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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 00:35

Tirant tête images-copie-15.jpghors du trou qu’entends-je ? Le discours nucléorophile et quasi inchangé depuis l’épisode Tchernobylieux, un discours appliqué désormais au Japon, à ses centrales qui explosent, à ses caissons de confinement qui confinent que dalle, à ses centaines de milliers d’habitants évacués dans l’urgence, mais ça doit être pour les promener leur faire prendre l’air— à ceux contraints de rester on conseille de « ne pas sortir, et fermer les fenêtres, les portes. » Et arrêter de respirer, ils n’y ont pas pensé ? Figurez-vous que, vrai naïf, je pensais qu’on avait évité de construire des centrales nucléaires, bref des bombes à retardement, en des régions hautement sismiques telles le Japon. Simple bon sens. Visiblement non partagé. Du coup, le Japon éternel ne le sera plus très longtemps, puisque d’éternité il ne saurait être question concernant ces larges étendues d’hors et déjà contaminées, mais à ce propos chut, silence : selon un des experts dont on répugne à vanter le nom « le risque de catastrophe nucléaire, dans ces zones, demeure peu probable. » Peu probable, mon cul : d’hors et déjà avérée et avouée ne serait-ce que par les évacuations dont nous parlions plus haut, la catastrophe a bien eu lieu. En mesurer l’étendue prendra plusieurs dizaines d’années, au terme desquelles, bien entendu, on l’aura oubliée. Et c’est bien sur les défaillances de notre piteuse mémoire que comptent les nucléocrates. Demandez, aujourd’hui, à un enfant de douze ans ce que signifie Tchernobyl, il vous répondra que c’est le nom d’un groupe techno slovène.

      Tremblement de terre, tsunami, centrales nucléaires en surchauffe ? Cela n’est rien en comparaison du risque majeur menaçant l’Empire du Soleil Baignant. Ecoutons donc Charlyne Legris, en direct de la bourse de Paris, douze heures après le séisme : « le fait est que l’indice Nikkei connait en ce moment une forte baisse, en d’autres termes, il plonge, et ça, c’est inquiétant. » Ça, voyez-vous, c’est inquiétant. Crucial, indubitablement. Il aurait pas pu, le Nikkei, surfer sur la grande vague, se hisser au sommet de la déferlante ? Pensez-vous ! C’est bien les Jaunes, ça: au plus petit raz-de-marée les bourses plongent, les indices s’écroulent, sans même songer un instant aux actionnaires californiens dont les vacances, du coup, sont un peu compromises.

     Elles le sont d’autant plus que certains de ces retraités de Beverly Hills comptaient bien trekkinger sous peu dans le désert lybien. Pas de chance : Sarkozy a décidé de le bombarder. En treillis vert-de-gris — lequel lui va bien au teint —  le mini Stallone de l’Elysée a déclaré vouloir noyer sous une pluie de bombes Tripoli et tutti quanti. Bigre, diantre, palsambleu !, c’est-y pas de la fanfaronnade, de la belle parade de paon, ça ? Il s’agirait, bien entendu, d’un bombardement de trois fois rien, de juste et de comme en passant quelques « frappes ciblées » évitant, autant que faire se peut, de rayer de la carte les villages habités de paisibles civils. Enfin, ça c’est la théorie : on sait trop qu’une fois dans les airs règnent la bourde, la gaffe, le largage à l’aveugle, le dommage collatéral. Aussi qu’est-ce qui lui prend, à not’président, de vouloir comme ça et tout seul jouer les Zorro des sables ? Chercherait-il à faire oublier quelques retards à l’allumage et autres traînages de pieds lors des révolutions tunisienne, égyptienne? L’excité a, en tous les cas, pris tout le monde par surprise : même Juppé, jeudi dernier, semblait tout à fait atterré par les rodomontades guerrières du Patron. Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : ce genre de poussées soudaines autant que militaires ne sauraient pisser loin, étant bien entendu qu’au final les Américains, et eux seuls, décideront. Comme d’hab’. Mais la provocation française aura tout de même réussi à fâcher rouge le père Kadhaf’, au point que ce dernier menace de révéler « un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale. » Bof, si c’est pour nous ressortir le dossier Woerth/Bettencourt, ça ira bien, on a donné. Cependant, à supposer que cet ex ami de la famille en sache long et bien davantage, ce serait alors assez cocasse de le voir dézinguer Sarko sans qu’on ait, nous, simples spectateurs, à applaudir l’un ou l’autre, en aucune façon.

     Las ! En admettant que Kadhafi soit détenteur d’un tel secret, il n’est même pas certain qu’il tienne sa promesse et nous le révèle un de ces jours : à écouter Philippe Subra —et là je vous demande de bien vouloir vous accrocher solidement au bastingage, car ce que nous apprend ce distingué professeur en géopolitique est proprement ébouriffant — « c’est vrai que les hommes politiques ne tiennent pas toujours leurs promesses. » Puis d’ajouter, sourire canin, « mais qui, dans la vie, tient toujours ses promesses ? » Pas faux. Moi par exemple le premier janvier je m’étais promis d’arrêter les fraises Tagada. J’ai pas pu, j’aime trop ça. Je ne sais si cette fâcheuse absence de volonté eut, sur la diplomatie française, un effet similaire à celui produit, par exemple, par les fastueux voyages d’un personnel politique habitué à serrer la pogne des engeances dictatoriales, mais une promesse est une promesse, et selon Subra toutes se valent. Je promets donc de ne plus en faire. Pascal Boniface, autre géopolitologue, semble moins habitué aux fadaises que son collègue. Invité à se prononcer sur les révolutions actuelles, Boniface livra ceci : « il y a une onde de choc, et elle est mondiale. Elle a commencé dans le monde arabe, certes, mais elle va s’étendre. » Que Bakounine t’entende, Boni !

      S’étendre, d’accord, mais jusqu’où ? Jusqu’à, pour commencer, rendre une visite à Arnault, première fortune de France, lequel Arnault vit, en un an, ses revenus augmenter de 45 %, et atteindre la bagatelle de 41 milliards de dollars. Une petite visite, oui, sur le mode « patron, t’es viré. » Et laisse le chéquier sur la table. On rappellera au passage que dix milliards d’euros, soit moins d’un quart de cette fortune, suffirait à combler le déficit actuel du régime général des retraites. On rappellera également, et pour ne pas finir sur une note trop acide, que l’intelligence ne s’achète pas, la preuve : Carlos Slim, première fortune mondiale, passerait son temps à répéter cette phrase devenue fétiche : « ne restez pas les mains dans les poches en attendant qu’elles se remplissent. » Hum. Okay Carlos, t’énerves pas. Mais si ça se trouve, hein, va savoir : l’homme heureux n’a pas de chemise.

                                                                                          Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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Jean-Jacques Mornard 14/03/2011 19:48


Parlez-vous bien de l'écolo.B.Arnault qui importe des sièges chinois pous ses superboutiques qui brûlent les clients au point de les expédier à l'hosto.et qui subventionne en toute discrétion mais
avec beaucoup de pub.pour "Hermès & Co"
les productions de Artus Bertrand.

Cordialement,
Jean-Jacques Mornard


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