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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 22:56

index-copie-5.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Hortefeux  bramer tel le pas beau veau nouveau né, en appeler, galéjade, à la présomption d’innocence, lui qui, à l’instar de son seigneur et maître, s’assoit dessus plus qu’à son tour. C’est qu’Hortefeux-nnec fait appel de la condamnation qui le frappe, entend donc par ce tour de passe-passe être encore et pour quelques mois tenu pour innocent. Cette condamnation, c’est rien moins que la seconde en six mois. Fut un temps cela aurait suffit à le rayer des cadres : autre époque, autres mœurs, dans l’empire (du Milieu) du Sarkozystan-pour-mille-ans, l’inconditionnel soutien du chef de l’état fait office d’hypra-passe-droit. Aussi Hortefeux-nouillard peut sans vergogne ni souci continuer de se livrer à ses sports favoris, l’injure à caractère raciste et la défense des flics véreux, comme il y a peu à Bobigny. « Ce ne sont pas les policiers qu’il faut mettre en prison, ce sont les délinquants. » C’est cela, oui, et inversement.

      Mais comment reprocher au rouquin ces quelques faux pas délétères, alors qu’il est, de jour, de nuit, en première ligne, sur tous les fronts ? Non content de devoir lutter contre cette saloperie de neige, plutôt, contre ces râleurs de Français refusant de se retrouver coincés pour la nuit dans leur bagnole par cinq petits centimètres de poudreuse, et alors même que le ministre pérore à la radio, non, « il n’y a pas de pagaille », il doit, par ailleurs, mettre les bouchées doubles quant aux expulsions de sans-papiers. C’est que, horreur !, les objectifs, cette année, risquent de ne pas être atteints. Aussi a-t-il dû exhorter les préfets à « accentuer l’effort », car d’ici le 31 décembre il leur faudra coûte que coûte trouver 2489 charterisables, afin de franchir la barre des 28000 expulsés et sabrer le champagne. « Communiquez sur les opérations », leur a-t-il conseillé, « pensez à la presse régionale, mais aussi à la radio et aux réseaux sociaux. » Les préfets ont ainsi été incités à créer des pages Facebook, et ont, à cet effet, reçu un petit manuel d’utilisation… Pour Noël, surprenez : offrez à vos proches un préfet comme ami sur TêtedeLivre.

      On déconne on déconne, et pendant ce temps-là d’aucuns, autrement plus lucides et graves, pavent l’enfer qui nous attend de leurs mauvaises intentions. Fillon : « nous incarnons pour les Français des heures difficiles. » On ne saurait mieux dire, pauvre Elvire. Le pire étant toujours pour demain, on aurait encore rien vu. Et Fillon de conclure, à l’adresse de sa majorité mais assez mystérieusement « bref, nous ne sommes pas dans la situation du jeune premier. » Baisse de régime, en ce moment, chez les fournisseurs « d’éléments de langage » ?  Peu importe, pour lui, au moins, les choses sont claires : « ils seront tous contre nous et tous contre le président de la république, il faudra donc former un bloc autour de Nicolas Sarkozy. » Ah oui ? Il serait donc candidat ? On nous cache tout…

      On nous cache tout mais on nous dit qu’on bouge encore, « je ne suis pas mort », tient à faire savoir Eric Woerth, « même si je décroche un peu aujourd’hui. » Woerth… C’est bizarre, c’est un nom qui me dit quelque chose. C’était pas quelque chose comme une marque de casseroles allemandes ?

      On nous cache tout mais on avoue que « naturellement, la réforme des retraites consiste à travailler deux ans de plus sans gagner plus. » Qui parle ainsi ? Sarko en personne, oui madame, et oui, non content de nous l’avoir mis grave, le voilà qui se moque, se paraphrasant sans vergogne. Au vu du peu de réaction émanant, en octobre/novembre dernier, des ectoplasmiques franchouilleux pleutres goitreux non grévistes à la masse voir à la ramasse, l’excité de l’Elysée aurait tort de se priver. Vous en voulez encore, du sarkopétainisme à la petite semaine, de la bonne vieille France bien rance à base de patrie, de famille ? Eh bien, voilà le travail : « si la vraie vie est en dehors du travail, c’est toute la société qui s’effondre. Le travail, c’est ce qui libère l’homme, ce n’est pas ce qui l’aliène. Quand on va au travail en se disant « je n’aime pas mon travail », je ne crois pas que les weekends soient très épanouissants. » Ainsi parla Sarko, dans une usine Snecma, le 13 décembre dernier. A quand la suppression pure et simple des weekends, « pas très épanouissants», au profit du travail qui, lui, « rend libre » ?

       Cependant, ce n’est pas parce que s’approche Noël, ce malfrat, qu’il faut déprimer à outrance — les boules de l’autruche sont de toutes saisons. Pas de dépression sous la neige, non, d’autant qu’apparaît là-haut, dans les cieux tel un aigle, Royal, dont le vol gracile domine toute morosité. « Je me suis mise en mouvement », délivre Ségolène. Puis, bougeant son corps mais lentement, la voilà qui devise : « nous ne sommes pas au service de la gauche, nous sommes au service de la France. » Hum. « Mon programme n’est pas socialiste », disait en 2002 Jospin… Enfin, moi, je dis ça je dis rien…

      Je dis d’autant rien que d’ici leur grand’messe 2012, il risque de s’en passer des choses, de s’en dérouler des coups de balai dans une Europe, rêvons un peu, résonnant au son des casseroles et des « que se vayan todos » et Mélanchon et Besancenot, pareils, oui, qu’ils se cassent TODOS. Je m’emballe ? A Londres la jeunesse ne lâche rien, ce ne sont pas, proprettes, nos manifestations de vieillards, ce sont, oui monsieur, pures émeutes. Athènes, Rome, connaissent pareillement en leurs centres historiques de ces feux de jeunesse, « du jamais vu », à ce qu’on en dit. En Espagne ça s’énerve aussi, de partout cela monte, ministre molesté (Rome), prince Charles pissant de frousse dans sa Rolls en plein Londres, lieux de pouvoir, partout, pris d’assaut, pouvoirs déconsidérés bien que très sidérés, les cons, militants, dans la rue, cette fois prêts à en découdre,… je m’emballe ? Non, pas de cadeaux, je déballe à froid : ça chauffe. Renseignez-vous.

      Jeudi 16 décembre, l’état de l’Oklahoma est drôlement embêté : il doit exécuter le condamné John Duty, par injection létale. Mais le produit habituellement utilisé se trouve être en rupture de stock. Qu’importe : l’ingéniosité, la débrouille, étant des valeurs bien connues de la grande nation étasunienne, on eut tôt fait de se procurer une dose d’anesthésiant vétérinaire, lequel fit parfaitement l’affaire. Joyeux noël à tous, et paix.

 


                                                                                                Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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