer de tout ignorer. Sachez tout de même que « ramicoller » possède un synonyme. Aussi pouvez-vous dire aussi « se repétasser », sans nécessairement être de sexe féminin. Beautés du parler rousseland…

     On a bien rit aussi, à dresser de mémoire la liste des disparus et autres perdus corps-et-bien de la Sarkozerie. Dans la rubrique « que sont-ils devenus ? », nous ne citerons que Faudel et Doc Gynéco, perdus dans l’épaisseur de leurs propres néants. Il y en a d’autres, bien entendu, n’est-ce pas, Mireille Macias ? Cependant plus intéressante nous semble la rubrique des « que deviendront-ils ? » On peut légitimement s’inquiéter du sort qui guette Eric Besson, Frédéric Lefèbvre, Nadine Morano, Frédéric Mitterrand ou même, Jean Sarkozy. Déchus, piteux, rendus totalement transparents, gageons qu’ils rejoindront la cohorte des oubliés tels ce pauvre Marc Laffineur, actuel secrétaire d’Etat aux anciens combattants, ce malheureux Edouard Courtial (des Affaires européennes), ou l’impayable Maurice Leroy, ministre chargé de la ville. Retenez bien ces noms, car c’est la dernière fois que vous en entendez parler.

     On s’est encore gondolé avec cette histoire de « vrai travail », sorti du chapeau nauséeux du futur ex-président. Sur Tweeter, une façon de concours du commentaire le plus foutraque a lieu, en ce moment, à ce sujet. A titre personnel, j’ai bien aimé le tweet questionnant : « le vrai travail rend-il vraiment libre ? », j’ai zigomatiqué à la lecture de « oh merde, je me suis planté ce matin, je suis allé à mon Faux Travail ! », j’ai ensuite pris le temps de vérifier l’affirmation selon laquelle « le dernier à avoir manipulé le 1er mai à des fins politiciennes fut le maréchal Pétain. » C’est rigoureusement exact : en 1941, le 1er mai devenait la « fête de la concorde sociale. » Et, de fait, excluait toute portée syndicale ou revendicative. On voit dans quelle lignée historique s’inscrit l’initiative de Sarko concernant le 1er mai à venir et, du coup, on rigole moins. Au-delà d’une énième tentative de récupération des votes lepénistes, cette dernière n’est rien moins qu’une déclaration de guerre au monde syndical et au-delà, aux travailleurs. Jusqu’au tout dernier jour, le nabot prendra soin d’afficher sa haine du pauvre, son dégoût pour toute forme de solidarité (« assistanat », selon son glossaire), sa répugnance à l’égard des revendications légitimes émanant du monde du travail. Il suffit d’entendre Guaino défendre le rassemblement sarkozyste, Guaino qui, l’autre matin, se permettait d’affirmer que « le premier mai, dans les cortèges, il n’y a que les délégués syndicaux qui défilent, tout le monde le sait ! », il n’y a qu’à les regarder, ces lieutenants paniqués d’une armée en déroute, cracher sur tout ceux qui n’ont pas de Rolex à cinquante ans, pour mesurer à quel point ils sont déterminés à nous combattre, à nous abattre, animés par une haine de classe dont on mesure mal l’étendue. « Bien sûr qu’il y a une guerre de classes », affirmait il y a quelques temps le multimillionnaire Warren Buffet. Et de préciser aussitôt que « cette guerre, les riches sont en train de la gagner. » Si c’est un riche qui le dit…

     Et même lorsque riches et moins riches se retrouvent à égalité, par exemple face à la mort ou à la maladie, le riche gagne encore, et pas que des fifrelins. C’est ainsi qu’on apprend que le président-fondateur de l’association des victimes du Médiator s’est purement, simplement, barré avec la caisse. Malades, victimes de l’industrie pharmaceutique, et finalement arnaqués grave par un margoulin qui dînait il y a un mois à la table de Madame le ministre de la Santé. Y’a des vies pas marrantes…

     « Important : mise à jour de votre contrat habitation », m’écrit mon assureur, la MAIF pour ne pas le nommer. Cet assureur, qui est bien placé pour connaître la petitesse de mon logement et/ou la faiblesse de mes revenus, s’inquiète cependant dans son courrier de savoir si je suis l’heureux propriétaire « de piscines, tennis ou bâtiments utilitaires de plus de 200 m2. » J’ai vérifié, et je suis formel : mon terrain de tennis fait moins que ça.


                                                                                                Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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