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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 16:46

images-copie-41.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Haïti, rien de plus logique, occupe les esprits et la totalité des Unes. Il y a comme ça des contrées dont on serait tenté de penser, si le malheur voulait qu’on soit un brin croyant, qu’elles ne sont pas aimées de dieu. Maudites ? C’est ce que pense Pat Robertson, télévangéliste de son état, pour qui, ça ne fait pas un pli, le séisme dévastateur n’est rien moins que la conséquence d’un pacte avec le diable. Selon lui, il y a deux siècles, les Haïtiens se sont réunis et ont dit au bonhomme à cornes « nous te servirons si tu nous débarrasses des Français. » Ni une ni deux, le diable, qui n’aime pas la France, « a dit d’accord, marché conclu. Depuis, ils sont victimes de malédictions, les unes après les autres. » Une série noire, en somme, qui ne semble pas près de s’achever, puisque les Etats Unis ont dépêché sur place pas moins de 12 000 Gis, plus un porte-avion nucléaire plus je ne sais combien d’agents, quelques uns très spéciaux, des spécialistes, du matériel, des moyens. Commençant par sécuriser l’aéroport de la capitale, ils se sont, de fait, assurés le leadership  en matière de secours, d’aide, surtout de maintien de l’ordre et, plus tard, de reconstruction. Pour la bonne cause, dites-vous ? On verra combien de temps ce contingent mettra à quitter Haïti et à lui rendre sa pleine et entière souveraineté. On en reparlera dans vingt ans, quand le diable aura des dents.


     La solidarité en guise de paravent cachant d’autres vues, moins avouables ? Allons… Il n’y a pas jusqu’au Fmi qui, par le biais de son directeur général j’ai nommé Dominique Strauss-Kahn, ne se tienne « prêt à jouer son rôle avec le soutien approprié dans nos domaines de compétences. » Désolée de jouer les volatiles de mauvais augure, l’autruche n’en trouve pas moins qu’une telle annonce n’est pas, loin s’en faut, une bonne nouvelle pour le peuple haïtien. Nul besoin d’être grand clerc pour deviner la nature du soutien apporté par le Fmi, soutien que l’île, ravagée, ne sera pas en mesure de refuser. Suffit d’être, comme Mike, mon pote lead vocal dans un groupe hardcoreux qui mange des poneys sur scène, un peu au fait des agissements de cette mafia officielle. « Ils vont leur proposer deux ou trois milliards de dollars remboursables sur dix ans, à la condition qu’ils acceptent de privatiser les domaines de la santé et de l’éducation, pour commencer. Et comme les Haïtiens ne pourront jamais rembourser, ils devront aller plus loin, le pays étant sous la coupe des enfoirés du Fmi. C’est trente années de misère, au moins », me confiait l’autre matin ce dévoreur d’ongulés, par ailleurs brillant analyste économiste s’il en est.


     La générosité, la vraie, ce n’est donc pas du côté de New York qu’il convient de la chercher. C’est du côté du Ministère de l’Identité Nationale. Ainsi Eric Besson n’a-t-il pas hésité, dès le lendemain de la catastrophe, a annoncer officiellement la « suspension immédiate de toute procédure de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens, en situation irrégulière sur le territoire national. » Et après on dira qu’il n’a pas de cœur… Dans la foulée, ses services précisaient que cette mesure, toute temporaire, était prise « en raison du séisme qui a frappé l’île. » L’aéroport de Port-au-Prince ne serait plus en mesure d’accueillir les charters en provenance de Paris ?


     Fi du mauvais esprit, la barque bessonienne est assez chargée ces temps-ci sans qu’on y rajoute son pavé. On vous entretenait ici, la semaine dernière, de l’opus publié par l’expulseur en chef, une poignée de pages titrée « pour la nation ». Et voilà que de mauvais coucheurs l’attaquent pour contrefaçon et concurrence déloyale, étant donné que ce titre fut déjà celui d’un bouquin écrit par l’avocat Varaut, par ailleurs ordure royaliste, défenseur de Jacques Médecin, de Bob Denard et de Maurice Papon — que du beau linge… Cette nouvelle déconvenue, parfaitement anecdotique, nous donne cependant l’occasion de jouir du spectacle, trop rare, de nationalistes de tous poils se flinguant à bout portant. Les héritiers de Varaut (lequel est décédé) demandent que soit interdite toute réimpression du bouquin de Besson. Ça va devenir un collector comme, en son temps, Mein Kampf


     Collector également, sa dernière proposition : emporté par le flot délirant de son débat débilitant sur l’identité nationale, voilà que Besson propose une « charte des droits et des devoirs », que signeraient les jeunes arrivant à majorité. Elle « édicterait des principes moraux et politiques » et ce serait « un symbole, mais aussi une forme de serment. » Hum, serment, ça ne vous rappelle rien ? Scout un jour, pétainiste toujours !


     Mais laissons-là ce triste sire et ses fantasmes en culotte courte, et rions un peu, ça nous changera, sur le dos de la loi Hadopi. On a appris lundi dernier que le logo de la nouvelle instance a été crée à partir d’une typographie qu’elle n’avait pas achetée. Une typo piratée, donc. Son créateur s’est fait connaître, comme personne ne lui avait demandé l’autorisation de se servir de son œuvre, qu’il avait dûment déposée et que personne, à fortiori, n’avait songé à le rémunérer. L’agence qui a réalisé le logo évoque pour sa part une « erreur de manipulation informatique », ce qui est un peu court. Ils ont pompé, c’est tout, pris les doigts dans le pot de confiture photoshopée les voilà bien gênés. Pirater un artisan-typographe serait donc moins grave que de télécharger la dernière soupe lyophilisée de la multimillionnaire Charlotte Gainsbourg ? On s’en serait douté. Ainsi, nous ne saurions trop conseiller aux éventuels pirates qui auraient maille à partir avec les sbires d’Hadopi d’évoquer, en matière de défense, une bête et simplissime « erreur de manipulation ».


     Restons dans le domaine du high-tech archi-toc et rendons-nous, séance tenante, en l’église londonienne du quartier de la City. En cette enceinte se déroulait, le 11 janvier dernier, un service spécial, au cours duquel quelques 80 traders ont pu faire bénir leurs… téléphones portables. « J’ai prié pour les gens qui utilisent les nouvelles technologies et ceux qui les font fonctionner », a expliqué le prêtre. « Pendant que je priais dieu pour qu’il bénisse ces outils, l’assistance tenait les téléphones en l’air. » Bientôt, de grands bûchers pour brûler windows vista, des cantiques à la gloire de linux, la crucifixion de Bill Gates ?


     M
artine Aubry, elle, ça l’énerve, ces câbles, ces claviers, ces mulots, tout le bordel numérique : à peine venait-elle de finir la lecture du manuel de son minitel modèle 1980, qu’un de ces conseillers lui glissait à l’oreille que des vœux via le net, c’est in. Ah, s’étonnait Martine. Bon d’accord allons-y, dit-elle, non sans appréhension. Ainsi, c’est sur le site du Parti que nous apprîmes que « 2010 sera l’an 01 de la reconquête socialiste » — quelle comique, cette martine…mais où va-t-elle chercher tout ça ! —, et que, lorsqu’ils pensent aux batailles à venir, « les socialistes en frétillent ». Menu fretin exactement, petite pêche pour toutes ces grandes gueules dont l’ambition est l’aliment et les batailles tristement, chichement électoralistes. Qui gardera son poste, parmi ce petit personnel, après les régionales : tel est le seul, le mièvre enjeu agitant la friture.


     Pour Le Pen, l’enjeu est ailleurs. Dernier numéro de claquettes pour le vieux canasson, et mon petit doigt me dit qu’il fera tout pour marquer le coup. Pour l’heure, Sarkozy et Besson faisant campagne pour lui, il n’a qu’à prolonger ses siestes et ses séjours en institut gérontophilopétainiste, se contentant de rappeler que « l’âme française n’est pas partageable avec les peuples qui, paraît-il, veulent vivre avec nous, surtout ils veulent vivre sur not’dos, oui ! » Dans le registre de l’appel non-discret du pied aux électeurs frontistes égarés dans le sarkoland, le verrat peut aller plus loin : « non, la France n’est pas métissée, qu’il y ait des métissages individuels, ça c’est normal, c’est la liberté de chacun de se marier avec des ethnies différentes, mais pour l’instant, les Français de souche, ceux qu’on appelle les souchiens, sont encore majoritaires en France. » Souchiens, c’est joli hein ? Certes, ça sonne un peu chenil, et ce n’est pas très enjôleur. Pourquoi, mon gros, ne pas les appeler les surchiens ?


     Quoi qu’il en soit, la secrétaire d’Etat —rires— Fadela Amara — re-rires—, du fond de sa retraite contrainte fait savoir qu’elle n’est pas d’accord avec Le Pen. Si si, la France est métissée, qu’elle dit. Et de citer « Yannick Noah, Zizou et Dany Boon, qui a un papa kabyle [sic], comme personnalités préférées des Français. » Les beaux exemples que voilà ! Comme la France est généreuse ! Même qu’elle laisse vivre chez elle des Arabes et des Noirs. A condition, évidemment, qu’il s’agisse de milliardaires, diront les mauvaises langues…


     Mauvaises langues également, celles que commence à fatiguer l’autoritarisme sournois d’un Philippe Val qui, à la tête de Radio Paris, laisse entendre à quel degré l’humoriste Guillon l’insupporte. Pour tout dire, il le trouve « odieux ». « Il est faux de dire comme il dit que j’ai été nommé par l’Elysée », brame ce grand cerf blessé de Val, « j’ai été nommé par Jean-Luc Hees. » Lequel Hees fut nommé à la tête de Radio France par Sarkozy himself, ça change tout ? Pas trop. Val, toujours patron de Charlie et vireur de Siné devant l’éternité, avoue ne pas avoir envie « de toucher à Guillon, de mettre les mains là-dedans. » Re-sic ! Selon Kim-Il-Val, toujours, à France Inter « l’actionnaire ne serait pas très bien traité. » Pour Val-taille, l’actionnaire, c’est l’Etat, c’est Sarkozy-Bruni et la multitude de leurs chambellans de pacotille. Personne n’a jamais réussi à faire comprendre à Val le principe du service public, qui voudrait que, par exemple, en matière de radio, l’actionnaire, c’est l’auditeur.


     Un autre, qui aura traversé les palais de la république et pris la pose sous les lambris sans rien saisir de ce que ça implique en terme de renoncement, c’est le pseudo-philosophico-écrivain Luc Ferry. Le pauvre hère, qui en est réduit à courir les talk-shows afin de prouver aux douze membres de son fan club qu’il est encore vivant, expliquait dernièrement qu'« à vingt ans, on rêve de devenir pompier ou ministre. » Et on se branle devant le portrait de Vincent Auriol? Pfff…  Plus loin, celui qui fut tout de même ministre de l’éducation — au même titre que des chacals genre De Robien, Bayrou, Allègre,… —, se laisse aller à une confidence d’ordre hallucinatoire : « moi qui ait bientôt 60 ans, j’ai choisi enfin mon métier : écrivain, fabricateur  de livres. » Il m’achève, Ferry même pas boat (surtout ne jamais ô grand jamais naviguer dans les eaux de ces hommes poissés), j’en ai donc terminaté en la fabricature de cette rubriquole. A vos souhaits.

 

                                                                                              Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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mh, 19/01/2010 11:44


Me fait rire votre chute.
Merci !
mh, écrivouilleuse


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