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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 21:48

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Vociférations dans les rues et vociférations de salon, étant bien entendu que les unes rejoignent les autres, ne s’en démarquent, et à grand peine, que par les méthodes employées et les espaces où se déploient une haine, elle, partagée. Commençons par la rue, avant d’emprunter le couloir conduisant aux salons. Dimanche 26 janvier, dans les avenues parisiennes, on a vu se déployer un cortège conséquent et logique, sous le titre générique de « jour de colère ». Sous cette appellation se sont réunis, coude à coude, les fébriles marionnettes du « printemps français », les agités de la chasuble, Civitas et consorts, main dans la main les intégristes et les néonazis au premier rang desquels le Bloc Identitaire, dissous mais reconstruit. Etaient évidemment présents les « dieudonnistes » adeptes de la quenelle à tout crin, un geste « pas antisémite, mais antisystème » selon monsieur Dieudonné M’bala M’bala. Un geste qui, cependant, récupéré par l‘extrême droite, semble avoir pour le moins échappé à son créateur. A moins que ce ne soit volontaire ? Bref, entre Bastille et Invalides, ce dimanche 26 janvier les choses furent enfin clarifiées. On voit mal désormais comment les thuriféraires de « la manif pour tous », ayant accepté de défiler avec l’ultra droite et les représentants de la pire engeance catho traditionnaliste, pourraient encore se réclamer d’un apolitisme bon teint. Idem pour les pro-vies, présents en masse : « arrêtez de nous avorter », proclamait une banderole infecte, sous entendant que l’IVG ne pouvait être une affaire de choix.

      Quoi qu’il en soit, merci à eux. Merci de s’être acoquinés et de fournir enfin, à ceux qui en doutaient, une photographie moins floue de la France rance, de la France d’hier et d’avant-hier, de cette France mâchant ses cadavres et s’obstinant à les cracher sous la forme de « printemps français » à la face de tout ceux pour qui l’Histoire ne s’est pas arrêtée en 1954. L’ennemi change d’apparence, il n’en demeure pas moins l’ennemi. Traditionnalistes catho, identitaires, manif pour tous, même combat. On le savait, de long temps : ce dimanche, dans la rue, ils n’ont fait qu’apporter la preuve, irréfutable cette fois, d’une idéologie extrême-droitière partagée.

     Pendant ce temps, en les salons de cette république bananée nommée par commodité « France », Gattaz number one du Medef comme avant lui son père (n’est-elle pas splendide cette transmission filiale du bâton de maréchal ?), Gattaz, donc, double la mise : heureux gagnants d’un lot de trente milliards d’euros octroyé par l’état dans le cadre d’un « pacte de responsabilité » n’ayant de pacte que le nom, les patrons exigent désormais que leurs gains soient doublés. « L’économie française est asphyxiée, ne fonctionne pas », avance le margoulin. Et ta sœur, elle est asphyxiée, et ta mère elle fonctionne pas ? « Il n’y aura de créations d’emplois que si rapidement des mesures fiscales et sociales se mettent en place », poursuit Gattaz, sûr de son fait, poussant son avantage. On ne saurait lui donner tort : le fils de son père Gattaz est payé pour défendre le patronat, extorquer à l’état c'est-à-dire vous et moi le plus de pognon possible. On lui refile 30 milliards ? Il en demande le double. Et prévient : « n’attendons pas de mesures presse-bouton pour créer de l’emploi demain. La clef de voûte de tout le dispositif, ce sont les dépenses publiques. » Décodage : ne comptez pas sur nous pour respecter le pacte, des emplois nous n’en créerons pas, nous demandons le double de ce qui nous fut octroyé en matière d’aide par Hollande et sa bande chiffes molles, nous demandons surtout qu’on privatise ce que les ringards continuent d’appeler « services publics », nos cartons sont blindés d’idées permettant de se faire un max de thunes dans le registre de la santé, de l’éducation, du troisième âge, de la police, des prisons,…

     Il semble que le répéter, de mois en mois, d’année en année, ne serve à rien. Cependant recommençons. Trente ans de cadeaux faits aux entreprises et aux patrons n’a pas une fois, pas une seule, permis de faire baisser le chômage. C’est que l’entrepreneur n’a rien d’un philanthrope. Il n’aime rien tant que le pognon, la fraîche, l’oseille, l’argent. Il prend la thune d’où qu’elle vienne, le reste ne le concerne pas. Et de la thune, du pognon, il n’en a jamais assez. Aussi est-il assez doué pour chialer se morfondre et menacer : je vais vous payer moins, les gars, sinon je ferme et basta. Le chantage lui rapportera quelques centaines d’euros, toujours bons à prendre pour payer l’école privée des gosses ou le séjour à Meribel.

     En un mot comme en cent : ce pacte dit « de responsabilité », n’impliquant aucune sorte de contrepartie pour le patronat lequel bénéficiera, à minima, d’un cadeau de trente milliards d’euros, ce pacte ouvrant la porte aux loups ayant désormais tout loisir de croquer les agneaux, n’est rien moins qu’un définitif baissement de culotte du pouvoir devant le patronat. Ce que Sarkozy n’a pas osé, certainement par faute de temps, Hollande l’a accompli. Nous ne l’oublierons pas.

     Autrement ? Dans le registre des clowneries on me murmure dans l’oreillette que les anciennes « zones d’éducation prioritaire » seront, sous peu, rebaptisées « réseau d’éducation prioritaire ». On imagine sans peine ce que ce changement d’appellation impliquera comme bouleversements dans la vie de Mamadou M’baye, élève de troisième au collège Jean Jaurès, 93400  Saint-Ouen.

     C’est que d’autres existences, bien que moins chamboulées sur le fond, réclament davantage l’attention des médias : on nous tartine ainsi depuis des jours et des jours avec la Trieweiller, dont on se fiche au même titre qu’une Carla Bruni. Ou d’une Bernadette Chirac, laquelle, pathétique, s’essaie encore à exister sous le mode de la solidarité entres femmes trompées, apportant ainsi son soutien à l’ex-meuf de Hollande. Et Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel, d’ajouter tout à fait fielleuse qu’elle pensait, en 2012, que « François Hollande n’avait pas le gabarit d’un président de la république, mais maintenant il a changé. » Trompez votre compagne, montrez-vous bien macho : vous aurez le gabarit.

 

                                                                                                   Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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