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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 22:57

index-copie-2.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Sonner le glas, eh oui les gars, de toute culture autre que vulgaire. Nous nous devons d’abandonner tout espoir en ce domaine, adieu vaches sachant disserter voir, quelle horreur, lire des livres, adieu veaux doués pour les écrire et autres cochons attentifs, disponibles, affables, adieu porcs philosophes. C’est très triste, en réalité, d’assister de son vivant à la mise à mort de ce qui fut en d’autres temps appelé les humanités, et n’avaient pas besoin de H majuscules. Les voilà néanmoins à terre, par la grâce d’une nouvelle crasse politique, inculte et fière de l’être, agressivement dressée sur ses ergots de misère en même temps que tout à fait prête à sortir son revolver, dès que sont prononcés les mots livres, films, théâtre, ou pire encore : éducation. On n’arrête plus les cons : ils ont le pognon, ils le gardent, le distribuent à leurs amis, lesquels sont tout, sauf éditeurs. Et tandis que Houellebecq, à la suite d’Ernest Pérochon (Goncourt 1920), fête son triomphe chez Drouant, la princesse de Clèves sait assez en quel dégout elle est tenue ces derniers temps, au même titre qu’un Edmond Dantes, lequel est rien moins que contraint de pointer au RSA. Houellebecq roi du Sarkozystan ? Est ici respecté une certaine logique de concassage systématique de la création vivante DONC forcément dérangeante CAR nécessairement, puissamment révolutionnaire. Triomphe, et merde, une vision strictement commerciale, mercantile, des idées, lesquelles, parce qu’industrialisées doivent rapporter, ou disparaître. Dès lors, le niveau baisse. Et l’âne triplement bâté néanmoins président s’autorise alors de ces sorties telles, l’autre jour à la téloche : «  je vais faire un incident », qu’il dit, quand ce trou du cul-là pensait à oser une incise au sein de son bêlant discours. Dans le même registre, et s’adressant à l’un de ces interlocuteurs : « si je vous ai paru méprisant, je m’excuse. » On n’est jamais, c’est vrai, si bien servi que par soi-même, cependant en français correct c’est l’autre qui vous excuse, ou non. Et là ce serait plutôt non. Une autre ?  « Avant l’été, madame, les Français qu’est-ce qu’ils ont comme sentiment ? », demande le bouffon, qu’est-ce qu’ils ont, hein madame, avant l’été, comme sentiment les Français ? Un peu, si vous voulez, le même qu’après l’été. Un sentiment, hum, de gêne.          

     Comme nous causons de Neuneu lâchons, pour un temps, Sarkozy, citons ce brave Dupont-Aignan — pas le d’Isigny, l’autre : « quand on me connait on vote pour moi », paonnait l’autre soir le gaulliste gallinacé — espèce menacée s’il en est. Son drame : être ignoré, alors même qu’il gagnerait beaucoup (de voix) à être connu. Las ! Dupont qui, déjà ?...

     C’est d’une roue différente que pavanait, en d’autres pages, la mère Parisot, d’une roue libre comme l’air qu’elle ne désespère pas de pouvoir, un jour, tarifer. Un temps, la mère s’était faite discrète, au point qu’on en était inquiet, ou quasi, pour ses abatis. Mais passé la tempête grévière de l’automne elle nous revient, et en pleine forme : au sujet des revenus indiciblement indécents de ses amis patrons Parisot rappelle, sans rire, que ceux-là  «ont fait un effort considérable concernant la transparence. » On saurait mieux ce qu’ils gagnent ? Ça nous en fait une belle, de jambe, et une soi-disant toute neuve conscience pour les stock-optionnards outrancièrement blindés de biffetaille. Qu’à cela ne tienne, pour Parisot, tout continue d’aller bien mal : c’est que les entreprises françaises grossissent moins vite que les allemandes, c’est là le drame, qu’elle dit. La faute à qui ? Là, hystérie : « c’est à cause de l’ISF, de l’ISF, oui ! C’est à cause de l’ISF ! » A l’intention de nos amis sourds et autres ralentis de l’oreille: Laurence Parisot nous dit qu’elle est contre l’ISF.

     Au rayon des sourdingues, on retombera ici sur ce non-appareillé de Sarko, lequel n’entend ni ne comprend le cri de la magistrature, le soir au fond des bois de justice. Il la méprise, surprise !, davantage que vous et moi —ce qui n’est pas peu dire. En un mot il la hait, la traitant telle une gangrène certes utile par moment à cette démocratie de façade, mais quelle plaie, les juges, hein ! Aussi subissent-ils à nouveau le présidentiel courroux, à l’occasion du tout dernier surmédiatisé fait divers. Mais ils réagissent, ils s’opposent, ils maugréent, ils manifestent ! Que veulent-ils, ces juges, de la brioche ? Selon Baroin, porte-parole patenté et lèche-talonnettes d’or toutes catégories confondues, « ce mouvement n’est pas juste, il est le fait de magistrats qui refusent d’assumer leur responsabilité. » Puis d’en faire des kilos, le toutou, sur le meurtre de Laëtitia, « épreuve collective », qu’il dit. Collective ? Comment ça ? Qu’a de collective une épreuve qui, de par sa nature, est à peine inimaginable pour le quidam situé hors du champ direct du drame ? Cependant, se lâchant et semblant incapable d’une pudeur à minima, le récupérateur démago ose ceci, d’anthologie : « c’est le Président de la République qui reçoit la douleur des familles, qui reçoit ce cri. C’est une douleur pour lui. » Ainsi donc souffre Sarkozy, en sa chair, en son être, tel l’agneau, amen … Dans le registre de l’odieux, on a rarement fait pire que cette sortie-là. Si j’étais le père de Laëtitia, peut-être trouverai-je encore la force d’aller lui péter sa sale gueule, au clébard Baroin. Et tant qu’à y être, à son maître.

     Ça rigole plus ? Rionz’un peu, avec nos amis les comiques, au premier rang desquels s’avance Philippe Sollers, le précieux ridicule des lettres germanopratines : « Tout jeune, j’étais déjà anarchiste. Il faut réveiller l’anarchie ! », s’emballe l’écriveur vain. Une déclaration qui, vous en conviendrez, ne manque pas de piquant de la part d’un bouffon passant le plus clair de ses nuits sans lune à hurler avec les loups qu’il est catholique, oui monsieur, pratiquant, parfaitement madame ! Et qui, lorsque c’était la mode, s’était arrangé pour sucer de ses lèvres lippées l’anneau papal de Popaul II… A voir un tel falot se réclamer subitement d’une idéologie dont il ignore tout et jusqu’à l’orthographe, on est en droit de se demander si l’anarchie n’est pas en train de devenir fashion. Merde alors, manquait plus que ça.

                                                                                          Frédo Ladrisse. 


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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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