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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 18:50

 

Sans titre-1 copieTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Beuglements, meuglements et crialleries diverses, comme à chaque nouvel an. Bonne année, disent ceux qui s’en foutent, et surtout la santé, rajoutent ceux qui veulent votre mort. L’hypocrisie est générale, de bon aloi, obligatoire. Pour sa part l’autruche se contentera de lui chier dans la bouche et de lui pisser à la raie, à ladite bonne année, non sans vous souhaiter de tout cœur une excellente nouvelle révolution solaire numérotée par paresse « 2014 ». Qu’elle soit pour vous sucrée/salée, et secouée comme il faut.

     Fin d’année, période des bilans. Ainsi Renaud Murail, gérant chez Barclay’s Bourse, nous rassure : « le marché n’est pas dans une phase d’euphorie mais va mieux. L’environnement est moins stressant qu’il y a deux ou trois ans. » On est content pour le marché. Et content pour Murail. Le même prédit par ailleurs que « le marché va rester dans un contexte de politique monétaire ultra-accommodant. » Chouette alors. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les banques centrales, avec notre pognon, vont continuer de soutenir les marchés financiers, dans des dimensions dépassant totalement l’entendement. Ainsi, en 2013, la réserve fédérale américaine (la FED), aura acheté pour 85 milliards de dollars d’actifs, CHAQUE MOIS. A comparer avec les 11 milliards que pèse le trou de la Sécu. Et qu’on nous contraindra bientôt à combler avec les six centimes qui nous restent dans la poche. Mais ça n’a rien à voir !, tonitruent les Rapetou, devenus multimilliardaires. La bourse c’est la vie, alors que la santé c’est la mort ! La mort des pauvres, d’accord, mais quelle idée n’est-ce pas, que d’être pauvre et malade.

     Il y en a, curieuses personnes, que ça amuse, l’espace de quelques jours, de jouer au pauvre comme on joue à la marchande, ou à la guerre. « Avis aux amateurs de week-ends culturels ! », annonce sans barguigner l’Express, avant de vanter un séjour au cœur de Soweto, bidonville par excellence de l’Afrique du Sud, celle d’hier, celle d’aujourd’hui. Bref, un hôtel pour blancs au beau milieu d’un ghetto noir, peuplé de quatre millions d’habitants : visite comprise dans le prix, dépaysement garanti ! Qu’il est doux, pour un Blanc ne sachant plus quoi faire de son argent, d’aller deux jours s’immerger dans la misère Noire… Et d’espérer que ses enfants auront bien retenu la leçon : Adolf, Astrid, avez-vous vu ces malheureux se battre pour un verre de lait ? Savez-vous pourquoi ils se battent ? Parce que le lait est blanc, papa, et que tout ce qui est blanc est bon. On peut reprendre du chocolat ?

     En une autre contrée sauvage d’autres voyages sont organisés, ceux-là moins culturels, et parfois sans retour. Il s’agit, vous l’aurez deviné, du Japon trois fois millénaire (ou moins, ou plus, on s’en tamponne le kimono). Ça chie grave dans les réacteurs au pays du soleil levant, soleil ayant tendance à tourner couleur plutonium, d’un verdâtre à vomir. Trois ans après la catastrophe, la main d’œuvre se fait rare pour s’en aller balayer les neutrons dans les rues. De l’argent il en manque aussi, puisque cette salope de Tepco, boîte privée gérant la centrale, a décidé de ne pas payer le prix de la décontamination (« ce qui est tombé chez les gens appartient désormais aux gens », principe débile s’il en est, dont nous avions déjà parlé), et puisque l’Etat nippon a tenté de se substituer à Tepco sans garantie aucune en terme de sécurité et en payant mal l’ouvrier. On comprend que ça ne se bouscule guère aux portes de l’enfer nucléaire. Manque de personnel ? Pas d’inquiétudes, la mafia veille, en recruteur hors-pair. « On traîne ici avec nos sacs, on tourne autour de la gare, on est faciles à repérer », explique Shizuya, sans-abri japonais. Car c’est dans cette population que les yakusa recrutent, comme d’ailleurs ils l’ont fait dès le début de la catastrophe. Contre quelques billets ces pauvres gens montent dans un bus qui les conduira sans détour jusqu’à la zone rouge. Là, on les équipera d’un masque anti-poussière en tout point comparable à celui que vous utilisez lors de vos travaux de peinture,  et tout aussi risible que le misérable balai qu’on placera dans leurs mains avant de les envoyer nettoyer les maisons, les rues, désertées depuis des années. « Vous cherchez du travail ? Vous avez faim ? On répond oui, et ils nous offrent un job », poursuit Shizuya. Y-a-t-il plus bel exemple de ce qu’on appelle fréquemment, et par facilité, le capitalisme sauvage  (comme si il pouvait exister un « capitalisme docile », un capitalisme dressé, capitalisme « de compagnie » comme on dit d’un chat ou d’un chien) ? Laissons cette chimère à ATTAC et aux socialistes de droite, et rendons-nous à l’évidence : le capitalisme montre ici, dans le cauchemardesque « traitement » des suites de Fukushima, son visage le plus réaliste. Aussi s’étonne-t-on à peine d’apprendre que, selon le journaliste Tomohiko Suzuki, « les yakuza se tournent maintenant vers les handicapés mentaux et les personnes endettées. » Quoi, il est pas joli, le jeu du marché « libre et non faussé » ?

     Est-ce jeu, cette loi du marché, qui amena Hollande à, une fois encore, changer de partenaire au milieu de la danse ? L’ancien régime n’est jamais loin des ors de la république, courtisanes, première dame et autres favorites. D’aucuns imaginaient, en écartant Strauss-Kahn, avoir évité le pire. C’est probable, ce n’est pas certain. Le satyre effacé, nous revoilà avec, à la tête de l’Etat, un désordonné séducteur contrôlant bien difficilement ses libidinales pulsions comme ses coups de cœur de jeune pré pubère. Certains voient là une mascarade, une mise en avant de la sensualité hollandaise, permettant de faire passer et comme en douce l’énorme cadeau que les socialistes s’apprêtent de nouveau à faire au patronat. 30 milliards de transfert des cotisations familiales, qu’il n’aura plus à débourser. Qui réglera la note ? Je vous laisse deviner. Ces 30 milliards venant s’ajouter aux 63 milliards d’aides aux entreprises que supportent déjà le contribuable, on comprend que le Medef se frotte les mains, et promette monts et merveilles, comme la création d’1 million d’emplois sur cinq ans. Voilà où nous en sommes : les citoyens pensent financer une éventuelle baisse du chômage de quelques points, sans plus, en sacrifiant leur niveau de vie, en acceptant de voir leurs salaires stagner depuis des années, autorisant l’Etat à leur faire les poches et à chercher bien au fond. Pendant ce temps les patrons encaissent les chèques, et demandent davantage d’efforts, sans rien promettre de concret. Ce « pacte de responsabilité » signé entre irresponsables, gouvernants et chefs d’entreprise, se veut en effet non contraignant. Or, il est une constante : depuis plus de trente ans, jamais aucun effort consenti par l’Etat et donc le contribuable à l’égard des patrons n’a produit le moindre effet durable en termes de baisse du chômage. Mais l’essentiel n’est-il pas que notre président soit heureux en amour ?

                                                                                              Frédo Ladrisse.

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