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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:22

terrible-deception-pour-les-militants-ump-reunis-a-la-mutua.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? J’avais 15 ans les gens en 1981 et déjà, j’avais pas aimé : « changer la vie » par le truchement du socialisme de renoncement me paraissait ressortir de l’arnaque pure et dure —ce qui, au passage, s’est confirmé, avec l’amplitude qu’on sait. Ce 6 mai, c’est pareil, j’aime pas. Quand bien même les bonnes âmes n’en finissent pas de m’expliquer que c’est tout différent.

     Tout différent, ça l’est c’est sûr, puisque désormais l’ambition de la gauche de gouvernement se trouve cantonnée à cette sorte de « normalité » qui n’aspirerait à rien, si ce n’est à la gestion « normale » d’une société normalisée. « Je m’appuierai sur la confiance », lança le président, de Tulle. Non. Tu n’en auras ni le temps, ni la capacité, tant tes électeurs t’ont placé, dès vingt heures et une minute, sous haute surveillance. Pas d’état de grâce, monsieur Normal, et aucune fenêtre de tir : des années de socialisme mol ont convaincu le peuple de gauche de se méfier, toujours se méfier, du Parti socialiste.

      Ce ne fut rien moins qu’un hasard, plutôt une piqûre de rappel, quand Hollande laissa s’afficher à ses côtés, à la Bastille, de vieilles barbes tel Jospin —pathétique, mais presque—, ou encore Robert Hue —le retour de l’homme-voyelle ! Et, devant la foule rendue baba par ces barbes antédiluviennes, Hollande vanta qui ? La jeunesse ! On crut rêver. Cauchemar : même Guigou, même Voynet étaient présentes, sans parler de Fabius, qui était déjà aux affaires quand j’avais, quoi, trois ans ? Manquait plus que René Coty, sûrement retenu ailleurs. En un mot comme en deux, ce plateau, à la Bastoche, c’était un apéro d’anciens combattants, quoi, du passé faisons table basse, les cacahuètes en sus. 

        N’empêche : à contrario de ce passéisme assumé, une jeune fille ravie de la crèche lançait, depuis Toulouse, que « l’espoir de la jeunesse aujourd’hui, c’est l’avenir ! » M’est avis que l’avenir de l’espoir, ce serait quelque chose comme la jeunesse, non ? De la salle de la Mutualité, où l’Ump de base pleurait à chaudes larmes et bavait de F. haine, une autre fille, également jeune, avouait pour sa part « je m’inquiète pour mon avenir, surtout que mes parents vont se retrouver taxés à 75%. » Qui expliquera à Cunégonde que si ses vieux sont à ce point taxés c’est donc qu’ils gagnent au moins 1 million d’euros l’an, qu’en conséquence elle ne devrait pas autant s’inquiéter? Peu importe, « moi je pars en Suisse », lâchait un de ses voisins de meeting, pull cashmere jeté sur les épaules. Au final, le vrai plaisir de cette soirée était bien de les voir, ces go-gosses de riches, effondrés, anéantis, incrédules: battus. Mais également ivres de rage, comme l’exprimait Morano dans un de ses multiples tweets, « ivre de rage contre les medias ». On trouve, à la défaite, les excuses qu’on peut.

     N’empêche : quand on y pense, il y a cinq ans, François Hollande a bien failli devenir première dame de France… Certes, la face du monde n’en eut pas été bouleversée, mais cela nous aurait privés de la joie d’entendre Juppé dénoncer, ce 6 mai, « le retour du colbertisme. » Hum. Qu’est-ce qu’il ferait pas, celui-là, pour nous tartiner sa culture…

     N’empêche : colbertisme ou pas, c’est misère que de voir comment ici ou là sont encore trouvées des excuses à Sarkoléon, et qu’il serait en train de réussir sa sortie, et que ce serait trop classe le coup du 8 mai, ah mais, et que finalement il aurait pas l’air si mauvais que ça, presque un brave homme Sarko, pfff… Foutaises, tout cela, pur plan com’, le peuple a tendance, il est vrai, à avoir la mémoire courte, mais pas à ce point nom d’un chien ! « Jamais je ne pourrais vous rendre ce que vous m’avez donné », avoua le talonneté du haut de son ultime tribune. Cela, on l’avait bien compris : on peut s‘asseoir sur le pognon, les valises sont déjà à Bern. Plus inquiétant encore, le sorti nous prévint : « je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français. » Ça, c’est un coup à le croiser demain matin dans le métro, brrr… ça fout les boules, hein ?

     N’empêche : tandis qu’en France on se réjouissait d’avoir dégagé Sarko au profit de Flanby, Coca au profit de Pepsi, tandis que fleurissaient sur le net les blagues à deux centimes et la e-insouciance de bon aloi, à la française, l’expérience libérale se poursuivait en Grèce, poussée aux pires outrances, jusqu’à voir 26 députés issus des rangs néo-nazis intégrer le parlement. Les partis classiques balayés par les législatives de dimanche, l’extrême-gauche se voyait ensuite confier la tâche impossible de former un nouveau gouvernement —la manœuvre, grossière, visant seulement à la décrédibiliser, en vue de nouvelles élections. C’est « le chaos », là-bas, selon la presse. Le chaos, car ce peuple qui n’en peut mais, ce peuple saigné à blanc, a choisi de dire non à l’austérité imposée par Bruxelles et Berlin. Aussi a-t-il « mal voté ».

     Selon le commissaire européen Barnier « les votes grec et aussi français font apparaître qu’il est extrêmement difficile et nécessaire de trouver l’équilibre entre la crédibilité pour les marchés et la soutenabilité pour les peuples. » Prenez le temps de relire cette phrase. Tout le programme ultralibéral est contenu dans ces quelques mots, de même qu’ils forment la matrice de l’expérience grecque en matière de « soutenabilité », expérience qui, soyons-en sûrs, ne manquera pas de s’étendre à l’ensemble de l’Europe, pour peu qu’elle fasse ses preuves, apparaisse « crédible. » Un certain Wolfgang Schaüble, ministre des finances allemand, s’est ainsi cru autorisé à menacer : « si les électeurs choisissent une majorité qui ne s’en tient pas aux engagements européens, alors la Grèce en subira les conséquences ! » Encore ces grognements et coups de mentons ne sont-ils rien, comparés aux capacités de nuisance des marchés lesquels, sans piper mot, savent posséder la puissance susceptible de mettre un pays, voir un continent à genoux. Retour, donc, à la puissance dix, du syndrome Tina cher à la viocque Thatcher : there is no alternative. Tu parles…

     N’empêche : il nous appartient de soutenir, sans faillir, nos amis grecs, de contraindre leurs créanciers, soit nos états, nos banques, à annuler leur dette, histoire de les laisser respirer. A nous de faire en sorte qu’échoue cette expérience de mort, l’offensive libérale ultime contre les peuples souverains.

     N’empêche : le sommet européen qui se tiendra fin juin fera office de test pour Flanby, et soyons persuadés qu’il constituera, dans le même temps, la première déception concrète pour la masse de ses électeurs. Car qu’attendre d’un type qui, le jour-même de son investiture, se précipitera à Berlin faire allégeance à la Merkel ? Copé ne s’y est pas trompé, qui persifle : « nous verrons bien le choix qui sera celui de monsieur Hollande : va-t-il choisir Berlin ou Athènes ? » Va-t-il, oui, choisir les marchés et leur « crédibilité », ou le peuple, cet « insoutenable » ? La réponse est contenue quelque part dans la question.   

N’empêche, souvenons-nous toujours qu’un Flanby bousculé, ça donne une crème RENVERSéE !


                                                                                           Frédo Ladrisse.                             

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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