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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 18:36

Tiraimages-copie-52.jpgnt tête hors du trou, qu’entends-je ? En premier lieu les voix de celles d’Albertville, caissières et e mployées d’un supermarché de base opposées au travail le dimanche, vous vous souvenez peut-être ? Elles ont fait grève deux ans, et sans jamais lâcher l’affaire. « Sous prétexte qu’on était caissières, la direction a cru qu’elle pouvait nous prendre pour des connes », lâche Valérie, en rigolant. « On s’est battues, on a gagné, et ça sera plus jamais pareil, parce qu’on a appris des choses. » Entre autres choses apprises, ceci : « les élections,  on n’y croit pas. C’est du folklore, c’est tout. » Et ses copines d’acquiescer. Ce simple bon sens, né de l’expérience et de la lutte, le Baron Sellière, au hasard, ne pourrait l’interpréter que comme une forme d’outrance, l’expression d’une intolérable jacquerie. Il le disait l’autre jour, avec ses mots à lui et sur ce ton aigre-doucereux lui servant de signature : « je ne crois pas qu’en matière de morale le pauvre ait toujours raison. » Pire, selon lui, « dès que le patronat obtient quelque chose, on crie au scandale. » De toute façon, selon le baron, « la parole patronale, en France, est inaudible. » Etrange, dès lors, cette impression que nous sommes nombreux à avoir de l’entendre, soir et matin, tintinnabuler sur les ondes telle une rengaine, l’Ite missa est vomitif délivré par un patronat plus vainqueur que jamais.

     Le restera-t-il  après mai ? Bien entendu, et quels que soient les résultats de ces présidentielles aux allures de blanc bonnet contre bonnet bleu. De rouge, il ne saurait être question dans ce jeu de bonneteau, dont l’unique intérêt est de fournir, plus qu’il n’en faut, l’autruche en galéjades. Cette semaine c’est, une fois encore, le Sarkoshow qui a retenu son attention. Il posait ses valoches et ses guêtres en peau de mou, mercredi soir, en les plateaux de La Deuze. Davantage que le déroulé des propositions fascito-liberticides du nain, désormais bien connues, c’est l’aspect, comment dire… « barbare », grammaticalement hasardeux du discours sarkozyen qui me sauta aux esgourdes. Elles sont pas bégueules, mais tout de même, elles en prirent plein l’oreille interne. Florilège. « Alors comme ça, on élut un maire, et on ne pourrait pas savoir à qui il donne sa signature ? » Du verbe « élurer », certainement. Plus tard : « vous savez, en cinq ans, j’ai remarqué quelque chose que j’ai appris. » Apprendre, lui ? C’est remarquable ! Quant au type qui s’était pris le « casse toi, pov’con » bien connu, Sarko précise que l’autre avait commencé par lui lancer « touche-moi pas », alors que lui, Sarko, n’avait « pas l’intention de le toucher, son physique n’était pas tellement agréable que j’avais l’intention d’aller au contact. » Sic. Quant à sa petite croisière sur le yacht de l’ami Bolloré, il regrette, quoi que pas trop : « je n’ai pas impacté le poids du symbole » explique-t-il, en toute simplicité. On l’aura compris : le candidat a peut-être, un peu rapidement, licencié son nègre, le Guaino, qui certes est un furieux de l’identitaire et du civilisationnel à deux balles, mais au moins semble être en mesure de bâtir une phrase correcte.

     Et tandis que son amoureux ferraillait farouchement avec la langue française, qu’est-ce qu’elle nous faisait la Bruni, maîtresse de maison et des mots, à ce qu’on nous raconte ? Elle se plaignait, en loge : « il fait un froid de gueux, ici ! », lança-t-elle à une assistante qui rôdait dans le couloir. Une expression si bien choisie qu’elle donnerait presque envie de lui donner de la brioche, à Carla-Antoinette.

    Une qui, plus elle avance en haine moins elle a froid aux yeux, c’est la Le Pen, assurément. On pensait qu’elle voulait dé-rembourser l’avortement, on avait rien compris :  « je propose de dé-rembourser l’IVG seulement en cas de récidive. » Ah, ça change tout, et le mot est de circonstance. Car, renseignement pris, on ne parle de récidive qu’en cas de maladie, ou de faute. Que l’on sache, l’Ivg n’entre dans aucune de ces deux catégories. Mais, comme chez les Le Pen le choix du vocabulaire n’est jamais tout à fait gratuit, on devine aisément que pour Marine l’Ivg constitue ET une faute, ET une maladie.

     Chez Poutine, la question est en voie d’être réglée : une loi censée lutter contre le déclin démographique limitera bientôt, et de façon drastique, le recours à l’avortement. Ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle venue de Russie ces temps derniers, l’élection de Poutine, au premier tour et à près de 65 %, n’étant pas la plus agréable. Dans ce pays où 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le nombre de milliardaires a doublé en l’espace de quelques années. La plupart des opposants crédibles sont en taule, la corruption est générale et le budget militaire est en hausse de 58% ! Poutine le nationaliste, qui n’hésite pas à parler de « race supérieure » en ce qui concerne les Slaves, n’est qu’un dictateur parmi d’autres, assis sur un tas d’urnes : une fois de plus est prouvée l’utilité des élections.


                                                                                                   Frédo Ladrisse.

 

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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