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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 19:31

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je? A Montreuil, le flic flash-balleur auquel Joachim Gatti doit d’avoir perdu un œil, demeure introuvable malgré les efforts de la police des polices. Seule certitude à ce jour: c’est un de ces cow-boys de la Bac, qui en l’occurrence « n’aurait pas respecté les règles de sécurité liées à l’usage du flash-ball », euphémise piteusement le rapport de l’Igs (inspection générale des sévices). Par exemple, les flics n’ont pas le droit de viser la tête. Mais chef, ça arrive de glisser, chef ! Pareillement, la distance entre le tireur et sa cible doit être d’au moins sept mètres. Mais chef, dans l’action, vous nous voyez sortir le mètre-ruban, chef ? Tout cela sent la bavure, et la relaxe pour le cow-boy, après qu’on lui ait gentiment frotté les oreilles (si jamais on le retrouve un jour…) Et certains de s’étonner encore qu’en banlieue, par instants, ça se mette à flamber.

     Ailleurs, sur une autre planète dans un autre espace-temps, quelques spécimens de l’espèce des « responsables politiques », se posent, eux, de fondamentales questions: rester au Ps ou partir? « Il faut que les murs tombent! », gronde l’inénarrable Montebourg. Avec Moscovici qui, la semaine dernière, entendait « ouvrir les portes et les fenêtres », voilà une paire de sombres drilles se chargeant d’aérer la maison socialo. Y’a du boulot, selon Montebourg, « il y a trop de poussières sous les tapis. » Aubry serait donc une piètre ménagère? Pensez donc! En vérité, l’Arnaud nous fait une petite dépression, la crise du cinquantenaire désespérant d’un jour être calife à la place du calife. « J’ai tout essayé », se lamente-t-il, « par la face sud, par la face nord,… » Touchante métaphore alpinesque, qui ne dissimule que faiblement la détresse de cet homme. M’étonnerait pas que, sous peu, le Montebourg se Bérégovoyse.
 

     Un autre de ces clowns, mais lui parfaitement épargné par tout syndrome dépressionnaire (à contrario gonflé à bloc, exhibant fièrement un ego qu’il a gros), j’ai nommé Dany-le-Vert: « je ne suis pas un Leader Maximo », précise-t-il tout de go. C’est une bonne nouvelle. « 2012, ça sera sans moi. » Nous voilà soulagés, quoi que… Est-ce à dire qu’il va falloir nous fader les fadaises du Dany pendant encore trois ans? Notez bien que l’autruche ne saurait trop s’en plaindre, monsieur Cohn-Bendit étant un fameux fournisseur, en matière de billevesées. Ecoutez plutôt l’analyse apicultivante qu’il fait de l’avenir d’Europe-Ecologie: « le problème, c’est qu’il faut qu’on fonctionne comme une ruche, mais sans reine ni roi. » Hé hé, drôle de miel n’est-ce pas, dès lors qu’il s’agit d’en rabattre, en terme d’égocentrisme. Pas habitué, le pépère. Lui, son truc, c’est le coup de menton agrémenté de vilains mots: l’autre jour, du côté de Nîmes, certains de ses copains ayant eu l’audace de le siffler quand il a suggéré une alliance avec le Modem, sa réponse ne s’est pas faite attendre: « vous voulez gagner, ou vous voulez avoir raison tout seuls, merde! » Bah oui quoi, putain de bordel à cul, faut savoir composer, la fin justifie les moyens! Et après ça va venir nous expliquer que le nouveau machin Europe-Ecologie n’est pas un parti comme les autres…

     Laissons-là ces bretteurs de foire, occupons-nous des gens, des vrais. De ceux qui en bavent. De ceux qui en bavent tant qu’ils font le choix de la corde. 92 suicides dans les prisons françaises, cette année, selon les associations. Faux, rétorque le Ministère, nous en comptons, nous, 75. Dans ce calcul nauséabond, la différence provient de ce que, pour l’administration, un suicidé qui se pend dans sa cellule mais qui décède à l’hôpital ou lors de son transfert, n’est pas comptabilisé comme mort en prison. Logique. Glacial. Horreur. Quoi qu’il en soit, pour MAM, ministre de la justice, il convient de faire en sorte qu’en prison, « on ne puisse plus s’y suicider. » Fi des conditions de détention, des multiples pathologies qui rongent nerfs et cerveaux, l’important c’est les chiffres, et de les faire baisser. On fournira donc aux détenus un kit, qu’on n’a pas poussé le cynisme à appeler de survie. Couvertures indéchirables, matelas anti-feu, pyjamas en papier dont on ne pourra plus faire de cordes… Cerise sur le barreau, des « détenus de soutien » seront chargés de surveiller leurs codétenus les plus fragiles, en échange d’un peu plus de parloirs. Voici revenu le temps des prisonniers jouant les matons supplétifs, comme à l’époque des Camps. On touche ici à l’exécrable, à l’infâme, comme souvent lorsque se conjuguent les formes les plus extrêmes de la bêtise humaine, et la culture du résultat.
 

     Dehors, au-delà des hauts murs, le soleil cogne sur les trottoirs et les terrasses font le plein. Raymond, le patron du bar de la piscine, ne boude pas son plaisir. Grâce au cadeau umpéesque d’une Tva mise à bas, il se remplit les poches, Raymond. Baisser ses tarifs? Z’êtes malades! Embaucher, et pis quoi encore? Dans le café d’en face, Roger-le-patron assure à ses clients que la baisse lui permettra de rafraîchir les peintures et le mobilier, alors hein, qu’ils se plaignent pas. Raymond, lui, voit les choses autrement. Il l’expliquait l’autre jour à un de ses habitués (sans se douter qu’au comptoir, l’autruche prenait des notes). Extraits:

(l’habitué) - dis-donc, Raymond, quand est-ce qu’on va la sentir, nous, la baisse de la Tva?

(le patron) - elle est dans ton assiette, idiot.

(l’habitué) - ah bon? En tout cas elle est pas dans mon addition.

(le patron) - nan, mais maintenant j’achète des produits de qualités.

(l’habitué) - ah, parce qu’avant tu nous servais de la merde?

(le patron) - …

(l’habitué) - allez, t’en fais pas, Raymond, de toute façon, nous, on voit pas la différence.

     Xavier Bertrand, de l’Ump: « un moratoire sur la baisse de la Tva? Certainement pas! Pas question de revenir sur cet engagement. » La police fait ce qu’elle peut, les restaurateurs courent toujours. Pyjamas en papier pour eux!




                                                                                             Frédo Ladrisse.

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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Pangloss 25/08/2009 08:32

Contrairement à Hara-Kiri qui y était obligé parce qu'on ne s'en apercevait pas, nos gouvernants n'ont pas besoin de proclamer qu'ils sont bêtes et méchants.

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