Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 19:53

images-copie-1.jpegTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Pendant qu’Haïti, tant bien que mal, continue de panser ses plaies, on apprend sans grand étonnement que le pays croule sous les dettes, ce qui n’est pas sans rapport avec l’ampleur de la catastrophe. On apprend par exemple qu’en 2003, le pays avait officiellement demandé restitution des 21 milliards de dollars actuels, rançonnés par la France au XIXe siècle sous prétexte d’indépendance. Une commission guidée par l’ineffable Régis Debray s’était, à l’époque, opposée au remboursement, au motif que cela risquait de donner des idées aux anciennes colonies. Refus avalisé par Chirac. Aujourd’hui, ce fric est toujours dû, et la dette extérieure d’Haïti est détenue à 80% par la Banque Mondiale et le Fmi, lequel Fmi propose, en son infinie générosité, d’en effacer un petit quart, soit le montant des intérêts sur environ deux ans. Merci, Monsieur Strauss-Kahn... La dette, aussi surprenant que ça puisse paraître face aux terribles circonstances, personne, de la Maison-Blanche à Bruxelles, ne parle de l’effacer totalement. C’est la main qui serre les couilles des pays pauvres, la dette, et permet de les tenir tranquilles. Pas question de s’en priver.


     Dans l’histoire d’Haïti, à de nombreuses reprises les puissances étrangères — au premier rang desquelles l’actuel  « sauveur » états-unien —, se sont servit de cette dette comme moyen de pression. Depuis les années 80, les régimes ont valsé au rythme des coups d‘état, en fonction de leur docilité à l’égard de l’Amérique et des occidentaux. Pendant ce temps le Fmi, de plan d’ajustement en plan d’ajustement, prenait soin de ruiner l’agriculture du pays, jusqu’à provoquer une grave crise alimentaire en 2008, suivie d’un exode rural qui vit le taux de chômage atteindre les 60%, et l’avènement des bidonvilles. « Maudite », Haïti ? Etranglée, oui, pillée, mise en coupe réglée par ceux-là même qui aujourd’hui prennent leurs quartiers sur ses décombres. Mais chut !, l’heure est au deuil, au recueillement, aussi est-il malvenu de rappeler ce qui conduisit à l’horreur, aux maisons de tôles s’écroulant sur des gens ne pouvant guère compter sur des secours depuis longtemps démembrés parce que trop onéreux au regard du capitalisme mondial .Horreur, deuil, recueillement ? C’est très certainement la raison qui pousse l’ensemble des grands médias à respecter, au sujet des raisons objectives de ce massacre, comme un assourdissant silence.

 

       Combien Proglio versera-t-il à la campagne humanitaire haïtiano-mondiale? Ce deux fois grand patron ne devrait pas tarder à médiatiser son obole, histoire de se refaire une image, qu’il a grandement endommagée. Mais fi ! Sinistre prince, le patron de Véolia et/ou Edf a renoncé à son double salaire. Ce type est un héros. Ne lui restera plus que les émoluments versés par Edf, soit tout de même 1,6 million d’euros annuels. « Ces très hauts salaires correspondent à un très haut niveau de compétences », glapit Copé, qui s’y entend. Est-ce à dire que les bas salaires correspondraient   pareillement à un très bas niveau, du registre glandouille ? J’ai un très bas salaire, ah ah. Mais Copé, qui n’en est plus à une tartine près, en rajoute dans la confiture : « d’autres régimes ont essayé de faire autrement : c’était il y a une centaine d’années et on sait ce que ça a donné. » En somme, c’est Proglio ou le stalinisme, hein. Eternelle rengaine, qui ne nous fait même pas regretter les grandes heures Thorez.


     D
e son côté, Clémentine Autain, improbable rejeton de Maurice et d’Arlette, s’avoue « lassée » des sempiternelles bisbilles à la gauche de la gauche. Pov’ choute, qui « en a marre du verrouillage du Pcf », en matière de constitution des listes pour les régionales à venir. C’est tout le problème avec les ex-cocos, telle Autain : quand ils se retrouvent victimes d’un système qu’ils ont défendu et nourri des années durant, c’est sur nos épaules que ces drôles viennent chialer. Qu’ils aillent se moucher ailleurs, on ne sortira les mouchoirs que pour leur dire au revoir, adieu, et à jamais.


     On aimerait en dire autant à ce qui reste du Front National, mais il faudra attendre : le bestiau bouge encore, quoi que blessé. Certes, il a des ennuis, notamment financiers, et les avis de saisie commencent à encombrer la boîte aux lettres du siège. Mais qu’importe, pérore le trésorier du parti, lequel répond au joli nom de Walleyrand de Saint-Just : « on mangera du maquereau au lieu de manger du bar », ironise le galant. Quoi, y’a plus de merlan ?


      Tant qu’on est dans la poissonnaille, autant en profiter pour saluer la mère Aubry. Elle fait des prix sur les crevettes, et en profite pour brader les régimes de retraite, qu’elle rêve, elle aussi, d’allonger. « La réalité aujourd’hui, c’est que beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans », a lâché la rombière. En prenant soin, bien entendu, d’éviter de se demander si c’est un choix ou non, en évitant aussi de préciser ce que peut bien signifier « beaucoup de Français. » Parce que ça ne nous fait pas une majorité, ça, encore moins une règle, c’est flou ça, « beaucoup de Français. » L’âge moyen de cessation d’activité, en France, est de 58 ans, point. Même chez les poissonnières. Au reste, ne chargeons pas trop la barque brinquebalante  et déboussolée du Parti qu’on dit socialiste, puisqu’elle n’est pas la seule à dévaler non sans disgrâce le torrent de cette campagne électorale qui, comme de coutume, s’annonce propice aux bourdes, aux lourderies, aux gags. Ainsi la clownesque Jouanno, tête de liste Ump en notre Parisienne Région, déclarait il y a peu et en y allant tout de go qu’« il faut automatiser les lignes 1, 4 et 14 du métro. » Automatisation qui, pour la première de ces lignes, est en cours de réalisation, et pour la 14e réalisée depuis des années. Voilà ce que c’est de vouloir faire peuple ! Quitte à passer pour ridicule, mémère Jouanno aurait tout aussi bien pu exiger l’eau courante et le gaz, à tous les étages.

 

     A tous les étages de la fusée de l’identité nationale (mazette, quel enchaînement !) ça commence à sentir le roussi. Le jour où sortira le bêtisier du débat idoine, nul doute que Gaudin-de-Marseille y figurera en bonne place, lui qui vit, l’autre jour, « 15 à 20.000 musulmans déferlant dans les rues de Marseille », tel un Charles Martel hissé au cul de sa Rossinante. Sonnez tocsins, sur le vieux port, résonnez, marseillaises de tous les pays ! Besson était présent qui, comme d’accoutumée, n’a rien trouvé à dire. Heureusement une femme, se présentant comme une militante « Rpr, heu… pardon, Ump », a su, en sortant de la salle, exprimer le sentiment général qui anime la populace sarkozystique. Ainsi s’est-elle dite « déçue de n’avoir entendu que des musulmans qui, au bout de la troisième génération, ne veulent toujours pas s’intégrer. » Pas de doute, on avance. Et dans le bon sens, encore.  J’en veux pour preuve l’exercice de gerbage yaourteux dont nous ont gratifié les activistes des Panthères Roses, lors d’une de ces réunions de beaufs à laquelle, une fois encore, Besson assistait, tout contrit. Selon ces sympathiques panthères, ce débat « sent le rance, il donne la nausée. » Joignant le geste à la parole l’une d’elle s’est mise à vomir du yaourt à-même la moquette.  Toutes se sont bien évidemment fait sortir de la salle, sous les huées et autres républicaines insultes. Qu’est-ce que ça sera le jour où elles se pointeront en burqa ?

 

     Nul doute qu’elles seront traînées en place de Grève et vouée à la vindicte, bien compréhensible, du peuple. Mais allons-y doucement, si on peut dire : pour commencer, Xavier Bertrand propose « une disposition claire et simple: une personne qui porte la burqa ne pourra pas acquérir la nationalité française. » Et celles qui l’ont déjà, on leur fait quoi, on leur enlève, au même titre que leur bout de tissu ? Déjà, se fait jour le désir de leur enlever tout un tas de choses, au premier rang desquels, selon Frédéric Lefèbvre, « l’accès à un certain nombre de droits, les prestations sociales, les allocations familiales, et les titres de transport publics. » C’est une idée ça, tiens, les priver de bus, les faire marcher, puisqu’on ne peut pas les fouetter. On ne peut pas non plus, pour l’instant, leur imposer le port de l’étoile (ou du croissant) vert. Mais patience, ça viendra.

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.

 

Ps : on s’étonnera peut-être que l’autruche passe sous silence le dernier show télévisuel du présidentiel bouffon. Mais face à un non-événement le silence s’impose, non ?     

Partager cet article

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Quand L'autruche eternue
  • Quand L'autruche eternue
  • : "Hommes/femmes politiques, journalistes au petit pied, philosophes du dimanche ou stars à la ramasse: tous sèment des perles de bêtise, sans se douter que, dans l'ombre, l'autruche les note, les commente, s'en gausse, et recrache le tout sur ce blog."
  • Contact



Publication aléatoire,
inscris-toi à la newsletter pour être informé des
 nouvelles publications.

Rechercher

Vieux Trous

'autres qui font des trous

  
 

images-copie-43.jpg

LIEN-ZONA-YAROST.jpg

LIEN-FA-CLAAAAAASH.jpgLIEN-COLLECTIF-CONTRE-CULTURE.jpg

LIEN DIONYVERSITElien-maldoror.jpg

LIEN-EDITIONS-DU-ML.jpg

lien-Publico.jpg

lien-radio-libertaire.jpg

LIEN ML