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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 22:36

 

fetard.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’est la rentrée mes bons, c’est la rentrée des cons, au premier rang voyez, droit comme un i et petit doigt sur la couture de la culotte courte, le cheveu ras l’oreille en berne mais blouse grise repassée de frais : voyez ce garçon, Luc Chatel, ministre de l’éducation. « Oui, je fais revenir la morale à l’école », plastronne le bouffon, et « dès la primaire », s’il-vous-plaît : « pas forcément tous les matins, mais le plus souvent possible, le maître [sic] va maintenant consacrer quelques minutes à un échange sur la morale. » Le maître, qu’on appelle depuis des années professeur des écoles (glissement sémantique que Chatel impute certainement à mai 68, donc au diable), abordera des thèmes variés tels « le respect des règles, le courage, la franchise. » Hum, variés, vraiment ? Il semblerait plus justement que la sarkozystérie de fin de règne ait décidée de déverser le produit du caniveau qui lui sert de pensée sur les cerveaux enfantins, aussi malléables et poreux que celui de ces grands enfants qu’on nomme les électeurs. N’empêche, que d’aucun de la garde rapprochée du sarkoland-pour-mille-ans en soit rendu à essayer de manipuler les têtes blondes, apporte une nouvelle preuve de sa déconfiture. Le sarkoland dévisse grave ? Raison de plus pour le pousser dans le tas d’épluchures et glaires où nous ne doutons pas de le voir barboter incessamment sous peu , en compagnie de ses amis du Parti Socialiste. Ainsi la tentation est grande de lui suggérer, par exemple, quelques sujets de morale absolument contemporains, susceptibles d’être abordés « quelques minutes par le maître »: le chef d’entreprise est-il supérieur au porc, et si oui, expliquez comment. Est-il réellement nécessaire de marcher sur les SDF, a-t-on l’obligation de tutoyer un sans-papier ? Ou celle-ci, pour finir : votre épouse a-t-elle raison de gentiment vous réprimander sous prétexte que vous avez violé la femme de ménage.

 

     SDF, porc, réprimande : pas de doutes, on parle de Strauss-Kahn. L’homme est libre et se tâte, pas encore décidé à revenir en France. Entre deux domiciles, l’homme pavane dans New York — New York, vous savez, cette ville baroque qu’on évacue dès lors qu’une averse menace : ah ah !, Irène, l’ouragan, le Cataclysme du siècle, la bonne blague ! Au final : une ondée, et l’Amérique une fois encore parfaitement ridiculisée. Mais de quoi parle-je ? De New York, merci. Depuis New York, DSK s’excuse. Pas auprès de sa victime, non, ce serait trop lui demander. Il s’excuse devant les employés du Fmi, ce qui est autrement plus classe. Et devant ce parterre d’aficionados  à la masse, l’homme s’est excusé de ce qu’il  nomme « a mistake. » Miss steack, miss Diallo ? C’est à peu près cela, pour lui. De France, les Valls, les Cambadélis et consorts se sont alors empressés de beugler sur toutes les antennes que voici le héros blanchi, débarrassé de ce harnais, puis qu’eux-mêmes étaient «persuadés  depuis le début de son innocence, jamais nous ne l’avons cru coupable », etc etc. Or, l’homme, s’il est libre, n’est pas innocenté. Pour cela, il lui aurait fallu avoir le courage d’affronter un procès. L’homme, ne sera jamais jugé, ne sera donc jamais blanchi. Et c’est à dessein que ses sbires feignent de mélanger absence de procès et preuve de son innocence. Alors, comme eux, et en l’absence de toute preuve à charge j’affirme haut et fort que Strauss-Kahn est coupable, que je l’ai toujours su, que j’en suis, depuis le début, persuadé. Strauss-Kahn est un violeur. Je le sais. Ça devrait suffire. Strauss-Kahn est un menteur, surtout Strauss-Kahn est un malade, comme l’affirme Michel Rocard, « un malade qui ne sait pas contrôler ses pulsions. » Mais pour une fois que Rocard nous dit la vérité, bien entendu personne ne le croit…

     Vraiment, ce serait à en désespérer de la classe politique s’il n’y avait, ici ou là, de ces Vigies Républicaines qui, lorsqu’ils ne se déclarent pas comme Sainte-Ségo-priez-pour-elle,  « tout à fait pour l’apprentissage de la Marseillaise dès l’école primaire » (pauvres gosses, décidemment, en cette rentrée les cartables se font lourds, très lourds),de ces phares de la pensée rance qui veillent nuit et jour à ce qu’aucune pollution issue de mai 68 (le diable !) ne vienne perturber le repos des bambins. A la pointe de ce combat d’arrière-cour de récréation nous retrouvons de vieux habitués, Christian Vanneste, Lionnel Luca, bref les hérauts patentés de la désormais célébrissime Droite Populaire de mes deux. La raison de leur chagrin du jour ? Une page, dans un manuel destiné aux élèves de 1ère, expliquant que l’identité sexuelle n’est pas qu’affaire de biologie, mais également de construction, s’appuyant en partie sur le contexte socio-culturel. Infamie ! Vilainie ! Blasphème ! Et les vieux homos refoulés de s’écrier d’une seule voix que « selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes ou femmes, mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités. » Et donc ? Et qu’est-ce que ça peut vous ficher, pauvres barbons à poils retors, qu’un manuel scolaire redécouvre l’eau chaude ? Parce que, cela, on le sait n’est-ce pas, et de toute éternité. On le sait, mais faut pas le dire ? Non, faut pas. Aussi s’adressent-ils en ces termes à Chatel, le ministre : « nous comptons sur votre action afin de retirer des lycées les manuels qui présentent cette théorie. » Théorie mon cul, oui, il s’agirait plutôt de pratiques… Cependant ils peuvent à coups-sûrs compter sur le père-la-morale-et-dès-le-cp, s’il-vous-plaît, pour commander l’autodafé.

     Un autre de ces trouducs dont on a, heureusement peut-être, oublié jusqu’au nom (on se souvient néanmoins qu’il s’agit d’un député encarté Ump), eut cette remarquable sortie, le jour où fut versée l’allocation de rentrée : « comme son nom l’indique, cette prime est destinée à faciliter la rentrée des élèves, pas de leurs parents. Elle n’est donc pas faite pour acheter de la bière, ou des écrans plats. » Le gars, depuis des années, défend seul dans son coin un projet de loi visant à transformer en bons d’achat les quelques centaines d’euros versées chaque année aux familles. C’est son obsession, sa lubie, son Austerlitz à lui. A chaque rentrée, il remet ça : c’est dire si le gars ne fait pas confiance aux pauvres, et d’ailleurs il a bien raison : en ce qui me concerne, cours de morale ou non, entre le cartable et le pack de Kro, franchement, y’a pas photo.

 

                                                                                           Frédo Ladrisse.               

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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