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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 11:25

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Reparler de Clearstream, où donc ? Partout, là et ailleurs, à droite, à gauche, saison 2 d’un mauvais feuilleton  qu’on nous tartinera tout le mois à longueur de papier-cul journal. Règlements de comptes à Ok crotales, et presse de water closet. On se rappelle, sur le coup, ce vieil anar d’Henri  Jeanson, son bon mot envoyé à un journaleux, un jour de caca nerveux : « monsieur, je vous ai lu ce matin d’un derrière distrait. » Distraire nos fesses, donc, à nous faire chiasser du Clearstream sans même la promesse d’une douceur type Lotus triple épaisseur.


     L’autruche, là, serre l’anus, évite ces gogues, ne parlera pas plus que ça de Clearstream car, tandis que d’aucuns se torchent aux listings magouillés, d’autres se font rafler par les flics placés sous les ordres du digne héritier de Doriot, j’ai nommé le ministre Besson. Ça rase un campement à Calais comme naguère ça mettait à bas un ghetto, mais ça s’offusquera d’être comparé au pire. Ça embarque des centaines de migrants, ça vous les parque, ça vous les trie, ça vous les expédie à l’autre bout du pays et ça se vexera encore d’être mis dans le même sac que l’engeance collaborationniste. Plus tard, ça dit : « il y aura des retours forcés pour les personnes qui n’ont pas optés pour le retour volontaire. » Une lapalissade parfaitement assumée. Comme dirait son pote Hortefeux : les bougnoules ont le choix. C’est Besson, c’est ministre et c’est sûr de lui, mais c’est tellement bête comme ses genoux que ça ajoute tout de go : « je ne suis pas spécialiste de l’Afghanistan, mais d’après ce qu’on me dit il y a des zones qui sont sûres, où il n’y a pas de problème et où vous pouvez reconduire des personnes chez elles. » Chez elles, pff… Naguère, certains fonctionnaires allemands, pas spécialistes de la Pologne, écoutaient eux aussi ce qu’on leur disait et, d’après ce qu’on leur disait, les juifs qu’on envoyait dans les camps de travail étaient très bien traités. Comparaison exagérée? Je l’espère: on verra. On verra quand ce sera trop tard. Voir à retardement est une spécialité, une fâcheuse habitude trop souvent constatée chez ceux que l’ambition, l’arrogance et le goût du pouvoir, ont placés dans la position de décider qui doit, ou non, être confronté au risque d’une mort prématurée. Personne, pas même le ministre — non spécialiste déclaré —, ne doute que ces retours, qu’ils soient volontaires ou forcés, ne s’achèvent en la production de quelques nouveaux cadavres. Seulement : Besson s’en fout. Tout affairé à la poursuite d’une carrière grêlée de renoncements et couardises, il ne saurait trouver le temps de s’arrêter sur le sort auquel il condamne ces gens, d’ailleurs son Blackberry sonne, pardon, excusez-le, allooo ? Certains prétendent, mauvaises langues, que ces derniers temps le ministre avait à cœur de donner des gages de bonne volonté à ses petits camarades pétainosarkozystes. C’est fait. Sur le dos des migrants de Calais, c’est prouvé, Besson est un dur. Est un pur. Il est fait de ce cuir dans lequel on taille les schlagues.


     Loin de Calais, du côté de Pittsburgh youessaïe, vingt zozos réunis en une macabre farandole réfléchissent à comment sauver le capitalisme, cet engin de mort. Il faut d’abord calmer la colère qui monte, donner des gages aux peuples qui, sans cela, pourraient bien foutre à bas ce qui les étouffe  et les tue. « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est terminé », lâche par exemple un Sarkozy dont le moins qu’on puisse dire est qu’il sait jusqu’à où nous prendre pour des ânes. Ah, aussi, y’a la crise, ce fantastique outil à produire de la peur et de l’apathie, la crise qui nous tient à la niche, à la manière d’une mauvaise laisse. Aussi Pittsburgh insiste, non, la crise n’est pas derrière nous. Selon Christine Lagarde, elle « ne finira pas tant qu’on n’aura pas traité le mal à la racine. » Nous en sommes bien d’accord. Nous le serions moins, à coups sûrs, dès lors qu’il s’agirait de mettre un nom sur ce mal. Et sur la façon de le traiter. Mais Lagarde ne s’attarde pas sur le sujet, ayant d’autres chats à fouetter, puisque c’est elle qui pilote la réforme de La Poste, autre nom de sa privatisation. A la question de savoir pourquoi le gouvernement a refusé d’organiser un référendum à ce sujet, la dame sort l’argument qui tue : « on ne va pas faire des référendums à longueur de temps ! » Est-il nécessaire de rappeler que le  dernier date de 2005 ? Certes, mais faudrait pas abuser, envoyer l’électeur aux urnes pour un détail comme La Poste : « il y a des limites à la bonne volonté des Français », ose alors la ministre, sans même se rendre compte à quel point elle est dans le vrai. Ces limites, en effet, risque bien d’être atteintes quand sera effectif le lien entre la grande braderie des services publics et les cours de la bourse, repartis à la hausse. Car elle remonte, oui ! Mercredi dernier elle franchit son meilleur seuil depuis un an. Cependant, attention : comme l’explique J.C. Dourret, analyste financier, « on est jamais à l’abri d’une correction. » C’est pour quand, la fessée ?


    En attendant le panpan cucul promis aux garnements du CACAC40, penchons-nous sur le sort d’autres canailles, qui nous sont autrement plus chères. Braves petits, dont on nous dit qu’ils ont tellement entendus parlé de la fouille des cartables — sujet sur lequel Darcos ne savait pas tenir sa langue — qu’ils sont désormais parfaitement au courant de leurs droits, en conséquence refusent, systématiquement, d’ouvrir leurs sacs. D’où l’abandon de la mesure, par le ministre Chatel : «Nous avons beaucoup discuté et nous avons considéré qu’à ce stade il n’y avait pas nécessité de légiférer.» Tu Parles, Charles. C’était tout simplement devenu inapplicable. On apprend également, à l’occasion de la journée du refus de l’échec scolaire — une journée par an, hein, le reste du temps on le tolère , qu’un élève sur trois a « mal au ventre tous les matins en se rendant au collège », que plus d’un tiers affirme s’y ennuyer, quand 22% d’entre eux déclarent « ne pas comprendre les cours et les consignes. » La moitié des élèves dit ne jamais lever le doigt, « de peur de se tromper. » Pas de doutes, on nage en pleine réussite. Si au moins les vieux cons que nous sommes savaient se mettre, un brin, à leur place… Pour ma part, je suis persuadé que pas un adulte ne supporterait ni n’accepterait de passer ses journées assis, à pas moufter, à attendre l’heure de la récré sans rien capter de ce que dit le prof, et ceci durant des années. Mais pour les parents, l’essentiel est ailleurs. Dans les notes, les contrôles, les bulletins scolaires. L’élève est sommé de réussir, quoi qu’il lui en coûte par ailleurs. Fort heureusement, certains d’entre eux, hauts comme trois pommes, ont déjà décelé le piège : pas très loin d’un collège, l’autre jour j’ai lu ça, tracé au marqueur, sur un banc : « si tu as les clefs de la réussite, alors fais-nous un double. »

 

                                                                                         Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

netlibertaire 27/09/2009 17:13


"L’élève est sommé de réussir, quoi qu’il lui en coûte par ailleurs." facture payé très cher par les élèves qu'il réussissent ou non l'arrivée sera la même : pole emploi et précarité.


bunny le chti 27/09/2009 11:41


salut
les réunions à vingt c'est pour avoir plus de partenaires pour danser
à Sept c'est pas évident surtout qu'il y en a un toujours sur la touche
lol
bonne soirée


radaze 27/09/2009 10:00


pour ce qui est de la situation scolaire dans collège et lycée, il semblerait que rien ne change, il y a trente ans je subissais les mêmes maux décrits dans l'article ci dessus, résultat: vie
active....


Pangloss 27/09/2009 08:31


Enseigner aujourd'hui les connaissances indispensables hier avec des méthodes d'avant-hier agrémentées d'un zeste de la merde qui les attend demain dans une langue qu'ils ne comprennent pas.


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