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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 22:12

images-copie-24.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Est-ce sous l’effet de l’air vicié qui, selon une récente et toute sérieuse étude, empuantirait grandement les bureaux de certains élus (s’il faut être tout de même relativement pervers pour perdre son temps à mesurer la qualité de l’atmosphère en les alcôves du Pouvoir, reconnaissons que cet air pollué expliquerait bien des choses qui, sans lui, nous demeurent incompréhensibles) ? Le fait est que c’est coup sur coup, couche sur couche, en ce moment, et que les gouvernementales saloperies pleuvent, comme bruine à Carnac.

 

     Exemple, daté du jour : le nouveau projet de loi relatif à l’immigration, qui voit revenir au premier plan des têtes à chamboultout l’inqualifiable Eric Besson. « Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bons Français, j’en serais très heureux », assène-t-il, tout à sa joie. Et comment compte s’y prendre Monsieur le Fabricant de braves petits patriotes ? « Bannissement » obligatoire pour tout ressortissant étranger n’ayant pas quitté le territoire alors que ça lui a été demandé, lutte contre les fumeux « mariages gris », passibles de sept ans de prison, durcissement de l’obtention de titres de séjour pour les étrangers malades (amendement défendu par l’archéo-pétainiste Mariani, pour lequel « nous n’avons pas les moyens de prendre en charge tous les malades de la planète ! »), élargissement des motifs de déchéance nationale (ce qui, on l’admettra, est loin d’être l’amendement le plus grave), simplification des procédures d’expulsion et mise sur la touche du juge des libertés et de la détention, n’en jetez plus, la bassine à vomi est pleine… N’en jetez plus ? Mais c’est qu’on ne saurait, les mauvais bougres, les arrêter en si « bonne » route ! Aussi, tandis que d’aucuns se chargeaient de renforcer l’arsenal xénophobo-nationaliste, d’autres occupaient leurs tristes nuits à pondre une batterie de mesures inégalitaires proprement, si j’ose dire, destinées à nous rendre l’existence plus ardue encore. En ligne de mire : la Sécu. Il était écrit qu’une fois quasiment plié le dossier des retraites (ce qui n’est pas encore fait : lire plus bas), les mêmes s’attaqueraient à la branche maladie, plutôt : s’attaqueraient aux malades. « Moindres remboursements », comme on dit dans ces salons-là, hausse du ticket modérateur, fin de la prise en charge à 100% pour les affections longue durée, mesure qui permettra d’économiser 75 millions d’euros. Traduit en monnaie Bettencourt, ça nous fait deux petits mois de revenus (déclarés).

 

      Mais qu’importe cette comparaison, que les Woerth et consorts jugerait parfaitement absurde et totalement inacceptable. Qu’importe ces fadaises!... Il reste une pièce de vingt centimes dans la poche du pauvre, l’essentiel est alors de trouver les moyens de la lui faire cracher. Au bassinet, pareillement : les locataires de HLM, qui se mangeront dès l’an prochain une taxe empochée directos par l’Etat, à hauteur, tout de même, de 80 euros par an. Une broutille, en somme, une paille. Mais une paille plus une paille, plus une…, il reste à espérer qu’au final cela fasse un joli feu de joie.           

 

     Pour l’heure, on est encore loin des Saint-Jean, au pied des barricades. Pour l’heure, ça piétine. Ça eut défilé, ça défile et ça défilera encore, nous pouvons en être certains, contre la réforme coup de cutter en pleine aorte du salariat et au-delà, bien au-delà, contre la traite et re-traite des bêtes que nous sommes aux yeux des maquignons du sarkoland et du Medef réunis, inséparables de long temps. Est-ce trop s’avancer d’affirmer que malgré tout cela sent le souffre? Possible. Mais justement, tout est possible. « Il y a moins de monde dans les rues », se félicitait Woerth au soir du 23 septembre, tentant ainsi de faire accroire que, dans les rues, il y avait pointé ne serait-ce qu’un bout de museau.  Et Fillon de s’époumoner dans son sifflet à la manière d’un pion vulgaire, cheveux gras et mains moites, tentant de nous faire mettre en rang : « gouverner la France, c’est parfois savoir dire non, et non, nous ne retirerons pas ce projet de réforme. » Lui, pour se sentir droit dedans, il ne lui manque plus que les bottes, celles par exemple portées par Juppé en 95. Cependant, et comme pour ne pas lui donner tort, sitôt les calicots remisés les syndicats de tradition ont enfilé leurs bleus de non-chauffe, hurlant certes au « mépris du gouvernement » mais oubliant, comme au passage, celui dans lequel ils tiennent, c’est le mot juste, la base. Des centaines de milliers de manifestants, prêts à poursuivre le mouvement et pas dans cent ans mais tout de suite, furent contraints de plier les gaules sous l’effet de l’apathie des Thibault Chérèque et Mailly. C’est rien de dire, pourtant, qu’on en serait bien pas restés là, plantés tels des cons sur le parterre, piétinant direction les bus ramenant le troupeau à domicile, devant la machine à concasser du temps de cerveau disponible. Chouette manif ? Affaire de point-de-vue. A Paris, par exemple, on s’est subitement retrouvé avec le Ps aux fesses, ce qui, entre nous soit dit, rime. Rime pauvre je vous le concède, pauvre comme le cortège de ces Strauss-Khanniens apparu on ne sait pour qui pourquoi ni d’où (ils n’étaient pas au départ de la manifestation, et ils disparurent bien avant l’arrivée), piteuse mise en scène de drapeaux et sono beuglant du Téléphone et autres paléorocks, comme si nous évoluions encore sous le règne de Mitterrand —pas Frédéric : François. Les quolibets fusèrent un brin : il suffit de lui demander  des nouvelles de DSK pour voir l’adhérent du PS se fermer plus sûrement qu’une huître gangrenée. Le pauvre prend ça pour une agression. En fait, il a raison. Si vous voulez, le pauvre, l’achever, présentez-vous à lui comme un crypto-mélanchonniste partageant néanmoins certaines idées avec, je sais pas, au hasard : Benoît Hamon. Ainsi, pendant que le bougre ne pourra s’empêcher d’entamer la récitation, ô combien dormitive, de son catéchisme fabiusien, vous en profiterez pour lui tirer son larfeuille, son blouson et son mégaphone : au même titre que rire de tout, la révolution, oui d’accord, mais pas avec n’importe qui.

 

 

                                                                                            Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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