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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 17:12

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le sombre Henri Guaino, conseiller spécial de Sarko, se lamentant au sujet de son pote Hortefeux. Ses malheurs proviendraient de ce qu’internet est trop libre, pas assez sous contrôle, la preuve, on peut y diffuser des images non visées par le Ministère de l’Information et de l’Identité Franco-française, un comble ! Ça ne saurait durer : « on a commencé à réguler internet avec la loi hadopi, on va continuer. » Nous voilà prévenu, la toile n’échappera pas au contrôle de ces messieurs, et devra cesser de narguer les grands balamouchis du Sarkozystan éternel. Une mise au pas s’impose, puisqu’ « il ne peut y avoir des zones de non-droit, des zones de non-morale », tonne Guaino, tout rougeaud. Arrêtons-nous un court instant sur cette déclaration qui, nous n’en doutons pas, fera jurisprudence. Elle inaugure une nouvelle ère, ouvre un nouveau chapitre de l’épopée lepénosarkopétainiste, puisqu’aussi bien le droit, c’est-à-dire la justice, se retrouve là, en une phrase, confondu, voir fondu, dans le galimatias d’une morale justement tenue à distance par la justice traditionnelle, et dont l’homme de loi véritable toujours se méfiera comme du pire choléra.


    Mais la stratégie est connue, qui convoque la morale à seule fin de faire taire, enfin !, ces galopins de l’internet ayant l’audace de desserrer le carcan d’une information calibrée selon les désirs de nos princes. Aussi, seuls quelques naïfs s’étonneront de trouver, chez les plus ardents partisans de la mise au pas internautique, quelques antiques journaleux et autres plumitifs aux ergots émoussés. C’est qu’ils sentent, ces baveux, qu’on menace leur monopole, et donc la rente qui va avec. Lèche-talonnettes patentés, ils s’apeurent à voir branler leur podium d’opérette et leur position, enviée, au prétexte que des gamins, armés de leurs seuls portables, filment la vérité ensuite, la diffusent, bref, font ce que eux ne font plus : produire de l’information. Dans la catégorie de ceux dont le trouillomètre s’affole, Alain Duhamel n’est pas loin d’obtenir la chiasse d’or. Est-il nécessaire de rappeler que ce chauve indéboulonnable bien qu’à la moumoute décalée, était déjà chroniqueur au Monde en 1963 ? Le bonhomme prouve à lui seul que le formol distillé sous les ors de la République, présente quelques vertus en terme de conservation. Que dit-il, Duhamel, au sujet des soucis de ce pauvre Hortefeux ? « Une fois de plus, la toile a imposé son règne. » S’ensuit une série de digressions censées démontrer, pour faire court, qu’internet=nazisme. « C’est de l’information sauvage, du journalisme barbare, de la traque totale ! », s’étrangle-t-il, en agonie. Est-il à ce point schizophrène, le  Alain Duhamel, pour traiter de barbares les quidams de base qui fournissent quotidiennement de la matière aux médias pour lesquels travaille un certain Duhamel, Alain ? Car enfin, on ne sache pas que Libération crache sur les contributions de lecteurs, pêchées sur son site et ensuite publiées—d’autant que ça lui coûte queue dalle —, ni que les chaînes de téloche rechignent à diffuser des images captées via les téléphones portables, pour peu qu’elles croustillent. Dealer surpris en plein bizness, djeuns  qui caillassent les keufs, voiture en flammes, ça c’est bon a diffuser, ça, plus question, là, de traque totale. Mais, dans le cas qui nous occupe, les malotrus ont eu le culot de s’en prendre au monde politique, chasse gardée de l’Alain et de ses congénères. Dans ce cas de figure, et dans celui-ci uniquement, il n’est que grand temps, selon lui, de dénoncer le « despotisme de la transparence. » Rien de moins. Quelques lignes plus bas, notre internetophobe met un intéressant bémol à son délirium antiweb : « bien sûr, lorsqu’il s’agit de sites professionnels, animés par des journalistes de métier, les risques diminuent, les inconvénients se relativisent. » Notez  qu’ils ne disparaissent pas, mais enfin… tant qu’ils restent entre eux, entre gens de presse bien pensée, tout risque de transgression des règles apprises dès le berceau des écoles de journalisme, lui semble à peu près évité. Plus bas encore — c’est bien le mot —, cet homme qui jouait, enfant, avec la grand tante d’Annne-Aymone Giscard d’Estaing, ce septuagénaire ampoulé grignoté par la haine de tout ce qui peut avoir le goût d’un commencement de liberté, donne son avis d’homme du passé sur l’avenir de ce qu’il appelle journalisme barbare, de ce que j’appellerais moi une information libérée : « la vidéo des amateurs démontre qu’une prouesse technique peut tourner au désastre éthique, et mental. » Désastre mental, écrit-il. Si si. En quoi le fait de filmer un ministre de l’intérieur en train de commettre une blague raciste ressortirait du désastre mental ? Cela, Duhamel ne le dit pas. Il est possible, et même probable que, à l’instar de Guaino, c’est de désastre moral dont voulait parler le monsieur. Mais avec l’âge, c’est terrible: on fini par confondre les mots... Peu importe, au final. L’essentiel, pour Duhamel, est de stigmatiser les amateurs, véritables dangers, au regard desquels les journalistes de métier seraient comme des garde-fous, nous préservant de ce désastre éthique et mental, qui menace. Dès lors, les amis, un mot d’ordre s’impose: continuez d’écrire, de filmer, diffusez, diffusez… Si ça peut aider Duhamel à faire complètement sous lui, c’est toujours ça de gagné.

                                                                                                      Frédo Ladrisse.              

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

bunny le chti 22/09/2009 10:13

salut
dans les années 60 on pouvait museler l'information et encore ?
maintenant si ca e viens pas de notre pays cela viens d'ailleurs !
on ne peut pas arrêter internet , ou alors il faut couper le courant électrique
bonne soirée

sylvie boussand 20/09/2009 20:29

pardon …n'existent pas…

sylvie boussand 20/09/2009 20:27

Journaleux, je souscris, par opposition aux véritables journalistes capables d'investigations et non "passeurs de plats". Il faudra bien que certains comprennent que nous sommes capables de penser par nous même, et point seulement par procuration.
Le net, outil de communication, n'est point si mal vu quand il véhicule la bonne parole de certains : députés, maires, partis politiques, journaux serviles ou libres… pourquoi le simple citoyen n'aurait-il pas droit à l'expression ?
Parce qu'il peut se tromper ou mentir ? Diable, cela voudrait-il dire qu'en haut lieu, l'erreur et le mensonge n'existe pas ?
Encenser ce qui sert, vouer aux gémonies ce qui dessert… nous parlons pourtant du même outil ! Ces messieurs seraient-ils, en plus d'être un tantinet dépassés, un tantinet girouettes ?

Pangloss 20/09/2009 13:35

Il faut ouvrir sa gueule pour ne pas crever la gueule ouverte.

mh, 20/09/2009 13:00

Oui, ça sent mauvais pour ceux qui veulent encore penser, écrire dire, vomir... sur l'INTERNET bien entendu.

Je rêve ou certains journaleux sentent tout de même bien le rassis ?

Merci monsieur l'autruche !
mh,

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