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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 22:44
 

28f1ab9e-14fe-11e1-b1a6-6d84dadbd8e2Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Salut Zapat’, adieu Berlu, Il semble que la période des grandes migrations soit, cette fois, bien entamée en ce qui concerne la faune politique. C’est pourtant sans grand enthousiasme que l’Espagne se débarrasse de Zapatero et ses sbires, lors d’une élection dont le principal intérêt fut une abstention de masse —fait dont les medias se gardèrent bien de se faire trop l’écho, ça risque de donner des idées aux Français. C’est que l’Ibère est rude, et à voir les têtes d’enterrement que tiraient, ce dimanche, les passants dans les rues de Madrid, on ne pouvait douter qu’ils savaient par avance qu’avec le père Rajoy ça sera pas la joie. Sur le plan économique, les coups de bâtons vont pleuvoir comme grêle sur frêles épis, et d’aucuns s’inquiètent également de ce que cette droite bien con-conservatrice ne revienne sur le droit à l’avortement, et le mariage des homosexuels. D’emblée, la volonté de « renforcer le droit à la vie » figure dans le programme du PP, désormais au pouvoir. Il est clair qu’en termes de mesures anticrise, brider le droit à l’avortement et supprimer le mariage gay s’impose, de toute urgence ! A se demander si nos amis espagnols n’ont pas voté avec, en tête, cette haute considération: quitte à être dans la merde, autant s’y vautrer tout entier.

     A Rome, la rue se voulait moins tristouille quand la Berlu jeta l’éponge. Pour tout dire, on y a fait péter les bouchons, histoire de fêter dignement le passage à la trappe du transalpin bouffon. L’autruche, cependant, perd un client de taille, une belle source d’inspiration. Et, comme par mesquine vengeance, c’est en silence qu’Il Cavaliere est descendu de son trône, pas une déclaration, pas un dernier bon mot, pas la moindre petite blagounette misogyne ou raciste, rien, rien à se mettre sous le bec, qu’on aurait pu reprendre ici ! C’est triste. Comme un ami qui part et oublie de vous dire au revoir. D’autant que son remplaçant —autre sire à la triste mine— semble bien moins tonitruesque et bounga-bounga que le Silvio. L’heure est à l’austère, n’est-ce pas, qui sonne le tocsin. Mais ne boudons pas notre plaisir et, comme l’immense majorité des Italiens goutons, à sa juste valeur, ce moment qui vit s’achever la berlusco-pantalonnade.

     Dans l’hexagone pareillement, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles : il se murmure, ici ou là, que l’imbitable Eric Besson s’apprêterait à mettre fin à sa carrière politique, ou ce qu’il prenait pour tel. Mais c’est Noël avant Noël !... Attention, rien n’est encore sûr : il faudrait qu’on le pousse un peu. Quoi qu’il en soit, pas d’inquiétude quant à l’avenir de Besson-brero. On le recroisera, à coups-sûrs, à la tête d’une agence Securitas, ou d’une quelconque meute de vigiles.           

     Mais plutôt que sur ces révolutions de palais dont on ne dira jamais assez qu’elles sont menées par Blanc Bonnet au détriment de son complice, c’est vers l’Egypte que devrait se porter nos regards, l’Egypte, qui nous avait fait craindre le pire en confiant l’avenir de sa révolution à l’armée —un mal nécessaire pensent certains, un contresens total, je dis moi —, et désormais contrainte de reprendre les armes, les cailloux, les bâtons, pour enfin s’en débarrasser, craquer le militaire furoncle. Et la Syrie ? Oui, la Syrie. Où sont-ils, nos flamboyants, les Juppé et les BHL, tous nos Glorieux Vainqueurs de la Campagne de Lybie ? Où sont-ils, en congé? Sur la Syrie, ils ne pipent. C’est qu’en période de crise, vous expliqueront les pédants, il convient d’éviter les fâcheries avec les Russes et autres chinoiseries, alliés patentés de Bachar-le-dévoreur. Ou va se nicher, hein, la subtilité en matière de géopolitique, dès lors qu’il est question de créances, sonnantes et trébuchantes. Le peuple Syrien et ses espoirs seront-ils sacrifiés sur l’autel du pragmatisme économique ? Rien n’est aussi certain.

     Dans le registre des sacrifices, nos grands hommes ont aussi leurs (tout) petits soucis : ainsi fut-il, il y a peu, décidé de geler les salaires des ministres, et du Président en personne ! Diantre, morbleu, le bel effort ! Ecoutons dame Morano : « on dit que c’est symbolique, moi je dis que c’est exemplaire. » Allons plus loin : c’est héroïque. Sachant qu’un ministre, en moyenne, palpe 14 000 euros par mois, et se souvenant que Sarko s’était, dès 2007, auto-augmenté de 170%, on mesure assez bien la hauteur du sacrifice.

     Sacrifice toujours, mais d’une autre nature : ceux concédés par les Verts, lors de l’accord passé avec le Ps. Flamanville verra donc finalement le jour, et nombre de centrales continueront de cracher leurs pestilences, sur des années. En échange, les circonscriptions accordées à nos écolos flagada leur permettront, à terme, d’avoir un groupe parlementaire. C’est rien de dire qu’on est content, absolument ravis pour eux, pour leurs fesses cramoisies de suffisance à l’idée de s’enfoncer dans les sièges coussinés de l’Assemblée nationale. Faire de la politique autrement, qu’ils disaient. Ha ha ha !, triple ha pour eux!

     Pour finir, petite précision : à moins d’extravagances ou de péripéties parfaitement saugrenues, qu’on ne compte pas sur l’autruche pour tenir, dans les mois qui viennent, une manière de journal de la campagne présidentielle. C’est pas le tout d’être abstentionniste consentant, en pleine possession de ses moyens intellectuels —bien sûr que ça existe, tas de voteux bêlants !—, encore faut-il, parfois, savoir s’abstenir, et y compris de commentaires. Dit plus simplement : la campagne, c’est vraiment trop chiant. On plongera bec et plumes ailleurs, d’autant plus qu’on se doute un brin, ceci quel que soit le résultat de la mascarade électorale, de la couleur de l’avenir. Un exemple ? Dans le Colorado, et afin de boucler le budget des écoles, les bulletins de notes sont désormais accompagnés de publicités. Always Coca-cola, les jeunes.

 

                                                                                                  Frédo Ladrisse.         

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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