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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 22:04

 

geronimo.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? « Dieu est notre refuge et notre force », psalmodie ce cureton d’Obama. « Le souvenir est toujours vivace, comme l’est la douleur », surenchérit le bedeau Bush. N’en jetez plus, la messe est dite, et fut pénible comme le furent ces commémorations du 11 septembre, pauvres images vues 2001 fois tournant en boucle sur toutes les chaînes, arrosées de-ci de-là de grossières justifications au sujet des guerres qui allaient suivre, guerres qui, l’ignorez-vous ?, sont perdues mais toujours en cours. C’est vainement qu’on aurait guetté ne serait-ce qu’une séquence télévisée montrant le bombardement d’un village afghan, irakien, peuplé d’enfants et de vieillards par une escadrille yankee. En vain, également, qu’on aurait attendu ne serait-ce qu’un soupçon de regret, de la part de ce peuple si fier, hautain, fort en gueule et cependant couard, au plus haut point. Non contente de s’être construite sur des amoncellements de cadavres et rien moins que deux génocides, l’un Amérindien l’autre Noir, cette Amérique-là n’en finit plus de se vanter de défendre la, quoi déjà ? Ah oui, la « civilisation ». Qui, comme chacun sait, est l’envers de la guerre.

     Guerre un jour, guerre toujours, changeons de terrain d’opération mais sans quitter les champs de mines. Sarkozy, en rase campagne, vient de se découvrir un ennemi en la personne du chômage. Houlala, qu’il s’est dit, je l’avais oublié lui. Dès lors, contre le chômage, il « promet une bataille aussi titanesque qu’à Tripoli ». Mazette, ventre Saint-Gris, ça va chier grave, c’est promis ! Certes, les esprits chafouins rappelleront qu’à Tripoli, il n’y eut guère de bataille, en tout cas nullement titanesque. Certes, les mêmes souligneront l’incongruité de cette comparaison, étant bien entendu que si quelques missiles bien placés pouvaient comme ça créer 4 ou 5 millions d’emplois on les aurait, de long temps, tirés. Mais c’est ainsi, pour Sarkozy, il convient désormais de capitaliser sur cette guerre en Lybie, qui n’était que pur investissement. Aussi en rajoute-t-il : « on y serait pas arrivé en Lybie sans ténacité. » La bonne blague, mais qui est ce « on » dont il parle ? « Eh bien, on va mettre la même ténacité sur l’emploi. » Compte-t-il sous peu bombarder les agences de Pôle Emploi ? Sarkozy, il ose tout. C’est même à  ça qu’on le reconnait.

     Mais c’est aussi qu’il est décevant, ce pays où rien ne va à la va comme je te pousse —dans le vide. Exemple, la croissance. La sacro-sainte et trois fois reine et bénie d’entre les marchés, Croissance. Sans être tout à fait en baisse, on ne peut pas non plus dire qu’elle grimpe. Chiffre officiel pour juin : 0,00 %. Voilà qui a le mérite d’être clair, aussi le commentaire de ce cul de notaire de Baroin, ministre du budget, se veut tout pareillement limpide : « c’est un peu décevant. » Ah bon ?

     Malgré le marasme égonomique où se débattent banquiers, ministres et boursicotiers en tout genre affolés telles des truies la veille de la foire au boudin, il convient de raison garder : certes et comme dit Pierrot le bonheur, c’est toujours pour demain. Mais demain, mon copain, c’est les primaires socialistes ! Joie, pavoisons, amis, le poing et la bite en avant les voici, nos sauveurs, qui, cataclop cataclop, galopent vers l’avenir, radieux ! J’en discutais l’autre jour avec un copain militant du parti socialiste —oui oui, j’ai ça en magasin. Comme je lui demandais la raison pour laquelle il fallait payer pour voter aux primaires —ah, vous n’étiez pas au courant ? —, l’homme à la rose m’expliqua sirupeusement qu’il fallait bien « équilibrer les comptes. » Autrement dit, l’opération ne doit pas coûter l’ombre d’un kopeck au parti, pourtant gavé de millions d’euros du fait de la loi de financement des partis. Nous fûmes alors deux à lui faire remarquer qu’il s’agissait, en douce, d’un retour au suffrage censitaire, que par ailleurs ça commençait bien si, avant même d’avoir désigné leur candidat, les socialos commençaient déjà à nous faire les poches. Là, le socialiste a, si je puis dire, pris le temps de la réflexion, avant de tenter un uppercut sur le mode « de toute façon vous les anarchistes z’ êtes pas concernés, votez po, et puis vous êtes 10, ahahah. » Bisbis la carotte-heu !, serait-on tenté d’ajouter. Un court moment, l’envie me prit de lui narrer la dernière bataille opposant les apaches de Geronimo, soit 16 valeureux guerriers ne craignant pas de s’affronter aux 5 000 soldats bien nourris, surarmés de l’US Army, lancés à leurs trousses depuis des mois sans réussir à les choper. De lui rappeler qu’aujourd’hui le nom de Geronimo claque aux oreilles de tout un chacun, alors que sont, de long temps, oubliés ceux des généraux s’étant sur deux siècles épuisés à détruire les tribus. J’aurai pu également susurrer à l’oreille de ce puceau en politique qu’une guérilla zapatiste, laquelle comptait il y a vingt ans et selon le sous-commandant Marcos, 7 ou 8 hommes, oui, 7 ou 8, pas un de plus, que cette guérilla, donc, changea le cours de l’Histoire. J’aurai pu surtout souligner l’absence, systématique, du Parti Socialiste et de ses affidés lors des dernières grandes luttes sociales, son non-positionnement sur la question des sans-papiers ou de l’immigration, son message volontairement trouble, comme on dit d’une eau imbuvable, au sujet de l’école, du système de santé, du partage des richesses,… Non, j’ai fermé ma gueule. C’est que, depuis quelques années, j’économise temps et salive en évitant de m’adresser aux membres du parti socialiste français, cette engeance. Qu’ils aillent se faire foutre en Espagne. Pourquoi en Espagne, direz-vous ? Parce que Zapatero.

     Et, traversant les Pyrénées, qu’ils n’oublient pas d’embarquer dans leurs malles le père Guéant, ça nous fera des vacances. Ça en fera, surtout, aux Roms, lesquels décidemment sont bel et bien les juifs du Sarkozystan-pour-mille-ans. Stigmatisant la « délinquance d’origine roumaine » (en effet pour l’instant la loi n’autorise pas ce Goebbels d’opérette à parler de « romanichel », de « tzigane », de « mangeur d’enfants »), le voilà qui prend des mesures, ah mais oui, pas plus tard que tout de suite ! C’est que le Maréchal Chef-des-Logis Cruchot  installé place Beauvau veut « changer le visage de Paris », rien que ça. A défaut de nudistes, c’est aux Roms qu’il déclare la guerre. On pointe son Luger sur qui on peut, hein Maréchal ? Nous y voilà. On en est rendu là, à se fader les forfanteries d’un ministre de l’intérieur chargé de ramener vers le Chef les ouailles égarées au FN. « Les délinquants roumains représentent 1 déféré devant la justice pour 10, dans la capitale. » Eh beh. Ça fait du monde, se dit m’ame Michu. Il suffit cependant de demander à Guéant, pourtant chef des flics, comment il explique ce chiffre, et le voilà qui bêle : « nous n’avons pas d’explication particulière. » Bravo Charlot, tu sais dont rien ? Tu sais pas que plus on cible une population donnée, plus on la contrôle, on la traque, et plus on peut ainsi gonfler les chiffres de la délinquance relatifs à icelle ? Pfff, faut tout lui apprendre… Ce qui est valable pour les Roms le serait également pour les habitants de Vesoul, dont il serait aisé de prouver qu’ils larcinent en masse dans le métropolitain. Mais un Vésulien ça vote, hein. Autre tour de passe-passe, bien de chez nous : interdire, de manière très officielle (et la législation en cours l’autorise parfaitement), à une population donnée tout accès au travail et à toute ressource, ensuite décider de « reconduire chez eux les gens qui se maintiennent sur notre territoire sans ressources régulières. » La boucle est bouclée, quoi, qui forme un nœud même pas gordien, car tranché depuis longtemps. On notera, pour finir, la subtile expression « reconduire chez eux ». Par définition, un Rom est chez lui là où il a décidé de s’installer, et point. Dans la charte du congrès mondial des Roms, adoptée en 71 et reconnue, sur le papier, par l’Union européenne, ils se définissent, entre autre, comme « un peuple sans territoire compact. » Sans frontières, quoi. Sans « chez eux » où les renvoyer. Il n’en faut pas plus pour empêcher Guéant de dormir, comme en son temps son pote Brice Hortefeux-nouillard. On leur souhaite de longues, de perpétuelles insomnies.


                                                                                            Frédo Ladrisse.   

 

      Ah tiens, dernière minute, qu’on a bien failli oublier : explosion d’un four de retraitement de déchets nucléaires. Mais pas de fuites, non non. Ouf, nous voilà rassurés, on va, nous, dormir tranquilles.        

 

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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