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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:25

images-copie-4.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? On en apprend de jolies, tiens, sur les mœurs vaticanes. Ainsi, Popol II, partisan de rudes pénitences, se flagellait à sang. Son biographe, Monseigneur Oder, par ailleurs postulateur de la cause de béatification (en langage ordinaire, le bonhomme chargé de son dossier en matière de sanctification), ne laisse aucun doute à ce sujet : « il s’infligeait lui-même à son corps [sic]  des douleurs et des mortifications, et souvent passait la nuit à-même le sol. » Eh bin. La sœur du-Saint-Etron-de-l'enfant-Jésus, chargée le lendemain de passer l’aspirateur, devait pas manquer de boulot. « Karol Wojtyla se flagellait avec une ceinture spéciale qu’il utilisait comme fouet », précise le monseigneur. « Elle avait quoi de spécial, la ceinture du pape? », m’a tout de suite questionné mon cousin Charles-Kevin, gérant d’un dépôt-vente d’ustensiles sado-maso du côté de Limoges-Nord. Je ne sais, cousin, je ne sais. Je ne peux que te répéter ce que confiait à un proche Jean-Paul, second de sa lignée : « ils essaient de me comprendre de l’extérieur, mais je ne peux être compris que de l’intérieur. » Existe-t-il, cousin, plus bel éloge de la sodomie ?

 

     Il en est en tout cas, cette semaine, un autre.  Je pense au discours de Tony Blair, qui nous l’a mis profond et qui, sommé de s’expliquer devant une commission d’enquête au sujet de l’engagement de son pays lors de la seconde guerre d’Irak, a avoué : « je me sens coupable, mais sans regret. » Se sentir coupable, lui ? La blague. « Nous étions convaincus que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. » Vouis vouis. Le caniche bushien n’a d’autres excuses que celles, déjà usées jusqu’à la corde, par son seigneur et maître. « Je n’ai aucun regret », a insisté Tony. Toujours les mêmes mots, les mêmes foutreries, dans la bouche des fossoyeurs, quel que soit leur camp, leur drapeau…  Il serait peut-être temps de trouver le moyen de leur en donner, des regrets, non ?

 

     Il semblerait toutefois que ces temps-ci, le regret ne soit plus de mode. Voyez Galouzeau de Villepin, en son habit de lumière : regrette-t-il quoi que ce soit, une fois blanchi (sous le harnais ?) de la pathétique affaire Clearstream ? Que Nenni, Ophélie, que non, oncle Gaston ! Non content de s’en sortir, c’est le cas de le dire, à moindre frais, voilà-t-y pas que le Galouzeau entend « se tourner vers l’avenir pour servir les Français et contribuer, dans un esprit de rassemblement, à redresser la France. » Rien que ça. Traduction : le gars se voit déjà candidat aux futures présidentielles. « Je ne suis pas mort ! », tonne-t-il. C’est oublier le croc de boucher auquel Sarko s’acharne à vouloir le suspendre, l’appel téléguidé du procureur Jean-Claude Marin, lequel procureur n’aurait reçu, selon MAM, ministre de la justice, « aucune instruction ni incitation. » On y croit dur comme fer. En tout état de cause, il y aura un second procès, dont l’issue nous importe peu. L’autruche relève néanmoins que dans notre belle merdocratie, l’opposant principal à la sarkozerie, c’est Villepin. Nous en sommes là.

 

     Et les socialistes, direz-vous, que font-ils, où sont-ils ? Sur le ring, comme d’habitude. Après que le gros Frêche, en son fief montpelliérain, se soit gaussé d’un Fabius qui « a une tronche pas très catholique », s’est déclenchée une bronca, menée par Aubry, contre lui. Le Parti socialiste, savez-vous, est un de ces partis qu’on quitte tout en y restant, finalement. Tel est le cas de Frêche, racialiste notoire, mais poids lourd en Languedoc. Impossible, dans ces conditions, de vraiment dégager le bonhomme. Du coup, Fabius, en cas de second tour Frêche-Ump à l’occasion des régionales, estime que « le minimum, c’est l’abstention. » Entendre un ex-premier ministre faire campagne pour le non-vote constitue un plaisir, trop rare.

   
        Les socialistes, en tout cas ceux qui continuent de s’autoproclamer comme tel, j’en ai croisé tout un troupeau, lors de la manif syndicale du 21 janvier. Des tout frais, des jeunots qui sentaient le lait maternel, des MJS, quoi. Sagement rangés sur le trottoir ils distribuaient leurs tracts, le sourire étudiant aux lèvres. Or, il se trouve que l’objet de cette manifestation —la sauvegarde des services publics — entrait en pleine contradiction avec la présence, fut-elle post-pubère, de représentants d’un parti ayant en son temps amorcé la casse de ces services publics, et dont la secrétaire nationale s’était, pas plus tard que la veille, déclarée en faveur d’un allongement du temps de travail. L’autruche a donc été les voir, ces petits drôles sentencieux, bec dehors et cou très tendu leur a signifié Vous n’avez rien à faire là, cassez-vous, dégagez, bande de nases, la droite, c’est aussi vous. C’est alors que j’ai senti dans le regard du gars qui me tendait son putain de tract, de ce jeune Marc-Edouard fraîchement émoulu d’une quelconque école de commerce mais « jeune socialiste » tout de même, comme une pointe de tristesse et de découragement. Vous savez, ce regard qu’on lit chez les flics, quand ils se rendent compte tout à coup que personne ne les aime, et qu’ils ne savent même pas pourquoi. Un regard animal, quoi.

    
       Plus tard, lors de cette ballade syndicalo-bêlante sans intérêt aucun, j’ai ri, tout de même, oui, tandis qu’on passait devant le théâtre de la porte Saint-Martin : un fieffé boute-en-train bien que cégétiste de base mais doté d’un lourd mégaphone, lisant sur le fronton le titre du spectacle, lança dans son micro « libérez nos camarades ! » On joue La cage aux folles, en ce moment, dans ce théâtre.

   
       Les libérer, ça va être dur, et surtout les libérer tous : après l’aveu contraint, par le gouvernement, d’une sous évaluation dantesque du nombre de gardes à vue, on arrive, pour 2009, au chiffre de 900 000 GAV. Elles ont donc triplé depuis 2001. Une paille. Le gars Gachet, représentant en la matière du ministère de l’intérieur, a expliqué que l’oubli, dans les stats’, de près de 200 000 GAV provenait du fait qu’il « y avait deux comptabilités distinctes. » Comme chez les mafieux, quoi. De son côté Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, affirme « nous ne sommes pas des acharnés de la garde à vue. » La preuve : 63 millions de Français y ont échappé cette année. En un mot comme en mille, Emile, que certaines associations faisant leurs choux gras de la défense des droits du citoyen commencent doucement à se réveiller et à s’étonner de cette curieuse inflation des privations de liberté, risque peu de modifier le comportement des flics. Intouchables et cartes-blanchés, la poulaille se donne à fond, laisse libre court à ses tendances excessivement paranoïaques. Or, comme le dit en un murmure teinté d’évidence gracile ma camarade et néanmoins copine Isabelle T., « la paranoïa n’est jamais qu’un altruisme déçu ». C’est une explication. Si ils nous GAV, les flics, c’est parce qu’on a pas su combler le désir, désespéré, qu’ils ont de nous venir en aide ? Si tel est le cas ils peuvent continuer à se toucher.

    
     N’auront pas échappé aux GAV, plus tard, aux expulsions, les 83 Rroms de Clichy-la-Garenne, vieillards et enfants compris. C’était le 27 janvier dernier. Ne nous échappe pas, à nous, que, ce même 27 janvier, était commémoré le 65e anniversaire de la libération d’Auschwitz, camp dans lequel 21 000 Rroms trouvèrent la mort. « Cette commémoration est un devoir d’humanité », a déclaré Sarko dans un message lu à Auschwitz. Compassion, à l’égard des victimes d’hier, « fermeté » vis-à-vis des victimes d’aujourd’hui : quand la police actuelle se montre la digne héritière de la police d’hier, de celle qui bourrait les bus en partance pour Drancy, la schizophrénie assumée du néopétainisme quitte l’ordre du symbolique. Elle meurtri les chairs, brise les vies et détruit les êtres, aussi sûrement que son ancêtre.

    
      Dans le même ordre d’idée, on apprend que Gérard Mordillat, cinéaste, écrivain, est l’objet d’une plainte déposée par Eric « Laval » Besson, ministre des expulsions et du Kärcher réunis. Sa faute ? Avoir déclaré lors d’une interview que la phrase de Brasillach, durant l’occupation, disant qu’ « il faut se séparer des juifs en bloc, et ne pas oublier les petits »,  « pourrait servir d’exergue à son ministère du racisme et de la xénophobie : il suffirait de remplacer « juifs » par Afghans, Tchétchènes, Roms, Maghrébins, Africains, Chinois etc. » Bref, Mordillat s’est contenté de résumer l’avis de tout ceux qui, de près ou de loin, ont pu constater les ravages de l’actuelle chasse aux sans-papiers, et des rafles qu’elle implique. Oui, j’ai bien dit : des rafles. Et j’en rajoute, tiens : chaque centre de rétention, lesquels pullulent en Sarkozie, sont autant de petits Drancy. (1)

 

     Au milieu de ce marécage qui voit renaître et prospérer les idées purulentes et autres pestilences émanant de la glorieuse année 1943, on reparle, comme par hasard, de la burqa, huile jetée sur un feu qui pourtant brûlait bien, merci. Il y aura donc une loi. Peut-être. Inapplicable certainement, mais une loi, tout de même. Les deux margoulins président-rapporteur de la commission chargée d’examiner l’avenir républicain de ce bout de tissu en seront certainement ravis. S’en réconcilieront-ils pour autant ? Pas certain. Car entre Gérin, le vieux stal’, et Raoult chiraquien de combat, le torchon brûle, de long temps. Selon un proche des gagmen, « cela aurait pu être Laurel et Hardy : c’est plutôt Dupond et Dupont. » On a les références qu’on peu…  Quand Gérin dit de Raoult « c’est vrai qu’il a des côtés insupportables et que, parfois, on a envie de le taper », Raoult dit de Gérin : « il est complètement irrationnel, c’est un populiste. » Ambiance… Mais lorsqu’il s’agit de dénoncer la « marée noire » du voile intégral menaçant soi-disant la France, la République, la Civilisation, ces deux là se retrouvent comme larrons en foire. Comme quoi ça a du bon, le fondamentalisme musulman, ça suscite l’Union Sacrée à la buvette de l’Assemblée, autour d’une assiette de cochonnaille et d’un verre de chablis. A la votre, bande de ploucs.

    
       T
andis que ces nuisibles n’en finissent pas de chier des lois comme les pigeons se répandent en fientes, Howard Zinn cassait sa pipe en toute discrétion. Sans emmerder personne. Il y a des gens qui savent se tenir.

 

                                                                                                 Frédo Ladrisse.   

 

(1) Pour soutenir Gérard Mordillat, rendez-vous là :     jesoutiensmordillat@gmail.com

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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