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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 20:00

France-Paris-Rom_Enfant-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? L’hallali sonne par vaux et monts, sus à la presse, mauvaise fille, ayant eu l’audace de s’attaquer à Woerth l’avorton rejeton pur sauce bling bling et Fouquet’s party d’un sarkozystan décadent, lapalissade dites-vous ? Certes. N’empêche qu’on entendit, de la part de Xavier Bertrand, ci-devant secrétaire général de l’Ump, parler des « dérapages très graves » des « méthodes totalement antidémocratiques, des méthodes fascistes » de la presse et des journalistes. Morbleu, diantre, république en danger sous prétexte que Médiapart  se penche sur le financement du premier parti de France, et, accessoirement sur celui, lui plus obscur encore, de la campagne de Sarkoléon ? D’où : le fascisme est à nos portes, ni plus, ni moins. Si, plus : pour la mère Morano, poule pondeuse de la loi Hadopi, l’affaire Woerth-Bettencourt n’est qu’une « opération visant à renflouer les caisses du site d’information, parce qu’ils ne sont pas à l’équilibre financier. C’est une stratégie de l’abject », a déclaré celle qui, il y a quelques mois, demandait aux jeunes des quartiers de ne pas parler verlan, et d’arrêter de mettre leur casquette à l’envers. Morano, l’abject, si elle en parle, c’est parce qu’elle le fréquente, de long temps. De son côté, l’abject Raoult supposait que le site en question « pourrait être implanté à Cuba», avant de dénoncer « des méthodes collaborationnistes. »  On appréciera, comme il se doit, le conditionnel de circonstance en ce qui concerne Cuba, de même qu’on attendra, sans réelle impatience, le ministre ou le responsable qui se lâchera jusqu’à traiter de terroriste quiconque, journaliste, juge, simple quidam, osera s’interroger sur la provenance de fonds ayant échoué, comme par mégarde, dans le portefeuille de not’président. Mais dans l’offensive générale menée par le pouvoir contre ce qu’il reste de médias dits libres, le caporal Lefèbvre, Frédéric, décroche une fois encore la palme du ridicule achevé. Le voilà, le triste sire, signant dans France-soir un papier sobrement titré « J’accuse » (laissant accroire par là qu’entre Dreyfus et Eric Woerth, il n’y aurait pas, comme ils disent, l’épaisseur d’une feuille de papier-cul). « Dans quelle France vit-on », commence à se demander le pitbull de service, avant de préciser : « j’attendais qu’une voix s’élève contre ce torrent de boue, mais l’attente est trop longue, alors je le fais, moi. » Et le boueux d’enfiler ses bottes, avant que de sortir la pelleteuse : « cette alliance d’une opposition rageuse et sans idées, et de certains médias aux relents d’extrême-droite et de trotskysme veut mettre à bas les principes qui fondent notre société. » Au final, pour l’égoutier, les médias en question ne seraient jamais qu’ « un nid de postrévolutionnaires en retraite. »  Diable ! Qu’on embastille Plenel, et vite ! N’avait qu’à pas s’en prendre aux véreux, affairistes, aux politico-fricailleux. Fort heureusement, Lefèbvre veille sur la gamelle, et bon en clébard à pépère il s’empressait, au lendemain de la présidentielle télévisuelle allocution, de lécher avec abondance les talonnettes de son maître : « dans un monde politico-médiatique qui a perdu sa boussole, il est important que le Président puisse indiquer le nord. » Pour l’heure, Sarko serait plutôt à l’ouest, qui pensait convaincre son monde avec des sorties telles que « dans la vie, il faut toujours être honnête. » Ah ah, mais qu’il est drôle. Néanmoins sa pauvre tentative d’étouffement a fait, comme disait l’autre, pschiiit,  et n’a pas ralenti le rythme de ce qu’il faut bien appeler une affaire d’état, de ces affaires qui, aux Etats Unis, au Royaume-Uni, provoquerait en moins d’une semaine la démission de Woerth, tout ministre qu’il fût. Mais nous sommes en France, n’est-ce pas. Même si l’argent est en Suisse.


     A propos : avez-vous succombé à la curiosité d’aller voir combien gagne, à peu près, la première contribuable de France? Curiosité trotsko-lepéno-malsaine et boueuse, dirait assurément Lefèbvre. Curiosité que j’ai donc eue. Sans parler de sa fortune propre, estimée, à la louche, à 20 milliards d’euros, dame Bettencourt encaisse, en dividendes divers, la bagatelle de 34 millions d’euros mensuels, oui j’ai bien dit : mensuels. Soit l’équivalent de 25 355 Smic. Mensuels. Mais chut, ne dites pas à la dame que c’est un peu beaucoup pour une seule et même personne, vous risqueriez de la chagriner, de désespérer Bettencourt : en filant ses enveloppes à la clique du Sarkoland, elle pensait donner aux pauvres et faire œuvre de charité.


     Désespérée elle l’est peut-être, depuis qu’elle a trois enquêtes aux fesses, et Woerth idem, qui n’en peut mais : « je suis outré, outré ! Maintenant ça suffit, ça commence à bien faire ! » glapissait, en début de semaine, Eric Woerth autrement appelé par ses amis mafieux mais néanmoins admiratifs « Le Collecteur de ces Dames. » Il perd ses nerfs, le magouilleur. Il devrait pas. Il devrait, comme tout un chacun, faire confiance en la justice de classe de son pays.


    Pendant ce temps, rue de Solférino, on s’inquiète quelque peu: c’est pas le tout de cogner à bras tout raccourcis sur Woerth, encore faudrait-il être sûr que le nouvel hymne du PS devienne, cet été, le hit des campings. « Tourner la page », ça s’appelle. On ne sait qui a eu l’idée, saugrenue, de cette ritournelle, mais ça dit par exemple « il est temps, il est l’heure, de voter passionné, optimiste ! » J’en ris encore, aux larmes (1). Même Manuel Valls, de la maison, marmonnait l’autre jour sur un ton un brin dépressif « cet hymne, bon disons qu’on va vite l’oublier. » C’est effectivement déjà fait.


     Quittons un temps le registre des bouffonneries qui lassent, et penchons-nous, bien circonspects, sur une mesure annoncée il y a peu par Hortefeux-nnec et qui, très curieusement, passa quasi inaperçue. Le ministre de l’intérieur a ainsi décrété que « les étrangers qui présentent une menace à l’ordre public » et qui sont « l’objet d’un recours qui empêche leur expulsion » se verront « désormais obligés de porter un bracelet électronique. » Suffisait d’y penser, en fait. A quand la puce RFID incrustée sous l’ongle de l’étranger, cette menace ? Si cela pose quelques questions d’ordre déontologique, voire simplement juridique, peu importe, on les contournera : dans la même déclaration Hortefeux-nouille justifiait ce port de bracelet par le fait de vouloir « aller plus loin dans la lutte contre le terrorisme. » Antique ficelle me direz-vous, que cette histoire d’antiterrorisme estampillé vichypirate, corde usée de long temps mais dont on voit qu’elle sert encore, et, bracelet ou pas, serre toujours les mêmes collets.


     Autre collets serrés : les Rroms du campement du Hanul, à Saint-Denis 93, expulsés le 6 juillet dernier, à l’aube et violemment. 150 personnes jetées hors de chez elles. A celles qui exigeaient des flics qu’ils montrent l’avis d’expulsion il fut répondu, sic, que « c’est dans les films que ça se passe comme ça. » Encore une bonne raison de préférer, parfois, la fiction plutôt que certaine réalité… Immédiatement après commençait le balai des pelleteuses et autres déblayeuses, concassant en un même mouvement habitations et affaires personnelles. Le Hanul était un symbole, plus ancien campement de la région, et le préfet fraîchement nommé — ex directeur du RAID, nous en avions parlé ici —, ne s’y est pas trompé : « le 93 ne tolérera plus aucun campement de Rroms », a tonné notre superkeuf. Donc on fait quoi ? On les parque dans de pseudo-« villages d’insertion », pauvres alignements de caravanes surveillés par chiens et vigiles, comme à Saint-Ouen il y a deux ans ? Ça devait durer huit mois, le temps de trouver « une solution ». Les familles y sont encore… Façon de dire que le préfet, tout Robocop qu’il soit, rêve debout : des campements il y en aura d’autres, dans le 93 et ailleurs, et ce n’est pas demain la veille que son pote Hortefeux-d’artifice leur collera un bracelet, électronique ou pas. Ni collier ni laisse pour les Rroms qui, si ils ignorent certaines choses, sont par contre, eux, certains de n’être pas des chiens.        


                                                                                               Frédo Ladrisse              (1) Le PS à la rose, c’est là : hymne PS 2010

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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