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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 20:04

images-copie-11.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Encore une sale nouvelle pour la liberté d’expression et pour la liberté tout court, Siné Hebdo ferme boutique. « C’est pas la fin des haricots », balance son créateur. N’empêche, les haricots, l’autruche les préfère rouges  et noirs, et ceux-là c’est rien de dire qu’on en trouve plus des masses en kiosque. Quoi qu’il en soit Philippe Val a dû faire sous lui de plaisir, en apprenant que Siné, finalement, jetait l’éponge. Le patron de Radio Paris doit en baver de bonheur à la seule idée de, peut-être, récupérer quelques lecteurs pour son Charlie merdeux. Ça sera sans moi, en tous les cas : c’est pas dans son torchon démocrassocialiste qu’on lirait, par exemple, l’article publié dans Siné le 17 mars dernier, à propos de « la politique tsigane », appliquée par la France. On y apprend, entre autres joyeusetés, et de la bouche de Baconschi, ministre roumain recevant l’Umpéesque  Lellouche, que la Roumanie aurait « des problèmes physiologiques, naturels, de criminalité, en particulier parmi les groupes d’ethnie rom. » Une déclaration bien puante, qui n’a pas dérangé Lellouche, lequel, ça tombait bien, avait fait le déplacement exprès pour expliquer pourquoi le Sarkozystan s’échinait à expulser en masse les Rroms, victimes de lois d’exceptions, lesquelles ne semblent guère gêner le parlement européen. Pourtant les Rroms, citoyens européens, se retrouvent ainsi expulsés d’un pays européen, en l’occurrence la France, renvoyés vers la Roumanie, autre pays européen. Comme si on décidait de débarrasser le Sud Ouest des cohortes d’Anglais qui s’y installent en nombre — comparaison n’est pas raison : les angliches, eux, ont du pognon. Dans le cas précis des Rroms, la pratique se justifierait par le souci qu’aurait la France de les protéger  des mafieux censés les envoyer faire la manche dans le métro, étant bien entendu que cette activité, comme on sait, génère chaque année des excédents grandioses. « Avec humanité », on les renvoie donc crever dans leur Roumanie d’origine, où ils ne sont pas plus les bienvenus qu’à Barbès-Rochechouart. Mais là, c’est pour leur bien. Le cynisme d’Etat, décidemment, ne connait aucune limite.

 

     Aucune limite non plus, pour Hortefeux-à-volonté, qui prévient que « ce ne sont pas les petites crapules qui feront la loi dans les quartiers », sans qu’on sache au juste s’il cause des dealers de shit ou de ses potes élus Ump, siégeant dans les mairies. Hortefeux-d’artifice, par ailleurs défend une vision très personnelle de la prévention en matière de délinquance, puisque selon lui « la meilleure des préventions, c’est la certitude de la sanction. » L’axiome, vieux comme le bâton de flic, a eu beau être invalidé sous toutes les latitudes, dans toutes les civilisations, il n’en demeure pas moins la base de la pensée conservatrice. Ce que semblent avoir oublié les antiques barbons du Conseil d’Etat, qui rappellent, les impudents, qu’en démocratie « la liberté est la règle, et l’interdiction l’exception. » Voudraient-ils gâter le week-end pascal du ministre de l’Intérieur, qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

 

     Ce qui par contre ne risque guère de l’empêcher de dormir, c’est l’enquête de l’Insee, qui révèle qu’en 2007, c'est-à-dire avant même la crise, 8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté. Soit 13,4% de la population. A l’autre bout du spectre, on apprend que les riches sont de plus en plus riches, que les très riches sont de plus en plus très riches. Ainsi, de 2003 à 2007, les revenus du patrimoine ont bondit de 46%, dans le même temps ceux du travail ne progressaient que de 11. Si les caisses sont vides, on sait par contre où est le pognon.

 

      Pas dans la poche des immigrés qui, selon l’Observatoire des Inégalités, touchent les salaires les plus faibles, et sont davantage exposés aux risques de la pauvreté. Rien de nouveau sous le soleil du Sarkozystan éternel…

 

     Même Juppé, c’est dire, ça le chafouine ces chiffres. Aussi plaide-t-il pour un « aménagement » du bouclier fiscal, et déclare « ça ne me choquerait pas qu’on demande aux plus riches de faire un effort vis-à-vis des plus pauvres ». Gauchiste, va ! Il devrait commencer par exiger de Joyandet, son copain secrétaire d’Etat, qu’il rende les 116 500 euros d’argent public claqué pour un voyage en jet privé, comme ça, juste histoire d’être à l’heure. « Ce sont les exigences du calendrier, et je devais faire mon devoir », pérore le petit secrétaire, par ailleurs maire de Vesoul et sarkozyste de choc. Le calendrier, exigeant, l’a donc contraint à un aller Vesoul/Fort-de-France, et retour. C’est pénible parfois, le métier de secrétaire d’Etat.

 

     Pendant que l’improbable Joyandet frimait en mini-jet, on privait Rachida Dati de voiture, de gardes du corps et pire : de téléphone portable ! Autant de petits avantages que continuait de lui accorder son seigneur et maître du Château, bien que la Rachida ait quitté le gouvernement il y a maintenant des mois. Eh bien, c’est terminé ! Sa faute : avoir froissé le maître, en osant affirmer sur un plateau téloche au soir du premier tour que la droite devait opérer « un retour aux fondamentaux. » « Mais qu’est-ce qu’elle fait là, celle-là », a explosé Sarko devant son home cinéma. Hop, un petit coup de fil, et plus de bagnole, hé hé. Vous avez dit mesquin ?

 

     Re-hop, et voilà le Sarko reçu à dîner par Obama, dans-ses-appartements-privés — on n’a cessé de nous le répéter, de ce côté-ci de l’Atlantique : grosse faveur faite aux Sarko que cette histoire de salle à manger, alors même qu’aux States tout le monde, finalement, se foutait de ce non-évènement.  « J’écoute Nicolas tout le temps, je n’arrête pas de l’écouter » glissa, un brin moqueur, B. Obama durant leur conférence de presse commune. Plus tard, on apprit que c’était maintenant à Sarko d’écouter le Barack, et que la grosse faveur aurait un prix, exorbitant.  Dans le New York Times on lit comme ça que « maintenant Sarkozy doit renvoyer l’ascenseur [sic !], en accroissant de façon significative la puissance de combat française en Afghanistan. » La visite de l’appart’ et la crânerie des Sarkozy se payeront donc par l’envoi de nouveaux troufions, là-bas. Ça fait cher le dessert.

 

     A moins bien sûr que, d’ici-là, la gauche sorte de son sommeil et s’oppose, pour le moins, aux pulsions guerrières de nos petits Mc Arthur de salon. Vœux pieux, je ne l’ignore pas, la gauche, elle regarde ailleurs, quand elle ne partage pas tout simplement la même vision. Elle regarde du côté de son nombril, protubérant, et ne veut livrer que des batailles qu’elle sait gagnées à l’avance. François Hollande par exemple, candidat déclaré à la candidature pour les futures présidentielles, s’attaque, mais un peu tard, au bouclier fiscal. « La cocotte est devenue trop chaude », s’essaie-t-il, en poète. Que Bakounine l’entende ! Pour Aubry cependant, il convient de se hâter lentement, car 2012 c’est loin, et « avant 2012, il y a 2010, et 2011. » Toujours  bon à savoir, ça.

 

     Bon à savoir également : il ne suffit pas d’avoir la droite la plus bête du monde au pouvoir depuis des années pour qu’automatiquement la gauche, voire le centre-gauche l’emporte. J’en veux pour preuve que La Berlu, aussi curieux que ça puisse paraître, vient de remporter les élections de l’autre côté des Alpes. Il Cavaliere en était tellement ému qu’il s’est laissé aller à déclarer sa flamme à ses compatriotes : « une fois de plus, l’amour l’a emporté sur la jalousie et la haine », a-t-il lancé, en un sanglot. De mauvaises langues, plus pragmatiques, prétendent qu’il ne doit sa victoire qu’à un fort taux d’abstention et à l’absence, totale, de projet alternatif. C’est bien mal connaître l’amour qui lie Berlusconi et le peuple italien, l’amour, et surtout la fortune. Pour finir, on retiendra de cette élection le nouvel accord passé entre Forza Italia et la Ligue lombarde, de sinistre mémoire, ligue dont le slogan était d’une poésie rare, « la Ligue, elle l’a dure. » Il s’agissait, bien sûr, de la dent.

 

     On ignore s’il l’a dure, le petit François Baroin, recruté au gouvernement en tant que ministre du budget. On sait par contre que ce pur produit du chiraquisme de comptoir a dû se faire violence pour accepter le poste. Il l’explique, assez longuement, ce n’est pas aussi simple de plonger ainsi dans le grand bain des responsabilités nationales, et d’autant moins quand, comme lui, on est plus que sensible à, je cite, « l’appel de la rivière à truites. » Je vous laisse, tout bucolique, je vais acheter des asticots.

 

                                                                                                Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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