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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 10:54

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Des plaintes, des lamentations, montant de Rio qui, pas de chance, écope des jeux olympiques. Au moins, la suffisance boudeuse de Delanoë et consorts auront évité à Paris, ville non-candidate cette fois, le massacre urbanistique social et politique qu’implique toute moderne olympiade.  Souhaitons bonne chance, et bon voyage, aux habitants des favelas lesquels, par la grâce des Jeux, se verront déplacés de quelques centaines de kilomètres, histoire de faire place nette. Et que le meilleur gagne, ah ah.

     A France Telecom aussi, on a le culte des vainqueurs. Chaque nouveau suicidé fait office de mauvais perdant,  à la limite de tricheur. Aussi, nous saurons nous souvenir longtemps de la sortie de Didier Lombard, Pdg à la petite semelle, lequel envoyait l’autre jour valser, d’un coup de tatane énervé, la mémoire des morts pour Orange — y a-t-il décès plus absurde ?, et estimait qu’il était temps de « mettre un point d’arrêt à cette mode du suicide. » Immédiatement fut soulevée, par les syndicats mais pas que, la question de la démission de ce porc. Le gros Bertrand, de l’Ump, brave truie solidaire, s’empressait alors de répondre que « la démission de Didier Lombard était hors-sujet. » Et, comme la gente porcine qui dirige ce pays n’est plus à une cochonceté près, remuait du groin, poussait l’avantage: « A France Telecom, les syndicats aussi sont désemparés, n’ont rien vu venir. Est-ce qu’ils devraient démissionner ? » Tss tss… Pas sympathique, cette sortie, à l’égard de tes amis Cgteux ou Cfdtraîtres, cogestionnaires de la baraque à vendre de l’Orange en vrac. Puis Xavier Bertrand d’achever : « qui peut dire qui est responsable d’un suicide ? Si vous en êtes capables, alors vous êtes très forts. » Sans être réellement très forts, il est tout de même permis de penser que 24 suicides, 24 morts ayant pris soin de signaler le lien direct entre leur geste et les conditions dans lesquelles on les a contraint à exercer leur profession, cela fini par suffire. Non ? Il faut croire que non car, quelques jours plus tard, Christine Lagarde républicaine, ci-devant ministre des finances de la nationale porcherie, tenait à faire entendre qu’elle renouvelait sa « pleine et entière confiance à Didier Lombard. » Sic. Ainsi le promoteur du célèbre Time to move, formule aberrante s’il en est mais devenue, sous son règne, la devise des cadres du groupe, se voyait conforté dans son envie de pas mover, lui. Il bouge pas, il est bien, Lombard. Tellement à l’aise qu’il pilotera le nouveau plan de gestion du personnel, lequel se résume en : distribution gratuite de Lexomil pour tous, et n’oubliez pas s’il-vous-plaît de verrouiller les fenêtres.

     Et tandis que les employés de ce qui fut naguère un, comment disait-on déjà ? Un « service public », tandis, donc, que ces pauvres bougres s’essaient au saut de l’ange façon NYC 2001, ils font quoi, hein, les socialistes ? Ils se consultent. Ils s’interrogent. Pour tout dire, ils se cherchent. « Luttons contre notre morosité, notre découragement. C’est le moment de rebondir ! », lance un Benoît Hamon qu’on imagine shooté à l’euphorisant bas de gamme. Rebondir, certes, mais sur qui ? Organisons un vote !, s’exclame alors l’agonisant parti socialiste français. Ci-fait. Il y fut à peu près question de rien, de tout, de rénovation, comme on dit, parlant d’une bâtisse en ruine, de parité homme/femme parce que ça en jette toujours, et de non-cumul des mandats. « Une façon de régler le cumul des mandats, c’est de les perdre tous », conclut François Hollande, en authentique rabat-joie. Selon les mauvaises langues, et malgré les chiffres claironnés par une Martine Aubry plus Zedong que jamais, un maigre petit tiers des militants Ps se seraient sortis les doigts du cul pour se bouger jusqu’aux bureaux de vote. Ils n’y croient plus, ou bien ?

     Peut-être lesdits militants étaient-ils trop affairés à apposer, cette semaine, leur paraphe au bas d’une des pétitions de soutien au cinéaste Polanski ? L’homme, par lequel on a appris que même en paradis helvétique il existe quelque chose comme des prisons, a en effet ému son monde. Selon le principe bien connu d’autoprotection des élites, tout ce que la porcherie compte, à droite comme à gauche, de représentants de la bienpensance, s’est effarouchée à la vue de l’artiste menotté. Frédéric Mitterrand, ministre (à ce qu’on dit) : « j’apporte mon soutien à Roman Polanski, en tant qu’épris de justice, et de beauté. » Magnifique. On la refait, Frédo ? « Tous les Français doivent être derrière Roman Polanski ! », s’écria alors le ministre, sans même s’imaginer que, tous, l’air de rien ça fait beaucoup de monde.  Il en alla ainsi durant toute la semaine, beuglements de vierges écartelées et larmes de crocos: libérez Polanski ! Il va sans dire que le garçon, malmené à la suite d’une affaire de mœurs vieille de plus de trente ans, n’a rien à faire en tôle. Il va sans dire que personne n’a rien à faire en tôle. Libérez Polanski ? Pendant que vous y êtes, libérez tous les autres. Cap ou pas cap, les petits Suisses ? Dans le concert des soutiens cinématomafieux déroulé sur les ondes, qu’il nous soit cependant permis de distinguer l’actrice Elsa Zylberstein, palme d’or du plus gros verrat, qui crut bon de préciser « en plus, il l’a même pas violée, la fille. »

     Dans le même registre : le flic auteur du tir de flashball qui a fait perdre un œil à un manifestant à Montreuil cet été vient d’être mis en examen. Quel rapport, me direz-vous ? C’est pourtant évident : lui non plus, ne l’a pas violé. Ce membre de la Bac moins dix, malgré sa mise en examen, est ressorti libre des locaux de la justice porcine. Pire, il continue d’exercer son métier de tue-qui-bouge-trop. Le juge lui a cependant interdit de porter une arme, ce qui en soi constitue une atteinte au droit de flinguer, base du boulot dans la flicaille. Comme dirait Berlusconi, saloperie de merde de juge rouge !

     Montreuil, Eric Woerth s’en fout.  Sait même pas où c’est. Woerth, ministre du budget du Sakozystan éternel, Woerth, hiératique balamouchi au nom sonnant comme rot sonore, n’en est pas moins poète à ses heures détendues. Son maître glisse-t-il dans un micro que « les paradis fiscaux, c’est terminé » ? Aussitôt, l’Eric s’empresse : « c’est vrai. Mais on ne passe pas comme ça du jour à la nuit, il y a toujours un peu d’aube. » Surtout, beaucoup de crépuscule. Plus loin, Baudelaire s’enferre : « je pense que les banques françaises sont en train de prendre une voie extraordinairement vertueuse. »  Les paradis artificiels aussi, c’est terminé ? Mais tandis que Woerth, lui aussi, pousse la chansonnette d’automne sur l’air de « libérez Polanski », une pub vient se glisser dans mon flux internautilique. On me propose, si j’ai bien compris, de télécharger un programme, « le traqueur », ça s’appelle. Sur fond de cible braquée sur une ville genre Googlearth, le Traqueur me propose, à partir de mon mobile, de «localiser mes amis, où qu’ils soient. » Brrr… Mes amis, je ne leur en veux pas à ce point ! C’est ensuite Sarkoléon qui crachote dans le poste un de ses bien démagos discours dont il a le secret, réclame « un contrôle renforcé des détenus dangereux ayant purgé leur peine. » Des hommes libres, quoi, mais qu’on  devrait pouvoir encore et encore traquer. Ça tombe bien, si on peut dire : depuis peu, aux Etats Unis, une firme propose une manière de Gps qui, couplé au fichier des flics, vous permet de savoir si d’anciens délinquants sexuels habitent le quartier. « Ils savent où vous habitez. Maintenant, c’est à vous de savoir si vous pouvez laisser vos enfants aller jouer dans le square. » Ce slogan vantant le mouchard, on le croirait écrit par Sarkozy lui-même.

 

                                                                                                                                                         Frédo Ladrisse.

 

               

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

bunny le chti 06/10/2009 09:54


salut
C'est bien de vouloir garder les statuts en place mais pendant ce temps là les autres pays avancent!
Que diront-ils à leurs enfants et petits enfants quand la poste sera avalée par les fonds de pension américain parcesqu'elle aura fait faillite et que l'état sera au bord du gouffre et ne pourra
renflouer les pertes???
Bonne journée


Quand l'autruche eternue... 06/10/2009 20:34


Salut,

C'est quoi un "pays qui avance"? Un pays qui brade ses services publics, qui socialise les pertes (exemple, les 6 milliards que toi et moi avons prêté aux banques) et privatise les gains (la Poste,
bénéficiaire, est LA bonne affaire du moment pour les Marchés)? Certes la renationalisation, comme en grande-bretagne, n'est pas la panacée. Mais tant que les gens ne se seront pas réappropriés
leur outil de travail, je ne vois guère que l'état pour garantir à minima la qualité des services publics, et l'égalité de tous face à ces instruments indispensables.
Que dirons-nous à nos enfants, quand ils nous demanderons "c'était quoi déjà, un facteur?"
cordialement,
Ladrisse   


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