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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 18:53

                                                                                  

Sans titre 2Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Dix jours consécutifs de grève à la SNCF et voilà-t-y pas que ça panique dans le monde politoqué. Ce n’est pas tant que la gêne soit incommensurable (bien qu’on nous le fasse accroire), c’est plutôt, voyez-vous, qu’on n’est plus habitués. A force de manifs plan-plan, vagues promenades pour salariés qu’on emmène pisser derrière le camion à merguez, on a fini par ne plus savoir ce que peut signifier « grève reconductible ». Aussi patrons, hommes de droite et vils socialistes s’associent une fois encore en la condamnation de ces « irresponsables » pour qui la grève demeure un outil de lutte d’une rare efficacité. C’est ainsi: quand elle ne se résume pas à quelques maigres défilés, lorsqu’elle renoue avec sa nature première qui est de pur blocage de l’outil de production de manière à cogner au seul endroit resté sensible dans ce grand corps malade qu’est le patronat : le portefeuille ; quand elle se veut reconductible à défaut d’être générale, la grève redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : l’arme fatale des salariés.

     Dès lors, il n’y a de grève perdue que celle qu’on n’a pas menée, et les quelques désagréments occasionnés par elle ne saurait guère peser face à la fierté retrouvée, ne serait-ce que pour un  instant, par une classe ouvrière malmenée, piétinée, voir niée. Et oui, dans ce pays, il existe encore des cheminots, et quand ils cessent le travail les trains cessent de rouler. Il existe également, encore, des syndicats aptes à peser face aux délires d’un Pepy le moqué, pdg de la Sncf qui, avant même le vote à l’Assemblée estimait que « la grève doit cesser le plus vite possible, parce que le parlement va voter le projet de loi », ou face aux vociférations d’un Valls pour qui cette grève n’est « ni utile, ni responsable », face aux fleurets mouchetés d’un Hollande sondagièrement mort, et qui, cognant sur les grévistes, vise à se rapprocher de la « vraie France », celle qui râle et se mouche dans les tracts syndicaux. Et comme rien n’arrête ces faquins, nous eûmes droit à une belle pleurnicherie nationale au sujet de nos chères têtes blondes menacées d’être privées de bac par cette minorité d’enragés de grévistes méchants. Pris en otage par des médias qui tenaient là, pensaient-ils, l’argument imparable, ces braves lycéens n’eurent cependant aucun mal à rejoindre les salles d’examen : encore raté ! Pareillement inefficace furent les témoignages entendus à longueur de journée sur Radio Paris et consœurs, narrant la tristesse d’usagers convaincus d’arriver en retard pour suivre à domicile le match de l’équipe de France… A la question « doit-on interdire la grève les jours de coupe du monde, les jours d’examens, pendant toute la durée de la fête à Neu-Neu et de la foire au boudin ? » la réponse des journaleux ne fait donc aucun doute. Pareil descente en piqué au tout près des pâquerettes pourrait désespérer, si un interviewé demeuré anonyme ne nous rendait le sourire : « je suis bloqué à Paris, je crois que je vais être obligé d’aller voir le match dans un bar avec les potes ». Le fou rire qui a dû suivre la réponse du quidam fut, bien évidemment, coupé au montage.

     Merci à lui, cependant, de me fournir ainsi un parfait enchaînement vers l’autre sujet qui fâche, en l’occurrence la coupe du monde. Mais, finalement, non. J’en parlerai pas. Pas envie. Juste, laisser la parole à cet ex milieu de terrain, jouant désormais clairement à droite (peut-être même un peu à l’extrême), j’ai nommé Michel Platini, dont la sortie devenue célèbre mérite, il me semble, d’être une nouvelle fois citée : « Il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, bah ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on maîtrise pas, quoi. » C’est le moins qu’on puisse dire.

 

                                                                                                    Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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