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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 14:50

doigt-001.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? La période de Noël étant, comme on le sait, propice aux rediffusions télochiennes de films ou émissions potentiellement comiques, le suspense était insupportable à savoir qui, du père Noël, cette ordure, ou de la soirée spécial Bigard — lequel en est une autre —, gagnerait au grand jeu de l’audimat. Mais pas de chance, un autre drôle les grilla sur le poteau, emportant haut-la-main le prix de l’humour de fin d’année. Je veux bien entendu parler de ce joyeux drille de Benoît XVI, et de sa mémorable chute en la basilique Saint-Pierre, lors de la messe de minuit — messe, qui, comme son nom l’indique, se déroulait à 22 heures. Sur une vidéo digne du meilleur de Funès on le voit basculer, comme porté en avant par sa tiare de 28 kilos, c’est d’un comique achevé. Facile, direz-vous, de se gausser du gadin des autres. Mais rassure-toi, fille de l’Eglise : Il Papa s’en est bien sorti, et le fait qu’une jeune femme se jette sur lui à seule fin de lui faire l’amour en pleine messe, serait paraît-il assez courant. Selon Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et du 4-21, « ce n’est absolument pas extraordinaire. » On en apprend, des choses…  Au final, l’acte de la déséquilibrée qui déséquilibra le pape n’eut pour effet —hormis une large fente de gueule chez nombre de mécréants — qu’une fracture du coccyx chez un autre de ces monseigneurs, bousculé par la même occase. Etchegaray, tel est son nom. Les mauvaises langues disent que pour une fois, il s’est un peu cassé le cul.

 

     Autre comique, celui-ci troupier, venu égayer un tantinet cette morne nativité : Obama, son dernier spectacle, la «réforme du système de santé ». Voté aux forceps le 24 par des sénateurs pressés de rejoindre leurs dindes, le texte est partout présenté comme « une victoire historique », qui, selon Obama himself, « rapproche les Etats-Unis de la fin de près d’un siècle de lutte. » Rapproche, qu’il dit, le prudent. Car, à y regarder de plus près, ne reste plus grand chose des promesses du candidat. Exit, l’option publique — autrement dit la création d’un véritable service publique de santé. C’est aux assurances privées que reviendra la mise en œuvre et la gestion de ladite réforme. On imagine la manne, on imagine qui, le 24 décembre au soir, se frottait furieusement les mains. D’autres, qui salivaient sans que la dinde y soit pour rien, c’était évidemment les opposants à l’IVG. Pour s’assurer du vote des plus conservateurs d’entre les élus démocrates, Obama, honte à lui, a été jusque-là : toute aide publique sera désormais interdite, dès lors qu’elle sera destinée à financer un avortement. Pas de doute, aux Etats Unis, le progrès avance à grand pas.

    
      A
u final, le projet-phare d’Obamanpower risque fort de se transformer en victoire des conservateurs, lesquels ont réussi à vider de sa substance une réforme qui, pourtant et dès l’origine, se présentait comme fort modeste. Une victoire qui n’empêche pas John Boehner, chef des républicains à la chambre des représentants, de qualifier ladite réforme de « monstruosité. » Le communisme libertaire est en marche, aux Etats Unis!

 

     Mais au Sarkozystan aussi, on se soucie des pauvres : ainsi le Smic sera-t-il revalorisé, dès le 01er janvier, de 0,5 %. Soit une augmentation d’environ 6 euros. « Il n’y aura pas de coup de pouce supplémentaire », précise le communiqué gouvernemental. Lequel communiqué n'indique pas, c’est bien dommage, à quelle adresse les smicards doivent envoyer leur carte de vœux agrémentée, le cas échéant, de leurs remerciements émus. Je leur suggérerai de poster leurs missives — à défaut de missiles — auprès du ministre du travail, l’extravaguant Darcos, qui rappelait dernièrement, à propos de cette hausse du Smic, que « la pauvreté ne vient pas du faible niveau de rémunération, mais du faible niveau d’emploi. » Traduction : avant de vous plaindre, smicards, rappelez-vous que vous pourriez tout aussi bien être chômeurs. Quoi, qu’entends-je ? Les chômeurs se plaignent aussi ?

 

     Qu’ils se souviennent alors qu’ils pourraient être ET travailleurs, ET sans-papiers. Taillables, corvéables, expulsables à merci. Ils sont à ce jour 6000, qui continuent une grève pratiquement invisible, par la volonté de médias plus que jamais tenus en laisse. Engagés dans la lutte pour leur régularisation depuis le mois d’octobre, ils multiplient les piquets de grève, les campements, à Vitry, à Bagneux, à la porte des Lilas,… Darcos, toujours lui, traînant son cador de Besson, continue de faire la sourde oreille et, narquois, attend tranquillement que l’usure et l’hiver fassent leur œuvre, mettent fin au mouvement. Lequel souffre d’un mal profond : il n’est pas populaire. En pleine période xénophobique et de questionnement bilieux sur l’identité nationale (ce mouton à cinq pattes cher aux bérets-baguette), le quidam se soucie moins du sort de ces exilés venus suer sur les chantiers de France, que de savoir si demain y’aura enfin des RER. C’est ainsi. Cette grève des sans-papiers, proche, dans  ses modalités comme dans ses finalités des grands mouvements ouvriers de l’héroïque XIXe siècle, ne retient l’attention ni des organes de presse, ni des individus saturés de CAC40 et d’esprit-de-Noël. Pris en tenaille entre, d’une part, l’indifférence collective, d’autre part la mainmise des syndicats et autres Npa plus que jamais en quête de récupération, on ne donne pas cher de ce mouvement, par ailleurs exemplaire, au vrai sens du terme. Pessimisme de mauvais aloi ? Espérons.

 

     Et tandis qu’Eric Besson, petit chanteur à la croix de fer, n’en finit plus de justifier le marécage bourbeux où s’enfonce son crasseux débat — à propos de certains dérapages, le ministre explique qu’ « il ne faut pas ramener à la toute petite exception la forêt qui, elle, est intéressante et généreuse », ah ah, quel poète —, tandis que le petit Jésus de la privatisation pénètre en douce la crèche de l’université publique — l’Etat va signer des contrats et verser du pognon en masse à rien moins que 58 établissements privés, la plupart, quel hasard, d’obédience catholique —, d’autres drôles, eux, ne lâchent rien pour tout de même, en cette fin d’année, nous arracher quelques sourires. Dans le lot, deux dépêches, dont l’autruche a fait réveillon : « en pleine messe de minuit, le curé se fait cambrioler. » C’était à Valdurenque, dans le Tarn, et l’homme d’église avoue avoir « été assez choqué. » Ça, plus la culbute du pape, nulle doute que la nuit de Noël fut, pour la curetaille, agitée. Enfin, celle-ci, en passe de devenir un classique dans le registre Mords aux Vaches: « un jeune sectionne le doigt d’un policier en le mordant. » On salive à l’idée de la chanson qu’aurait pu tirer, de ce fait pas si divers, un costaud tel Brassens. « Pour une raison inconnue comme si il en fallait une —, le jeune Versaillais — ça ne s’invente pas — a mordu le policier. Le majeur de la main droite du fonctionnaire a été sectionné au niveau de la dernière phalange. » On se prend alors à rêver à des milliers de mâchoires aussi solides et actives que celles de l’ami versaillais.

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse .  

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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