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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:15

images-copie-7.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Ça râle, ça grommelle, sur le front social, mieux, ça commence à montrer les crocs, ça s’aiguise les incisives. Bientôt les flashes radio ne seront plus que litanie énumérant grèves, piquets, revendications, séquestrations ! Quoi, on peut rêver, non ? Si le printemps c’est pas demain c’est quand même pour dans pas longtemps ! Pour l’heure, ça bourgeonne, un peu mollement certes, mais ça pousse. Un exemple, dans le flot : les gars Renault de Douai l’autre matin. Hop, dès potron-minet, grève surprise, et que je te la bloque moi l’usine, et que je te le pousse mon coup de tronche. Guy Pottiez, de la cégète : « nous demandons à la direction d’ouvrir la boîte à pognon. » Il a pas tort, le Guy, si ce n’est qu’il demande, au lieu de prendre. Quoi qu’il en soit la direction elle ouvre rien du tout, même pas son habituelle grande gueule. Elle rappelle juste, comme en un souffle, que, m’enfin, c’est la crise ! Sauriez-vous un jour, pauvres gueux, vous l’enfoncer dans le crâne ?


     Chez les grecs, c’est fait. Blocage des salaires, diminution drastique des retraites, licenciements massifs et autres plans d’austérité en-veux-tu-en-voilà, soyez certains qu’ils ont compris ce que signifie le mot crise. Heureusement, d’autres pays de la glorieuse Europe ne manquent pas d’idées pour sauver de la faillite le berceau gnagnagna de notre civilisation, à l’image de l’Allemagne, qui, par la voix de son député Frank Schäffler, estime que « l’Etat grec doit vendre des propriétés foncières, comme par exemple des îles. » Solution radicale peut-être, mais solution finale. Et si l’Allemand de base n’a pas le pognon pour s’offrir un bout de Skopelos, il peut choisir d’attendre que la crise envahisse la France par une financière blitzkrieg : il pourra alors se payer, je sais pas moi, Vesoul ? 


     Trêve de galéjades. Notre bien- aimé Sarkoland n’en est pas encore rendu à ce genre d’extrémité, et conservera ses bourgades — même Vesoul, c’est dire. La crise, pour l’heure, ne fait jamais que nous effleurer, j’en veux pour preuve que certains commerces à la vitalité criante se permettent de pratiquer des promotions sur des produits qui, par ailleurs, ont fait la preuve de leur inutilité. Ainsi, un commerçant de Bordeaux proposait il y a peu une remise de 5% à tout client qui s’engageait à voter pour les Régionales, quel que soit le candidat choisi. « Voter peut rapporter », c’était le slogan de la semaine, affiché sur la porte de la riante supérette. Comme le résume si bien la femme avec qui  je partage mes endives au jambon : pour qui n’a rien à vendre, il faut croire que tout s’achète.


     J’avoue ne pas avoir tout à fait saisi le sens de cette dernière phrase, mais bon : son auteure étant une pierredaco-desprogienne de haute volée, j’ai préféré rire sans comprendre. C’est toujours mieux que le contraire.


     Trêve de galéjades, disais-je, et fi des considérations sur les endives, sur le jambon, revenons à nos moutons, autrement dit aux électeurs. Dimanche c’est le grand cirque, savez-vous, la piste aux étoiles mornées. Alors ça se montre, ça se frotte au peuple, ça le renifle sur les marchés et jusque dans le métro, ça s’engraille les pognes à serrer la main des bouchers, tout est bon dans le mouton, à partir du moment où il a sa carte d’électeur. Ça s’empeigne aussi, bing et beignes, à Montpellier Frêche bouge encore, qui bave, à propos de Martine Aubry : « elle va tenter un coup fourré, mais je vais me charger de sa réputation après les régionales. » Et de conclure, son gros cul posé sur le rebord du pinacle : « en m’attaquant, elle m’a transformé en icône. » En toute simplicité… Encore, pour se faire une idée du niveau de ces cancrelats, fallait-il voir Le Pen sur scène, dans les Bouches-du-Rhône, défendre « cette France blanche et chrétienne, menacée de disparaître », dénoncer « les mosquées qui poussent comme des champignons », assurer que « si demain la burqa est autorisée [à noter: on ne savait pas qu’elle était d’hors-et-déjà interdite], elle sera obligatoire dans certaines parties du territoire. » Cessons là. Laissons-le sombrer, corps et mal. Félicitons-nous simplement de voir Marine, la fifille en quête perpétuelle de respectabilité, s’arracher de pleines touffes de cheveux à chaque delirium de son grabataire de père.


     Et pendant que Jean-Marie compte les minarets, petit Sarko bat la campagne. Pour voyager, ça, ça voyage ! Toujours le même scénario, vider une ville de ses occupants, la remplir de flics et de militants Ump, un discours et petit tour vite fait puis retour au château et en hélico, s’il-vous-plaît, y’a Carla qui fait des gnocchis. Le Sarko-tour, cependant, si il est bien rôdé, ne peut éviter que parfois ça se mette à tanguer voir à partir en vrille. Ainsi, tout récemment, en déplacement en Charente not’président lui-même a annoncé le déblocage d’une aide exceptionnelle et déclaré dans cette région où, une fois la tempête passée, on avait repêché une cinquantaine de noyés, que ça allait permettre aux sinistrés de, sic, « sortir la tête de l’eau. » On voit qu’Yves Jégo n’a pas tort qui, en matière de discours, lui déconseille toute improvisation.


      Au collège, au lycée, toute improvisation sera pareillement proscrite, car soumise aux sunlights des caméras de surveillance. Après avoir supprimé des milliers de postes dans les bahuts, le ministre Bertrand s’emballe : « nous proposons très clairement que dans chaque lycée de chacune des régions, il y ait de la vidéosurveillance pour mieux protéger les Français. » Pour mieux, et de mieux en mieux, et toujours mieux les protéger, je propose au ministre et à ses affidés la « méthode Carrefour », laquelle  est d’une simplicité à faire pâlir de jalousie tous les Goebbels de province.  Prenez quatre vigiles, s’acharnant sur un pauvre bougre qui, crime horrible s’il en est, a tenté  de soustraire sans envisager de la payer une canette de bière. Bien entendu, la bande des quatre s’acharne un tantinet sur lui, au point que le type, flûte, il meurt. Ballot. Deux de ces tristes sires sont alors placés en préventive, pour le principe, et demandent immédiatement à être remis en liberté, arguant des « railleries » dont ils seraient victimes en prison, les pov’ choux. La société Carrefour, qui demeure leur employeur, déclare de son côté que si jamais ils sont libérés elle compte bien les réintégrer. « Mais pas au même poste », précise un avocat. Pourquoi, pas au même poste ? Il me semble  qu’ils ont fait leurs preuves.

 

                                                                                           Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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Lem 13/03/2010 03:36


Alors l'autruche, dimanche t'achète Vesoul à moins 5% ? Ah non ? c'est pas ça ?
Allez chapeau l'artiste pour cet article de haute volée !


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