Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:04

 

dc1bf076-226e-11e1-b39d-c20252a9304b-copie-1.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Furent-ils gâtés les gosses, les marmots et les chiards lors du passage du vieux barbu polymorphe pédovore? Ont-ils dégoulinés au pied du sempiternel sapin, ces jouets stupides, hideux, mauvais, fausses kalachnikov pour futurs braquo, gazinières plus vraie que nature pour femmes/foyer à venir ? Bien entendu, faut faire plaisir. On a raclé les poches pour les beaux yeux des mioches, avant que de lâcher l’ultime bifetaille pour le 31, ses huîtres, son crémant, moroses comme un électeur. Depuis nous voilà secs, laminés, repassés, sans un sou. C’est qu’on sait pas gérer le pognon qu’on a pas, voilà le souci, monsieur le banquier. Mais que les écureuils et autres succursales que d’aucuns pensent « populaires » soient rassurés d’emblée : nos enfants ne nous ressembleront pas, qui sauront, eux, jongler entre PEL, PEP, placements divers, assurances vie, s’égaieront au matin au son de la liturgie délivrée par les places boursières, éprouveront joie, plaisir et grâce à l’annonce d’un Nasdaq bondissant de 0,2% : les banques, encore elles, s’y emploient, au premier rang desquelles la Société dite Générale, avec son castor débile agitant sa queue sur ceci :www.abcbanque.fr, faites un tour sur cette engeance, vous comprendrez de quoi je cause et, à n’en pas douter, choperez la rage pour l’année. « Comprendre l’argent en s’amusant : la banque à partir de 6 ans », dit le bandeau du site. Pfff… Six ans, c’est bien trop âgé, c’est aux fœtus qu’il conviendrait d’apprendre les vertus d’un placement approprié! Ainsi verrions-nous, en l’espace d’une génération, s’épandre le modèle dominant du capitalisme de papy, en même temps que s’éteindraient les ultimes velléités de le voir un jour brouter le parquet. Lapinisation des esprits : les dents changent, et s’aiguisent.     

     Cependant, vous savez comment sont les gosses : on aura beau leur inculquer, dès leurs plus jeunes années, les valeurs de l’économie de marché, certains s’entêteront dans leur volonté de devenir et de rester pauvres. L’exemple, détestable, que n’auront pas manqué de leur donner leurs géniteurs les inclineront aux carrières sombres, sales et imbéciles, garagistes, caissières, fabricants de chevaux de bois, gendarmes mobiles ou non, pire encore : D.R.H. Caissière, dites-vous ? Parlons-en. Dans un de ces ciné-nanards dont seule la fin d’année semble avoir le secret, « les tribulations d’une caissière » pour ne pas le nommer, on apprend que, non content d’avoir enfin retrouvé la septième compagnie, de s’être lancé aux trousses du père Noël, cette ordure, cette catégorie de la population appelée habituellement « caissières » se régale au boulot de cocasseries exemplaires, dont l’autruche ne dira rien pour ne pas déflorer ce  sommet du septième art. Caissière elle-même, la pouffe à l’origine du bouquin dont fut tiré le film — « pouffe », c’est exagéré selon vous ? C’est que, tout comme moi, vous n’avez pas vu le film —, cette pétasse, donc, avouait l’autre jour sur les ondes « espérer qu’avec ce film les gens comprendraient qu’on est pas que des machines. » Non, pas que. Lapinisation des esprits.

     Mais dans cette vie comme elle va —mal—, il n’y a pas que des lapins. Il y a des chasseurs, aussi. Des furieux, des malades, à l’instar du brigadier-chef Christophe, baqueux de Seine Saint-Denis, se répandant dans un Fig’ Mag’ titrant finement en Une « dans l’enfer du 9.3 ». Parce qu’ici, là où je vis, là où vivent plus d’un million et demi de personnes, il faut le savoir : c’est « l’enfer ». « La Seine saint-Denis, c’est de la bombe », commence notre graveleux brigadier. Plus loin, il livre une vision monochrome d’un département qui serait comme « le vaste terrain de nos opérations. » Réserviste de l’armée de terre (« dans les forces spéciales », précise le gars, qui se la pète), Chri-Chri a le cerveau d’un serin, la pogne d’un gorille des montagnes, l’intelligence d’une noix de cajou. Kaboul ou Bobigny, pour lui, même latitude, même combat. Et celui qui se décrit avec fierté comme « un vrai BAC-Man » (haha), précise que « prendre son service, c’est à chaque fois partir en guerre. C’est une guérilla urbaine. On fait la guerre à un ennemi invisible.» Personne, évidemment, n’est là pour calmer not’guerrier, et lui dire, au cui-cui, que si l’ennemi est invisible c’est peut-être qu’il n’y en a pas. Où sont les chars, trouduc, où est le Front, l’armée d’en face ? Où sont tes batailles, pauvre mec ? C’est aux pauvres que tu mènes une guerre, piétaille milicienne, et sans même avoir saisi qu’une guerre sans ennemi est, à l’avance, perdue. « Ma formation au sein de l’armée me sert énormément sur le terrain des banlieues : savoir progresser en milieu hostile, sécuriser un périmètre, ne jamais laisser un des nôtres seul,… » Voilà le genre de personnages qu’on envoie « patrouiller » et guerroyer dans les quartiers, pour ensuite s’étonner que certaines situations finissent par dégénérer. Notez, il y aurait plus simple : pourquoi ne pas bombarder directement la Seine Saint-Denis ? Lapinisation des esprits.

     On pourrait demander conseil aux militaires égyptiens : l’armée, là-bas, est au pouvoir depuis de longs mois, et le peuple qui vise à s’en débarrasser ne reçoit cette fois le soutien d’aucun BHL de foire d’empoigne, puisqu’une dictature militaire succédant au long règne d’Hamid Bourguiba parait convenir parfaitement aux démocraties d’occident. Au Caire, place Tarir, on continue donc de mourir. Et quand un général égyptien qualifie les manifestants d’ « enfants des rues qui mériteraient d’être jetés dans les fours crématoires d’Hitler », pas une des grandes gueules ayant appelé au pilonnage des villes de Lybie ne semble, cette fois, s’émouvoir. Lapinisation des esprits ?

     Pour finir, rions un peu avec le césium 137: tandis qu’autour de Fukushima se multiplient thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, asthmes, conjonctivites et pneumonies (notamment chez les jeunes enfants),tandis que la contamination s’étend, selon les autorités, sur une zone grande comme la Bretagne ; tandis que des centaines de milliers de personnes demeurent bloqués là-bas faute de moyens financiers leur permettant d’évacuer, la société Tepco vient de préciser que « les matériaux radioactifs qui ont été disséminés par le réacteur n°1 et sont retombés au sol appartiennent aux propriétaires des terres, et non plus à Tepco. » Humour noir ? Même pas. Bonne année.

                                                                                            Frédo Ladrisse.                                         

Partager cet article

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Quand L'autruche eternue
  • Quand L'autruche eternue
  • : "Hommes/femmes politiques, journalistes au petit pied, philosophes du dimanche ou stars à la ramasse: tous sèment des perles de bêtise, sans se douter que, dans l'ombre, l'autruche les note, les commente, s'en gausse, et recrache le tout sur ce blog."
  • Contact



Publication aléatoire,
inscris-toi à la newsletter pour être informé des
 nouvelles publications.

Rechercher

Vieux Trous

'autres qui font des trous

  
 

images-copie-43.jpg

LIEN-ZONA-YAROST.jpg

LIEN-FA-CLAAAAAASH.jpgLIEN-COLLECTIF-CONTRE-CULTURE.jpg

LIEN DIONYVERSITElien-maldoror.jpg

LIEN-EDITIONS-DU-ML.jpg

lien-Publico.jpg

lien-radio-libertaire.jpg

LIEN ML