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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 20:55

1421611_3_c144_un-homme-expulse-d-un-camp-de-roms-pres.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? En raison d’un mouvement de grève impliquant une certaine catégorie de volatiles dont l’autruche, cette rubrique sera consacrée en totalité à… la grève (nous prions nos lecteurs de bien vouloir éviter de nous en excuser.) Ah, la grève… Au Sénat, la semaine dernière,  régnait un suspense intenable avant qu’y soit votée la loi portant réforme du système des retraites, comme ils disent. L’enculade générale en somme, comme nous disons, nous. En même temps, on s’en tamponne, de leur vote, mais à fond. On s’en bat l’occiput, mais grave : que nous chaut l’avis de la chambre dite haute, en vérité gérontostère, anté-mouroir aux relents de triques viagrées et de boules à la naphtaline? Qu’une poignée de sénilologues vantent le courage des croulants ne change rien à l’affaire : le vote du sénat n’a, au sens strict, aucune espèce d’importance. Sans importance aucune non plus, les propos de Fillon, qui, dimanche dernier, prévenait : « je ne laisserai pas bloquer le pays, je ne laisserai pas étouffer l’économie de la France. » Par économie, entendez : Total, Lagardère, Pinault Dassault et leurs amis. Les salariés, par contre, peuvent bien étouffer tant qu’ils veulent, c’est une chose, n’est-ce pas, dont les médéfiens ont appris à ne pas tenir compte.

     Pareillement sans conséquences, les dits d’un certain Vial, Olivier, président d’un certain collectif Stop La Grève — lequel n’est jamais qu’une ramification, je te le donne en mille Lucille, de l’UNI, syndicat étudiant issu de la plus rance France. « Nous voulons faire entendre la voix  de la majorité silencieuse, des opprimés victimes d’une prise en otage par les grévistes », assure le garçon qui, dans le même temps, juge que les sondages donnant une majorité de Français favorables à la poursuite du mouvement, eh bien ces sondages « ne sont pas justes. » Si tu le dis« Je peux vous promettre que, quand on se rend sur le terrain, on voit bien que… » Bon ça suffit, ferme ta bouche, petit bourgeois sans peine, sans chagrin et sans joie : c’est quoi pour toi, le terrain ? Le marché des Sablons à Neuilly-sur-Seine, le dimanche matin?  Néanmoins et comme il se doit, ce Collectif bénéficie du soutien des grands prêtres officiant, chaque jour, dans les officiels medias, amen. Curés d’entre les curés, l’increvable brailleur mais toujours dans le sens du vent Gérard Carreyrou, déclarait la semaine dernière qu’ « on a le droit de faire grève, on a le droit de manifester, on a aussi le droit de circuler : c’est une liberté fondamentale. » Reste à inscrire le droit de faire le plein de SP98 dans la Constitution. Pour ce baveux, de toutes façons, « c’est fini, c’est terminé, Nicolas Sarkozy a gagné la bataille. » En voilà, de la belle analyse journalistique, objective, non-influencée ! Au même moment Copé jouait, comme à son habitude, sur le registre La grève, c’est ringard. « Je comprend que certains soient grognons », osait-il au plus fort des manifestations, au moment même où Hortefeux envoyait sa flicaille aux trousses de la jeunesse et des ouvriers, tous pareillement révoltés, « mais bloquer des dépôts, c’est d’un autre temps ! » N’écoutant que son courage, front en sueur et micro tremblant, le journaleux qui lui faisait face osa tout de même lui demander à quels temps Copé faisait ainsi référence. « Au temps où on bloquait les usines, c’est-à-dire il y a plusieurs siècles ! » Les personnels de Filtrauto, de Nutrea, de Jacob Delafon j’en passe et des dizaines, apprécieront.

      Apprécieront également les 400 dockers venus, ce lundi à Marseille, prêter main forte aux camarades bloquant le dépôt de Fos-sur-Mer. « A l’aide de pelleteuses, les manifestants ont notamment déversé de la terre devant les camions des compagnies républicaines de sécurité », rapporte le Figaro. Que croyez-vous qu’elles firent, les compagnies fameuses ? Elles ont fermé leur claque-merde, et les ont laissé faire. C’est une chose que de flashballer quelques gamins devant un lycée, c’en est une autre, hein les Rambos, que d’affronter 400 dockers venus avec leurs pelleteuses…

      A propos des lycéens, tiens : une élève de Lyon a écopé, la semaine dernière, de cinq mois de prison ferme, oui j’ai bien écrit : ferme, pour avoir incendié une benne à ordures. Camille, toujours à Lyon, fera elle trois mois fermes encore, pour la dégradation d’un panneau JC Decaux, et refus de se soumettre au prélèvement d’ADN. Son avocate : « ce n’est pas une fille d’Action Directe, ce n’est pas une anarcho-libertaire ! » Ah. Elle aurait mangé quoi, sinon, perpète? Lou, Villeurbannais de 18 ans, contrairement à ses camarades croupissant en dépôt, comparaissait libre : accusé d’outrage et de violence à agent, il a reconnu avoir adressé quelques doigts d’honneur aux flics, mais, contrairement à leur version, nie leur avoir jeté un sac plastique rempli de feuilles mortes. Sic. On croit rêver ? Non. Verdict : il ramasse à la pelle deux mois de prison avec sursis et 700 euros d’amende.

     Dockers marseillais, marin-pêcheurs bretons, viticulteurs du sud-ouest et autres chauds bouillants devant lesquels gendarmes mobiles, position de la tortue ou pas, tremblotent et flippent des dents pire que les romains d’Astérix ; viticulteurs, marins, dockers,  ne pouvant malheureusement pas être de toutes nos manifs, c’est à nous de trouver les moyens d’impressionner les robocops, de figer leurs rires gras et faire taire leur blagues à deux balles (il faut voir, au moins une fois, le mépris que ces fonctionnaires de police affichent et sans vergogne envers, par exemple, un cortège de lycéens), à nous de les faire pisser de trouille dans leurs coquilles protège-coucouilles. Comment s’y prendre, dites-vous ? Parole d’autruche, en manif, enfouir la tête dans le sable n’est pas une bonne stratégie. Vive le feu, dites-vous ? J’attends donc vos propositions.

 

     Et Cependant que la justice embastillait à tour d’écrou la jeunesse de ce pays, le seigneur du Château, lui, réfléchissait tranquillou au futur remaniement, tout en croquant dans sa brioche. Borloo, pas Borloo ? Hum… Nous verrons si le gueux, au final, lui sied. Sa Royale Suffisance, absorbée tout entier par ses soucis de périnée — lequel, le fourbe, se relâche dès qu’il a le dos tourné —, n’a pas fait preuve, ces temps-ci, d’un exemplaire courage. En pleine crise impromptue tout au plus a-t-il, en passant, « ordonné le déblocage de tous les dépôts de carburants », ce qui eut pour effet de renforcer encore la détermination des camarades, sur les piquets. Il a prévenu, aussi, que « certaines limites ne doivent pas être franchies. » On n’en saura pas plus, mais comme en matière de franchissement c’est un connaisseur qui parle, on suppose que Sarko se comprend. Lâchant sa brioche pour une moule, il s’est tout de même offert une ballade à Deauville, en compagnie de Merkell — précision d’importance : ce n’est pas le nom de son labrador, mais celui de la chancelière allemande. Merkell la fidèle, Merkell au museau propre et à l’indéfectible soutien : « en Allemagne comme en France, la population ne pourra pas éviter de regarder la vérité en face, et la vérité c’est que les gens vivent plus vieux. »  Merci, chère Angela, de cet éclairage précieux. D’autant que les gens, avant, ils naissaient plus jeunes.

                                                                                               Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

Spartacus 27/10/2010 22:24


Salut à Toi, Fredotruche le Grand. Tu peux relativiser les ricanements des CRS. A Lyon, la semaine dernière, je les ai vu cavaler poursuivis par une belle troupe en colère. Bon, depuis, ils se sont
refait des biceps, la "justice" lave leur "honneur" en condamnant à tour de bras des gamins qui se sont fait choper, mais pendant quelques heures, la peur a changé de camps. Et y a pas mal de
gamins qui ont dû vivre ça comme une belle revanche.
Dommage que l'histoire se termine toujours de la même façon...
En tout cas, ça fait plaisir de retrouver ta prose. J'aime toujours autant tes coups de bec !


Marie 27/10/2010 15:32


Belles envolées de prose, j'apprécie l'humour caustique. Juste une remarque: j'ai l'impression que tu veux en découdre à tout prix, ce qui, à mon humble avis, ne mène à rien qu'à se monter le
bourrichon, seul ou à plusieurs. Ne serait-il pas plus futé, au lieu de désigner les flics (que je ne porte pas dans mon coeur) comme l'ennemi sinon n° 1 du moins n°2 et d'essayer de dialoguer avec
eux? Il n'y a pas que des salauds et des brutes dans la police.
Souviens-toi du contingent qui, en Algérie, avait empêché le coup d'état des Salan et cie.


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